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ÉTUDES 



RELIGIEUSES 
PHILOSOPHIQUES, HISTORIQUES ET LITTÉRAIRES 

SUPPLÉMENT AUX TOMBS LYTII. LCC BT LZ 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 

QUATRIÈME ANNÉE 



i 



PARIS 
IMPRIMERIE D. DUMOULIN ET G" 

5, RUE DES GRANDS-AUGUSTINS, 5 



ÉTUDES 

RELIGIEUSES 
PHILOSOPHIQUES, HISTORIQUES ET LITTÉRAIRES 

REVUE MENSUELLE 

PUBLIÉE PAR DBS 

Pères de la Compagnie de Jésus 

SUPPLÉMENT AUX TOMES LVIII, LIX ET LX 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 

(ANCIENNE BIBLIOGRAPHIE CATHOLIQUE, ISit-lBSt) 
1893. — QXJ-A.tr lÈlwIE A-IvriSTÉE 




PARIS 

ANCIENNE MAISON RETAUX-BRAY 

VICTOR RETAUX ET FILS, LIBRAIRES-ÉDITEURS 

83, RUE BONAPARTE, 81 
Tona droita d« tradaation al da raproduelioa ré»»rri». 







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ÉTUDES 

PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 

JANVIER 1893 

THÉOLOGIE 

QUESTIONS RELIGIEUSES 

Les Livres saints et la critique rationaliste, par F. ViGOU- 
Roux, prêtre de Saint-Sulpice; avec des illustrations par 
M. l'abbé Douillard, architecte. 3° édition revue et aug- 
mentée. Paris, Roger et Chernoviz. 5 vol. in-12, pp. xxiii- 
538, 670, 570, 658, 628. 

Les Études ont déjà parlé de cet ouvrage, que le nom de l'au- 
teur suffirait à recommander. Nous sommes heureux d'en signa- 
ler la 3' édition, revue et augmentée d'un volume, qui a permis 
à M. Vigouroux de développer davantage sa réfutation du ratio- 
nalisme biblique. 

On sait en effet que ce grand et beau travail est divisé en deux 
parties. La première, historique (comprenant les tomes I et II), 
raconte la suite des attaques dont la Bible a été l'objet depuis 
l'origine du christianisme jusqu'à nos jours. La seconde, criti- 
que (renfermant les trois derniers volumes), réfute les princi- 
pales objections que le rationalisme contemporain soulève con- 
tre les divers livres de l'Ancien et du Nouveau Testament. 

L'érudition de M. Vigouroux est vaste et sûre : les incrédu- 
les eux-mêmes sont forcés de le reconnaître. Mais ce livre n'est 
pas seulement une œuvre d'intelligente vulgarisation, soigneuse- 
ment tenue au courant des plus récentes découvertes scientifi- 
ques ; c'est encore une œuvre marquée d'un cachet personnel. 

Malgré l'ampleur de l'ouvrage, M. Vigouroux pourrait peut- 



6 ETUDES 

être étendre et fortifier encore les réponses à quelques objec- 
tions. Les Livres saints et la critique rationaliste sont le digne 
complément de la Bible et les découvertes modernes. Par là, l'in- 
fatigable auteur a rendu d'immenses services aux travailleurs et 
s'est acquis un droit tout spécial à leur estime et à leur recon- 
naissance. G. SORTAIS, S. J. 

I. — Histoire abrégée de la religion, par demandes et par 
réponses^ à l'usage des catéchismes et des écoles chré- 
tiennes, par l'abbé Verniolles, supérieur du petit sémi- 
naire de Servières. Paris, Poussielgue ; Tulle, Damien 
Serre, 1892. In-12, pp. viii-124. 

II. — Histoire biblique de l'Ancien et du Nouveau Testament, 
ornée de 113 gravures sur bois, de 2 cartes et d'une vue de 
la Terre Sainte. Ouvrage traduit sur la cinquante-huitième 
édition allemande du D"! I. Schuster, par l'abbé M. B. Couis- 
siNiER, ancien professeur d'histoire au petit séminaire et 
collège de Marseille. Fribourg-en-Brisgau (Bade), Herder. 
In-12, pp. 296, Prix : 75 centimes. 

III. — Abrégé de l'Histoire sainte à V usage des classes iiifé' 
rieures des établissements d'instruction publique^ parle D"" 
I. Schuster. Orné de 16 gravures imprimées dans le texte. 
Fribourg-en-Brisgau, Herder. In-16, pp. 90. Prix : 40 cent. 

I. — Toujours dévoué à l'éducation de la jeunesse, M. l'abbé 
Verniolles, dont les livres destinés aux élèves de l'enseignement 
secondaire sont en faveur, a voulu venir en aide aux familles, aux 
pasteurs des paroisses pour les catéchismes, aux directeurs et 
directrices des écoles chrétiennes. Que faut-il pour captiver l'at- 
tention des enfants, aider leur mémoire, éclairer leur intelli- 
gence? La clarté, la précision, la simplicité, jointes h l'intérêt du 
récit. On trouvera ces qualités dans V Histoire abrégée de la reli- 
gion. Elle comprend un résumé de l'histoire sainte, de la vie de 
Jésus-Christ et de l'histoire ecclésiastique. Et les dates ? En cher- 
chant bien, nous n'en trouvons pas. Cette lacune importante sera 
sans doute comblée dans la seconde édition. 

II et III, — Sans coupures, par demandes et par réponses, — 
méthode cependant excellente pour l'enfance, — les Récits bibli- 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 7 

ques^ par leD' Schuster, ont les mêmes qualités de simplicité, de 
précision. Moins complets que celui de M. l'abbé Verniolles, car 
l'histoire de l'Eglise est laissée de côté, ces deux ouvrages sont, 
en compensation, ornés de nombreuses gravures, à l'aide des- 
quelles les faits se gravent plus facilement dans l'esprit. D'excel- 
lentes tables chronologiques fixent l'époque des événements. 

ALEX. COURAT. 

Tractatus de conscientia, auctore R. P. Raphaële à S. Joseph, 
Ordinis Carmelitanorum excalceatorum, philosophiac iho- 
misticae ac S. Theologiae praelectore emerito. — Editio 
altéra, recognita et aucta. Alosti, typis ./Emilii Vernimmen, 
1892. Gr. in-8, pp. xxvii 1-229-48. 

En 1884 paraissaient les Institutiones fundamentales theologix 
moralis. Ce traité en faisait partie. L'ouvrage reçut alors un accueil 
favorable de la part des théologiens; mais quelques critiques assez 
vives s'élevèrent au nom de l'équiprobabilisme attribué à saint 
Alphonse de Ligori. Le désir de leur repondre et l'épuisement 
de la première édition ont engagé le R. P. Raphaël de Saint- 
Joseph à rééditer à part le traité de la conscience : ceux de Acti- 
bus humanis et de Legibus suivront prochainement. 

Les théories générales, où tous les théologiens se trouvent 
parfaitement d'accord, sont exposées avec lucidité et ampleur ; 
citons comme exemple le § de Conscientia scrupulosa^ p. 46-72. 
Mais le véritable intérêt du traité est à la question du probabi- 
lisme. Le R. Père, conséquent jusqu'au bout avec les principes 
sur lesquels ses adversaires mêmes doivent s'appuyer sous 
peine de professer le tutiorisme, la résout dans le sens du pro- 
babilisme pur, si longtemps commun dans les écoles théolo- 
giques, au témoignage de saint Alphonse. Il établit nettement 
ses thèses, les soutient vigoureusement, et montre l'inconsistance 
des systèmes intermédiaires, probabiliorisme, équiprobabilisme, 
et autres moins importants, qui, partant des données fondamen- 
tales du probabilisme, n'osent pas en poursuivre les consé- 
quences logiques. 

Que si l'on objecte la grande autorité de saint Alphonse de Li- 
gori, l'auteur, outre qu'il n'entend pas le suivre en aveugle 
(p. 161), soutient, comme l'avaient déjà fait de bons théologiens, 
et particulièrement Ballerini, que Téquibrobabilisme du saint 



8 ÉTUDES 

docteur n'est dans la réalité que le probabilisme commun et mo- 
déré ; la terminologie, à raison ou à tort, a changé dans les der- 
nières éditions, le saint ayant voulu réagir contre un probabilisme 
outré qui se contenterait d'arguments peu solides. Quant à l'as- 
sertion qu'une probabilité moindre, mais fondée sur des raisons 
et des autorités vraiment graves, est détruite par une probabilité 
plus grande, l'auteur en fait bonne justice dans une thèse spé- 
ciale (p. 157). 

Deux appendices répondent, l'un aux remarques bienveil- 
lantes de la Nouvelle Reçue théologîque, t. XVI ; l'autre, aux 
critiques acerbes de M. Wittmann, curé de Porsel, au canton de 
Fribourg, et missionnaire apostolique. On peut regretter que 
cette seconde réponse topique , à la supériorité du raisonne- 
ment ne joigne pas au même degré celle de la courtoisie et du 
bon ton, si aisée cependant contre un adversaire assez peu civil, 
si l'on en juge par les citations. 

L'ouvrage manque d'une table des matières suffisante : le très 
court Index de la p. iv ne saurait en tenir lieu. Quelques noms 
connus en théologie ne figurent pas au catalogue des auteurs. 
A lire les p. 96-97 sans se reporter à la p. 105, quelques appli- 
cations du principe Melior est conditio possidentis seraient con- 
testées ; l'auteur admet d'ailleurs avec Martinet que saint Al- 
phonse a parfois poussé un peu loin la confiance en cette règle, 
plus œquo confldisse regulse possessionis ^ p. 224. — L'opinion 
probabiliter probahîlis est entendue, comme par Ballerini, dans 
le sens d'une opinion reposant sur des bases solides sans être 
inattaquables ; on peut noter que les auteurs qui en rejettent 
l'usage la prennent autrement : c'est pour eux une opinion dont 
non seulement la vérité, mais jusqu'à la probabilité sérieuse, 
peut être contestée, les raisons ouïes autorités qui l'appuient sem- 
blant de médiocre valeur. 

Bon succès à cet intéressant traité de Conscientia, et à ceux qui 
le suivront, S. ADIGARD, S. J. 

Le Règne social du Cœur de Jésus, par le P. Henry Ramière, 
de la Compagnie de Jésus. Chez le directeur du Messager 
du Cœur de Jésus. Toulouse, rue des Fleurs, 16. In-18, 
pp. 637. Prix : 3 fr. 

Le règne social du Cœur de Jésus ! Voilà bien le remède uni- 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 9 

que et souverain capable de retirer les peuples modernes de 
l'état de misère et de corruption où l'athéisme révolutionnaire 
érigé en système de gouvernement les retient plongés depuis un 
siècle. 

Durant sa laborieuse et féconde carrière, le R. P. Henry Ra- 
raière, fondateur de l'Apostolat de la prière et du Messager du 
Cœur de Jésus, fut un des plus ardents prédicateurs de la royauté 
sociale du Cœur de Jésus pour le salut et la prospérité des nations 
chrétiennes. Il en sera encore le promoteur, même après sa 
mort, grâce au zèle patient et industrieux du Père de la Com- 
pagnie de Jésus qui a recueilli et coordonné les nombreuses 
pages laissées par l'apôtre écrivain sur ce noble sujet. Il nous 
suffira d'indiquer les questions étudiées et résolues dans ce beau 
livre, h la lumière de la plus haute théologie, pour avoir une idée 
exacte de son actualité et de son importance. 

Après une introduction qui nous donne un aperçu de l'état des 
sociétés modernes, l'auteur expose les fondements dogmatiques 
de la royauté de Jésus-Christ, montre ses titres h régner sur les 
sociétés aussi bien que sur les individus, et fait surtout ressortir 
le rôle de l'amour du Cœur de Jésus dans rétablissement de son 
règne social. Cette conquête des cœurs humains par le Cœur de 
l'Homme-Dieu ne se fait point sans combats. La lutte de la haine 
des hommes contre l'amour de Dieu date de loin et n'est pas près 
de finir. Satan et ses satellites forment une légion innombrable 
savamment hiérarchisée dans les antres de la franc-maçonnerie. 
Il faut donc connaître la tactique mise en jeu par l'ennemi, et 
surtout éviter tout pacte avec l'erreur. Ce sont les vérités ex- 
posées dans les cinq chapitres de la deuxième partie. 

Une royauté si violemment attaquée doit compter de nombreux 
et vaillants défenseurs. La troisième partie de l'ouvrage nous 
fait connaître les devoirs des principaux auxiliaires du règne so- 
cial du divin Maître. C'est là que nous trouvons clairement exposée 
la mission providentielle des prêtres, des orateurs sacrés, des re- 
ligieux, des écrivains, des maîtres chrétiens, des jeunes gens, 
des âmes saintes. Ces soldats ne doivent pas combattre isolé- 
ment. Ils forment eux aussi une armée que l'auteur se plaît à 
appeler l'armée du Cœur de Jésus. Il nous expose dans cette 
quatrième partie ses destinées, sa situation, son obligation su- 
prême, son mot d'ordre et ses moyens d'action. Puis vient l'ex- 



10 ÉTUDES 

plication des qualités que doivent avoir les soldats du Sacré 
Cœur. L'esprit de foi, l'esprit de Jésus-Christ, l'esprit catholique, 
l'esprit militant, la pureté d'intention, le désintéressement, la 
patience, la douceur, la force, le courage, la générosité, la ma- 
gnanimité, la confiance, l'amour de l'Eucharistie, telle est l'énu- 
mération des qualités requises. Elles sont développées, sous ces 
titres, dans une série de quinze chapitres durant près de deux 
cents pages. C'est, à notre avis, la partie la plus neuve et la plus 
intéressante de l'ouvrage. On pourrait l'en détacher pour en 
faire comme le manuel pratique du bon soldat du Sacré Cœur. 

Un chapitre intitulé Co«c/aszo/z, renfermant l'énoncé de nos de- 
voirs et de nos espérances envers la royauté sociale du Cœur de 
Jésus, et un appendice où sont relatées les principales consécra- 
tions sociales et nationales au Cœur de Jésus, accomplies depuis 
vingt-cinq ans dans les diverses parties du monde, forment le , 
digne couronnement de cet excellent livre. 

Le style est sobre, correct, abondant, clair, un peu monotone 
peut-être. La doctrine est sûre, profonde, élevée, puisée aux meil- 
leures sources de la révélation et de la théologie. Pour captiver 
des esprits légers et superficiels, il faudrait sans doute autre 
chose. Les esprits sérieux et les cœurs zélés pour l'extension du 
règne de Dieu seront moins exigeants. C'est pour eux surtout 
que ce livre a été composé et publié. 

L. BOUSSAC, S. J. 

I. — Le Prône catéchistique, d'après le Concile de Trente. 
Sa méthode et ses sources de développement., par J. Fon- 
taine, S. J. Paris, Victor Retaux et fils, 1892. In-12, pp. 264. 
Prix : 2 fr. 50. 

II. — Introduction à la vie spirituelle, par des exercices dis- 
posés pour la méditation et la lecture., selon la méthode de 
saint Ignace, par le P. Jacques Masénius, de la Compagnie 
de Jésus. Ouvrage traduit pour la première fois du latin 
en français, par l'abbé Z. G. Jourdain, aumônier du 
Bon-Pasteur d'Amiens. Paris, H. Walzer, 1892. In-12, 
pp. xii-920. 

On parle souvent aujourd'hui de l'action sociale du prêtre; les 
uns déplorent qu'elle ne soit pas plus grande dans notre pays. 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 11 

les autres prétendent la réduire à néant : c'est le clergé qui a fait 
la France chrétienne, et l'on veut qu'elle se passe de son influence. 
Il s'agit de savoir ce qu'elle deviendrait sans lui. Les deux livres 
ici présentés au public font mieux que de poser le problème ; ils 
en préparent à leur manière la solution. 

I. — Le prône est en effet, de par la traditi'on, le principal 
moyen d'action sociale du prêtre; il restera sa plus grande puis- 
sance tant qu'il y aura des auditoires chrétiens : F ides ex audit u. 
Il n'exclut pas l'action extérieure, les œuvres, auxquelles le beau 
nom d'apostolat a été peut-être de nos jours prodigué; mais la 
parole de Dieu annoncée dans l'église, en forme d'instructions 
simples et suivies, ce que le P. Fontaine appelle a le prône caté- 
chistique », c'est bien encore la forme la plus intime et probable- 
ment la plus efficace de l'apostolat. Est-ce à dire qu'il n'y ait rien 
à changer dans nos méthodes actuelles de prédication, et que le 
prône traditionnel soit toujours parfait? « A-t-il gardé parmi 
nous toute l'efficacité qu'il devrait avoir ? D'où vient que les audi- 
toires les meilleurs nous écoutent trop souvent avec une sorte de 
passivité résignée qui déconcerte et décourage ? Pourquoi les 
hommes même chrétiens évitent-ils de venir nous entendre, 
comme si rien d'utile pour leur âme et de vraiment instructif ne 
tombait de nos chaires ? Cela n'indique-t-il pas que nos procédés 
sont vieillis et usés, puisqu'ils demeurent si impuissants ? Et dès 
lors n'cst-il pas urgent d'apporter quelques modifications à nos 
méthodes? Autant de questions qui préoccupent bien des esprits 
sérieux, » que le P. Foutaine se pose à lui-même et auxquelles il 
voudrait répondre. 

Il va donc, pensez-vous, proposer des sujets nouveaux; par 
exemple, l'introduction dans nos chaires de conférences instruc- 
tives sur les questions sociales et sur tout ce qui préoccupe nos 
contemporains. Vous connaîtriez bien mal cet esprit ouvert et 
large sans doute, mais en même temps partisan d'une tradition 
éclairée, aussi peu enclin à l'utopie qu'il est peu exclusif. Le 
P. Fontaine, dans un livre qui a fait quelque sensation : la Chaire 
et l'apologétique au dix-ncuvicmc siècle, avait déjà eu l'occasion 
de s'expliquer sur certaines innovations et sur « l'abus des thèses 
sociales ou économiques faisant invasion dans la prédication con- 
temporaine ». Tout un chapitre de ce livre était consacré h \sl chaire 



12 ÉTUDES 

et aux questio7is sociales, et sans prétendre qu'elles doivent être 
étrangères à l'orateur sacré, l'auteur y soutenait que «la chaire 
ne peut fournir pour la reconstitution sociale que les principes de 
morale publique dont elle est l'interprète», et qu'il faut laisser 
poser et discuter les questions techniques et pratiques dans des 
assemblées extérieures, parla voix d'orateurs compétents. On voit 
que le P, Fontaine est lui-même compétent dans les questions de 
prédication, et que ce n'est pas d'aujourd'hui qu'il y pense. 

Son livre n'en est pas moins un écrit de circonstance. Il l'a publié 
d'abord par fragments dans le Prêtre^ une revue nouvelle des- 
tinée au clergé. Il n'a pas voulu le retoucher, et l'on s'en aperçoit 
bien un peu. Pourquoi, par exemple, tout ce qui concerne la con- 
naissance de l'auditoire est-il rattaché à telle source de dévelop- 
pements plutôt qu'à telle autre ? Pourquoi ne pas l'avoir rattaché 
plutôt à la méthode générale du prône ? Pourquoi ?... sinon pour 
l'avantage de l'article courant, qu'il faut remplir en déchargeant 
d'autant celui qui serait surchargé ? Pourquoi encore ne pas avoir 
donné plus d'ampleur aux chapitres sur l'Ecriture Sainte et la 
patrologie, sujets bien vastes pour être traités en quelques pages ? 
Tout simplement, j'imagine, parce que le cadre d'un article ne 
comportait pas les développements qui seraient venus d'eux- 
mêmes se placer sous la plume de l'écrivain. Mais peut-être aussi 
un remaniement aurait-il fait perdre à cet écrit le caractère de 
conseils spontanés que l'auteur a cherché. 

Ainsi, nous avons du moins l'avantage de recueillir sa pensée 
toute vive et toute pleine encore de l'idée des réformes qu'il va 
proposer. Quelles sont ces réformes ? Il veut tout bonnement, et 
en cela il est fidèle à lui-même, que l'on en revienne au caté- 
chisme du concile de Trente. Pour du nouveau, voilà qui est bien 
vieux. Il est vrai que ce n'est pas la matière qui fait la nouveauté, 
c'est le parti qu'on en tire. Non nova sed nove : sur le thème 
fourni par le catéchisme du concile, que l'on fasse des instruc- 
tions méthodiques, et l'on donnera un véritable enseignement 
plus complet et plus varié qu'avec des homélies sur l'évangile du 
dimanche. Mais, mon Révérend Père, je vous assure que cette 
méthode est suivie déjà et que nombre de prédicateurs s'en ser- 
vent de leur mieux. Vous en conviendrez, vous qui n'êtes pas de 
ces <c esprits chagrins » qui trouvent « que les études ecclésias- 
tiques sont parmi nous insuffisantes », Seulement, comme vous 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 13 

n'êtes pas non plus un esprit routinier, vous demandez, pour 
commenter le catéchisme conciliaire, une connaissance sérieuse 
des autres sources, la théologie, l'Ecriture Sainte, la patrologie, 
la liturgie, les sermonnaires au besoin, et même la littérature con- 
temporaine. J'avoue qu'avec cette préparation éloignée, un pré- 
dicateur dominant absolument sa matière renouvellerait en effet 
les sujets les plus rebattus, et que rien ne vaudrait « ces caté- 
chismes » que demandait déjà La Bruyère. 

Mais là est précisément la diiliculté et le secret du grand art. 
Alors on ne tomberait plus dans « ce style convenu, prétentieux 
et solennel, que l'on a malignement appelé le style ecclésias- 
tique ». (P. 74.) On l'appelle aussi quelquefois le style jésuite, 
mon Révérend Père ; mais il faut reconnaître qu'on n'en sera pas 
tenté après vous avoir lu. Rien n'est plus simple que le style du 
P. Fontaine, et rien n'est plus suggestif. Il parle quelque part de 
la vulgarisation des idées, et il en donne un modèle. Il dit : « La 
valeur d'un livre se mesure à la quantité d'idées chrétiennes et 
surnaturelles qu'il fait entrer dans la grande circulation intellec- 
tuelle de ce siècle et de ce pays. Quels que soient les procédés,... 
si le résultat est obtenu, le livre est excellent et de main d'ou- 
vrier. » On ne saurait mieux louer le sien. Si l'on a trop insisté 
sur ce petit ouvrage, c'est que, malgré son peu de volume, il for- 
mule les principes de la prédication, comme un opuscule célèbre 
du P. de Smedt l'a fait pour les « principes de la science histo- 
rique », avec une véritable maîtrise. 

IL — Tâchons d'être bref sur l'ouvrage du P. Masénius, qui est 
pourtant beaucoup plus volumineux. Disons même tout de suite 
qu'il parait l'être trop. On dirait trois ouvrages en un seul : d'a- 
bord un recueil d'exercices spirituels, puis un traité de l'élec- 
tion ou du choix d'un état de vie, enfin des méditations propres à 
l'état ecclésiastique. Quel lien y a-t-il entre tout cela ? Le lien, on 
le trouverait dans les Exercices de saint Ignace, dont le texte 
court au bas des pages et dont ce livre n'est qu'un commentaire 
dét^iillé. Le commentateur va jusqu'au bout de sa pensée, et après 
la retraite qu'il propose à tous, il veut en affermir les résolutions 
par l'accomplissement des devoirs propres à chaque état, et sur- 
tout à l'état ecclésiastique. Car c'est aux prêtres qu'il pense prin- 
cipalement, sans négliger les âmes qui doivent se sanctifier dans le 



14 ÉTUDES 

monde. C'est même dans leur intérêt qu'il a tant développé les 
méditations de la retraite. Il en dispose les exercices pour une 
seule semaine, mais il y a de la matière pour quatre. Ceux qui les 
voudraient accomplir en huit jours n'auraient vraiment la possi- 
bilité que de faire une lecture méditée, et encore à peine l'auteur 
leur laisse-t-il quelque chose à penser. Il s'en excuse avec bon- 
homie : « Peut-être sembler a-t-il que j'ai porté trop loin la solli- 
citude de ce côté, mais cet excès me paraît préférable à l'excès 
contraire. Si l'exposé est abondant, son abondance ne nuit à 
personne ; s'il ne l'est pas, plusieurs en souffriront. » Le tra- 
ducteur a respecté cette surabondance, estimant qu'il ne devait 
pas empêcher son auteur de venir, comme il dit, « en aide au plus 
grand nombre ». Il a même apporté un soin méticuleux à ne rien 
laisser dans l'ombre, ni les titres, ni les sommaires, ni les textes. 
Il y a bien peu de négligences matérielles ; un oubli pourtant à 
la table des matières. La voie purgative, la voie illuminative sont 
mises en vedette, mais aucune mention de la voie unitive. On re- 
lèverait d'autres négligences dans la traduction ; en somme pour- 
tant, elle est simple, claire, et c'est tout dire. 

« On voit bien, disait un jour h Renan un de ses vieux profes- 
seurs de Saint-Sulpice, en parlant des révolutionnaires de 1848, que 
ces gens-là ne méditent pas. — Il est probable, en effet, repartit 
celui-ci en souriant, que beaucoup de choses s'expliqueraient dans 
le monde, par cette cause que ni Thiers, ni plus tard Gambetta, 
ne faisaient chaque jour oraison. » C'était chez l'un naïveté, chez 
l'autre raillerie. Mais la parole de l'Esprit-Saint n'en demeure pas 
moins : Desolatione desolata est terra^ quia nullus est qui reco- 
gitet corde . A . B O U É . 



PHILOSOPHIE 

SCIENCES ET ARTS 

Justice, par Herbert Spencer ; traduction de M. E. Castelot, 
ancien consul de Belgique. Paris, Guillaumin, 1893. In-8, 
pp. vii-348. 

Il y a déjà longtemps que M. Herbert Spencer s'était proposé 
de couronner son œuvre philosophique en rattachant la morale à 
la doctrine de l'évolution. En 1879, il publiait les Bases de la 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 15 

morale évolutionniste. Depuis, la maladie l'a forcé à interrompre 
son travail. Cependant, au mois de juin 1891, a paru un volume 
intitulé /«si/ce, le quatrième, par ordre de matières, des six qui, 
dans la pensée du célèbre écrivain, doivent être consacrés à l'é- 
thique. Le second et le troisième sont promis au public. C'est ce 
quatrième volume que M. Castelot vient de traduire en un fran- 
çais sobre et clair. 

Dans tout être, dit M. Spencer, on appelle bonne la conduite 
qui favorise sa conservation, mauvaise celle qui tend à sa des- 
truction. Mais pour durer, une espèce doit se conformer à deux 
lois : « Pendant l'enfance, les avantages accordés seront en rai- 
son inverse de l'aptitude de l'être à s'aider lui-même; à l'âge 
adulte, la part d'avantages sera en raison directe de l'adaptation 
de l'être aux conditions de l'existence ; » ce sont les deux prin- 
cipes de la Morale animale (ch. i). Si l'on envisage uniquement 
le principe qui régit l'âge adulte^ on arrive \\ cette loi de justice : 
« Chaque individu recevra les profits et subira les dommages de 
sa propre nature et de la conduite qui en découle, m Appliquée 
aux animaux supérieurs, cette loi peut être appelée la loi de 
Justice sous-humaine (ch. ii). 

La justice s'accentue à mesure que l'organisme s'élève. L'a- 
dulte éprouve d'abord une tendance h maintenir le libre jeu de 
ses facultés, afîn de recueillir les fruits de leur exercice : c'est le 
sentiment égoïste de justice. Puis, s'adaptant à la vie sociale, il 
se trouve dissuadé de s'attaquer à la libre expansion des facultés 
d'autrui par quatre mobiles : la crainte des représailles, la crainte 
de la réprobation à subir de la part de ses compagnons désinté- 
ressés, la crainte des pénalités portées par le chef du groupe qui 
restreint le droit de vengeance personnelle pour ne pas aiTaiblir 
la tribu, la crainte des châtiments infligés par les mânes du chef 
transformé h sa mort en divinité : ces quatre éléments forment le 
sentiment pro-altruiste de justice. En6n, avec la sympathie, se 
développe le sentiment altruiste de laisser à autrui l'exercice de 
ses facultés en lui permettant de recueillir ou de subir les consé- 
quences de son activité (ch. m et iv). De là, cette formule de la 
justice : « Tout homme est libre d'agir à son gré, pourvu qu'il 
n'enfreigne pas la liberté égale de n'importe quel autre homme. i> 
(Ch. VI, p. 52.) 

De cette formule découlent, comme autant de corollaires^ les 



i6 ÉTUDES 

divers droits humains : droit à rintégrité physique, — droit à la 
liberté de se mouvoir et de se déplacer, — droit h l'usage des 
milieux naturels, — droit de propriété (le droit h la propriété 
littéraire ou artistique est remarquablement défendu), — droit 
de donner et de léguer («le legs n'est qu'un don différé»),— • 
droit d'échanger et de contracter, — droit à la liberté du tra- 
vail, — droit à la liberté des croyances et des cultes, — droit à 
la liberté de la parole et de la publication (ch. viii h xxi). 

Il n'existe pas, à proprement parler, d'autres droits. Les droits 
dits politiques ne sont que des moyens donnés aux particuliers de 
réprimer les atteintes portées à leurs droits véritables. Mais la 
confusion s'est produite entre la fin et les moyens, et les hommes 
ont laissé fouler aux pieds leurs droits proprement dits, pourvu 
que les droits politiques fussent possédés indistinctement par 
tous ( ch. XXII ). 

C'est pour mettre en sécurité ces droits et ces libertés que les 
hommes se réunissent en société. Selon qu'il s'agit de les défen- 
dre contre les agressions du dehors ou les entraves du dedans, 
domine dans l'organisation sociale le type militaire ou le type 
industriel (ch. xxiii à xxv). L'Etat ne peut légitimement accep- 
ter une autre mission que celle d'assurer le maintien de la jus- 
tice : là sont les limites de ses devoirs et de ses droits (ch. xxvi 
à XXIX ). 

Telle est la doctrine exposée par M. Spencer. Elle appelle plus 
d'une réserve. Sans doute, on peut admettre que tout être agit 
bien qui s'adapte à sa fin. Mais cette adaptation n'est morale que 
si elle est consciente et libre. Et l'auteur n'a pas suffisamment 
prouvé qu'il y eût chez les animaux conscience et liberté. Donc 
la morale animale pas plus que la morale sous-humaine n'existent. 
Puis cette fin, quelle est-elle? Est-ce la seule conservation de 
l'individu ou de l'espèce ? N'est-ce pas plutôt la conformité à 
l'ordre objectif des choses ? La conservation n'est qu'un élément 
de cet ordre. — Dans cet ordre, comme dans tout autre, les élé- 
ments sont disposés d'une façon hiérarchique, et'les inférieurs 
sont subordonnés aux supérieurs. M. Herbert Spencer semble 
le reconnaître. Or, l'intelligence et la parole sont subordonnées 
au vrai pour lequel elles sont faites ; la liberté des croyances et 
de la parole n'a donc pas seulement pour limite l'égale liberté 
des croyances et de la parole chez autrui, mais les exigences de 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 17 

la vérité. — Mais qui dira où se trouve la vérité ? « Un pape infail- 
lible aurait seul qualité » pour cela, dit l'auteur (p. 167). Nous 
n'y contredirons pas : précisément les catholiques enseignent qu'il 
faut à l'homme, dans les grandes questions que son esprit sou- 
lève, l'autorité en dernier ressort d'un enseignement infaillible . 
Nous sommes plus libres pour louer l'étude faite par M. Spen- 
cer de l'Etat et de ses droits. On peut discuter entre philosophes 
si la mission de l'autorité civile se borne à défendre les droits des 
individus, ou si elle s'étend jusqu'au soin de leur procurer positi- 
vement les moyens d'exercer leurs facultés. Mais plus d'une re- 
marque ou conclusion de l'auteur sera acceptée sans distinction 
d'écoles. Qu'on nous permette d'en citer quelques-unes : 

La législation journalière trahit un faible souci d'attribuer à chaque 
homme ce qui lui revient, mais elle en montre un très grand de lui 
donner ce qui appartient à autrui... A côté du laisaer-faire qui regarde 
d'un œil impassible les hommes se ruiner, sans obtenir de la loi le re- 
dressement de leurs griefs les plus fondés, se démène l'activité qui leur 
procure gratis et aux frais d'autrui le plaisir de lire des romans (dans 
les bibliothèques populaires) (p. 40-50). — Égalité n'est pas liberté: 
les hommes peuvent user de leur liberté, égale, pour se réduire en ser- 
vitude,... à l'égalité dans le degré d'oppression (p. 210). — Les hommes 
politiques préfèrent les modes de recouvrement de l'impôt qui sont 
combinés de telle sorte que toutou partie des prélèvements opérés sur 
le revenu des citoyens passe inaperçu... Si chaque citoyen était tenu de 
payer sa quote-part des impôts sous une forme visible et tangible (au- 
tant qu'il serait possible d'évaluer l'avantage que chacun retire de l'or- 
ganisation sociale, alin de mesurer la contribution pécuniaire au bénë- 
(ice retire), le montant de cette part serait si élevé que tous s'uniraient 
|)()ur imposer l'économie dans l'accomplissement des fonctions néces- 
saires et résisteraient à l'établissement des fonctions inutiles (p. 235). 
L'argent prélevé représente une certaine somme de travail... Ainsi une 
corvée d'État reste une corvée, quoique, au lieu de l'acquitter en genres 
spécifiés de travail, les contribuables l'acquittent sous forme de sommes 
d'argent équivalentes (p. 203). 

Disons cependant que l'uuteur a une tendance h voir trop faci- 
lement dans la conduite de l'État une ingérence injuste et nuisible 
au bien des particuliers. Ainsi il ne lui permet pas d'édicter des 
peines contre l'usure (p. 181). 

En résumé, puissante synthèse, comme toute l'œuvre de 
M. Spencer, mais trop souvent compromise par l'erreur du point 
dedépart. L. ROURE, S. J. 

Biblio(rraphie, iV. — 3 



i8 ÉTUDES 

Platon. Sa philosophie^ précédée d'un aperçu de sa vie et de 
ses écrits, par Ch. Bénard, ancien professeur de philoso- 
phie. Paris, Alcan, 1892. In-8, pp. viii-546. 

Venir parler de Platon à notre génération actuelle paraîtra 
démodé à plusieurs. Les idées ont marché depuis le fondateur de 
l'Académie, et les « maîtres de la pensée contemporaine » ne 
pâlissent guère sur les Dialogues. Mais c'est précisément parce 
qu'on parle peu de Platon que M. Bénard croit opportun d'en 
parler. « Convaincu, dit-il, que son pays ne se relèvera tout à 
fait et ne reprendra... son rang et le rôle qu'il a toujours eus dans 
l'histoire, que quand les croyances spiritualistes, aujourd'hui 
menacées et obscurcies, auront repris leur légitime empire, il n'a 
pas cru pouvoir mieux faire que de consacrer ses loisirs à retracer, 
comme il la conçoit, la figure du philosophe grec, père de l'idéa- 
lisme. » (Préf., VIII. ) 

Il n'adresse pas son livre aux érudits de profession, quoiqu'il 
paraisse bien ne rien ignorer de tout ce que l'érudition a dit du 
grand philosophe, mais au public désireux de s'instruire. Surtout, 
il le dédie « à la jeunesse des écoles », lui, « un de ses plus vieux 
maîtres » et de ses plus constants amis. Cette jeunesse est sur- 
tout celle des universités. Quant h celle qui n'a pas encore dou- 
blé le cap du baccalauréat, elle pourrait trouver bien austère de 
suivre le savant critique à travers cette étude approfondie de la 
Dialectique ly^ partie), de la /'Aysf^we (II* partie), de l'Éthique 
(IIP partie) de Platon. Mais l'autre y recueillera grand avantage 
et même agrément. Au moins peut-elle être assurée que l'ensei- 
gnement qui lui est donné est rigoureusement orthodoxe. Une fois 
cependant l'expresion a trahi le sentiment de l'auteur. «La pensée 
platonicienne, dit-il, s'est mêlée au dogme chrétien, qu'elle a 
contribué à fonder et à constituer. » (P. 541.) On a, sans nul 
doute, voulu seulement faire entendre que la pensée platoni- 
cienne avait inspiré l'exposé rationnel du dogme chez quelques 
Pères de l'Eglise. 

La philosophie de Platon est d'un vol à la fois hardi et capri- 
cieux. Ses fantaisies déconcertent les esprits mathématiques, 
mais ses audaces charment les âmes éprises d'idéal et mettent en 
celles qui le fréquentent un élan salutaire. La doctrine a ses lacu- 
nes ; le respectable auteur en convient tout le premier, mais il 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 19 

ajoute: « Quelle philosophie est complète et juste de tout point? » 
Il y a du vague dans certaines théories ; par exemple, les idées 
sont-elles des substances, des déterminations de l'être ? — « Nous 
pensons, répond M. Bénard, qu'une certaine indétermination ici 
est le milieu où la vérité réside ; il convient de s'y tenir. La solu- 
tion paraît peu satisfaisante, mais qu'y faire? Cela tient à tout le 
système. Ce sont de» substances, sans doute, mais comme Ten- 
tendent ces écoles. » (P. 141.) On voit qu'il en prend sans trop 
de peine son parti de n'y voir pas plus clair. Il semble même, 
par instants, tenir un peu rigueur à Aristote d'avoir voulu à toute 
force faire la pleine lumière là où Platon avait laissé flotter au- 
tour de sa pensée comme un brillant nuage. N'est-ce pas un peu 
le sort de la vérité d'être toujours pour nous enveloppée de va- 
peurs, et ne faut-il pas s'estimer heureux quand ces vapeurs ont 
des reflets si séduisants ? 

Au demeurant, le platonisme a « un vice fondamental » qu'on 
ne fait nulle difficulté de déclarer après tant d'autres, « c'est de 
faire la part trop grande à l'idée, trop faible à l'élément empi- 
rique ou réel, à la réalité soit sensible, soit spirituelle, de les sé- 
parer, de les isoler, au lieu de les distinguer et de les réunir ». 
(P. 529.) Et voilà peut-être pourquoi ces doctrines ne seront 
jamais populaires dans notre pays : notre esprit national à la fois 
positif et élevé aura toujours peine à y trouver son compte. Et 
Descartes, que l'auteur appelle le « principal et vrai représentant 
de la philosophie française », échappe-t-il entièrement à ces re- 
proches ? On entend dire que les promesses de l'avenir sont à un 
pcripatétismc rajeuni parle progrès de la pensée et des sciences. 
S'il en est ainsi, les vœux de M. Bénard se réaliseront, et le 
spiritualisme verra encore de beaux jours. 

L. ROURE, S. J. 

Le Lien conjugal et le divorce, par Jules Cauvikrk, ancien 
magistrat, professeur à l'Institut catholique de Paris. Er- 
nest Thorin, éditeur. In-8, pp. 49. 

Que de flots d'encre n'a-t-on pas répandus autour du divorce 
depuis dix ans! Ses partisans se sont établis successivement sur 
tous les terrains pour le défendre. Partout ses adversaires les 
ont suivis pour le combattre, et partout ils l'ont fait victorieuse- 
ment. La morale, la philosophie, le droit, la théologie leur ont 



20 ETUDES 

fourni des armes dont les tenants du divorce ont pu constater 
la portée et la précision. Un arsenal restait qui n'avait pas été 
suffisamment exploré jusqu'ici : l'histoire. Pourquoi n'y pas re- 
courir aussi? M. Jules Cauvière vient de le faire. Il y a déployé, 
avec un tact historique des plus sûrs, une érudition de bénédic- 
tin. Que de patience n'ont pas dû lui coûter toutes ces recher- 
ches, que d'investigations laborieuses ont dû être les siennes! Il 
suffit, pour s'en faire vite une idée, de voir au bas de chacune de 
ces pages les innombrables références qu'il donne. Mais que le 
savant professeur ne regrette pas sa peine. Son travail est de 
ceux qui restent, et l'on y aura souvent recours. On le consultera 
d'autant plus volontiers d'ailleurs, que le style en est clair, 
concis et agréable. Bien des études doivent à leur rigueur scien- 
tifique une forme quelque peu âpre et qui n'est certes pas pour 
leur valoir des lecteurs nombreux. M. Jules Cauvière a su éviter 
cet écueil. Ce nous est une raison de plus pour souhaiter qu'il 
continue son œuvre. Il s'est borné, dans cette première partie 
de son travail, aux civilisations antiques. Ce sont les « mœurs 
israélites et les mœurs païennes » seulement qu'il s'est donné 
la mission d'étudier. Cette première étude en appelle une se- 
conde. Nous espérons qu'elle ne se fera pas longtemps attendre 
et que nous aurons bientôt le plaisir d'en parler à nos lecteurs *. 

F. ROUVIER, S. J. 

Le Divorce dans nos lois et dans nos mœurs ( dernier état 
du droit), par G. Lecornec, juge suppléant au tribunal 
civil de Guingamp. Paris, Pedone-Lauriel, 13, rue Soufflet, 
1892. In-12, pp. 228. 

Nous ne recommanderons à personne le livre de M. Lecornec. 
Pour lui, le divorce avec facilité de se remarier, même à son com- 
plice, est bien préférable à la séparation de corps, qui en a tous 
les inconvénients, sans les avantages ni la franchise. Rien de 
nouveau dans les raisons; ce sont celles qu'ont invoquées les au- 
teurs et partisans de la loi du divorce : pour les trouver plausi- 

1. Nous leur signalons, en attendant, un autre travail de M. Jules Cauvière, 
la Condition de la femme depuis l'antiquité jusqu'à nos jours (in-8, 22p. 
Marseille, Imprimerie Marseillaise). On retrouvera dans cette conférence 
les qualités solides et brillantes que nous avons signalées dans le Lien con- 
jugal et le divorce. 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 21 

blés, il a fallu la diminution du sens chrétien et l'abaissement 
du sens moral, qui ne comprend plus ni la dignité ni les obliga- 
tions du mariage. 

La partie purement légale nous parait bien traitée, sauf peut- 
être la trop grande facilité à juger graves les injures alléguées 
comme cause de divorce ou de séparation. 

Deux points sont à noter. Les conséquences fâcheuses de la 
séparation montrent avec quelle maturité et quelle répugnance 
des chrétiens et des gens d'honneur doivent en venir à ce triste 
remède. 

Dans toute dissolution totale ou partielle de la société con- 
jugale, les enfants sont sacrifiés ; les deux pages où l'auteur 
prend leur défense sont sans contredit les meilleures de tout 
l'ouvrage. S. ADIGARD, S. J. 

Interprétation économique de l'histoire, par James E. Tho- 
ROLD IloGERs, profcsseur d'économie politique à l'Univer- 
sité d'Oxford. Traduction et introduction parE. Castelot. 
Paris, Guillaumin, 1892. In-8, pp. xvi-455. 

On pourrait croire, d'après le titre de ce livre, que M. Thorold 
Rogers a voulu interpréter l'histoire universelle par l'économie 
politique, mais c'est bien plutôt l'économie politique qu'il inter- 
prète par l'histoire de son pays. Aussi bien s'appuie-t-il sur des 
documents nombreux et sûrs, statistiques et faits qu'il avait ras- 
semblés dans ses ouvrages précédents, hautement appréciés dans 
le monde de l'économie politique: History of agriculture and 
priées et Six centuries of works and wages. C'est de la méthode 
historique de la bonne façon ; c'est le fruit d'un quart de siècle 
de recherches laborieuses dans les archives et les Domesday 
Booksj source féconde, mais inexplorée avant les travaux du sa- • 
vaut professeur d'Oxford. 

A quelle école appartient M. Thorold Rogers? c'est là une ques- 
tion difficile à trancher. Toujours est-il que l'auteur de {'Interpré- 
tation économique n'est point partisan de recelé « abstraite », à 
laquelle il reproche — avec des expressions qui parfois dépassent 
la mesure — d'être « trop optimiste », de se payer de « logoma- 
chies » telles que : « bienfaits de la concurrence illimitée », « pro- 
grès indéfini » et d'autres. Historien impartial, il met ep relief 



22 ÉTUDES 

l'influence sociale des ordres religieux, avouant sans détours que 
l'Eglise et les moines, principalement les Bénédictins, sauvèrent 
la civilisation au moyen âge. « Je reconnais, dit-il (chap. iv), 
que pendant six siècles nous avons été redevables aux religieux 
du maintien de Végalité devant la loi, du relèvement de la dignité 
du travail, des progrès de l'éducation et de toutes les connais- 
sances historiques que nous possédons sur cette époque. » 

Le chap. xi,qui parle de l'origine et du développement du pau- 
périsme en Angleterre, est des plus intéressants. Quelle est donc 
l'étiologie de cette maladie endémique chez nos voisins d'outre- 
Manche? D'une main sûre, M. ThoroldRogers met h nu le germe 
infectieux. C'est dans la suppression des monastères pendant la 
Réforme qu'il faut chercher l'origine du paupérisme. L'acte d'Eli- 
sabeth (en 1601), modifié plus tard par la loi de 1834, aggrava le 
mal et dissipa l'illusion de ceux qui espéraient substituer à la 
charité chrétienne la bienfaisance administrative. « Il faut, dit 
l'auteur, attribuer la nécessité de la loi anglaise aux crimes des 
gouvernants et de leurs agents. » Voilà dans la bouche d'un pro- 
testant anglais, un important aveu. Les chapitres viii et xi nous 
donnent une fine analyse et une réfutation solide de la fameuse 
théorie de la rente de Ricardo, cette théorie qui a conduit Henry 
George au socialisme agraire par la confiscation de la rente fon- 
cière. Evidemment M. Thorold Rogers n'est pas l'ami de Ricardo, 
et il le montre bien ! 

Le savant professeur d'Oxford se rallie à l'étendard du laissez- 
faire (chap. xvi etxxiii). Mais rassurez-vous, ce n'est pas à la ma- 
nière des physiocrates, d'Adam Smith ou de Turgot ; son laissez- 
faire est si heureusement pondéré, mitigé, tempéré, que l'écono- 
mie classique y reconnaîtrait à grand'peine son théorème fonda- 
mental. « La doctrine du laissez- faire, écrit l'auteur, est vouée à 
un échec certain lorsqu'il s'agit des classes ouvrières. » (P. 308.) 
« Il est excessivement difficile d'améliorer le sort des ouvriers 
par la concurrence libre. » 

Dans la question agraire, la doctrine du laissez-faire devient 
très favorable au fort, très oppressive pour le faible. Les lois 
anglaises ont tout fait pour permettre aux grands propriétaires 
de monopoliser la terre. « Ce régime, continue M. Thorold 
Rogers, a été un peu, quoique imparfaitement, amendé en Ir- 
lande; mais nous permettons au landlord d'exhausser arbitraire- 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 23 

ment la rente et de confisquer indirectement le capital du te- 
nancier. » Rendons hommage au franc parler de Téconomiste 
anglais. 

Il nous reste à signaler quelques côtés défectueux de cet 
ouvrage. Le vingt-deuxième chapitre laisse à désirer ; il contient 
trop peu de documents sur la question des taxes locales en An- 
gleterre. L'impôt sur les rentes d'un emprunt public perpétuel 
ne trouve pas grâce au tribunal de M. Rogers (chap. xx); mais 
en vérité le motif de la condamnation, c'est-à-dire le danger d'une 
banqueroute partielle, n'est pas sérieux. Enfin il n'est pas exact 
que l'éducation primaire soit un service national avant d'être un 
devoir des parents (chap. xxin). Cette erreur est grosse des plus 
graves conséquences pour l'ordre social, comme en font foi les 
lois scolaires de France. CH. ANTOINE, S. J. 

Traité d'analyse, par Emile Picard, membre de l'Institut, 
professeur à la Faculté des sciences. T. II (1" fascicule). 
Paris, Gauthier-Villars, 1892. 1 vol. gr. in-8, pp. 352. 

La majeure partie de ce fascicule traite de la théorie des fonc- 
tions. On peut expliquer la théorie, soit en partant de l'équation 
de Laplace réduite au cas de deux variables, soit directement, par 
les procédés, classiques depuis longtemps, de Cauchy. Le pre- 
mier point de vue « est assurément plus philosophique, dit 
M. Picard (p. 7), il a le grand avantage de laisser de côté tout 
symbole, et la théorie des fonctions d'une variable complexe est, 
en définitive, l'étude de deux fonctions associées u et {>, de deux 

du dv 
variables réelles a: et y satisfaisant aux deux équations : — —, 

-— =: — -— . » A cet ég:ard, la pensée de l'auteur semble très 
dy dx 6 » r 

arrêtée, si arrêtée même qu'en présentant son livre à ses collègues 
de l'Institut, il y revient dans des termes presque identiques. 
[Comptes rendus^ octobre 1892.) 

Ayant « cru utile d'adopter» cette marche «tout d'abord» (ibid.J, 
il se trouve dans la nécessité d'étudier avec quelques détails les 
fonctions harrnonù/ues et le problème de Dirichlet. Les quatre 
premiers chapitres s'occupent de ces questions et incidemment 
de beaucoup d'autres, comme est par exemple l'extension de plu- 
sieurs résultats à l'équation linéaire générale du second ordre 



24 ETUDES 

Une première étude du problème de Dirichlet est faite par la 
méthode de Neumann (eh. i). Par elle, on détermine la fonction 
harmonique qui prend une suite de valeurs données sur un con- 
tour, lorsque ce contour est convexe. Dans son premier volume, 
l'auteur avait fait un exposé détaillé de la méthode, à l'occasion 
de l'équation à trois variables AV=0; il pouvait, par suite, 
être plus succinct ici ; il passe donc rapidement. 

Le problème a été résolu pour un contour convexe; le procédé 
ingénieux de M. Schwarz va étendre la solution au cas d'un con- 
tour non convexe (ch. m). Prenant pour point de départ le cas 
le plus simple, supposez que vous sachiez résoudre le problème 
séparément pour deux contours convexes dont les aires inté- 
rieures ont une partie commune ; faites maintenant correspondre 
à l'un des contours une fonction harmonique «i, puis déduisez 
de M,, sous certaines conditions indiquées, une Ibnction harmo- 
nique v\ relative au deuxième contour, puis encore de v^ une 
nouvelle fonction Ut relative au premier, de celle-ci une fonction 
vt relative au deuxième, et ainsi de suite alternativement ; les fonc- 
tions limites u et v, vers lesquelles tendent les deux suites u^^ 
u^..., i>i, i'i..., résolvent le problème. Elles coïncident dans l'aire 
commune aux deux contours et sont le prolongement analytique 
l'une de l'autre dans les parties non communes des aires limi- 
tées. 

Au chapitre iv, M. Picard présente une solution toute diffé- 
rente du même problème. C'est à M. Poincaré qu'il en emprunte 
le principe. « Tandis que, dans les méthodes de Neumann et de 
Schwarz, on part toujours d'une fonction harmonique et que les 
approximations successives, qui doivent faire approcher de plus 
en plus de la fonction cherchée, sont toujours des fonctions har- 
moniques, il en est tout autrement chez M. Poincaré. Ici, on part 
d^une fonction quelconque prenant les valeurs données sur le 
contour et l'on forme une succession de fonctions qui ne sont pas 
harmoniques dans toute l'aire S ; c'est seulement leur limite qui 
donne une fonction harmonique dans cette aire tout entière. » 
(P. 100.) 

Si remarquable que soit le talent d'exposition du savant pro- 
fesseur, et si intéressantes que soient les matières contenues 
dans les chapitres précédents, on ne peut nier que la lecture de 
ces belles théories réclame une attention très soutenue, quelque- 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 25 

fois pénible. Cela provient de la nature même du problème h ré- 
soudre. Heureusement, avec le chapitre v, la scène va changer. 
On y entreprend l'étude directe de la fonction f{z)^ pour la con- 
tinuer dans les chapitres suivants. « La simplicité et l'uniformité 
des raisonnements, avait dit avec raison M. Picard (p. 7), font de 
cette théorie une des plus attrayantes et des plus parfaites- de 
l'analyse mathématique. » Et quelques lignes plus loin: « Le 
symbolisme a, dans certains cas, ses avantages, et bien des résul- 
tats extrêmement simples deviendraient d'un énoncé compliqué, 
si l'on voulait ne jamais introduire de quantités complexes. » 

Parmi les matières traitées, signalons : l'étude d'une fonction 
uniforme dans le voisinage d'un pôle ou d'un point essentiel; la 
décomposition en facteurs des fonctions uniformes. Sur ce dernier 
sujet, l'analyse de M. Picard coïncide dans le fond avec celle de 
M. Weierstrass (cf. Annales de VÉcole normale supérieure 1879), 
mais elle est présentée avec plus de lucidité ; M, Hermite, dans 
son admirable cours professé h la Sorbonne, a donné une autre 
méthode ; nous en retrouvons le principe au chapitre vi de l'ou- 
vrage actuel. A signaler encore : la méthode de Cauchy pour ob- 
tenir la série de Fourier et les séries analogues; la détermination 
du nombre des racines d'une équation à l'intérieur d'un contour ; 
la théorie des indices. 

Cette dernière question fait pressentir le chapitre vu avec sa 
détermination des racines communes à deux équations simulta- 
nées. L'importance de la question, le beau résultat déjà obtenu 
par Kronecker, ont sans doute stimulé le talent de M. Picard; 
dans son premier volume, il appelait sur ce sujet de « nouvelles re- 
cherches » (p. 127) ; pendant le courant de l'année, plusieurs notes 
publiées par lui dans les Comptes rendus ont excité l'attention des 
géomètres, d'autant que Kronecker avait réclamé la priorité de 
la solution du problème ; d'où une réplique de M. Picard dont 
nous trouvons ici même l'écho : « Le problème de la recherche 
du nombre exact des racines n'est donc pas résolu par la formule 
de M. Kronecker. Je me propose maintenant de montrer qu'en 
m,' appuyant sur le résultat de l'illustre géomètre... » (P. 195.) 
Tout dépend en effet du signe d'un certain déterminant, lequel 
reste indéterminé dans la formule de Kronecker; M. Picard lève 
la difficulté par un artifice introduisant un déterminant essen- 
tiellement positif. 



26 ETUDES 

La théorie des intégrales des fonctions non uniformes occupe 
le chapitre suivant, où, après plusieurs choses intéressantes sur 
les périodes des intégrales, la réduction du nombre de ces pé- 
riodes et la série hypergéométrique, nous remarquons les deux 
célèbres théorèmes découverts par l'auteur sur les fonctions uni- 
formes : 1" une fonction entière qui ne devient jamais égale à a 
et à ^ est une constante ; 2" une fonction uniforme, n'ayant sur 
tout le plan que des pôles, prend toutes les valeurs finies, à l'ex- 
ception de deux au plus. 

Voici quelques-uns des autres sujets exposés dans la suite de 
l'ouvrage et auxquels nous ne pouvons nous arrêter ici : fonctions 
de plusieurs variables complexes ; démonstration, fondée sur un 
théorème de Weierstrass, de l'existence des fonctions implicites ; 
la belle extension aux intégrales doubles du théorème de Cau- 
chy, d'après M. Poincaré ; la représentation conforme. Cette 
dernière ramène encore le problème de Dirichlet et fournit l'oc- 
casion de compléter ce qui a été dit sur la méthode de Schv^^arz. 

« Dans les deux derniers chapitres du volume, dit M. Picard 
i^Comptes rendusy oct. 1892), je commence l'étude des équations 
différentielles. J'insiste longuement sur le théorème relatif à 
l'existence des intégrales, dont je donne trois démonstrations 
différentes. Il est important, dans ces questions, de multiplier 
les points de vue. » Notons que, de ces trois méthodes, la seconde 
est une découverte personnelle de l'auteur. 

En terminant ce compte rendu, je puis répéter, au sujet de ce 
second volume, ce que je disais l'an dernier du premier : « C'est 
un livre à connaître ; intéressant partout, il instruit, et par le 
choix et l'abondance des matières, et par la manière, élégante 
souvent, quelquefois magistrale, dont elles sont traitées. » Ce 
n'est pas, en effet, une légère inadvertance glissant le mot « ho- 
lomorphe » (p. 117, 1. 16) au lieu du mot « uniforme », qui 
pourrait rien enlever à la haute valeur de l'ouvrage. Il semble 
évident que le Traité d' analyse de M. Picard est appelé à rendre 
les plus grands services à l'enseignement mathématique supé- 
rieur ; il y a donc lieu de le féliciter d'avoir entrepris la publica- 
tion de ce cours et de la poursuivre avec tant d'activité et de 
succès. B, BERLOTY, S. J. 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 27 

I. — Annuaire pour l'an 1893, publié par le Bureau des lon- 
gitudes, avec figures et 2 cartes magnétiques. Paris, Gau- 
thier-Villars et fils. In-18, pp.* v-868. Prix : 1 fr. 50. 

II. — Annuaire de l'Observatoire municipal de Montsouris, 

pour les années 1892-1893. Paris, Gauthier-Villars et fils. 
In-18, pp. vi-584. Prix : 2 francs. 

I. — Comme tous les ans, cet Annuaire contient un grand 
nombre de renseignements pratiques et tableaux, dont plusieurs 
sont accompagnés d'articles ou notes explicatives, dus aux sa- 
vants les plus autorisés, sur les monnaies, la statistique, etc. En 
outre il renferme les Notices suivantes : Sur F Observatoire du 
mont Blanc, par J. Janssen. — Sur la corrélation des phénomènes 
d'électricité statique et dynamique et la définition des unités élec- 
triques, par A. Cornu. — Au sujet de cette seconde notice il peut 
être utile d'indiquer le genre de lecteurs auquel M. Cornu a 
voulu s'adresser; voici ce qu'il en dit lui-même : « Quant au 
lecteur désireux seulement de connaître les 'idées générales qui 
régnent actuellement en électricité, la manière dont les notions 
essentielles se sont dégagées, les motifs qui ont nécessité la créa- 
tion de dénominations particulières et d'unités spéciales, nous 
pensons que la présente Notice suffira à les satisfaire;... on sup- 
posera seulement que le lecteur a déjà une connaissance ordi- 
naire des phénomènes électriques , tels qu'ils étaient exposés 
dans les anciens traités de physique, et que les expériences clas- 
siques des cours élémentaires sont encore présentes à son esprit. » 
— Discours sur l'Aéronautique, prononcé au congrès des sociétés 
savantes, par J. Janssen. — Discours prononcé aux funérailles de 
M. Ossian Bonnet, par F. Tisserand. — Discours prononcés aux 
funérailles de M. r amiral Mouchez, par Faye, Bouquet de la Grye 
et Lœwy. — Discours prononcé ^zt J. Janssen, aa nom du Bureau 
des longitudes, à l inauguration de la statue du général Perrier, 
à Valleraugue [Gard). 

II. — L'Annuaire de l'Observatoire de Montsouris paraissait 
généralement à la fin de l'année dont il portait le titre; il en ré- 
sultait un assez fâcheux effet sur le lecteur, recevant au mois 
d'octobre un annuaire pour l'année qui s'achevait. La cause de 
ce retard était d'ailleurs fort simple, car l'Annuaire comprend la 



28 ETUDES 

rédaction et la discussion des observations de l'année précédente, 
travail qui exigeait en effet quelques mois. Afin de mettre un 
terme à cette situation anormale, une heureuse modification vient 
d'être faite par les éditeurs. Désormais, l'Annuaire donnant le 
compte rendu des observations de 1892, par exemple, et parais- 
sant vers la fin de 1893, contiendra le calendrier pour l'année 
suivante 1894. Le présent volume, faisant transition, donne les 
calendriers de 1892 et 1893. 

Il contient en outre les travaux habituels qui se divisent en 
trois sections principales : 1° la météorologie proprement dite, 
confiée à M. Léon Descroix, qui lui a rattaché le magnétisme et 
l'électricité; 2° le service chimique, qui, sous la direction de 
M. Albert Lévy, étudie les variations de composition de l'air et 
de l'eau dos différents quartiers de Paris, celle des eaux d'égout 
et de celles qui retournent au fleuve après leur drainage à travers 
le sol ; 3° le service micrographique, dévolu à M. Miquel, qui 
analyse non seulement l'atmosphère des habitations et des écoles, 
mais aussi les eaux accusées depuis longtemps de charrier les 
principes contagieux de tant de maladies. 

J. DE JOANNIS, S. J- 

La Terre, les mers et les continents, par Fernand Priem. 
Paris, J.-B. Baillière et fils. Gr. in-8, pp. 750, avec 700 fig. 
Prix : il francs. 

Cet ouvrage fait suite h la collection des Merçeilles de la na- 
ture^ de A. E. Brehm, qui comprenait jusqu'à présent dix 
volumes concernant l'homme et les animaux. 

On connaît assez cette publication pour qu'il ne soit pas néces- 
saire d'en parler ici bien longuement. C'est une œuvre de vulga- 
risation vraiment utile, sorte d'encyclopédie d'histoire naturelle, 
et, bien que sur certains points touchant aux questions philoso- 
phiques ou religieuses il y ait plus d'une réserve à faire (notam- 
ment dans le premier volume, où M. Verneau s'occupe des races 
humaines), en somme on trouve là un grand nombre de faits inté- 
ressants, exposés d'une manière agréable et sérieuse, mettant 
réellement le lecteur au courant des découvertes et théories 
scientifiques récentes ; le tout orné de gravures en général bien 
choisies. MM. Kunckel d'Herculais, Sauvage, T. de Rochebrune, 
du Muséum d'histoire naturelle, et Gerbe avaient rédigé les vo- 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 29 

lûmes relatifs aux diverses classes du règne animal; M, Priem, 
professeur au lycée Henri IV, s'est chargé de faire connaître la 
terre elle-même qui sert d'habitation à toute cette population 
d'êtres vivants, en étudiant sa configuration actuelle, les maté- 
riaux qui la composent, les modifications que sa surface éprouve 
sans cesse sous l'action des diverses forces naturelles. 

L'auteur s'est inspiré des travaux des nombreux géographes, 
géologues et minéralogistes qui se sont appliqués jusqu'à présent 
à connaître notre globe. Dans une première partie, M. Priem 
esquisse l'histoire de la géologie, puis il considère le globe ter- 
restre dans ses rapports avec les autres astres, et étudie les divers 
éléments de notre planète, l'atmosphère, les terres et les mers. 
Il consacre une autre partie de l'ouvrage aux changements conti- 
nuels de la surface terrestre dus aux actions de la mer, des eaux 
courantes et des forces souterraines ; l'auteur examine longuement 
et en détail les glaciers, les volcans, les tremblements de terre. 

Les minéraux et les roches sont ensuite passés en revue, et les 
questions relatives aux matériaux utiles, aux métaux, aux pierres 
précieuses, sont traitées avec tous les développements qu'elles 
comportent. Le livre se termine par une esquisse des faunes et des 
flores qui peuplent la terre, et l'ouvrage de M. Priem se relie 
ainsi auxvolumes déjà publiés, dont il est le complément naturel. 

Ajoutons que très prochainement doivent paraître le Monde 
avant V apparition de l'homme y par M. Priera, et le Monde des 
plantes^ par ^l. P. Constantin, complétant la collection des Mer- 
veilles de la nature. Ceux qui désirent être mis au courant, du 
moins d'une façon sommaire et générale, des travaux et progrès 
récents en histoire naturelle, peuvent trouver un véritable se- 
cours dans cette publication. J, DE JOANNIS, S. J. 



HISTOIRE — GÉOGRAPHIE 

QUESTIONS DU JOUR 

Nouvelle Géographie universelle, par Elisée Reglus. — 
XV Amérique boréale. XVll . Etats-Unis. — Paris, Hachette, 
1890 et 1892. 2 vol. gr. in-8, pp. 721 et 846, avec cartes. 

Pas n'est besoin du centenaire pour donner l'actualité aux 
volumes de M. Reclus sur l'Amérique septentrionale. Ils sont cer- 



30 ÉTUDES 

tainement parmi les mieux faits et les plus intéressants de sa 
Géographie universelle. Et l'on trouverait difficilement ailleurs 
un tableau de cette moitié du Nouveau Monde plus complet, 
mieux à jour, du moins en ce qui concerne le côté physique, 
l'ethnographie et l'état de civilisation matérielle. L'auteur n'a 
pas seulement utilisé les statistiques les plus récentes et les plus 
sûres ; il a voulu visiter, avant de les décrire, ces pays et ces 
sociétés, si différents à bien des égards de ce que nous voyons 
en Europe. Nous ne lui marchandons pas le tribut d'une sincère 
admiration pour le soin avec lequel il a recueilli tant de docu- 
ments de toute sorte et pour le talent avec lequel il les a mis en 
œuvre. Nous serions heureux de n'avoir aucune restriction à 
faire dans l'éloge de ces beaux volumes, si pleins de science, si 
utiles à consulter et, ce qui ne gâte rien, si agréables à parcou- 
rir, grâce à l'intérêt du style et à l'illustration h la fois savante et 
artistique. Mais, si le mérite incontestable de M. Reclus veut 
que nous disions encore beaucoup de bien de cette publication, 
comme nous l'avons déjà fait pour les parties antérieures, ce serait 
trahir la confiance de nos lecteurs que de la recommander sans 
réserve. Nous ajouterons cependant volontiers que ces nou- 
veaux volumes prêtent moins aux reproches que nous avons 
adressés aux précédents. 

I. — Le tome XV, premier de l'Amérique, s'ouvre par l'his- 
toire sommaire de la découverte et de l'exploration du Nou- 
veau Monde. Cet aperçu est intéressant et en général exact. 
Tout en reconnaissant que « le génie de Christophe Colomb 
était de premier ordre », M. Reclus réduit trop, ce nous sem- 
ble, la part de son initiative propre dans la découverte. Il laisse 
entendre que Colomb a simplement été plus heureux que les 
« collaborateurs » qui ont préparé, consciemment ou non, le 
grand résultat. « Entre de nombreux concurrents, c'est Colomb 
dont le nom a résumé son époque », parce que c'est à lui qu'est 
échu le sort d'arriver au moment propice et d'accomplir 1' « acte 
décisif». D'ailleurs, s'il n'avait pas trouvé l'Amérique, « l'événe- 
ment n'eût été retardé que de peu, puisqu'en l'année 1500, Al- 
varez Cabrai, suivant les traces de Gama vers les Indes orientales, 
rencontra inopinément sur sa route les côtes du Brésil ». Tout 
cela est facile à dire après « l'événement ». Mais, d'abord, dans 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 31 

les essais qui précédèrent, rien n'est comparable à ce qu'a fait 
le grand Génois, -et s'il n'était pas venu, personne ne sait de 
combien d'années et même de siècles, « l'acte décisif» aurait 
été retardé. C'est un fait qu'avant Colomb les navigateurs 
osaient à peine perdre de vue la terre ; et c'est de l'impulsion donnée 
par son audacieuse entreprise que procède la hardiesse qui mena 
Cabrai jusqu'au Brésil. 

M. Reclus constate que, « dans le continent du nord (de 
l'Amérique), la part la plus considérable de découvertes échut 
aux voyageurs français ». A ce propos, il n'omet pas de dire 
combien les missionnaires, et surtout les Jésuites, ont con- 
tribué à ces découvertes. Malheureusement, il ne sait pas leur 
rendre justice par un côté, sans les calomnier par un autre. 11 
donne à entendre que la « conquête des âmes » ne suflîsait pas à 
leur zèle et qu'ils se livraient aussi plus ou moins au trafic. Nous 
ne nous arrêterons pas h discuter cette imputation, souvent lan- 
cée contre les missionnaires jésuites par des ennemis pas- 
sionnés qui faisaient arme de tout pour enlever à l'Ordre la 
gloire de son apostolat. L'historien protestant Francis Parknian, 
auquel M. Reclus renvoie, mais qui est plus réservé, a écrit : 
(( Attribuer des motifs mercenaires à Garnier, Jogues et à leurs 
collaborateurs, est manifestement oiseux {idle)K » Et M. Gabriel 
Gravier, qui n'est pas plus suspect, avoue que, « franchement, il 
serait puéril de donner pour mobile à la conduite [des mission- 
naires jésuites du Canada] le trafic du castor et de l'eau-de-vie ». 
Mais ce n'est pas seulement « oiseux » et « puéril » qu'il faut 
dire ; il est aussi absurde qu'odieux de supposer qu'ils poursui- 
vaient un gain sordide, ces hommes qui, pour évangéliser de 
grossiers sauvages, s'étaient volontairement exclus du monde 
civilisé et condamnés à une vie toute de sacrifice et h des fati> 
gués presque surhumaines, avec la perspective de finir dépecés 
et brûlés ii petit feu. 

M. Reclus fait encore aux anciens missionnaires de l'Amérique 
d'autres reproches, qu'il serait trop long, quoique peu difficile, 

1. Parkmna, France and England in North America. Vol. II. The Jesuits 
inNorth America, Boston, p. 365, note. — Voir, sur cette accusation, le 
P. de Ravigiian, De l' existence et de l'Institut des Jésuites, Appendice, et le 
P. F. Martin, dans Relations inédites de la Nouvelle-France, t. II, Appendice, 
p. 339 et suiv. (1861). 



32 ÉTUDES 

de réfuter *. Nous avons assez montré combien il est peu sûr dans 
ses digressions historiques en général, et surtout quand il touche 
aux hommes et aux choses de l'Eglise catholique. Passons donc 
sur les invectives qu'il débite contre le moyen âge, en parlant de 
l'influence de la découverte du Nouveau Monde ; ne répétons pas 
ce que nous avons déjà dit ici de la prétendue destruction des 
« produits de l'art et de la science » des indigènes mexicains, par 
« les prêtres ignorants de l'Espagne », etc. Revenons plutôt à la 
géographie, qui est le vrai domaine de M, Reclus. 

La description du Groenland, des îles polaires et même de 
l'Alaska ne semble pas d'abord susceptible d'un grand intérêt, 
ni surtout de beaucoup de variété. Que trouve-t-on là, sinon de 
la neige et de la glace, et toujours de la glace et de la neige? Il y 
a cependant quelque peu d'autre chose; puis M. Reclus montre 
bien que l'exploration de ces rudes contrées, pour laquelle tant 
de sacrifices ont déjà été faits, à défaut d'avantages matériels, a 
donné et doit donner encore des résultats importants pour la 
physique générale du globe, pour la météorologie, la paléonto- 
logie et d'autres parties de la science. 

Les pages consacrées au Dominion de Canada attireront et 
retiendront le plus les lecteurs français . Ce sont en effet des 
Français qui ont exploré et colonisé les premiers une grande 
partie de l'immense territoire auquel on a donné ce nom, et leur 
œuvre n'y a point péri tout entière. La « Nouvelle-France », 
qu'ils avaient fondée, a pu être diminuée de surface ; mais elle a 
merveilleusement accru le nombre de ses habitants, et cela sans 
aucun préjudice de leur cohésion nationale. Quand la colonie 
fut cédée à l'Angleterre, en 1759, nos compatriotes n'y étaient 
pas soixante mille; un siècle après, en 1871, ils avaient dé- 
passé un million, sans avoir reçu, dans cet intervalle, aucun 
appoint d'immigration française nouvelle ; au dernier recense- 
ment, en 1889, ils étaient 1 490 000, sans compter les essaims 
d'émigrants qu'ils ont envoyés aux Etats-Unis, au nombre de plu- 
sieurs centaines de mille. L'ancienne France se perpétue aux 
rives du Saint-Laurent, grâce à cette robuste population qui a 
conservé toutes les meilleures qualités de ses ancêtres. 

1, Quelques-uns de ces reproches, s'adressant encore aux Jésuites, parais- 
sent empruntés à M. G. Gravier. Nous les avons réfutés jadis dans les Études, 
t. XLI (1879), p. 751 et 823 suiv. (articles sur le P. Marquette). 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 33 

Par une sorte de tact patriotique, M. Reclus parle des Cana- 
diens français avec une véritable sympathie; il constate même 
leur profond attachement à la religion catholique, sans trop 
laisser percer ses sentiments propres, si différents : « On pour- 
rait croire, observe-t-il, que tous les Franco-Canadiens profes- 
sent une foi « naïve » non encore ébranlée par les doutes de la 
philosophie moderne. » En y regardant de plus près, il aurait pu 
constater aussi que leur foi, d'ailleurs éclairée autant que 
« naïve », a été la meilleure protection de l'esprit national et des 
vertus qui les ont conservés si prospères. 

M. Reclus reconnaît que « le clergé canadien de langue fran- 
çaise est généralement désigné par les patriotes laurentins 
comme le défenseur par excellence de la nationalité ». Cepen- 
dant il voudrait faire croire h un dissentiment secret entre le 
peuple canadien et ses pasteurs : celui-là ne partagerait ni le 
« loyalisme dévoué » des hauts dignitaires de l'Église cana- 
dienne à l'égard du gouvernement anglais, ni « l'éloignement » 
dont tout le clergé, « à peu d'exceptions près, se plaît à témoigner 
pour la France moderne, \e pays de la Révolution ». Nous pen- 
sons connaître assez le Canada pour pouvoir affirmer que 
M. Reclus est dans l'illusion, et que ce sont tous les Franco- 
Canadiens, « à peu d'exceptions près », qui déplorent l'influence 
funeste exercée jusqu'à ce jour dans la belle France par la 
Révolution. Ils ne sont pas moins d'accord dans leur « loya- 
lisme », et en effet l'on ne voit pas pourquoi ils s'insurgeraient 
contre une suzeraineté, qui se fait sentir si peu, qu'elle leur laisse 
une autonomie presque entière et des libertés que les Français 
(( du vieux pays » sont réduits à leur envier. 

II. — Les h.tats-Unis ont donné lieu chez nous, dans ces der- 
niers temps, à plusieurs ouvrages remarquables, dont il a été 
parlé ici même. Le seizième volume de M. Reclus doit être ajouté 
à cette série. Très riche en informations les plus récentes sur 
tout ce qui concerne la grande république, il se distingue prin- 
cipalement par la place considérable qui y est faite à la géogra- 
phie physique, considérée non seulement en elle-même, mais 
encore dans ses rapports avec la géographie commerciale et 
industrielle. Il est vrai que les autres volumes de cette Nouvelle 
Géographie ont un caractère semblable, et c'est même, selon 

BibliojcraDhie, IV. — 3 



34 ÉTUDES 

nous, leur mérite le plus sérieux, nous l'avons déjà dit. Mais la 
méthode préférée de M. Reclus n'est peut-être nulle part mieux 
h sa place et plus féconde que dans la description de cette 
immense région, où l'influence du sol, avec tous ses accidents de 
relief et de configuration et la diversité de ses ressources, a déter- 
miné presque seule le groupement et le mode d'activité des 
populations. Il y a un intérêt tout particulier à étudier ainsi le 
prodigieux développement commercial et industriel des Etats- 
Unis, en regard des causes naturelles qui l'ont produit ou favo- 
risé. Et M. Reclus est ici un guide précieux. 

Nous n'avons plus besoin de dire que son autorité est bien 
moindre quand il passe sur le terrain moral. Aussi nous ne 
nous arrêterons pas à réfuter des assertions comme celles-ci, par 
exemple, qu'aux Etats-Unis, « l'Eglise catholique s'est rappro- 
chée des églises protestantes », et que « les avances des partis 
socialistes n'ont pas été absolument repoussées par les conciles ». 
Il faut dire, cependant, que M. Reclus est assez exact dans ce 
qu'il dit du progrès numérique des catholiques américains, qui 
n'étaient pas deux mille au commencement du siècle, et qui sont 
maintenant plus de sept millions; malheureusement il est aussi 
dans le vrai en constatant que ce beau chiffre est dû principale- 
ment à l'immigration, et qu'il ne représente qu'une partie de la 
descendance des colons qui étaient catholiques à leur arrivée 
aux États-Unis. 

On peut également savoir gré à l'auteur de s'être élevé contre 
l'opinion si commune, que, dans la république nord-américaine, 
l'Etat est absolument neutre et indifférent au point de vue reli- 
gieux. « Tout en tenant la balance égale entre les divers cultes, 
dit-il, le gouvernement fédéral, de même que la plupart des élec- 
teurs auxquels il doit son origine, admet tacitement que le chris- 
tianisme, sous une forme ou sous une autre, doit être la religion 
de tous. Loin d'être « athée », suivant une expression employée 
pour les gouvernements parlementaires d'Europe, l'Etat améri- 
cain est « chrétien », mais sans qualification spéciale, et sa pro- 
tection s'étend sur l'ensemble des cultes, du catholicisme aux 
adventistes et aux unitariens. » Seulement, il faudrait ajouter 
que cette protection égale de tous les cultes se dément quelque- 
fois dans la pratique, et surtout dans les écoles publiques, dont 
« les catholiques se plaignent », comme M. Reclus le remarque 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 35 

avec raison, à tel point que, pour sauvegarder la foi et l'inno- 
cence de leurs enfants, ils sont obligés de fonder des écoles libres 
paroissiales à leurs frais, c'est-à-dire en payant deux fois, cette 
fondation ne les dispensant pas de contribuer à l'entretien des 
écoles d'Etat. 

Enfin, il est bon de noter que le docte géographe est lui aussi 
fort éloigné de voir tout en rose dans la démocratie nord-améri- 
caine. Il signale très justement plus d'un point noir : par exem- 
ple, la puissance formidable des sociétés financières, puissance 
telle qu'elle fait dire que « la monarchie, supprimée dans l'État, 
reparait dans l'industrie et la finance » ; l'antagonisme entre les 
classes, qui a déjà donné lieu à bien des conflits sanglants; la 
progression alarmante des crimes, révélant l'abaissement graduel 
du niveau général de la moralité; enfin, le développement mal- 
sain de la race des politiciens. Parlant de ce dernier point, M. Re- 
clus va jusqu'à dire que a la vie morale se retire graduellement 
de tout l'organisme officiel. Le gouvernement de la nation est de 
plus en plus laissé à des » hommes du métier», aux «spécia- 
listes » qui, dès les bancs du collège, se sont formés à la vie de 
(( politiciens », apprennent l'art de parler, non pour exprimer 
des pensées, mais pour plaire à la foule, et s'exercent à la pra- 
tique, plus lucrative encore, d'utiliser à leur profit les passions 
et les sottises d'autrui. » On ne voit point cela de ce côté-ci de 

l'Atlantique, n'est-il pas vrai ? 

J. BRUCKER. S. J. 

Les Théories sur le pouvoir royal en France pendant Us 
guerres de religion, par M. Georges Weill. Paris, Hachette 
et G'% 1892. In-8, pp. 315. 

M. Weill, ancien élève de l'Ecole normale supérieure, profes- 
seur d'histoire au lycée de Dijon, a voulu, dit-il dans une trop 
longue préface un peu diffuse, « marquer l'influence réciproque 
des événements sur les théories et des théories sur les événe- 
ments». Après un coup d'œil très incomplet sur les guerres de 
religion avant et après la Saint-Barthélcmy, ou plutôt au fur et 
à mesure des événements, il mentionne les libelles et pamphlets, 
les publications plus considérables des huguenots et des roya- 
listes. En fait de théories proprement dites, j'ai remarqué seule- 
ment, du côté des sectaires, la Franco-GalUa de Hotman et les 



36 ÉTUDES 

Vindicise contra Tyrannos, que l'auteur attribue à Duplessis- 
Mornay.Ce sont là deux Z/icoWes fantaisistes, adaptées aux besoins 
de la cause protestante et ayant pour bases la souveraineté 
révolutionnaire du peuple et le droit de résistance aux tyrans. 
Dans le camp royaliste il y a, d'une part, les théoriciens de 
l'absolutisme, du triple gallicanisme royal, parlementaire et ecclé- 
siastique; d'autre part, les défenseurs de la monarchie tempérée 
par les libertés et les franchises. Plus tard, au temps de la Ligue, 
les avocats principaux de cette association nationale ou des 
opposants sont d'Orléans pour les ligueurs, et le légiste Du 
Belloy pour le roi de Navarre. 

En ce qui concerne les influences de ces théories ou pam- 
phlets, je ne crois pas qu'elles aient été décisives. Il faut 
surtout attribuer aux excitations passionnées des pasteurs, aux 
menées séditieuses et ambitieuses de l'aristocratie huguenote, 
les soulèvements et les ravages du protestantisme ; c'est ensuite 
à l'indignation de la France catholique, à son désir véhément de 
soutenir la religion en face des faiblesses et des connivences de 
Henri III, puis, après sa mort, en présence d'un héritier pro- 
testant de la couronne. C'est, dis-je, à cet élan de la vieille foi 
nationale, plutôt qu'aux écrits justificatifs, que les luttes de la 
Ligue sont dues. 

Et maintenant, que faut-il penser des appréciations de l'au- 
teur? Elles sont si disparates qu'il est difficile de les juger. En 
général, il incline vers les prétendus réformés. Il est loin de 
flétrir d'une plume vengeresse les complots et les révoltes de 
1560, 1562, 1567, et de celles qui suivirent la Saint-Barthé- 
lémy. A l'entendre, huguenots et catholiques voulaient égale- 
ment s'emparer du roi pour le succès de leur ambition ; il n'en 
est rien. Tantôt il se contente de narrer, d'exposer les griefs 
des uns et des autres; tantôt, et le plus souvent, il excuse, il 
atténue et même justifie les odieuses prises d'armes. Arrivant à 
la Ligue, il n'en saisit ni la nature ni les actes : il lui plaît d'y 
voir une interversion des attitudes antérieures du catholicisme 
et de la Réforme; auparavant, celle-ci attaquait la royauté, main- 
tenant elle la protège; celui-ci l'appuyait, maintenant il la 
répudie. C'est là une double illusion. Les huguenots se rallièrent 
à Henri IV parce qu'il était protestant; ils jouaient toujours le 
même rôle. Les catholiques s'étaient déclarés fauteurs de la 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 3/ 

monarchie légitime ; ils devaient répudier la fausse royauté, 
aussi longtemps qu'un prétendant restait sectaire, et par consé- 
quent éloigné du trône par la loi fondamentale du pays. 

J'ai parlé des contrastes de ce volume, ils y foisonnent. 
Souvent les oui et les non se heurtent d'une page à l'autre. 
Voici quelques spécimens : 

Oui, les huguenots étaient «soumis à l'ordre ». Non, car ils 
étaient « séditieux », car « les premiers ils ont proclamé la légi- 
timité du tyrannicide »; depuis la Saint-Barthélémy ils combat- 
taient le roi, ils soutenaient secrètement une «jacquerie ». Oui, 
ils redemandaient les libertés publiques et une monarchie limi- 
tée. Non, car tout d'abord Calvin parait préférer l'absolutisme, 
justifié du reste par les légistes et accepté par les catholiques, 
par les religionnaires et le peuple. Oui, les protestants auraient 
accepté sincèrement un roi catholique, s'il eût concédé la tolé- 
rance. Non, la tolérance était impossible, car il y avait fanatisme 
de part et d'autre; car le « droit religieux » était en face du « droit 
royal », et « de là les effusions du sang »; car la Réforme était 
une « transformation » des peuples irrésistible et fatale. Oui, la 
religion nouvelle favorisait les libertés locales. Non, car elle 
était un « Etat dans l'Etat ». 

Au surplus, l'auteur a fait largement intervenir dans ses pages 
l'esprit libéral et universitaire ; il condamne vivement cet « ultra- 
montanisme, c'est-à-dire l' « union du temporel et du spirituel », 
l'autorité absolue donnée au Pape par le concile dç Trente et, 
bien entendu, par les Jésuites. Je pourrais allonger cette critique, 
mais je préfère féliciter l'auteur de sa vaste érudition, dont la 
liste de ses sources et ses notes témoignent. Grâce à ses fouilles, 
il a pu enrichir son livre de nombreux détails réellement instruc- 
tifs. G. GAXDY. 

Mémoire sur la rétrocession de PAlsace-Lorraine adressé 
à S. M. V empereur et roi Guillaume II j par M. Edouard 
Waldteufel. Paris, Perrin et G'% 1892. In-12, pp. 287. 

Ce mémoire se compose de deïix lettres adressées à l'empereur 
Guillaume 11, pour l'engager à nous restituer, à prix d'or, l'Al- 
sace-Lorraine. Préalablement, il expose qu'il a écrit à Bebel, chel 
du parti socialiste allemand, pour lui demander son bienveillant 



38 ÉTUDES 

concours; mais il n'en a reçu qu'une réponse simplement polie. 
S'il faut en croire l'appréciation du Vorwœrts [En avant!), jour- 
nal officiel des socialistes, Bebel a objecté l'opposition de tous 
les groupes allemands, hors le sien, à une démarche de concilia- 
tion à l'égard de l'Alsace-Lorraine; sans compter l'attitude abso- 
lument hostile du gouvernement. Et, en effet, du côté de la France 
et du côté de l'Allemagne, il y a une égale aversion contre un 
rachat pécuniaire ; de part et d'autre, il y aurait un hourrah for- 
midable : l'Allemagne se dirait trahie dans ce qu'elle appelle ses 
droits séculaires; la France accuserait de vénalité infâme un gou- 
vernement assez osé pour acheter des pays qui lui appartiennent, 
qui veulent inébranlablement rentrer dans la famille française. 
Que faire donc? Espérer une occasion heureuse, soit dans la 
guerre, si tant est qu'elle soit inévitable, soit dans la paix, pour 
faire aboutir cette équitable restitution. 

L'auteur, avec un ardent patriotisme, s'efforce en vain de mettre 
sous les yeux de Sa Majesté les dettes énormes et les eff'ectifs 
ruineux des États de l'Europe, qui ont pour cause (trop exclusive 
peut-être) la situation anormale des pays dont la France a été 
amputée. Vainement encore, il menace de la famine l'Europe en- 
tière, notre nation exceptée, et d'une ruine complète le parti 
vaincu, si la terrible lutte, généralement pressentie, éclate. En 
attendant, rien n'est capable de surmonter les invincibles et 
justes répugnances des deux Etats à accepter des négociations 
mercantiles. En vue de faire triompher sa thèse, l'auteur énumère 
dans le passé des rachats pécuniaires pour rançons de princes, et 
à l'occasion de mariages, d'échanges, de cessions de provinces 
ou de royaumes; mais rien de tout cela n'a de connexité avec la 
question d'Alsace-Lorraine, qui tient en suspens et épouvante 
l'Europe entière. 

A la suite de cette première lettre, le véhément patriote en 
adresse une autre à l'empereur-roi, de large envergure; elle rem- 
plit le reste du volume, et vraiment l'inspiration en est inutile et 
malheureuse. Inutile, car il avait dit déjà, en faveur du rachat à 
prix d'or, tout ce que son cœur français avait jugé capable 
de persuader et d'attendrir le souverain ; malheureuse, de fond 
et de forme, car il y fait abonder les contrastes, les obscuri- 
tés, les contresens historiques, le décousu et les divagations; 
le tout dans un langage illustré de barbarismes et de sole- 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 



39 ^ 



Pc. 

ilUtkî» -donne une 



cismes, de locutions teutoniques et de phrases bizarrement 
construites. 

En se constituant magister de Guillaume I 
leçon d'histoire aussi peu adroite que peu > raie. Il Co mmence 
par l'ethnographie et nous fait cette révélation : la France ac- 
tuelle n'est pas la France, elle est la Gaule; pourtant, au 
cours de son récit, l'épistolier trouve au septième siècle une 
« France embryonnaire » ; il parait que l'évolution de l'embryon 
réclame encore bien des siècles. La Neustrie était gauloise, 
franque et même germaine, puisque, dit-il, « rAustrasie^er/nain* 
a fait la conquête de la Neustrie germaine ». Quant aux Francs, 
il les signale quelque part comme « une poignée... de francs 
coquins, maîtres de la Gaule ». Ailleurs, il est plus indulgent : 
« Qu'on ne confonde pas Germains et Alamans, s'écrie-t-il, ce 
serait une fâcheuse équivoque, attendu que les Francs n'étaient 
que Germains. » Toutefois, dans sa narration, il cite les uns et 
les autres indifféremment, et cela pour les condamner, au tribu- 
nal de son histoire a lui, eomme un peuple ou un ramassis de 
peuples exécrables, autophages, envahissant pendant quatre ou 
cinq siècles — au choix — la Gaule, la douce Gaule souffreteuse, 
sans parler de Vltalie, et plongeant l'humanité, par sa féodalité 
abominable, dans les ténèbres de huit ou dix siècles — ad libitum. 

L'auteur met la Neustrie gauloise et franque en présence 
de l'Austrasic pénétrée par l'AIamanie, Alamanie elle-même ; 
la première, dignement représentée par Ebroïn, soutient 
à Testry la guerre de la civilisation contre la barbarie de sa ri- 
vale ; aussi, après sa défaite, u Jésus se voile la face»; la seconde 
aime d'instinct les invasions, l'effusion du sang, le pillage ; elle 
s'incarne dans les Pépins, Pippinides (le mot est joli), et de là 
malédictions et anathèmes contre Charles-Martel, le bâtard dix 
fois nommé; contre Pépin, l'usurpateur de la Gaule et le criminel 
envahisseur de l'Italie; contre Charlemag^c iurtout, barbare de 
génie et ambitieux féroce, envoyant dans la SflXe ses mission- 
naires 6(7//Mair<;5; belluaires avaient déjà été les maires du palais 
des Mérovingiens. Ce Karl maudit se fait couronner empereur; en 
donnant à la papauté un pouvoir temporel, il s'engage pour l'avenir 
« dans les plus sordides intrigues et les guerres les plus féroces ». 
Enfin, le patriote dénonce à la réprobation des honnêtes gens 
le « parjure de Verdun » et la mauvaise foi du pape Grégoire IV 



40 ETUDES 

dans cette affaire. Si donc il exalte Renan, s'il est tendre pour les 
musulmans, s'il croit reconnaître dans Clovis et saint Rémi deux 
roués, dont l'un, Chlodowig, a la a ruse de l'hyène »; si saint 
Léger, rival d'Ébroïn, est à ses yeux le promoteur d'un assassi- 
nat, en revanche, il doit espérer que Guillaume II sera heureux et 
fier de libérer l'Alsace, puisqu'il daigne lui apprendre que sa na- 
tion a joué de siècle en siècle des rôles si honorables. 

Le fervent Alsacien, finissant sa première lettre, priait Guil- 
laume II de considérer « l'excellence de son intention et la pi- 
toyable insuffisance du talent qu'il apportait à son appui ». Si le 
roi-empereur a la patience de lire ce Mémoire^ û n'en retiendra 

peut-être que cet humble mais véridique aveu. 

G. GANDY. 

Vie de la R. M. Thérèse de Saint-Joseph [Ernestine d'Au- 
gustin^ ancienne prieure du Carmel de Tours), 1819-1890, 
par le R. P. Mercier, de la Compagnie de Jésus. Paris, 
V. Retaux, 1892. In-8, pp. x-592. 

« A peine, nous dit l'auteur, la nouvelle de la mort de la véné- 
rée Mère Thérèse de Saint-Joseph se fut-elle répandue, qu'on 
demandait avec instance de faire connaître, dans ses plus petits 
détails, une vie si féconde en vertus, et qui portait si visiblement 
a marque d'une mission divine. » Le présent ouvrage répond 
complètement à ce désir. 

Il comprend deux parties : la vie extérieure et la vie intérieure. 
La première, ou le « récit des événements auxquels se trouvèrent 
mêlés la Mère Thérèse de Saint-Joseph et le Carmel de Tours», 
fait songer h ce mot d'un philosophe contemporain qui, tâchant 
d'expliquer à son point de vue strictement philosophique com- 
ment « les méditatifs, les savants agissent peu, et sont souvent 
d'une grande faiblesse de caractère », en conclut que « des saint 
François d'Assise et des sainte Thérèse, si méditatifs et si ac- 
tifs, sont des merveilles aux yeux du psychologue ». (Fonsegrive, 
Étude sur le libre artitre.) 

Cette activité extérieure s'explique suffisamment ici par la vie 
intérieure ou « l'histoire d'une âme, de ses luttes et de ses triom- 
phes, racontée par elle-même avec un abandon plein de char- 
mes ». Peut-être certains détails n'eussent-ils rien perdu à rester 
dans le secret du cœur. 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 41 

Nous appellerions volontiers aussi histoire d'une âme le récit 
des premières années de celle qui devait être la Mère Thérèse, 
dans sa famille et au pensionnat de* Oiseaux : c'est, en effet, 
l'histoire instructive et attrayante de la formation d'une âme de 
jeune fille et d'une vocation religieuse. Quelles précieuses leçons 
pour les familles chrétiennes, et nous pourrions ajouter av.ec 
l'auteur, pour toutes les personnes désireuses de la perfection, 
puisqu'il s'agit partout ici d'une âme « parvenue, sans sortir des 
voies ordinaires, au sommet de la vie spirituelle ». « Ce ne sont 
pas les grâces extraordinaires que j'ambitionne, écrivait-elle, 
après avoir lu la Vie de sainte Thérèse; mais cette humilité, ce 
courage, ce zèle et cet amour pour le divin Maître; ce bonheur 
de travailler à sa gloire, de vivre dans son intimité, de souffrir 
pour lui avec joie. » 

Nous ne doutons pas que, selon le vœu du sympathique bio- 
graphe, ratifié dans l'Approbation de l'Ordinaire, une telle vie 
n'inspire, et dans le cloître et dans le monde, u à toutes les âmes 
de bonne volonté un ardent désir de l'imiter ». 

A. LABÎli:. s. J. 

Carnet d'un séminariste soldat, par Alfred 1 \^ir>i.N. Paris, 
Ollendorir. In-12, j)p. 24;J. Prix : 3 fr. 50. 

La tactique à suivre dépend de l'ennemi à combattre : établir 
en thèse que la croix passe avant l'épée, que l'immunité ecclé- 
siastique est un droit dont le respect intéresse le bien de l'armée 
elle-même, montrer qu'il y a une équivalence de services qui 
s'harmonise avec la plus stricte égalité ; répondre aux objections 
les plus en honneur contre l'Église et la religion et présenter les 
couvents comme un bienfait social, ce n'est pas cela qui, résumé 
en une masse compacte d'arguments à double et à triple rang, 
portera l'alarme au camp des mécréants ; j'entends de ces mé- 
créants qui, n'osant pas se mesurer avec la vérité, lui crient de 
loin que ses armes sont vieilles et sa tactique usée, qui fuient 
quand elle s'approche et s'en défendent en lui fermant la porte. 
Le procédé est aisé et la victoire facile. Mais qu'un champion 
bien avisé et décidé à joindre les fuyards, arme cette vérité d'un 
tour original et la leur envoie par-dessus les fossés, au bout d'un 
trait vigoureusement lancé, voilà qui les pique et les blesse; ils 
ne peuvent s'en cacher, leurs cris les trahissent, le coup a porté 



42 ETUDES 

et le fer est entré. Qu'ils fassent rage en l'arrachant, cela se con- 
çoit; nous n'avons pas à les plaindre, mais à féliciter M. Tastevin 
d'avoir usé de bonne guerre. 

Le Caimet d^un séminariste soldat nous montre sous une forme 
vive et enjouée un homme de caractère, au jugement droit, aux 
vues élevées, à la volonté ferme. Dans un temps où devant le fait 
accompli et le trompe-l'œil des mesures légales, les demi-capi- 
tulations ne sont pas rares, lui n'en connaît aucune, il revendique 
le droit de tout dire, d'arracher tous les masques et de venger 
tous les droits. 

On l'a fait soldat, il ne l'avait pas demandé, il en profite pour 
prendre nettement ses positions de combat. Comme il a de l'es- 
prit, aux vigoureuses sorties il mêle quelques intermèdes joyeux, 
quelques scènes plaisantes de la vie militaire : ce qui repose ses 
amis et exaspère ses ennemis, car l'esprit, c'est ce qui se par- 
donne le moins. 

Nous ne voulons pas trop nous étendre en longs compliments 
sur les beaux coups portés par notre lévite en tunique; la simpli- 
cité a des droits, la critique aussi : quelques saillies sentent un 
peu la recherche, mais ce n'est là qu'un détail ; nous avons en- 
core un mérite à lui reconnaître : c'est d'avoir estimé à leur juste 
valeur les baïonnettes intelligentes^ les soldats raisonneurs, l'idéal 
de certaines gens, mais la peste de l'esprit militaire et de l'ar- 
mée. Ah! l'armée, il en reconnaît la noble mission, mais il flétrit 
les misérables qui, par la suppression des aumôniers militaires, 
qu'a suivi fatalement l'oubli de Dieu, lui ont enlevé le levier le 
plus puissant du dévouement, de l'abnégation et de l'esprit de 
sacrifice, condition essentielle de la force et de la grandeur mo- 
rale de toute armée. A. B., S. J. 

I. — A propos de la mort et des funérailles de M. Ernest 
Renan. Souvenirs et impressions^ par Mgr Perr.vud, évoque 
d'Autun, membre de l'Académie française. Paris, Chapel- 
liez, 1893. In-12, pp. 116. 

II. — Oraison funèbre de Mgr Jean-Joseph Marchai, arche- 
vêque de Bourges, prononcée à Saint-Etienne de Bourges, 
par Mgr Perraud, le mercredi 3 août 1892. Bourges, Tardy- 
Pigelet, 1892. In-8, pp. 48. 

1. — L'illustre auteur de cet A propos est évêque et il est aca- 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 43 

démicien. Comme ëvêque, il ne pouvait trop condamner l'œuvre 
néfaste de Renan, et ses funérailles sacrilèges : il les a hautement 
condamnées. Comme académicien, il n'a pas voulu se montrer 
impitoyable à l'égard d'un homme qu'il rencontrait jadis à la 
Sorbonne, et naguère sous la coupole du palais Mazarin. De là, 
dans cette exquise brochure, certains tours de phrase qui auraient 
chance d'étonner, venant d'une plume ordinaire, mais qui s'ex- 
pliquent comme naturellement par les circonstances. 

Encore une fois, Mgr Perraud, tout en blâmant comme il le 
devait les idées et les théories coupables, l'influence pernicieuse 
de Renan, sa science fausse et de faussaire (p. 14-15), a traité 
la personne avec quelques égards. Sa brochure répond bien au 
second titre : Souvenirs et impressions; c'est une causerie qui cap- 
tive et qui instruit aimablement. Sous une forme soignée et déli- 
cate, bon nombre de vérités sont mises en lumière, bon nombre 
de critiques sont formulées ou insinuées. Les pages du commen- 
cement, où l'éminent auteur met en parallèle Augustin Thierry 
et Renan, comptent parmi les plus intéressantes; les pages de 
la fin, où l'évêque d'Autun expose les pensées qu'il méditait dans 
la chapelle de Paray-le-Monial, pendant les scandaleuses funé- 
railles de Renan, touchent à l'éloquence. 

Dans les autres, tout en se gardant des allures de la polémique, 
Mgr Perraud montre, avec une netteté ferme et une sobriété dis- 
tinguée, l'égoïsme de Renan (p. 48 et suiv.), son apostolat 
de scepticisme épicurien auprès de la jeunesse universitaire 
(p. 57 et suiv.), ses contradictions, son ironie perfide, sa désas- 
treuse méthode d'exégèse [passini). 

Comme tout le clergé français, Mgr Perraud a ressenti « la 
tristesse et l'humiliation profondes » (p. 6) qui ont pesé sur 
les âmes catholiques, en voyant la France officielle attelée au 
char funèbre de ce blasphémateur. Et de tous ces Souvenirs et 
impressions est sortie cette fine et agréable brochure, qu'on 
relira plus d'une fois avec plaisir. 

II- — Avec plaisir aussi, on relira \ Oraison funèbre àe Mgr Jean- 
Joseph Marchai, où, dans une langue châtiée, l'évêque d'Autun 
raconte cette vie vraiment et dignement sacerdotale, couronnée 
par dix-sept ans d'épiscopat. C'est à la fois un récit et un ensei- 
gnement où il s'entremêle plus d'une allusion, discrète, utile, 



44 ETUDES 

aux choses présentes, surtout aux persécutions exercées par nos 
gouvernants contre le clergé, les séminaires, les écoles. L'o- 
rateur, dans une page émouvante, établit un pieux rapprochement 
entre son deuil à lui, qui vient de perdre son frère, l'abbé Charles 
Perraud, et le deuil de Mgr Augustin Marchai, présent au service 
de l'archevêque son frère ; puis il termine par un appel à l'union 
et au courage, non point pour écraser, à la manière de Samson, 
« les philistins qui nous oppriment et nous insultent » (p. 46), 
mais pour les délivrer eux-mêmes et les convertir. 

V. DELAPORTE, S. J. 



LITTERATURE 

ROMANS 



La Défense des fables, par P. Corneille ; son édition de 
1671 et la Réponse à cette édition, publiées par M. l'abbé 
A. TouGA-RD. Paris, Techener, 1892. Plaquette in-8, pp. 15. 

Cette plaquette, publiée en 1671, chez Sercy, fut en quelque 
sorte découverte h Rouen, l'an passé, par M. l'abbé Tougard. La 
Bibliothèque nationale en possède un exemplaire, légué aux 
Jésuites par le docte évêqne d'Avranches : mais jusqu'ici les 
critiques ou les érudits qui se sont occupés de la question du 
Merveilleux avaient ignoré ce curieux poème. Il aurait cependant 
mérité de fixer leur attention, par cette raison qu'on y trouve 
des idées neuves, ou très rarement exprimées, au dix-septième 
siècle. L'auteur, qui ne dit point son nom, ne devait pas être 
un littérateur de profession; mais il était chrétien, il avait de 
l'esprit, et il voyait plus loin, en cette matière, que plusieurs 
d'entre les habiles — que Boileau et le grand Corneille lui-même. 

J.-B. Santeuil avait terminé son plaidoyer Pro defensione 
Fabularum^ le 24 août 1669 (Cf. notre ouvrage Du Merveilleux 
dans la littérature française^ P^g^ 378) ; Corneille se hâta de 
traduire en alexandrins les distiques du moine victorin, et la 
première édition de la Défense des Fables parut en 1670 
(Cf. notre Art poétique^ t. II, page 324). Selon M. Tougard, 
l'édition de 1671 qu'il a entre les mains serait la troisième : 
cette assertion est au moins fort vraisemblable. Personne ne 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 45 

voudrait aujourd'hui adopter les dates fantaisistes hasardées 
par Hipp. Rigault et par M. Duchesne, de Rennes. 

La Réponse est un commentaire prolixe de ce premier vers : 

On peut, sans blesser l'Art, en retrancher la Fable. (P. 6.) 

Et le brave anonyme pourfend d'estoc et de taille : Faunes, 
Dryades, Neptune, Cérès, Eole... 

Et ce gros abruty par les Tygres mené. (P. 12. ) 

Il invite les poètes chrétiens à laisser l'Olympe, pour chanter 
le Ciel, Dieu et ses œuvres, la Création, le Jugement dernier, 
l'Enfer. 

Ces grincemens de dents, cette éternelle flame. ( P. 10.) 

Chose plus surprenante en ce temps-là, il veut qu'on chante 
la nature vraie, sans accompagnement de Flore, d'Aurore, de 
Zéphyrs; car enfin. 

On peut bien, sans le fard de vos Métamorphoses 
Paire éclater les Lys, les Œillets et les Roses. (P. 18.) 

Si jamais il essaye de peindre « Saint-Germain et Versailles », 
il en bannira tous les dieux grands et petits, « toutes vos Anti- 
quailles » (page 15). Mieux vaut célébrer « l'Auguste Souve- 
rain » Louis XIV, et, sous ses lois, par ses ordres, 

La Justice occupée 
A balancer le Droict et trancher de l'Kpée. ( P. 13.) 

Tous les vers de cette amplification ne valent pas ceux que 

nous venons de citer; et l'anonyme laisse voir, par certains 

détails assez crus, qu'il n'était point d'une pruderie exagérée. 

Quoi qu'il en soit, cette trouvaille et cette publication, avec 

l'étude qui la précède, font honneur au savant compatriote du 

grand Corneille. 

V. DELAPORTE. S. J. 

Sur Gœthe. Études critiques de littérature allemande^ par 
J. J. Weiss, avec une préface de Francisque Sarcey. Paris, 
Colin, 1892. In 12, pp. xi-355. 

Le présent volume est un recueil des morceaux, des comptes 
rendus publiés, il y a plus de trente ans, dans des Revues, sauf 



46 ETUDES 

le petit traité sur Hermafin et Dorothée^ qui a été présenté comme 
thèse de doctorat à la Faculté des lettres, à Paris (en 1856). 

C'est par cet Essai^ comme Weiss appelle son étude, que 
s'ouvre le recueil dont il est le meilleur ornement. Écrit d'une 
manière attachante, il met en pleine lumière les beautés littéraires 
et morales du célèbre poème qui a inauguré en Allemagne une ré- 
volution, en ce qu'il substituait dans la poésie le culte du devoir et 
de la vérité à l'abus du sentiment et aux excès de l'imagination ; 
et en ce que le sujet en était pris dans le milieu le plus ordinaire, 
et les héros parmi des gens obscurs, petits bourgeois vivant 
de leur travail. Aussi Gœthe disait-il que c'était le seul de ses 
poèmes qui le réjouissait et qu'il ne pouvait lire sans émotion , 
Quant aux Allemands, ils le considèrent comme leur poème na- 
tional ; il retrace, en effet, dans de beaux hexamètres le vrai ca- 
ractère du peuple germanique, et il est mis à la portée de tous. 
Dans l'étude sur les Mémoires de Gœthe, c'est-à-dire son auto- 
biographie, intitulée Poésie et périté, Weiss donne, entre autres, 
une appréciation générale et soignée du génie poétique de Gœthe. 
Ici, comme dans les Commentateurs de Werther et dans l'En- 
treçue avec Napoléon I'^\ comme partout du reste, l'auteur justifie 
le titre de fidèle de Gœthe qu'il s'est donné lui-même. Il 
trouve toujours le moyen de revenir au grand poète, soit qu'il 
parle de Herder, de Heine, ou des romans allemands qui sem- 
blent n'avoir rien de commun avec l'auteur de Faust. Il n'y a pas 
jusqu'à la Littérature anglaise au dix-huitième siècle, par Hettner, 
qui ne lui donne l'occasion d'une mention de Werther, qu'il 
nomme élève de Rousseau et petit-cousin de Paul et Virginie, et 
qui, dit-il, a été uniquement inspiré parles Nuits de Young. Les 
trois romans allemands : Eritis sicut Dit d'un auteur anonyme, 
les Orthodoxes de Fridérich, et Doit et avoir de Freitag, sont 
analysés en détail et appréciés avec justesse. Le premier a pour 
but une lutte à mort contre le panthéisme, dont il montre l'iden- 
tité pratique avec l'athéisme. Il se meut, dit Weiss, entre trois 
extrêmes : Gœthe, l'Eglise et la tabagie. Les Orthodoxes repré- 
sentent ceux des protestants qui ne souffrent aucun changement 
dans la doctrine du seizième siècle sur la prédestination, et pous- 
sent le rigorisme religieux au delà de toute limite. Doit et avoir 
est un roman de famille, tout différent des deux précédents, dont 
l'un est métaphysique, l'autre religieux. Weiss y trouve des ana- 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 47 

logies avec Gœtz von Berlichingen (p. 286), ainsi que avec Her- 
mann et Dorothée [t^. 254), mais à des points de vue différents. Il 
appelle Gœthe le Voltaire de l'Allemagne et cite Carlyle, qui 
a défini la poésie de Gœthe, « le complément de la Révolution 
française », en ce sens que Gœthe a pour ainsi dire démocratisé 
la poésie allemande. 

Bien qu'elles ne nous apprennent rien de nouveau, ces études 
critiques seront relues avec plaisir, et sans doute avec profit. 

J. MARÏINOV, S. J. 

Sentences et proverbe», recueillis et mis en ordre par P. Soul- 
LiK, docteur es lettres. Paris, Lecofl're, 1892. In-8, pp. xvii- 
437. Prix : 3 fr. 50. 

Pareil travail ne demandait pas grande invention : il n'y avait 
en réalité qu'à choisir et h classer, les sentences d'abord, les pro- 
verbes ensuite. Choix et classement sont l'œuvre d'un moraliste 
sérieux et chrétien. Mais il y a autre chose, hélas I Pour aider 
la mémoire du lecteur et y mieux fixer la vérité, M. P. SouUié a 
imaginé de ne parler qu'en vers et de convertir, par exemple, 
en hexamètres de mérite contestable maintes belles pensées de 
Pascal, Vauvenargues, Joubert, etc. Ajoutons toutefois que, par 
respect pour la superbe prose des écrivains du grand siècle, il 
les a peu cités. Mais, en revanche, il a puisé à pleines mains dans 
les œuvres de nos moralistes contemporains, fussent-ils des moins 
illustres : et lui-même a essayé bon nombre de sentences... par- 
fois avec succès, toujours avec le désir de plaire et d'instruire. 

Certainement on peut faire mieux; jamais on n'aura meilleure 
intention. A. VALÉRY, S. J. 

I. — Contes patriotiques, par Joseph Montet. Paris, Delà- 
grave, 1893. ln-4 illustré, pp. 186. Prix : 2 fr. 90. 

II. — Histoire d'une petite Princesse russe, par H^Pravaz. 
Paris, Deiagiave, 1893. lu-4 illustré, pp. 127. Prix: lfr.90. 

m.— Messire l'ogre, parCh. Ségard. Paris, Delagrave, 1893. 
In-4 illustré, pp. 128. Prix : 1 fr. 90. 

IV. — La Fillette au héron bleu, par Eudoxie Dupuis. Paris, 
Delagrave, 1893. Pelit in-4, pp. 214. Prix : 2 fr. 50. 



48 ÉTUDES 

V. — Les Enfants de Grand-Pierre, par Eugène Muller. Pa- 
ris, Delagrave, 1893. Petit in-4, pp. 300. Prix : 10 francs. 

Nous regrettons beaucoup de n'avoir pu indiquer dans le cata- 
logue des livres d'étrennes ces cinq volumes parvenus trop tard. 
Nous les aurions volontiers recommandés à nos lecteurs. Mais 
comme les cadeaux sont de toute saison, on pourra facilement 
trouver l'occasion de les offrir. 

I. — Il y a, dans le premier de ces ouvrages, quatorze contes 
patriotiques, autrement moraux que les vols du Petit Poucet, 
ou les fureurs de Barbe-Bleue. Après le culte dû à Dieu, vient 
l'amour de la patrie, et tout ce qui tend à élever l'enfance vers le 
respect et le dévouement au pays est salutaire. Des exemples, 
des faits, c'est toute la manière de l'auteur ; ils sont bien pré- 
sentés, et relevés par une illustration charmante. Les enfants 
liront donc avec profit le Polichinelle, le Petit soldat, le Muet, etc. .. 

II. — La petite princesse russe ne mène pas toujours une exis- 
tence teintée de rose, quoiqu'elle ait à son service des collections 
de roubles. Elle a perdu sa mère, la voilà séparée de son père, 
confiée à une parente qui invente contre elle tous les mauvais 
tours imaginables. Nouvelle preuve que ni l'or ni les grandeurs 
ne nous rendent heureux. 

III. — Vous connaissez l'ogre, celui qui avalait tout crus pe- 
tits garçons et petites filles. Eh bien ! Messire l'ogre eut du re- 
mords de ses appétits gloutons, et l'auteur nous conte très gen- 
timent comment il expia ses crimes et devint un fort honnête 
homme. A la suite de cette légende, viennent plusieurs histo- 
riettes dont la meilleure, à notre avis, est intitulée : Noël! 
Noël! 

IV. — C'est bien gentil, la Fillette au héron bleu ! nous dit une 
petite fille à qui nous l'avions fait lire. Tenons-nous en à cette 
exclamation spontanée, et donnons un bon point à l'histoire véri- 
dique d'une fillette américaine qui, tour à tour malheureuse et 
heureuse, a pour compagnon fidèle un héron bleu. 

V. — Grand-Pierre est un ouvrier plein de cœur parce qu'il est 
religieux. Il adopte une petite orpheline ; puis, comme c'est trop 
peu pour sa charité, il prend sous sa protection « Petit-Claude » ; 
et, non sans mal, il parvient h en faire un honnête homme, ai- 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 49 

mant Dieu et son prochain. On le devine, Petit-Claude épouse 
Lucette. Plusieurs épisodes animent cette œuvre saine et morale. 

A. LEFÈYRE. 

I. — Les Défaillances, par Charles Gorbin. Paris, Firmin- 
Didot, 1893. In-12, pp. 322. Prix : 3 fr. 50. 

II. — Les Coulisses de Tanarchia par Flor O'Squarr. Paris, 
Savine, 1892. In-12, de pp. 344. Prix : 3 fr. 50. 

III. — L'Hermine, par Lafargue-Dec.vzes. Paris, Savine, 1893. 
In-12, pp. 305. Prix : 3 fr. 50. 

IV. — Si..., par Aiig. Chirac. Paris, Savine, 1893. ln-12, 
pp. 335. Prix : 3 fr. 50. 

I. — Ce livre, très fin d'observation, est l'histoire d'une famille 
juive, riche h millions. Le père, M. Harlem, a tripoté dans les 
phosphates, dans les cotons, dans tout ce qui peut grossir les 
bénéfices. 11 a bien de ci de là donné quelques entorses à l'honnê- 
teté : mais enfin il a réussi. Son fils Raoul, juif comme lui, heu- 
reux comme lui en affaires, est moins favorisé dans la question 
matrimoniale ; il poursuit longuement une intrigue assez sca- 
breuse avec une jeune veuve pycu estimable. 

L'intérêt du roman porte principalement sur Gabrielle, fille 
d'Harlem. Riche, elle se trouve très recherchée. Mais, si elle 
appartient par sa naissance à la race d'Israël, elle n'en a pas la 
cupidité. On la voit marcher désintéressée au milieu de tous ces 
enrichis. Elle mérite enfin, par ses vertus naturelles, surtout par 
sa grande charité, la grâce de la conversion au catholicisme, et 
se marie avec un gentilhomme dont la famille avait été ruinée 
par M. Harlem. 

Ce livre n'est pas destiné à la jeunesse. Nous ne voulons ce- 
pendant pas l'interdire absolument aux personnes d'un âge mur. 
11 y est fait justice de tous ces compromis louches que de grands 
seigneurs besogneux se permettent avec des financiers plus ou 
moins hébraïsants. 

II. — M. Flor O'Squarr nous raconte des choses tristes dans le 
présent, en prévoit de plus tristes dans l'avenir; mais devons- 
nous l'accuser de faire du drame et du lugubre pour donner 
plus d'attraits à son récit? Assurément non. La race des Rava- 

Bibliograpbie, IV. — 4 



SO ÉTUDES 

chol n'est pas éteinte, et le Père Peinard et la Révolte sont là 
pour affoler les gens aigris, haineux, qui les lisent et s'en rassa- 
sient. Aux journaux anarchistes se joignent les agitateurs du 
club et de l'atelier; ceux-là sont forts parce qu'ils ne redou- 
tent rien, ne croyant ni à la religion, ni à la patrie, ni à la 
famille. 

L'auteur, après nous avoir fait assister au travail de désorga- 
nisation, de destruction, comploté par les anarchistes, après 
avoir portraituré les plus célèbres de ces malfaiteurs, adjure la 
société de se défendre ! 

« 11 en est temps, » dit-il, en terminant. 

Malheureusement, devons-nous ajouter, il faudrait d'autres 
digues que des baïonnettes ou des cachots pour empêcher la 
propagande et l'explosion. A une société devenue païenne, il 
faudrait Jésus-Christ ; c'est là le remède, le seul remède, et l'au- 
teur n'y songe pas. 

III. — Faire la guerre aux juifs repus, sans honte et sans hon- 
neur, tel est le but général des ouvrages dont M. Lafargue com- 
mence la publication. Aujourd'hui, il s'en prend à la magistrature 
juive, et montre à quel degré de bassesse un juge d'instruction 
israélite est descendu. Epris d'une femme mariée, il devient 
complice d'une suppression d'enfant. 

Par raison d'Etat^ les ministres, vendus aux trafiquants, se 
contentent de l'envoyer rendre la justice dans les colonies. 

Nous regrettons vivement que l'auteur, suivant le goût du 
jour, donne trop de détails scabreux. Son livre reste forcément 
et malheureusement aux mains de gens qui savent peu rougir. 

IV. — Les livres de M. Chirac sont d'un homme au courant 
des questions sociales et financières. Point libre penseur, respec- 
tueux même pour la religion, il n'est cependant pas un catho- 
lique parfaitement bon teint, et il y a dans Si..., comme dans 
ses autres œuvres, des confusions et des imprévus qui choquent 
un croyant. 

M. Chirac s'élance vers l'avenir et crée de toutes pièces un 
état social où tout est pour le mieux. Les hommes ont fait l'essai 
du socialisme et du partage intégral. Ils en ont reconnu l'ina- 
nité. Ils ont assisté à la distribution du capital et ils ont com- 
pris que le travail seul et l'honnêteté pouvaient donner la fortune 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 51 

et la vraie supériorité. Le juif et l'usurier sont naturellement ban- 
nis de cette république, plus parfaite que celle de Platon. 

Hélas! il n'y aurait qu'un lien capable de réunir les hommes 
dans une société où chacun accepterait son rôle avec plaisir et se 
dévouerait au bien des autres : c'est le lien religieux. Or, daiis la 
pensée de M. Chirac, la religion est bonne, mais elle n'est pas 
assez le tout nécessaire . 

Il respecte le clergé, il estime les religieux, mais il en fait uni- 
quement des travailleurs et des négociants, quoique très hono- 
rables. Or, des gens de métier et de négoce peuvent-ils jamais 
avoir la liberté d'âme qui convient à des ministres de Dieu ? 

A. LEFÈVRE. 



SOMMAIRES DES REVUES 



Nous donnons ces sommaires à titre de renseignements biblio- 
graphiques ; mais nous n'entendons nullement par là recommander 
les Revues elles-mêmes. 



PÉRIODIQUES FRANÇAIS 



Annales de philosophie chrétienne 
(Paris, rue des Grands-Augustins, 7). 

— Décembre. — La notion de la li- 
berté chez Descartes, A. Ackermann. 

— Deux nouveaux sophismes sur le 
temps, G. Sorel. — La personnalité de 
Dieu et la critique contemporaine ; Le 
problème, V . Ermoni. — Réflexions 
et sentences, comte de Charencey. 

Association catholique (Paris, bou- 
levard Saint-Grrmain, 262). — Dé- 
cembre. — Du Salaire, V. de Ma- 
rolles. — Amitié et fraternité entre 
patrons et ouvriers, C. Hyvernat. 

— De la liberté pendant le moyen 
âge, l'ancien régime et la Révolution, 
y. Roman, — Chronique, Ségur-La- 
moignon. — Chronique bibliogra- 
phique, A. Nogues. 

Janvier. — L'organisation profes- 
sionnelle dans l'agriculture, L, Mil- 
cent. — A propos de Panama, H. L. 

— De la liberté pendant le moyen 
âge, l'ancien régime et la Révolution, 
/. Roman, — Chronique, Ségur- 
Lamoignon. — Aperçus et documents 
sociaux, S.-L. 

Bulletin de l'Institut catholique de 
Paris (Paris, rue de Vaugirard, 74). 

— Décembre. — Messe du Saint- 
Esprit. Allocution, Mgr d'Hulst. — 
Assemblée solennelle du 16 novem- 
bre. Discours de Mgr Boyer. — Rap- 
port sur le concours de la Faculté 
de droit, M. Guyot. 



Bulletin d'histoire ecclésiastique et 
d'archéologie des diocèses de Va- 
lence, Grenoble et Viviers. — Janvier- 
février. — Chronique religieuse du 
vieil Aubenas, A. Mazon. — L'abbé 
J.-B. Caillet, vicaire général de Gre- 
noble, chanoine C. Perrossier. — 
Etudes franciscaines sur la Révolu- 
lion dans le département de la 
Drôme, R. P. Apollinaire de Va- 
lence. 

Canoniste contemporain ( Paris, 
rue Cassette, 10). — Décembre. — 
Etude historique sur les origines et 
le développement du droit matrimo- 
nial dans l'Eglise (suite), E. Phi- 
lippe. — Le droit canonique au der- 
nier congrès scientiflque internatio- 
nal des catholiques (suite), A. Bou- 
dinhon. — Actes du Saint-Siège. — 
Bulletin bibliographique. 

Janvier. — Procédure canonique 
dans les causes matrimoniales (suite) , 
G. Péries. — La question scolaire 
aux Etats-Unis. Propositions de Mgr 
Satolli. — De la valeur des maria- 
ges des protestants dans les pays où 
est en vigueur le décret « Tametsi », 
A. Boudinhon. ■ — Actes du Saint- 
Siège. 

Comptes rendus de l'Académie des 
sciences (Paris, quai des Grands-Au- 
gustins, 55). — 19 décembre. — Al- 
locution de M. d'Abbadie. — Prix 
décernés. — Prix proposés. 



SOMMAIRES DES REVUES 



53 



26 décembre. — Élévations ther- 
miques sous l'influence des injections 
de produits solubles microbiens, 
Bouchard et Charrin. — Des vais- 
seaux et des clasmatocytes de l'hya- 
loide de la grenouille, Ranvier. — 
Sur les lois de dilatation à volume 
constant des fluides; coefficients de 
pression, E.-H. Amagat. 

9 janvier, — Les eaux de drainage 
des terres cultivées, P. -P. Déhérain. 

— Petites planètes et nébuleuses dé- 
couvertes à l'Observatoire de Nice, 
Perrotin. — Dilatation et compressi- 
bilité de l'eau, E.-H, Amagat. — 
Strabon et le phylloxéra , E. de 
Mély. 

Correspondant (Paris, rue de l'Ab- 
baye, 14). — 25 décembre. — La 
guerre sociale, E. Ollivier, — Por- 
traits contemporains : M. Pasteur. — 
L'association populaire catholique 
en Allemagne, ahbé A. Kannengie- 
ser. — Les galeries célèbres et les 
grandes collections privées (suite). 
Le château de Vaux, R. Peyre — 
Madame Corcntine (suite), R. Bazin. 

— Joseph de Maistre avant la Révo- 
lution. Sa jeunesse et la société 
d'autrefois, F. Descotes. 

10 janvier. — La guerre sociale 
(fin), É. Ollivier. — Le Panama et 
les moeurs financières contempo- 
raines, C. Jannet. — L'association 
populaire catholique en Allemagne 
(fin), ahbé A. Kannengieser. — Le 
président Ilcnault (suite), A. Perey. 

— Madame Corcntine (fin), R. Ba- 
zin. — Le chômage de l'ouvrier 
(fin), M. Vanlacr. — Un Mécène de 
l'érudition. Pciresc et ses lettres, 
E. de Broglie. — Revue des sciences, 
//. de Panille. 

Co5mo4(Paris, rue François I*', 8). 

— 17 décembre. — Le niveau des 
mers, Z)' A. Battandier, — Les sœurs 
Radica-Doodica Khettronaikd'Orissa, 
Ij. m. — Coutumes juives à Mada- 
gascar, P. Camhoué. — Amputation 
spontanée ou autotomie,/*. Gombert. 



— Curiosités photographiques, A, 
Berthier. — Sur les eaux minérales. 
E. Mauinené. — De la nature de 
l'électricité, F. Kéramon. — Les 
aroidés, A. Acloque. — L'observa- 
toire du Mont-Blanc, Janssen. 

24 décembre. — Coutumes juiyes 
à Madagascar (suite), P. Camboué. 

— La recherche des poisons orga- 
niques, L. M. — Le tunnel du détroit 
de Northumberland. — Le parc de 
Yellowstone et ses geysers, /. d'Es- 
tienne. — ■ Des phosphates précipités, 
M. — Détermination analytique des 
déviations subies par les projectiles 
dans le tir à la cible, sous l'influencb 
de la rotation du globe terrestre, 
E. Ferrou. — La photographie des 
couleurs, Lipmann. 

31 décembre. — Evolution et toxi- 
cologie, L. M, — Tumulo-menhir de 
Courtignarg^c, R. Montaut. — Une 
protubérance solaire, Z)' A. Bat- 
tandier. — Le parc de Yellowstone 
et ses geyser», /. d'Estienne. — Les 
causes de la période glaciaire, Ch. 
Maurice. — Les cours d'eau et les 
inondations du bassin de la SaAne, 
Ckdteaublanc. — Les comètes, Tardy. 

— Influence de l'humidité sur la ré- 
gélation, E. Gain. — Correspon- 
dance astronomique, /. Vinot. — 
Observation des halos. 

7 janvier. — Anthropologie scien- 
tifique; nés conclusions les plus ré- 
centes, F. Duilhé de Saint-Projet. — 
Les nuages lumineux de nuit, Z>' A. 
Battandier. — La sérum-thérapie, 
L, Menard, — Un nouveau procédé 
rapide pour la détermination du 
point à la mer. — > Combats de pots- 
sons et poissons de combat, Ch. 
Ségard. — Deux chemins de fer de 
montagne en Suisse ; le Glion- 
Naie et le Genève-Salève, A. Ber- 
thier. — Nouvelle étoile du Cocher, 
/. Vinot. — Les cours d'eau et les 
inondations du bassin de la Sadnc, 
Chateaublanc . — Le gaz des huiles 
lourdes. — Armures et chevaux de 
Jeanne d'Arc, E. Eudes. — Le pré- 
jugé du pain blanc, A. Burger. 



54 



ÉTUDES 



14 janvier. — Mycologie, A. Aclo- 
que. — Les signes de la mort, L. 
Menard. — Le navire de l'expédition 
Nansen, B. B. — Nouveaux obus à 
grande explosion, commandant Clia- 
haud-Arnault . — La lune à un mè- 
tre, F. Kéramon. — Quelques jon- 
cacées françaises dans l'Inde, H. Lé- 
veillé. — La roue Pelton, S. B. — 
Mycologie mathématique, ^.^c/o^ae. 
— Armure et chevaux de Jeanne 
d'Arc, E. Eudes. — Les albinos de la 
côte d'Afrique, A. Riondel. — La 
mission Monteil au Sénégal, au Tchad 
et à Tripoli. — Le préjugé du pain 
blanc, A. Biirger. 

Economiste français ( Paris, cité 
Bergère, 2). — 17 décembre. — Une 
enquête de la Chambre des Commu- 
nes sur les scandales financiers an- 
glais. La Chambre des députés fran- 
çaise, le budget et la situation pré- 
sente, P. Leroy-Beaulieu. — La France 
au Dahomey, /. Chailley-Bert. — La 
baisse de l'argent et la situation mo- 
nétaire aux Etats-Unis ,C. Juglar. — 
Le marché du travail ; le placement 
des ouvriers et des employés, G. Mi- 
chel. — Les républiques de l'Amé- 
rique centrale. 

24 décembre. — Les spoliations 
des sociétés financières par les partis 
au pouvoir, sous prétexte de néces- 
sités électorales ou politiques, P. 
Leroy-Beaulieu. — Le marché du 
travail, G. Michel. — Le mouvement 
économique et social au Canada, 
E. Fournier de Flaix. — Le com- 
merce extérieur de la France, /. Cou- 
sin. — La conférence monétaire de 
Bruxelles, A. R. — Affaires munici- 
pales, E. Brelay. — Les caisses d'épar- 
gne en France dans les années 
1890-1891. 

31 décembre. — De l'état actuel 
de l'immigration européenne et de 
son influence sur les pays neufs et 
sur les vieux pays, P. Leroy-Beau- 
lieu. — La propriété artistique et 
littéraire en France et dans les prin- 
cipaux Etats, E. Fournier de Flaix. 



— Les grandes compagnies de com- 
merce, G. Michel. — Lettres d'Au- 
triche. — Affaires municipales, E. 
Brelay. — Lettre d'Angleterre. — Les 
abus dans la colonisation française. 

7 janvier. — La baisse des rentes 
françaises et les perspectives du mar- 
ché financier, P. Leroy-Beaulieu . — 
La traction électrique : tramways 
et chemins de fer, D. Bellet. — • Les 
industries textiles en 1891 et la baisse 
des matières premières, G. Michel. 

— Le mouvement économique et so- 
cial aux Etats-Unis, E. Fournier de 
Flaix. — La conférence monétaire de 
Bruxelles et les travaux de la com- 
mission d'examen, A. Raffalovich. 

— Le mouvement de la population 
en 1891. 

14 janvier. — La crise gouverne- 
mentale et les scandales financiers. — 
La situation singulière de la Banque 
de France, P. Leroy-Beaulieu. — 
L'assistance publique dans les cam- 
pagnes, G. Michel. — Le mouvement 
économique et financier en Alle- 
magne, M. Block. — Les républiques 
de l'Amérique centrale, E. Fournier 
de Flaix. — Lettre d'Angleterre. — 
La production du vin et des cidres 
en France et en Algérie pendant 
l'année 1892. 

Education chrétienne (Paris, rue de 
Grenelle, 35). — 17 décembre. — De 
l'enseignement de l'histoire, G. Hu- 
hault. — Exercices scolaires. — Pré- 
paration aux examens. — Examens 
et concours. 

24 décembre. — Des moyens gé- 
néraux d'éducation : la religion, F. A. 

— Un nouveau ruban. — La compo- 
sition française : conseils pédagogi- 
ques, A. P.-S. — Le Cid, A. Cha- 
raux. — La prière d'Esther, A. P.-S. 

31 décembre. — La religion dans 
l'éducation du peuple, E. Blachère. 

— Conseil supérieur de l'instruction 
publique. — Les doléances des ins- 
tituteurs. — Exercices scolaires. — 
Préparation aux examens. — Exa- 
nlens et concours. 



SOMMAIRES DES REVUES 



55 



6 janvier. — La religion dans l'é- 
ducation du peuple (suite). A, Bla- 
chère. — Psychologie : de l'objet de 
rintelligence, L. Salembier. — La 
composition française : conseils pé- 
dagogiques, A. P. -S. — Histoire : 
Robespierre, L. M. — Explication 
des auteurs : le Cid, A. Choraux. 

l'k janvier, — De l'enseignement de 
l'histoire, G. Hubault. — Conseil su- 
périeur de l'instruction publique. — 
Exercices scolaires. — Préparation 
aux examens. 

Enseignement chrétien (Paris, rue 
Cassette, 15). — 16 décembre. — 
Assemblée des professeurs de gym- 
nase à Baden (Suisse), abbé Horner. 
— La question homérique (suite), 
abbé G. Bertrin. — A propos de 
Baudelaire, E. Faguet. — Licence 
es lettres. — Devoirs classiques. — 
Bibliographie. 

1*' janvier 1893. — Le Coche et la 
Mouche, abbé E.Bagon. — La ques- 
tion des auteurs chrétiens au congrès 
do Lille. ; — La question homérique 
(suite), abbé G. Bertrin. — Etudes de 
synonymie grecque, abbé E. Ragon. 

16 janvier. — De la préparation à 
l'enseignement, abbé R. Horner. — 
Question homérique (suite), abbé G. 
Bertrin. — La science et la tcolas- 
tiijue, D' Tison. — Concours. 

Franc-Maçonnerie démasquée (Gre- 
noble). — Décembre. — Le» élec- 
tions de 1893. — Exploitations ma- 
çonniques. — Singularités et hypo- 
crisie des serments maçonniques. — « 
Revue des revues maçonniques. Ita- 
lie. — Listes maçonniques. 

Journal du droit canon et de la 
jurisprudence canonique (Paris-Au- 
teuil, avenue de Versailles, 95). — 
25 décembre. — Léon XIII et le 
Journal du droit canon. — Études 
historico-juridiques de droit public 
ecclésiastique, Mgr Satolli. — Une 
histoire du Bréviaire romain, abbé 
I-ury. — Revue des livres ecclésias- 



tiques d'Allemagne. — Actes du 
Saint-Siège. 

10 janvier. — La Révolution et la 
liberté du travail, 5. B. C. — Des 
paroisses et des curés, abbé G. Pe- 
rles. — Actes du Saint-Siège. 

Magasin littéraire (Gand, place 
Saint-Bavon). — Décembre. — La 
passion catholique (suite), P. De- 
made. — Pourquoi Jeanne d'Arc n'a 
pas encore de poète ? /. Boutejre. — 
Poésies chinoises, Mgr de Harlez. — 
Petite chronique, M. />., P. D. et 
J.R. 

Musica Sacra (Toulouse). — Dé- 
cembre. — Le chant de l'Eglise grec- 
que (suite), chanoine St.-Morelot. 

— Messe de l 'Immaculée-Concep- 
tion, soli et chœurs à quatre voix 
inégales, avec accompagnement d'or- 
gue (suite), A, Kunc. 

Nature (Paris, boulevard Saint- 
Germain, 120). — 17 décembre. — 
Les sœurs Hadica-Doodica, D^ A. 
Cartaz. — La pulvérisation, P. Ga~ 
htrj. — Les cacatoès, E. Oustalet. 

— La science pratique, X.,., ingé- 
nieur. — VVerner von Siemens, E. 
Hospitalier. 

24 décembre. — Canalisation en 
tuyaux flexibles. — Les travaux d'a- 
mélioration du port de Bilbao. D. 
Bellet. — Le violoncelle-piano, C. 
Crépeaux. — Solanées à cultiver, //. 
Coupin. — La mission Dybowski, 
D' F. Delisle. — Problèmes de mé- 
canique, Ch.-Ed. Guillaume. 

31 décembre. — Le jubilé de 
M. Pasteur, G, Tissandier. — Les 
Cagots et la lèpre en France, D* Fé- 
lix Regnault. — Les cadrans scolaires 
modernes, Ch.-Ed. Guillaume . — Le 
champ de tir de Fontainebleau, lieu- 
tenant-colonel Hennebert. — Les vers 
du biscuit de troupe, D' Ch. Decaux. 

— La comète Holmes, A. Fraissinet. 
1 janvier. — Le pétrole en 

France, A, Charlon. — Les cases de 
végétation, P,-P. Dehérain. — Les 



56 



ETUDES 



Aïnos, marquis de Nadaillac. — Le 
prolongement souterrain de la ligne 
de Sceaux, L. B. — La vélocipédie et 
la résistance de l'air, Ch.-Ed. G. 

14 janvier. — La mygale de la mé- 
nagerie du Muséum, Ch. Brongniart. 

— La photographie orthochromati- 
que, L. Vidal. — Les roches à figures 
animées, G. Tissandier. — Eclipse 
de lune observée au Tonkin. — Né- 
crologie. — Les travaux d'améliora- 
tion du port de Bilbao, D. Bellet. 

Notes d'art et d'archéologie (Paris, 
rue de la Chaise, 20). — Décembre. 

— A travers Noyon (fin), A. Béchet. 
La décadence florentine [sxiile], A.-F. 
Rio. — Bibliographie, P. -H, Flan- 
drin . 

Janvier. — Saint Thomas Becket à 
Canterbury, conférence donnée par 
le R. P. du Lac. — Le palais de 
Saint-Cloud et ses ruines, G. de Ro- 
fora.—:- La décadence florentine (suite), 
A. -F. Rio. 

Nouvelle Revue (Paris, boulevard 
Montmartre, 18). — 15 décembre. — 
Joseph de Maistre, M. Revon. — 
M. Rouher à Cerçay après la guerre, 
£. Savary. — Deflandre et Sonis 
(suite). A, Delorme. — La mission 
Dybowski et la France en Afrique 
centrale, L. Sevin-Desplaces. — Quin- 
zaine littéraire : Gustave Flaubert, 
L. Daudet. — Général Garnier; — 
Général Dumont, G. de Corlay. — 
Le cardinal Lavigerie, F. Lolice. — 
Echange de population, Chrynaphi- 
dès. — La religiosité de la femme, 
Terrero. — Lettres sur la politique 
extérieure, /. Adam. 

1«' janvier. — Lettre sur l'idéa- 
lisme et le réalisme dans le roman, 
S. E. Savvas-Pacha. — M. Rouher à 
Cerçay après la guerre (suite), E. Sa- 
vary. — Une entente franco-russe 
pour la liberté des mers (1778-1780), 
P. Tanchille. — Naples au xvi« siè- 
cle, M. Pellet. — Les étrennes fran- 
çaises, F. Engerand. — Chronique 
historique, E. Rodocanachi. — Quin- 



zaine littéraire, L. Daudet. — John 
Lemoine, F. Loliée. — La vénerie 
moderne (suite), G. de Vailly. — Nos 
colonies, /. Chessé. — Lettres sur la 
politique extérieure, J. Adam. 

15 janvier. — Misère royale, R. 
Scheffer. — Russes et Allemands : 
épisodes de la guerre de Sept ans, 
A. Rambaud. — M. Rouher à Cerçay 
après la guerre (fin), E. Savary. — 
Musique croate, W. Ritter. — Deux 
généraux de l'armée d'Afrique, géné- 
ral Cosseron de Villenoisy. — Le tri- 
mestre scientifique, S. Meunier. — 
Histoire d'une épidémie, A. de Mora. 
— Gens de mer : les chansons de 
Yann Nibor, J. Dargène. — Albert 
Delpit, F. Loliée. — Quinzaine litté- 
raire, L. Daudet, — Nos colonies, J. 
Chessé. 

Nouvelle Revue théologique (Tour- 
nai). — Décembre. — Encyclique de 
Sa Sainteté De Rosario Mariali. — 
Décisions des congrégations romai- 
nes. — Bibliographie. — Consulta- 
tions. 

Précis historiques (Bruxelles). — 
Janvier. — Le cinquantenaire de la 
Société de Saint- Vincent de Paul en 
Belgique. — Lettre inédite du bien- 
heureux Pierre Canisius (12 avril 
1547). — Mission belge du Bengale. 
Lettre du P. A. Maene, S. J. 

Réforme sociale (Paris, rue de 
Seine, 54). — 16 décembre. — Un 
programme de décentralisation, U. 
Guérin. — L'organisation chrétienne 
de l'usine et la question sociale (fin), 
C. Jannet. — Le « droit de mar- 
ché », d'après un livre récent, S. Dean. 
— Le congrès international des 
chemins de fer de Saint-Pétersbourg, 
P. Toulon et /. Michel. — Chroni- 
que du mouvement social, A. Fou- 
gerousse. 

1«' janvier. — La corruption, 
A. Delaire. — L'état social du tra- 
vail d'après l'enquête du départe- 
ment « of labour » de Washington. 



SOMMAIRES DES REVUES 



57 



Les ouvriers de la houille, du fer et 
de l'acier en Europe et en Amérique, 
E.-R.-L. Gould. — Le crime en 
France, d'après un ouvrage récent, 
Uubert-Valleroux. — L'union des 
âmes de bonne volo'nté, /. Angot des 
Rotours. 

16 janvier. — Le suffrage univer- 
sel et le Référendum, A. Boyenval. 

— L'état social du travail d'après 
l'enquête du département « of la- 
bour » de Washington (suite), ^.-/î.- 
L. Gould. — Le dernier congrès 
des « Tradcs Unions » à Glasgow, 
R, LavoUée. — Les questions so- 
ciales dans les discours de rentrée 
des tribun.niix, //. Clément. — Chro- 
nique du mouvement social, A. Fou- 
gerousse. 

Revue liénédicline ( Maredsous, 
Belgique). — Janvier. — Les Béné- 
dictines de Notre-Dame du Calvaire. 

— Lettre de M. l'abbé Potlier. — 
Une nouvelle histoire du Bréviaire 
romain. — Un écrivain belge ignoré 
du XII" siècle. — Dom Paul Piolin, 
bénédictin de la Congrégation de 
France. 

Revue bleue (Paris, boulevard 
Saint-Germain, 111). — 17 décembre. 

— Nos humoristes : M. Eugène 
Mouton, G. Dergeret. — Au palais 
Bourbon : l'affaire du Panama, E. 
Frank. — La France armée : sur 
les grandes routes (Gn). — L'âme 
gothique, d'après tin ouvrage récent, 
T. de Wyzewa. 

24 décembre. — Autour d'un grand 
procès. Note» sur Panama, P. Mi" 
mande. — La littérature goliardi- 
que, Cli.-V. Langlois. — L'histoire 
de l'écriture, d'après M. Ph. Berger, 
M. Petit. — Conte de Noël, //. Gan- 
thier- Villars. 

31 décembre. — Le jubilé de 
M. Pasteur. — Le canal de Panama 
et les Etats-Unis, C. de Varigny. — 
Auguste Comte et la Révolution 
française, F. -A. Aulard. — Colo- 
nisation, conte, P.Weber. 



7 janvier. — Les oubliés. Le théâ- 
tre de Ghérardi, J. Guillemot. — 
Bazaine à Metz, d'après le général 
Jarras, colonel Belin. — Au palais 
Bourbon. La salle de la Paix, E. 
Frank. — Courrier littéraire, E. Fa- 
guet. 

14 janvier. — Histoire des répu- 
tations littéraires. La comédie du 
hasard, P. Stapftr. — Vauban in- 
time. R. Vallery-Radot. — Les 
mœurs financières à Rome, P. Ro- 
bert. — Bazaine à Metz, d'après le 
général Jarras (fin), colonel Belin. 

Revue catholique d'Alsace (Rix- 
heim). — Décembre. — La charité 
dans la Haute-Alsace avant la Révo- 
lution (suite), X. — La Prusse et sa 
révolution intérieure de 1806 (suite), 
E. midrebe. — Louis XIV et les 
orateurs sacrés, J.-Ph. Riehl. — 

— Un précédent aux affaires de l'U- 
ganda, Rev. P. Roquet. — Le clergé 
constitutionnel du Haut-Rhin à la ci- 
tadelle de Besançon, /. Beuchot. — Le 
berceau de saint Léon IX, N. Delsor. 

Revue catholique de Bordtaux 
(Bordeaux, rue Cabirol , 16). — 
25 décembre. — En face des Pyré- 
nées, A. Ferrand. — Comment saint 
Émiiion a véritablement existé 
(suite), //. Caudéran. — Étal de la 
paroisse de Liboume en 1772, E. Al' 
loin. 

10 janvier. ^ Comment on deve- 
nait moine de Guitres en 1710, Ph. 
Tamixey de Larroque. — Que saint 
Émiiion a véritablement existé 
(suite), H. Caudéran. — Le missel 
manuscrit des archives de l'arche- 
vêché, A. Dupré. — Bordeaux au- 
trefois et aujourd'hui, E. Allain. 

Revue catholique des institutions et 
du droit (Grenoble). — Janvier. 

— La réforme de la société ancienne 
par le christianisme, C. Jannet. — 
Choses d'église, y<. Onclair. — Fausse 
route, Hubert- Valleroux. — Représen- 
tation proportionnelle, Séverin de la 



58 



ETUDES 



Chapelle. — Note sur la question 
juive, comte Ch. de Nicolay. 

Revue chrétienne (Protestante) 
(Paris, avenue de l'Observatoire, 11). 

— Janvier. — Le Christ et les Evan- 
giles apocryphes, J. Bovon. — La 
prédication d'Eugène Bersier, E. 
Stapfer. — Louis Bonnet et son œu- 
vre, G. Godet. — La question du 
symbole en Allemagne, Correvon. 

Revue de Gascogne (Aucli). — 
Janvier. — Objets antiques trouvés 
à Lectoure, E. Camoreyt. — Le châ- 
teau du Tauzia, partie historique 
(suite), Ph. Lauzun. — Soirées des 
archives départementales du Gers. 
Séances du 10 octobre et du 7 no- 
vembre 1892. 

Revue de la Jeunesse catholique 
(Paris, boulevard Saint-Germain, 
262). — Décembre. — Discours 
de Saint-Etienne, comte ji, de Mun. 

— La jeunesse catholique et l'ac- 
tion sociale, F. Veuillot. — De la 
réparation des erreurs judiciaires, 
M. Legendre. — L'ambassade fran- 
çaise en Espagne, C. C. — Le por- 
trait au xvii"^ siècle et le portrait mo- 
derne, J. L. T. 

Revue de la Suisse catholique (Fri- 
bourg). — Novembre. — L'étude 
de la « Somme » de sainl Thomas 
(suite), R. P. B. — Appendice aux 
« Berodi Chronica », — A propos 
des « Elementa philosophire », J.-B. 
Jaccoud, — Bibliographie. 

Décembre. — L'Etude de la 
« Somme » de saint Thomas (suite), 
R. P. B. — Appendice aux « Berodi 
Chronica ». — Notions d'économie 
politique (suite), /. — Bibliographie. 

Revue de l'enseignement secon- 
daire et supérieur (Paris, rue du 
Bouloi, 4). — 15 décembre. — Un 
mot sur Malherbe, G. Allais. — 
Les jeudis classiques de l'Odéon, Z. 

— Agrégation des lettres en 1893» 



A. Rébelliau. — Histoire de la lit- 
térature grecque de MM. A. et M. 
Croiset, F. Picavet. — Séance d'ou- 
verture des conférences de la Faculté 
des lettres, Muhlfeld. — Séance 
publique annuelle de l'Académie des 
sciences morales et politiques, F. 
Picavet. 

22 décembre. — Rapport sur le 
concours d'agrégation de l'enseigne- 
ment secondaire spécial (Lettres) 
en 18S2, E. Zevort. — Les jeudis 
classiques de l'Odéon, Z. — Agré- 
gation des lettres en 1893 (suite), 
A. Rébelliau. — Certificat d'aptitude 
d'allemand en 1893 (suite), A. Girot. 
' — Le cours de M. Jean Réville, F. 
Picavet. — L'histoire des idées dans 
l'enseignement historique, C. Calvet. 

29 décembre. — Rapport sur le 
concours d'agrégation (fin), E. Ze- 
vort. — Les jeudis classiques de 
l'Odéon, Z. — Agrégation des lettres 
en 1893 (suite), A. Rébelliau. — 
Certificat d'aptitude à l'enseignement 
de l'allemand, A. Girot. 

5 janvier. — Le désespoir de 
Gallus (d'après l'églogue X de Vir- 
gile), E. Trolliet. — Agrégation des 
lettres en 1893, A. Puech. — Séance 
publique annuelle de l'Académie 
des sciences, F. Picavet. — Biblio- 
graphie à l'usage des étudiants, 
/. Vianey, Le jubilé de M. Pas- 
teur ; le jubilé de M. Hermite, F, 
Picavet. — Le congrès français du 
droit des femmes, E . Chauvin. 

12 janvier. — Joseph de Maistre 
à Saint-Pétersbourg, S. Rocheblave. 
— Agrégation à l'enseignement spé- 
cial en 1892. — École pratique des 
Hautes Etudes, F. Picavet. — Mou- 
vement des idées, E. Chauvin. 

Revue de Lille (Lille, boulevard 
Vauban, 60). — Décembre. — La 
rentrée solennelle des Facultés ca- 
tholiques, le 24 novembre 1892. — 
Une querelle de moines, A. de Mar- 
gerie. — Carmaux, F. Canet. — Le 
recrutement des professeurs de droit 
dans les universités d'Allemagne, ^. 



SOMMAIRES DES REVUES 



59 



Duthoit. — Comment on fait fortune, 
A. Saint-Albert. — Les réformes du 
Bréviaire romain, E. Pannier. 

Janvier. — Le procès de Louis XVI, 
G. Mailhard de la Couture. — Vues 
de Lourdes, chanoine J. Didiol. — 
Lord Tennyson, C. Looten. — Les 
négociations de Vienne pendant la 
guerre de Crimée, P. de la Gorce. — 
Le plateau central, N. B. — La cré- 
mation, Z)' H. Lavrand. — L'organi- 
sation constitutionnelle de l'Allema- 
gne impériale, E. Duthoit. 

Revue de Saintonge et d'Aunis 
(Saintes). — Janvier. — Thomas Por- 
tau et sa fille Marie, La Morinerie. 

— Catherine de Clermont-Dampierre, 
A. Mondon. — Le Bayard huguenot : 
François de Lanoue, D. d'Aussy. — 
Les salons de Castagnary, Ch. D. 

Revue des Deux Mondes (Paris, rue 
de l'Université, 15). — 15 décembre. 

— Les juifs et l'antisémitisme (suite). 
Le génie juif et l'esprit juif, A. Le- 
roy- Beaulieu. — L'art réaliste et la 
critique. Théophile Thoré, G. Lar- 
roumet. — En Turquie. L'île de Chio : 
l'arrivée, les fonctionnaires et la se- 
ciété du chef-lieu, G. Deachamps. — 
MichcUÂngc, à propos d'un livre ré- 
cent, E, Mùntz. — L'heure présente, 
vicomte E.-M, de Vogué, 

1er janvier. — Ballanchc, E. Fa- 
guet. — ^Vagne^ à Bayrcuth, L.-A. 
Bourgault - Ducoudray. — La pro- 
priété foncière de Philippe-Auguste 
à Napoléon. La terre au paysan, mo- 
bilisation ancienne du sol, vicomte 
G. d'Avenel. — Turcaret et l'opinion 
publique, d'après des documents iné- 
dits, E. Lintilhac. — En Turquie. 
L'ile de Chio. Le passé et le présent, 
G. Deschamps. — L'éloquence sacrée 
au moyen âge, Ch.-V. Langloi.s. — Le 
P. Joseph Ohrwalder et ses années 
de captivité dans le Soudan, G. Val- 
hert. 

15 janvier. — L'avènement du grand 
Frédéric, E. Lavisse. — Comédiens et 
comédiennes d'autrefois, V. du Bled, 



— L'influence et l'avenir des idées 
cartésiennes , A . Fouillée . — La 
femme aux Etats-Unis, C. de Vari- 
gny, — La lutte des races et la phi- 
losophie de l'histoire, à propos d'un 
livre récent, F. Brunetière. — Un 
agent secret de l'émigration. Le 
comte d'Antraigues, vicomte E.-M. 
de Vogué. 

Revue des Questions historiques 
(Paris, rue Saint-Simon, 5). — Jan- 
vier. — L'épopée et l'histoire, G. 
Kurth. — Un épisode du règne de 
Philippe le Bel. L'annexion de Mor- 
tagnc à la France en 1314, A. d'Her- 
bomez. — A propos du centenaire 
de Valmy. L'armée française au dé 
but de la Révolution, A. de Ganniers. 

— La Révolution française, son his- 
toire dans les monuments, V. Pierre. 

— L'aflaire des Jésuites de France en 
1845, //. Beaune. — L'Eglise et les 
Ordalies au douzième siècle, abbé E. 
Vacandard. — Léon X et Vasili III. 
Projets de ligue antiottonianc, R. P. 
Pierling, S. J. — M. Ernest Renan, 
E.'G. Ledos. 

Revue des religions (Paris, rue Bo- 
naparte, 82). — Novembre-décembre. 

— Bulletin archéologique de la reli- 
gion grecque, P. Paris. — Esquisses 
des huit sectes boudhistes du Japon 
(fin), A. Millioud. — Garci Terrans 
de Jerena et le juifBaena. Scènes de 
la vie religieuse en Espagne à la fin 
du quatorzième siècle, L. Dolfus. — 
Fragments d'Evangile et d'Apoca- 
lypse découverts en Egypte, Ad. 
Lods. 

Revue des Sciences ecclésiastiques 
(Amiens, rue Saint-Fuscien, 18). — 
Novembre. — Le jubilé pontifical de 
Léon XIII, chanoine J. Didiot. — La 
semaine cosmugoniquc, D^ Bourdais. 

— Commentaire sur la bulle « Apos- 
tolicoe Sedis », D^ B. Dnlhagaray. — 
Commentaire traditionnel de la qua- 
trième session du concile de Trente 
(suite), chanoine J. Didiot. 



60 



ETUDES 



Revue du Lyonnais ( Lyon, rue 
SteîJa, 3). — Novembre. — La cha- 
pelle de Grange-Blanche (fin), L. 
Galle. — Etude sur quelques années 
du règne de Louis XIII et du minis- 
tère de Richelieu. Le chevalier de 
Jars (1629-1642) (fin), baron deLeusse. 

— De la création d'un musée histo- 
rique à Lyon, E. L. 

Décembre. — Jean Bonnassieux, 
sculpteur forézien (1810-1892), abbé 
Heure, — Vieux souvenirs académi- 
ques lyonnais, F. Bouillier. — Cau- 
serie d'un bibliophile, L. Galle. — 
Archéologie, A. Rainaud. 

Revue du Midi (Nîmes). — Décem- 
bre. — Fin d'année, C. Ferry. — Le 
Christophe Colomb des antiquités 
chrétiennes, A. Ricard. — L'esprit 
parlementaire (fin), G. Maurin. — 
Elévations sur l'Immaculée Concep- 
tion, L. de Castelnau. — Monsei- 
gneur Fabre, A. Delacroix. — La 
peste en Languedoc, P. Apollinaire. 

— Le château de la Tour-d' Aiguës, 
Monteils-Nougarède . 

Revue du Monde catholique (Bruxel- 
les, rue de la Chapelle, 3 ; Paris, rue 
Lafayette, 46). — Janvier. — Les ca- 
tholiques français en 1892, R. P. Cha- 
pron, S. J. — Gustave Doré. Esquisse 
biographique, C. Bader. — A travers 
les cimetières, C. Butet. — La Con- 
grégation de Saint-Maur, Dom L. Lé- 
véque. — La France au Soudan, L. 
Robert. — Fille adoptive. Roman 
(suite), O. des Armoises. — Les li- 
vres récents d'histoire, L. de la Ral- 
laye. — Les romans nouveaux, /. de 
Rochay. 

Revue ecclésiastique de Metz (Metz). 

— Décembre. — Actes du Saint-Siège. 

— Les fruits du sacrifice de la messe 
(fin), A. C. — La loi du jeûne eucha- 
ristique (fin), V. B. — La question 
sociale et le clergé, J.-B. P. — Solu- 
tion de cas de conscience. 

Revue française de l'étranger et 



des colonies (Paris, place d'Iéna, 1). 
— 15 décembre. — Océan Indien. Iles 
Saint-Paul et Amsterdam : réoccupa- 
tion par la France, A.-A. Fauvel. — 
Chambres de commerce britanni- 
ques : deuxième congrès, A. Salai- 
gnac. — Russification des provinces 
bal tiques. Ed. M. — Correspondance 
du Dahomey : fin des opérations , 
Sic. — Explorateurs morts en Afri- 
que, de 1884 à 1892, P. Barré. 

l^' janvier 1893. — Les dépôts de 
charbon de l'Angleterre, G. Vatso. — 
Péninsule malaise : ressources et ave- 
nir, A.-A. Fauvel. — La mission Mon- 
teil : Du Sénégal au Tchad et à Tri- 
poli. — Le commerce du Tonkin. — 
Explorateurs et voyageurs. 

15 janvier. — Dépôts de charbon 
du globe, É. Marbeau. — Nomencla- 
ture des dépôts de l'océan Indien 
(avec carie), A.-A. Fauvel. — Tuni- 
sie : étude démographique, D^ Ber- 
tholon. — Péninsule malaise : res- 
sources et avenir (fin), A.-A. Fauvel. 

— Mission Jean Dybowski (avec 
carte). — Dahomey : correspondance, 
Sic. — Chili : situation financière. — 
Explorateurs et voyageurs. 

Revue générale ( Bruxelles , rue 
Treurenberg, 16). — Janvier. — La 
crise morale de l'heure présente, H. 
Bordeaux. — Philippe le Bon et la 
politique française, Ad. Delvigne. — 
Le moulin Vanderbood (suite), L. De- 
nuit. — Dans les eaux zélandaises, 
H. Van Doorslaer. — Chronique scien- 
tifique, M. Lefebvre. — Contes pour 
la Noël : I. La messe blanche. II. Le 
Requiem du vieux Hans, Ch. Solo. - 
Lettre de Paris, É. Trogan. — Va- 
riété : Christophe Colomb, L. Bel- 
moni. — Quelques écrivains belges : 
E. Verhaeren, E. Verlant. 

Revue générale des sciences pures 
et appliquées (Paris, rue Saint-An- 
dré-des-Arts, 58). — 15 décembre. 

— Les formes d'équilibre d'une masse 
fluide en rotation, //. Poincaré. — 
Morve et malléine, M. Kaufmann. — 



SOMMAIRES DES REVUES 



61 



Les montagnes de l'Ecosse, M. Ber- 
trand. — Les sept images de l'œil 
humain, D^ M. Tscherning. 

30 décembre. — Le soixante-di- 
xième anniversaire de M. Hermile, 
L. Olivier. — Les récents progrès de 
la mécanique appliquée, W. Unwin. 

— Recherche et dosage du grisou et 
de l'oxyde de carbone, N, Gréhant. 

— Revue annuelle de médecine, Z)*" 
E. de ÏMvarenne . 

15 janvier. — A propos du jubilé 
de M. Pasteur. — Quelques pensées, 
L. Pasteur. — Cellule animale et cel- 
lule microbienne, D' A. Charria. — 
L'amélioration -des estuaires de la 
Gironde et de la Seine, L. Partiot. 

— Observations sur le o Plankton », 
y. Thoulet. 

Revue historique (Paris, boulevard 
Saint-Germain, 108). — Janvier-fé- 
vrier. — Napoléon I" à l'île d'Elbe, 
H. lloussaye. — La France en Alsace 
après la paix de Westphalie.A'. Mo»»' 
mann. — Autographes de Chris- 
tophe Colomb récemment découverts, 
H. Harrisse. — Note sur un pseu- 
donyme du XVI* siècle : l'auteur des 
fl Vindiciac contra lyrannos »,^. Wad- 
dington. — Journal et correspon- 
dance de la reine Catherine de Wur- 
temberg (suite), baron A. du Ca$se. 

— liullctin historique, G. Afonod, G. 
Jacqueton, A. Molinier et R. Alla- 



Revue philosophique (Paris, bou- 
levard Saint-Germain, 108;. — Jan- 
vier. — La psychologie de W.James 
(suite), /,. Marinier. — La croyance 
mélhaphysique, /. Gourd. — La 
beauté plastique, L. Coutural. 

Revue scientifique (Paris, boule- 
vard Saint-Germain, 111). — 17 dé- 
cembre. — L'avenir des race* hu- 
maines, Zaborowski. — La suggestion 
dans l'art, d'après M. Sourian, Fr. 
Paulhan. — La ville et le port de 
Hambourg, Fournier de Flaix. 

24 décembre. — Michel Chasles, 



J. Bertrand. — L'avenir des races 
humaines, Zaborowski. — La vie 
moyenne en France, V. Turquan. 

— La médication de M. Brown- 
Séquard, /. Héricourt. 

31 décembre. — La pathologie 
mentale, G. Ballet. — Les char- 
bonnages du Tonkin, E. Carnot. — 
La marche des anthropodes, H. 
Dixon. 

7 janvier. — Le jubilé de M. Pas- 
teur. — La chimie descriptive et la 
chimie rationnelle, L. Calderon y 
Arana. — Les mammifères de Pata- 
gonie, Florentino Ameghino. — Le 
voyage du prince d'Orléans en Indo- 
Chine. 

14 janvier. — La ligue préventive 
contre la tuberculose, Armaingaud. 

— Les fêtes criminelle*, G. Ferrero, 

— Le tabac, Em. Ratoin. 

Revue universitaire (Paris, rue de 
Mézières, 5). — Janvier. — Rapport 
■ur le concours d'agrégation des 
lettres, 1892, J. Girard. — L'art et 
les moeur* dans le nouveau discours 
d'Hypéride, A. Croitet. ^ Une édu> 
cation classique au xvii* siècle, P. 
Lugol. — Importance de l'étude des 
langues vivantes. — Les thèse* en 
Sorbonne, L. Muhlfeld. 

Science catholique (Paris, rue de 
l'Abbaye, 13). — - Décembre. — L'ori- 
gine des race* humaines, marquis 
de Nadaillac. — Encore le problème 
protestant. Réplique à M. le pasteur 
Doumergue, H. Gayraud, O. P. — 
Un organe méconnu : le cervelet, 
/)' Surbled. — Congrès inter- 
national des américanistes, VIII* ses- 
*ion, Mgr C. de Hurlez. — Bulletin 
d'histoire, C. Douais. — Bulletin 
théologique, /. Forget. 

Science sociale (Paris, rue Jacob, 
56). — Décembre. — Le quatrième 
ministère Gladstone, P, de Rousiers. 

— L'isolement du clergé en France, 
M.-B. Schwalm. — Comment les 
proconsuls ont changé la constitu- 



62 



ÉTUDES 



tion de Rome, G. d'Azainbuja. — Bi- 
bliographie. — Le mouvement so- 
cial. 

Janvier — L'état actuel de la 
science sociale, E. Demolins. — Les 
auxiliaires du patronage. Les cul- 
tures intellectuelles et la religion, 
R. Pinot. — Le clergé modèle d'après 
une idée de 1830. Lettre au P, M. B. 
Schwalm, P. de Bousiers. — L'Inde 
védique. Les rapports de la théo- 



gonie védique avec l'état social, A, 
de Pré ville. 

Sociologie catholique (Montpellier), 

— Janvier, — Les octrois et leur 
suppression, comte R. de Kergolay. 

— Le droit social de l'Eglise, abbé 
J. Molle. — A Villeneuvette, G. 
Hérail. — Les syndicats profession- 
nels, J. Coulazon. — Chronique so- 
ciale, E. Coste. 



PÉRIODIQUES ÉTRANGERS 



Alte und Neue Welt (Einsiedeln, 
Benziger). — 27« année, 1893, fasc. 1 
et 2. — Jusqu'au dernier liard, ro- 
man, J. Edhor. — Coup d'oeil dans 
l'atelier d'un sculpteur, F. Hochlaen- 
der. ■ — Le prince Osman, récit 
historique, R. Mardi. — Virtuo- 
ses en voyage, histoire amusante 
d'après nature, O. Klaussmann. 

— L'homme machine, Th. Seel- 
mann. — Science héraldique, Dr 
JVeiss. — Les oiseaux d'hiver, M. 
Stein . 

American Ecclesiastical Review 
(Philadelphie) . — Janvier. — Léon XIII 
et les soutiens des républiques, 
Rev. Th. Hughes^ S. J. — Le déluge 
de Noé, Rev. J. A. Zahm, C. S. C. 

— La théodicée d'Aristote (Psycho- 
logie), Rev. A. F. Hewit, D. D. — 
De la moralité des danses, P. Armi- 
nio. — Nos enfants : que faisons- 
nous pour eux? W. J. M. — Cas de 
conscience. — Analecta. 

Catholic World (New- York). — 
Décembre 1892, — Le pays du soleil, 
Chr. Reid. — Un saint évêque: John 
N, Neumann, Rev. J, Wûst. — Le 
chapelet de Cynthia, histoire pour 
Noël, H. M. Sweeney. — Comment 
résoudre un grand problème, G. 
Parsons Lathrop. — L'établissement 
de la colonie du Maine, E. Parker- 
Scammon. — Ma conversion, Aubrey 
de Vire. — Les impôts de l'Ulster 



sous un parlement home-rule, G. 
McDermot, — Additions aux Souve- 
nirs d'Edgar P. Wadhams, premier 
évêque d'Ogdensburg, Rev. C. A. 
Wal'.vorth. 

Janvier 1893. — Louis Pasteur et 
l'œuvre de sa vie, Rev. J. A. Zahm, 
C. S. C. — Une remarquable école 
dirigée par des Sœurs (Kentucky). — 
Les anciennes régions polaires, W. 
Seton. — Les ouvriers en Amérique, 
Rev. J. Convi'ay. — Les écoles de 
Frédéric Frôbel, E. W. White. — 
Alonso X et la naissance de la litté- 
rature espagnole, M. E. Blake. — Le 
pays du soleil, Chr. Reid. — Le 
Maine à une date récente, E. Parker- 
Seammon. — Le Frédéric Ozanam 
de Cork (John George MacCarthy), 
Th. //. Atteridge. 

Ciudad de Bios (Madrid). — 20 
décembre 1892. — La littérature ca- 
talane au xixe siècle, P. F. Blanco 
Garcia. — L'Eglise et Colomb, P. 
M. F. Miguélez. — L'existence de 
Dieu et la science athée, P. T. Ro- 
driguez. — Le congrès catholique 
de Séville, P. E. de Uriarte. — Revue 
scientifique, 

5 janvier 1893, — La littérature 
catalane au xix® siècle, P. F. Blanco 
Garcia. — La trisection de l'angle, 
P. Fr. A. Rodriguez. — Le congrès 
catholique de Séville, P. E. de 
Uriarte. — L'histoire des idées es- 
I thétiques en Espagne, P. R. del 



SOMMAIRES DES REVUES 



63 



Valle Ruiz. — Revue du droit cano- 
nique, P. E. Estébaii. 

Civiltà Cattolica (Rome). — 17 dé- 
cembre. — La politique de Léon XIII 
et la « Contemporary Review ». 

— Le pontificat de saint Grégoire le 
Grand dans l'histoire de la civilisa- 
tion chrétienne. — Optique physio- 
logique et optique artistique. — Au 
lendemain du déluge. — Revue de la 
presse. — Sciences naturelles. 

7 janvier 1893. — Lettre de N. S. 
P. le Pape aux évêques d'Italie. — 
Lettre de N. S. P. le Pape au peuple 
italien. — Apologie maçonnique de 
la parole du Pape. — Du catholi- 
cisme et des déboires de Ruggero 
Bonghi. — La politique de Léon XIII 
et la « Contemporary Review ».— Au 
Lendemain du déluge. — Revue de 
la presse. — Bibliographie. 

21 janvier. — Léon XIII cl l'Italie. 

— La morale juive. — Des Hittim ou 
Héthéens et leurs migrations. — Le 
pontificat de saint Grégoire le Grand 
dans l'histoire de la civilisation chré- 
tienne. — Revue de la presse. — 
Archéologie. 

Dublin Review. — Janvier. — 
L'Kglise russe, Lady Herbert. — Les 
vestiges de la Trinité dans la créa- 
tion, Rev. J. S. Vaiighan. — Le droit 
de protectorat dans l'Inde, C. T. 
Mackensie. — L'auteur et la compo- 
sition de l'IIexateuque, Rev. C. Van 
den Biesen, D. D. — Les étudiants 
anglais à Bologne durant le moyen 
âge, Rtv. A. Allaria, D. D. — Les 
moines à Oxford, G. B. Lancaater- 
Woodbourne . — Les actes du o Ci- 
salpine Club », Rev. W. Amherat, S. 
J. — Le poète Robert Surtecs, Miss 
FI. Peacock. — Les écoles du soir, 
W. M. Hunnybun. — Notre surveil- 
lance scolaire, W. Scott Coward. 

Katholische Bewegung (Wun- 
bourg). — Octobre 1892. — Le qua- 
trième centenaire de la découverte 
de l'Amérique. — Histoire abrégée 



du parti clérical. — Esquisses d'un 
voyage au Tyrol. — Le Pape et 
les catholiques français. 

Novembre. — Le surnaturel dans 
le christianisme. — Histoire abrégée 
du parti clérical. — Esquisses d'un 
voyage au Tyrol. — Le Pape et 
Christophe Colomb. 

Décembre. — Singulier christia- 
nisme, /. B. Adler. — Histoire 
abrégée du parti clérical, Dr. Frank. 
Esquisses d'un voyage au Tyrol. — 
Une visite chez les Bénédictins. 

1893, janvier. — 1793-1893. — 
Pour l'étude du socialisme, O. Kall- 
Reuleaux. — L'élection d'Urbain VI, 
Dr. J. J. IVurm. — Un énergique 
Westphalien : le comte Fr. W. Bis- 
marck, père de la branche catholique 
de ce nom, /. Stotckle. — Le congrès 
de Strasbourg. — La situation reli- 
gieuse et politique en Hongrie. 

Literarische Rundschau (Fribourg- 
on-Brisgau). — Janvier. — Les ré- 
cents ouvrages de prédication, Kep- 
pler. — Wœrter, L'activité intellec- 
tuelle de saint Augustin jusqu'à son 
baptême, iTocA. — Rottmanner, L'Au- 
gustinisme : études relatives k l'his- 
toire du dogme, Koch. — Funk, Les 
Constitutions apostoliques, Kihn, — 
Funke, Le pape Benoît W,Glasschra- 
der. — Gottlob, Le rAlc du Pape 
dans les croisades du xiii* siècle. 
Kirsch. — Ringholt?., Le bienheu- 
reux Bernhard de Bade, sa vie et 
son culte, Ilutter. — Abbott, La pé- 
riode anglicane de la vie du cardinal 
Ncwroann, Bellesheim . — Nitli, 
Léon X et sa politique, Baumgarten, 

— Lorinzer, Mon autobiographie, 
Rœssler. — Kuhn, Histoire univer- 
selle de l'art. 

Lyceum (Dublin). — Janvier. — F.e 
jugement de South Meath. — Plai- 
doyer pour les cabaretiers. — Idylles 
irlandaises. — Un autocrate à table. 

— Philosophie perfectionnée. 

Monat'Rosen (Bâle). — Décembre. 



fA 



ÉTUDES 



— Edmond Behringer : étude poé- 
tique. — Eugène-Melchior de Vogué, 
/. Quartenoud, — Le droit de pro- 
priété et ses limites, V. Magne. — ■ 
Les causes qui excluent ou dimi- 
nuent l'imputabilité, A. N. Riva. — 
Jakob Bonifaz Klaus, /. Oesch. 

Month [Londres] . — Janvier. — Les 
nouveaux Apocryphes, Rev.H. Lucas. 

— La mission du Zambèze. — Com- 
ment l'Eglise d'Angleterre se lava la 
face, Rev. S. F. Smith. — Les « Mo- 
nita sécréta » et la Compagnie de 
Jésus, Rev. J. Rickaby. — La Vierge 
de Gozo, — L'office divin dans l'É- 
glise grecque, Rev. B. Zimmermann, 
O. C. D. — L'étoile temporaire du 
Cocher, Rev. A. L. Cor lie. — Mariage 
mixte, Ladf A. Kerr. 

Przeglad Powszechny (Cracovie). — 
Décembre. — Fausse miséricorde, 
M. Morawski. — Parmi les Slaves : 
impressions de voyage, /. Badeni. 

— Une nouvelle Vie de Jésus- 
Christ, Skrochawski. — Vichnouisme, 
Zaborski. — La vie en Sibérie : 



mémoires d'un curé. — Mélanges, 

Stimmen aus Maria-Laach (Fri- 
bourg-en-Brisgau, Herder). — Jan- 
vier. — Les anciennes preuves de 
l'existence de Dieu et la science mo- 
derne. Th. Granderath. — Pour l'his- 
toire du mouvement socialiste en 
Allemagne, H. Pesch. — Les Lettres 
provinciales de Pascal, W. Kreiten. 
— Le nouveau métal et ses premiers 
modes d'extraction, F. X. Rûf. — 
Mirabeau, O. Pfûlf. — Schi-king, le 
livre de chant des Chinois, .<j. Baum- 
gartner. 

Studien und Mittheilungen aus dent 
Benedictiner-Orden. — 1892, 4« fasci- 
cule. — Histoire du couvent de fem- 
mes de Goes, P. J. Wichner. — L'ab- 
baye bénédictine de Saint-Sympho- 
rien de Metz, Dr. Lager. — Le 
« CoUegium S. Bernardi » de Pra- 
gue, P. S. Bredl. — L'agriculture et 
le travail manuel chez les Cister- 
ciens, L. Dolberg. — Notes chrono- 
logiques pour l'histoire du monastère 
souabe d'Hirsau, O. Hafner. 



LIVRES 

ENVOYÉS A LA RÉDACTION DES ÉTUDES 

20 décembre — 15 janvier. 

N. B. — La simple annonce de ces ouvrages ne doit en aucune manière 
être considërée comme une recommandation : pour savoir notre avis sur 
chacun d'eux, il faut attendre qu'ils aient été analysés. Ils le seront dans la 
mesure que leur valeur, le but de la Revue et l'intérêt de nos lecteurs 
exigeront ou permettront. 

THÉOLOGIE 

QUESTIONS RELIGIEUSES 

Albert! Magni (B.), Ratisbonensis episcopi, 0. P., Opéra om- 
nia; cura ac labore Augusti Borgnet, sac. diœc. Rem. Annuente faveu- 
teque Pont. Max. Leone XIII. Volumina XIII, XIV, XV et XVI. Pari- 
siis, Vives, 1892. 4 vol. gr. in-8, pp. 856, 1070, 761, 606. 

Ballerini (A.), S. J. — Opua theologlcum morale in Busembaum 
medullam absolvit et edidit Dominicus Palmieri, S. J. Volunien VI. 
Continens cxtractatu X sectionem vin : De matritnonio. Prati, Gia- 
chetti, 1892. In-8, pp. 782. Prix : 6 francs. 

Batiffol (P.). — Histoire du Bréviaire romain. Paris, A. Picard, 
1893. In-16, pp. xiv-356. 

Boudon (Henri-Marie), archidiacre d'Évreux. — Dieu présent par- 
tout. Bruxelles, A. Vromant, 1893. In-16, pp. 64. {Petite Bibliothèque 
chrétienne, du P. Kieckbns.) 

BouNBS (abbé A.). — Mois du Sacré Cœur à l'usage des âmes pieuses, 
des communautés et des paroisses. Paris, Téqui, 1893. In-12, pp. 303. 
Prix : 1 fr. 50. 

Delaporte (A.), miss, du Sacré-Cœur. — Le règne social de Jésus- 
Christ. Paris, Retaux, 1893. In-12, pp. xx^20. 

Denis (A.), S. J. — Commentarii in Excrcitia spiritualia S. P. N. 
Ignatii cnncionatoribus etiam accommodati. Tomus secundus. Malincs, 
A. Godenne, 1892. In-8, pp. 535. 

Franco (S.), S. J. — A une Supérieure religieuse^ au sujet d'un 
récent décret pontifical. Seconde édition revue et augmentée par l'au- 
teur. Lettre. Seule traduction française avec autorisation de l'auteur, 
par l'abbé A.-E. Gautier. Paris, Téqui, 1893. In-12, pp. 111-174. 
Prix : 1 fr. 25. 

Bibliographie, IV. '— 5 



6t ETUDES 

Frecenon (Jos.), de la Congrégation du Saint-Esprit et du Saint- 
Cœur de Marie. — Les promesses du Cœur de Jésus. Série d'entretiens 
dédiés à Sa Grandeur Mgr Fava, évêque de Grenoble. Deuxième édi- 
tion. Paris, de Soye et fils, 1893. In-12, pp. xxviii-327. 

Frins (Victor), S. J. — Sancti Thomse Aqulnatis O. P. doctrina de 
cooperatione Dei cum omni natura creata, prsesertim libéra, seu S. Tho- 
mas prsedeterminationis physicse ad omnem actionem creatam adversa- 
rius. Responsio ad R. P. F. A. Dummermuth, 0. P., prsedetermina- 
tionis physicae defensorera. Parisiis, Lethielleux, s. a. (1893). In-8, 
pp. 498. Prix : 11 francs. 

Lebrun (P.). — La bonne nouvelle. Fleurs et fruits évangéliques. 
Notre-Dame de Lourdes et la France. Poésies diverses. Avec une 
lettre-préface de M. le marquis de Ségur. Tours, Cattier, 1892. In-16, 
pp. 284. Prix : 3 fr. 50. 

Maher (M.), S. J. — Récent évidence for the authendcity of the Gos- 
pels : Tatian's diatessaron. With appendix on the Gospel according to 
St Peter. London, the Catholic Truth Society, 18, West square, S. E. 
In-16, pp. 84. Prix : 6 pence. 

Meschler (M.), S. J. — Me'ditations sur la vie de Notre- Seigneur 
Je'sus-Christ, traduites de l'allemand par l'abbé Ph. Mazoyer, du clergé 
de Paris. Tome premier. — L Vie de Jésus avant sa naissance dans le 
temps. — IL Vie temporelle de Jésus. Paris, Lethielleux, s. a, (1893). 
In-i2, pp. 615. Prix : 4 francs. 

Nbumayr (F.), S. J. — Idea theologise asceticse scientiam sanctorum 
exhibens. Opus postumum novis curis emendatum et auctum. Parisiis, 
apud Victorem Retaux etfilium, 1893. In-16, pp. ix-152. 

Petit (A.), S. J. — Sacerdos rite instructus piis exercitationibus 
menstrux recollectionis. Séries tertia. Typis Societatis Sancti Augus- 
tini,^ Desclée^ de Brouwer et socii, 1892. In-16, pp. ii-372. 

Plat (abbé). — Une deuxième année de pre'dication. Cinquante-deux 
prônes sur le Symbole des apôtres. Paris, Lethielleux, 1892. In-8, 
pp. viu-478. 

Prière {La') selon les Pères Bourdaloue et de Ravignan, de la Com- 
pagnie de Jésus. Bruxelles, Société belge de librairie, 1892. In-16, 
pp. 288. 

Quelques fleurs du parterre e'vangélique, par l'auteur de la nouvelle 
« Histoire de saint Augustin ». Paris, Palmé; Bruxelles, Société belge 
de librairie; Genève, Trembley, 1893. In-16, pp. 322. Prix : 3 francs. 

Ramière (H.), S. J. — Ze règne social du Cœur de Jésus. Ouvrage 
revu et mis en ordre par un Père de la même Compagnie. Toulouse, 
chez le directeur du Messager du Cœur de Jésus, 1892. In-18, pp. 637. 
Prix : 3 francs. 

Sarda y Salvany (don). — V Année chrétienne, ou considérations 



LIVRES ENVOYÉS AUX ÉTUDES 67 

sur les principales fêtes du cycle liturgique. Traduit de l'espagnol par 
M. l'abbé A. Thiveaud. Paris, Lethielleux. In-16, pp. iv-408. Prix » 
3 fr. 50. 

VEnDON (abbé L.). — Petit catéchisme de Notre-Seigneur Jésus-Christ. 
Ouvrage approuvé et recommandé par Mgr l'évêque de Luçon. Paris, 
Dumoulin, 1893. In-12, pp. 72. 

Vieille (V.) et G. (J.-B), S. J. — Petit manuel illustré des Congré- 
gations de la Bonne-Mort. Abbeville, G. Paillart, 1893. Petit ia-16, 
PI>- 32. 

PHILOSOPHIE 

SCIE77CES ET ARTS 

Annuaire pour Van 1893, publié par le Bureau des Longitudes. Avec 
des notices scientifiques. Paris, Gauthier -Villars, 1893. In-lâ, 
pp. v-868. Prix : 1 fr. 50. 

Baillaud (B.). — Cours d'astronomie à tusage des étudiants des 
Facultés des sciences. Première partie. Paris, Gauthier- Villars, 1893 
In-8, pp. vi-185. 

Bknard (Gh.). — Platon. Sa philosophie. Précédé d'un aperçu de sa 
vie et de ses écrits. Paris, Alcan, 1892. In-8, pp. viii-546. Prix : 
10 francs. 

BoLO (abbé H.).-r- Les agonies du cœur. Pour les égarés de la vie. 
Première édition. Paris. Haton, 1893. In-12, pp. 297. Prix: 2 fr.50. 

Ceillier (abbé h.). — Le problème spiritualistc. L'existence de 
l'âme. Gonférences adressées aux étudiants de Rennes. Paris et Lyon, 
Delhomme etBriguet, 1892. In-12, pp. 287. 

Desplanques (A. ). — Des impositions municipales en vue de la sup- 
pression des octrois, Paris, Savine, 1803. Ia-12, pp. 97. Prix : 2 francs. 

Égliêe (£') ût le peuple. Manuel du conférencier po|>ulaire, par un 
simple clerc. Deuxième édition. Paris, 8, rue François I". la-16, 

pp. 8^.. 

G«MEU (L. de).— JLVjprtf de servilité dans la démocratie. Paris, 
LecofTre, 1893. In-8, pp. 68. 

J. S. G. — Le livre de tous. Le soldat français. Aujourd'hui. Demain. 
1893. Deuxième édition. Paris et Lyon, Delhomme et Briguet. In-12, 
pp. 517. Prix : 1 fr. 53, 

Lehmkuiil (Aug.l, S. J. — 7?ic sociale Frage utuL dw staatliche 
Getvalt. Freiburg i. B., Herder, 1893. In^l2, pp. 74î. {Die sociale 
Fraise belcucktet darch die « Stimmen ans Mari»-La«cb, 6.^. Prix : 
70 Pf. 

îMartinrz dk Ripalda (i. ), s. J. — E.rpositio brovls Kagistri Sen- 



68 ÉTUDES 

tentiarum, cum qusestionibus quse circa ipsam moveri possunt et aucto- 
ribus qui de illis disserunt. Parisiis, Vives, 1892. Grand in-8, 2 col., 
pp. 514. 

Nadaillac (marquis de). — Le Problème de la vie. Paris, G. Masson, 
1893. In-12, pp. 295. 

Robert (A.). — Les parias du fisc. Rouen, chez l'auteur, rue Bef- 
froi, 21. Brochure in-8, pp. 94. Prix : franco, 2 francs. 

Rostand (E.). — L'action sociale par l'initiative privée. Avec des 
documents pour servir à l'organisation d'institutions populaires et des 
plans d'habitations ouvrières. Paris, Guillaumin, 1892. In-8, pp. xxin- 
860. Prix : 15 francs. 

Theurkau (L.). — Xe5 casiers judiciaires et un projet de casiers 
civils. Paris, Guillaumin, 1892. In-8, pp. xii-222. Prix : 4 fr. 50. 

Thiatjdière (Ed.). — La de'cevance du vrai (Notes d'un pessimiste). 
Paris, Westhausser, 1893. In-32, pp. xix-303. Prix : 2 fr. 50. 

Vareilles Sommières (comte de). — Du contrat d'association, ou 
la loi française permet-elle aux associations non reconnues de pos- 
séder? Étude de droit civil. Paris, Pichon, 1893. In-8, pp. xi-194. 



HISTOIRE — GEOGRAPHIE 

questions du jour 

Beaucourt (marquis de). — Captivité et derniers moments de 
Louis XVI. Récits originaux et documents officiels recueillis et publiés 
pour la Société d'histoire contemporaine. Tome II. Documents officiels. 
Paris, A. Picard, 1892. In-8, pp. 414. 

Bataille (D'). — Le diable au dix-neuvième siècle, ou les mystères du 
spiritisme, occultisme moderne, magie de la Rose-Croix, pratiques 
sataniques, etc.. Récits d'un témoin. Paris, Delhomme et Briguet. 
Publication périodique (par livr. bi-hebdomadaire). 1" fascicule (liv. 1 
à 10). Grand in-8, pp. 80. 

Baunard (Mgr). — Le cardinal Lavigerie. Oraison funèbre pronon- 
cée à Lille en l'église de Notre-Dame de la Treille, le 7 décembre 1892, 
jour de l'inhumation du cardinal à Garthage. Paris, Poussielgue, 1892. 
In-8, pp. 48. 

Benoist (Ch.). — Souverains. Hommes d^ État. Hommes d'Église. Pa- 
ris, Lecène et Oudin, 1893. In-18, pp. 279. 

Berger-Levrault (0.). — Annales des professeurs des acade'mies et 
universités alsaciennes. 1523-1871. Nancy, Berger-Levrault, 1892. In-8, 
pp. ccxLV-308. 

Brandi (R. P.), S. J. — La politique de Léon XIII. Traduit de l'ita- 



LIVRES ENVOYÉS AUX ÉTUDES 69 

lien par M. Vetter. Paris, Lethielleux, s. a, (1893). In-12, pp. xi-109 
et 49. Prix : 1 fr. 50. 

Glaretie (L.). — V Université moderne. Contenant soixante-cinq 
compositions de J. Geoffroy. Préface de M. 0. Gréard. Paris, Charles 
Delagrave, s. a. (1893). In-4, pp. xii-290. 

Conférences antiesclavagistes libres (Les), données au palais des 
Académies de Bruxelles. Avril 1891. (Société antiesclavagiste de Bel- 
gique. Comité de Bruxelles.) Bruxelles, Impr. Coopérative, 1892. 
Grand in-8, pp. 114. 

CoRXUT(Et.), S.J. — Monseigneur /Ve/>;><î/, d'après des documents au- 
thentiques et inédits. Paris, Retaux, 1893. In-8, pp. 422. Prix : 5 francs. 

Delaporte (V.), S. J. — £.' € Apothéose ■ de Renan. Paris, V. Re- 
taux et fils, 1893. In-16, pp 63. (Extrait des Études, novembre 1892.) 

Dblislb (abbé). — V Anglicanisme et les sectes dissidentes. Etude sur 
la situation religieuse de l'Angleterre à la fin du dix-neuvième siècle. 
Vannes, Lafolye, 1893. In-8, pp. vn-274. 

Dblassus (abbé A.). — Jeanne de Flandre et sa béatification. Illus- 
tré de nombreuses gravures. Lille, Deman, 1893. In-8, pp. 208. 

Dblploigb (S.). — Le référendum en Suisse. Précédé d'une lettre 
sur le référendum en Belgique, par J. Van Heuvel. Bruxelles, Société 
belge de librairie, 1892. ln-8, pp. xxxv-190. Prix : 3 fr. 50. 

Dbnais (J.). — Un moine au dix-neuvième siècle. Dom Paul Piolin, 
0. S. B. (1817-1892). Angers, Germain et Grassin, 1892. In-8, pp. 24. 

Dioio (chanoine H.). — La querelle de Mabillon et de Vabbé de 
Rancé. Lille, Berges ; Colmar, Lorber, 1892. In-8, pp. xvii-464. 

Dussart (H.), S. J. — Fragments inédits de Romboudt de Doppere 
découverts dans un manuscrit de Jacques de Meyere. Chronique bru- 
geoise de 1491 à 1498. Bruges, imprimerie De Plancke, 1892. In-4, 
pp. 138. 

Gandot (Er.-Ch.). — Rouget de Liste et l'hymne national. Besançon, 
P. Jacquin, 1892. In-8, pp. 17. (Extrait dea Annales franc-comtoises ; 
septembre-octobre 1892.) 

Glœcklbr (L. G.). — Geburtsort des Elsxsser Papstes Sankt 
Léo IX, vormals Bruno, Grafvon Dagsburg. Strassburg, MùUer, 1892. 
Petit in-8, pp. 71. 

GouRDON DR Gbnouillac (H.). — Les Françaises à toutes les époques 
de notre histoire. Illustrations de F. Lix, Paul Merwart, J. Geoffroy, 
J. Girardot, L. Roux, etc. Paris, Hennuyer, 1893, Grand in-8, 
pp. ix-462. 

Hbrgbnrœthbr (S. E le cardinal). — Histoire de VÈglisc. Paris, 
V. Palmé, 1892. In-8, pp. 459. [Bibliothèque théologique; traduction de 
l'abbé P. Bélet.) Prix : 7 fr. 50. 



70 ÉTUbES 

Lemaistre (A.). — Potaches et Bachots. Ouvrage illustré de qua- 
rante gravures hors texte. Paris, Firmin-Didot, 1893. In-8, pp. 377. 

Massé (R. P. L.-F.). — Éloge funèbre du R. P. Pierre Bayer, supé- 
rieur des Oblats du Sacré-Cœur de Jésus et du Cœur Immaculé de 
Marie, missionnaires de Saint-Edme, prononcé dans l'église de Pon- 
tigny, le 26 avril 1892. Auxerre, Ghambon, 1892. In-8, pp. 42. 

Mat-Gioi (Albert de Pouvourville). — Un point d'histoire coloniale. 
Le général Reste. Paris, Savine, 1892. In-12, pp. 35. Prix : 1 franc. 

MoRiN (D. G.), 0. S. B. — Anecdota Maredsolana. Vol. I. Liber 
comicus, sive Lectionarius Missae quo Tolenana Ecclesia ante annos 
mille etducentos utebatur. Maredsoli, in monasterio S. Benedicti, 1893. 
ln-8, pp, xiv-462. 

MoussAC (marquis de). — Une corporation d'autrefois encore vivante 
aujourd'hui. La corporation des bouchers de Limoges. Première édi- 
ticMi. Paris, Lamulle et Poisson, 1892. Ia-8, pp. 116. Prix : 1 franc. 

MoussARD (abbé). — Vie duR. P. Jcanjacquot^ de la Compagnie de 
Jésus, ancien profeseur de théologie au grand séminaire de Besançon. 
Paris, Retaux ; Besançon, Paul Jacquin, 1892. In-12, pp. 210. 

Payan-d'Augery. — Vie de Julie-Adèle de Ge'rin-Ricard, première 
supérieure et fondatrice de la maison des Sœurs-Victimes du Sacré- 
Cœur de Jésus à Marseille, Marseille, Verdot et maison des Sœurs- 
Victimes, 1892. In-8, pp. 361. Prix : 3 francs. 

Pkrez (R.), S. J. — La Santa Casa de Loyola. Estudio historico ilus- 
trado. Bilbao, imprentadel Corazon de Jésus, 1891. In-8, pp. xiv-180. 

PiNGAUD (L.). — Un agent secret sous la Révolution et l'Empire^ Lie 
comte d'Antraigues. Paris, Pion, 1893. In-8, pp. 428. 

Ricard (Mgr). — Le cardinal, Lavigerie , primat d'Afrique, archevê- 
que de Cartilage €t d'Alger (1825-1892). Paris et Lille, Lefort, 189â. 

Roussel (A.), de l'Oratoire de Rennes. — Lamennais d'après des docu- 
ments ine'dits. Rennes, Hyacinthe Caillière, 1892. Deux volumes in-8, 
pp. xxi-282 et 470. 

Stieve (R.). — Der Dagsburger Schlossfelsen. Eine historische Skizze 
mit Illustrationen... Zabern i. E., 1891. In-8, pp. 67. 

Van-Weddingen (Mgr A.). — Notre-Dame de Montaigu. Monogra- 
phie religieuse. Sixième édition, illustrée par Karl Meunier. Bruxelles, 
Société belge de librairie, 1890. In-4, pp. 155. Prix : 12 francs. 

Vie de sainte Germaine Cousin, néetàPihrac (1579-1601). 20® édition. 
Abbeville, Paillart. In-16, pp. 32. 



LIVRES ENVOYÉS AUX ETUDES Tt 



LITTERATURE 

KOMAN& 

Bainvel, s. J. — Prosodie latine. Paris, Poussielgue, 1892. In- 18, 
pp. 87. ( Alliance des Maisons d'éducation.) 

Baulez (J.), missionnaire apostolique. — Historiettes et petits riens. 
Paris, Palmé; Le Mans, Monnoyer, 1893. In-18, pp. viii-552. Prix : 
3 fr. 50. 

BiSTER (H, ). — Filles à marier. Paris, Henri Gautier. In-12, pp. 248. 
Prix : 2 francs. 

Blanc (E.). — Dictionnaire alphabétique et analogique de la langue 
française, à l'usage des écoles. Lyon, Vitte; Paris, Vie et Amat, 1892. 
In-12, p. 1115. (Collection F. T. D.). Prix : 3 fr. 40. 

BuxY (B. de). — Les Filles du médecin. Paris, Henri Gautier. In-12, 
pp. 320. Prix : 3 francs. 

Cox (E.). — Frère VAne. — Paris, Henri Gautier. In-12, pp. 315. 
Prix : 3 francs. 

Delaporte (V.), S. J. — Récits et légendes. Septième édition. Paris, 
V. Retaux et filg, 1893. Première série : In-12, pp. x-299. Deuxième 
série : In-12, pp. 291. 

Freppel (Mgr). — Bossuet et Véloquence sacrée au dix-septième 
siècle. Cours d'éloquence sacrée fait à la Sorbonne pendant les années 
1855-1856 et 1856-1857. Paris, Retaux, 1893. 2 vol. in-8, pp. viii-391 
et 504. Prix : 12 francs. 

MoiULLOT (P.). — Le roman en France depuis i6i0 Jusqu'à nos /ours. 
Lectures et esquisses. Paris, Masson. In-12, pp. xi-Gll. 

Ouvreuse du Cirque d'été (L'). — Bains de sons. Paris, Simonis 
Empis, 1893. In.l2, pp. 320. Prix : 3fr.50. 

RoD (E.). — La vie privée de Michel Teissier. Deuxième édition. 
Paris, Perrin, 1893. In-12, pp. viii-340. 

Rosier (J.). — Athanase Cocardeau l'apostat. Paris et Lyon, 
Delhommc et Briguet. In-12, pp. 300. 

Saint- AuLAiRB (comte A. de). — Les dessous de l'histoire. Deuxième 
édition. Paris, Calmann Lévy, 1893. In-12, pp. 313. Prix : 3 fr. 50. 

Thomin (L. ). — Le fond de l'abîme, ou Icssociétés secrètes dévoilées. 
Paris, Téqui, 1893. In-12, pp. 242. Prix : 2 francs. 

Vernier ( D.), s. j. — Grammaire arabe composée d'après les sources 
primitives. Tome second. Beyrouth, Imprimerie Catholique, 1892. In-8, 
pp. 11-659. 



72 ÉTUDES 

Agenda eccle'siastique pour l'an de grâce 1893. — Paris, Lethielleux. 
In-18. Prix : 1 fr. 50 et 2 fr. 50. 

Almanach-Kneipp pour l'année 1893 (2° année). Rédigé par M. l'abbé 
Kneipp, curé de Wœrishofen (Bavière). Seule traduction française auto- 
risée par l'auteur. Paris, Lethielleux. In-16, pp. 256. 

Calendrier de l'Œuvre de Saint-Paul, 1893. 1 vol. in-16. 



Le 31 janvier 1893. 



Le gérant. \C. GIYELET. 



Imp. D. Dumoulin et G'«, rue des Grands-AugnstîQS, 5, à Paris. 



ÉTUDES 

PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 

FÉVRIER 1893 

THÉOLOGIE 

QUESTIONS RELIGIEUSES 

Le Dogme de la vie future et la libre pensée contemporaine y 
par le H. P. Lescœuh, de l'Oratoire. Paris, Poussielgue, 
1892. In-18 Jésus, pp. iii-476. 

Le livre que le R. P. Lescœur publie sous ce titre, se compose 
de deux parties ; l'une, la seconde, déjà ancienne, et dont nous 
ne nous occuperons point ici, les Études en ayant autrefois 
rendu compte (1872, t. XXVII) par la plume du regretté P. de 
Bonniot. Rappelons seulement qu'elle comprend huit confé- 
rences sur la Vie future, prononcées « au sortir des incendies de 
la Commune ». (Préf. , p. ii.) 

Dans la première partie, toute neuve, qui à elle seule forme- 
rait presque un volume, le R. P. Lesca^ur se demande et expose 
où nous en sommes aujourd'hui, en France, par rapport h cette 
croyance fondamentale delà Vie future. 11 constate que, malgré 
les hymnes officiels chantés en l'honneur du progrès, nous 
sommes des arriéres, ou plus exactement des rétrogrades. Les 
vérités vont diminuant chez nous; nous sommes repoussés vers 
la barbarie la plus navrante, celle des peuples sans Dieu et sans 
tendance à Vau-delà ; nous sommes plongés dans l'athéisme par 
tous les bras qui détiennent le pouvoir et qui s'en servent pour 
couper les chemins du ciel. 

11 y a vingt ans, en 1872, les démolisseurs de la foi, échappés 
des « antres de la franc-maçonnerie » (p. 3), n'étaient qu'une 

Bibliojçraphie, IV. — 6 



74 ÉTUDES 

poignée, et leur audace semblait écrasée « sous les décombres » 
de 1871. Aujourd'hui « en pleine paix », c'est toute la France 
officielle qui répudie les vérités essentielles, les seules sur les- 
quelles un peuple et un homme peuvent bâtir pour l'avenir. 
Tout ce qui parle, agit, légifère, exécute, au nom de l'Etat, coo- 
père à cette œuvre de sauvagerie intellectuelle et morale. 

Le R, P. Lescœur passe rapidement en revue tous ces destruc- 
teurs, qui sont ou l'État lui-même ou les soudoyés de l'État ; par 
exemple : 

1* Les représentants de la philosophie, niant le surnaturel, 
travaillant à remplacer la création divine par l'évolution (p- 11 
et suiv.), prônant même l'origine simienne (p. 22). Le R. P. 
Lescœur cite les noms et les livres, les Vacherot, Renan, Comte, 
Fauvelle, Guyau e\ tutti quanti \ 

2° Les représentants de la science s'efforçant, comme Flamma- 
rion,... de chasser Dieu du monde et d'en balayer les dogmes ; 

3** Les représentants de la littérature, qui, sur tout la ligne, 
font œuvre de scepticisme ; pour lesquels « l'immortalité de l'âme 
est devenue tout au plus une hypothèse consolante, un thème à 
rêverie, une croyance mystique, une conjecture... » (p. 116). 
L'auteur interroge par leur nom les A. France, Bourget, Loti, 
Zola, J. Lemaître et autres, qui répondent, ou : Que sais-je ? ou : 
Que m'importe ? 

4" L'Université, celle des Berthelot, des Liard, des Bourgeois, 
des Lavisse, et celle qui fabrique de petits livres pour l'école 
primaire. Partout, négation du surnaturel et de ses éternelles 
conséquences. Le R. P. Lescœur n'est point de ceux qui saluent 
l'entente cordiale de l'Université et de l'Église, comme une réa- 
lité d'hier ou de demain. Nous lui en faisons notre compliment 
très sincère. 

5° L'administration, arrêtant les fonctionnaires, grands ou 
petits, au seuil de l'Église et du ciel, pour leur demander, ou 
leur foi ou leurs appointements ; laïcisant avec fureur le banc de 
l'école, la salle de l'orphelinat, le lit du mourant, la place pu- 
blique, le sabre du gendarme, tout, même la vertu. 

Voilà où nous en sommes. Le R. P. Lescœur le voit avec évi- 
dence et le dit avec courage. Sans doute, il voit bien aussi poin- 
dre, au fond de l'horizon, l'aurore boréale du néo- christianisme ^ 
mais il ne croit guère que le jour naisse de cette aube miroitante. 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 75 

Et certes, il a raison ; bien qu'il prête un peu (oh ! si peu !) l'oreille 
aux phrases de M. de Vogué et aux cris de ses « Cigognes ». 

Après cette analyse, il nous semble superflu d'ajouter que ce 
livre est un bon livre, et qu'il est utile de lire, d'approfondir 
les leçons du Dogme de la Vie future, a au lendemain des exploits 
sinistres des bandits à qui une science et une éducation sans 
Dieu ont appris à substituer au pétrole (de 1871) l'emploi plus 
raffiné et plus expéditif de la dynamite ». (Préf., p. m.) 

V. DELAPORTE, S. J. 

Le Droit social de l'Église et ses applications dans les cir- 
constances présentes^ par P-.Ch. M., docteur en droit. Paris, 
Larose elForcel; V. Retaux, 1892. In-8, pp. 414. 

L'Église est-elle une véritable société, distincte et, en droit, 
parfaitement indépendante de la société civile, pour tout ce qui 
se rapporte à sa fin propre, la sanctification des âmes ? Cette 
question a toujours été au fond des conflits entre l'Église et 
l'Etat, que nous voyons plus aigus que jamais. Appuyée sur la 
charte que lui a donnée son divin Fondateur, l'Eglise a constam- 
ment maintenu l'affirmative, tandis que les gouvernements persé- 
cuteurs ont, du moins pratiquement, supposé la négative. Et, par 
malheur, il est souvent arrivé que des défenseurs sincères de la 
liberté religieuse, sous prétexte de prudence ou de nécessités 
tactiques, ont trop dissimulé, parfois même diminué la vérité sur 
laquelle reposent les droits de l'Épouse du Christ. L'auteur du 
livre que nous signalons ne sympathise pas avec ces prudents et 
ces habiles, qui nous ont fait tant de mal. Il pense, lui, qu'il faut 
affirmer « sans ambages, par ces temps de négations et de vio- 
lences sacrilèges, le droit social de l'Eglise. Aussi bien, ajoute- 
t-il avec grande raison, les vérités h demi formulées n'ont-elles 
jamais rien sauvé. C'est avec des principes, et non avec des expé- 
dients, que se régissent les hommes. » Du moins, vient-il toujours 
un moment où les expédients les mieux imaginés sont à court et 
laissent une situation pire que devant. 

Cependant, même en matière de droits de l'Eglise, il n'v a pas 
que de l'absolu, il y a aussi du relatif; si les principes sont im- 
muables, les applications varient dans une assez large mesure, 
selon les circonstances de temps, de lieux, de personnes. De là 
le double objet que s'est proposé M. M. : exposé des principes 



76 ÉTUDES 

du droit de l'Eglise, et application de ces principes aux circons- 
tances présentes. Le savant anonyme se meut avec aisance sur ce 
terrain épineux ; on sent bien que ce docteur en droit est doublé 
d'un docteur en théologie, parfaitement au courant delà doctrine 
catholique. Il nous apprend d'ailleurs quelles sont ses « sources : 
saint Augustin, saint Thomas, Suarez, Bellarmin, Scavini, Tar- 
quini, Liberatore, Cavagnis, Gousset ; l'Ancien et le Nouveau 
Testament ; les infaillibles enseignements des souverains pon- 
tifes ; les encycliques Mirari vos, Quanta Cura, Diuturnum, Im- 
mortale Dei ; le Syllabus ». 

Suivant la voie marquée par ces guides et ces autorités, M. M. 
explique d'abord avec soin les notions de « droit » et de « so- 
ciété » ; il montre ensuite en quoi la société civile et la société 
religieuse diffèrent ; quelles doivent être leurs relations, en vertu 
de leur nature, de leur fin et de la volonté de Dieu, qui est leur 
auteur commun ; ici vient se placer la question des concordats; 
puis il développe les devoirs de l'Etat envers l'Eglise, en insis- 
tant spécialement sur le caractère et l'étendue de la protection 
qu'il lui doit. Enfin, une dernière partie, la plus considérable, 
contient l'application des principes « à quelques questions d'ac- 
tualité » : ces questions concernent le placet royal et Vexequa- 
tur, l'intervention du gouvernement dans la nomination des mi- 
nistres sacrés, l'administration de la mense épiscopale pendant 
la vacance du siège, l'appel comme d'abus, les immunités ecclé- 
siastiques, les écoles, la liberté du culte extérieur, les cimetières, 
les congrégations religieuses et les œuvres pies. 

Les réponses de M. M. sur tous ces points sont irréprochables 
quant à la doctrine, et, en général, nettes, bien formulées et bien 
établies. La forme, précise et didactique dans l'exposé des prin- 
cipes, est plus vive, piquante même dans les applications. Nous 
souhaitons beaucoup de lecteurs à cet excellent livre, parmi les 
prêtres et les laïques, surtout parmi ceux qui, à un titre quel- 
conque, peuvent ou doivent prendre part aux luttes politiques et 
religieuses du jour. Ils y trouveront des règles sûres pour parler 
et agir dans les limites du respect dû aux droits de l'Eglise, les 
plus sacrés sur la terre, et que la société civile n'a jamais impu- 
nément violés. J. BRUCKER, S. J. 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE TT 

I. — De la séparation de PÉglise et de l'État, par Mgr J. Fèvre. 
Paris, Féchoz, 1892. In-12, pp. 185. 

II. — Des avantages et des inconvénients du Concordat et de 
sa suppression, par l'abbé A. Pillet. Paris, Retaux, 1892. 
In-12, pp. 43. 

La Séparation de l'Eglise et de l'Etat est assurément une des 
questions les plus vivantes d'intérêt et d'actualité. Les pontifes 
de la liberté, ou, pour mieux dire, de la libre oppression, la récla- 
ment comme le couronnement indispensable d'une émancipation 
déjà séculaire. Parmi les catholiques, il en est qui l'appellent de 
leurs vœux impatients et la préfèrent à la tutelle d'un État ennemi 
de Dieu, dont l'ambition persévérante semble être d'étouffer la 
parole du Christ et de ses ministres. D'autres la redoutent comme 
un malheur irréparable qui entraînerait à sa suite l'exil perpétuel 
de la foi catholique. C'est trop de témérité ou trop de frayeur. 
Mgr Fèvre et M. Pillet nous apprennent à marcher entre ces deux 
écueils, en suivant la direction pacifique, mais conquérante, de 
notre chef Léon XIII. 

Nous associons les deux écrivains dans une même notice biblio- 
graphique, parce que leurs conclusions sont les mêmes et révè- 
lent des cœurs également soumis aux enseignements du Pontife 
suprême. 

Les deux thèses ont d'ailleurs un caractère doctrinal assez 
particulier, et aucune ne fait double emploi. Mgr Fèvre prend sur- 
tout à tâche d'établir que la suppression du concordat serait la 
déroute d'une grande idée, idée souveraine qui, dans l'intention 
de Dieu, devrait gouverner l'esprit et le cœur de toutes les socié- 
tés, c'est-à-dire la nécessité du règne social de Jésus-Christ. 

« Ce qu'il faut,... c'est l'Église reprenant sa place dans le 
monde et conduisant l'humanité au terme glorieux de son exis- 
tence. En combattant la séparation de l'hglise et de l'État, nous 
voulons,... comme les pontifes romains, courber le monde devant 
le sceptre royal de Jésus-Christ*. » 

M. Pillet suppose cette vérité capitale sans la démontrer, puis 
il se hâte d'entrer dans des considérations d'ordre pratique, en 

i. La Séparation de l'Église et de l'État, p. 19. 



78 ÉTUDES 

prévision du fatal décret qui s'élabore dans le mystère des 
loges. 

« La suppression du budget des cultes, écrit le docte profes- 
seur, nous créerait de très grandes difficultés, surtout si elle 
avait lieu par suite d'une mesure révolutionnaire et sans dispo- 
sitions transitoires. Mais en considérant l'état actuel de la France, 
ce mal serait-il donc mortel? Il y aurait certainement des modi- 
fications à apporter, soit au budget de nos paroisses, soit à celui 
de chacun de nous. 

« Mais, ajoute l'auteur, consultons l'histoire : elle nous ap- 
prendra que jamais une Église n'est morte de faim. » Parole 
qu'on aime à rapprocher de cette autre empruntée au livre de 
Mgr Fèvre : « Quand les calices sont de bois, les prêtres sont 
d'or. » 

Nous nous bornons à ces quelques mots, à peine suffisants pour 
donner une idée de ces deux opuscules. Mais leur valeur même 
et l'importance de la question qu'ils traitent nous dissuadent 
d'insister. La question ne saurait être tranchée, même superfi- 
ciellement, dans un compte rendu, et les opuscules doivent être 
recommandés à la lecture et à l'étude, plutôt qu'analysés. 

L. CASTETS, S. J. 

Entstehung und erste Ent'wicklung der Katechismen des 
seligen Petrus Canisius aus der Gesellschaft Jesu. Ge- 
schichtlich dargelegtvon Otto Braunsberger, S. J. [Ergœn- 
zungshefte zu den « Stimmen aus Maria-Laach ». — 57.) 
Freiburg am Breisgau, Herder, 1892. In-8, pp. xii-187. 

Le bienheureux Pierre Canisius a été, dans la seconde moitié 
du seizième siècle, un des plus fermes soutiens de la foi catho- 
lique et l'un des plus redoutables adversaires de la Réforme. 
L'histoire a raconté l'action qu'il exerça par ses ouvrages, ses 
sermons et son infatigable activité. Le nom d'apôtre de l'Alle- 
magne lui a été décerné, et c'est toute justice. Mais ce qui a 
contribué le plus, peut-être, à lui mériter ce nom glorieux, c'est 
un simple petit livre. A la demande de l'empereur Ferdinand I*"", 
Pierre Canisius composa et publia son célèbre Catéchisme, 
dont les éditions latines et les traductions en toutes langues ne 
se comptent pas. 

Raconter les origines de ce livre, dire l'accueil qu'il reçut des 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 79 

catholiques et des hérétiques, retracer les modifications que 
l'auteur lui-même lui fit subir, éclaircir certains points obscurs 
de bibliographie : tel est le but que poursuit le P. Otto Brauns- 
berger. Je n'hésite pas à reconnaître qu'il l'a atteint d'une 
manière remarquable. Le savant écrivain s'est préparé de longue 
main à son œuvre. Pour avoir été quelque peu dans ses secrets, 
je sais ce qu'il lui a fallu de voyages, de recherches, de temps et 
de patience pour la mener à bonne fin. Du reste, le lecteur lui- 
même s'en rendra compte en étudiant ces cent quatre-vingts pages, 
ou en parcourant l'article Canisîusdans la Bibliothèque de la Corn" 
pagnie de Jésus ^ t. II, col. 617-688. Le P. Braunsberger y ren- 
voie souvent dans ses notes; mais sa modestie lui a interdit de 
dire ce que je me fais un honneur et un devoir de redire : c'est 
que tout ce qu'on y trouve de fautes et d'erreurs est mon fait; 
c'est que je dois à sa fraternelle amitié tout ce qu'il contient de 
bon. En efiet, avant de se mettre à écrire l'histoire du Catéchisme 
du P. Canisius, il en a dressé la bibliographie avec l'exactitude 
la plus scrupuleuse qu'il lui a été possible, et, en ce point, ils est 
révélé bibliographe consommé. 

Comme historien, le P. Braunsberger donne les preuves d'une 
érudition et d'une perspicacité non moins remarquables. On s en 
apercevra rien qu'au grand nombre d'ouvrages qu'il cite dans ses 
notes et qu'il a consultés. Il a pu, en outre, trouver de précieux 
renseignements dans la correspondance, encore inédite, da 
P. Canisius, dont il prépare la publication depuis bien des 
années. Grâce à ces lettres — pour m'arrêter à quelques faits — 
il a pu établir d'une manière définitive un point jusqu'ici resté 
obscur pour presque tous les historiens et bibliographes. On 
était habitué à assigner la date 1554 comme celle de l'édition 
princeps du Summa doctrinœ christianx, publiée sans date et 
sous l'anonyme ; la raison était la date de l'édit impérial impo- 
sant ce Catéchisme comme le seul à étudier et à expliquer dans 
tout l'empire. Deux auteurs seulement, Fessier et Wappler, se 
séparaient de l'opinion commune et tenaient pour 1555. Le 
P. Braunsberger prouve péremptoirement que c'est eux qui ont 
raison; l'édition sans date, publiée k Vienne chez Michel 
Zimmerman, que je cite dans la Bibliothèque de la Compagnie de 
Jésus, est l'édition princeps. Avis aux amateurs de raretés. 
Mon savant confrère n'établit pas avec moins d'évidence le» 



80 ÉTUDES 

djates des premières éditions du Parçus Catechismus latin et de 
sa traduction en allemand. Il montre, de plus, que le P. Canisius 
est lui-même le traducteur de son propre opuscule : fait que 
j'ignorais, mais qui est corroboré par le désir manifesté par 
l'empereur et par le dévouement sans bornes du Bienheureux 
pour ses chers Allemands, qu'il voulait tous atteindre, jusque 
dans les derniers rangs du peuple, en mettant à leur portée un 
travail aussi utile et déjà célèbre par les fruits de salut qu'il 
avait opérés dans les classes instruites de la société. Je signa- 
lerai encore la petite dissertation que le P. Braunsberger oppose 
à l'affirmation d'un auteur, trop suspect, d'une Histoire du 
concile de Trente. Fra Paolo Sarpi se fit le propagateur de la 
singulière idée que le Souverain Pontife avait été mécontent de 
la publication du Summa doctrinœ christianœ, par la raison que 
l'ouvrage parut sans approbation épiscopale. Ce racontar, que 
l'avocat du diable n'aurait pas manqué d'invoquer dans la cause 
de béatification du P. Canisius, s'il l'avait trouvé solide, tombe 
de lui-même devant le silence de toute pièce authentique ou des 
correspondances privées; mais surtout devant ce fait, que, le 
3 novembre 1554, le P. Canisius fut nommé, pour un an, admi- 
nistrateur du diocèse de Vienne, dont l'évêque venait de mourir. 
Pouvait-il décemment approuver lui-même son ouvrage ? 

Je termine en adressant toutes mes félicitations au P. Brauns- 
berger pour sa magistrale étude, vrai modèle de discussion 
historique, et en le priant de nous donner bientôt la correspon- 
dance du bienheureux apôtre de l'Allemagne ; il nous montre ce 
qu'elle sera, servie par une main aussi habile que la sienne. 

C. SOMMERVOGEL, S. J. 

L'Anglicanisme et les sectes dissidentes, par l'abbé Delisle. 
Vannes, Lafolye ; Paris, Retaux, 1893. In-12, pp. vii-274. 

Cet ouvrage est, comme le porte avec raison le sous-titre, une 
Étude sur la situation religieuse de r Angleterre à la fin du dix- 
neuvième siècle. Il se divise en deux parties. 

La première parle de l'Eglise d'Angleterre, c'est-à-dire de 
l'Eglise officielle ou établie : the established Church. Après un coup 
d'oeil rapide sur cette Eglise d'Etat, son origine et ses dévelop- 
pements, l'auteur pénètre au cœur de son sujet: tour à tour il 
nous fait connaître la hiérarchie de l'anglicanisme, son budget, le 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 81 

recrutement de son clergé, ses livres officiels : la Bible elle Prayer 
Book, sa liturgie, son symbole, ses tribunaux et enfin les divisions 
qui le déchirent. Ce n'est pas un corps fortement organisé, ce 
sont trois tronçons plus ou moins informes : la Haute Eglise 
{High Church), la Basse Eglise {Low Church), l'Eglise Large 
[Broad Church). 

La seconde partie traite des sectes dissidentes. 

\J Eglise presbytérienne d^ Ecosse [the established Church of 
Scotland), sans être reconnue comme Eglise d'Etat, bénéficie de 
certains avantages qui lui donnent une place privilégiée parmi 
les dissidents. Il y a plaisir et profit à faire, sous la conduite de 
l'auteur, un petit voyage d'exploration sur le terrain dogmatique 
et liturgique, si morcelé par les sectes qui pullulent en Angle- 
terre. Nous passons successivement en revue les Congrcgationa- 
listes, les Weslciens ou Méthodistes, les Baptistes, les Quakers^ 
les Unitaires et V Armée du salut. 

Heureux contraste! L'ouvrage se termine par un aperçu de la 
situation de l'Eglise catholique et par des notices consacrées au 
cardinal Newmann, au cardinal Manning, enfin à Mgr Vaughan, 
qui vient lui-même de recevoir les honneurs de la pourpre. 

Ce sommaire montre assez l'utilité du livre. Plus que jamais 
on s'intéresse en France aux incidents de la crise religieuse qui 
tourmente l'Angleterre. L'auteur était bien placé pour nous ren- 
seigner. 11 a séjourné dans le pays, il a vu et observé par lui- 
même, il a interrogé des juges compétents, notamment le Révé- 
rend W.-W. Drew, maître es arts, prêtre de l'archidiocèse de 
Westminster, auquel l'ouvrage est dédié ; il a recueilli des docu- 
ments. Mais on aurait aimé à voir M. Dclisle moins sobre dans 
l'indication des sources. 

Une grande leçon se dégage de cette étude. Le libre examen 
porte ses derniers fruits, fruits de mort. Rien n'est instructif 
comme l'interminable liste (encore incomplète) des sectes infé- 
rieures qui minent l'édifice protestant : elle remplit trois pages à 
deux colonnes (p. 217-220). Cet émiettement doctrinal est un 
symptôme évident d'erreur et un signe certain de dissolution. 

La division s'est glissée, nous l'avons constaté, au sein même 
de l'Eglise établie. Nombre de ses partisans ne la regardent plus 
qu'avec une froide indifférence. Nous en eûmes une preuve frap- 
pante, à Canterbury, au milieu de l'année 1888. Les évêques an- 



82 ÉTUDES 

glicans de l'Angleterre et des colonies avaient tenu à Londres 
une manière de concile général de langue anglaise. Ils voulurent 
le couronner par un pèlerinage collectif à la cathédrale de Can- 
terbury. Plus de cent d'entre eux, guidés par Sa Grâce l'arche- 
vêque primat, vinrent visiter le tombeau de saint Thomas Becket. 
Le croirait-on ? Dans cette ville, pourtant la métropole du pro- 
testantisme, il ne se trouva point assez de chrétiens, je ne dis pas 
fervents, mais simplement curieux, pour remplir la nef de la cathé- 
drale. En France, la présence de quelques évêques suffit pour 
attirer un immense concours de fidèles. Le froid de la mort semble 
gagner le cœur même du protestantisme. 

Aussi l'Église établie continue à être désertée. Les Ritualistes 
ont beau revenir aux cérémonies catholiques pour arrêter ce 
mouvement de séparation, le mouvement s'accentue. Il se bifurque 
en deux courants principaux : l'un, par une pente logique, con- 
duit ceux qui ont perdu la foi « en Christ » au rationalisme et au 
scepticisme, fatal aboutissement du libre examen ; l'autre ramène 
les convertis à la source de la vérité, à l'Eglise romaine. 

Le livre de M. Delisle ne peut que contribuer à ce retour désiré, 
car les catholiques qui l'auront lu redoubleront de prières pour 
que Dieu hâte l'heureux jour d'une conversion plénière. 

G. SORTAIS, S. J. 

Sacerdos rite intitructus piis exercitationibus menstrues recol- 
lectionis, par A. Petit. Séries tertia.Typis Societatis S. Au- 
gustini, 1892. In-16, pp. ii-372. 

Après avoir prêché les retraites du mois aux prêtres de France 
et de Belgique, le R. P. Petit a voulu leur donner des canevas et 
comme des modèles de ces pieux exercices. Six mille exemplaires 
rapidement enlevés lui ont prouvé combien sa parole avait été 
écoutée et son œuvre bénie de Dieu. La troisième série, qui vient 
de paraître, n'est pas indigne des deux premières. Elle comprend 
un ensemble de vingt-cinq retraites ; chaque retraite se compose 
de trois exercices : méditation d'un mystère, considération d'une 
vertu, examen d'un défaut. On y retrouve avec cette piété douce et 
forte, tout entière fondée sur l'Écriture, cette profonde connais- 
sance de la vie sacerdotale qui a fait le grand succès de la parole 
et des œuvres du R. P. Petit. T. R., S. J. 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 83 

Pratique des vertus. Méthode pour travailler à la perfec- 
tion^ au moyen d'an exercice de vertu chaque jour^ par 
le P. Bouchage, de la Congrégation du Très- Saint-Rédemp- 
teur. Paris, René Haton ; Lyon, Delhomme et Briguet, 1893. 
3 vol. in-8, pp. x-483, 521 et 573. 

La Pratique des vertus chrétiennes et religieuses a fourni au 
R. P. Bouchage la matière d'un ouvrage neuf et utile. Pour aider 
les prêtres et les religieux dans la grande œuvre de leur sanctifi- 
cation, le docte et pieux auteur résume les enseignements de la 
théologie morale et ascétique sur les douze vertus que saint Al- 
phonse de Liguori regarde comme les pierres fondamentales de 
la perfection chrétienne ; et réduisant en méthode l'acquisition 
de ces vertus, il assigne un mois entier à l'exercice de chacune 
d'elles. Cet exercice se fait par une lecture méditée indiquant 
en tète du chapitre le fruit spirituel dont il est nécessaire « de 
prévoir et résoudre l'application à ceux des devoirs de la jour- 
née que Ton accomplit d'ordinaire le moins parfaitement ». Le 
couronnement de la méthode est l'examen particulier adapté à la 
résolution prise pendant la méditation. 

Le R. P. Bouchage fait observer que son livre est écrit beau- 
coup plus au point de vue pratique qu'au point de vue doctrinal. 
Et enefiet, il étudie non pas seulement la nature et les qualités, 
mais aussi les obstacles, les avantages, les modèles, les actes de 
chaque vertu. Cette étude révèle partout le disciple fidèle de 
saint Alphonse, ce maître si instruit des voies spirituelles. Nous 
recommandons vivement l'ouvrage du R. P. Bouchage aux per- 
sonnes consacrées à Dieu. Elles y trouveront les plus sages con- 
seils sur l'observation des vœux qui constituent leur état et des 
règles qui lui servent de rempart extérieur. J. P., S. J. 

I. — Lectures pour tous les jours du CarêmCy par l'abbé 
A. Blanc, missionnaire apostolique. Avignon, Aubanel, 

1892. In-18, pp. 402. 

II. — Mois du Sacré-Cœur, à l 'usage des âmes pieuses^ des 
communautés et des paroisses^ par l'abbé A. Bounes, su- 
périeur de l'Institution Saint-Michel, à Gaillac. Paris, Téqui, 

1893. In-18, pp. 300. Prix : 1 fr. 50. 



84 ÉTUDES 

III. — Petit Catéchisme de la vie de N.-S. Jésus-Çhrist, par 
l'abbé LéonVERDON. Paris, Dumoulin, 1893. In-12, pp. 72. 

I. — Les Lectures pour tous les jours du carême nous mettent 
en garde contre les défauts à combattre, expliquent les vérités 
essentielles qui mènent à la sanctification, rappellent les devoirs 
à remplir au temps pascal, et signalent les sources de grâces où 
puise tout chrétien de bonne volonté pour se rapprocher de 
Dieu. 

Elles sont variées, instructives, pleines d'onction. * 

IL — Quelle a été l'origine? quels sont le but et l'objet de la 
dévotion au Sacré Cœur de Jésus? Ces points étant fixés, 
M. l'abbé Bounes prend pour sujet de méditations la vie du 
divin Sauveur, et nous fait contempler ses célestes vertus, en 
particulier son amour infini pour les hommes. Chaque médita- 
tion, courte, pieuse, est suivie d'un trait historique ou légen- 
daire, et se termine par une prière. 

III. — Une large part doit être faite dans les catéchismes à 
la vie de Notre Seigneur Jésus-Christ. Tous les détails de 
l'existence terrestre du Rédempteur du monde sont présentés, 
dans ce Petit Catéchisme, au vrai jour de l'histoire évangélique, 
avec une précision qui charmera les enfants et les personnes de 
tout âge. Deux chapitres supplémentaires sont consacrés aux 
instruments de la passion, à Jérusalem et aux croisades. Les 
illustrations sont empruntées aux grands maîtres de la peinture. 

ALEX. GOURAT. 

Pour les jeunes gens. Entretiens et discours^ par le P. Jean 
Vaudon, missionnaire du Sacré-Cœur. Paris, V. Retaux, 
1893. In-lS Jésus, pp. vii-349. Prix : 3 fr. 50. 

Parmi les lettres de félicitation et d'approbation qui figurent 
en tête de cet aimable volume, il en est une des plus autorisées, 
où se lit cet éloge adressé au P. Jean Vaudon : « A un auditoire 
de cathédrale vous préférez, je le sais, un auditoire de jeunes 
gens. » (P. I.) De fait, en ouvrant le livre des Entretiens et 
discours^ on s'aperçoit vite que l'orateur aime les jeunes audi- 
toires ; et, parce qu'il les aime, il sait parler le langage qui 
leur convient : ce qui n'est point d'un petit mérite. 

Aucun traité de rhétorique n'a tracé les règles spéciales à 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 85 

cette éloquence; cette éloquence ne s'enseigne pas, elle se devine, 
elle s'invente, ou plutôt l'expérience montre qu'il y faut néces- 
sairement solidité, simplicité, variété, sobriété ; puis, qu'il est 
bon de jeter çà et là, par-dessus le tout, quelques poignées de 
fleurs. Les Entretiens du P. Vaudon ne contredisent point à ces 
données de l'expérience. C'est du catéchisme soigné, pratique, 
émaillé de mots heureux, de textes choisis, d'envolées rapides; 
pour emprunter au P. Vaudon une de ses expressions, ce sont 
des homélies entremêlées d'élévations « à mi-côte ». Comme le 
lui écrit Mgr l'évêque d'Orléans, il a dû lui « en coûter un peu 
de ne pas traduire en vers des enseignements tout embaumés 
de poésie ». (P. m.) 

Depuis quelques années, on a publié un bon nombre de 
discours faits pour des jeunes gens : étudiants, comme ceux à qui 
s'adressait le P. Olivaint ; écoliers, comme ceux devant lesquels 
Mgr Baunard développait, sur un plan vaste et fécond, et avec le 
talent que l'on sait, des sujets de collège. Le P. Vaudon ne 
suit pas un plan méthodique; toutefois, sous cette rubrique : Pour 
les jeunes gens ^ il est évident qu'il a groupé les sujets les plus 
utiles au jeune âge. Dans ses Entretiens, la très sainte Vierge 
occupe une grande place, et il y a toute une homélie sur Marie 
et les enfants; il y en a sur Jésus à douze ans et sur les Saints 
Anges, protecteurs et modèles de l'enfance. Viennent ensuite les 
vertus particulières à l'enfance : Silence, Prière, Travail,... et 
quelques-uns de ces sujets avec lesquels on est toujours sûr de 
captiver, d'émouvoir, souvent d'enthousiasmer, des âmes jeunes 
et pures : la Prière pour l'Église et pour la France, la France 
fille aînée de Marie... En tout, dans ce volume qui en fait 
présager d'autres, vingt-sept discours, dignes de la jeunesse 
chrétienne, studieuse et pieuse. Ce ne sont point ce qu'on appelle 
des morceaux d'éloquence : titre qui fait songer h l'apprêt et qui 
fait craindre l'ennui, deux écucils mortels, quand il s'agit d'un 
auditoire de douze à vingt ans. 

Le P. Jean Vaudon se garde de ces deux écueils ; ses entretiens 
sont, comme il sied en pareilles circonstances, intéressants et 
courts : c'est dire qu'ils auront du succès et feront du bien ; 
nous l'espérons et le souhaitons vivement, 

Y. DELAPORTE, S. J. 



86 ÉTUDES 



PHILOSOPHIE 

SCIENCES ET ARTS 

La Théodicée dans saint Thomas d'Aquin, par A. Dabd, 
professeur de philosophie. Paris, Bloud et Barrai, 1892. 
2 vol. in- 12, pp. 247 et 232. 

Dans sa préface, l'auteur nous avertit qu'il n'a pas voulu ajouter 
un nouvel ouvrage à la liste déjà si longue des manuels de théo- 
dicée. Il aurait craint d'être aride et monotone. Il n'a pas eu 
davantage le dessein de suivre Billuart ou Cajétan dans leurs 
vastes commentaires. Peut-être, en marchant sur leurs traces, ne 
se fût-il pas suffisamment affranchi des considérations trop abs- 
traites. Avant tout, il a voulu être utile au grand nombre et con- 
tribuer, par une vulgarisation qui n'eût rien de superficiel ni de 
banal, à rendre la connaissance de Dieu plus accessible et plus 
complète, en nous offrant, dans un style élégant, les pages im- 
mortelles que l'Ange de l'École a écrites sur ce magnifique sujet. 

Le but a été pleinement atteint. Il n'est pas un chapitre qui ne 
révèle dans l'auteur une étude sérieuse des œuvres de saint 
Thomas. M. Dard a vécu dans un commerce intime avec le grand 
Docteur; il s'est pénétré de ses enseignements, il a façonné sa 
pensée sur la sienne. 

Après avoir étudié l'existence de Dieu, il nous initie aux secrets 
de sa nature infinie, puis il nous en montre les attributs et nous 
permet d'en saisir les merveilleuses opérations. On peut citer 
comme plus remarquables les chapitres où il est question de la 
Bonté de Dieu, de la Science de vision, des Noms divins, de la 
Vie divine et de la Providence. 

La méthode est des plus didactiques. Les énoncés des thèses 
ont été multipliés, et les divers paragraphes sont précédés d'une 
proposition qui les résume. Certes, ce n'est pas le lecteur français 
qui se plaindra de ce procédé. D'autant qu'ici la rigueur de la 
méthode n'amène avec elle ni sécheresse ni monotonie. Les con- 
cepts les plus élevés, les idées les plus abstraites, les arguments 
les plus subtils sont exprimés d'une façon claire; et en même 
temps que de brillantes images servent de parure à la pensée, 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 87 

souvent d'ingénieuses comparaisons et de poétiques amplifications 
achèvent de mettre le raisonnement en pleine lumière. 

Cet ouvrage sera donc accueilli avec faveur. On pourrait lui 
prédire à coup sûr un succès complet, si une seconde édition 
faisait disparaître quelques légers défauts. Certaines définitions 
ou propositions demanderaient à être formulées avec plus de 
clarté. Par exemple, comment saisir facilement cette définition 
de la nature : « un principe abstrait, spéculatif en repos, qui se 
réalisera dans la pratique et l'activité par l'existence »? (I, p. 31) 
et cette autre de l'espèce : « L'espèce signifie la perfection venue 
d'entités se concédant une perfection mutuelle »? (I, p. 32.) Plus 
loin, n'y a-t-il pas obscurité et manque d'exactitude dans cette 
affirmation : « Tout être est bon, parce que tout être a sa raison 
suffisante en vertu de son actualité personnelle »? (I, p. 65. ) — 
Dans le chapitre des Noms divins^ quel lien immédiat unit ces 
deux propositions : « L'univocité n'est donc pas possible ( en 
Dieu); d'ailleurs l'équivoque répugne »? Enfin, dire que Dieu, 
« l'être absolument nécessaire, se trouve exposé devant une con- 
tingence, n'éprouvant aucune imperfection » (II, p. 139), est-ce 
énoncer en termes bien intelligibles cette vérité, que la création 
de l'univers n'a porté nulle atteinte à l'immutabilité et à la liberté 
de Dieu? 

Encore une petite réserve. Le style, presque toujours ferme et 
élégant, manque cependant parfois d'harmonie et de pureté. On 
le trouverait même ici ou là en désaccord avec la grammaire, et 
peut-être avec l'orthographe. Enfin la ponctuation, trop défec- 
tueuse, arrête souvent le lecteur. Dégagée de ces imperfections, 
l'œuvre ralliera tous les sufirages. p. HALLEWYN, S. J. 

L'Origine de l'idée de droit, par Gaston Richard, ancien 
élève de l'École normale supérieure, professeur agrégé de 
philosophie, docteur es lettres. Paris, Thorin, 1892. In-8, 
pp. 263. 

D'un positiviste ou d un évohitionniste en morale que pouvait- 
on attendre sur un pareil sujet, sinon les raisonnements les plus 
étranges et les conclusions les plus éloignées de la vérité ? II 
faut rendre cette justice à M. G. Richard qu'il a entassé dans son 
livre à peu près toutes les faussetés qu'on peut imaginer en sem- 



88 ÉTUDES 

blable matière, et que, courageux à l'excès, il ne recule même pas 
devant l'absurde. On voit bien qu'il n'a guère pratiqué la scolas- 
tique, « cette harpie qui souille de son ordure la coupe d'or de 
l'étude méthodique (!) » (p. 188); quelques jours seulement à son 
école lui auraient appris un art auquel il semble trop étranger : 
celui de bien raisonner. 

A en croire M. G. Richard, l'idée de droit « est une des plus 
complexes que puisse embrasser l'intelligence humaine. Loin 
d'être une idée simple comme l'idée de la liberté humaine, ou de 
l'inviolabilité de la personne, ou de la limitation réciproque des 
libertés, l'idée de droit est une association d'idées associées (!) » 
(p. 150). Voilà qui est nouveau assurément; nous avions tou- 
jours pensé, pour notre part, que l'idée de droit, comme toute 
idée première et fondamentale, était nécessairement simple, 
aussi peu complexe que possible, et nous ne voyons pas bien 
comment l'idée de la limitation réciproque des libertés, par 
exemple, l'emporte en simplicité sur l'idée de droit. M. G. Ri- 
chard brouille à plaisir l'écheveau pour avoir le mérite de le dé- 
mêler; mais il joue de malheur. Ce sont les idées de litige et d'ar- 
bitrage qui, selon lui, nous donnent le premier élément défini de 
l'idée de droit (p. 5), « l'élément le plus lointain, le plus effacé » 
(p. 151). C'est le premier anneau de la chaîne; le dernier, c'est 
l'idée de l'obligation contractuelle, « l'élément le plus récent, 
le plus intelligible de l'idée de droit » (p. 150) ; les anneaux inter- 
médiaires sont les idées de garantie et de délit. Ainsi élaborée 
dans ces longues évolutions, dégagée des rapports multiples qui 
unissent l'idée de garantie h l'idée d'arbitrage, l'idée de délita 
l'idée de garantie, l'idée de dette ou d'obligation à l'idée de délit 
ou à l'idée de garantie, apparaît enfin dans sa merveilleuse com- 
plexité l'idée de droit. 

Que M. G. Richard se fût donné cette peine en sens inverse, 
c'est-à-dire en remontant de l'embouchure à la source, de l'effet 
à la cause, nous aurions compris son dessein; mais qu'il ait trans- 
posé les termes, pris la cause pour l'effet et cherché l'origine de 
l'idée de droit dans des concepts évidemment postérieurs à cette 
idée, c'est ce qu'une saine philosophie ne saurait lui pardonner. 
Qu'est-ce en effet qu'un litige, sinon un conflit de droits réels ou 
supposés, et l'arbitre, loin de créer le droit, ne le suppose-t-il 
pas ? Si je réclame un arbitrage, c'est que j'ai le droit de le faire; 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 89 

si la société m'y contraint, c'est qu'elle a le droit de me l'impo- 
ser. L'idée de garantie, loin d'être antérieure à l'idée de droit, la 
suppose nécessairement : on se donne des garanties quand des 
droits sont en jeu, et la principale fin de l'Etat est de garantir 
les droits des citoyens. La chose est encore plus claire s'il s'agit 
de l'idée de délit, et il faut absolument renoncer à toute logique 
pour dire avec M. G. Richard : m La notion du délit est antécé- 
dente, la notion du droit conséquente. » (P. 55.) Le délit, n'étant 
qu'une infraction à la loi, suppose le droit, puisque la loi elle- 
même le suppose. Le vol est un délit parce que c'est une viola- 
tion du droit de propriété. D'après M. G. Richard, « ce que l'on 
condamne dans le pillage, le vol et le maraudage, ce n'est pas 
l'attentat au droit théorique de la propriété, c'est l'introduction 
de la violence ou de la fraude dans la vie sociale. Condamner cette 
violence, c'est garantir la possession et fonder la propriété. » 
(P. 54.) Étrange manière de raisonner! 

Quant à l'idée de dette, nous ne dirons pas avec M. G. Richard 
qu'elle est « l'anneau par lequel notre esprit appréhende l'idée de 
droit » (p. 152); nous dirons plutôt qu'à certains égards elle se 
confond avec cette idée; car notre droit, c'est ce qui nous est 
dû. Mais en rigueur, même sous cet aspect, l'idée de droit a 
l'avantage de la priorité; car notre dette suppose le droit d'au- 
trui, et la dette d'autrui suppose notre droit. 

A travers cette philosophie pitoyable, le sectaire laisse voir çà 
et iii le bout de l'oreille. M. G. Richard n'aime pas l'Eglise, ses 
doctrines, son histoire, et sous les dehors d'un libéralisme affecté 
il semble cacher une haineuse intolérance. Louerons-nous au 
moins le style? Pas davantage; il y faudrait plus de variété et de 
souplesse, parfois même plus de clarté. A ce compte, il est per- 
mis de conclure que si M. G. Richard avait gardé ses idées pour 
lui, le public n'aurait pas perdu grand'chose. 

A. CADET, S. J. 

Les Éléments du Beau. Analyse et synthèse des faits esthé- 
tiques^ d'après les documents du langage^ par Maurice 
Griveau; ouvrage accompagné de 60 tableaux ou schémas 
originaux, et précédé d'une lettre de M. Sully-Prudhomme. 
Paris, Alcan, 1892. In-12, pp. xx-582. 

Pour une étude d'esthétique, ce livre a un visage un peu 

Bibliographie, IV. — 7 



90 ÉTUDES 

rébarbatif: sillonné de mots abstraits, marqué çà et là de for- 
mules mathématiques et de figures de géométrie, hérissé par 
endroits de définitions par trop en broussailles. 

Cet appareil scientifique plaît à M. Griveau ; il sait que la 
science est à la racine de la poésie, et il s'est appliqué h déter- 
. miner par une méthode rigoureuse, la méthode inductive, les 
éléments du Beau ou de V Idéal. Il les cherche dans le langage. 
Notre sentiment intérieur en esthétique, dépréciateur ou favo- 
rable, se traduit surtout par des épithètes. Ces épithètes sont des 
réflexes intelligents et spontanés qui répondent h l'excitation, 
au moins à la suggestion des phénomènes (p. 7). Les étudier, 
c'est étudier le stimulus extérieur. Mais le mot, étant un signe, un 
symbole, offre deux catégories de caractères : ceux de l'objet 
qu'il représente, c'est la qualité, la notion; les siens propres, la 
manière dont il représente la chose, c'est la quantité ou le 
degré de représentation, l'impression. On peut ainsi dresser des 
tableaux où les qualificatifs sont ordonnés suivant deux direc- 
tions croisées : verticalement^ d'après la qualité ; horizontalement^ 
d'après la quantité (p. 10). 

L'ordonnance verticale met en évidence les lois de filiation ou 
de continuité entre les termes, par suite entre les attributs. Ces 
lois sont au nombre de trois ; la loi de communauté terminolo- 
gique ou de persistance : le même adjectif se retrouve souvent 
caractérisant ici une sensation, là une perception ou une idée, 
plus loin un sentiment; la loi de substitution : le terme modal, le 
terme final et le terme causal, avec toutes leurs variétés, se 
prennent l'un pour l'autre; enfin la loi d' échange entre les termes 
de constatation et les termes d' appréciation (p. 17-65). 

L'ordonnance horizontale fait ressortir la mesure des qualités 
et la répartition du bon et du mauvais. Quatre lois principales 
apparaissent; la loi de péjoratisme des extrêmes : les excès ont 
un sens défavorable; la loi d'' indifférence des moyens : le milieu 
absolu a un maximum d'insignifiance ; la loi d' opposition des inter- 
médiaires : les qualificatifs placés à gauche de la zone médiane 
forment le domaine du joli, ceux de droite, la région du beau ; 
la loi d^ extension du caractère d' esthétique aux extrêmes : le sens 
favorable dû au voisinage du centre s'étend parfois aux extrêmes, 
comme dans les notions de sublime et de pathétique ( p. 65- 
138 ). 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 91 

On voit assez le procédé de l'auteur. Il aboutit à fixer la 
place du beau dan» la région intermédiaire située entre 
les extrêmes, avec un léger excès de qualités positives sur 
la neutralité absolue. En tout ceci, il y a de l'ingénieux, et 
M. Griveau fait preuve d'un esprit observateur, souple et fiij. 
Mais dans le développement de sa méthode, tout n'est pas égale- 
ment original ni peut-être également solide. Les lois de persis- 
tance et de substitution se trouvent formulées dans tous les cours 
de littérature sous le nom de trope, de métonymie et de synec- 
doque; et le nihil est in intellectu quod non prius fuerit in sensu 
avec la théorie de l'analogie en est une explication philoso- 
phique d'une antiquité déjà vénérable. 

La loi de V indifférence des moyens donne lieu à de plus sé- 
rieuses difficultés. La position du milieu absolu dépend évidem- 
ment du mode de dresser la série des qualificatifs. L'auteur a 
omis, par raison de brièveté, d'en donner des listes complètes : 
mais n'est-ce pas là laisser de côté le point capital de la théorie? 
Au moins quelques paradigmes n'auraient pas été de trop. Afin de 
prouver que ce milieu absolu est péjoratif, on prend le mot 
tiède. Mais de quelle série thermométrique tiède occupe-t-il le 
milieu ? Est-ce de la série à laquelle l'auteur donne comme 
extrêmes brûlant ei glacial y trop chaud et trop froid? A la ligne 
médiane de cette série semble plutôt convenir le terme tempéré, 
qui représente précisément la chaleur, le climat le plus favorable 
à l'homme. Tiède est-il le milieu de l'échelle des températures 
absolues? Certaines données inclinent à placer l'origine infé- 
rieure de cette échelle à un point qui correspondrait h 273' au- 
dessous de notre zéro ; mais rien ne permet de lui fixer un maxi- 
mum absolu. En tout cas, le milieu, s'il en existe, serait à quel- 
ques centaines de degrés au-dessus de ce que nous appelons 
température tiède. Le mot tiède, originairement, ne désigne que 
le degré de température d'une boisson qui n'est ni assez chaude 
ni assez froide pour le goût de l'homme : il n'indique pas un 
milieu. Le défaut de l'argumentation, c'est d'appliquer à toutes 
les séries de qualificatifs ce qui est vrai au plus d'une série dres- 
sée pour un but particulier. Quant au maximum d'insignifiance, 
il se rencontre là où les qualités opposées se neutralisent et se 
détruisent, non là où les excès se corrigent et se tempèrent, où 
les qualités en sens divers s'harmonisent en s'additionnant; et 



k 



92 ÉTUDES 

l'expression juste milieu ne mérite pas les reproches que lui 
adresse l'auteur. 

M. Griveau applique toute sa théorie esthétique à rarchitecture. 
Mais, dans un monument, le centre de construction est loin d'être 
une partie insignifiante; c'est bien plutôt un point de conver- 
gence, et on s'étudie aie mettre en saillie. On ne peut dire que 
c'est dans le but de le relever : il y aurait faute contre l'art à sou- 
ligner ce que la nature tend constamment à effacer. Nous recon- 
naissons d'ailleurs que la partie architectonique nous semble la 
mieux traitée. La philosophie de l'architecture, en particulier des 
cathédrales catholiques, a été souvent profondément comprise et 
finement exposée. 

M. Sully-Prudhomme a mis au livre une /e«/-e-^re/actj. Comme 
poète, il se joue très prestement autour du sujet ; mais comme 
philo&ophe, il exprime quelques théories que M. Maurice Gri- 
veau aurait peu de profit à endosser. Il y a unité fondamentale, 
dit-il, entre le subjectif et V objectif ; le beau devient^ il w'est pas, 
et vérifie ainsi la notion du perpétuel devenir; les êtres infé- 
rieurs ne sont pas faits pour les êtres supérieurs, « comme le 
voudraient les partisans trop zélés des causes finales » ; ils s'har- 
monisent seulement avec eux (p. vm-x). Tout cela est avancé 
bien à la légère. 

L'ouvrage se termine par quarante pages de notes complémen- 
taires, supplémentaires, correctives. Cevolumineuxappendice jette 
un certain froid sur le lecteur qui se demande si l'auteur, après une 
nouvelle revision de son étude, n'y ajouterait pas quarante autres 
pages d'amendements. Il faut donc se borner à voir là les élé- 
ments d'un livre quigagnerait à plus de rigueur dans la démons- 
tration, h plus de suite dans le développement, à plus de simpli- 
cité dans l'expression. L. ROURE, S. J. 

La Planète Mars et ses conditions d'habitabilité, par Camille 
Flammarion. Paris, Gauthier-Villars, 1892. Gr. in-8, pp. x- 
608. Prix : 12 francs. 

Depuis dix ou quinze ans, des découvertes extrêmement re- 
marquables sont venues compléter nos connaissances sur le 
monde de la planète Mars; l'avenir nous réserve encore la sans 
doute plus d'une surprise, mais l'ensemble des résultats vrai- 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 93 

ment acquis est assez considérable pour qu'il ne soit pas préma- 
turé de chercher à coordonner ensemble toutes les observations, 
tous les travaux auxquels l'étude de ce monde voisin du nôtre a 
donné lieu depuis plus de deux siècles et demi. C'est là ce que 
M. Flammarion s'est proposé de faire ; sans doute la pensée des 
habitants de la planète le préoccupe bien un peu, là comme ail- 
leurs, mais en somme il n'en est pas trop question ; aussi cette mo- 
nographie a-t-elle réellement un véritable intérêt au point de 
vue scientifique. 

Le plan adopté par l'auteur est excellent. Dans une première 
partie, de beaucoup la plus longue, il fait la revision, par ordre 
chronologique, de toutes les observations relatives à l'étude phy- 
sique de Mars; et pour que le lecteur puisse lui-même être juge 
des conclusions qu'il s^agit d'en tirer, les croquis des astronomes 
sont reproduits fidèlement d'après les originaux; 571 dessins ou 
vues télescopiques passent ainsi sous les yeux du lecteur. Inutile 
de faire remarquer la perfection avec laquelle ces reproductions 
sont exécutées, le nom de l'éditeur en est un trop sûr garant. La 
seconde partie expose ensuite l'ensemble des conséquences à 
déduire de ces observations. 

Faisons maintenant connaître un peu le contenu de l'ouvrage, 
en analysant rapidement la première partie. 

Elle se subdivise en trois périodes. La première, 1636-1830, est 
l'époque des ébauches; les principaux résultats qu'elle fournit 
sont plutôt relatifs aux conditions et propriétés mécaniques de 
la planète, durée de sa rotation, masse, volume, distance au 
soleil, etc. On voit bien déjà des taches sur le globe, mais elles 
sont indécises, paraissent changeantes, on les prend pour des 
nuages mobiles. On reconnaît cependant l'existence de taches 
blanches aux deux pôles, taches qui diminuent quand le soleil les 
frappe, et augmentent quand elles sont soustraites à son action; 
tout porte donc à y voir des neiges ou glaces polaires. Un autre 
point acquis est l'existence d'une atmosphère. 

La seconde période, 1830 - 1877, s'ouvre par la confection de 
la première carte do la surface de Mars par Béer et Ma»dler, 
de 18.30 à 1841. On constate la fixité de certaines taches, du 
moins dans leurs grandes lignes ; les unes, à teinte sombre, sont 
assimilées à des mers, lacs, etc.; les autres, plus claires, seraient 
les continents. Bientôt viennent de nouvelles cartes, plus com- 



94 ÉTUDES 

plètes, plus précises ; en même temps, l'atmosphère de Mars est 
étudiée; l'analyse spectrale y prouve avec certitude la présence 
de la vapeur d'eau. 

Enfin nous entrons dans la troisième période, 1877-1892, 
avec deux découvertes de|premier ordre, celle des deux satellites 
de Mars, par M. Asaph Hall, d'une part, de l'autre, celle des 
canaux par M. Schiaparelli. Ces canaux ont la forme de longues 
lignes droites, obscures, établissant, à travers les surfaces claires 
(continents), des communications entre les mers et les lacs, un 
peu comme les longues percées rectilignes d'une forêt font com- 
muniquer les ronds-points entre eux et avec la plaine environ- 
nante. On fut assez intrigué par cette découverte pour attri- 
buer l'apparence observée à une illusion d'optique. Ce fut bien 
pis encore lorsqu'en 1882 M. Schiaparelli annonça qu'il avait 
vu, à certaines époques de l'année martienne, ces canaux se gé mi- 
ner ; un canal qui la veille paraissait simple, le lendemain se 
montrait accompagné d'un canal parallèle, et ce dédoublement 
s'étendait parfois à une portion considérable de la surface de 
Mars. Il pourrait bien se faire, cette fois, que l'on fût là en pré- 
sence d'un simple effet de lumière dû à l'atmosphère de Mars, 
et tout récemment ^, M. Stanislas Meunier a indiqué une expé- 
rience reproduisant, d'une façon saisissante, le dédoublement des 
canaux. 

La perfection croissante des instruments permettait ainsi 
d'arriver à une exactitude de plus en plus grande dans les cartes 
martiennes, comme en témoigne notamment la belle mappemonde 
de la page 440; espérons que l'avenir n'y apportera pas trop de 
changements. 

A la fin de chaque période, M. Flammarion résume briève- 
ment le résultat qu'elle a fourni. Quelques-uns de ces énoncés 
se ressentent malheureusement de certaines idées fort discutables 
de l'auteur sur la vie universelle et la pluralité des mondes habi- 
tés. Ainsi, p. 488, on lit : « Des variations incessantes sont obser- 
vées dans les mers, lacs et canaux, comme étendue, comme 
couleur et même comme position pour ces derniers. La planète 
Mars est un monde vivant. » Oui, comme le vif-argent ou les 

1, Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. CXV, 31 octobre et 
21 novembre 1892. 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 95 

eaux vives; mais pourquoi se départir ainsi de la rigueur du lan- 
gage scientifique? Tout mouvement n'est pas vie. 

Et puis, sur quoi repose cette affirmation (p. 591) : « L'habita- 
tion actuelle de Mars par une race supérieure à la nôtre est très 
probable. » 

Je sais bien que M. Flammarion ne conçoit point des astres 
qui ne seraient « qu'un chaos de blocs de pierre et d'argile tour- 
nant dans tous les sens à travers l'espace sans fin ' » : c'est là 
son idée *, mais rien ne l'autorise à qualifier de (c très probable » 
cette opinion très gratuite, surtout dans un ouvrage sérieux. 

Mais assez de critiques, il ne s'agit là que de quelques très rares 
paragraphes dont la présence, je le répète, n'empêche point cet 
ouvrage d'être véritablement un fort beau travail au point de 
vue scientifique. J. DE JOANNIS, S. J. 

Décomposition en facteurs des quantités algébriques, à 
l'usage de V enseignement moyen, par Alfred Urbain. 
Tournai, Decallonne-Liagre, 1892. ln-8,pp. 74. 

C'est, à proprement parler, un chapitre d'algèbre élémentaire, 
que M. Urbain a voulu publier à part, vu l'importance du sujet 
dont il s'agit ici. 

Après des définitions viennent deux chapitres comprenant les 
résultats généraux de la multiplication, puis de la division, au 
point de vue spécial de la décomposition des expressions algé- 
briques en facteurs rationnels ; cette opération fait l'objet du troi- 
sième chapitre; l'auteur y donne en particulier ce qui regarde 
la décomposition du trinôme du second degré en facteurs. Un 
quatrième et dernier chapitre contient une série d'environ 
600 exercices proposés. 

Ce petit opuscule est de nature à rendre service aux profes- 
seurs d'algèbre élémentaire, et pourra les aider à inculquer aux 
élèves une partie bien importante du calcul algébrique. 

J. DE JOANNIS, S. J. 

1. Les Terres du ciel, par Camille Flammarion, 5*éditioD, 1881. Introduc- 
tion, p. XI. 

2. On peut voir la réponse à faire à cette opinion dans le numéro de juil- 
let 1892 àfts Études : les Astres, la liaison, la Foi, par le P. A. Uaté, p. 375 
et suiv. 



96 ETUDES 

Études de guerre, ayant pour base la guerre franco-aile' 
mande de 1870-1871^ par le général de Verdy du Vernois. 
Traduit de l'allemand par le capitaine H. Monet. Première 
partie. Paris, Westhausser, 1892. In-8, pp. 461 ( en 3 fasc): 

L'Allemagne est VAlma Mater des écrivains militaires. Ces 
par monceaux qu'on compte les volumes, les brochures, les arti- 
cles de revues spéciales, parus depuis 1870, sans compter les 
« broutas » antérieurs, La tactique, en particulier, excite la verve 
allemande, et le moindre « hauptmeister» a toujours un peu de 
tactique au bout de sa plume, ne pouvant, à son grand dépit, faire 
jaillir sa science d'école et de cabinet de la pointe de son épée. 

Nous ne voudrions pas jurer que cet esprit déplorable d'imita- 
tion des Deutschen Sachen^c^mn sévi pendant trop longtemps chez 
nous à la suite de nos désastres, n'ait pas entraîné quelques-uns 
de nos officiers dans ces dissertations aussi spécieuses que sté- 
riles, et peut-être même notre haut enseignement militaire en 
a-t-il éprouvé quelque malaise. Mais heureusement le courant a 
été endigué par cette indifférence sceptique que, sans parti pris 
d'ailleurs, nous opposons aux raisonneurs en chambre. Le corps 
d'officiers, en France, à défaut de cette science replète et indi- 
geste qui se mêle dans un crâne allemand aux lourdes fumées de 
la bière, est doué d'un certain bon sens pratique qui est à son 
esprit le tonique que le café donne h ses nerfs. Il ne faut pas 
trop s'en plaindre : s'il est bon, s'il est nécessaire de profiter des 
loisirs de la paix pour tirer des événements passés les enseigne- 
ments de la guerre de demain, il y a une préparation plus essen- 
tielle, garantie formelle de la victoire ou du moins de l'honneur 
des armes, c'est de maintenir sans cesse les cœurs h hauteur du 
devoir à accomplir, c'est de poursuivre sans relâche la fusion 
intime de l'homme et du chef, qui par une réciproque confiance 
chasse la peur, la grande perdeuse de batailles, et donne à l'effort 
commun le résultat suprême, comme dit de Maistre : faire 
croire à V adversaire qu'il ne peut plus résister, qu'il est vaincu. 

Ce n'est point certes dans les nouvelles études très spécula- 
tives du général de Verdy du Vernois, que nous trouverons cette 
façon « artistique » de concevoir la guerre. Il disserte fort bien 
sur les infiniment petits détails, ce descendant des réfugiés 
français du dix-septième siècle 1 Les prolégomènes de la guerre 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 97 

de 1870, et cette bizarre affaire de Sarrebruck, reconnaissances 
d'officiers, rapports d'espions, ordres et contre-ordres, sont dis- 
séqués avec un soin extrême ; et en fin de compte, que nous ap- 
prend l'auteur? Mon Dieu ! ce que tout le monde militaire sait 
des débuts de cette malheureuse guerre. Il ne porte aucune lu- 
mière nouvelle sur cette étrange situation de juillet 1870, où l'on 
ne sait de quoi il faut s'étonner le plus, de l'aveuglement inouï 
de notre gouvernement et de nos généraux, ou du manque de 
méthode avec lequel un état-major, qui avait tout prévu, laissait 
tout le pays rhénan à peu près dégarni de troupes. 

De là à conclure que les choses ne se passeront pas ainsi au- 
jourd'hui, que cette petite escarmouche de Sarrebruck aurait ac- 
tuellement autre tournure et autres conséquences, point n'était 
besoin de trois fascicules. Que les amateurs de tactique y trou- 
vent à broutiller, à leur aise, mais nous croyons que le traduc- 
teur a plutôt pensé à un travail personnel d'étude de langue, 
qu'à rendre service à l'armée en lui communiquant une œuvre 
aussi inutile ! Il nous avait habitués à meilleur régal avec la 
Nation armée. GABI. 



Paléographie musicale. Les principaux manuscrits de chant 
grégorien^ ambrosien^ mozarabe^ gallican^ publiés en fac- 
similés photolypiques par les Bénédictins de Solesmes. 
Solesraes, imprimerie Saint-Pierre, 1891. Gr. in 8, pp. 88 
et 107 photogravures. . 

Les presses de Solesmes viennent de nous donner le tome 
second de la Paléographie, et elles ont déjà commencé le troi- 
sième. Irréprochables au point de vue typographique, ces deux 
volumes seront consacrés à un seul morceau reproduit par la 
photogravure d'après les manuscrits de toutes les époques et de 
tous les pays. Le répons-graduel Justtis ut palma, ou bien quand 
il manque sur un manuscrit, un morceau dont la mélodie est la 
même (ordinairement le graduel Domine refugium)^ a été choisi 
par les auteurs, qui nous en donneront plus de deux cents ver- 
sions différentes. 

Nous suivons pas à pas, dans ces pages, la marche de l'écriture 
musicale au moyen âge. C'est là le côté curieux de l'ouvrage qui 
a, en même temps, un but de la plus grande utilité : celui de 



98 ÉTUDES 

mettre fin, par la seule vue des manuscrits, à une foule de con- 
troverses. Ainsi l'on ne dira plus, après avoir vu ces manuscrits 
de toute provenance, que nous n'avons pas le texte de saint Gré- 
goire. Les variantes, dont on se plaisait à exagérer le nombre et 
l'étendue, sont trop peu considérables pour nuire à l'intégrité 
substantielle de la mélodie primitive. Bien plus, la comparaison 
des différentes versions permettra souvent de revenir avec sûreté 
au texte original. On ne dira pas non plus que nos exemplaires 
actuels ne seraient que des copies de celui de Gui d'Arezzo, qui 
nous aurait ainsi transmis une des innombrables altérations du 
chant de saint Grégoire, sans nul espoir de retrouver jamais la 
mélodie primitive. On voit dans cette collection que les exem- 
plaires plus récents sont transcrits d'après le principe^ et non 
d'après V exemplaire du célèbre moine. On peut même remarquer 
des classes entières de variantes qui ont passé des manuscrits 
neumatiques dans les manuscrits guidoniens ; nouvelle preuve 
que ces derniers, loin d'être la copie d'un exemplaire bâtard, 
sont des traductions différentes d'anciens manuscrits neuma- 
tiques. 

Les dissertations qui commencent le second volume traitent 
des caractères neumatiques et de leur interprétation. Nous signa- 
lerons une remarquable étude sur les sons liquescents, leur usage 
et leur notation. Dans le troisième volume, les auteurs inter- 
rompent leur sujet pour nous parler du cursus de la phrase 
latine des anciens rescrits pontificaux, sujet auquel des décou- 
vertes récentes ont donné de l'actualité, et dont ils pen- 
sent tirer parti pour Tétude de la phrase musicale en plain- 
chant. 

En somme, ce magnifique ouvrage mérite bien le succès qu'il a 
obtenu auprès du monde savant. E. SOULLIER, S. J. 

L'Amateur d'^uitation, par L. Peyremol, sous-directeur de 
l'école de dressagtde Rochefort. Paris-Limoges, H. Gharlea- 
Lavauzelle, 1892. In-8, pp. 240, avec 32 planches en cou- 
leurs. Prix : 10 francs. 

L'équitation, à notre époque où tout le monde est appelé 
à servir son pays sous une forme quelconque, est devenue 
presque une nécessité pour les jeunes gens. L'auteur, voulant 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 99 

étudier seulement le côté pratique de cet art, prend le cavalier 
à sa première leçon et le conduit, par une progression rai- 
sonnée, jusqu'au moment ou il peut se servir du cheval sans 
danger. 

Le petit cours de M. L. Peyremol, parfait en sa simplicité, ne 
ressemble en rien aux autres ouvrages publiés sur la matière, 
avec lesquels il ne peut d'ailleurs entrer en comparaison. L'au- 
teur n'a pas, en effet, la prétention d'instruire des hommes de 
cheval déjà expérimentés, il revendique l'honneur de prendre le 
débutant à ses premiers essais et de le mettre en état de pouvoir 
se dire un « amateur d'équitation » et de devenir ensuite, s'il en a 
la volonté et la vocation, un véritable homme de cheval. Quoi 
qu'il en soit, nous pouvons affirmer que les hommes qui s'oc- 
cupent du dressage et de l'éducation du cheval apprécieront le 
petit traité de M. L. Peyremol et se trouveront en parfaite com- 
munion d'idées, sur beaucoup de points, avec le sous-directeur 
de l'école de Rochefort. 

La méthode suivie par l'auteur s'inspire principalement, 
comme procédé, du raisonnement, de l'emploi de la douceur et 
du moelleux. Nous citerons comme particulièrement bien exposés 
les chapitres et les passages suivants ; Nécessité d'une progres- 
sion méthodique, emploi du raisonnement et des bons traite- 
ments, inutilité de la force musculaire, communication de la 
volonté par l'emploi des rênes, solidité du cavalier, nécessité 
pour l'élève du travail au manège. La partie de l'ouvrage qui 
traite des défenses, du cabrer, des bonds, des sauts de gaieté et 
de l'emploi de la martingale est à remarquer. L'auteur a com- 
plété son œuvre par une série de conseils pratiques tous frappés 
au coin d'une expérienceconsommée. Lesplanches en couleurs qui 
forment le second volume, traitées d'après une méthode origi- 
nale, sont très nettes et complètent fort bien l'ouvrage, qui est en 
outre accompagné d'une série de tables très bien comprises. 

LE POURDRAY 



100 ÉTUDES 

HISTOIRE — GÉOGRAPHIE 

QUESTIONS DU JOUR 

I. — Jeanne de Flandre et sa béatification^ par l'abbé A. Dk- 
LAssus, curé d'Anstaing. Lille, Desclée; Deman, 1893. In-8, 
pp. 208, nombreuses figures. Prix : 2 francs. 

II. — La Porte de Paris à Lille et Simon Voilant^ son ar- 
chitecte; — La Bourse de Lille, par L. Quarré-Reybourbon, 
membre de la commission historique du département du 
Nord. Paris, Pion, 1891 et 1892. Deux brochures in-8, 
pp. 27 et 38. 

I. — C'est une forte et aimable figure, mais trop peu connue, 
que celle de Jeanne de Flandre. La souffrance chrétiennement 
supportée et une charité inépuisable en forment les deux traits 
caractéristiques. Née en 1190, de Baudouin IX, comte de Flandre, 
et de Marie de Champagne, dès l'âge de onze ans elle est séparée 
du comte et de la comtesse qui partent tous deux pour la cin- 
quième croisade. En 1204, elle apprend que sa mère est morte en 
soignant les pestiférés de Saint-Jean-d'Acre; en 1205, que son 
père, nommé empereur de Constantinople, est tombé victime de 
l'aveugle vengeance de Joannice, roi des Bulgares. A dix-sept ans, 
elle contracte avec Ferrant de Portugal une union, cause de nou- 
velles infortunes. Révolté contre son suzerain. Ferrant est vaincu 
et fait prisonnier à Bouvines par Philippe-Auguste. Revenu en 
Flandre après douze ans de captivité, elle le perd en 1233 (erreur 
de date, p. 203). La seule fille qu'il lui avait donnée n'est que 
montrée à la terre. Quatre ans après, cédant aux vœux de son peu- 
ple, elle épousait en secondes noces le comte Thomas de Savoie. 
Mais tant de deuils joints à d'autres épreuves l'avaient détachée 
des choses de ce monde. Bientôt, du consentement de son mari, 
elle se retire chez les religieuses Bernardines, à l'abbaye de 
Marquette, fondée par ses soins aux portes de Lille, Elle y rendait 
son âme à Dieu, après avoir rempli pieusement les exercices du 
noviciat, le 5 décembre 1244. Elle avait régné quarante ans sur 
la Flandre. 

Pendant ce long règne, elle avait porté ses Etats à un étonnant 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 101 

deoré de prospérité et multiplié ses bienfaits. On trouve son nom 
ou celui de sa sœur Marguerite en tête de plus de 500 donations 
pieuses; 150 maisons religieuses sont fondées ou augmentées par 
elles dans la Flandre seule. Lille en particulier lui doit l'hôpital 
Saint-Sauveur, l'hospice Notre-Dame, que Jeanne établit dans son 
palais, et qui, depuis, fut appelé hospice Comtesse, la maladrerie 
de Canteleu et la charte échevinale de 1215. 

Ce sont ces malheurs, ces bienfaits et ces vertus de la comtesse 
Jeanne que M. l'abbé Delassus a fait revivre avec science et piété. 
Il la venge, en passant, des calomnies que lui ont jetées Mathieu 
Paris, Mersemann, Michelet, Sismondi, et qu'a rééditées La- 
rousse dans son malsain dictionnaire. Jeanne est bien, sous 
sa plume, la bonne comtesse, comme le peuple la nomme encore. 
— Nous avons parlé de la science de l'auteur. Cette science est 
étendue, mais elle est un peu vagabonde. Il lui arrive d'accumuler 
autour de son héroïne bien des autorités parfois disparates, saint 
Paul et Molière (p. 32), Platon et Léon XIII (p. 82), ou encore 
des personnages comme David, Salomoa, Charlemagne, Charles- 
Quint, dont l'éloge vient se mêler d'une façon assez inattendue à 
celui des contemporains de Jeanne. D'un autre côté, on aurait pu 
faire une part plus grande à la discussion des textes et aux cita- 
tions de documents. 

Mais l'auteur a coupé court à toutes les critiques en exposant 
dans sa préface sa méthode historique. Il entend traiter l'histoire 
à la Nestor; et il faut reconnaître que sa philosophie un peu con- 
teuse, sa bonhomie h l'allure patriarcale et antique, tout en fai- 
sant revivre le bon vieux temps, sait instruire et édifier. 

Le ménologe des Bénédictins, à la date du 5 décembre, célèbre 
le trépas de la bienheureuse Jeanne. M. l'abbé Delassus exprime 
l'espoir qu'un jour ce culte sera reconnu par l'Église. Son livre 
est bien fait pour hâter ce jour désiré. 

II. — On compte, en France, seulement sept arcs de triomphe 
élevés après l'occupation romaine. Celui qui est désigné à Lille 
sous le nom de Porte de Paris ne le cède en dimension qu'à 
Tare de l'Étoile. Mais ce qui lui donne un rang h part c'est sa 
façade, divisée, suivant sa largeur, en trois parties distinctes et 
harmonisées. Il rappelle le retour à la France de Lille et de la 
Flandre wallonne en 1667. Son architecte, Simon Voilant, d'une 



102 ETUDES 

ancienne famille de maîtres maçons lillois, fut un des puissants 
auxiliaires de Vauban et de Louvois dans de grands travaux de 
fortification et d'utilité publique exécutés en Flandre. 

La Bourse de Lille fut construite en 1652-1653, sur l'initia- 
tive et aux frais des négociants de la cité. Ce monument d'une 
puissante originalité n'est nullement imité de l'art espagnol, 
comme l'ont voulu plusieurs écrivains. De date et de valeur, il 
est un des premiers chefs-d'œuvre des architectes flamands qui, 
au dix-septième siècle, abandonnèrent l'ogive pour le style 
renaissance. 

Ces deux brochures forment une page très curieuse et très 
consciencieusement écrite de l'histoire des arts dans les Flan- 
dres. A ce titre, elles avaient droit de trouver accueil dans cette 
Reçue, qui ne s'ouvre, d'ordinaire, qu'aux analyses de livres pro- 
prement dits. L. ROURE, S. J. 

La Première jeunesse de Louis XIV (1649-1653), diaprés 
la correspondance inédite du P. Charles Paulin^ son pre- 
mier confesseur^ par le P. H. Chérot, de la Compagnie de 
Jésus, illustrée de nombreuses gravures. Société de Saint- 
Augustin, 1892. In-8, pp. 195. 

Les Études (septembre 1891 à mars 1892) avaient publié 
une série d'articles du R. P. Chérot sur le P. Charles Paulin, 
qui fut le premier confesseur de Louis XIV. Dans le livre 
qui paraît aujourd'hui, ce n'est plus le confesseur qui occupe 
le centre du tableau, c'est le jeune roi lui-même. Le petit 
prince grandit sous nos yeux : nous le voyons se préparer à sa 
première communion, et accomplir ce grand acte « le jour de 
Noël, à la messe de midi, en sa paroisse de Saint-Eustache », 
« avec beaucoup de marques d'une grande inclination à la piété ». 
{Mémoires de Mme de Motteçille .) Il entre ensuite dans sa ma- 
jorité, il s'initie au gouvernement des affaires, il fait admirer sa 
précoce vaillance, sa grâce et son habileté dans les exercices du 
corps ; surtout il se forme l'esprit et le cœur aux leçons du 
P. Paulin. 

L'énumération des cérémonies, processions ^, sermons, aux- 
quels assistait le prince, nous surprend aujourd'hui ; on s'éton- 

1. Pages 171, 176, 192. 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 103 

naît moins de ces multiples dévotions dans un temps où l'on 
voyait le père du grand Condé ' mêler sa voix au chant des offi- 
ces de Saint-Sulpice, au risque de scandaliser les « Messieurs » 
en pressant la mesure, qu'il trouvait trop lente. Au surplus, le pre- 
mier confesseur du roi n'avait pas seulement fait de son péni- 
tent un enfant pieux, mais un chrétien éclairé. Après avoir lu le' 
livre du P. Chérot, on n'est plus tenté d'attribuer à des motifs 
politiques la conversion de Louis XIV; on sait bon gré au jé- 
suite, prédécesseur des PP. Annat, La Chaise, Le Tellier, d'a- 
voir initié lentement le prince au difficile « métier de roi », et de 
l'avoir mis à l'école de Mazarin, au lieu d'en faire un roi hâté'. 
On s'édifie, en passant, du désintéressement et de la simplicité 
du P. Paulin, de son zèle pour les intérêts du trône et de la 
France'; enfin, chose qui a son prix, surtout aux époques 
comme celle de la Fronde, de sa courageuse fidélité à ses amis. 
Le premier de ces amis, celui à qui le P. Paulin devait le plus, 
ce fut Mazarin. Les humanistes et les rhétoriciens, à qui le 
P. Chérot offre son livre, — et beaucoup d'autres qui ne sont 
plus sur les bancs, — liront avec plaisir et profit les lettres échan- 
gées entre le cardinal et le religieux sur le caractère et les pro- 
grès du jeune roi, sur la politique et les intrigues du temps. 
Cette correspondance, qui complète utilement d'autres docu- 
ments sur Louis XIV, leur montrera, sous un jour plus vrai que 
certains extraits de Saint-Simon, \ étoffe de l'homme et du roi. 
Ajoutons que le livre est orné de gravures bien choisies, et spé- 
cialement d'une série de médaillons qui représentent le jeune 
roi à l'âge de cinq, de huit, de quatorze ans. Bref, c'est un bon 
et beau livre de prix. V. T., S. J. 

La Guerre de la succession de Poissy (1660-1707), par le 
R. P. P>. Marie Dominique Chapotin, des Frères Prô- 
cheurs. Paris, 1892. In-8, pp. 176, et 3 planches. 

Sous ce titre, le P. Chapotin expose l'histoire de la lutte sou- 
tenue, sans succès, contre l'autorité royale parles religieuses Do- 
minicaines de Poissy, pour conserverie droit d'élire elles-mêmes 

1. Études, oct. 1892, p. 220. 

2. Pages 130,155, ch. xiii. 

3. Pages 44, 69, 82. 



104 ÉTUDES 

leur prieure, conformément aux règles de leur Ordre. Comme tous 
les écrits sortis de la plume du savant dominicain, ce récit est 
plein de verve et d'entrain, et s'appuie en même temps sur les 
plus solides documents historiques. Les archives des affaires 
étrangères, les archives nationales, celles de l'ordre des Domini- 
cains à Rome, etc., ont été mises à contribution par l'auteur; on 
en peut juger d'un coup d'oeil en parcourant, à la fin de l'ou- 
vrage, la liste chronologique des documents publiés dans le 
cours du livre. 

On se tromperait si l'on croyait que l'exposé de ces démêlés 
n'intéresse que l'histoire des Frères Prêcheurs ou celle delà ville 
de Poissy : leur portée est plus haute. Ils montrent en ejffet quels 
dangers menaçaient les ordres religieux à une époque où, grâce 
à l'appui du pouvoir royal, les avantages de la naissance et les 
ambitions de famille avaient tant de puissance dans les cloîtres. 
Quand on voit deux religieuses étrangères à l'Ordre de Saint-Do- 
minique, comme MMmes de Cossé-Brissac et de Chaulnes, se 
maintenir à la tête du prieuré de Poissy, malgré la résistance 
des autres sœurs et au mépris des règles monastiques, on est en 
droit de dire avec le P. Chapotin que « de pareils abus pou- 
vaient aboutir à la destruction de la vie religieuse ». 

Il est intéressant aussi d'étudier dans cette affaire de Poissy 
les relations diplomatiques entre la France et le Saint-Siège. On 
retrouve là les exigences habituelles de Louis XIV, son ingérence 
dans les affaires de discipline ecclésiastique, et l'on peut voir de 
combien de prudence et de sagesse le Pape devait user pour 
sauvegarder les principes sans cependant s'aliéner complètement 
le roi très chrétien. Il refusa longtemps de reconnaître au roi le 
droit de choisir la prieure de Poissy, et n'autorisa la nomination 
de Mme de Chaulnes, dans ces conditions, qu'à titre excep- 
tionnel. S'il céda plus tard ce fut en considération des sacrifices 
faits par le trésor royal pour restaurer l'église détruite en 1695 
par un incendie. Encore fallut-il, pour qu'il accordât cet induit, 
que le général des Dominicains lui affirmât que les religieuses 
acceptaient cette solution. LÉON LE GRAND. 

Bretonneau et ses correspondants. Ouvrage comprenant la 
correspondance de Trousseau et de Veipeau avec Breton- 
neau^ publié avec une biographie et des notes par Paul 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 105 

Triaire, et précédé d'une introduction de L. Lereboullet, 
membre de l'Académie de médecine. Paris, Alcan, 1892. 
2 vol. in-8, pp. xviH-599 et 648. 

Il y a quelques années, la ville de Tours élevait sur une de ses 
places pubUques un groupe artistique représentant ces trois 
gloires médicales, indissolublement associées, qui ont nom : 
Bretonneau, Vclpeau, Trousseau. Un de nos confrères touran- 
geaux, le D"" Triaire, a compris que le monument de pierre ne 
suffisait pas à faire connaître et honorer ces illustres praticiens, 
et il l'a très heureusement complété par un véritable monument 
littéraire, par deux magnifiques volumes qui nous livrent leur 
correspondance et nous font pénétrer dans l'intimité de leur vie 
et de leurs œuvres. Il a fait mieux : s'inspiraot des lettres et des 
souvenirs de Mme la comtesse Clary, veuve de Bretonneau, il a 
écrit du grand savant une biographie si bien ordonnée et si 
complète, que son introducteur autorisé, le D' Lereboullet, avoue 
« n'avoir presque plus rien à glaner » après une telle œuvre, et 
que notre tâche elle-même en devient impossible. Les livres qui 
désarment la critique sont rares : celui de notre confrère Triaire 
est du nombre. Tous les praticiens voudront le posséder et con- 
naître, dans une lecture « aussi attachante que profitable » (Lere- 
boullet), d'immortels travaux qui rappellent une belle exis- 
tence. 

La correspondance de Bretonneau, il faut le dire, ne brille ni 
par la valeur littéraire, ni par les détails historiques et sociaux 
qu'on prise tant à notre époque : elle est presque exclusivement 
scientifique, et d'autant plus précieuse pour nous et pour l'his- 
toire de l'art médical. 

Quoi de plus intéressant que l'exposé des travaux qui condui- 
sent le grand médecin de Tours à fixer l'évolution et les carac- 
tères anatomo-pathologiques de la fièvre continue^ confondue par 
les anciens sous les noms de fièvre ataxique, fièvre adynamique, 
fièvre putride, etc., et qu'il appelle définitivement dothièneu' 
térie ! 

Quoi de plus saisissant, de plus digne d'admiration que le 
coup d'œil génial de Bretonneau sur le croup^ qui fait reconnaître 
tout de suite l'aflection spécifique et lui attribue le nom caracté- 
ristique de diphtérie! 

Bibliographie, IV. — 8 



116 ÉTUDES 

Les veilles, les recherches ne coûtent pas au grand clinicien 
pour éclairer et fortifier son idée. Il multiplie les examens de 
malades, les autopsies de morts, les expériences, pousse ses 
élèves dans la même voie et ne s'arrête que quand tout concorde 
9. appuyer sa thèse. Des confrères envieux objectent-ils que les 
choses ne se passent pas de même à la ville qu'à l'hôpital, Bre- 
tonneau n'hésite pas, et court la nuit, en cachette, au cimetière, 
pour déterrer et ouvrir des cadavres. « Nous voilà chaque nuit, 
écrit Velpeau, son élève, armés d'échelles, escaladant les murs 
comme des malfaiteurs. Trente-six autopsies sont ainsi obtenues 
dans l'espace de quelques mois. A diverses reprises, on se doute 
de nos profanations ; plus d'une fois même, des habitants effrayés 
tirent sur nous, à tel point qu'il m'en reste même un grain de 
plomb à certain lieu, à moi qui lui servais de complice dans ces 
évolutions nocturnes. Mais aussi, le bien fait, la question scienti- 
fique se trouvant ainsi résolue, ne laissèrent pas l'ombre d'un 
doute. La maladie avait produit des lésions parfaitement identi- 
ques à l'hôpital et à la ville. » (P. 116.) Voilà une belle preuve de 
foi scientifique. 

Nous ne voulons pas nous séparer d'un livre qui ne saurait être 
analysé et qu'il faut lire, sans signaler la curieuse correspon- 
dance de Déranger et de Bretonneau. Le célèbre chansonnier 
trouva auprès du praticien de Tours un médecin habile et un ami 
fidèle ; et c'est aux affectueuses instances de Mme Bretonneau 
qu'il céda quand, à sa dernière heure, il fit appeler le prêtre pour 
se réconcilier avec Dieu. D' SURBLED. 



Monarchie et révolution. Essais anecdotiques, par A. Pellis- 
siER, professeur de l'Université. Paris, Haton. In-8, pp. vin- 
359. Prix : 5 francs ; franco, 6 francs. 

M. Pellissier, dont les nombreux ouvrages ont déjà reçu tant 
d'éloges mérités, s'est occupé cette fois du triste dix-huitième 
siècle. Après la Renaissance, après V Apogée de la monarchie, le 
vaillant professeur aborde l'étude de la Révolution. Il n'a guère 
de tendresse, on le pense bien, pour cette époque lamentable dont 
les héros, glorifiés et presque divinisés par la bande révolution- 
naire, et — association quelque peu étrange — par la fraction 
superficielle des écrivains universitaires, ont justifié le mot arra- 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 107 

ché à Bossuet dans la contemplation d'un autre spectacle : « O 
Dieu de sang et de boue ! » 

C'est aux travaux de MM. de Tocqueville et Taine que le très 
catholique universitaire a demandé les matériaux de son œuvre. 
Il passe successivement en revue les phases diverses du siècle qui 
aboutit à l'efTacement et à l'abîme, à 1789 et à 1793. La Régence, 
Louis XV, Louis XVI, les Assemblées, sont tour à tour évoqués 
et jugés. N'oublions pas le Directoire, nous qui assistons à la fia 
du dix-neuvième siècle!... Parallèlement avec les gouvernements, 
la société est étudiée et analysée. L'opinion avec sou pouvoir 
sans cesse grandissant, les philosophes et les encyclopédistes^ 
les constitutions utopiques et les Girondins qui les ont imaginées^ 
fournissent au penseur chrétien d'abondantes et judicieuses con- 
sidérations. 

Pour notre compte personnel, nous ne partageons pas entière- 
ment toutes les idées de M. Pellissier sur la société du dix-hui- 
tième siècle, le clergé et les économistes de l'époque. Nous 
n'avons qu'une confiance très limitée dans l'authenticité et la 
valeur des nombreux mots historiques qui se rencontrent presque 
à chaque page de certains chapitres : la Société française 
au début du dix-huitième siècle; Louis XVI; Fin de la Conven- 
tion. 

Mais nous sommes avec lui quand il déclare que « les excès 
sont sortis de la même source que les théories. L'extrava- 
gance des illusions de 89 renfermait la fureur des mécomptes 
de 93. » 

Signalons une erreur de fait à la page 258 : « Les Prussiens 
étaient seuls à Jemmapes; les Autrichiens seuls à Valmy. » Il faut 
lire le contraire : c'est la Prusse ([ui recule à Valmy, où son armée 
est commandée par le duc de Brunswick, et où elle a été amenée 
par le roi Frédéric-Guillaume 11. 

En terminant, citons la conclusion dé l'écrivain, dans le remar- 
quable chapitre intitulé « les Conséquences ». En face de l'avenir 
de la France compromis par la Révolution, il s'écrie : a Les hommes 
du dix-huitième siècle se sont perdus et ont perdu la France en 
ne lui montrant que ses droits; écoutons le Maitre qui nous 
apprend à aimer nos devoirs ; surtout, enseignons aux générations 
nouvelles le respect intelligent de la religion : la rénovation so- 
ciale a pour première condition une éducation chrétienne. » 



108 ETUDES 

Puissions-nous voir souvent une déclaration aussi franche- 
ment chrétienne signée par des professeurs de l'Université ! 

ED. ADAM, S. J. 

Le Roman d'un royaliste sous la Révolution. Souvenirs du 
comte de Virieu^ par le marquis Costa de Beauregard. Paris, 
Pion, 1892. In-8, pp. 414, avec deux portraits. Prix : 7 fr. 50. 

Ce Roman est déjà une vieille nouveauté ; il est bien tard pour 
en parler ici, car il a près d'uu an de date. Heureusement, les 
livres de M. Costa de Beauregard ne sont pas de ceux qui ont 
besoin d'être patronnés pour faire leur chemin. Les aînés de 
celui-ci ont été sa meilleure recommandation, et je crois avoir 
vu quelque part que la seconde édition est en vente. 

Le Roman d^un royaliste est la très véridique histoire d'un 
gentilhomme qui était, sur la fin du dix-huitième siècle, le chef 
d'une des plus anciennes familles du Dauphiné. Epris des idées 
du Contrat social^ affilié de bonne heure à la loge maçonnique de 
la Bienfaisance de Lyon, au demeurant catholique sincère et 
royaliste fervent, le comte Henri de Virieu se jeta d'abord dans 
le mouvement de 1789 avec toute l'ardeur d'une âme généreuse 
et confiante. Député de la noblesse aux Etats généraux, puis 
membre de la Constituante, il se distingua parmi ceux qui ne 
voulaient introduire de réformes dans les vieilles institutions du 
pays, qu'autant qu'il était nécessaire pour les mieux affermir. 
L'heure de la désillusion ne tarda pas à sonner ; elle fut cruelle. 
Le comte de Virieu épuisa dès lors ses forces et sa vie dans une 
lutte désespérée contre le torrent révolutionnaire. Au 10 août, 
il se trouva aux Tuileries, et n'échappa que par miracle au mas- 
sacre des fidèles défenseurs de la royauté. Sans entrer jamais 
dans les rangs de l'émigration, il entreprend ensuite, pour le 
service des princes, une série de négociations où il ne recueille 
que des déboires et la ruine. Il périt enfin, les armes à la main, 
dans le siège que Lyon insurgé soutient contre les armées de 
la Convention. 

Guidé par les notes et souvenirs de la fille de son héros, M. le 
marquis Costa de Beauregard a raconté cette existence tourmen- 
tée et douloureuse, avec le charme dont il a le secret. Des ta- 
bleaux d'intérieur de l'aristocratie française aux approches de la 
Révolution, le réseau d'intrigues et de passions qui s'agitent au- 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 109 

tour de la royauté agonisante, les misères sans nom de l'émigra- 
tion à Coblentz, les héroïsmes et les horreurs du siège de Lyon, 
puis, à travers les scènes de cette formidable et lugubre tragédie, 
des figures originales comme celle de la duchesse de Rohan, 
douces et sympathiques comme celles de la comtesse de Virieu et 
de ses jeunes enfants, des calamités inouïes et des âmes plus 
grandes encore que leurs infortunes, voilà comme le canevas de 
ce récit plus vivant et plus attachant que ne le sauraient être des 
aventures écloses de toutes pièces dans le cerveau d'un roman- 
cier. 

Je n'insisterai pas sur les leçons que l'aristocratique écrivain 
en dégage discrètement, à l'adresse de ses contemporains. Je m'en 
tiens au côté littéraire — il serait mieux de dire artistique — de l'œu- 
vre. Il est manifeste en effet que M. le marquis Costa vise h faire 
de chacun de ses livres une œuvre d'art. Il y met tout son cœur 
et tout son savoir-faire ; et il en a beaucoup. Il n'est pas de ceux 
qui livrent leur pensée au hasard d'une expression lâche et flocon- 
neuse ; on sent qu'il ne pose son outil que lorsqu'elle a tout le 
fini, tout le relief et l'éclat dont il la peut revêtir. Aussi il y a 
dans ce Roman des pages poignantes ; il y en a que le sourire 
éclaire comme d'un rayon de printemps ; les pages exquises ne 
se comptent pas. 

Je crois même que le spirituel auteur se permet trop largement 
ce que les anciens appelaient indulgere genio; son dilettantisme 
n'est peut-être point assez sobre et assez contenu. A fouiller son 
marbre, à ciseler ses cristaux, à sertir ses perles, il laisse percer 
une sorte de coquetterie, une recherche de l'effet, où le goût d*un 
habitué des classiques trouverait à reprendre. Volontiers on 
comparerait cette littérature à ces monuments de l'art italien du 
seizième siècle, fontaines, tombeaux, vases, où le ciseau se joue 
en mille fantaisies charmantes, et devant lesquels on ne se retient 
pas de s'écrier : k Comme c'est joli ! w 

Ce genre n'est pas celui qui convient aux grandes basiliques, 
mais il a son mérite et son attrait. Aujourd'hui que les exigences 
du journalisme ont habitué tant de gens de lettres à écrire vile et 
mal, et que le débraillé démocratique passe si aisément des 
mœurs au langage, il est d'un bon exemple de prendre peine pour 
faire des livres soignés, et pour donner à son style de la tenue et 
de la toilette, dût-il avoir parfois un peu trop de rubans et de 



110 ETUDES 

pompons. C'est une manière de réaction très digne d'un parfait 
gentilhomme. 

J'en aurai fini avec les critiques, lorsque j'aurai dit que les 
éditions à 7 fr. 50 de la maison Pion font assurément très bien 
pour les salons, mais que l'on aimerait à en avoir d'autres pour 
tant de bibliothèques dont le budget ne peut aspirer si haut. 
Nous recommandons souvent les délicieuses histoires de M. le 
marquis Costa ; elles valent beaucoup mieux que les romans 
dont on nous inonde. Nous souhaitons qu'elles ne coûtent pas 
plus cher. J. BURNICHON, S. J. 

Laurentie. Souvenirs inédits publiés par son petit-fils J. Lau- 
RENTiE, Paris, Bloud et Barrai, s. d. In-12, pp. 347. 

Aucun journaliste peut-être n'a laissé un souvenir plus univer- 
sellement respecté que M. Laurentie. L'unité admirable de sa vie, 
tout entière consacrée à défendre les deux causes — qui à ses yeux 
n'en faisaient qu'une — de la religion et de la monarchie ; le désinté- 
ressement qu'il a toujours apporté dans tous ses travaux, content 
uniquement de bien faire et de se dévouer ; son égalité <l'âme, 
sa noble indépendance en face des revers, des menaces, des ten- 
tations et — ce qui est plus rare et plus beau — vis-à-vis de ceux-là 
mêmes qu'il servait avec une abnégation sans réserve ; enfin sa 
courtoisie pleine de dignité, la modération de ses attaques, même 
vis-à-vis d'adversaires qu'il ne pouvait estimer, lui ont conquis 
cette sympathie affectueuse, ou tout au moins respectueuse, 
émue, qui ne s'accorde qu'aux belles âmes et aux grands cœurs. 
Certes, dans sa longue carrière d'écrivain, M. Laurentie a fait 
preuve d'un indiscutable talent ; ses œuvres très variées ont 
montré qu'il était fin littérateur, sérieux penseur, politique émi- 
nent, vigoureux et habile polémiste. Mais si tant de travaux divers 
passent un jour, si le nom de M. Laurentie ne reste enfin que 
grâce à la part considérable qu'il a prise dans les luttes politiques 
de son temps, ce nom du moins devra toujours être accompagné 
de l'éloge significatif que faisait du vaillant écrivain un simple 
ouvrier témoin de ses funérailles : « Cet homme-là, on doit le res- 
pecter, car il n'a pas varié une minute dans sa vie. » 

Et comme il est toujours bon et doux de vivre quelques instants 
avec un homme de caractère et de cœur, à une époque surtout où 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 111 

on en trouve peu, nous devons savoir gré au petit-61s de M. Lau- 
rentie de nous avoir ménagé ce plaisir. Sans doute, — il a le 
scrupule de nous en prévenir, — nous ne devons pas chercher, 
dans les Souvenirs inédits, un livre en règle. Le rédacteur ne 
s'est beaucoup préoccupé ni de la composition ni du style ; son 
but a été de réunir et de relier entre elles les feuilles trouvées dam 
les reliques de son aïeul, et de nous permettre, à nous qui ne con- 
naissons guère M. Laurentie que de réputation, de constater 
combien sa renommée lui est due. Il a réussi. A travers les dix 
chapitres du volume, nous retrouvons toujours la figure aimable, 
mais austère, de l'homme de bien qui n'a connu, qui n'a suivi 
qu'une seule ligne, inflexible comme le devoir. 

C'est la religion qui la première s'est emparée de son cœur; 
lorsque jeune homme il est devenu royaliste, sous des influences 
qui semblent avoir tout d'abord développé en lui un sentiment 
irréfléchi, et surtout non raisonné, ses opinions politiques se sont 
tout naturellement subordonnées à sa foi ; et celle-ci, de plus en 
plus vivace et forte, a été la grande passion, comme la grande 
consolation de ses derniers jours. Aussi bien, l'on peut dire que les 
luttes soutenues par lui en faveur de l'Église romaine, contre le 
gallicanisme, ont été les plus heureuses, les plus couronnées de 
succès. 

Telle est l'impression qui se dégage des pages un peu mêlées 
de 'ce petit volume. Des récits, des souvenirs, des anecdotes — 
quelquefois manquant un peu de cet inédit que nous promet le 
titre — se forme un portrait vivant, attrayant, que tout le monde 
prendra plaisir à contempler. Signalons quelques chapitres qui 
semblent particulièrement intéressants : celui, par exemple, où 
se déroule l'histoire des efforts faits par le ministère de Villèle et 
le duc de Berry, pour fermer la bouche à la Quotidienne^ alors 
plus royaliste que le roi ; celui qui raconte la visite de M. Lau- 
rentie à Goritz, et où se montre toute vive cette sorte de culte, 
nous dirons presque d'adoration, que les fervents royalistes ren- 
daient au comte de Chambord, qu'on trouve si vivement éprouvée, 
si vivement exprimée dans les Souvenirs d'Hervé-Bazin, comme 
dans ceux de M. Laurentie ; celui enfin, le plus considérable de 
tous, où sont exposées les relations longtemps entretenues par 
M. Laurentie avec le malheureux Lamennais ; il ne contient pas 
beaucoup de documents nouveaux, sans doute, mais il offre l'intérêt 



112 • ÉTUDES 

toujours puissant de la lutte d'une âme contre elle-même, contre 
son orgueil, et, sous une forme discrète, il propose une leçon, 
hélas ! trop souvent nécessaire aux défenseurs de la vérité : à ne 
pas mesurer assez attentivement l'ardeur de l'attaque et la portée 
des coups, on risque de faire, il arrive qu'on fasse d'un ami et 
d'un défenseur trop hardi, présomptueux même, mais puissant, 
un adversaire redoutable, un ennemi acharné. 

Enfin nous attirerons l'attention sur un document destiné, ce 
nous semble, à donner la solution d'une question historique. 
Dans sa belle Histoire du Gouvernement de Juillet^ M. Thureau- 
Dangin garde encore des doutes, sinon sur l'existence, du moins 
sur les termes de la lettre que le duc d'Orléans, resté à Paris 
après le départ de Charles X, écrivit au roi pour l'assurer de sa 
fidélité et protester qu'il « n'envierait toute espèce de pouvoir 
que temporairement et dans le seul intérêt de Notre Maison ». 
Les détails précis fournis par M. Laurentie ne permettent plus 
ce doute. La lettre est authentique dans les termes mêmes rap- 
portés, dès la première fois qu'elle parut, par le duc de Valmy ; 
la copie, certifiée conforme par celui-là même qui avait été chargé 
de la porter au roi, se trouve entre les mains des petits-enfants 
de M. Laurentie. R. M., S. J. 

Le Clergé pendant la Commune de 1871, par Fr. Bournand. 
Paris, Tolra, 1892. In-8, pp. 374. Prix : 3 fr. 50. 

Ce livre, comme le précédent, du même auteur, le Clergé pen- 
dant la guerre, est un choix de traits, d'épisodes, semés un peu 
au hasard et rédigés peut-être un peu vite. Mais il faut se hâter, 
pense sans doute M. Bournand, car la Commune menace Paris de 
nouvelles coiwulsions . On pourrait le craindre, en effet, lors- 
qu'on voit le conseil municipal célébrer, au moins dans ses 
votes, des anniversaires sanglants, tels que celui du 10 août, et 
se montrer assez disposé, l'occasion s'ojffrant, à reprendre le rôle 
du Comité de salut public. 

M. Bournand veut faire connaître la Commune à ceux qui 
n'ont pas été témoins de ses crimes et de ses hontes. 11 a surtout 
en vue — si l'on en juge par le genre de l'ouvrage, le style, les 
illustrations — une foule d'enfants, de jeunes gens h qui le temps 
ou leur goût ne permettent pas d'étude approfondie, mais qui 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 113 

liront facilement et avec plaisir une suite de narrations. A cette 
classe de lecteurs, quelques notions sur des événements très 
éloin^nés pour eux ne seraient pas inutiles. Du reste, un préam- 
bule historique n'en ferait que mieux apprécier, en les plaçant 
dans leur cadre, des récits fort intéressants : par exemple, celui 
du curé de Saint-Thomas-d'Aquin, — que malheureusement on 
cherche en vain à la table des matières. 

Puisse ce livre « faire entrer dans l'âme de notre jeunesse 
chrétienne un peu de haine contre cette Commune et ses sec- 
taires! » c'est le souhait de l'auteur, et le nôtre. 

A. FRÉRY, S. J. 

L'Europe politique en 1892, par M. Sentupéry. 1"^ fascicule : 
l 'Allemagne, l'Andorre. Gr. in 8, pp. vii-201-vi (1893). 
— 2" fascicule : Autriche-Hongrie, Belgique. Gr. in-8, 
pp. 252-vii ( 1893). Paris, Lecène, Oudin et C'«. Prix du 
fascicule : 3 francs. 

M. Sentupéry, ancien chef et sous-chef de cabinet dans plu- 
sieurs ministères, a voulu faire, dit-il, une sorte de manuel pra- 
tique de politique extérieure où sont classés et présentés, sur un 
pian uniforme pour tous les États d'Europe, des renseignements 
nombreux et de courts aperçus sur \e gouvernement, le parlement 
et la presse. Il y aura sept fascicules qui formeront deux forts 
volumes, et dont le premier est relatif à l'Allemagne et ii l'An- 
dorre, petite république sous la suzeraineté commune du pré- 
sident de la République française et deTévcque espagnol d'Urgcl. 

Ce travail, surtout h une époque où l'Europe entière nous préoc- 
cupe spécialement dans sa situation de paix armée, s'adresse natu- 
rellement à tous ceux qui, « par profession ou par goût, s'intéres- 
sent aux alTaires étrangères ». Je me contenterai de mentionner 
brièvement ce qui concerne l'Allemagne, car, h tous les points 
de vue, elle nous touche de plus près que les autres États. 

Gouvernement, parlement et presse, telle est la trilogie de ce 
fascicule, type de ceux qui suivront. 

Le gouvernement comprend, outre les renseignements géné- 
raux, la constitution, les organisations administrative, judi- 
ciaire, financière, militaire, maritime, l'instruction et l'assis- 
tance publiques, le commerce et l'industrie, les postes et télé- 
graphes, les questions de politique extérieure, ouvrière, colo- 



114 ÉTUDES 

niale, économique, polonaise, danoise, juive, l'Alsace-Lorraine, 
le Kulturkampf, la triple alliance. 

Le Parlement a trait aux assemblées législatives, aux partis po- 
litiques, aux principaux membres du Parlement, dont on donne 
une courte biographie. 

Le chapitre sur la Presse fait connaître la législation qui la 
régit, et contient une monographie détaillée des principaux 
journaux en tous genres. 

Une bibliographie générale et une autre consacrée à chaque 
Etat servent de guides à ceux qui veulent approfondir un sujet ou 
opérer des recherches. 

L'esprit de ce fascicule, sans avoir une signification expressé- 
ment catholique, est empreint de patriotisme, de justice et d'im- 
partialité. Bismarck est justement censuré, le Kulturkampf flé- 
tri, et le noble courage des catholiques et du clergé mis en 
relief, ainsi que les chefs du centre et leurs belles luttes. Voici 
pourtant quelques observations. L'auteur signale les progrès de 
l'indifférence religieuse à Berlin, il pourrait ajouter que c'est la 
ville d'Europe la plus immorale. A propos du Kulturkampf, il 
dit que Léon XIII fut un pontife « largement libéral », et Pie IX 
un « obstiné ». Ces qualifications ne sont pas exactes : l'un et 
l'autre ont fait leur devoir par des moyens conformes aux besoins 
variés des circonstances. Ce n'est pas seulement à quelques ré- 
gions catholiques, mais à toutes, que s'étend aujourd'hui une cer- 
taine tolérance des droits du clergé dans les écoles. Les asso- 
ciations fondées et soutenues par des prêtres éminents et des 
catholiques laïques, pour la défense des intérêts ouvriers, méri- 
taient au moins une courte notice. Le rôle du centre au Parle- 
ment ne paraît pas devoir, comme le croit l'auteur, progressi- 
vement s'effacer. Selon toute apparence, il grandira au contraire 
avec la gravité des événements intérieurs et extérieurs qui se 
préparent. M. Sentupéry apprécie sainement les divers partis 
allemands et les vœux de l'Alsace-Lorraine. Il repousse à bon 
droit le socialisme, qui toutefois n'est pas seulement un rjve^ 
mais un fléau. Quant à l'antisémitisme, il faut blâmer avec lui ses 
violences ; mais à cet égard les sévérités de la Germania, journal 
catholique, contre lesquelles il s'élève, ne sont que justes. 

Cet article était écrit quand j'ai reçu le deuxième fascicule. Il 
est fait, comme le seront tous les autres, sur le plan du premier. 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 115 

et il n'est ni moins fécond en renseignements sûrs, ni moins inté- 
ressant, ni moins soigné. Je me contenterai, ne pouvant entrer 
dans tous les détails, de quelques réflexions sur les principales ques- 
tions d'actualité qui se sont présentées successivement à l'auteur. 
Elles sont relatives, pour l'Autriche-Hongrie, au gouvernement, 
aux nationalités, au travail ouvrier, au socialisme, à la presse, au 
judaïsme, à la Pologne, aux mariages mixtes en Hongrie ; pour la 
Belgique, elles concernent la politique intérieure et extérieure, le 
conflit des partis et l'État indépendant du Congo. 

Le docte écrivain me parait trop favorable h l'empereur d'Au- 
triche, dont le génie n'est pas à la hauteur des difficultés de sa 
tâche, et surtout à l'ex-ministre M. de Beust, à qui est due l'union 
de l'Autriche-Hongrie. Cette union, dit-il judicieusement, est un 
expédient plutôt qu'une solution. Les Madgyars, naturellement 
hautains et fiers de leur nationalité, n'aiment pas l'Autriche, ni 
rien de ce qui n'est pas eux-mêmes. C'est ainsi qu'ils méritent 
Tantipathie profonde des Croates, qui les ont cependant, aux 
mauvais jours, vaillamment secourus; la Transylvanie et la Rou- 
manie, en un mot les huit peuples qu'ils se sont assujettis, récla- 
ment vivement leur indépendance. Il en est ainsi, quoique 
moins énergiquemcnt, de la Bukovine vis-h-vis de l'Autriche. 
L'auteur prend noblement ici la défense de tous les opprimés, 
et il rend hommage h la « légitime popularité n de Mgr Stross- 
mayer, évéque de Diakovo. En ce qui concerne la triple alliance, 
il observe avec raison que l'Autriche, considérablement dimi- 
nuée depuis 1866, s'est laissé entraîner, h son grand regret, 
dans le giron de l'Allemagne, sa rivale, et de l'Italie, son enne- 
mie implacable, qui s'apprête, sous le nom hypocrite à'irrèderi' 
tis/ne, à lui arracher des lambeaux de sa puissance. A l'intérieur, 
elle est plus maîtresse d'elle-même. Elle a su conserver dans ses 
écoles l'enseignement religieux confessionnel, et dans les ques- 
tions ouvrières, où elle a mis malheureusement quelque chose du 
socialisme d'État, le repos obligatoire du dimanche, sauf les 
exceptions nécessaires. Là, comme en Allemagne, le socialisme 
et la juiverie sont deux plaies sociales. L'un reste encore, il est 
vrai, en dehors du Parlement, mais il s'étend chaque année 
comme une lèpre ; l'auteur m'a paru trop sommaire et un peu 
superficiel sur ces deux périls du présent et de l'avenir. Pour le 
moment, la fraction polonaise, que l'Autriche a tristement héritée 



H6 ETUDES 

de ses devanciers, ne l'inquiète pas. Toutefois je ne crois pas 
que la Galicie ait pour ainsi dire effacé son esprit national ; il 
s'est réveillé avec éclat peu avant 1848, — ce fait est passé sous 
silence, — et, dans une guerre générale, il est à croire que tous 
les tronçons de la Pologne se réuniraient dans un commun 
effort pour rentrer dans le concert européen. Au point de vue 
religieux, en Hongrie, deux questions, que l'auteur ne résout pas, 
divisent l'Eglise et l'Etat : l'une est relative au prétendu mariage 
civil, l'autre aux mariages mixtes. Il y a là des droits inflexibles 
que l'Eglise ne peut sacrifier et contre lesquels s'élèvent des obs- 
tinations sectaires. 

Quelques mots maintenant sur la Belgique. A l'extérieur, elle 
est résolue à maintenir fortement sa neutralité, bien qu'elle ait 
été si souvent, dans les grandes guerres, le chemin des armées 
de l'Europe. M. Sentupéry estime que, dans les luttes pro- 
chaines, cette neutralité sera respectée; je crois qu'il a raison. 
E n sera-t-il ainsi de ses attitudes, fort discutées, dans l'État indé- 
pendant du Congo? Le gouvernement belge y continue des opé- 
rations mercantiles et des tentatives d'agrandissement qui sont 
de nature à lui susciter auprès des puissances de graves embarras. 
Ici, comme en bien des endroits de son fascicule, l'auteur expose 
plus qu'il ne condamne; mais évidemment son récit, s'il est im- 
partial, n'est pas neutre. 

On ne saurait en dire autant, je le regrette, de son jugement 
sur les deux partis, catholique et libéral, qui se partagent la 
Belgique et se livrent à de perpétuels conflits. 11 se jette dans 
la mêlée avec une ardeur qui ne lui est pas ordinaire, il combat 
violemment pour les libéraux et il accable les catholiques des 
plus injustes reproches. M. Frère-Orban, chef intolérant du 
parti doctrinaire, en qui se retrouvent les haines anticatholiques 
de nos libéraux sous la Restauration, a ses plus vives sympa- 
thies. Que veut donc ce sectaire? Ce qu'il veut, comme les siens, 
c'est la domination tyranniquesur les consciences, c'est l'athéisme 
dans le gouvernement, dans les écoles et partout; lorsque la vo- 
lonté du pays les chasse du pouvoir, ils ne reculent pas, pour le 
reconquérir, devant ce qu'ils appellent la soudaineté foudroyante 
de l'émeute. On l'a bien vu de nouveau en 1884, dans les rues de 
Bruxelles. Pourquoi l'auteur sembie-t-il ignorer ces choses? 
Du moins il rend justice à l'intrépide activité des catholiques, à 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 117 

V habileté et h la prudence du clergé. Il reconnaît en même temps, 
mais sans en expliquer les causes, l'agitation du socialisme ré- 
volutionnaire, son extension redoutable dans tous les centres 
populeux du royaume. 

Quand donc, dans la suite de ses études pleines d'intérêt, l'ho- 
norable écrivain rencontrera le libéralisme, qu'il s'arrête devant 
cette figure et la scrute profondément, de peur qu'en se laissant 
séduire par son astuce il ne démente inconsciemment son habi- 
tuelle impartialité. G. GANDY. 

Congrès de Valence ( 14 au 18 septembre 1891). Paris, secré- 
tariat général du Bureau central, 1891. In-8, p. xn-130. 
Prix : 2 francs. 

Le temps n'est plus de faire ici le récit détaillé du congrès de 
Valence. Au reste, les travaux d'une assemblée catholique sont de 
leur nature si multiples et si complexes, qu'ils entrent mal dans 
les limites restreintes d'un compte rendu. Disons seulement que, 
réuni à l'époque du pèlerinage des Vingt mille à Rome, le congrès 
fait écho à l'enseignement du Pape sur la condition des ouvriers, 
et s'efforce de le mettre en pratique. Signalons encore ce besoin 
d'union si éloquemment exprimé, cette nécessité reconnue par 
tous de grouper enfin toutes les forces catholiques pour une ac- 
tion nettement et purement religieuse. Léon XIII allait bientôt 
répondre à ces vœux, qui étaient ceux de toute la France. Le 
Pape connaissait bien notre pays, et sq parole venait à l'heure 
opportune. T. R., S. J. 

Léon XIII devant l'Allemagne, par Heinrich Geffckem. Paris, 
Dentu, 1892. In-18, pp. 72. Prix : 1 franc. 

Voici un appendice de l'ouvrage intitulé : Léon XIII devant 
ses contemporains^ et l'appendice est gonflé de venin. Un procès 
retentissant a rendu célèbre le nom de l'auteur. Le D"" Gefl'cken 
publiait, le 20 septembre 1888, des extraits importants du Jour- 
nal intime de l'empereur Frédéric 111. Cette publication était 
faite sur Tordre ou avec la permission de l'ex-impératrice Vic- 
toria. Le 30 du même mois, l'impératrice-mère et son conseiller 
privé comparurent devant la haute cour de Leipzig. Les juges 
furent le nouvel empereur Guillaume II et le chancelier d'alors, 



118 ETUDES 

Bismarck. L'éditeur responsable dut prendre le chemin de l'exil. 
Rendu à sa patrie, invité par M. Boyer' d'Agen à dire son opi- 
nion sur Léon XIII, il traite les hommes et les choses avec une 
rudesse toute tudesque, et juge le Souverain Pontife avec l'esprit 
d'un vrai confessionnel du petit goupe d'Augsbourg. 

ALEX. GOURAT 

Souverains, Hommes d'État, Hommes d'Église. Le Pape; le 
Pape écrivain ; Guillaume III ^ roi des Pays-Bas ; le Cardi- 
nal Rampolla ; M. Crispi; le Prince Napoléon; le Cardinal 
Lavigerie^ par Charles Bknoist. Paris, Lecène, 1892. In-12, 
pp. 278. 

Les écrits de M. Charles Benoist ne sont jamais à dédaigner, 
par la raison qu'ils sont vraiment écrits. Même avec les allures 
légères exigées par le journalisme, ils ont ce fonds de pensée 
sans lequel il n'y a pas de style. 

Le livre qu'il nous offre aujourd'hui a ce mérite de faire penser, 
encore qu'il semble n'être qu'un recueil d'articles de journaux. 
Non pas qu'ils soient tous du même ton, ni de la même valeur. Le 
portrait de Guillaume III est assez eff'acé, comme le personnage; 
celui de M. Crispi est tout en action et en saillies ; celui du 
prince Napoléon, malgré l'inutilité de sa vie toujours révoltée, 
donne parfois l'illusion de la grandeur. La plus brillante de toutes 
ces figures, celle pour laquelle l'écrivain, j'allais dire le peintre, 
prodigue les couleurs dérobées à l'Orient, est certainement celle 
du cardinal Lavigerie. Que serait-ce donc s'il avait pu dépeindre 
les grandioses funérailles qu'on lui a faites, comme pour fixer à 
jamais dans l'imagination des peuples nouveaux cette image du 
grand évêque qui a inauguré l'Afrique chrétienne ? Bien que com- 
posé pour les lecteurs d'un journal, ce portrait a tout l'air des 
choses qui durent. Ce n'est pas assez de dire qu'il rappelle la 
peinture de Bonnat, il fait presque songer aux vieux maîtres ; 
car il ne rend pas seulement la forme extérieure avec un vivant 
coloris, il rend l'homme tout entier, qualités et défauts, et fait 
pénétrer dans l'âme. M. Charles Benoist semble avoir un attrait 
particulier pour ces grands « hommes d'Eglise », et, malgré la 
place secondaire qu'il leur donne dans le titre, c'est bien eux qui 
forment le principal intérêt de son livre. 

Ce goût prononcé pour les « hommes d'Eglise », chez un 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE *I9 

laïque tant soit peu libre penseur, en est la nouveauté curieuse 
et caractéristique. La personnalité de Léon XIII a probablement 
déterminé cet attrait sympathique. Le Pape remplit en grande 
partie ce volume, non pas seulement par lui-même, mais par 
tous ceux qui ont été ses adversaires ou ses instruments. Le 
cardinal Rampolla ne se meut-il pas dans son ombre, n'est-il 
pas son ombre même, et le cardinal Lavigerie ne fut-il pas un 
jour sa voix retentissante? Moins haute en couleur que celle du 
primat d'Afrique, la figure du Pape est accusée pourtant ici avec 
une rare énergie, et, ce qui est plus étonnant, avec une clairvoyance 
et une exactitude presque irréprochables. Il y aurait bien des 
réserves à faire sur le chapitre intitulé : « Nouvelle conception 
de la Papauté ». Immuable quand il s'agit du dogme, comme le 
dit fort bien l'auteur, la papauté sait en politique « s'accommoder 
aux temps », mais il ne faut pas en conclure qu'elle a varié sur le 
rôle de la raison qui est le fondement même de la foi. Sur ce 
point, Pie IX ne pensait pas autrement que son successeur ; de 
même, sur la question de la transmission du pouvoir, Léon XIII 
n'a pas innové. Que M. Benoist relise à ce propos l'encyclique sur 
rOrigine du pouvoir civil et les chapitres du concile du Vatican, il 
verra que le Pape actuel a été seulement fidèle à la vraie traditioa. 
Il reste donc dans notre auteur quelques préjugés de rationa- 
liste ; mais il est bienveillant pour Léon XIII, au point d'admirer 
ses vers latins, même son thomisme et ses encycliques, et cette 
bienveillance, en somme, l'atnène presque à une justice et à une 
impartialité complètes. Puisse cet esprit de justice devenir plus 
commun ! Ce ne serait pas une des moindres merveilles du pon- 
tificat de Léon XIII que d'avoir appris aux libres penseurs à juger 
plus sainement l'hglise, de leur avoir fait comprendre que la 
vraie lumière vient du Ciel : lumen in coelo, et, en faisant briller à 
leurs yeux son étoile, d'avoir illuminé leurs ténèbres, incliné leur 
raison superbe, et de les avoir jetés comme les Mages aux pieds 
du Dieu qui parut sur la terre enveloppé de langes. 

A. BOUE. 

I. — La France aux Français, par f!d. Marchand. Paris, 
Savine, 1892. In-12, pp. 94. Prix : 1 fr. 50. 

n. — La France de demain, par un patriote. Paris, Savine, 
1892. In-12, pp. 144. Prix : 1 fr. 25. 



iîO ÉTUDES 

III. — 1893, par le comte René de Morgan. Paris, Savine, 
1892. In-12, pp. 36. Prix : 75 centimes. 

IV. — Dans la mêlée, suite à Debout et à En avant, par Mi- 
RIA.M. Paris, 8, rue François I". In-12, pp. 78. Prix : 40 cent. 

Ces quatre brochures sont des brochures de combat. La lutte 
s'engage sur les questions politiques, sociales et religieuses; les 
armes n'ont pas une trempe nouvelle, et les munitions ne sont 
pas abondantes ; à la charge des armes, les journaux ont servi de 
bourre. 

I. — M. Ed. Marchand fait le coup de feu contre les étrangers, 
contre les juils et autres qui, depuis un siècle, envahissent la 
France et l'exploitent. Il se refuse à déposer les armes tant que 
tous les postes de l'administration française ne seront pas occu- 
pés par des Français de souche. 

II. — Elle est belle, l'administration française de nos jours! dit 
l'auteur anonyme de la France de demain. Autant de fonctionnaires, 
autant de mandarins dont la morgue s'accroît avec la qualité du 
bouton qui distingue leur grade hiérarchique. Il est urgent de 
corriofer sans rire nos mœurs administratives. Le fonctionnement 
de la machine gouvernementale et parlementaire appelle égale- 
ment des réformes ainsi résumées : durée du mandat confié à 
l'exécutif réduite à quatre ans ; organisation et attributions de ce 
pouvoir simplifiées et démocratisées; durée du mandat législatif 
maintenue à quatre ans avec renouvellement bisannuel de la moi- 
tié des députés ; nombre des députés et des sénateurs réduit d'un 
quart au moins, etc. Il faut de même réformer la justice et lui 
faire rendre des arrêts, non des services; donner au quatrième 
état large place au soleil; couler dans un autre moule l'assiette 
des impôts. C'est en opérant ces réformes que la République, 
« désormais la seule forme viable de gouvernement en France », 
rendra la France de demain grande et prospère. — Si la troi- 
sième République remplit ce programme, elle aura longue vie. 

III. — M. René de Morgan applaudit aux charges poussées à 
fond de train par ses amis Drumont et de Mores, et prétend que 
le seul terrain d'entente possible, au point de vue de l'orientation 
politique, est le socialisme humanitaire. 

IV. — Faisant appel à tous les hommes de bon sens, à tous les 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 121 

vrais Français, Miriam les invite à se grouper autour de l'éten- 
dard de la croix, à se jeter résolument « dans la mêlée », pour 
défendre la religion, la famille, contre les assauts des libres 
penseurs. Les combats des avant-gardes n'ont pas été sans gloire. 
Avec l'entente dans la tactique, avec la persévérance et l'énergie, 
viendra le triomphe. ALEX. GOURAT. 



Voyage en zigzags à travers l'opportunisme^ par L. Ber- 
trand. Paris, Bloud et Barrai, 1892. In-16, pp. xii-164. 

Dans des lettres plus sincères que tendres, M. Bertrand dit à 
M. le président de la République ce qu'il croit lui manquer pour 
gouverner selon le droit et la justice. D'après la Constitution, il a 
l'initiative des lois concurremment avec les deux Chambres, il 
dispose de la force armée, il nomme aux emplois civils '>t mili- 
taires, il négocie et ratifie les traités. Or, c'est la Chambre qui 
est tout, qui fait tout, qui dispose des places, des honneurs, de 
l'argent. Est-ce bien là observer la Constitution? 

A. LEPÈVRE. 

Géographie ancienne de la Basse-Egypte, par le vicomte 
Jacques de Rougk. Paris, Rothschild, 1891. ln-8,pp.xii-176. 

M. le vicomte Jacques de Rougé, héritier d'un nom célèbre 
dans lus fastes de l'égyptologie, y a fait honneur par des travaux 
remarquables, concernant surtout la géographie de Pancienne 
Egypte et des pays connus des Egyptiens. Le plus récent ouvrage 
qu'il a publié dans cet ordre d'études est, comme il le dit lui- 
même, « un résumé rapide de nos connaissances actuelles sur la 
géographie de la Basse-Egypte, indiquant ce qui paraît certain, 
signalant ce qui semble douteux et discutant les points particu- 
liers où des recherches devraient être dirigées pour combler les 
lacunes qui subsistent encore ». L'utilité de ce travail est évidente, 
pour se reconnaître au milieu des divergences successives et si- 
multanées qu'on trouve parmi les égyptologues, quant à la posi- 
tion de beaucoup de localités mentionnées sur les monuments 
et quant à l'identification de leurs noms avec ceux de la géogra- 
phie romaine et arabe. 

Il n'est pas d'ailleurs purement spéculatif, il a aussi un côte 
pratique que M. de Rougé fait bien ressortir en ces termes : 

BtbliognDhie, IV. — 9 



122 ÉTUDES 

« Dans la Basse-Egypte, les fouilles ont été entreprises de tout 
temps avec infiniment moins d'ardeur, et surtout avec moins de 
suite que dans le reste de la vallée du Nil : la difficulté des re- 
cherches y entraîne des dépenses beaucoup plus considérables, 

car les monuments y sont bien plus profondément enfouis 

Nous connaissons le site de quelques grandes villes telles que 
Sais, Athribis, Tanis ; mais combien de localités importantes 
demeurent inexplorées par suite de l'oubli complet de leur situa- 
tion exacte 1 Ne serait-ce pas rendre un service signalé à la 
science, que de pouvoir dire : Tel village moderne cache les rui- 
nes de telle cité antique, et permettre ainsi d'y entreprendre, à 
un moment donné, des fouilles méthodiques dont les résultats 
seraient certains ? » 

Le docte auteur parcourt, l'une après l'autre, les vingt pro- 
vinces ou nomes de l'ancienne Basse-Egypte ; il en nomme le 
chef-lieu, les sous-divisions, les temples et les localités diverses, 
et fait suivre chaque nom des indications topographiques que 
fournissent les textes, soit des inscriptions lapidaires, soit des 
papyrus. A ces documents, une communication inédite de M. Re- 
villout lui a permis de joindre une liste gréco-copto-arabe des 
sièges épiscopaux de l'Egypte ; il la publie tout entière en appen- 
dice et il en a tiré beaucoup de renseignements nouveaux. Enfin, 
à l'occasion, il discute les identifications proposées par ses pré- 
décesseurs, notamment par M. Brugsch, qui s'est le plus occupé 
de la géographie de l'ancienne Egypte. 

Naturellement, il a donné une attention particulière aux fouilles 
qui ont apporté, récemment encore, tant d'informations nou- 
velles et parfois bien inattendues. Ainsi, à propos du huitième et 
du vingtième nome, il résume les intéressantes découvertes de 
M. Naville, qui lui paraît avoir définitivement fixé à Tell-el- 
Maskhutah le site de Pithom, la ville à la construction ou à 
l'agrandissement de laquelle les Hébreux furent forcés de tra- 
vailler [Exode, I, 11). Les autres fouilles du même explorateur 
savant, ainsi que celles de M. Flinders Pétrie, dont les frais ont 
également été couverts par V Egypt Exploitation Fund, ont rendu 
des services signalés k la géographie de l'Egypte ; mais M. de 
Rougé fait observer avec raison qu'elles ont eu pour point de 
départ et pour guide les travaux antérieurs des déchiffreurs de 
textes hiéroglyphiques ; c'est la meilleure preuve de l'utilité des 



4 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 123 

recherches crudités du genre de celles qui sont résumées dans 
ce volume. J. BRUGKER, S. J. 



Le Rhône. Histoire d*un fleuve^ par Charles Lenthéric, in- 
génieur en chef des ponts et chaussées. Paris, Pion, 1892. 
2 vol. in-8, pp. viii-557 et 585, avec 17 cartes et plans. 

Nous avons signalé autrefois dans les Etudesi^i^l^ et 1880) le» 
intéressants volumes intitulés: la Grèce et V Orient en Proi>ence 
et la Provence maritime^ ancienne et moderne. C'est avec grand 
plaisir que nous présentons maintenant à nos lecteurs la publica- 
tion bien plus considérable que M. Lcnthéric a consacrée au 
Rhône. Et nous sommes heufeux de rendre hommage une fois 
de plus au talent avec lequel le savant ingénieur sait présenter 
les informations d'une science sûre et d'une érudition variée, sous 
une forme toujours claire et agréable. 

M. Lenthéric a entrepris d'écrire l'histoire de notre beau 
fleuve du sud-est, « comme on écrit celle d'un homme ou d'un 
peuple, d'une famille ou d'une dynastie. Un fleuve est en effet un 
organisme véritable, une personnalité réelle. Il a son développe- 
ment et sa vie propres. 11 a commencé h l'origine des temps; il 
se transforme à travers les âges; il se modifie à chaque instant 
sous nos yeux, d Quelques termes dans ces assertions paraîtront 
hardis; mais ils sont plus vrais qu'il ne semble d'abord. M. Len- 
théric le fait bien voir. 

Nous ne saurions ici analyser en détail son étude si complète. 
On pourra entrevoir ce qu'elle renferme par cette brève et trè» 
exacte esquisse préliminaire, qui termine la préface : « Com- 
mencer l'étude de la vallée à l'origine des temps et la conduire 
jusqu'à nos jours, — suivre le fleuve par étapes, depuis la région 
sereine des glaciers où il prend sa source, jusqu'aux immenses 
lagunes de son delta, — décrire, h travers les siècles, les varia- 
tions de son cours, de son lit, de sa flore, de son climat, — ra- 
conter la naissance et le développement, la prospérité ou la dé- 
cadence des villes échelonnées sur ses rives, — exposer le rôle 
politique, économique et social qu'il a joué depuis la plus haute 
antiquité jusqu'à l'époque moderne, rappeler les principaux sou- 
venirs mêlés à son existence, — étudier en un mot le Rhône dans 
la nature, dans l'espace et dans le temps, » — voilà ce que 



12i ÉTUDES 

M. Lenthéric a « tenté », dit-il ; mais il a fait mieux que le tenter, 
il l'a exécuté d'une manière « vraiment mao-istrale ». 

Il « n'a pas la prétention de faire œuvre de savant ou d'éru- 
dit » ; mais il a fait une œuvre foncièrement savante et érudite, 
bien qu'elle soit accessible à tous les lecteurs et que tous puis- 
sent la lire avec plaisir et profit. Le trop modeste écrivain ajoute : 
« Le spécialiste, à quelque branche qu'il appartienne, — archéo- 
logue, artiste, ingénieur, géographe, historien, — ne trouvera 
rien dans ce livre qu'il ne sache déjà ; » — eu ce qui concerne 
sa « branche » , peut-être ; mais il y pourra néanmoins récolter 
plus d'une connaissance utile. Il y a souvent avantage même pour 
les ingénieurs à consulter l'histoire et l'archéologie, et les « spécia- 
listes » qui se sont voués à ces dernières parties ne sauraient sans 
détriment négliger le secours des sciences à objet plus matériel. 
Chaque chapitre du livre de M. Lenthéric fournirait la prexive de 
ces vérités. Tous ceux qui le liront avec attention admireront 
particulièrement le talent avec lequel il mène de front l'étude de 
la nature physique et la recherche historique, et le bonheur avec 
lequel il les combine et tire de leurs lumières réunies la solution 
des problèmes les plus divers. 

Nous n'insisterons pas sur quelques points accessoires, où nous 
avons été moins satisfait : par exemple, sur la note trop longue 
et trop indulgente, à notre avis, qui est consacrée à l'hypothèse 
des préadamites (t. I, p. 49-51); sur certaines phrases où l'expres- 
sion dépasse, croyons-nous, la pensée de l'auteur (I, p. 139: 
« Tout était local, fiscal et oppressif au moyen âge. ») Nous n'ai- 
mons guère non plus le renvoi à une « belle page » des Apôtres de 
Renan, bien qu'il n'y soit question que des collegia de l'ancienne 
Rome. Enfin, on doit s'attendre à ce que les réminiscences his- 
toriques soient parfois peu édifiantes, même où il s'agit de la 
cour papale d'Avignon ; c'est la faute du sujet, et l'auteur n'a pas 
en général chargé l'histoire. 

Puissions-nous avoir réussi, dans ce compte rendu forcément 
trop sommaire, h donner quelque idée du mérite et de l'intérêt 
multiple de cette belle publication! Signalons, pour finir, les 
cartes, les plans de villes et d'autres planches qui contribuent 
aussi à rendre facile et agréable ce voyage le long du Rhône, à la 
suite du savant et sympathique auteur. J. BRUCKER, S. J. 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 123 

LITTÉRATURE 

ROMANS 

La Bible dans Racine, par l'abbé L. Cl. Delfour, docteur es 
lettres. Paris, Leroux, 1891. In-8, pp. xxv-211. 

Dans cette thèse fort intéressante, fort érudite, qui lui a mérité 
le bonnet de docteur, M. l'abbé Delfour nous montre, une fois de 
plus, comment notre dix-septième siècle, avec sa merveilleuse 
floraison de grands hommes et d'oeuvres immortelles, est pour le 
lettré, le philosophe, le chercheur, une mine sans fond. La 
Bible et le dix-septième siècle ont récemment fourni deux sujets 
de thèses remarquables : Bossuet et la BibU, par le P. de la 
Broise, et la Bible dans Racincy que nous analysons ici. Proba- 
blement d'autres habiles chercheront et trouveront encore à gla- 
ner dans ce champ, à exploiter ce filon. 

Au dix-septième siècle, on lisait la Bible; les bons chrétiens 
récitaient le psautier ou rolfice ; Corneille disait son bréviaire ; 
« le clergé, l'aristocratie et l'élite de la bourgeoisie» pratiquaient 
sans cesse la Yulgate (p. xi); les petits bourgeois et le peuple 
avaient entre les mains des versions approuvées du Nouveau 
Testament ; Bossuet, à lui seul, distribua 50 000 exemplaires 
du Nouveau Testament, traduit par Amelotte (p. xii). 

L'Ecriture Sainte était alors vraiment par excellence « le 
Livre ». Elle entrait dans la conversation des salons, comme 
dans la chaire; les enfants l'apprenaient parcœur; des mourants 
pieux, comme Fcnelon, voulaient en entendre des passages, 
jusqu'à leur dernier soupir. 

La Bible, ses enseignements, ses paroles, les faits, les textes, 
pénétraient la société chrétienne et la littérature, qui n'était pas, 
comme on parlait en ce temps-là, « fiction » et « jeu d'esprit ». 
Aussi nous scmble-t-il aujourd'hui presque inconcevable, mais 
surtout grandement regrettable, que Corneille et Racine, tous 
deux si profondément croyants, n'aient pas plus souvent 
honoré les belles pages des saints Livres d'un eflort de leur 
puissant et respectueux génie. 

Racine leur emprunta Esther^ Athalie et quelques Cantiques 



126 ÉTUDES 

spirituels; pas autre chose. C'est beaucoup pour sa gloire : cène 
serait peut-être pas tout à fait assez pour une longue étude sur 
la Bible dans Racine. Aussi M. l'abbé Delfour a-t-il un peu, à sa 
façon et avec une adresse ingénieuse, imité Simonide célébrant 
les exploits de Castor et Pollux, à propos de l'athlète inconnu 
Scopas : « matière infertile et petite », disait La Fontaine; et 
le bonhomme ajoutait malignement que l'éloge des illustres fils de 
Léda « faisait les deux tiers de l'ouvrage ». Telle est, toute pro- 
portion gardée, la méthode de M. Delfour. Racine, avec ses 
deux tragédies bibliques, que M. Delfour étudie à fond, dans les 
moindres recoins et détails, n'est, si j'ose ainsi parler, qu'un 
admirable prétexte, et ses œuvres, un très riche canevas. Sur 
ce canevas et tout autour, l'auteur brode des idées neuves, des 
aperçus nombreux et variés, touchant la Religion juive^ la Loiy 
\e Prophétisme, le Sacerdoce, la Poésie lyrique, oratoire, élégia- 
que de l'Écriture : d'où il établit que Racine n'a pas trop méconnu 
le génie hébraïque, même en habillant les personnages bibliques 
k la française, comme il habillait Agamemnon à la Louis XIV et 
les Turcs de Bajazet k la dernière mode de Paris. 

Sur la religion, le prophétisme et le reste, le futur docteur 
consulte la docte Allemagne, y compris Renan, traducteur et 
compilateur des compilateurs allemands : il le fallait, pour une 
thèse qui doit nécessairement avoir des allures savantes et ne 
point trop dépayser Messieurs les juges universitaires. Nous 
sommes d'ailleurs heureux de constater avec quelle science et 
quel bon goût M. Delfour relève, en maint endroit, les bévues, ou 
mieux les ignorances voulues de Renan. 

Mais si le poète d'Esther et d'Athalie a passablement compris 
le génie biblique, a-t-il aussi bien saisi et rendu la poésie des 
saints Livres? A cet égard, la réponse de M. Delfour est catégo- 
rique et hardie : « Le poète n'a rendu ni la familiarité, ni le réa- 
lisme, ni l'énergie, ni la hardiesse, ni la crudité grandiose, ni 
l'enthousiasme, ni le sublime des auteurs sacrés. » (P. 106 et 
suiv. ) Cela revient à dire : Racine a compris, mais il a assez mal 
traduit. Certes, il serait plus exact de dire, comme tout le monde : 
Racine a traduit magnifiquement, à sa manière; il a fait très 
grand et très beau, mais autrement. Le critique érudit de la 
Bible dans Racine le donne à entendre ( p. 120-124) ; il aurait 
pu appuyer. Le jugement de Sainte-Beuve, en cette matière, est 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 137 

d'une justesse singulière : « Racine, dans Athalie fdit-\\, a égalé 
les grandeurs bibliques ; et il les a égalées avec des formes 
d'audace qui lui sont propres, c'est-à-dire toujours amenées et 
revêtues. » [Port-Royal^ t. VI, p. 144-151.) Au temps de Ra- 
cine, on ne visait point à copier, dans le détail, l'art de tel pays, 
de telle date ; on faisait de \'art humain, dans la plus haute 
acception du terme. « Si Racine, dans le temple d'Athalie, dit 
encore Sainte-Beuve, a moins rendu le vestibule^ c'a été pour 
mieux rendre le sanctuaire... Racine a peu parlé de l'oeuvre 
d'Hiram et des soubassements de la mer d'airain ; il n'a pas pris 
plaisir à épuiser le Liban comme d'autres à tailler dans le mont 
Athos... Le temple juif vu par l'œil chrétien, le culte juif atten- 
dri par l'idée chrétienne,... voilà bien le sens d'Atha/ie. » ( Ibid., 
passim.) C'est là le vrai point où il faut se mettre pour voir, 
pour comprendre, pour sentir, pour apprécier ces merveilles. De 
tout autre point, on n'aperçoit que des colonnes, des angles, des 
fioritures : mais non pas l'ensemble des magnificences bibliques, 
reproduites par un grand poète chrétien du dix-septième 
siècle. 

M. Delfour a tout lu ; il se souvient de tout ; tous les livres 
d'histoire, de littérature, d'exégèse, écrits depuis Moïse et depuis 
Racine, lui sont connus ; il cite tout ; il ramène à son sujet toutes 
les allusions tant anciennes que modernes; tous les noms propres 
lui viennent au bout de la plume, les plus fameux et les plus or- 
dinaires, jusqu'au nom de Tolstoï, d'AthanaseCoquerel ; descen- 
dons : jusqu'à celui de Sarcey, voire de Richepin,de Bourget, de 
J. Lcmaistre et tutti quanti. Le panache du brave Abner (Abner 
avail-il un panache?) lui remet eu mémoire comment « le jeune 
empereur d'Allemagne, Guillaume II, laissa gauchement tomber 
son casque devant le pape Léon XIII ».(P. 147. ) On ne s'atten- 
dait guère... 

M. Delfour est vraiment contemporain de tous les iges, et Ton 
peut lui appliquer à lui-même ce qu'il écrit de Racine : « Racine 
avait bien de l'esprit. »( P. 231.) N'avions-nous pas raison enfin 
d'affirmer qu'il y avait du Simonide dans ce sympathique et très 
savant docteur es lettres ? Aussi, à propos de sa thèse, nous ré- 
péterons avec une entière sincérité le mot d'Horace, légèrement 
estropié, à la page 97 : Verum ubi plura nitent^... non ego pau- 
cis... — La Bible dans Racine n'est pas seulement une thèse, 



128 ÉTUDES 

c'est une œuvre : beaucoup de science, de lecture, de goût et de 
style. V. DELAPORTE, S. J. 

Grammaire hébraïque élémentaire, par Alphonse Chabot, 
curé de Pithiviers. 3® édition, revue et corrigée. Fribourg- 
en-Brisgau, Herder, 1889. In-8, pp. 128. 

C'est un peu tard de célébrer en 1893 une publication qui date 
de 1889. Mais que ne ferait-on pas pour l'amour de l'hébreu ? 

Il a paru dans ces dernières années un bon nombre de gram- 
maires hébraïques élémentaires, et il ne semble pas qu'elles se 
gênent les unes les autres, si l'on en juge par celle de M. l'abbé 
Chabot, qui en est arrivée à sa troisième édition. C'est là un fait 
à retenir et que l'on pourra donner comme réponse à ceux qui 
nous accusent de négliger les études hébraïques. 

La grammaire de M. l'abbé Chabot fait abstraction presque 
complètement des systèmes plus ou moins fantaisistes qui encom- 
brent la phonétique et la morphologie des grandes grammaires : 
il faut en féliciter l'auteur. Des faits grammaticaux, groupés par 
séries bien.distinctes, clairement rendus, sans trop de détails ni 
trop de brièveté : voilà ce qu'il faut donner et ce que donne en 
réalité aux commençants notre docte hébraïsant. Aussi je ne 
m'étonne pas du succès qu'obtient son travail, et c'est de tout 
cœur que je le recommande aux élèves de nos grands séminaires 
de France. L. MÉCHINEAU, S. J. 

I. — L'Espoir chrétien, par Henri Guvillier. Paris, Retaux, 
1892. In 12, pp. 130. Prix : 1 franc. 

I — Le Départ des jeunes Croisés. Drame en un acte en 
vers^ par F. Le Dorz. Paris, Retaux, 1893, In-18, pp. 35. 

III. — Simples poèmes, par Auguste Bertout. Paris, Sau- 
vaitre, 1892. In 18, pp. viii-342. Prix : 3 fr. 50. 

IV. — Bonne nouvelle. Poésies diverses^ par Pierre Lebrun. 
Tours, Gattier, 1892. In-18, pp. 284. 

V. — Rêves d'automne, par André Besson. Paris, OllendorfF, 
1892. In-12, pp. 71. Prix : 1 fr. 50. 

Vï. — Pièces pour jeunes gens : Sainte Clotilde, drame en 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 

trois actes, par l'abbé Lemeunier (1 fr.) ; la Fille du son- 
neur de cloches^ comédie en deux actes, par Gh. Le Roy- 
ViLLARS ( 1 fr. ) ; les Petits cailloux, comédie en un acte, 
par Louise d'Estréelles (80 cent. ) ; la Vocation de Poque- 
lin ou Molière à vingt ans, comédie en un acte, par Arthur 
Bernède ( 1 fr.); le Poignard, drame en un acte, par Théo- 
dore Botrel ( 1 fr.) ; le Spectre de Châtillon, drame en trois 
actes, par Albert Coupard (1 fr.); les Piastres rouges, 
drame en trois actes, par Ch. Le Roy-Villars (Ifr. ); la 
Salle de police, saynète, par Antony Mars (80 cent.) ; /e 
Docteur Oscar, comédie en un acte, par Antony Mars ( 1 fr. ). 
Paris, Bricon. Brochures in-18 raisin. 

VII. — Les Voix du passé, poésies, par Jehan Marbeuf. 
Paris, Lecoflre ; Nantes, Libaros, 1893. ln-12 carré, pp. 136. 

I. — Espoir chrétien est un beau titre; l'auteur est jeune, il 
promet et ii espère ; il espère de belles choses ; il en rêve de 
plus belles encore ; par exemple, il voit, en un songe tout doré, 
la tour Eilfel changée en un calvairt gigantesque, dressant la 
croix à 300 mètres dans le ciel de Paris. Voilà des rêves qui 
montent haut et qui vont vite. Peut-être les poètes jeunes vont- 
ils un peu trop vite aussi dans l'azur; presque toujours, les bons 
poèmes sont comme les bons fruits : ils mûrissent lentement au 
soleil d'été; sinon, pour ceux-ci, gare le ver! pour ceux-là, gare 
la prose ! Que M. Cuvillier garde toujours ses fières espérances, 
et qu'il mûrisse longuement ses généreuses inspirations, a l'om- 
bre de son pupitre. Ses inspirations y gagneront en vigueur, ses 
idées en fermeté, son style en souplesse. 

II. — Le Départ des jeunes Croisés est un tableau plutôt qu'une 
pièce; mais un tableau bien vivant, émouvant, capable d'en- 
thousiasmer, dans un auditoire de collège, les âmes généreuses 
de quatorze h dix-huit ans, les enfants chrétiens et vaillants 
comme ceux qui jadis, au douzième siècle, s'en allaient guer- 
royer contre le Turc et « délivrer le sépulcre du Sauveur ». Les 
petits barons mis en scène par M. Le Dorz sont bien de la race 
et lignée de ces adolescents héroïques, 

Tous dévorés du fea des dévoûments sublimes. (P. 11.) 
Ils expriment de fiers seutiments, ils ont de Pélan vers les no- 



130 ÉTUDES 

bles « emprises », et ils débitent de jolies tirades, soutenues ou 
animées par la musique du barde breton Louis Tiercelin. A l'au- 
teur sympathique et habile de cette bluette patriotique, je ne 
ferai que deux toutes petites remarques, en preuve du soin qu'on 
a pris de le lire. A la page 10, il a oublié deux rimes; et vers la 
fin, son action marche avec une rapidité à donner le vertige : on 
a peine h suivre. L'effet serait plus saisissant et irrésistible si l'on 
avait le temps de respirer. Mais telle qu'elle est, cette œuvre 
mérite qu'on applaudisse et qu'on souhaite des imitateurs aux 
Jeunes Croisés, sergents précoces et bien disants du roi Jésus- 
Christ. 

in. — « Il est impossible de lire les Simples Poèmes sans 
éprouver une vive sympathie pour leur auteur. » C'est la feuille 
de réclame, jointe au volume de M. Bertout, qui nous l'affirme ; 
et il serait peu poli de la contredire de but en blanc ; mais il est 
toujours bon de raisonner ses sympathies. Du reste, le portrait 
majestueux qui figure en tête des Simples Poèmes prédispose le 
lecteur en faveur du poète ; bien que le poète, imitant Boileau, 
voire le renforçant, déclare en certain endroit que l'homme, 
c'est-à-dire chacun de ses lecteurs, est un 

Animal faible et nul, un idiot, en somme. (P. 19.) 

Cela ne laisse point que de refroidir un peu ; mais passons 
plus outre. 

En lisant les Simples Poèmes, on a vite fait de découvrir que 
M. A. Bertout, « commandant d'artillerie en retraite », pointe et 
lance de tous côtés la mitraille de ses rimes contre les cléricaux, 
le catéchisme, la confession, l'Ecriture Sainte, le « Droit canon », 
Notre-Dame de Lourdes, l'ancien régime. Grâce à Dieu, la mi- 
traille est menue et assez inoffensive ; l'artillerie du poète porte 
moins loin que celle du commandant; bien que le poète ne se 
tienne point pour un mortel ordinaire, et qu'il dise, en se consi- 
dérant avec une légère complaisance, peut-être avec présomption : 
Je... me crois l'égal de Dieu même. (P. 44.) 

Malgré cela, l'énigme de l'âme des bêtes l'afflige et l'inquiète 
(p. 30 et suiv.) ; heureusement, il est mieux renseigné sur le 
compte des monarques : 

Ces rois, ces empereurs, n'ont que l'intelligence 
Du mal. ( P. 109. ) 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 131 

C'est peu; mais le rejet est beau. Que si le raffinement du 
rejet vous échappe, écoutez ces déclarations sans artifice : 

Le prêtre avec le roi, l'empereur et le prêtre, 
Épouvantable et vieille association. (P. 111.) 

Quels projectiles et quelles fusées! M. A. Bertout ne connaît 
qu'une date glorieuse dans toute l'histoire, le 14 juillet 1789; 
c'est le « jour de gloire », c'est le grand jour, le jour des jours, 
— en attendant 1793, qui est une année superbe, composée 
de jours uniques, et fière de ses hommes non moins uniques ; 
car enfin, ils sont « tous des géants... à la puissante encolure ! » 
Quel bloc ! 

Toutefois la sympathie de M. A. Bertout pour Marat et Ro- 
bespierre diminue quelque peu celle que la feuille de réclame 
nous demande pour l'auteur des Simples Poèmes. Les feuilles de 
réclame sont peut-être, elles aussi, des « conquêtes » de 89 ; 
mais elles gênent notre liberté de critique. Les vers de neuf 
pieds des Simples Poèmes sont-ils aussi une conquête sur les prê- 
tres, les rois et toutes les « vieilles associations » ? Je ne sais. 

Que dire des petites gaudrioles sur des petits sujets tendres et 
langoureux? — Franchement, M. A. Bertout, qui a de l'esprit, 
pourrait beaucoup mieux employer les loisirs de sa retraite et 
la vie que Dieu lui a conservée sur les champs de bataille. Les 
lauriers militaires sont infiniment préférables à ceux que l'on 
cueille dans les journaux, grâce aux feuilles de réclame. 

IV. — La Bonne Nouvelle est un bon et honnête livre qui 
renferme quarante-cinq poèmes rimes par un peintre de talent. 
M. Pierre Lebrun les a glanés de çà et de là, mais surtout à tra- 
vers l'Évangile, qu'il traduit ou paraphrase; d'où le titre Bonne 
Nouvelle. Tout le volume est inspiré par les meilleurs sentiments. 
M. le marquis de Ségur écrit à l'auteur: « La plume comme le 
pinceau à la main, vous êtes peintre et poète, et vos poèmes évan- 
géliques sont des tableaux, comme vos tableaux sont pour la plu- 
part des hymnes et des cantiques. » Nous ne voulons rien ajouter 
à cette louange délicate. 

V. — Les Rêves d' automne ont des teintes, ou plutôt des cou- 
leurs de printemps ; c'est le mois d'avril plutôt que le mois d'oc- 
tobre; le rêveur qui a rimé ces dix-neuf poèmes a-t-il doublé le 
cap de ses vingt ans? Je l'ignore. Mais il est, certes, à cent lieues 



132 ÉTUDES 

de l'automne où son imagination se berce dans les brumes et 
froisse les feuilles mortes. Parfois (preuve évidente de jeunesse), 
il frôle de l'aile certains sujets qui sentent trop les « dangereuses 
rêveries» que blâme Bossuet; par bonheur, il passe, il monte, il 
s'en va chanter Plus haut, dans le bleu du ciel. Il imite les hi- 
rondelles, alignées sur un fil du télégraphe, en tête de son petit 
petit volume vert ; les hirondelles vont fuir les brouillards d'au- 
tomne et partir pour le pays delà lumière. Souhaitons à M. André 
Besson les « ailes » h la Ruckert ; qu'il prenne l'essor et ne s'ar- 
rête pas à mi-chemin. 

VI. — Sainte Clotilde, la Fille du sonneur de cloches, les Petits 
cailloux, sont trois honnêtes pièces pour un théâtre de pension- 
nat ; la première, un drame envers; les deux autres, comédies en 
prose. C'est un axiome évident et cent fois justifié, depuis le 
temps de Racine et de Mme de Maintenon, que ce n'est point chose 
facile d'écrire des tragédies à l'usage des demoiselles ; les chefs- 
d'œuvre en ce genre n'éclosent point comme les pâquerettes. 
Presque tout est fade et misérable. Parmi les trois pièces que 
nous signalons, il faut distinguer les Petits cailloux, imitation très 
moderne, mais très morale, de l'A^^are; point banale ni mièvre, 
avec les caractères bien dessinés et des leçons utiles; l'autre 
comédie ne serait pas mauvaise si elle était vraisemblable : il 
est vrai qu'il arrive tant de choses qui le sont si peu ! — La 
Vocation de Poquelin, autant vaut dire de Molière, estune comédie 
envers; en fait de comédie et de vers, elle vient tout juste au- 
dessous de la médiocrité. — Le Poignard est comme le premier 
éclair d'un jeune talent; la pièce n'existe point; mais on y devine 
une sorte d'ébauche de situations pathétiques. — Dans le Spectre 
de Chdtillon, la pièce existe moins encore ; il n'y en a pas trace : 
c'est à peine si l'on y entrevoit un dialogue. — Les Piastres 
rouges! voilà un titre qui sonne et qui flamboie ; voilà un drame 
espagnol, de brigands, de juifs, de grands seigneurs paillards et 
pillards ; œuvre d'un véritable talent, vivante, gaie, émouvante, 
terrible même : de l'or, du poison, du mystère, du sang! Carac- 
tères nettement marqués, dialogues enlevés, malgré certaines 
longueurs. Sur une scène de collège, ou mieux, de patronage, les 
Piastres rouges auraient du succès • et comme, au dénouement, 
le gueux et abominable juif, l'empoisonneur de chrétiens, 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 133 

Manassès, est pris a son propre piège, la pièce devient une 
actualité, — Avec la Salle de police^ nous revenons à la comédie, 
plus exactement à la pochade. Farce de caserne, assez drola- 
tique, genre Chapuzot, avec une moralité brusque, mais louable ; 
le tout assaisonné de sel à gros grains. — Le Docteur Oscar 
est beaucoup plus raffiné; c'est de la vraie comédie. On pourrait 
intituler cette bluette : « l'École du mensonge » ; mais l'intrigue, 
sans être bien compliquée, est bien conduite; le dialogue pétille 
de verve et d'esprit; c'est peu relevé, mais cela fait rire, d'un bon 
rire. A la fin, le papa trompé prend fort joliment sa revanche du 
fils trompeur : malgré les mensonges par trop multipliés, la 
conclusion est morale, ou peu s'en faut, et tout est bien qui finit 
bien. 

VII. — Les Voix du passé sont de bien douces voix, pures, 
harmonieuses, consolantes. Elles nous parlent de bien nobles 
choses, des vieux siècles de foi, de la vieille France, de la vieille 
Armoriquc, de la Vendée « géante », vieille de cent ans. Au 
bas d'une page de la préface, on apprend que le poète a écouté 
ses Voix au bord de l'Erdrc, pour ainsi dire aux confins de la 
Bretagne et de la Vendée, en un lieu 'béni qui fournissait un 
asile sûr aux prêtres fidèles, pendant l'orage de sang de 93. 
C'est de là que M. Jehan Marbeuf s'adresse aux jeunes gens 
des deux contrées, aux héritiers des héros qui ont grandi en 
Armor et dans le Bocage : 

O soldats de Charette, A fils de Duguesclin !... ( P. 71 .) 

L'auteur dos V^ni.r du pusse aime les jeunes gens, dont il fut 
aimé : car, il le dit lui-même, il fut maître de la jeunesse chré- 
tienne ; et l'on sent, en le lisant, que ses inspirations lui sont 
venues entre des murs studieux, » l'ombre d'un sanctuaire, près 
d'un autel. Aux adolescents qu'il veut ancrer et aflermir dans 
la foi et le dévouement à la patrie, il rappelle sans fracas, en 
un langage simple, intelligible, parfois vibrant, les beaux jours 
où l'on croyait et combattait, les beaux noms des preux guer- 
royant jadis sous l'oriflamme, et naguère, comme le comte de 
Bouille (p. 79), sous l'étendard du Sacré-Cœur. Par contre, 
il flétrit avec l'indignation qui fait les vers éloquents, les 
hontes et les crimes qu'on veut travestir en gloires « modernes »; 



134 ETUDES 

comme aussi la liberté moderne^ en laquelle il a peu, très peu 

de confiance : 

Cette liberté qu'on encense 
Est une insulte à la raison : 
Pour le crime, c'est la licence, 
Pour la vertu, c'est la prison. 

Yous dites que nous sommes libres, 
Dans votre langage moqueur ; 
Et vous brisez toutes les £bres 
Qui faisaient battre notre cœur... 

(P. 121-122. ) 
En somme, une soixantaine d'aimables poèmes, serrés les uns 
contre les autres entre ces deux couvertures cendrées; tous animés 
d'un souffle chrétien et français ; vrais échos « du Passé », voix 
du patriotisme, de la prière, de l'espérance. Ce n'est point banal, 
en l'an de grâce 1893. 

V. DELAPORTE, S. J. 

I. — Les Filles du médecin, par de Buxy. Paris, H. Gautier, 
1893. In-12, pp. 320. Prix : 3 francs. 

II. — Filles à marier, par H. Bister. Paris, H. Gautier, 1893. 
In-12, pp. 248. Prix : 3 francs. 

III. — Frère l'âne, par Ed. Goz. Paris, H. Gautier, 1893. In-12, 
pp. 315. Prix : 3 francs. 

I. — Le premier de ces romans est un petit chef-d'œuvre, et 
nous ne saurions trop en louer le fond et la forme ; tout y est 
délicat, gracieux, édifiant. Le D*" Fabreau n'a que deux filles ; il 
les élève dans la crainte de Dieu et l'amour du prochain. Renée, 
sa fille aînée, est le type du dévouement le plus modeste et le plus 
persévérant; sa vie de jeune fille s'est passée h embellir l'existence 
de son père et h se montrer la sœur la plus aimante pour Denise, 
sa cadette. Elle épouse un ingénieur distingué et intelligent. De- 
nise, quoique bonne, n'atteint pas à la perfection de sa sœur, elle 
gaspille souvent son temps en des amusements frivoles, jusqu'au 
jour où, vaincue, convertie par les exemples de sa sœur aînée, elle 
devient une femme sérieuse et l'heureuse épouse de Remy, son 
ami d'enfance. 

Si nous nous plaisons à relever les mérites de ce roman, c'est 
qu'il est plus que rare de ne trouver rien à redire dans ces œuvres 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 135 

d'imagination. L'auteur a su comprendre, et nous l'eu félicitons, 
que le premier devoir de tout écrivain est de porter en haut les 
âmes de ceux qui le lisent. 

II. — Dans Filles à marier, nous rirons peut-être jusqu'aux 
éclats. Mais là sera tout le fruit moral du livre. Mme Damelle, 
femme d'un négociant en fer, est un type du plus haut comique. 
Elle est nantie de sept filles, toutes portant un nom ayant un J 
comme initiale, afin de ne pas démarquer les layettes. Femme à 
principes, elle veut marier sa fille aînée la première, et pour ce, 
la traîne de salons en salons et de plages en plages, jusqu'à ce 
qu'elle lui déniche le mari le plus invraisemblable qui se puisse 
rêver. 

III. — Avec Frère VAne^ nous rentrons dans un genre plus 
moralisateur. « Frère l'Ane », c'est notre corps, selon l'expres- 
sion de saint François d'Assise, corps qu'il faut mater. C'est à 
quoi réussissent, malgré mille difficultés, et le gentilhomme Hu- 
gues de Valbert et le vagabond Loustaud, grâce à l'intervention 
d'un des héros du livre, Luc Lauroy. 

* Ce livre, écrit dans un esprit excellent, a sa place indiquée 
dans les bibliothèques paroissiales. A. LEFÈVRE. 

Manjo le Guérillero, par le lieutenant-colonel de Beaure- 
TAïuE. Paris, T6qui, 1892. In-12, pp. 352. Prix : 3 francs. 

Ce livre fait suite â Jérôme le trompette^ du même auteur (v. 
Partie bibliographique des Études, novembre 1891). Cette fois 
encore nous sommes en Catalogne; mais en 1813, o'est-à-dire 
quatre ans après le récit précédent. 

On retrouve ici les mêmes qualités de style : vigueur, sobre 
élégance, rapidité, intérêt grandissant. Peut-être pensera-t-oD 
que les moyens mis en œuvre pour captiver et maintenir cet inté- 
rêt ne difTcrcnt pas suffisamment de ceux qui ont été employés 
dans Jérôme; mais que d'autres, s'ils le jugent bon, en blâment 
l'auteur; je sais, pour ma part, tel pauvre éclopé qui, forcé de 
garder la chambre, doit à ces deux ouvrages d'avoir passé quel- 
ques bons quarts d'heure. E. VANGEON, S. J, 



SOMMAIRES DES REVUES 



Nous donnons ces sommaires à titre de renseignements biblio- 
graphiques ; mais nous n'entendons nullement par là recommander 
les Revues elles-mêmes. 



PÉRIODIQUES FRANÇAIS 



Annales de philosophie chrétienne 
(Paris, rue des Grands-Augustins, 7). 

— Janvier. — Deux nouveaux so- 
phismes sur le temps (fin), G. Sorel. 

— Le sommeil ; étude de psycho- 
physiologie, Z)' Surbled. — La per- 
sonnalité de Dieu et la critique con- 
temporaine; la thèse, V. Erinoni. — 
A propos de la suggestion dans l'art, 
G. Lechalas. 

Association catholique (Paris, bou- 
levard Saint-Germain, 262). — 15 
février. — Introduction aux études 
sociales, marquis de La Tour-du- 
Pin Chambly. — Un impôt sur la 
spéculation au xviii^ siècle, G. — 
Syndicats professionnels, L. Dela- 
lande. — Le salaire (fin), V. de Ma- 
rolles. — Lettre sur l'Italie, G, de 
Pascal. 

Bulletin archéologique et histo- 
rique de la Société archéologique de 
Tarn-ct-Garonne{Monla\ihan), — An- 
née 1892. 4» trimestre. — Une con- 
frérie au XVII* et au xviii' siècle, 
abbé Bouysson et S. Strowski. — 
Les plaques de foyer, baron de Bi- 
vières. — Le général Séatelli. 

Bulletin de la Société générale 
d'éducation et d'enseignement (Paris, 
rue de Grenelle, 35). — Janvier. — 
L'enseignement primaire chrétien 
dans l'ouest, G. Martin. — La popu- 
lation scoliiire dans les lycées oL col- 



lèges de l'État, P. ra/o«. — L'orphe- 
linat agricole de Béthanie, F, A. — 
Chronique des comités et des œuvres 
d'enseignement chrétien, E. P. — 
Actes et documents officiels. — Essai 
d'une bibliographie historique de 
l'enseignement supérieur et secon- 
daire en France avant la Révolution 
(suite), A. Silvy . 

Bulletin de l'Institut catholique 
de Paris (Paris, rue Cassette, 15). — 
Janvier. — Assemblée solennelle du 
16 novembre 1892. Rapport sur les 
travaux de l'Ecole des lettres, M. 
Bagon. — Rapport sur les travaux 
de l'Ecole des sciences, M. de Lap- 
parent . — Discours du recteur, 
Mgr d'Hulst. 

Comptes rendus de l'Académie des 
sciences (Paris, quai des Grands- 
Augustins, 55). — 16 janvier. — Des 
mouvements de natation de la raie, 
Marey. — Recherches microscopiques 
sur la contractilité des vaisseaux 
sanguins, L. Banvier. 

23 janvier. — Notice sur Nicolas 
de Kokscharow, Daubrée. — Contri- 
bution à l'étude de la fonction de 
l'acide camphoriqne, A. Haller. — 
Sur le pouvoir pepto-saccharifiant 
du sang et des organes, B. Lépine. 

30 janvier. — Sur quelques objets 
en cuivre de date très ancienne pro- 
venant des fouilles de M. de Sazec 
en CÎKildée, Berthelot. — Sur les 



SOMMAIRES DES REVUES 



137 



rariations diurnes de la gravité, Mas- 
cart. — Sur la statistique solaire 
de l'année 1892, R. Wolf. — Sur le 
microbe de la péri-pneumonie conta- 
gieuse des bovidés, S. Arloing. 

6 février. — Sur les variations 
dans l'intensité de la gravité ter- 
restre, d'Abbadie. — Sur la prépa- 
ration du carbone sous une forte 
pression, H. Moisson. — Sur la 
reproduction du diamant, C. Friedel. 
— Sur la pathologie du diabète, A. 
Chauveau et Kaufinann . — Sur les 
progrès de l'art de lever les plans à 
l'aide de la photographie en Europe 
et en Amérique, A. Laussedat, 

Correspondant (Paris, rue de l'Ab- 
baye, 13) . — 25 janvier. — La ques- 
tion biblique, ilf^r «/'//«/.îf, — Dou- 
dan. Lettres inédites à M. dcBacourt, 
comtesse de Mirabeau. — Le mouve- 
ment socialiste en Europe, C. Jan- 
net. — Mme Corentine (fin), R. 
Bazin. — Le préaident Hénault, 
d'après des lettres et des mémoires 
inédits, L. Perey. — Le Japon d'au- 
jourd hui, P. Bruley des Varannes. 

— Une page d'histoire. Le procès de 
Louis XVL Poésie, G. David. — 
Mgr Dupanloup et le concile du 
Vatican. 

10 février. — L'Académie fran- 
çaise et le code de l'Institut, A. Lan- 
glois. — Doudan. Lettre* inédites à 
M. de Bacourt (fin), comtesse de 
Mirabeau. — L'Afrique inconnue. 
Au Kilima-Ndjaro, Mgr A. Le lioy . 

— La philosophie médicale. H. Joly. 

— Un mécène de l'érudition. Peiresc 
et ses lettres (fin), E. de Broglie. — 
Les livres. Histoire, L. de Lanzac 
de Lahorie. — Revue des sciences, 
H. de Parvitle. 

Cosmos (Paris, rue François I»', 
8), — 21 janvier. — Lourdes et la 
Salpêtrière. — Nouvelles archéo- 
logiques de Jérusalem, Germer-Du- 
rand. — La plus ancienne mention 
de l'éruption du Vésuve. — Le siphon 
élévateur, B. B. — L'origine du 



bronze primitif, Hamard. — Trans- 
port de l'électricité de Tivoli à Rome, 
/)' A. Battandier . — Armures et 
chevaux de Jeanne d'Arc, E. Eude. 
— Histoire d'une éruption, Z)' Bar- 
toli. 

28 janvier. — Transport de l'élec- 
tricité de Tivoli à Rome, D' A. Bat- 
tandier. — Les tortues géantes des 
Mascareignes. — Electrolyse indus- 
trielle de l'eau, de Contades. — 
Chronique photographique, A. Ber- 
thier. — Un jardin botanique soas 
les tropiques, H. Léveillé. — Revue 
de chimie, E. Maumené. — Histoire 
d'une éruption (suite). — Corres- 
pondance astronomique, /. Vinot. — 
La France en Afrique, Tardy. 

4 février. — Du restraint et du 
non-restraint. — Des mouvements 
de natation de la raie, Marey. — La 
téléphonie par induction à grande 
distance. — Effets produits par les 
courants alternatifs de grande fré- 
quence et de haute tension, F. Kira» 
mon. — Impressions de voyage dans 
le Hokkaido, Drouart de Lézi. — 
Armures et chevaux de Jeanne d'Arc 
(suite), E. Eude. — L'Etoile de 
Bethléem. — Endobasideset ectoba- 
*iAf,A. Acloque. — La vigne; point 
de départ de son expansion, Viçwa^ 
Mitra. 

11 février. — Nouvelles archéo- 
logiques, Germer-Durand. — Effets 
produits par les courants alternatifs 
de grande fréquence et de haute 
tension, F. Kiramon. — Les plaies 
du cerveau. — Le canon-torpille du 
capitaine américain Heynold, com- 
mandant Grondin. — Les bateaux 
sous-marins et le périscope, com- 
mandant Choboud-ArnauU. — Les 
hortillonnages d'Amiens, V. Bu- 
nord. — Les alcools et l'hygiène. 
— La déviation des projectiles, E. 
Ferron. — Armures et chevaux de 
Jeanne d'Arc (suite), E. Eude.» — 
Sur une nouvelle illusion d'optique, 
Delbœuf. 

18 février. — Les effondrements 
de Naples, D* A. Battandier. — 

Bibliographie, IV. - 10 



138 



ÉTUDES 



Impressions de voyage dans le Uok- 
kaido (suite), L. Brouart de Lézé. — 
Température du sous-sol, Tardy. — 
Effets produits par les courants 
alternatifs de grande fréquence et 
de haute tension (suite), F. Kéramon. 
— Le cachalot de l'île d'Oléron. — 
Labourage à vapeur. Y. Guédon. — 
Armures et chevaux de Jeanne d'Arc 
(suite), E. Eude. — Dépôts dans les 
profondeurs des mers, Daubrée. 

Économiste français (Paris, cité 
Bergère, 2). — 21 janvier. — L'or 
dans la circulation et l'or dans les 
caisses de la Banque, P. Leroy-Beau- 
lieii. — La situation présente des 
syndicats professionnels, Hubert-Val- 
leroux. — Le budget de la Russie 
en 1893, A. B. — Lettres d'Italie : 
la circulation des banques en Italie, 
V. Pareto. — Le mouvement écono- 
mique et social aux Etats-Unis, E. 
Foiirnier de Flaix. — Les discussions 
de la Société d'économie politique de 
Paris, G. Michel. — Les voyageurs 
et les tarifs sur les chemins de fer 
français et étrangers. 

28 janvier. — Le marché financier, 
la spéculation, les opérations de la 
Bourse, P. Leroy-Beaulieu. — L'eau 
dans la banlieue parisienne, P. Bobi- 
quet. — Le progrès et les desiderata 
de la Tunisie, E. Fournier de Flaix. 

— Une industrie parisienne : la 
fabrication et la vente des jouets, 
G. Michel. — Lettre d'Angleterre. 

— Affaires municipales, E. Brelay 

4 février. — La boulangerie, la 
taxe du pain et les sociétés coopé- 
ratives, P. Leroy-Beaulieu. — Le 
mouvement économique et social en 
Allemagne, M. Block. — Le com- 
merce extérieur de la France et de 
l'Angleterre pendant l'année 1892, 
/, Cousin. — L'agitation socialiste, 
G. Michel. — Le mouvement écono- 
mique aux Etats-Unis, E. Fournier 
de Flaix. — Les finances espagnoles 
en 1893, A. Hougton. 

11 février. — Le manifeste Cavai- 
gnac, P. Leroy-Beaulieu. — La ré- 



forme de l'impôt sur les boissons 
et le budget, B. Stourm. — Les 
caisses d'épargne devant le Parle- 
ment, G. Michel. — La république 
de Costa-Rica, E. Fournier de Flaix. 

— Affaires municipales, E. Brelay. — 
Lettre d'Angleterre. — Les marchés 
secondaires financiers en Allemagne 
et en France. 

Education chrétienne (Paris, rue 
de Grenelle, 35). — 21 janvier. — Le 
bilan géographique de l'année 1892, 
A.-M. G. — Contre l'enseignement 
libre, A. Aigueperse. — La compo- 
sition française : conseils pédago- 
giques, A. P.-S. — Histoire : Robes- 
pierre, L. M. 

Enseignement chrétien (Paris, rue 
Cassette, 15). — 1"' février. — La 
question des classiques chrétiens, 
réponse de M. l'abbé Garnier. — 
Explication littéraire des auteurs 
français J.-M. V. — Licence es let- 
tres. Thème grec. 

16 février. — L'exécution musi- 
cale au théâtre d'Athènes, C. Huit. 

— De la préparation à l'enseigne- 
ment (suite), abbé B. Borner. — La 
question homérique (suite), abbé G. 
Bertrin. — Concours. 

Franc-maçonnerie démasquée (Gre- 
noble). — Janvier. — Réponse à 
l'appel de Léon XIII. — La papauté 
et la franc-maçonnerie. — Lettre de 
Notre Saint-Père le Pape Léon XIII 
aux archevêques et évêques d'Italie. 

— Lettre de S. S, Léon XIII au 
peuple italien. — La justice de Dieu. 

Institut des fastes du Sacré-Cœur. 

— 5* année. 17" cahier. — La confron- 
tation des traditions - mères so- 
ciales. — Les hommages eucharis- 
tiques italiens (fin), comte E. d'Al- 
cantara. — La préparation du 
monde nouveau dans l'action sociale, 
E. de Villedieu. — Le premier 
congrès des sciences sociales à 
Gênes. 



SOMMAIRES DES REVUES 



1S9 



Journal du droit canon et de la 
jurisprudence canonique (Paris-Au- 
teuil, avenue de Versailles, 95). — 
25 janvier. — Etudes historico-juri- 
diques de droit public ecclésiastique 
et de droit canon, Mgr Satolli. — 
Des paroisses et des curés, abbé G. 
Piries. — La révolution et les liber- 
tés domestiques, S. B. C. — Etude 
sur la brochure du docteur Bou- 
quilloD sur l'éducation (suite). 

10 février. — A Sa Sainteté Léon 
XIII. — Séance d'ouverture de l'A- 
cadémic de droit canonique. — Rap- 
port sur le concours de droit cano- 
nique ouvert par l'Académie de 
Saint-Raymond de Pennafort. — Des 
sentences « ex informata conscien- 
tia », abbé Bassibey. — Étude sur la 
brochure du docteur Bouquillon 
(suite). — Actes du Saint-Siège. 

Magasin littéraire (Gand). — Jan- 
vier. — Vers l'idéalisme, H. Hoor- 
naert. — La passion catholique : 
Une âme princesse (suite), P. De- 
mode. — Flandre et Zélande, M. de 
Hacrne . — Pages mystiques, F. Van- 
den Bosch. — Une étude à faire, A. 
Solvyns. — Les « contes hétéro- 
clites », Janasens de Bitthoven. 

Nature (Paris, boulevard Saint- 
Germain, 120). — 21 janvier. — 
Distribution hydro-électrique de tra- 
vail et d'énergie électrique à Anvers, 
E. Hospitalier. — Le château de 
Saint-Cloud, G, Marcel. — Chemins 
de fer à grande altitude dans les 
Andes, L. B. — Nouveautés photo- 
graphiques, G. Mareschal. 

28 janvier. — Les steamers brise- 
glace, M. de Nansouty. — Récréa- 
tions photographiques, G. M. — 
Thermomètres pour la mesure des 
basses températures, Ch.-Ed. G. — 
L'électricité à bord des navires de 
guerre, /. Laffargue. — Les tarifs 
des chemins de fer, D. Bellet. — 
Appareil de chauffage des omnibus 
de Paris, Jf..., ingénieur. 

4 février. — Les oscillations élec- 



triques, Ch.-Ed. Guillaume. — Hé- 
mérograpbe, X..., ingénieur, — L'hip- 
pomètre, C. Crépeaux. — Les aga- 
mis ou oiseaux-trompettes, E. Ous~ 
talet. — Les vitres armées, D. Bel- 
let. 

11 février. — Écoles de natation 
à eau chaude d'hiver et d'été , 
Z)' Z.... — Voyage du commandant 
Monteil, G. Tissandier. — Photo- 
graphie, C. Château. — Les vagues 
de la mer, A. Guébhard. — Cétacés 
des côtes de France, H. Coupin. 

18 février. — Mouvements de na- 
tation de la raie, J. Marey, — Ba- 
ratte oscillante, E. Fleurent. — La 
mort apparente, /)' A. Cartax. — 
Amélioration du port de Bilbao, D. 
Bellet. — Naufrage d'un torpilleur, 
X..., ingénieur. — Travail des vélo- 
cipédistes, A, Jacquot. 

Notes d'art (Paris, rue de la Chaise, 
20). — Février. — L'art dans la 
liturgie catholique, conférence don- 
née par le R. P. Ch. Clair, S. J. — 
Saint Thomas Becket à Cantorbéry 
(suite), conférence donnée par le B. 
P. du Lac, S. /. — La décadence 
florentine (suite), A. F, Rio. 

Nouvelle Revue (Paris, boulevard 
Montmartre, 18). — 1*» février. — 
La physionomie, E. Blanchard. — 
Russes et Allemands. II. La bataille 
de JoBgerndorf, A. Rambaud. — Un 
grand prévaricateur : Bacon devant 
l'histoire, G. Lyon. — Le mouve- 
ment corporatif dans l'agriculture 
(suite), comte de Rocquigny. — Le 
cardinal Voltaire, H. Bateau. — Le 
libre groupement des peuples. No- 
vicow. — Journal intime de Charles 
Grad, J. de Barr. — La dispa- 
rition des oiseaux, L.^A. Levât. — 
Don José Zorilla, F. Loliée. — 
Henrik Ibsen, L. Daudet. — Nos 
colonies, /. Chessé, 

15 février. — L'atavisme du génie, 
Df C. Lombroso. — Elisabeth et 
Ëssex, H. de La Perrière. — De 
l'idéalisme et du réalisme dans le 



KO 



ÉTUDES 



roman (suite) . Une épopée candiote, 
S. E. Sawas pacha. — L'incident de 
la Saint-Philippe à Bucarest, prince 
G. Bibesco. — Russes et Allemands 
(suite). La conquête de la Prusse, 
A. Rambaud. — Le mouvement cor- 
poratif dans l'agriculture (suite). 
Conclusion, comte de Rocquigny. — 
La duchesse de Madrid, vicomte A. 
Maggiolo. — Le centenaire de Gol- 
doni en Italie, H. Montecorboli. — 
Nos colonies, /. Chessé. — Lettres 
sur la politique extérieure,/. Adam. 

Précis historiques (Bruxelles), — 
Février. — Le jubilé cpiscopal de 
Sa Sainteté le pape Léon XIIL — 
Les Jésuites au Congo (1548 à 1759), 
V. B. — Mission belge du Bengale, 
lettres du/*. A. Maene, S. J. 

Réforme sociale (Paris, rue de 
Seine, 54). — !«' février. — Les 
enseignements de l'heure présente, 
Ch, IVelche. — Les syndicats pro- 
fessionnels, G. Alix. — Le droit 
naturel et les faits sociaux, M. Van- 
laer. — Cours et conférences d'éco- 
nomie sociale en 1893. Programme 
du cours de M. Cl. Jannet sur la 
fortune mobilière et la spéculation. 

16 février. — La constitution de la 
famille à Paris sous l'ancien régime 
et les lettres de cachet, F. Funck- 
Brentano. — La grève de Carmaux. 
La conciliation et l'arbitrage dans 
l'industrie, A. Gibon. — Le patro- 
nage pratique. Les noces de diamant 
de M. et Mme Alfred Mame. — La 
participation aux bénéfices et la théo- 
rie du salaire, Castelein, S. J. — 
Budget et liberté, J. Angot des Ro- 
iours. 

Revue Bénédictine (Maredsous). — 
Février. — Discours de Dom Odilon 
Wolff au congrès de Mayence sur 
l'art chrétien, D. L. Janssens. — Mes 
principes et ma méthode sur la future 
édition de saint Césaire, D. G. Morin. 

— L'abbaye de Maria-Laach, C. A. 

— Une brochure du R. P. Castelein 



sur la question sociale, D. L. Jans» 
sens. 

Revue Biblique (Paris, rue Cassette, 
10). — Janvier. — L'exégèse en Orieht 
au iv" siècle, ou les commentaires de 
saint Ephrem, J.-T. Lamy, — La 
question d'Emmaùs, M. Schiffers. — 
L'église d'Abou-Gosch, R. P. Ger- 
mer-Durand. — Fra Ricoldo de Monte- 
Croce, pèlerin en Terre Sainte et mis- 
sionnaire en Orient, R. P. Man- 
donnet, O.P. — Saint Augustin et la 
Bible, C, Douais. — Revision d'un ju- 
gement récemment porté sur le chiffre 
célèbre de 1903 ans que la tradition 
attribue à la période des observations 
astronomiques faites par les Chal- 
déens avant l'ère chrétienne, V. 
Dumax. — Comment s'est formée 
l'enceinte du temple de Jérusalem, 
R. P. Lagrange, O. P. 

Revue bleue (Paris, boulevard Saint- 
Germain, 111). — 21 janvier. — L'évo- 
lution de la poésie lyrique au xix* 
siècle, F. Brunetière. — Lettre d'un 
parlementaire, P. Laffilte. — La di- 
plomatie de la Révolution. Les limites 
naturelles, A. Rambaud. — Les îles 
oubliées : Baléares, Corse et Sar- 
daigne, d'après un ouvrage récent, 
A, Ci m. 

28 janvier. — La revision, P. Laf- 
fitte. — L'évolution de la poésie ly- 
rique au xix^ siècle. Les origines, 
F, Brunetière. — Un procès en cor- 
ruption. L'affaire Teste et Cubières 
(1847), P. Frank. — La diplomatie de 
la Révolution. Les limites naturelles 
(fin), A. Rambaud. 

4 février. — Vingt-sept mois en 
Afrique, commandant Monteil. — L'é- 
volution de la poésie lyrique au xix* 
siècle, F. Brunetière. — Les relégués 
en Nouvelle-Calédonie, P. Mimande. 
— Lavraie constitution, P. Laffilte. — 
La réforme de l'orthographe, M. 
Bréal. 

11 février. — Les vingt-cinq meil- 
leurs livres. — La poésie de Lamar- 
tine, F. Brunetière. — La littérature 



SOMMAIRES DES REVUES 



141 



goliardique, — Ch.-V. Langlois. — 
L'École polytechnique et les expédi- 
tions coloniales, G. Cavaignac. — 
Lettres d'un parlementaire. La répu- 
blique comme en Amérique. 

18 février. — La république de 
demain, P. Laffitte. — L'évolution 
de la poésie lyrique au xix» siècle, 
F.Brunetière. — Psychologie d'un roi 
de l'or : Jay Gould, C. de Varigny. 

— La sorcière de Weckmund, lé- 
gende, Mme Gevin-Cassal. — Les An- 
glais en Egypte, G. Bonvalot. — Le 
Dahomey, H. Pensa. 

Revue Canadienne (Montréal). — 
Janvier. — Des principes protestants 
dans l'éducation, J. /., S. J. — L'I- 
dylle des Ranches, A.-B. Bouthier.~- 
La monnaie canadienne sous le ré- 
gime français, JV. E. Dionne. — Un 
Murillo (conte de Noël), L, Frichette. 

Revue catholique d'Alsace (Rix- 
heim). — Janvier. — La charité dans 
la Haute-Alsace avant la Révolution 
(suite), X. — La classifîcation des 
éléments dans la chimie moderne, 
/>' L. Kuény. — Les cercles catho- 
liques en Alsace (suite), G. Eschbach. 

— En Terre-Sainte, A. Postina. 

Revue catholique de Bordeaux 
(Bordeaux, rue Cabirol, 16), — 25 
janvier. — Une paroisse du B©«r- 
geais pendant la Révolution, E. Me- 
fras. — Chateaubriand, d'après sa 
correspondance familière (suite). G, 
Pailhès. — Que saint Emîlion a vé- 
ritablement existé (fîn), H. Caudi- 
ran. — A propos de la paroisse de 
Saint-Vincent.de-Paul, P.-G. Dey- 
don. 

10 février. — La vénérable Jeanne 
de Lestonnac, G. Guiet, — Contribu» 
tion à l'histoire de l'instruction pri- 
maire dans la Gironde avant la Ré- 
volution, D. de Saint-Amand et E. 
AUain. — Une paroisse du Bourgeais 
pendant la Révolution (suite), E. Mau- 
fras. — Montesquieu et Jacob Ver- 
net, T. de L. 



Revue catholique des institutions 
et du droit (Grenoble). — Février. — 
Examen critique de l'Histoire univer- 
selle de Cantù, R.P. Brunengo, S.J., 
et A. Onclair. — Fausse route (fin), 
Hubert- Valleroux. — La réforme de 
la société ancienne par le christia- 
nisme (suite). Cl. Jannet. — Repré- 
sentation proportionnelle (suite), S. 
de la Chapelle. 

Revue Chrétienne (Protestante). — 
Paris, Avenue de l'Observatoire, 11. 

— Février. — L'inspiration de la 
Bible, A. Bouvier. — La prédication 
d'Eugène Bersier, E. Stapfer. — Une 
histoire moderne du réveil, Benoit. 

— Arany, poète national hongrois, 
E. Sayous. 

Revu» de Gascogne (Aucb). — Fé- 
vrier. — Le château de Tauzia (Gn), 
Ph. Lauzun. — Vieux noéls français 
et patois, abbé A. Breuils. — Mé- 
langes historiquee et archéologiques. 

Revue de la jeunesse catholique 
(Paris, boulevard Saint-Germain, 
262). — Janvier. — Les Œuvres, 
P. Griffaton. — Un déserteur (Er- 
nest Renan). E. Faure. — La jeu- 
nesse catholique et l'action sociale 
(fin), F. Veuillot. — Donoso Cortès, 
Toubeau de Maisonneuve. — La ré- 
paration des erreurs judiciaires, 
M. Legendre. — L'éloquence parle- 
mentairc sous la monarchiedeJailIct, 
/., Galtier. 

Revue de la Suisse catholique 
(Fribourg). — Janvier. — Les Trap- 
pistes en Valais. — Assise à vol d'oi- 
scnu, Mario. — L'étude de la «Somme» 
de saint Thomas (suite), R. P. B. — 
Notions d'économie politique (suite), 
/. — Le Dies irœ », Fr. J.-J. B. 

Revue de l'enseignement secondaire 
et de l'enseignement supérieur (Pa- 
ris, rue du Bouloi, 4). — 19 janvier. 

— Deux nouveaux cours libres, S. 
Rocheblave. — Les jeudis classiques 



i42 



ETUDES 



de l'Odéon, Z. — A l'Académie 
française, V. Glachant. — Histoire 
des dogmes, cours de ^. A. Ré- 
ville, 

26 janvier. — Thèses de M. Georges 
Dumesnil, F. Picavet. — Les jeudis 
classiques de l'Odéon, Z. — Agréga- 
tion de l'enseignement spécial en 
1892 ; économie politique. — M. Char- 
les Secrétan au Cercle Saint-Simon, 
E. Chauvin et F. Picavet. 

2 février, — Un faux athée au xvii* 
siècle : Denys Sanguin de Saint-Pa- 
vin,^. Brun. — Les jeudis classiques 
de l'Odéon, Z. — Agrégation des 
lettres en 1893, A. Rébelliau. 

9 février. — La réforme de l'ortho- 
graphe. — Les jeudis classiques de 
l'Odéon, Z. 

Revue des Deux Mondes (Paris, rue 
de l'Université, 15). — 1«' février. — 
Rome et la Renaissance. Essais et 
esquisses. 1. Cinquecento, /. Klaczko. 

— Les juifs et l'antisémitisme. Le 
particularisme et le cosmopolitisme 
Juifs, A. Leroy-Beaulieu. — La jonc- 
lion du Rhône à Marseille et l'utili- 
sation del'étaug de Berre,/. Charles- 
Roux. — La civilisation mycénienne. 
Les fouilles et les découvertes de 
Schliemann, G. Perrot. — Alberoni 
et sa correspondance avec le comte 
Rocca, ministre des finances du duc 
de Parme, G. Fa/6erf. — Lamennais, 
â propos de livres récents, F. Bru- 
netière. 

15 février. — La propriété foncière 
de Philippe -Auguste à Napoléon 
(suite). Droits des maîtres primitifs 
et fermages modernes, vicomte G. 
d'Avenel. — Notes de voyage en 
Asie centrale. Samarkande, ^. ^/onc. 

— Le photographe et l'artiste, R. de 
la Sizeranne. — La civilisation my- 
cénienne (suite). La Grèce préhomé- 
rique, ses monuments et son histoire, 
G. Perrot. — La Jeanne d'Arc de 
Thomas de Quincey, comte G. de 
Contades, — L'exploration du com- 
mandant Monteil, vicomte E.-M. de 
Vogué, 



Revue des Facultés catholiques de 
l'Ouest (Angers). — Février. — Le 
général d'Andigné et ses mémoires 
inédits, A. Crosnier.— L'hymnogra- 
phie de l'Eglise grecque, Z>om F. Ca- 
brol. — Deux missions en Angleterre 
au commencement du règne d'Elisa- 
beth, C. Marchand. — « L'invention 
de l'évêque d'Agra », de M. Ch.-L. 
Chassin, E. Bossard. — Les anciennes 
universités, A. Dechevrens, 

Revue des questions scientifiques 
(Bruxelles, rue Treurenberg, 16). — 
Janvier. — Les races inférieures, 
marquis de Nadaillac. — Les voyages 
d'exploration sur l'inlandsis du Groen- 
land, /. de la Vallée Poussin. — 
L'influenza, Z)' Moeller. — Une nou- 
velle théorie du monde inorganique, 
P. Duhem. — M. de Quatrefages et 
l'anthropologie, abbé D. Le Hir. — 
Newton et l'action à distance, Ch. de 
Kirvk>an. — A travers les Etats- 
Unis (fin), X. Stainier. — Les fêtes 
jubilaires de MM. Hermite et Pas- 
teur, A. de Lapparent . 

Revue des sciences ecclésiastiques 
(Amiens). — Décembre. — Des con- 
fréries (suite), abbé Tachy. — Com- 
mentaire traditionnel de la iv* ses- 
sion du concile de Trente (suite), 
chanoine J. Didiot. — Commentaire 
sur la bulle « Apostolicae Sedis », 
Z)' B. Dolhagaray. — Notes d'un pro- 
fesseur, chanoine J. Didiot. 

Revue du Midi (Nîmes). — Janvier. 

— Le roman moderne, C. Ferry. — Le 
rôle social du clergé, F. Mazel. — Le 
livre et le journal, A. Delaube.— Le 
Christophe Colomb des antiquités 
chrétiennes, A. Ricard. — En bombe, 
/. Michel. 

Revue du monde catholique (Bru- 
xelles, rue de la Chapelle, 3). — 
Février. — Le fanatisme protestant 
en Ecosse, R. Lambelin. — La 
France au Soudan (fin), L. Robert. 

— Ce qui manque à la meilleure des 



SOMMAIRES DES REVUES 



141 



républiques, marquis de Moussac. — 
Fille adoptive. Roman (suite), O. des 
Armoises. — Le mouvement social, 
U. Guérin. 

Revue française de l'étranger et 
des colonies (Paris, place d'Iéna, 1). 

— 1er février. — Religion des 
Annamites, G.-A.-J. — Tunisie: 
colonisation italienne (fin), D^ Bertho- 
Ion. — Dépôts de charbon de l'océan 
Pacifique, A. -A. Fauvel. — Mission 
Bingcr-Monnier dans la Guinée 
française. — Oubanghi : Belges et 
Français, Ed. M. — ' Colonisation au 
Brésil. — Explorateur» et voyageurs. 

— Ephémérides étrangères et colo» 
niales de l'année 1892. 

15 février. — Islamisme et féti- 
chisme, A. Nogues. — Religion des 
Annamites (suite), G.-A.-J. — Char- 
bons de l'extrême Orient, G. V. — 
Madagascar : influences religieuses, 
Hiram. — Egypte : derniers incidents, 
L. JR. — Le Canada et les intérêts 
français, G. Démanche. < — Bilan géo- 
graphique de l'année 1892. 

Revue générale (Bruxelles), — Fé- 
vrier. — Le mouvement social etl'inter- 
vention de l'État, Ch. Woeste.-— Une 
visite à la cristallerie de Baccarat, 
P. Frapier. — La royale abbaye de 
Saint-Maurice et son trésor, Ch. Buet. 

— Dans les eaux zélandaises (suite), 
//. Van Doorslaer. — Quelques écri- 
vains de France : Anatole France, 
ff. Bordeaux. — Christophe Colomb, 
G. Kaiser. 

Revue générale des sciences (Paris, 
rueSt-André-des-Arts, 58). — 30 jan- 
vier. — Sur une propriété nouvelle 
des globules rouges du sang : Isoto- 
nie et nutrition, /. Hamburger. — La 
question des solutions en chimie, G. 
Charpy. — Revue annuelle d'astro- 
nomie, O. Callandreau. 

15 février. — Les théories nou- 
velles de la teinture, E. Noelting. -^ 
La chirurgie de la vessie, /)■* P. Bazy. 
— François Yiète, d'après des docu- 



ments nouveaux, F. Ritter. — Lespre> 
miers mammifères, F. Ameghino. 

Revue philosophique (Paris, boule- 
vard Saint-Germain, 108). — Février. 

— L'unité de la philosophie, P. Jantt. 

— L'expression objective en musique 
d'après le langage instinctif, J. Com - 
barieu. — La psychologie de W. 
James (fin), L. Marillier. 

Revue Scientifique (Paris, boulevard 
Saint-Germain, 111). — 21 janvier. — 
Mœurs des Cambodgiens, A. Leclère. 

— Les monstres doubles opérables, 
M. Beaudouin. — Les steamers brise- 
glace : le Murtaja. — Le centenaire 
de Galilée à Padoue, G. (Conex- 
trini. 

28 janvier. — Les origines de U 
vie, L. Luciani. — Moeurs des Cam- 
bodgiens (suite), A. Leclère. — L» 
théorie de Darwin et la justice, /. No- 
i'icow. 

4 février. — L'in/'.ucnce française 
dans l'Afrique centrale, /. Dybowski. 

— Les méthodes générales de la psy- 
chologie physiologique, Ch, Henry. 

— La théorie et l'empirisme en ma- 
tière de constructions métalliques, 
L. Le Chatelier. — Étude d'un hy- 
bride issu d'une mule et d'un cheval, 
Cornevin et Lesbre. — Le tour du 
monde autrefois et aujourd'hui. 

11 février. — L'artillerie de l'ave- 
nir. — Bactériologie de la zone gla- 
ciale, P. Couteaud. — Les tramways 
électriques, G. Lavergne. — Un nou- 
vel hypnotique: le cbloralose, Ch. Ri. 
chef. — L'appareil excréteur des 
crustacés décapodes, P. Marchai. 

18 février. — Nerfs et ferments, 
J.-P. Morat. — Un naturaliste à la 
Plata, d'après W. H. Hudson. — La 
position du problème de M. Lom- 
broso, G. Sorel. — L'alcool et l'im- 
pôt, E. Varenne. 

Science catholique (Paris, rue de 
l'Abbaye, 13). — Janvier. — L'ins- 
cription d'Abercius, Dom F. Cabrol. 

— Un organe méconnu : le cervelet 



144 



ETUDES 



(fin), Z>' Surbled, — Les lettres de 
Tell El-Amarna et la Bible, A . /. De- 
lattre, S. J. — L'œuvre géographique 
du xiv^ siècle : publications, V. G. — 
La caractéristique des conférences de 
1892 à Notre-Dame. Cl. Piat. — 
Ecole du boudhisme éclectique, C. de 
Mariez. — Bulletin théologique. — 
Bulletin scripturaire. 

Science sociale (Paris, rue Jacob, 
56). — Février. — Le crédit agricole, 
P. de Bousiers. — Comment les pro- 
consuls ont changé la constitution de 
Rome (suite), G. d'Azambuja. — Les 



tendances actuelles du clergé français 
à sortir de l'isolement, P. M.-B. 
Schwalm. — La vallée d'Ossau. 
Etude sur la population originaire et 
la prétendue famille-souche des Py- 
rénées, F. Butel. 

Sociologie catholique (Montpellier). 
— Février. — Le collectivisme et la 
réforme sociale chrétienne, G. de Pas- 
cal. — La guerre sociale, comte B. 
de Kergorlay. — L'histoire écono- 
mique en Angleterre, Ch. de Saint- 
André, — Vulgarisation historique, 
L. Delyon. 



PÉRIODIQUES ÉTRANGERS 



Alte und Neue Welt (Einsiedeln). 

— Fasc. 3, 4 et 5. — Noël à la 
campagne. Th. Berthold. — Pour 
l'histoire des cloches, Z)"" Dreibach. 

— Jusqu'au dernier liard, roman, /. 
Edhor. — Les anciennes fêtes natio- 
nales dans la Moselle, /'. Grimme. — 
Aventures de tante Suzanne, M. Meis- 
ter. — Une nouvelle gloire des pays 
rhénans, J. Praxmarer. — Une pro- 
menade dans la Rome ancienne, P. 
Friedrich. — André Hofer. — Eclai- 
rage et transport par l'électricité, P. 
C. Brugger, O. S. B. — Jugement sé- 
vère, conte, H. Hirschfeld. — Pour 
l'histoire de la chaussure, H. von 
Bemagen. — Voyage transatlantique 
du Lloyd, F. Nord. — La tragédie 
du Panama en France, B. A. 

American Ecclesiastical Beview 
(Philadelphie). — Février. — Leoni 
XIIL — Le déluge de Noé, Bev. J. A. 
Zahm, C. S. C. — Les saints de l'An- 
cien Testament, Bev. J. Hogan. — 
L'invitatoire de l'office romain, P. 
Arminio. — Que chanterons-nous ? 
Bev. L, de Goesbriand. — Cas de 
conscience. — Analecta. 

Boletin de la Beal Academia de la 
historia (Madrid). — Janvier. — 
Liste des membres et correspondants 



de l'Académie. — La « Santa Her- 
mandad » de Talavera de la Reina, 
L. Jiménez de la Llave. — La reine 
Jeanne la Folle, par D. Antonio Ro- 
driguez Villa, A. M. Fabié. — Nécro- 
pole préhistorique de Piles (Tarra- 
gona), /. Vilanova, 

Catholic ^orW (New- York). — Fé- 
vrier. — Léon XIII : en souvenir de 
son jubilé épiscopal. — Lavigerie, le 
nouveau saint Paul, Bev. J. B. Slattery. 

— Deux petits mendiants romains, 
M. A. Tincker. — Le nouveau bill 
« Home Rule », /. /. O'Shea. — Le 
pays du soleil, Chr. Beid. — Bureau 
et journal d'éducation, F. M. Edselas. 

— Overbeg, pionnier de la pédagogie 
moderne, /. Alexander, — Maryville : 
un couvent du Sacré-Cœur bien 
connu. — Une rançon pour le peuple, 
B. C.Kent. — Comment je suis devenu 
catholique. 

Ciudad de Bios (Madrid). — 20 jan- 
vier. — Notion rationnelle de l'his- 
toire, P. E. de Uriarte. — L'origine 
du Pentateuque et la critique ratio- 
naliste, P. H. del Val. — Le télédicte 
électrique des chemins de fer, P. T. 
Bodriguez. — La littérature catalane 
au xix^ siècle, P. F. Blanco Garcia. 

— Revue scientifique. 



SOMMAIRES DES REVUES 



145 



5 février. — D. José Zorrilla, P. R. 
del Valu. — Fr. Luis de Le6n et la 
découverte de l'Amérique, P. M. F. 
Miguélez. — Les écoles juives en Es- 
pagne, P. F. Pérez Aguado. — No- 
tion rationnelle de l'histoire, P. E. de 
Uriarte . — Curiosités bibliogra- 
phiques, P. B. Fernandez. — Bulle- 
tin économique, P. E. Estêban. 

Civiltà Cattolica (Rome). — 4 fé- 
vrier. — Les phares du Panama. — 
La morale juive et le mystère du sang. 

— Sur un nouveau livre d'Augusto 
Conti. — Au lendemain du déluge. 

— Revue de la presse. — Bibliogra- 
phie. 

18 février. — Le jubilé épiscopal 
de Léon XIIL — L'étude de la philo- 
sophie de saint Thomas et le» laïques 
catholiques. — Des Hittîm ou Hé- 
théenset de leurs migrations. — Une 
réponse au « Kurjer Polski », — Au 
lendemain du déluge. — Une nou- 
velle poésie de S. S. Léon XIII. — 
Sciences naturelles. 

Literarische Rundschau (Fribourg 
eoBrisgau). — Février. — Les récents 
ouvrages de prédication, Keppler. — 
Fellen, Les Actes des apôtres, Rœsler. 

— Ditlrich, Misccllanea Ratisbonen- 
sia a, 1541, Schmid. — Weinand, 
Léon XIII : son temps, son ponti- 
ficat, SCS résultats, Brumer. — Funk, 
Les Constitutions apostoliques (se- 
cond arlidc), Kihn. — Hciner, Manuel 
du droit matrimonial catholique, Pru- 
ner. — Jaccoud, Elementa philoso- 
phiac, Gulberlet. — Baumgartner, 
Gallus Jakob Baumgartner, Mayer. 

— Baumgarten, Giovanni Ballista de 
Rossi, Kirsch. 

Lyceum (Dublin). — Février. — Pa- 
nama et ses enseignements. — Ré- 
forme commerciale. — Hugh Roc 
O'Donnell. — Hobbes et sa philo- 
sophie. — Quelques proverbes irlan- 
dais. 

Monat'Rosen, or i^Ane de la Société 



des étudiants suisses (Bàle). — Jan- 
vier. — Recherches sur la puissance 
de l'utilité dans le règne animal. — 
Eugène Melchior de Vogué, /. Quar- 
tenoud. — La forme de la terre, R. de 
Girard. — Le droit de propriété et 
ses limites, V. Magne. — Les causes 
qui excluent ou diminuent l'imputabi- 
lité, A. N. Riva. 

Month (Londres). — Février. — Le 
« Licensing System » et la conférence 
de Manchester, Rev. J. Halpin. — 
Le sort des enfants morts sans bap- 
tême, Rev. R. F. Clarke. — La Saint- 
Barthélemi,1572, Rev. W. Loughnan. 

— La mission du Zambèse. — L'of- 
fice divin dans l'Eglise grecque, Rew 
B. Zimmermann, O. C. D. — La res- 
ponsabilité humaine, Rev. W. Hum- 
phrey, — Mariage mixte, Lady A. 
Kerr. 

Przeglad powszechny (Cracovie), 
Janvier. — Correspondance de saint 
Ignace de Loyola, J. Badeni. — > 
Voyage en Asie : Chine et Japon, 
prince Sapieha. — Abbaye de Saint- 
Florian dans la Hnutc-Autriche, D^ 
Wadolny, — Thomas Olizarowski, 
M. Dubieçki. — Documents relatifs 
au passé de Telsze, Wolynien. 

Février. — En quoi consiste la force 
de Renan ? M. Morawski. — Voyage 
en Asie : Chine et Japon, prince 
Sapieha. — Principe de conservation 
de l'énergie et son application en psy- 
chologie, P. Rawêki. — Thomas Oli- 
zarowski (suite), M. Dubieçki. -— 
Emigration des Podoliens en Russie 
en 1892, F. Pitat. 

Scuola Cattolica (Milan). — Jan- 
vier. — Le centenaire de la mort de 
Louis XVI : allocution de Pie VI. — 
La lettre ouverte de Ruggero Bonghi 
à S. S. Léon XIII, A. G. Rtiffoni. — 
Le projet de loi Bonacci sur le ma- 
riage, D. Albcrtario. — Le droit ec- 
clésiastique en Italie dans les cin- 
quante dernières années, A. Rossi, 

— Optimisme et pessimisme, G. Ros- 



146 



ÉTUDES 



signoli. — La question ourrière, A. 
Cappellazzi. — Le crime de Xanten 
et la polémique Albertario-Strack sur 
les meurtres rituels des juifs. 

Stimmen aus Maria-Laach (Fri- 
bourg en Brisgau). — A Sa Sainteté 
Léon XIII pour son jubilé épiscopal. 
— Les anciennes preuves de l'exis- 
tence de Dieu et la science moderne, 
Th. Granderath. — Les Provinciales 
de Pascal, W. Kreiten. — Extraction 
de l'aluminium par l'électricité, F. X. 
Rûf. — Mirabeau, O. Pfulf. — Les 



fresques de Fra Angelico dans le 
cloître de Saint-Marc à Florence, 
St. Beissel. 

Studien op godsdienstig weten- 
schappelijk en letterkundig gebied 
(Utrecht). — Décembre. — Justice 
et salaire, P. Bruin. — La princesse 
d'Auvergne (1689- 1736), H.-J. Al- 
lard. 

Janvier. — Utrecht et Moscou, 
H,-J. Allard. — Le Vicaire du Christ, 
K. V. H. — Notes apologétiques, 
G. Van Heyst. 



LIVRES 

ENVOYÉS A LA RÉDACTION DES ÉTUDES 

20 janvier — 15 février. 

N. B. — La simple annonce de ces ouvrages ne doit en aacune manière 
être considérée comme une recommandation : pour savoir notre avis sur 
chacun d'eux, il faut attendre qu'ils aient été analysés. Ils le seront dans la 
mesure que leur valeur, le but de la Revue et l'intérêt de nos lecteurs 
exigeront ou permettront. 

THÉOLOGIE 

QUBSTIONS RBLIGIBDSBS 

Albbrti Magm (B.), Ratisbonensis episcopi, O. P., Opéra om' 
nia; cura ac labore Augusti Borgnet, sac. dioec. Rem. Annuente faveu- 
teque Pont. Max. Leone XIII. Volumen XIX. Enarrationes in XII 
prophetas minores. Parisiit, Vives, 1892. Gr. in-8, pp. 678. 

Blanc (abbé A.), chan. hou.-— Lectures pour tous tes jours du carême . 
Avignon, Aubanel. Petit in- 16, pp. 401. 

Bonnot (A.). — Entre un croyant et un incroyant. Paris, Propagande 
catholique. In-16, pp. 248. 

BnAUNSBBRGER (0.), S. J. — Entstehung und erste Entwicklung der 
Katechismen des aeligen Petrus Canisius aus der Gesellschaft Jesu. 
Freiburg i. B., Herder, 1893. ln-8, pp. xii-187. (Ergaenzungshefte ru 
den a Stimmen aus Maria-Laach ». — 57.) Prix : 2 mk. 50. 

Carrières ( Mgr de ), évêque de Montpellier. — Œuvres choisies. 
Paris, Poussielgue ; Montpellier, Calas, 1893. In-8, pp. 464. 

CnéNÉ (J.-M.-F.), 0. P. — i> Rosaire. Son excellence. Son actua- 
lité. Sa pratique. Angers, Guinebertière ; Paris, Delhomme et Briguet. 
In-12, pp. 211. Prix : 1 fr. 25; franco, 1 fr. 50. 

FoURNiBR (abbé F.). — Les devoirs d'un catholique et les temps pré- 
sents. Paris, Librairie catholique internationale de l'Œuvre de Saint- 
Paul, 1893. In-12, pp. x-378. Prix : 2 fr. 50; franco, 3 francs. 

HuLST (M. d'). — La question biblique. Paris, Poussielgue, 1893. 
In-8, pp. 55. (Extrait du Correspondant .) 

Jambs (D'. C). — Moïse et Darwin. L'homme de la Genèse comparé 
à l'homme singe, ou l'enseignement religieux opposé à l'enseignemeat 
athée. Société de Saint-Augustin, 1892. ln-8, pp. v-395. 



148 ETUDES 

Nyegeard (E.), pasteur de l'Eglise réformée. — V Histoire d'une âme. 
Catholicisme ou protestantisme ? Paris, Grassart, 1892. In-16, pp. 34. 
(Extrait de la Revue chrétienne.) 

Sarnelli (le vénérable), de la Gongr. du Très-Saint-Rédempteur. 
— Traite' de VOraison mentale, suivi de soixante considérations. Paris, 
Haton, 1893. In-12, pp. 356. Prix: 2 francs. 

ScARAMELLi (J. B.), S. J. — Le discernement des esprits pour le bon 
règlement de ses propres actions et de celles d' autrui. Ouvrage spéciale- 
ment utile aux directeurs des âmes. Traduit pour la première fois de 
l'italien en français, par M. A. Brassevin. Paris, Walzer, 1893. In-12 
pp. v-481. Prix : 3 francs. 

Van Zeebroek (abbé J.-G.). — Les sciences modernes en regard de 
la Genèse de Moïse. Bruxelles, Société belge de librairie, 1892. Gr. in-8, 
pp. 400. Prix : 7 fr. 50. 

ViTTAULT (abbé B.-J.). — Œuvres oratoires. Tome I : Les fêtes. 
Tome II : Les sermons, conférences et homélies. Tome III : Les panégy- 
riques et allocutions de circonstance. Lyon, Vitte; Paris, Vie et 
Amat, 1892. 3 vol. in-8, pp. xv-416, 482 et 482. Prix : 15 francs. 



PHILOSOPHIE 



SCIENCES ET ARTS 



Cabadé (D'. E.). — De la responsabilité' criminelle. Paris, Masson, 
1893. In-12, pp. 350. 

Gartaud (abbé G.). — Chant grégorien. L'édition bénédictine et les 
diverses éditions modernes. Orléans, Herluison, 1893. In-8, pp. v-55. 

Gastelein (A.), S. J. — Le problème social et V encyclique a Rerum 
Novarum », avec un appendice sur la théorie du salaire et de la partici- 
pation aux bénéfices. Rapport présenté au congrès des catholiques du 
Nord, à Lille. Louvain, J.-B. Istas, 1892. In-8, pp. 47. 

GouLON (H.). — Le divorce et la séparation de corps. Tome cinquième. 
Premier fascicule. Paris, Marchai et Billard, 1893. In-8, pp. 275. Prix: 
4 francs. 

Delanne (G.). — Le phénomène spirite. Témoignage des savants. 
Nombreuses figures dans le texte. Paris, Ghamuel, 1893. In-18, pp. 314. 
Prix : 2 francs. 

GÉRARD (L.), — Thèses présentées à la Faculté des sciences de Paris, 
pour obtenir le grade de docteur es sciences mathématiques ; soutenues le 
6 décembre 1892 devant la commission d'examen. 1''° thèse : Sur la 
géométrie non euclidienne. Paris, Gauthier- Villars, 1892. In-4, pp. 111. 

Maugras (A.). — Code manuel des électeurs et des éligibles. Guide 
pratique. Avec formules disséminées dans le texte. Paris, Giard et 
Brière, 1893. In-12, pp. ii-344. Prix: 3 francs. 



LIVRES ENVOYÉS AUX ETUDES 149 

Priem (F.). — La terre, les mers et les continents. Géographie phy- 
sique, géologie et minéralogie. Paris, J.-B. Baillière. Gr. in-8 à 
deux colonnes, illustré. (A.-E. Brehm. Merveilles de la nature. Fuhïica' 
tion périodique paraissant tous les jeudis par série à 50 centimes.) Séries 
3-6, pp. 65-192. 

Toupet (abbé Ach.). — Étude sur le libéralisme. Lille, Berges, 1892. 
In-12, pp. 328. 

ZuMOFFBN (G.), S. J. — Note sur la découverte de l'homme quater- 
naire de la grotte d'Antélias au Liban. Beyrouth, Imprimerie catho- 
lique, S. J., 1893, In-4, pp. 8, avec 4 planches. 



HISTOIRE — GEOGRAPHIE 

QUESTIONS DU JOOR 

BalME (F.) et Lelaidibr, 0. P. — Cartulaire ou Histoire diploma' 
tique de saint Dominique, avec illustrations documentaires. Paris, 
bureaux de V Année dominicaine. 1" fascicule. Avant-propos et intro« 
duction. In-8, pp. 144. 2» fascicule. Actes de 1206 à 1212. In-8, pp. 145 
à 288. 3* fascicule. Actes de 1212 k 1213. In-8, pp. 289 à 428. Prix du 
fascicule : 3 francs. 

Berger (E.). — Saint Louia et Innocent IV. Etude sur les rapports 
de la France et du Saint-Siège. Paris, Thorin, 1893. Gr. in-8, pp. 

III-427. 

Blondbl (G.). — Étude sur la politique de Frédéric II en Allemagne 
et sur les transformations de la constitution allemande dans la première 
moitié du xiii* siècle. Paris, Picard, 1892. In-8, pp. XLVi-440. 

BoNNAULT d'Houbt (X., baron de). — La vie de collège chez les 
Jésuites. Abbeville, Paillart, 1893. In-13, pp. 107. 

Bonnefon (P.). — Montaigne. L'homme et l'œuvre. Deux planches 
hors texte et 80 gravures dans le texte. Bordeaux, Gounouilhou ; Paris, 
Rouam, 1893. In-8, pp. xtii-502. Prix : 15 francs. 

Boucher de Molandon et Beaucorps (baron A. de). — L'armée 
anglaise vaincue par Jeanne d'Arc sous les murs d'Orléans. Documents 
inédits et plan. Orléans, Herluison ; Paris, Baudoin, 1892. In-8, 
pp. 314. 

Cabrol (Dom F.), O. S. B. — Histoire du cardinal Pitra, bénédictin 
de la Congrégation de France de C abbaye de Solesmes. Paris, Retaux, 
1893. In-8, pp. xxi-431. 

Casse (baron A. du). ^ Correspondance inédite de la reine Catherine 
de Wcsiphalie, née princesse de Wurtemberg, avec sa famille et celle du 
roi Jérôme, les souverains étrangers et divers personnages. Paris, 
Bouillon, 1893. In-8, pp. vi.398. Prix : 7 fr. 50. 



150 ETUDES 

Conférence Ravignan et conférence Saint- Michel de Bordeaux. Bulletin 
mensuel des travaux littéraires. Moniteur de l'Œuvre des retraites 
d'hommes et de l'Œuvre de Saint-Pierre-Glaver. Février 1893. In-8, 
pp. 24. 

CoTHONAY (B.), 0. P. — Trinidad. Journal d'un missionnaire domi- 
nicain des Antilles anglaises, avec préface de l'éditeur, le R. P. Gh.-A. 
Joyau, du même Ordre. Paris, Retaux, 1893. In-8,pp. 451. Prix: 4 francs. 

DEFRANCE(Gh.). — Lettres sincères. Mulhouse, Ganglof, 1893. In-24, 
pp. 164. Prix : 75 centimes. 

DucHESNE (abbé L.). — La légende de sainte Marie-Madeleine. Tou- 
louse, Privât, 1893. In-8, pp. 35. (Extrait des Annales du Midi, t. V, 
année 1893.) 

Kaulbars (général baron de). — Les Armées de la Triple Alliance. 
L'Armée austro-hongroise, d'après les documents officiels et des notes 
personnelles. Traduit du russe, par R. Gandiani. Paris, Westhausser, 
1893. In-8, pp. 269. Prix : 4 francs. 

La France armée. L'officier et le soldat. Paris, Perrin, 1893. In-12, 
pp. 83. 

L'Anarchie française, Paris, Ghampion, 1892. In-12, pp. x-317. 
Prix : 3 francs. 

Lanusse (abbé). — Vingt minutes dans la vie d'un peuple. Paris, 
Marpon et Flammarion. In-12, pp. vni-377. Prix : 3 fr. 50. 

LaouËnan (Mgr), de la Société des Missions étrangères. — Lettres 
sur VInde. Publiées par Adrien Launay, delà même Société. Paris, Le- 
coffre, 1893. In-8, pp. xii-296, avec cartes et gravures. Prix : 3 fr. 50. 

Lapeyrb (P.). — Renan peint par lui-même . Paris, Lethielleux, 1893. 
In-12, pp. 45. 

Lescure (M. de). — Le comte Joseph de Maistre et sa famille^ 1753- 
1852. Études et portraits politiques et littéraires. Paris, Ghapelliez, 
1893. In-12, pp. 442. Prix : 4 francs. 

Martin (A.). — Les Etapes d'un touriste en France. Paris. Prome- 
nades dans les vingt arrondissements. Paris, Hennuyer, 1892. 20 vol., 
pp. 70 environ. Prix du volume, relié toile : 1 fr. 50. 

Maugny (A. de) (Zed). — Nouvelles couches. Journal d'un philo- 
sophe. Paris, Kolb. In-12, pp. 285. Prix : 3 fr. 50. 

Maulde-la-Glavière (R. de). — La diplomatie au temps de Machia- 
vel. Tome I". Paris, Leroux, 1892. In-8, pp. 465. 

Molard (capitaine J.). — Puissance militaire des États de l'Europe, 
Gonsidérations militaires. Organisations défensives. Ghemins de fer. 
Armées et marines. Paris, Pion, 1893. In-12, pp. iv-425. 

Nemours-Godré (L.). — Daniel O'Connell. Sa vie. Son œuvre. Ou- 
vrage couronné par l'Académie française. Six gravures hors texte. Pa- 
ris, H. Gautier, 1893. In-8, pp. 290. Prix : 6 francs. 



LIVRES ENVOYÉS AUX ÉTUDES 151 

Pascal-Étibnne (W.). — Christophe Colomb et les Colomb en France, 
Paris, Ghamuel, 1893. In-8, pp. 45. Prix : 1 franc. 

Pbter (E). — V Égalité sociale ou les Jésuites et les Francs-Maçons 
dans le gouvernement des peuples, depuis leur origine jusqu'à nos 
jours. Première édition. Paris, Bibliothèque littéraire internationale, 
1893. In-12, pp. xx-326. Prix : 5 francs. 

PlBRLiNG (P.), S. J. — Vltalie et la Russie au seizième siècle. Voyages 
de Paoletto Genturione à Moscou. Dmitri Guérasimov à Rome. Gian 
Francesco Gitus à Moscou. Paris, E. Leroux, 1892. In-18, pp. vi-134. 
(^Bibliothèque slave elze'virienne.) Prix : 2 fr. 50. 

Pierre (abbé) . — La Chine chrétienne. Histoire de la vie et des œuvres 
de Mgr H. -A. Languillat, S. J., évêque de Sergiopolis, vicaire aposto- 
lique de Nan-King. Belfort, Pélot; Paris, ReUux, 1892. 2 vol. in-8, 
pp. 511 et 493. Prix : 10 francs. 

Quarré-Rbybourbon (L.). — La c Bourse » de Lille. Paris, Pion, 
1892. In-8, pp. 38. 

— La porte de Paria à Lille, et Simon Voilant ton architecte. Paris, 
Pion, 1891. In-8, pp. 27. 

— Palcrme. Souvenirs de voyage. Gonférence faite à Lille le 20 mars 
1892. Lille, Quarré, 1892. In-8, pp. 15. (Société de géographie de 
Lille.) 

Robert (U.). — Un pape belge. Histoire du pape Etienne X. Bruxelles, 
Société belge de librairie. 1892. In-12, pp. 121. 

Sacvin (G.). — Un royaume polynésien. Iles Hawal. Avec une carte 
spéciale de l'archipel d'Hawal. Paris, Pion, 1893. ln-12, pp. 321. 
Prix : 3 fr. 50. 

Sentopért (L.). — L' Europe politique en 1892-1893 (Gouvernement, 
Parlement, Presse.) Deuxième fascicule : L'Autriche-IIongrie. La Bel- 
gique. Paris, Lecène, Oudin et G'*, 1893. In-8, pp. 203 à 462 et vu à 
XIII. Prix : 3 francs. 

Tarsot (L.). — Les écoles et les écoliers à travers les dges. Ouvrage 
orné de 130 gravures de L. Libonis, etc. Paris. Laurens, 1893. ln-8, 
pp. 339. 

Vandal (A.). — Napoléon et Alexandre T*'. L'alliance russe sous le 
premier Empire. — II. 1809. Le second mariage de Napoléon. Déclin 
de l'alliance. Paris, Pion, 1893. In-8, pp. 570. Prix : 8 francs. 

Varones ilustres de la Compania de Jésus. Segunda edicion. T. VII, 
VIII et IX. Bilbao, administracion de « El Mensajero del Gorazon de 
Jésus *, 1891-1892. Gr. in-8, pp. 472, 768 et 578. 

Vie d'un compositeur moderne (1802-1861), Avec une introduction par 
G. Saint-Saéns, de l'Institut. Paris, Fischbacher, 1892. In-8, pp. xiv- 
188. 



152 ÉTUDES 

Vieille(V.), s. J. — Petite Vie illustrée de saint Jean-François Re'gis, 
de la Compagnie de Jésus. Abbeville, Paillart. In-16, pp. 32. 

Villeneuve (H. de). — L' « Amusez-vous » de M. Renan et le Credo 
du P. Didon. Paris, Bouhoure, 1892. In-12, pp. viii-136. Prix : 2 francs. 



LITTERATURE 

ROMANS 



Albert (M.). — Un homme de lettres sous la Restauration (Edmond 
Géraud). Fragments de journal intime. Paris, Marpon et Flammarion. 
In-12, pp. xxv-306. Prix : 3 fr. 50. 

Ardel (H.). — Cœur de sceptique. Paris, Pion. In-18, pp. 296. Prix : 
3 fr. 50. 

AuBÉ (E.). — Égérie. Paris, Perrin, 1893. In-12, pp. 104. 

GouRMONT (R. de). — Le latin mystique. Les poètes de l'antiphonaire 
et la symbolique au moyen âge. Préface de J.-K. Huysmans. Deuxième 
édition. Paris, Vanier, 1892. In-12, pp. xvi-378. 

Maiscnneùve (H.). — Madame Rivât, Paris, Pion. In-18, pp. 286. 
Prix : 3 fr. 50. 

Pellissier (G.). — Essais de littérature contemporaine. Paris, Lecèae- 
Oudin, 1893. In-18, pp. 391. Prix : 3 fr. 50. 

Rousseau (J.). — Ma Juliette. Souvenirs d'une morte. (Œuvre pos- 
thume.) Bruxelles, Société belge [de librairie, 1892. In-8, pp. 197. 
Prix : 2 francs. 

Vogué (vicomte E.-M. de). — Heures d'histoire. Paris, Colin. In- 18, 
pp. 362. Prix : 3 fr. 50. 

Weyman (St^). — La maison du loup. Traduction de Mme Marie 
Dronsart. Paris, Colin. In-18, pp. vi-300. Prix : 3 fr. 50. 



Le 28 février 1893. 

Le gérant : G. GIVELET. 



Imp. D. Dumoulin et G^'^ rue des Grands-Âugii^tias, 5, à Paris. 



ETUDES 

PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 

MARS 1893 

THÉOLOGIE 

QUESTIONS RELIGIEUSES 

I. — Missale romanum ex decreto SS. Concilii Tridentini 
restitutum, S. Pii Pontificis Maximi jussu editum, Clemen- 
tisVIII, Urbani VIII et Leonis XIII auctoritate recognitum. 
Tornaci Nerviorum, typis Societatis S. Joannis Evange- 
listae,1892. In-4, pp. 714-220*. 

II. — Manuale clericorum in quo habentur instructiones as- 
ceticas liturgicœque ac variarum precum formula: ad usum 
eorum praecipue qui in seminariis clericorum versantur. 
Collegit, disposuit, edidit P. Josephus Schneider, S. J. 
Editio quarta, recognita et emendata. Ratisbonae, Pastel, 
1892. In-18, pp. vi-724. 

III. — Cœleste Palmetum lectissimis pietatis exercitiis 
ornatum stiulio et opéra R. P. Guilielmi Nakateni, S. J. 
Editio Ratisbonensis secunda revisa et aucta a Matth. Ay- 
MA.NS, S. J. RatisbonîB, Pustet, 1893. In-18, pp. xviii-492. 
Prix : 2 fr. 70. 

I. — La liturgie de l'Église catholique s'enrichit sans cesse : 
de nouveaux saints inscrits à son martyrologe ; des fôtes, jadis 
accordées à quelques régions, étendues au monde entier; des 
modifications jugées opportunes par l'autorité compétente, lui 
apportent des offices nouveaux. De là une nécessité continuelle 
de suppléer aux déficits inévitables d'une édition ancienne seule- 
ment de quelques années. 

Le nouveau Missalc Romanum publié par la Société de Saint- 
Bibliographie, IT. — M 



154 ÉTUDES 

Jean l'Evangéliste contient les offices les plus récents. Mais 
cette édition à d'autres mérites encore. Elle se recommande par 
une exécution soignée : les caractères, très nets, ne fatiguent pas 
la vue ; l'ornementation est sobre et sérieuse; les renvois, aussi 
peu multipliés que possible, ne détournent pas l'attention du cé- 
lébrant. 

En somme, cette publication, qui fait honneur aux presses de 
la maison Desclée, est appelée à rendre les services qu'on est en 
droit de lui demander. 

II. — L'éloge du P. Schneider n'est plus à faire, et nous ne 
signalons la nouvelle édition du Manuale clericorum que comme 
preuve du légitime succès obtenu par celle qui l'a précédée de 
trois ans à peine. 

III. — Nous devons en dire autant du Cœleste Palmetum. Ce 
pieux recueil de méditations, d'instructions, d'offices et de 
prières liturgiques est dû h un ancien auteur habile dans les 
voies spirituelles. Il y a quelques années, le P. Schneider en 
donnait une édition rapidement épuisée. C'est ce qui a déter- 
miné le P. Aymans à compléter l'ouvrage par l'addition des 
fêtes les plus récentes et des exercices spirituels en harmonie 
avec chacune d'elles. Une revision sérieuse a été faite de toutes 
les indulgences indiquées; enfin une nouvelle table alphabétique 
rend cette édition d'un usage plus facile. 

C. GIVELET, S. J. 

I. — AiSax.^ Twv ScoSexa ÀTtodToXwv. La Doctrine des douze Apôtres 
et ses enseignements. Thèse de doctorat en théologie pré- 
sentée à la Faculté catholique de Lyon, par l'abbé E. Jac- 
quier. Paris, Lelhielleux, 1891. In-8, pp. 271. Prix :5francs. 

II. — La Dottrina del Signore dei dodici Apostoli bandita 
aile genti, detta la Dottrina dei dodici Apostoli. Versione, 
note e commentario del P. Ignazio M. Minasi, d. C. d. G. 
Roma, tipografia Befani, 1891. Gr. in-8, pp. lii-389. Prix: 
12 francs. 

I. — La Doctrine des douze Apôtres^ plus brièvement appelée 
aujourd'hui de son nom grec Ai8aj(^ii, faisait, il y a dix ans, son 
apparition dans le monde savant. Publiée à Constantinople, vers 
la fin de 1883, par Mgr Philotheos Bryennios, métropolite de 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 155 

Nicomédie, ce document infiniment précieux pour l'histoire du 
do'T'me, de la liturgie et de la hiérarchie h l'origine de l'Église, a 
été, depuis, l'objet de nombreux travaux. Livres, dissertations, 
articles de revue ; éditions, versions, commentaires : c'est déjà 
par centaines qu'il faut les compter. Les deux ouvrages dont 
nous donnons ici l'analyse, soit par leur étendue, soit surtout 
par leur valeur, méritent un rang distingué parmi leurs devan- 
ciers. 

La thèse de M. l'abbé Jacquier, sans prétendre à des recher- 
ches personnelles, a le précieux mérite de résumer tous les tra- 
vaux de quelque valeur publiés sur la AiSoyii depuis 1883. L'au- 
teur n'a pas reculé devant l'immense labeur exigé par le dépouil- 
lement, la discussion, la mise en œuvre ou la réfutation des 
ouvrages les plus divers, pris dans tous les camps et représentant 
les opinions les plus opposées. Malgré l'encombrement d'une 
telle abondance de matériaux, la clarté n'a rien perdu dans l'en- 
semble de l'œuvre, et le plan, très logique, a été en général bien 
suivi. « L'attention, nous dit l'écrivain, s'est portée principale- 
ment sur le texte. On l'a étudié en lui-même, on l'a comparé 
aux documents similaires déjà connus; par cet examen on a 
surtout cherché à déterminer la position de la Atîa/y par rapport 
à ces documents, à élucider les questions d'origine et de forma- 
tion. » Ces recherches, fondamentales au point de vue des con- 
clusions à tirer, font l'objet de la première partie. Authenticité, 
intégrité, caractéristiques, formation et date de sa composition y 
sont traitées h fond. 

La deuxième partie donne le texte grec accompagné d'une tra- 
duction et d'un commentaire critique et exégétique qui se fait 
remarquer par la sobriété et par le choix des références. Enfin, la 
troisième partie fait ressortir les enseignements dogmatiques, 
moraux, liturgiques et disciplinaires du document. Les conclu- 
sions sont en général celles qu'on doit attendre d'une étude 
sérieuse. 

La Doctrine des Apôtres que nous possédons est bien celle 
qu'ont connue les Pères de l'Rglise ; elle n'a pas subi d'altéra- 
tion essentielle, et bien qu'il faille se résigner à ne point con- 
naître encore son auteur, on peut néanmoins, avec beaucoup de 
vraisemblance, dater sa composition de l'an 50 à 80. On peut 
difTérer d'avis sur le caractère de compilation, qu'admet M. Jac- 



156 ETUDES 

quier dans la ^iBayir^, quoiqu'il réfute efficacement la thèse ra- 
tionaliste de l'interpolation chrétienne d'une composition juive. 
On peut également trouver étrange l'origine qu'il assigne (p. 51) 
au Diatessaron de Tatien, et qui lui fait perdre son caractère 
essentiel de concorde des quatre Evangiles. 

On ne s'explique pas suffisamment la manière dont il rend 
compte des commencements évangéliques (p. 50-51). Il y a là 
tout au moins un mapque de clarté, une exposition trop incom- 
plète. 

Nous ne relèverons pas d'autres détails, qui ne sauraient dé- 
parer cet ouvrage. Qu'il nous soit pourtant permis de regretter 
l'absence des principales citations grecques dans la première 
partie. Dans ces questions d'origine, de rapports, la traduction 
ne suffit pas. Une bibliographie très riche, environ deux cents 
ouvrages ou travaux sur la Doctrine des Apôtres^ termine très 
utilement ce beau travail. 

II. — Le R. P. Minasi, chargé par la Civ'dtà cattolica de faire 
une édition romaine de la AiSaj^ii, apportait à ce travail une longue 
pratique de l'enseignement de l'Ecriture Sainte, une connais- 
sance approfondie de la langue grecque et des langues sémiti- 
ques, et des études archéologiques d'une étendue peu ordinaire. 

On ne sera donc pas étonné qu'une telle préparation lui ait 
permis de donner au public un ouvrage aussi personnel que 
complet, dans lequel il a mis en œuvre des trésors d'érudition 
que l'on chercherait vainement ailleurs. Aussi que de points obs- 
curs a-t-il mis heureusement en lumière ; que de difficultés 
aplanies, sinon résolues ; que de notions plus distinctes et plus 
complètes des premiers usages de l'Eglise! 

A un fond si riche répond une magnifique exécution typogra- 
phique : citations in extenso des textes dans les langues origi- 
nales, reproduction des inscriptions primitives, de quelques 
peintures des Catacombes relatives au culte, et enfin la gravure des 
premières lignes du manuscrit. 

Tout cela n'est point, comme on pourrait le croire, un vain 
luxe d'éditeur. Tout va au but : ainsi, de la disposition même 
des premières lignes du texte, le P. Minasi, en archéologue 
habile, a tiré l'un des meilleurs arguments de l'antiquité du do- 
cument. 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 157 

L'ouvrage se compose d'un prologue de quarante-sept pages 
suivi du texte grec et de la version italienne, sur deux colonnes 
parallèles, avec des notes au bas des pages (p. 1-48) ; puis d'un 
commentaire (p. 50-275). Par une très heureuse innovation, l'au- 
teur a cru devoir ajouter à une table des choses remarquables, un 
lexique des mots de la liBajri (p. 311-377). A la différence dés 
lexiques ordinaires, celui-ci, outre le sens précis et raisonné des 
mots, présente une synthèse aussi rapide que complète de la 
doctrine établie. Des références choisies aux textes originaux 
permettent de contrôler le sens et de recourir aux explications 
plus étendues du commentaire. Dans ses limites, il constitue un 
vrai cours de langue hellénistique, dans laquelle est écrite la 

Parmi les conclusions, il faut signaler Tépoque assignée à àa 
composition. Le P. Minasi la place entre la publication de l'Évan- 
gile de saint Mathieu et celle des deux Evangiles suivants. A 
s'en rapporter aux anciens qui ont parlé delà Doctrine, elle éma- 
nerait des apôtres eux-mêmes. 

Pour le lieu de la composition, plusieurs indices désigneraient 
la ville d'Antioche, dont le concile controversé est confirmé par 
de nouvelles preuves. Il va sans dire que Pauteur défend rori- 
gine chrétienne du document. Il n'a pourtant pas fait une œuvre 
de polémique ; il se préoccupe moins des adversaires et de leuos 
erreurs que de l'établissement de la vérité. Et vraiment, dans 
cette œuvre magistrale qui se suffît à elle-même, on n'est pas 
tenté de voir une lacune. La plénitude avec laquelle il restaure 
les origines du culte, en particulier celles de la Synaxe domini- 
cale ; les commencements de la hiérarchie, et spécialement le 
ministère prophétique ; le bonheur avec lequel il explique plu- 
sieurs endroits difficiles, notamment le fameux passage du nij/s- 
teriurn sœculare, laissent peu de place à la réfutation, et font 
ressortir l'avantage de l'étude approfondie des choses mêmes. 

Un appendice de quelques pages, jugé utile par l'auteur, et que 
nul ne regrettera dans cet ouvrage, reproduit l'épitaphe d'Aber- 
cius. On sait que la précieuse pierre tumulaire vient d'être 
offerte, il y a quelques jours, à Sa Sainteté par Mgr Azarian, de 
la part du sultan. j. a., S. J. 



158 ETUDES 

Œuvres de saint François de Sales, évêque de Genève et doc- 
teur deVÉgUse. Édition complète, d'après les autographes 
et les éditions originales, enrichie de nombreuses pièces 
inédites ; publiée par les soins des religieuses de la Visita- 
tion du premier monastère d'Annecy. Genève, Trembley, 
1892. Tome I : les Controverses ; tome II: Défense de Ves- 
tendart de la sainte Croix. 2 vol. in-8, pp. cxliv-419 et xlviii- 
432. Prix de chaque volume : 8 francs. 

Depuis longtemps, fidèles et lettrés, voyant dans les œuvres 
de saint François de Sales, les uns la parole sacrée d'un docteur 
de l'Eglise, les autres un des plus beaux monuments de la vieille 
langue française, en désiraient une édition authentique et com- 
plète : l'attente est aujourd'hui remplie. Cette œuvre immense 
de pieuse érudition a été entreprise par les religieuses de la Visi- 
tation d'Annecy. Elles ont déchilfré et copié les manuscrits dont 
elles étaient dépositaires ; un habile critique, Dom Mackey, de 
l'Ordre de Saint-Benoît, a dirigé leurs travaux, et lui-même après 
avoir durant de longues années étudié les autographes, mis à 
contribution les bibliothèques publiques et privées, interrogé les 
moindres documents contemporains, est en état et en droit de 
donner une publication définitive : editio ne varietur. 

Dans une grandiose Introduction, large de vues et ample de 
style, il montre d'abord comment les œuvres du Saint, essentielle- 
ment communicatif, sont nées des événements de sa vie ; puis pas- 
sant à la doctrine, il en assigne les caractères d'étendue, de solidité, 
de sûreté, et fait voir comment ce corps vigoureux était animé par 
uneexpression incomparable qui faisait direà saint Vincent de Paul: 
(t L'évèque de Genève, c'est l'Evangile parlant. » Suit une revue 
des éditions antérieures, toutes infidèles ou incomplètes, altérant 
plus ou moins gravement, soit la pensée, soit le langage. L'édition 
présente comble ces déficits: elle reproduit intégralement toutes 
les œuvres manuscrites, dont la quatrième partie seulement a été 
jusqu'ici mise au jour; le texte est livré dans toute son intégrité, 
dans sa fraîcheur naïve, débarrassé du vêtement moderne dont 
l'ont couvert des vulgarisateurs maladroits; l'orthographe elle 
aussi est respectée et l'on peut ainsi suivre son perfectionnement 
qui va de pair avec le progrès de la langue et du style. 

L'ordre de publication est le suivant : 1° Controverses ; 2° Dé- 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 159 

fense de l'estendart de la sainte Croix; 3° Introduction h la Vie 
dévote ; 4" Traité de l'a mour de Dieu ; 5" Entretiens ; 6** Sermons ; 
7* Lettres; 8» Opuscules. 

Les Controverses forment donc la matière du premier volume. 
Le lecteur est initié à leur connaissance par une préface qui con- 
tient, avec un aperçu historique, un examen de la doctrine. Elles 
doivent leur origine à des feuilles volantes que l'apôtre du Cha- 
blais faisait distribuer aux calvinistes; mais fugitives seulement 
par la forme de composition, elles constituent un des plus beaux 
traités d'apologétique, digne d'entrer en parallèle avec les 
œuvres des Athanase et des Augustin. Détail qui mérite mention, 
l'infaillibilité pontificale s'y trouve affirmée et établie en termes 
exprès. L'ouvrage comprend trois parties: la première dénie l'au- 
torité des ministres en déniant leur mission, démasque leurs sub- 
terfuges et met en lumière les marques de la véritable Eglise; la 
deuxième et la troisième, consacrées aux règles de la loi, mon- 
trent, l'une comment elles ont été violées par les hérétiques, 
l'autre avec quelle vigueur le catholicisme les a toujours main- 
tenues. 

Les feuillets des Controverses, disséminés après la mort du 
Saint, furent recueillis par Charles-Auguste de Sales et donnés, 
lors de la canonisation, au pape Alexandre VII; celui-ci les légua 
à la famille Arigi, qui en est demeurée détentrice. Les éditions 
qui ont paru jusqu'à ce jour ont eu le grave tort de ne pas re- 
monter aux sources et de prendre pour base un certain travail de 
revision fait au dix-septième siècle par un Père minime; ainsi 
la précieuse doctrine est restée défigurée par des changements 
et omissions, l'ordre des matières lui-même a été bouleversé. Le 
mérite de la publication actuelle est de reproduire en entier 
l'autographe dont communication a été gracieusement accordée, 
de rétablir le classement primitif, de rendre avec une exacte 
fidélité toute l'expression, jusqu'au moindre signe orthographique. 
Le manuscrit offrant parfois deux leçons, la plus définitive a été 
prise pour texte, et la seconde est placée au bas dus pages en 
caractères spéciaux. 

Le deuxième volume est rempli par V Estendart de la sainte 
Croix, Comme l'expose la préface, après la mission du Chablais, 
au milieu de fêles solennelles fort célèbres dans les annales reli- 
gieuses du pays et du temps, saint François de Sales avait fait 



160 ÉTUDES 

ériger une grande croix entre Annemasse et Genève, et par son 
soin des placards où l'on traitait de l'honneur dû à l'image de 
notre salut avaient été distribués aux foules. Ce fut pour le mi- 
nistre de la Faye l'occasion de décrier dans un libelle diflFamatoire 
la vraie doctrine ainsi propagée. Le Saint, élevant la controverse 
jusqu'aux plus hautes régions, fit une vigoureuse réponse qui cons- 
titua le présent traité. Les trois premiers livres établissent la 
vertu de la croix successivement dans son auguste réalité, dans 
son image, dans son signe ; le quatrième livre expose les qualités 
du culte qui lui est dû. Le texte est celui de l'édition princeps 
de 1600; l'unique différence est que l'orthographe primitive a été 
rétablie ; de plus, il a été ajouté un manuscrit de la même œuvre, 
gardé au monastère d'Annecy et inédit jusqu'ici. 

Ces deux volumes si riches par le fond sont rendus plus pré- 
cieux par des travaux complémentaires de l'éditeur, que nous 
n'avons pas encore indiqués ; outre les variantes, les préfaces et 
introductions, il y a des notes explicatives et bibliographiques 
apportant tous les éclaircissements désirables; les textes de 
l'Ecriture Sainte et des différents auteurs sont partout indiqués 
en marge; un glossaire donne l'intelligence et l'étymologre des 
mots moins connus ; enfin des appendices renferment les pièces 
justificatives et autres documents. Ajoutons que la perfection 
typographique, l'emploi de caractères elzéviriens, les fac-similés 
d'autographes, le choix du papier marqué au filigrane de la 
devise du Saint, donnent le dernier fini à cette œuvre magistrale, 
et en fout le plus glorieux monument qui ait jamais été élevé à la 
mémoire du grand docteur de l'Eglise. L P S J 

Conférences théologiques données à Liège par V. L. Oli- 
vier, S. J. 2" édition, Liège, H. Dessain; Paris, Delhomme 
et Briguet, 1893. 2 vol. in-8, pp. 617 et 563. Prix : 5 francs. 

Dans notre siècle, on étudie peu sa religion, on n'en saisit, 
pour ainsi dire, que des coins; nulle philosophie, nulle vue 
d'ensemble. D'autre part, notre siècle est un siècle de critique, 
et, qui pis est, de négations, de systèmes et de doute. L'objec- 
tion religieuse se rencontre tous les jours, à chaque tournant de 
rue : elle se glisse dans la feuille quotidienne, elle se met en 
action dans le roman, elle monte sous forme d'oracle aux tri- 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 161 

bunes publiques, elle prend un masque de science dans les pro- 
ductions d'une critique impie. Ses formes spécieuses ne laissent 
pas d'imposer : pour peu qu'un homme du monde lui accorde 
d'attention, il lui sera impossible, s'il réfléchit, de ne pas de- 
meurer frappé de tel ou tel problème formulé sans avoir été 
résolu, et qui désormais fait ombre dans son esprit. 

A ces catholiques sincères, gens instruits la plupart, avocats, 
médecins, industriels, magistrats, hommes de lettres, mais aux- 
quels le loisir a manqué pour approfondir leur religion, nous 
recommandons les Conférences du R. P. Olivier. Ils verront 
comment tout s'enchaîne et se répond dans la religion; comment 
il suffît le plus souvent de placer l'objection qui paraissait redou- 
table, en face du dogme catholique, présenté sous son vrai jour, 
pour qu'elle se dissipe et qu'on reste étonné de s'en être un 
instant laissé troubler. Ce serait toutefois se faire de cet ouvrage 
une idée très incomplète que de se le représenter comme un 
simple arsenal de solutions aux objections courantes. La con- 
ception de l'auteur est autrement haute, et sa synthèse autre- 
ment puissante. Mais, avant d'analyser dans ses lignes princi- 
pales le plan de l'éminent conférencier, nous tenons à dire un 
mot de la forme adoptée, du style et de l'actualité dans les 
questions traitées. 

C'est, selon nous, une très heureuse idée que d'avoir conservé 
à cette démonstration catholique sa division en conférences d'une 
étendue h peu près égale. Le lecteur d'aujourd'hui veut être vite 
au fait, il s'impatiente au milieu d'une thèse interminable; s'il 
interrompt, il ne reprend plus. L'esprit, en faisant route, aime à 
trouver de ces étapes ménagées à propos ; tout en devient plus 
clair, et on fournit plus allègrement une carrière dont le terme se 
dresse à quelque distance. Le R. P. Olivier a tenu compte de ces 
besoins de l'esprit moderne. Ses deux tomes comprennent 
ensemble 1180 pages divisées en 104 conférences, soit une 
moyenne de 11 à 12 pages par conférence. Chaque sujet est 
parfaitement délimité, chaque titre précis, et une excellente 
table analytique permet au lecteur de se renseigner immédia- 
tement sur un point donné. 

Un charme très réel de ces belles Conférences, c'est l'attrait 
du style. Ses qualités sont celles que réclame un pareil genre : 
élégance grave en rapport avec le sujet, remarquable propriété 



162 ÉTUDES 

de termes, concision qui ne nuit pas à l'éloquence, sensation de 
clarté étonnante, et, par-dessus tout, je ne sais quelle sérénité 
d'expression qui donne le sentiment de la vérité possédée. A ces 
mérites de forme joignons la vigueur dans la déduction, l'en- 
chaînement puissant des idées, une trame serrée de faits, de 
raisonnements, de vues d'ensemble sur la religion, sur l'Etat, 
sur des points de science et d'histoire, et on pourra se con- 
vaincre (ce que nous croyons) qu'on n'est pas en présence d'un 
ouvrage ordinaire. 

L'auteur a eu soin, naturellement, d'adapter sa démonstration 
aux plus récents travaux de la science. Ce n'est pas qu'il descende 
dans la poussière des faits, on ne trouve point de chiffre dans 
son ouvrage; mais il mentionne toutes les conclusions scienti- 
fiques en rapport avec la religion, et les différents ordres de 
faits sur lesquels ces conclusions reposent le plus prochaine- 
ment. Ce souci de parler pour notre temps se montre dans tout 
l'ouvrage. En particulier, la neuvième série des Conférences est 
consacrée tout entière à établir cette vérité, que la foi ne gêne 
en rien les recherches et les progrès de la science; le chrétien 
non seulement peut en accueillir les résultats certains, mais 
encore bâtir tous les systèmes qui ne mènent pas logiquement à 
la négation de sa foi. L'auteur montre cet accord pratique de la 
science et de la foi sur le terrain de la géologie, de l'astronomie, 
de la biologie, de la paléontologie, de la physiologie cérébrale, 
de l'ethnologie, de l'anthropologie au quadruple point de vue 
de l'origine de l'homme, de sa constitution, de son unité spéci- 
fique et de son antiquité. 

Ces remarques générales étant faites, tâchons, dans une ana- 
lyse rapide, de donner une idée du plan de l'auteur. 

Après avoir tracé dans une belle étude le rôle de la raison 
dans les questions religieuses, l'éminent conférencier passe aux 
diverses démonstrations de l'existence de Dieu. De cette vérité 
fondamentale et des rapports nécessaires entre la créature et ce 
premier Être dérive la nécessité d'une religion pour l'individu, 
pour la société. Ici se rencontrent les questions très vitales et 
très modernes de l'indifférentisme individuel, de l'indifféren- 
tisme d Etat et des fameuses libertés. 

Il existe une religion qui se dit révélée et divine ; l'est-elle? 
Sans doute, elle nous en présente des témoignages incontesta- 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 168 

bles les miracles et les prophéties. Mais les livres qui renfer- 
ment ces témoignages sont-ils bien authentiques? « Surtout, 
sommes-nous certains d'en posséder le texte primitif non tron- 
qué, non altéré ? Leurs auteurs n'ont-ils pu se tromper ni vouloir 
tromper? » L'auteur fait ici une magnifique démonstration chré- 
tienne de l'authenticité, de l'intégrité, de la véracité de nos 
saints Livres. On sait combien ces questions sont aujourd'hui 
à l'ordre du jour; la science française et allemande a accumulé 
depuis un siècle d'incroyables travaux pour ruiner le Pentateuque 
et l'Évangile. Eh bien, c'est avec un sentiment de joie et de fierté 
chrétienne qu'au sortir de la lecture du R. P. Olivier, on se rend 
compte de l'impuissance radicale de l'erreur contre le roc de la 
vérité. 

Vient ensuite la question capitale du christianisme, celle de la 
divinité de Jésus-Christ. Onze conférences sont employées à 
mettre onze fois sur la tête de Jésus-Christ ce diadème que nui 
blasphème n'en fera jamais tomber. Tout s'enchaîne; ici surtout 
les preuves abondent. C'est que nous sommes au cœur. 

Après Jésus-Christ, son œuvre ; après le divin Docteur et 
l'Exemplaire, celle qui le remplace dans sa mission sur la terre, 
l'Église. De là, un ensemble de conférences sur rinfaillibilité de 
l'Église, sur son pouvoir législatif et son indépendance de la 
puissance temporelle, sur la primauté pontificale et ses préroga- 
tives, la plénitude de la puissance dans le gouvernement et 
l'infaillibilité dans l'enseignement. Que d'idées fausses circuleot 
dans le monde sur ces matières! que d'ignorances I Les démons- 
trations ne manquaient pas, mais elles étaient souvent ou trop 
hérissées de science ou pas suffisamment complètes ; en voici 
une achevée, claire, moderne et à la portée de tout esprit un peu 
cultivé. A. GRIGNARD, S. J. 

Jésus de Nazareth au point de vue historique^ scientifique et 
social^ par Paul de Régla. Paris, G. Carré, 1891. In-8, 
pp. 404. 

Ce livre ne mériterait que le silence et le feu ; parlons-en 
cependant, avant de le brûler, pour montrer par un exemple à 
nos lecteurs ce qu'est une certaine littérature théosophe. 

Livre étrange ! C'est la réflexion qui se présente à l'esprit dès 



164 ÉTUDES 

la première page. Nous lisons d'abord en gros caractères ce 
titre : Méditation. Suit une ligne de points, plus trois autres 
points ; enfin l'auteur commence. Ecoutez : 

« Et sur le grand livre de l'humanité, alors complètement 
ouvert, l'ange du progrès me fit voir deux pages entièrement 
remplies : 

« La première, sombre et fatale, portait en titre : 

« La force prime le droit! 

« La seconde, singulièrement éclairée par une lumière aux 
tons rougeâtres, avec reflets dorés, avait, en haut de ses lignes, 
se détachant vigoureusement en gerbes lumineuses, les mots : 

« Initiation au droit et à la vérité, par la douleur et le sacri- 
fice. 

« Et alors, l'ange, l'index entre les deux feuillets du livre de 
la vie, me dit tristement... » 

Et quatorze pages durant, le lecteur doit subir ce style apo- 
calyptique. Il paraît que l'auteur a médité ce livre durant 
plus de trente ans, depuis le début de sa vie si triste et si tour- 
mentée. C'est lui-même qui parle ainsi (p. xiv). 

Mais c'est innocent, me direz-vous? Innocent, l'auteur l'est 
peut-être, nous verrons tout à l'heure pourquoi; mais l'œuvre, 
certainement non. Ce livre a la prétention d'être une Vie de 
Jésus-Christ, mais, par exemple, d'un Jésus-Christ comme aucun 
de mes lecteurs ne se l'imagine. Il m'est impossible, parlant ici 
à des gens qui veulent être respectés, de dire ce que sont pour 
ce lubrique les anges, la Vierge Marie, saint Joseph et Jésus- 
Christ lui-même. L'auteur se complaît dans ces malpropretés ; 
il y revient à tout instant avec une satisfaction visible (p. 36, 
42, 43, 44, 52, 54, 61, 80, 98, 106, etc.). 

Trouve-t-on au moins dans ces pages quelques traces de cri- 
tique, une valeur scientifique quelconque ? En aucune façon. C'est 
un ramassis de toutes les antinomies scripturaires que Renan 
a collectionnées dans sa Vie de Jésus. Ce M. de Régla répète 
tout cela avec une inconscience parfaite, sans se douter que 
Renan lui-même n'aurait pas voulu, dans ses dernières années, 
rééditer toutes les méprises philologiques ou historiques qu'il 
avait plus d'une fois empruntées à l'Allemagne protestante, la 
vraie patrie de son âme et de son cœur. Mieux que cela, notre 
auteur ne se gêne pas pour prendre dans la Vie de Jésus les 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 165 

passages qui l'intéressent, et tout cela sans rien dire. On change 
une construction, on retranche ou l'on ajoute un adjectif, et 
alors Renan n'est plus Renan, c'est M. de Régla. 

Pour donner une idée de la portée scientifique de cet homme, 
voici quelques exemples : 

A son avis, la critique historique pure a le droit de professer 
la négation de l'existence même de Jésus-Christ (p. xv). Pour 
sûr, nos historiens les plus hypercritiques ne se doutent guère 
qu'ils peuvent à ce point se donner du large. 

Savez-vous ce qu'est pour les chrétiens le Fils de Marie? Un 
Dieu en trois personnes. C'est la manière de l'auteur d'exprimer 
notre doctrine. Après cela, on le croira facilement quand il nous 
dit à la même page(xxii) que pour lui il n'a subi aucun joug sco- 
lastique. 

Et l'Immaculée Conception? Ah I voici. C'est « le dogme du 
mensonge scientifique et historique; de la mère restant toujours 
vierge» (p. xxv). Mais il fallait donc lire un catéchisme, mon 
bon monsieur, ou bien interroger un petit enfant de nos écoles 
primaires. Quand on veut parler d'une religion, ou est tenu de 
savoir en quoi elle consiste. 

Il parait aussi qu'Hérode (Antipas) était « non pas roi, ainsi 
que le disent par ignorance les évangélistes, mais simplement 
tétrarquc de Galilée » (p. 70). D'abord, on ne voit pas bien pour- 
quoi ce titre de roi ne conviendrait pas absolument à Hérode; en 
tout cas, puisque l'nuteur était décidé à faire passer les évangé- 
listes pour des ignorants, il aurait dû éviter d'écrire lui-même, 
quelques pages plus loin (p. 93], ces paroles de saint Luc : a Hé- 
rode étant tétrarque de la Galilée, Philippe, son frère, tétrarque 
de riturée et de la province de la Trachonite, et Lysanias, té- 
trarquc d'Abilène. » Quand M. de Régla voudra se donner la 
peine de lire, une fois dans sa vie, les documents dont il parle 
avec tant de hauteur, il trouvera bien d'autres témoignages sur 
ce même point, et il apprendra que dans cette question l'igno- 
rance est le fait, non pas des évangélistes, mais de certains 
écrivains fantaisistes. 

Connait-il mieux au moins ses auteurs profanes? II n'y parait 
pas. C'est ainsi que, page 70, il nous donne de l'historien Jo- 
sèphe une traduction fantaisiste, ou plutôt il forge à peu près 
complètement le texte qu'il lui faut, le mettant bien entre guil- 



166 ÉTUDES 

lemets pour le faire ressortir davantage, et après, il se garde bien 
de nous dire où il a pris cela. Cependant, un peu plus loin, 
page 109, il revient à son idée et nous renvoie cette fois h « Jo- 
sèphe, Hist. des Juifs^Ww. XVIIÏ, chap. vin, art. 781 ». Malheureu- 
sement cette indication, de forme insolite, est fausse. J'en au- 
rais long à dire en ce genre ; je n'insisterai pas, et voici pourquoi : 
certains symptômes feraient croire que l'auteur de ce livre est 
plus à plaindre qu'à blâmer. Qu'on veuille bien me suivre un ins- 
tant. 

On aura remarqué tout d'abord les pages apocalyptiques dn 
début. Il y a pis dans la suite. P. xiii, la science annoncerait la 
réapparition pour l'automne suivant (1891) de l'étoile des mages. 
Par prudence, notre écrivain n'ose pas nier celte prédiction. 
Car enfin, « Qui [sic] lo sa? » Cf. p. 65, où l'on voit que qui n'est 
pas une distraction. 

P. XV. Pas un chrétien, catholique, protestant ou schismatique, 
n'a jusqu'ici rien compris ni rien pu comprendre au vrui Jésus- 
Christ. Mais ce que les disciples du Christ ont toujours caché ou 
n'ont jamais entendu, lui, M. Paul de Régla, va le révéler 
(p. xxvi). Il n'ignore pas les dangers qui peuvent résulter pour 
lui de certaines de ses révélations; car, si l'Inquisition et ses 
bûchers n'existent plus, il reste, ce qui est plus grave et plus 
redoutable, l'inquisition morale, dont les intruments occultes, 
la calomnie, la basse traîtrise, etc., peuvent, mieux que les bû- 
chers et les tortures des anciens âges, briser la main qui porte 
une plume indépendante (p. xxvii). 

Mais que veut-il nous révéler ? L'idée Jésimienne , le Jésunisme 
(p. xxvii-xxxn). Et qu'est-ce que le Jésunisme? Je l'ignore, tout 
comme l'auteur. 

On me permettra d'en passer; j'arrive d'un bond aux pages 
86-93. C'est le temps de la vie cachée de Jésus-Christ. Ici, plus 
de documents. Qu'à cela ne tienne; M. de Régla va tout recons- 
tituer. Et il reconstitue. La scène se passe à Cana ; entre autres 
choses, Jésus étudiait alors les végétaux et les simples. 

Comme imagination, ou comme aberration d'esprit, il y a mieux 
encore, p. 112-115. L'auteur fait un portrait physique de Jésus- 
Christ. Jésus avait les épaules assez larges, la poitrine légèrement 
bombée, la taille mince, le front large, un peu renflé au-dessus des 
globes oculaires, le crâne élargi vers les temporaux, les cheveux 



b 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 167 

d'un châtain clair, les oreilles petites, les yeux d'un bleu gris, 
les mains effilées pour se terminer en des extrémités inguéales 
un peu spatulées, aux ongles bien plantés, d'un rose tendre. 

Il y a deux pages de ce genre, renfermant les détails les plus 
précis sur le portrait tout extérieur de Jésus-Christ. Soudain un 
éclair de bon sens passe par l'esprit de notre écrivain : « Ici, 
nos lecteurs vont probablement nous demander où nous avons 
pris les éléments du portrait dont nous venons de tracer les 
grandes lionnes? » Et maintenant, écoutez la réponse: « A cela 
nous répondrons bien franchement que nous ne les avons puisés 
ni dans les auteurs qui ont écrit sur ce sujet, puisqu aucun d'eux 
Tien parle, ni dans les cases de notre imagination, en tant que 
considérée comme la folle du logis. Ces éléments, nous les avons 
pris dans nos études de voyage en Palestine, et dans nos vieilles 
études de phi/siognomonie, de phrénologie et de chiromancie. » 

Ce qui suit n'est guère moins curieux. L'auteur affirme qu'il 
est capable de reconstituer les traits d'un individu avec les élé- 
ments de sa vie publique et privée, tout comme Cuvier n'avait 
besoin que d'un os pour reconstituer l'animal entier. Du reste, 
ajoutc-t-il, « de ce que nous avançons là, nous en avons 
donné suffisamment les preuves dans le courant de notre exis- 
tence, pour qu'il nous soit permis de ne pas insister davantage». 
Là-dessus, on nous renvoie h la note B, à la fin de l'ouvrage, où 

l'on voit qu'un journaliste, en 1869, trouvait le D' D — c'est 

M. de Régla — vraiment très fort. 

Je n'étonnerai pas mes lecteurs si je leur dis qu'arrivé là, je 
fermai le livre pour ne le plus rouvrir. Au bout de 115 pages — 
le livre en compte 404 — ma conviction était faite sur l'état 
d'esprit de l'auteur. L. MÉCHINEAU, S. J. 

I. — Lectures pieuses extraites des Pères et des principaux 
écrivains catholiques, par Mme la comtesse Max de Beau- 
recueil, précédées d'une lettre de S. G. Mgr Lagrange, 
évoque de Chartres. Paris, Poussielgue, 1892. In-16, 
pp. vm-529. 

II. — Les Archives de la dévotion au Sacré Cœur de Jésus 
et au saint Cœur de Marie, tirées des œuvres de sainte 
Mechlilde, de sainte Gertrude, du V. P. Eudes et de la 
bienheureuse Marguerite Marie, par le P. Granger, mis- 



168 ÉTUDES 

sionnaire de Notre-Dame de la Délivrande. Tomel, Ligugé, 
imprimerie Saint-Martin, 1892. In-18, pp. cci-614. 

III. — Le Mystère de Jésus-Christ, par le R. P. J. Corne, 
oblat de Marie-Immaculée, supérieur du grand séminaire 
de Fréjus. Tomel: le Verbe de Dieu. Vatïb etLyon,Delhomme 
et Briguet, s. d. In-8, pp. iv-436. 

IV. — Les Sublimités de la prière, par l'abbé Henry Bolo. 
Paris, Haton, 1893. In-12, pp. 362. 

V. — L'Église et la France nouvelle. Discours pour la con- 
sécration de l'église des Tourrettes (diocèse de Valence), le 
25 septembre 1892. Paris, Haton, 1892. In-12, pp. 47. Prix : 
75 centimes. 

I. — Se borner à faire, sur l'ouvrage de Mme la comtesse de 
Beaurecùeil, un jeu de mots trop facile, ce serait mal rensei- 
gner le lecteur. Sans doute, c'est un recueil, mais le choix des 
extraits prouve dans celle qui les a collectionnés un esprit 
tourné vers les choses élevées. Fille spirituelle de Mgr Dupan- 
loup, elle a lu surtout les biographies de l'école d'Orléans ; pas 
exclusivement toutefois. De ses livres préférés, elle a extrait, au 
hasard de la lecture et souvent sans références, des passages qui 
lui ont fourni quelques citations des Pères. Il paraît que ses 
auteurs ont cité aussi Socrate et Charlotte Corday ; car on lit 
parfois, au détour d'une page, ces noms qui n'ont pourtant rien 
de patristique. Dans tout cela, ce qui manque le plus, c'est 
l'ordre, lucidus ordo. Mgr Lagrange n'a pu s'empêcher de le lui 
donner à entendre avec les ménagements obligés d'un auteur à 
qui l'on a beaucoup emprunté. N'y étant pas tenue comme lui, 
la critique doit dire à Mme la comtesse de Beaurecùeil qu'elle 
s'est trompée si elle a cru qu'en fait de livres, comme en fait 
d'ameublement, « parfois un beau désordre est un effet de l'art » : 
c'est là un défaut de composition. Mais par le fond ce livre mé- 
rite des éloges : la comtesse de Beaurecùeil a le goût des lectures 
pieuses et cherche à le communiquer aux personnes de son 
rang : nous l'en félicitons sans réserve. 

II. — Les Archives de la dévotion au Sacré Cœur sont faites 
aussi d'extraits, mais d'une tout autre manière. L'auteur a puisé 
de première main aux sources mêmes et il explique les emprunts 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 169 

qu'il a faits aux apôtres des Sacrés Cœurs. Quand il sera achevé 
par la publication d'un second volume, cet ouvrage fournira 
aux amis de cette dévotion un trésor qu'ils auraient vaine- 
ment cherché ailleurs. Trop souvent, en cette matière, ceux 
mêmes qui ont mission d'enseigner en sont réduits à des 
livres de troisième ou quatrième main, oii l'on trouve à peine 
quelques bribes de la pensée des initiateurs. Sans doute il y a 
bien les œuvres originales, qui valent toujours mieux que des 
extraits même raisonnes. En particulier, pour sainte Gertrude 
et sainte Mechtilde, il y a l'édition latine publiée chez Oudin 
par les Bénédictins de Solesmes. Mais pour le P. Eudes, il fau- 
drait recourir aux anciennes éditions à peu près introuvables ; et 
pour la bienheureuse Marguerite-Marie même, il n'y a guère de 
recueil un peu complet de ses révélations. 

En attendant le^ apôtres du dix-septième siècle, nous avons 
dans un premier volume la moelle des révélations de sainte Mech- 
tilde et de sainte Gertrude, les initiatrices du treizième, avec une 
étude sur leur vie et sur leur mission. Sainte Gertrude est étudiée 
plus longuement ; d'ailleurs c'est elle, ou le sait, qui a transcrit, 
avec une autre de ses compagnes du couvent de HeKta, les révé- 
lations de leur sœur sainte Mechtilde. Malgré cela, l'œuvre des 
deux saintes ne se ressemble pas, et chacune d'elles a sa grâce 
spéciale : Mechtilde a une doctrine élevée rendue dans de belles 
images littéraires que Dante enviait ; Gertrude, une union avec 
Dieu qui la rendait toujours active et pratique. C'est ce qui ressort 
des éludes du P. Granger ; car il n'a pas renoncé h faire œuvre 
personuclle en nous donnant un recueil. Il l'a fait précéder d'une 
longue introduction de 200 pages, où il résume les fondements de 
la dévotion aux Sacrés Cœurs. C'est un véritable traité sur la ma- 
tière. L'auteur y parle de la science du Sacré Cœur ; il a montré 
qu'il la possédait lui-même. Son intervention incessante pour 
mettre en relief les révélations des saintes parait niiiins heureuse. 
Puisqu'il parle d' « archives », un archiviste a bien le droit, il a 
même le devoir d'expliquer sa collection ; mais il doit aussi sa- 
voir s'effacer pour laisser le public jouir des pièces authentiques. 
On éprouve le regret de n'avoir pas le texte complet et non in- 
terrompu, sauf par des notes qui donneraient les éclaircissements 
nécessaires. Il y faudrait un in-folio; eh bien, un in-folio ne 
vaudrait-il pas des volumes comme cet in-18 compact, trapu, 

Bibliographie, IV. - 12 



170 ETUDES 

bourré de 800 pages? Les formats modernes, faits pour les be- 
soins de la lecture courante, conviennent-ils à certains livres 
substantiels qui voudraient être lus dans le silence du cabinet 
ou de l'oratoire ? Vraiment, pour ces livres-là je regrette le temps 
des beaux in-folio. 

III . — Le Mystère de Jésus-Christ, cet ouvrage considérable 
qui s'annonce en cinq volumes in-S"*, tout pleins de doctrine et 
de piété, ferait aussi, on en conviendra, un in-folio merveilleux. 
Deux peut-être; mais en réduisant certaines longueurs, un seul 
suffirait. « Le monde ne saurait contenir les livres qu'on pourrait 
écrire de Jésus, » dit l'Evangile ; ce n'est pas une raison pour en- 
tasser les volumes, ni surtout pour les grossir de redites. Le siècle 
présent est de l'avis de La Fontaine : « les longs ouvrages lui font 
peur ». Or, il y a des longueurs dans celui du R. P. Corne, même 
dans l'introduction. Ainsi à la page 10, après avoir exposé assez 
brièvement ce que c'est que connaître Jésus-Christ, il ajoute: 
a Résumons », et le résumé est un exposé nouveau plus long que 
le premier. Du reste, l'auteur avoue lui-même ingénument que 
« dans ses volumes on rencontrera plus d'une redite », mais il y 
trouve une raison et un avantage. « Il convient, dit-il, que cer- 
taines vérités soient souvent exposées pour impressionner plus 
vivement les esprits. » C'est là une théorie que la critique litté- 
raire ne saurait approuver. Il faut se répéter quand on enseigne 
et revenir sans cesse sur les points importants, d'accord. Mais 
ce qui est vrai de la parole ne l'est pas des écrits. C'est au lec- 
teur à revenir sur les points essentiels, non à l'auteur. Son seul 
devoir, à lui, c'est de mettre ces points en relief et de les rendre 
si intéressants qu'on y revienne comme malgré soi. Du reste, le 
R. P. Corne n'a pas manqué à ce devoir. Son livre est écrit avec 
son âme. 

Pour faire connaître Jésus-Christ, il n'a point voulu em- 
ployer « ce ton réaliste, ce style voisin des productions pro- 
fanes, ce souci excessif de la couleur locale qui trouble la médi- 
tation du mystère de Jésus et lui paraît en désaccord avec un sujet 
si saint ». En cela, il fait preuve non seulement d'idées sérieuses, 
mais encore de bon goût. Cependant il parlera, lui aussi, de la vie 
de Jésus, mais non d'une façon bruyante. Il se propose de faire 
pénétrer dans l'âme du Sauveur et il écrit d'une manière paisible 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 171 

et toute méditative. De ses cinq volumes, le premier traite du 
Verbe de Dieu; le second traitera de l'incarnation du Verbe et de 
la vie cachée de Jésus ; le troisième, du mystère évangélique de 
Jésus ; le quatrième, du sacrifice de Jésus, et le dernier, de la gloire 
de Jésus, Nous n'avons encore que le premier, sur le Verbe de 
Dieu. C'est un commentaire élevé, savant et pieux du commence- 
ment de PEvaDgile de saint Jean. On dirait une continuation de 
ce mngnifKjue préambule; comme si, dans ses méditations soli- 
taires, 1 auteur du Mjfstère de Jésus avait eu des communications 
avec Tûme du disciple bien-aimé. Ou sent du moins qu'il a puisé 
comme lui à la source eucharistique, et l'on se rend volontiers au 
témoignage de l'évêque de Fréjus affirmant que ce livre est digne 
de la grande école des mystiques français du dix-septième siècle. 
Cela lait regretter de ne l'envisager que par le dehors. 

Un ouvrage comme celui-là, quand il sera complet, voudra être 
étudié intérieurement, et, comme il a été" écrit, avec amour. S'il 
n'a pas été composé à genoux, l'auteur, avant d'écrire, a souvent 
prié et adoré. Aussi retrouve-t-on dans ses pages les traces de la 
joie (|ui inondait son âme et de cette allégresse qui d fait qu'il ne 
pouvait se déprendre de son travail. 

IV-V. — Les Subfiniitcs de la prière ont des allures plus déga- 
gées et moins pesantes. Il ne faudrait pas en conclure que ce soit 
un livre léger. L^âme de l'auteur est pleine de ce qu'il dit sur la 
prière, et son esprit est tellement imprégné de la lecture des 
Livres saints que sa pensée revêt naturellement leur style et leurs 
expressions. B^t malgré le souci évident que M. l'abbé Bolo a de 
la forme, la doctrine ne manque pas. Qu'on lise surtout à cet 
égard le chapitre sur la toute-puissance de la prière; il est diffi- 
cile de mieux penser et de mieux dire. On a reproché jadis à 
M. l'abbé Dolo certaines audaces juvéniles dans le choix de ses 
sujets et des titres qu'il leur donne. Quoi qu'il en soit des autres, 
ce livre montre que l'auteur peut écrire avec plus de maturité. 
Cependant, qu'il ne se fie pas trop aux éloges que son style lui a 
valus de toutes parts. 11 recherche trop les couleurs éclatantes et 
les mots à cfTet. Chez lui, les prophètes ne s'écrient pas, ils 
« s'exclament ». Est-ce un souvenir du clamai ne cesses d'Isaïe, 
et est-ce pour cela qu'il exalte lui-même sa voix? Chez lui le ca- 
non « tonne la victoire », mais l'expression étonne et elle a bien 



172 ÉTUDES 

Fair de détonner. Heureusement, du reste, car si ce ton était 
continuel, il fatiguerait bientôt. Horace, qui se connaissait en 
style, disait que les bons écrivains a atténuent leurs forces à des- 
sein ». M. l'abbé Bolo ne pourra que gagner s'il arrive h l'art 
d'éteindre ses couleurs, qui seront toujours assez brillantes. 

Sa plaquette, l'Église et la France nouvelle, renfermant un 
discours où il y a des idées neuves et des compliments qui seront 
bientôt vieux, prouve qu'il parle comme il écrit. Mais on ne doit 
pas écrire comme l'on parle, et les qualités de l'orateur et de 
l'écrivain sont bien différentes. Peu de gens sont aussi bien doués 
que M. l'abbé Bolo pour avoir les unes et les autres. 

A. DES GRÉES. 



PHILOSOPHIE 

SCIENCES ET ARTS 

Institutiones philosophicas quas Romœ in pontificia Univer- 
sitate Gregoriana tradiderat P. Joarines Josephus Urra- 
BURU, S. J. Volumentertium : Naturalis philosophiss prima 
pars. Cosmologia. NaWisoXeXi, Cuesta ; Lutetia3 Parisioriim, 
Lethielleux ; Romae, Melandri, 1892. Gr. in-8, pp. xi-1316. 

Bossuet a dit de Suarez : « En lui on entend toute l'Ecole. » 
Ces paroles, appliquées au travail magistral dont le troisième vo- 
lume nous occupe, donneraient une assez juste idée du but que 
s'est proposé l'ancien professeur de l'Université grégorienne : il a 
voulu faire revivre à notre époque la philosophie scolastique. 
A ce point de vue, son volumineux ouvrage sera un monument 
unique en ce siècle. Nous y entendons les leçons des grands doc- 
teurs, interprétées dans un commentaire clair qui les rend acces- 
sibles à tout esprit initié aux études philosophiques. 

Chaque question s'ouvre par un conflit d'idées qui atteste la 
liberté d'opinions laissée par l'Eglise à la philosophie chrétienne. 
Cet exposé des systèmes, complet, sincère, enrichi de nombreuses 
indications d'auteurs, éclaire les divers aspects et le point précis 
de la question. La solution est donnée dans une ou plusieurs 
thèses. Enfin une vive et lucide polémique combat les adversaires. 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE llS 

L'auteur est d'ordinaire le disciple fidèle de saint Thomas et 
de Suarez, mais non le simple écho d'une doctrine. Il expose, 
affirme, prouve et défend en maître ; il a une pensée personnelle 
nette et ferme. 

Sans insister sur cet aperçu général, sans revenir sur ce qui a 
été dit des deux premiers volumes, Logique et Ontologie^ venons 
à un examen rapide du troisième, qui a pour objet la Cosmologie. 

La cosmologie, telle que de nos jours l'enseignent les philoso- 
phics chrétiennes, a deux parties distinctes. L'une, restant dans 
les hauteurs métaphysiques, considère l'origine première, la fin 
dernière du monde; l'autre s'occupe de l'essence, des propriétés 
générales des corps. 

Dans la question d'origine, le P. Urraburu réfute toutes les 
formes de panthéisme, rêveries qui se heurtent à 1» contradiction, 
vont se perdre dans le néant. La seule explication possible de 
l'existence du monde est la création. L'auteur analyse son con- 
cept et le purifie des interprétations qui le dénaturent. Après ces 
distinctions lumineuses, on prend en pitié la raison aveugle et 
malintentionnée qui écrit, dans le Dictionnaire Larousse, au mot 
Création : « La raison ne dit pas qu'elle ne comprend pas com- 
ment quelque chose pourrait sortir de rien ; elle dit qu'elle com- 
prend que quelque chose ne peut sortir de rien. » 

Dans la question purement scolastiquc de la nature de L'action 
créatrice, l'auteur embrasse l'opinion de saint Thomas qui en 
fait une action formellement immanente à Dieu. Si l'action était 
formellement transitive, elle devrait être reçue dans le sujet 
qu'elle produit, ce qui est impossible. Mais cette preuve semble 
affaiblie par la théorie de l'action admise dans l'ontologie. L'ac- 
tion, de sa nature, dit esse ab et non pas esse in. Ne pourrait-il 
pas y avoir une action transitive émanant de la puissance divine, 
qui fît procéder l'effet, «ans être reçue en lui comme dans un 
sujet? 

Le chapitre sur la destinée du monde réfute les objections de 
Spinoza, de Hegel, de Hermès et de P. Janet, qui, dans un tra- 
vail d'ailleurs fort remarquable sur les causes finales, laisse dans 
le vague et le doute la première cause finale. C'est encore la sa- 
gesse antique qui répond par saint Augustin, saint Thomas, avec 
une élévation de pensée qui illumine et remue l'àme. 

Un mot très mal compris de la philosophie rationaliste est celui 



174 ÉTUDES 

de miracle. Dans cette philosophie, miracle signifie efFet sans 
cause, cercle carré; après cela, on ne discute plus sa possibilité. 
Une critique de bonne foi conseillerait de prendre chez les théo- 
logiens le sens de ce mot d'origine chrétienne ; on verrait si, 
entendu de la sorte, il implique l'absurdité supposée. Le P. Urra- 
buru examine longuement la définition du miracle ; avec saint 
Thomas, il en attribue à Dieu seul l'exécution. Le législateur 
souverain se réserve d'intervenir en personne dans cette déroga- 
tion aux lois de la nature et de signer de sa main la vérité qu'il 
veut attester. Si une créature, même un esprit pur, était cause 
principale dans le miracle, on aurait une cause invisible, occulte, 
mais au fond naturelle ; l'efTet serait merveilleux comme une 
œuvre d'art supérieure h l'homme ; il ne serait pas au-dessus des 
lois de la nature. 

La seconde partie de la cosmologie est une physique ration- 
nelle qui touche aux confins de la métaphysique. Elle n'a pas 
pour objet la simple observation des faits, la formule des lois; 
elle remonte à l'essence et aux propriétés générales des corps. 
Sans doute elle s'appuie sur l'expérience et ne doit jamais la 
contredire. Mais elle veut un esprit qui domine les sens et ne 
prenne pas pour critérium de la vérité cosmologique V aspectabi- 
lité. Si l'on demande à voir ce qu'il faut comprendre, il est clair 
que l'essence, l'étendue, l'activité resteront à jamais dans l'incon- 
naissable. 

Dans cette sphère de la physique rationnelle générale, le génie 
sagace d'Aristote n'a pas été surpassé. Les scolastiques en le sui- 
vant restèrent dans le vrai. C'est ce qui nous paraît confirmé par 
la cosmologie du P. Urraburu. 

Dans la célèbre question de la constitution des corps, il défend 
l'hylomorphisme comme le seul système qui explique l'unité de 
nature, les phénomènes et les lois des corps. Nous félicitons l'au- 
teur de ce qu'il maintient la théorie dans sa pureté, sans faire de 
ces concessions qui, sous prétexte d'en faciliter l'intelligence, la 
ruinent par la base. Il enseigne que dans les composés la forme 
des composants ne persévère qu'à l'état virtuel. Telle est sans 
aucun doute la doctrine de saint Thomas, comme le prouve une 
dissertation riche de textes. Nous aurions désiré que la preuve 
principale du système, celle des changements substantiels, fût 
moins dispersée. Le point de la preuve consiste en ce que le 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 175 

changement se fait par substitution de formes dans le corps. Or, 
ce fait plusieurs fois établi dans le courant de la question, ne 
ressort pas assez dans la thèse qui affirme l'existence de la ma- 
tière et Je la forme. 

Au chapitre de la quantité, nous signalons la thèse qui prouve 
le continu formel, contre l'idéalisme et le dynamisme pur. Elle 
poursuit le dynamisme virtuel réfugié dans l'hypothèse des points 
enflés. Cette opinion conciliatrice abandonne le continu formel 
par peur d'une difficulté qu'elle retrouve tout entière dans le con- 
tinu virtuel. En somme, comme l'idéalisme, elle nie la réalité et 
même la possibilité de l'étendue. L'auteur réprouve encore le 
discontinu exagéré des atomistes, d'après lesquels les corps se 
composent de particules extrêmement ténues (un centimètre cube 
d'air en renfermerait 31 trillions) séparées par des intervalles 
relativement immenses. 

L'espace, le temps, le mouvement sont analysés dans le plus 
grand détail d'après les savantes définitions d'Aristote. La lu- 
mière de ces définitions suffit pour chasser certains fantômes 
qui hantent l'imagination des criticistes et des positivistes, qui en 
font le plus grand abus. Une thèse spéciale démontre le principe 
péripatéticien : 0/nne qiiod movetur ab alio movetur. Dans un 
sens très vrai, aucune action de la créature n'échappe à cette loi. 

La question de l'activité des corps est une des plus intéres- 
santes et des mieux traitées. L'auteur y combat l'hypothèse qui 
réduit au mouvement local toute l'activité corporelle. Il prouve 
l'existence de qualités réelles, objets de nos sens : conclusion 
importante qui intéresse l'objectivité de nos connaissances, la 
causalité des corps, leur constitution intime, la théorie des ac- 
cidents réels, etc. Aux physiciens qui dépassent leur sphère et 
prononcent que les qualités sensibles ne sont que des modes de 
mouvement, il oppose, outre la raison philosophique, le témoi- 
gnage formel de savants tels que Mayer et Hirn. Le principe de 
la conservation de l'énergie est admis en ce sens que, dans les 
corps inanimés, la somme totale de l'énergie virtuelle et actuelle 
reste la même; mais que l'équilibre est maintenu par une pro- 
duction équivalente à la perte, et non par transmission d'un mou- 
vemçnt identique d'un corps h l'autre, ou par simple conversion 
de mouvement moléculaire en mouvement de translation. 

On voit que, dans sa Cosmologie^ le P. Urraburu n'a point né- 



176 ÉTUDES 

gligë la polémique contre les multiples erreurs de la philosophie 
séparée. On voit aussi qu'il a eu soin de mettre la physique ra- 
tionnelle et générale des anciens en face de la physique moderne, 
qui est surtout expérimentale. S'il s'agit de conclusions vraiment 
scientifiques, les hautes théories de l'ancienne philosophie ne 
sont pas ébranlées, mais plutôt confirmées. Il ne faut donc rien 
céder à l'esprit superficiel, qui veut tout détruire sous prétexte 
de simplifier. Ni les vérités ni les sciences ne sont ennemies. Il 
est vrai dédire de la philosophie, comme de la religion, que, si 
peu de science en éloigne, beaucoup de science y ramène. 

Nous avons effleuré quelques questions. Dans un compte rendu, 
il n'est pas même possible d'énumérer toutes celles que renferme 
ce volume. 

Pour apprécier le mérite de l'ouvrage, il faut le lire, l'étudier. 
On y trouvera une connaissance approfondie de la scolastique, une 
plénitude de doctrine qui ne laisse rien ignorer d'important 
dans les sujets traités, des solutions solides, appuyées sur les 
meilleures autorités, un choix de textes qui à lui seul est une 
' richesse. Nous devons insister sur la clarté du style : c'est une 
clarté de bon aloi, qui ne permet pas le doute sur la pensée de 
l'auteur, et rend la lecture facile sans rien ôter au sérieux de 
l'enseignement. Le désir d'être compris sans effort explique la 
dimension donnée aux volumes : il est malaisé d'être clair avec 
le brevis esse laboro. Toutefois, sans amoindrir ce précieux avan- 
tage de la clarté, on aurait pu en maint endroit serrer la rédac- 
tion, rassembler dans un tout plus uni certain nombre de maté- 
riaux épars. 

Trois volumes de cette grande philosophie ont paru. Nous 
attendons les autres avec l'assurance que l'œuvre achevée fera 
honneur à la science catholique. Elle secondera puissamment le 
courant qui incline à l'étude de la scolastique. Pour en donner 
connaissance, les manuels qui paraissent si nombreux de nos 
jours ne suffisent pas : il faut puiser aux grandes sources et ne 
pas craindre d'aborder les gros volumes. Les Institutiones 
seront une excellente introduction à la théologie : la science 
sacrée cherche l'interprétation rationnelle des vérités révélées, 
fldes quœrens intellectum ; la métaphysique est son auxiliaire in- 
dispensable. Les ressources offertes ici aux professeurs de 
philosophie pourraient être un écueil : ils y trouveront des leçons 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 177 

toutes faites. Mais il est possible de résister à la tentation et de 
concilier le travail personnel avec le secours d'une science étran- 
gère. La richesse du capital, si on sait la faire valoir, multiplie 
le produit. 

La philosophie séparée se perd dans l'anarchie des systèmes. 
La philosophie chrétienne reste parce qu'elle a une tradition qui 
conserve et défend le trésor des vérités acquises. Sa devise est 
celle de saint Jérôme : Non ita cudimus nova, ut destruamus ce- 
tera, sed ut statuamus. Si le P. Urraburu ne propose pas de 
théories nouvelles, on peut dire qu'il a réalisé le cudere noce, en 
mettant dans un nouveau jour les anciennes qui resteront les 
vraies. Assurément son ouvrage répond à la dernière partie du 
texte, qui indique un travail de défense et de restauration. Le 
savant professeur brille au premier rang parmi les hommes de 
mérite qui travaillent îi consolider, à enrichir l'édifice de notre 
philosophie traditionnelle. Il aura contribué pour une large part 
au plan de Léon XIII : faire de plus en plus revivre et fleurir 
dans les écoles catholiques l'enseignement de 1' « antique sa- 
gesse ». CH. DELMAS, S. J. 

La Liberté de conscience, sa nature^ son origine^ son histoire 
et sa pratique dans nos sociétés contemporaines, diaprés 
les encycliques de Léon XIII, par Tabbé Canet. Lyon, Ville, 
1891. In-12, pp. ix-432. 

A la fin de 1888, un concours s'ouvrait sur la grande et difHcile 
question de la liberté de conscience. M* Agnellet, notaire à Paris, 
avait reçu d'un donateur anonyme une somme de 15 000 francs, 
destinée au concurrent qui aurait le mieux exposé la nécessité et 
les moyens d'établir la liberté de conscience dans les institutions 
et dans les mœurs. Le but avoué du donateur était la glorification 
du fameux centenaire de 1889. Un catholique fidèle aux droits de 
la vérité pouvait tout au plus attendre un accueil froidement cour- 
tois pour un livre où le dogme ose s'affirmer, sans adulation pour 
le scepticisme et l'erreur. M. Canet le savait bien, mais il a cm 
devoir faire entendre la voix franche de la vérité dans un milieu 
où le ouici le non sont regardés comme des formules prétentieuses 
et légèrement inciviles. Nous le félicitons de sa courageuse entre- 
prise et même de son succès; de fait, n'est-ce pas un véritable 



178 ETUDES 

succès que d'avoir mérité dans le mémoire du rapporteur, M Léon 
Marinier, un compte rendu privilégié de trente pages, où des 
éloges flatteurs se mêlent, par la force du droit, à des critiques 
sincères, mais trop prime-sautières, qu'une réflexion sérieuse 
eût souvent écartées ? 

Ce n'est pas à dire que toutes ces critiques soient dénuées de 
fondement; il nous semble, comme à M. Marillier, que certaines 
pages, les premières surtout, parlent une langue métaphysique, 
trop essoufflée et sententieuse. Le style, presque toujours d'une 
élégance sobre et terme, revêt parfois une simplicité un peu so- 
lennelle ; cet excès de solennité n'apparaît qu'à de rares inter- 
valles, mais nous ne sommes pas surpris qu'il ait impressionné 
M. le rapporteur, dont la plume cultive les grâces légères et l'art 
du sans-façon. Malgré ces petites imperfections, que nous au- 
rions mieux fait de laisser inaperçues, le livre de M. Canet est 
assurément l'œuvre d'un habile écrivain et d'un grave penseur. Il 
ne se contente pas d'offrir à ses lecteurs des expédients prati- 
ques, un modus ç'içendi, pour maintenir l'union des cœurs dans 
l'anarchie des idées. Ce qu'il recherche, c'est l'origine même et 
la racine de la liberté de conscience, et il les trouve exclusive- 
ment dans le droit qu'a l'âme humaine de diriger sa vie religieuse 
sous la haute autorité de Dieu et de V Eglise. La liberté de cons- 
cience suppose, comme droit privé, l'inviolable respect de la di- 
gnité humaine ; comme droit public, elle suppose la distinction 
effective des deux pouvoirs, distinction toujours maintenue par 
l'Eglise, qui le proclame solennellement dans ses lois, mais sou- 
vent méconnue parles pouvoirs civils, qui ne veulent pas renon- 
cer aux honneurs du pontificat. M. Marillier sourit avec une iro- 
nie courtoise devant ce malencontreux appareil de métaphijsique ; 
le problème à résoudre lui paraît moins compliqué. La liberté de 
conscience s'établira, pense-t-il, par l'influence des mœurs, et 
non par l'empire des idées inflexibles. Ce qu'il nous faut, c'est 
une souplesse et une délicatesse de mœurs qui nous permettent 
d'aimer les idées, même celles que nous condamnons, de les 
aimer pour la vie qui est en elles, parce que ce sont des pensées; 
et c''est ainsi que nous apprendrons à ne pas haïr ceux mêmes qui 
nous haïssent. — A Paris ^ ajoute-t-il avec une naïve fierté, nous 
en sommes venus à penser que toutes les opinions se valent,,., et 
qiielles ne valent guère. Tel est le dernier mot de la philosophie 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 179 

contemporaine, la plus modérée s'entend; le secret de la liberté 
de conscience est dans le scepticisme intellectuel et dans je ne 
sais quel charme de sympathie mutuelle qui doit efifacer l'antago- 
nisme des idées. Charmante idylle, mais on sait ce que valent 
les lugitives émotions de la sensibilité. 

Après avoir exposé les conditions essentielles de la liberté 
de conscience, comme droit public et privé, M. Canet consacre la 
troisième partie de sa thèse à Yhistoire de cette liberté. Nous si- 
gnalerons quelques pages, d'un vif intérêt, où l'auteur étudie la 
nature et le rôle de l'Inquisition. Ce tribunal répondait tout à la 
fois à un besoin psychologique et à une nécessité sociale de l'épo- 
que. « Ce n'est donc pas à l'Église qu'il faut s'en prendre de ces 
rigueurs, mais à la société et à la logique. » Il faudrait ajouter, 
pour être complet, que les tribunaux de la foi répondaient à une 
nécessité dogmatique. Ce point de vue de la question n'est pas 
mis en lumière par M. Canet; le Saint-Office, remarque-t-il avec 
insistance, était un simple jury, chargé de vérifier l'existence et 
d'apprécier la qualité du délit; l'application des lois pénales était 
pleinement étrangère à sa juridiction, qui se bornait à une sen- 
tence d'ordre spéculatif. Et cependant l'exacte vérité est que les 
juges laïques ne restaient pas libres d'appliquer ou suspendre la 
vindicte des lois; l'Eglise frappait d'anathème les magistrats qui 
se permettaient de reviser le procès ou refusaient d'appliquer les 
pénalités légales. Judex laicus processum revisere aibi ncquit 
arrogare... Judex laicus excommnnicatur si brachium sffculare 
denegat, et si per annuni in excommunicatione sordescit, tanquam 
hsereticus condemnatur. Ainsi parle le dominicain Masini, inqui- 
siteur de Bologne. D'ailleurs l'opinion commune des canonistes et 
théologiens catholiques, au seizième et au dix-septième siècle, 
affirmait que le Saint-Office était un tribunal ecclésiastique, 
tout au moins une sorte de juridictioh mixte, où les deux glaives 
s'unissaient pour défendre l'inviolable unité de la foi. L'Eglise 
n'a-t-elle pas condamné comme hérétique la proposition sui- 
vante de Luther : Hxrcticos comburi est contra voluntatem Spi~ 
ritus Sancti. Si le bûcher parait être une barbarie, il faut se rap- 
peler que tout doit se juger, en histoire, d'après les mœurs et les 
usages du temps. Maintenant il nous parait barbare de brûler ou 
d'écarteler ; un jour, peut-être, il paraîtra féroce de couper la 
tête. 



180 ETUDES 

Dans la quatrième partie de l'ouvrage, M. Canet nous montre 
comment les sociétés modernes pratiquent la liberté de con- 
science. Ces pages renferment d'utiles conseils, que ses adver- 
saires n'écouteront pas : « La vérité, écrit l'un d'eux, est si ser- 
vilement adoptée par les catholiques, que l'erreur lui est préfé- 
rable. » Toutefois^, il se rencontrera peut-être dans les rangs de la 
libre-pensée quelques esprits moins prévenus et moins dédai- 
gneux, qui se rendront à ce chaleureux appel, à ce touchant adieu 
de l'auteur : 

« Nous aimons passionnément la liberté; aimons donc, 
comme nos pères, cette grande et noble Église du Christ, qui 
l'a donnée au monde, qui l'a toujours si héroïquement défendue 
contre tous les despotismes, et qui, h l'heure présente, souffre et 
verse encore son sang pour elle. » L. CASTETS, S. J. 

L'Enseignement du droit et des sciences politiques dans les 
Universités d'Allemagne, par Eugène Duthoit, docteur 
en droit, maître de conférences à la Faculté catholique de 
Lille. Paris, A. Rousseau, s. d. In-8, pp. 244. 

On sent dans ce livre, comme dans les Mélanges d'Ozanam 
tome II), la passion élevée de l'étude et de l'enseignement du 
(droit inséparable de la philosophie et de l'histoire. Nous avons 
ici non pas seulement des notes de voyage, mais le fruit d'un 
séjour de plusieurs mois en Allemagne, d'une assistance suivie 
aux cours des professeurs de droit et de la part prise aux tra- 
vaux personnels des étudiants, qui ne sont pas tous des amateurs 
d'estafilades ou des oisifs, mais comptent parmi eux un grand 
nombre de travailleurs infatigables, d'une portée d'esprit et d'une 
originalité remarquables. 

L'introduction nous montre comment on a su éviter, en Alle- 
magne, le divorce funeste du droit et des autres sciences qui 
doivent l'éclairer, et quelle synthèse vivante de toutes les con- 
naissances humaines présentent les universités. L'ouvrage est di- 
visé en six chapitres complétés par des appendices : I. Le Recru- 
tement des maîtres; II. V Organisation et la forme extérieure des 
cours; III. U Enseignement des sciences juridiques; IV. ha Sanction 
des études juridiques; V. Les Études économiques; VI. Les Sémi- 
naires juridiques et économiques . But et origine des séminaires. — 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 181 

C'est la revue exacte de faits d'un intérêt présent pour l'ensei- 
gnement supérieur, d'institutions voisines des nôtres. Tout n'y 
est pas à admirer ou à imiter : par exemple, l'unique examen oral 
de quatre heures consécutives qui couronne toutes les années de 
droit, et le trop peu de place accordé au droit administratif et au 
droit international privé. Mais qui n'approuverait l'idée d'avoir 
établi pour les débutants dans la carrière un cours de philoso- 
phie du droit, un cours d'encyclopédie, c'est-à-dire de classifica- 
tion des branches multiples du droit, enfin, un cours de métho- 
dologie ou d'orientation, avec indication des routes à suivre et 
des sentiers à éviter? Qui n'admettrait qu'il y a de sérieux avan- 
tages à ne pas livrer, comme en France, au diplôme universi- 
taire du doctorat l'entrée de toutes les carrières judiciaires et 
administratives, mais d'en faire seulement l'attestation d'une cul- 
ture générale exigée de tous avant les longues études spéciales, 
et les stages, et les examens nouveaux qu'auront à subir les can- 
didats aux charges de l'État ? 

Le mode d'exposition n'a rien d'aride. Dans un sujet qui y 
prête peu, en apparence, l'auteur ne laisse pas d'avoir des vues 
personnelles justes et fécondes. Signalons surtout ce qui est dit 
au chapitre VI sur a le patronat intellectuel > que, dans tous les 
ordres de sciences, les professeurs de l'enseignement supérieur 
peuvent exercer, en groupant autour d'eux les étudiants avides 
de recherches personnelles, épris de travail scientifique, en me- 
sure déjà de participer à l'œuvre et aux procédés des maîtres. 
De là, en Allemagne, les exercices de séminaires juridiques qu'il 
est utile et intéressant de bien connaître (p. 186-199). 

Çà et là, peut-être, puisque l'ouvrage est historique autant 
que technique, on pourrait trouver qu'il y a surabondance de 
termes abstraits, difficiles à entendre de tous. C'est la seule cri- 
tique à faire. Encore la responsabilité en appartient-elle à l'Alle- 
magne, non à l'auteur, car plût à Dieu que la science allemande, 
là même où il est puéril de contester sa valeur, fût toujours aussi 
nettement jugée, aussi facilement assimilable, aussi francisée^ 
eo un mot, que dans le livre que nous signalons ! 

J. LE GÉNISSEL. S. J. 



182 ETUDES 

Astronomie élémentaire, par Camille Flammarion. Publiée 
par la Ligue franco-américaine de l'enseignement. Paris, 
1892, pp. 197. 

Ce petit volume expose les principaux phénomènes célestes 
d'une façon simple et intéressante, un peu sous forme de cause- 
rie. Chaque leçon est suivie d'un questionnaire qui la résume. 

M. Flammarion est un apôtre de l'astronomie. Certes le sujet 
est grandiose et capable de provoquer l'admiration, mais encore 
faut-il le laisser à son rang. D'après l'auteur, l'astronomie est 
« la plus ancienne, la plus vaste et la plus sûre de toutes les 
sciences» (p. 9), c'est «la science de l'univers » (p. 6). Cette 
définition est mauvaise; car, à la prendre en toute rigueur, il fau- 
drait rattachera l'astronomie toutes les sciences, depuis la chimie 
jusqu'à la morale, puisque leur objet fait partie de l'univers. Un 
peu plus de précision et moins d'enthousiasme inopportun eus- 
sent été ici à leur place. 

L'auteur parle — on pouvait s'y attendre — des habitants des 
planètes (p. 95, 102, 111, etc.). Sur la planète Mars, «toute une 
race humaine habite sans doute actuellement, travaille, pense et 
médite comme nous sur les grands et mystérieux problèmes de 
la nature». Bien qu'il y ait «sans doute», je gage que des enfants 
lisant ces lignes admettront sans aucun doute l'existence des 
martiens comme démontrée. Pourquoi faire ainsi du roman scien- 
tifique dans un livre destiné à laisser des premières impressions 
sur de jeunes esprits? 

Pourquoi aussi affirmer (p. 155) que « le nombre des étoiles 
est illimité », et insérer dans un questionnaire (p. 173) : « L'es- 
pace est-il limité? — Non. Il est sans fin » Assurément on ne 

peut dire que Ton ait catalogué le dernier soleil ; mais affirmer po- 
sitivement que l'espace et le nombre des astres sont infinis, c'est 
fausser la méthode scientifique, et l'on ne concevrait guère que 
l'astronomie fût « la plus sûre » des sciences si elle enseignait de 
pareilles choses. 

Si l'on regrette de voir ainsi certaines affirmations fortement 
sujettes à caution figurer dans ce manuel élémentaire, on ne re- 
grette pas moins d'y constater l'absence du nom de Dieu. M. Flam- 
marion n'est ni athée ni panthéiste (ce qui se ressemble); son 
livre Dieu dans la nature, dont la 22'' édition a paru tout récem- 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 183 

ment, le prouve nettement; et bien que l'on ne puisse approuver 
tout ce que renferme ce dernier ouvrage, il n'est que juste de le 
reconnaître, il s'y trouve de fort belles pages faisant le plus grand 
honneur à leur auteur. Pourquoi donc n'en avoir pas détaché 
quelqu'une pour servir, par exemple, de préambule ou de con- 
clusion à l'Astronomie élémentaire, dont le ton simple et familier 
comportait à merveille une telle insertion? L'idée de Dieu est 
éminemment scientifique, et l'étude du ciel fournit la meilleure 
occasion de l'inculquer facilement et fortement dans l'àme de 
jeunes élèves. 

Pour ces divers motifs il n*est pas possible de recommander 
sans quelques réserves ce petit livre, encore qu'il puisse être 
utile pour aider à exposer d'une manière intéressante les élé- 
ments de l'astronomie. J. DE JOANNIS, S. J. 

Chant grégorien. V Édition bénédictine et les diverses éditions 
moderneSy par l'abbé C.Cartaud. Orléans, Herluison, 1893. 
ln-8, pp. 55. Prix, franco : 1 fr. 15. 

L'auteur donne d'abord un résumé pratique des principes 
d'exécution du chant grégorien, d'après l'édition des Bénédic- 
tins. L'accentuation, les pauses, quelques avis pratiques forment 
la matière de trois chapitres. Après quoi, M. Cartaud fait l'ap- 
plication de cette doctrine aux diflerentes éditions modernes de 
plain-chant qui ont cours en France. Il pense à juste titre que 
l'on peut obtenir de très bons résultats, même avec un texte 
défectueux, si par une exécution rationnelle on sait en tirer tout 
le parti possible. E. SOULLIER, S. J. 

I. — Élevage des Abeilles par Us procédés modernes, par 
G. DE Layens. 2* édit. Paris, Librairie centrale d'agricul- 
ture et de jardinage. Broch., pp. 124. 

II. — Construction économique des ruches à cadres, par 
G. DE Layens. Nyon (Suisse), bureaux de la Revue inter- 
nationale d'apiculture. Broch., pp. 32. 

M. de Layens s'adresse aux apiculteurs qui veulent faire pro- 
duire à leur rucher le plus de miel possible. Il leur propose son 
exemple, sa méthode, ses instruments de travail; en dix-sept 



184 ÉTUDES 

leçons claires et simples, il enseigne tout ensemble la théorie et 
la pratique de cet art difficile. Son livre sera pour les commen- 
çants un excellent manuel. Il mérite une meilleure fortune en- 
core, et nous souhaitons que les propriétaires de ruches s'inspi- 
rent de ces procédés pour développer et rendre plus fructueux 
en France l'élevage des abeilles. 

L'auteur reconnaît qu'il doit ses succès au bon emploi des 
ruches à cadres. Il joint à son livre une courte brochure qui 
rend facile à tous la construction de ces ruches. T. R., S. J. 



HISTOIRE — GEOGRAPHIE 

QUESTIONS DU JOUR 

Du pouvoir législatif en France depuis V avènement de Phi- 
lippe le Bel jusqu'en 1789, par M. Ràynald-Petiet, docteur 
en droit, avocat à la Cour d'appel de Paris. Ouvrage cou- 
ronné par la Faculté de droit de Paris : prix Rossi. Paris, 
Arthur Rousseau, 1891. In 8, pp. xxviii-295. 

L'auteur du mémoire couronné, publié ensuite sous forme de 
volume, a été enlevé dans la fleur de sa jeunesse à la science que 
déjà il cultivait avec une rare aptitude ; il appartenait à la race 
franc-comtoise, amie de la méditation et du travail, et il avait 
puisé dans son honorable famille des principes chrétiens. 

Ce livre contient un avant-propos qui est une esquisse de la vie 
et des écrits de M. Petiet; un extrait du rapport de M. Lefebvre 
sur le concours Rossi, rapport fort élogieux pour les cinq pre- 
miers chapitres du mémoire, et formulant des réserves sur les 
autres ; douze chapitres ayant pour objet le pouvoir législatif; des 
pièces justificatives ; deux tableaux : l'un relatif aux arrêts de 
règlement du parlement de Paris, l'autre aux arrêts de règlement 
de la cour de Besançon ; enfin, comme annexes, des discours et 
articles nécrologiques. 

Le but de l'auteur est d'exposer, principalement depuis Phi- 
lippe le Bel jusqu'en 1789, les conquêtes successives de la royauté 
sur la souveraineté législative disséminée dans les fractions di- 
verses de la féodalité. Voici l'ensemble de ses vues : 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 185 

A dater de Hugues Capet, la royauté française consacra plu- 
sieurs siècles à ressaisir son autorité sur les baronnies de ses 
domaines et sur les grands fiefs de la couronne. Dès le treizième 
siècle, elle émerge au-dessus de la hiérarchie féodale ; mais c'est 
surtout par Philippe le Bel et ses successeurs que sa puissance 
intérieure grandit. Philippe le Bel convoque pour la première 
fois les Etats généraux. M. Petiet suit cette institution et les 
vicissitudes des parlements jusqu'aux débuts de la Révolution ; il 
en détermine le caractère et l'étendue. 

II y aurait injustice à ne pas reconnaître la sagacité avec 
laquelle le jeune historien a su colliger et manier les textes à 
l'appui des faits qu'il éclaire d'une vive lumière ; mais de nom- 
breuses observations s'imposent. En parlant de la souveraineté 
législative des barons et des grands vassaux, n*a-t-il pas, sui- 
vant l'expression du rapporteur, /brc^ sa ^«nsctf .i' Les influences 
du roi et du clergé dans la formation des communes ne sont pas 
suffisamment expliquées, non plus que l'organisation féodale se 
reliant h la puissance monarchique, dans la mesure du possi- 
ble, sous la main ferme et paternelle de saint Louis, comme 
l'affirme Beaumanoir. Philippe le Bel, despote et fourbe^ d'après 
l'auteur lui-même, n'a ni créé « d'excellentes réformes »,ni régula- 
risé de grandes institutions. Il a faussé l'institution des États 
généraux, dont il s'est servi comme d'une arme contre la puis- 
sance spirituelle, et s'il a affaibli le baronnagc, c'a été au profit de 
son despotisme, et non pas de la vraie monarchie ; aussi, après sa 
mort, une formidable réaction des baronnies a éclaté. Toute la 
partie du volume qui a trait aux États généraux et aux parle- 
ments a été faite trop vite, sans une suffisante élaboration, et 
c'est à bon droit que le rapporteur estime incomplète l'étude 
« des formes et de l'étendue des prétentions émises par les États 
généraux et les parlements, et des causes de leur insuccès ». 

Une critique plus grave encore s'adresse sous certains points 
de vue h l'esprit du volume. M. Petiet félicite la monarchie de ses 
continuels agrandissements, mais il confesse qu'en définitive ils 
aboutirent, sous l'impulsion des légistes, h sa mainmise sur les 
libertés traditionnelles du royaume. Ne fallait-il pas faire un 
départ entre les usurpations féodales et les libertés religieuses 
et civiles qui étaient autant de remparts protecteurs du droit et 
de la justice? Je n'admets pas, d'autre part, la haute estime 

Bibliographie, IV. — 13 



186 ÉTUDES 

que l'auteur professe pour Montesquieu, inspirateur de l'anglo- 
manie et partisan de l'introduction en France du parlementa- 
risme anglais ; je ne crois pas davantage que les cahiers des 
États généraux de 89, très imparfaitement développés ici, fus- 
sent profondément pénétrés des idées politiques de Montesquieu. 
L'auteur ajoute, très inexactement, que l'Assemblée nationale a 
« certainement puisé beaucoup » dans ces cahiers « pour rédi- 
ger la Déclaration des droits de l'homme et la Constitution de 
1791 ». Cette Assemblée, au contraire, a neutralisé les vœux du 
pays par ses révoltes et par une Constitution qui enlevait à la 
royauté ses essentielles prérogatives. 

Un reproche plus sérieux encore, et qui atteint les préjugés 
répandus dans l'ouvrage, est relatif à la situation respective de 
l'Eglise et de l'Etat. Il y a malheureusement dans ces pages une 
forte dose de gallicanisme parlementaire. Autant M. Petiet est 
favorable, et avec raison, h une monarchie politiquement tempé- 
rée, autant il l'affranchit de tout respect pour les droits et les 
libertés de l'Eglise : il est complètement avec Philippe le Bel contre 
Boniface VIII, pour les restrictions de toute sorte royalement 
apportées à l'imprescriptible indépendance de l'Eglise; il est 
sans restriction pour le concile de Bàle, pour la pragmatique 
sanction de Charles VII, pour l'autorisation préalable, avant leur 
publication, des bulles, brefs et rescrits, etc., du souverain pon- 
tificat ; et il ne voit pas qu'en cherchant à asservir l'Église, en 
concentrant dans son absolutisme tous les droits, la royauté pré- 
parait la Révolution et s'exposait presque sans défense à ses coups. 
Evidemment il part de principes erronés. Il estime que depuis 
Grégoire VII tous les papes ont affirmé la théocratie, l'absorption 
du temporel par le spirituel, et c'est ainsi qu'il interprète les deux 
glaives mentionnés dans Ia huile Unam S anctarn de Boniface VIII, 
Il confond donc perpétuellementla divine prérogative qu'a l'Église 
d'exercer librement sa missionet de diriger toutes les consciences 
par ses infaillibles enseignements, avec la prétendue domination 
des papes sur l'autorité exclusivement temporelle des souverains. 

Si M. Petiet avait eu le temps de revoir son œuvre, il est à 
croire que de sages conseils, en conformité avec ses convictions 
chrétiennes, bien qu'elles fussent légèrement entachées de phi- 
losophisme, l'auraient décidé à remettre au point son intéressant 
et savant travail. G. G AND Y, 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 18î 

La Questione diocesana Ticinese ovvero origine délia diocesi 
di LuganOj per Mons. Alfredo Peri-Morosini, dottore in 
fîlosofia, in teologia ed in ambe le leggi. Einsiedeln, Ben- 
ziger, 1892. Gr. in-8, pp. 126. 

On connaît les événements contemporains dont Mgr Peri-Mo- 
rosini, secrétaire de la nonciature apostolique de Paris, s'est fait 
l'historien. Le Tessin, autrefois dépendant du Milanais, en vint, 
après bien des vicissitudes politiques, h être définitivement uni, 
par l'Acte de médiation de Bonaparte (1803), à la Confédération 
helvétique. Au point de vue spirituel, ce territoire avait toujours 
relevé des églises de Milan et de Côme. Mais, dès qu'il fit partie 
de la Suisse, son grand Conseil entreprit des démarches auprès 
de la cour romaine, à l'effet de soustraire ce canton à une auto- 
rité religieuse étrangère, et de le faire ériger en diocèse distinct 
ayant son évéque et son séminaire. Les négociations devaient se 
poursuivre pendant près d'un siècle et n'aboutir que de nos jours. 
La question de juridiction se compliquait d'une question de pro- 
priété ecclésiastique. On n'avait pas à tenir compte seulement des 
populations intéressées, mais encore des gouvernements qui do- 
minaient tour à tour sur la haute Italie. Enfin, il ne suffisait pas 
toujours de discuter pacifiquement des intérêts contraires; il 
fallut aussi résister à des moyens violents et schismatiques, lors- 
que l'Assemblée fédérale eut décrété, le 22 juillet 1859, la sup- 
pression de toute juridiction épiscopale s'exerçant du dehors sur 
un sol helvétique. La patience et la prudence du Saint-Siège 
triomphèrent de toutes ces difficultés. Diverses mesures incom- 
plètes acheminèrent vers une solution définitive. Enfin, le 16 mars 
1888, une convention que prépara et signa Mgr Ferrata, alors 
nonce apostolique à Bruxelles, régla la situation ecclésiastique 
du Tessin. L'église paroissiale et collégiale de Saint-Laurent, à 
Lugano, était érigée en église cathédrale et unie à celle de Bâle, 
dont l'évêque prenait le double titre d'évêque de Bâle et de Lu- 
gano; mais ce second diocèse, ainsi créé, devait avoir à sa tète un 
administrateur apostolique, orné lui aussi du caractère épiscopal. 
La bulle de fondation du nouveau diocèse futdonuée le 7scptembre 
de la même année, et promulguée, à la grande joie des popula- 
tions, eu la fête de l'Assomption, 15 août 1889. Depuis lors, 
Mgr Léonard Haas est évèquu de Bâle et de Lugano, et Mgr Molo, 



188 ETUDES 

évêque de Callipolis, est administrateur apostolique du diocèse 
de Lugano. 

Cet épisode des luttes, ou, si l'on veut, des relations entre 
l'Église et les États, remplit le livre de Mgr Peri-Morosini. En- 
fant lui-même du canton dont il parle, il en raconte les diverses 
fortunes politiques et religieuses avec une affection toute patrio- 
tique. Mais ce sentiment est toujours guidé par la science du 
canoniste et de l'érudit. Le droit exclusif du Saint-Siège dans la 
détermination des juridictions épiscopales et dans la création des 
diocèses est continuellement mis en lumière, aussi bien que la 
condescendance des papes pour les vœux raisonnables des gou- 
vernements et de leurs sujets. L'auteur a composé son récit d'a- 
près les documents officiels, qui sont le plus souvent reproduits 
en entier. Son ouvrage est ainsi une étude de diplomatie, très 
intéressante pour tous, très instructive pour les hommes d'État. 
Ils pourraient y apprendre comment il faut traiter l'Église, en 
voyant comment elle traite les pouvoirs même rebelles et violents. 
Avec un peu de bonne foi de leur part, cette lecture les amène- 
rait à la conclusion où les faits avaient conduit le Conseil cantonal 
du Tessin. Dans le message qu'il envoyait au Conseil fédéral 
pour lui communiquer le projet de concordat définitif, il s'expri- 
mait ainsi : « Nous sommes convaincus qu'on ne peut refuser à 
l'Église cette indépendance à laquelle aspire toute association, 
sans commettre une injustice et un acte de trahison gouverne- 
mentale. A l'égal de toutes les autres nations, la Suisse en a fait 
l'expérience sur son territoire, et elle a dû toucher du doigt cette 
vérité que l'oppression de l'Eglise est fatale à tout progrès moral 
comme à la liberté civile et politique. Notre Tessin, lui aussi, a 
fait cette expérience, et elle est trop récente pour qu'il soit néces- 
saire de la rappeler. » 

Combien d'autres gouvernements auraient à répéter cet aveu et à 
chercher dans le même esprit à se rapprocher de l'Église ! Puisse 
le nôtre, pour ce qui le concerne, y songer enfin, au lieu de s'obs- 
tiner dans la persécution, et fournir à Mgr Peri-Morosini le sujet 
d'un second ouvrage aussi consolant que l'estle premier, du moins 
par son heureux dénouement! Il l'écrirait avec le même talent et 
la même science sans doute, mais de plus avec l'autorité d'un té- 
moin et d'un acteur. R. DE SCORRAILLE, S. J. 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 189 

Vie de l'admirable sainte Alpais, vierge et bergère du dio- 
cèse de Sens (1150-1211), par l'abbé Victor Martin, pro- 
fesseur aux Facultés catholiques d'Angers. Cudot (Yonne), 
imprimerie de Sainte-Alpais, 1892. In-12 illustré, pp. xvii- 
224. Prix : 1 fr. 50. 

Les Études, au mois de juillet 1892, ont annoncé une biographie, 
pour ainsi dire monumentale, par sa taille, de l'admirable ber- 
gère extatique du Gâtinais. Ce livre docte, de 700 pages, dépas- 
sait la portée commune des lecteurs, surtout des lecteurs qui 
cherchent moins l'érudition que l'édification. 

L'histoire, écrite, du vivant même de la sainte, par un moine 
des Echarlis, par le chanoine Robert d'Auxerre, par le moine 
allemand Césaire d'Heisterbach, par le moine anglais Raoul de 
Cogeshall, histoire tout éclatante de merveilles, toute pleine de 
consolations et d'enseignements, méritait d'être racontée dans 
une langue châtiée et sobre, mais avec un moins grand luxe de 
dissertations. Au douzième siècle, les pèlerins d'Angleterre, 
d'Allemagne, de France, prêtres, moines, évêques, chevaliers, 
et le roi Philippe-Auguste, accouraient autour du lit où l'hum- 
ble recluse de Cudot vécut environ quarante ans, nourrie uni- 
quement de la sainte Eucharistie. C'est une joie et une force 
pour l'Ame, que de relire ces récits du ciel et du temps passé, 
dans l'exquise brochure de M. l'abbé Victor Martin. Le savant 
professeur n'a pris que la fleur des chroniques par trop diflfuses ; 
il y a jeté de la lumière, sans rien enlever aux vieux écrivains de 
leur simplicité naïve, et en conservant aux légendes de Triguères 
et de Cudot leur parfum et leur fraîcheur. Désormais les fidèles 
pourront plus aisément, très agréablement et pour leur plus 
grand profit, connaître la bonne sainte Alpais, l'aimable sœur 
des Geneviève et des Germaine. V. DELAPORTE, S. J. 



Les Vies de quatre des premières Mères de l'Ordre de la Vi- 
sitation Sainte-Marie, écrites et dédiées à N. S. P. le pape 
Alexandre Vil, par la Révérende Mère Françoise-Madeleine 
DE Chaugy, supérieure du premier monastère de cet Ordre. 
Nouvelle édition conforme à celle de 1659, enrichie d'extraits 
inédits des manuscrits primitifs, publiée par les soins des 



190 ÉTUDES 

religieuses du premier monastère de la Visitation d'Annecy. 
Paris, Poussielgue, 1892. In-8, pp. xl-552. 

Les religieuses du monastère de la Visitation Sainte-Marie 
d'Annecy continuent à puiser dans le trésor des traditions écrites 
qui se sont accumulées entre leurs mains, depuis la fondation de 
l'Ordre. Elles ont réédité récemment les vies de quatre des pre- 
mières Mères de la Visitation, écrites par la secrétaire de sainte 
Jeanne de Chantai, par celle qui écrivit la Vie la plus intéres- 
sante de la fondatrice elle-même, la Mère Françoise-Madeleine 
de Chaugy. Le pape Alexandre VII, à qui son neveu, le cardinal 
Chigi, avait parlé de ces petits opuscules, témoigna le désir de les 
lire, et en fut si charmé qu'il obligea la Mère de Chaugy à les 
livrer au public : douloureuse épreuve pour l'humilité de cette 
sainte Mère. 

Le public religieux du dix-neuvième siècle montrera pour 
ces quatre Vies le même goût que le pape Alexandre VII, et 
grand nombre d'esprits sérieux tiendront à lire avec attention 
ces pages, pleines d'idées fortes, de sentiments élevés et d'onc- 
tion chrétienne. Pour quiconque a étudié la vie, la correspon- 
dance et la méthode de formation de sainte Chantai, il y a un réel 
intérêt à saisir sur le vif l'application de ses procédés de sancti- 
fication, et le résultat qu'elle obtient. Après avoir fait la connais- 
sance de la Mère, rien n'est plus instructif tout h la fois ni plus 
agréable que de faire celle des premières filles de cette grande 
sainte. Ce n'est pas qu'il soit nécessaire de raconter parle menu la 
vie de toutes les religieuses et de tous les religieux qui passent 
sur la terre et quittent leur monastère pour monter au ciel. Ce 
n'est point pour occuper l'attention du monde après leur mort 
qu'ils l'ont fui pendant leur vie ; et il n'y a ni grand profit ni 
grande édification à retirer de la lecture d'une vie religieuse, 
lorsque celui ou celle qui l'a menée n'a point tranché sur les au- 
tres par une sainteté plus parfaite ou des œuvres plus remar- 
quables. Peut-être pourrait-on trouver que le dix-neuvième siècle 
est trop fertile en ces sortes de productions et qu'il n'y a si mince 
personnage qui n'ait sa biographie. L'œuvre de la Mère de Chaugy 
se recommande par un attrait particulier : il s'agit des premières 
religieuses de la Visitation, de celles qui ont été formées parles 
mains de saint François de Sales et de sainte Jeanne de Chantai, 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 191 

et qui ont répandu à travers l'Ordre entier l'influence des saints 
fondateurs. La Vie de sainte Jeanne de Chantai, qui nous fait con- 
naître l'esprit propre de la Visitation et nous offre tant d'héroï- 
ques exemples, se complète par la Vie de celles qui furent ses 
filles de prédilection. 

L'œuvre de la Mère de Chaugy n'est pas une œuvre moderne ; 
on n'y retrouve ni les détails personnels, ni l'érudition, ni les 
digressions qui grossissent outre mesure les biographies con- 
temporaines : à propos d'un homme, tout le siècle est passé en 
revue. L'auteur avait appris le latin, et c'est à la manière des 
Latins qu'elle a écrit ces quatre Vies. Point ou très peu de menus 
faits; quelques traits fortement accentués, qui tous concourent à 
donner à la physionomie son expression particulière. Le portrait 
est tracé avec netteté ; et bien que ces quatre Mères aient ac- 
compli les mêmes travaux, qu'elles aient entrepris des fondations 
qui toutes se ressemblent; bien que leurs occupations, prières, 
travail manuel, direction des autres sœurs, administration des 
monastères, se succèdent avec une invariable uniformité ; bien 
que ces quatre religieuses soient animées du même esprit et 
qu'elles aient à déployer les mêmes vertus, sur un fond qui est le 
même, la Mère de Chaugy a dessiné quatre portraits fort dissem- 
blables, et laissé à ses sœurs, avec leur air de famille, le trait 
caractéristique qui les distingue. L'énergie et la force d'âme 
de la Mère Favre, le détachement et la largeur de vues de la Mère 
de Bréchard, la suavité et douceur de l'angélique Mère de Cha- 
tel, la mortification de la Mère de la Roche et ses remarquables 
aptitudes pour le gouvernement des âmes, sont admirablement 
mis en lumière, et quand on a lu chacune de ces Vies, les quatre 
premières filles de sainte Jeanne de Chantai restent gravées dans 
le souvenir d'une manière ineffaçable, avec le type que l'auteur a 
entrevu. 

Peut-être est-il légitime d'adresser à la Mère de Chaugy le re- 
proche que lui faisait Louis Veuillot : de se laisser aller avec trop 
de complaisance à son goût pour l'Écriture Sainte et pour les 
thèses et maximes de spiritualité. Le grand écrivain a donné 
en 1852 une édition des ouvrages de la Mère de Chaugy, et avec 
son goût littéraire si sûr, il avait par-ci par-là opéré des suppres» 
sions et des retouches. Il est cependant préférable de posséder 
et de lire l'œuvre de l'auteur, telle qu'elle est sortie de sa plume. 



192 ÉTUDES 

Les âmes pieuses sauront gré à la Mère de Chaugy de tout ce 
qu'elle a produit. Elles trouveront dans son livre une doctrine 
exacte, une science véritable de l'Ecriture Sainte, et une connais- 
sance, probablement acquise parl'expérience personnelle, des voies 
élevées de la spiritualité. Quant h ceux qui cherchent dans cet 
ouvrage un plaisir littéraire, ils seront charmés par le style ample 
et clair de la Mère de Chaugy, par sa façon de parler, noble et 
relevée, qui lui fera pardonner quelques longueurs. Elle parle la 
langue de la première moitié du dix-septième siècle, avec sa 
phrase périodique et pleine, ses nombreuses propositions inci- 
dentes qui donnent à la pensée toute sa nuance et indiquent une 
force d'intelligence capable de saisir, d'embrasser h la fois toutes 
les idées accessoires. 

Nous espérons que les religieuses de la Visitation ne s'en 
tiendront pas à ce premier volume, et qu'il plaira à Dieu de leur 
donner le moyen de compléter, par la publication des autres ou- 
vrages de la Mère de Chaugy, l'histoire des origines admirables 
de leur Ordre. E. BOULANGÉ, S. J. 

Vie du R. P. Barré, religieux Minime, fondateur de l'Insti- 
tut des Ecoles charitables du Saint-Enfant-Jésus, dit de 
Saint-Maur^T^dir le R. P. Henri de Grèzes, des FF. MM. Ca- 
pucins. Bar-le-Duc, Imprimerie de l'Œuvre de Saint-Paul, 
s. d. In-8, pp. 428. 

A ceux qui trouveraient, non sans raison, qu'on abuse aujour- 
d'hui indistinctement de la biographie instantanée, nous signa- 
lons volontiers cette Vie tirée après deux siècles d'un oubli 
immérité. Peut-être n'en sera-t-elle que plus actuelle en cette 
nouvelle crise de l'éducation chrétienne ; en tout cas, elle n'aura 
rien perdu pour attendre, tant l'historien a bien su rendre son 
héros. Il nous le montre, d'après les documents et souvent en le 
citant lui-même, brillant élève des Jésuites d'Amiens, et grâce 
sans doute, dit-il, à cette première éducation (p. 26), « modèle 
des professeurs )), «prédicateur renommé» au genre «plutôt 
expositif que spéculatif et polémique » ; vrai directeur, c'est-à- 
dire, comme il disait lui-même, « destructeur » (p. 90); enfin, à 
travers toutes les difficultés propres aux œuvres de Dieu, fonda- 
teur du pieux Institut de Saint-Maur. 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 193 

Nous savons particulièrement gré au R. P. de Grèzes de 
n'avoir pas trouvé trop païenne une méthode qui formait de tels 
païens. Dieu nous en donne aujourd'hui beaucoup de cette 
trempe ! A. L., S. J. 

Lamennais, d'après des documents inédits^ par A. Roussel, 
de l'Oratoire de Rennes. Rennes, Hyacinthe Gaillière, 1892. 
2 vol. in-8, pp. XXI- 282 et 470. 

Lamennais est un de ces hommes à l'égrard desquels on ne 
saurait demeurer indifférent. Après avoir commencé par dé- 
fendre avec le zèle le plus ardent le trône et l'autel, il sapa 
l'un et l'autre avec un acharnement infatigable, pendant la 
dernière partie de sa vie. Aimé ou haï de son vivant , il est 
resté une énigme pour la postérité. Nous devons savoir gré à 
M. l'abbé Roussel d'introduire dans une cause encore pen- 
dante, malgré de nombreuses publications, de nouveaux do- 
cuments qui nous la feront mieux connaître, et nous per- 
mettront par suite de porter un jugement aussi impartial 
qu'éclairé. 

Les documents publiés aujourd'hui ont été recueillis en grande 
partie par M. le chanoine llouet, ancien disciple de Lamennais. 
A l'exception de deux ou trois, ils sont tous inédits, mais n'ont 
pas tous la même importance. On a suivi l'ordre chronologique, 
unique moyen de bien faire comprendre les phases diverses de la 
transformation du grand écrivain. « La publication présente, dit 
l'auteur, a pour but de fournir aux lecteurs que ces questions 
intéressent, ainsi qu'aux historiens futurs de l'Église de France 
au dix-neuvième siècle, non tous les éléments de ce que nous 
appellerons l'afiairc de Lamennais, — il s'en faut de beaucoup, — 
mais simplement ceux que nous avons entre les mains, sans nous 
occuper de savoir si ces documents sont des témoins à charge ou 
à décharge ; il y en a vraisemblablement de l'une et l'autre sorte : 
le lecteur du reste en jugera. Ces témoins que nous introduisons, 
nous les laissons parler, chacun selon son langage; ils racontent 
ce qu'ils savent, dans un style plus ou moins concis, plus ou moins 
clair et correct. Pour peu qu'ils restent dans le sujet, ils dis- 
courent à leur aise; nous nous bornons à les ramener à la ques- 
tion lorsqu'ils s'en écartent, ou plutôt nous refusons de les en- 



194 ÉTUDES 

tendre davantage, lorsqu'ils s'occupent de tout autre chose que 
du débat actuel *. » 

Nous n'insisterons pas sur le côté biographique de la publica- 
cation nouvelle ; nous préférons attirer l'attention du lecteur sur 
un certain nombre de questions qui ont été vivement discutées. 
La première qui se présente est la navrante histoire de la çocation 
de Lamennais. 

Il résulte clairement de la correspondance de Lamennais avec 
l'abbé Jean, son frère, avec M. Carron et M. Tesseyre, que c'est 
d'après leurs sollicitations les plus actives qu'il se décida à embras- 
ser l'état ecclésiastique, pour lequel il ne se sentait aucun attrait. 
« Il lui en a singulièrement coûté, écrivait l'abbé Jean h M. Brute, 
pour prendre sa dernière ^résolution. M. Carron d'un côté, moi 
de l'autre, nous l'avons entraîné; mais sa pauvre âme est encore 
ébranléedececoup. » — «Nous lui ■pré^divons des chaînes d' amour ^ 
avait écrit l'abbé Tesseyre, mais si belles, si légères, si glorieuses, 
qu'elles seules lui feront goûter la liberté, la paix et la joie des 
enfants de Dieu et des ministres du Seigneur. » Et le lendemain 
de son ordination, Lamennais s'écriait : « Tout ce qui me reste à 
faire est de m'arranger de mon mieux et, s'il se peut, de m'en- 
dormir au pied du poteau où l'on a rivé ma chaîne. » 

Quand on songe à ce que devint cette vocation forcée, on ne 
peut se défendre de l'émotion la plus douloureuse. Si Lamennais 
fût resté dans l'état laïque, il eût évité, nous en sommes persua- 
dé, le plus grand nombre de ces tracasseries auxquelles sa qua- 
lité de prêtre l'exposait davantage, tout en lui ôtant les moyens 
de s'y dérober avec succès. Les amis de l'infortuné crurent bien 
faire en le pressant de contracter des engagements définitifs; il 
croyait bien faire lui aussi en se rendant à leurs désirs, après la 
résistance la plus désespérée. Lamennais restera l'une des plus 
lamentables victimes des meilleures intentions du monde ^. 

Une seconde question à examiner au sujet du nouveau Tertul- 
lien est celle de la bonne foi. L'auteur n'a pas hésité à la poser 
dès la première page de l'introduction, et à répondre qu'il la 
croyait indiscutable. « Lamennais, dit-il, fut un idéologue de 
génie, sans doute, mais un idéologue; dès lors, il devait croire 
fermement, non seulement à la possibilité, mais à la réalisation 

1. T. II, p. 242. 

2. T. I, p. 84-96, 109-114. 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 195 

future et peut-être prochaine de ses utopies. Comme pour tous 
les moDomanes, ses opinions du moment lui paraissaient autant 
d'axiomes qui s'affirment et ne se prouvent pas *. » La bonne foi 
de Lamennais, tel est, nous semble-t-il, le principal objet des 
explications dont M. l'abbé Roussel a cru nécessaire d'accom- 
pagner les documents inédits. Après avoir pris connaissance de 
son travail, un des arrière-neveux de Lamennais lui écrivait : 
« La thèse que vous voulez soutenir me parait absolument juste '. » 

Nous n'avons pas l'intention de discuter la thèse de M. l'abbé 
Roussel: les preuves sont exposées devait les yeux du lecteur; 
à lui de juger si elles lui paraissent absolument convaincantes. A 
raison des services rendus par Lamennais à la cause catholique, 
on saura gré à l'auteur d'avoir songé moins à condamner qu'à 
plaindre l'infortuné apostat. 

Cependant la question nous semble mal posée dans l'intro- 
duction, lorsque M. l'abbé Roussel s'écrie avec M. le chanoine 
Houet : « Comment! M. de Lamennais n'était pas de bonne foi? 
Mais c'était l'homme le plus franc, le plus loyal que j'aie jamais 
rencontré '. » Nous ne recherchons point ici quel fut le carac- 
tère de Lamennais après comme avant sa chute ; il s'agit de savoir 
si Lamennais tomba de bonne foi dans l'erreur et s'y obstina de 
bonne foi. — Oui, répond de nouveau M. l'abbé Roussel : « S'il 
patronna l'erreur, c'est lorsqu'elle se fut à ses yeux affublée du 
manteau de la vérité, et qu'il la prit pour la vérité elle-même* ! » 
— Mais alors, il y eut seulement erreur de jugement, et non de 
volonté, et Lamennais n'est que matériellement coupable ! 

Hélas ! la culpabilité formelle de Lamennais ressort évidente 
pour quiconque parcourt sans parti pris les documents inédits 
de la présente publication. Aussi, dans l'épilogue de son ouvrage, 
M. l'abbé Roussel pose-t-il la question de bonne foi d'une ma- 
nière moins absolue, et par là même plus acceptable. Quel fut, se 
demande-t-il, le degré de culpabilité de Lamennais, lors de son 
premier pas dans la voie de l'erreur ? Jusqu'à quel point la bonne 
foi put-elle alors lui faire défaut'? 

1. T. II, p. 429. 

2. T. II, p. 459. 

3. Introduction, p. m. 

4. Introduction, p. xii. 

5. T. II, p. 458. 



196 ÉTUDES 

« Tout d'abord, répond-il, nous observerons que nul chrétien, 
à plus forte raison nul prêtre, ne tombe dans l'apostasie sans 
qu'il y ait de sa faute, car il est évident que Dieu ne saurait per- 
mettre que l'un de ses serviteurs s'égare à ce point malgré lui 
et en dépit d'une bonne volonté absolue. Si donc Lamennais 
cessa de croire, c'est qu'il ne fut pas toujours ce serviteur irré- 
prochable; mais qui oserait se flatter de l'être! » Et il ajoute : 
« Lorsque nous prétendons que Lamennais fut sincère, nous 
voulons tout simplement dire qu'il se laissa glisser sur la pente 
de l'abîme sans trop s'en douter, et qu'il finit même par prendre 
cette pente pour le chemin véritable. )> 

Nous n'entrerons pas dans la discussion de cette indulgente 
explication. L'auteur conclut : « L'histoire de la chute de La- 
mennais est, au fond, l'un de ces mystères impénétrables dont 
seule la justice divine a le secret. Nous n'en connaissons que les 
dehors; l'œil humain le plus perspicace ne saurait aller au delà; 
Dieu, et Dieu seul, pouvant se dire « le scrutateur des cœurs et 
« des consciences ». 

Dans les explications qui accompagnent les documents inédits 
publiés par lui, M. l'abbé Roussel résume très bien les causes de 
la chute de Lamennais. « Doué, nous dit-il, d'une intelligence 
supérieure, au service de laquelle il eut le malheur de mettre une 
imagination sans frein; d'une volonté à la fois inflexible et fan- 
tasque; d'un tempérament excessivement irritable et bilieux, 
qui donnait à chaque instant les démentis les plus cruels h son 
cœur essentiellement tendre et charitable, ce fut, somme toute, 
un homme fort incomplet. Engagé de bonne heure dans une lutte 
ardente, acharnée, pour la défense des causes les plus nobles, qui 
semblaient alors les plus désespérées, il se vit discuté, combattu, 
non seulement par ses ennemis naturels, mais encore par ceux- 
là mêmes sur la bienveillance et l'appui desquels il croyait avoir 
le droit de compter. Cédant alors à la violence de sa nature im- 
pétueuse et presque sauvage, il ne ménagea personne, puisque 
personne ne le ménageait ; ... et son caractère s'aigrissant de plus 
en plus, il ne ^>arda pas à confondre ses contradicteurs les plus 
honorables avec ses plus déloyaux adversaires *. » 

Le premier tort de Lamennais fut de s'obstiner à* défendre 

1. T. II, p. 456. 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 191 

l'Église autrement qu'elle ne le voulait, autrement, par suite, 
qu'il ne devait la défendre. Il cessa de croire à la mission divine 
de l'Église, le jour où elle refusa de se mettre, sur ses instances, à 
la tête du mouvement social dont son regard pénétrant apercevait 
l'avènement qu'il appelait de tous ses vœux. Telle fut l'origine du 
lugubre mystère de son apostasie. La négation de la divinité de 
l'Église amena logiquement, fatalement, tous ses autres malheurs. 
Il se croyait encore catholique qu'il n'était déjà plus chrétien, 
puisqu'il rejetait alors la révélation et le surnaturel. Le poids 
d'une erreur l'entraînait sans cesse vers une autre toujours plus 
profonde. Il était déjà descendu jusqu'au naturalisme et sa vague 
religiosité ; et il fût sans doute tombé plus bas, quand la mort 
arriva et ne lui en laissa pas le temps. 

Dans ses polémiques, observe M. l'abbé Roussel, Lamennais 
fut souvent violent jusqu'à la brutalité, mais il se garda toujours 
de la calomnie qui pourtant l'épargna si peu. Parmi ces calom- 
nies au^si graves que peu motivées dont Lamennais fut l'objet, il 
en est une que nous ne pouvons passer sous silence, parce qu'elle 
tend à imprimer sur son front l'infâme stigmate du vice. 

Dans les dernières années du règne de Louis-Philippe, le gou- 
vernement apprit qu'un groupe de républicains, dont Lamennais 
faisait partie, se rassemblait en conciliabules secrets, chez l'édi- 
teur Pagnerre. Pour s'en débarrasser, on inventa contre Lamen» 
nais l'accusation d'immoralité; mais, malgré leur habileté con- 
sommée, les limiers de la police ne purent rien établir. « Nous 
sommes loin, ajoute M. l'abbé Roussel, de nous porter garant de 
la conduite de Lamennais après sa chute. Qu'il ait cessé de prati- 
quer dans toute sa pureté la morale du christianisme, alors qu'il 
avaitcessé de croire à sa doctrine, il n'y auraitrien là d'étonnant;... 
mais de là au vice monstrueux qui lui fut attribué, il y a une dis- 
tance qu'il ne convient pas de lui faire franchir, sans preuves 
dûment établies. » 

Le chapitre ix du tome second ne fait que confirmer ce que 
l'on savait déjà des derniers moments de Lamennais; sa mort eut 
toutes les apparences de l'impénitence finale. Sans doute les 
gardiens du moribond, dont plusieurs affichaient hautement 
leur impiété, avaient intérêt à le montrer incrédule jusqu'au tré- 
pas; malheureusement ils trouvèrent en lui un complice déter- 
miné. La nièce du malade, lisons-nous dans le procès-verbal 



198 ÉTUDES 

dressé par ses amis de la dernière heure, lui ayant demandé : 
« Féli, veux-tu un prêtre? Tu veux un prêtre, n'est-ce pas?» Il 
répondit : « Non. » Celle-ci ayant repris : « Je t'en supplie ! » il 
dit d'une voix plus forte : «Non, non, non, qu'on me laisse en 
paix. » 

Mais cette scène eut lieu le 26 février, et Lamennais ne mourut 
que le lendemain. Que se passa-t-il alors ? Ne fut-il pas éclairé de 
« cette lumière pénétrante, inexorable, qui, comme il l'avait dit 
si éloquemment autrefois, nous apparaît aux derniers moments 
comme un crépuscule de l'éternité»? 

Espérons qu'une grâce suprême aura touché le cœur de celui 
qui combattit si longtemps pour l'honneur de l'Eglise ! « Les pen- 
sées de Dieu, dirons-nous avec M. de Kermoalquin, écrivant à 
l'abbé Jean, ne sont pas les pensées des hommes... Si la mort a 
tout terminé, elle n'a pas brisé en nous toute espérance... Dieu a 
pu vouloir sauver secrètement cette chère âme, et cependant 
laisser aux hommes un exemple propre à nous tenir dans la plus 
profonde humilité. » V. MERCIER, S. J. 

Auguste Nicolas. Sa vie et ses œuvres, diaprés ses mémoires 
inédits, ses papiers et sa correspondance, par Paul Lapeyre. 
Paris, Lethielleux, 1892. In-8, pp. xiv-752. Prix : 7 fr. 50. 

Ce livre a reçu de nombreuses, de hautes approbations ; il est 
déjà répandu, connu, apprécié. Un pareil succès peut rendre moins 
utile notre modeste et trop tardif sujffrage : il ne saurait nous 
dispenser de l'apporter. 

Dans son livre, M. Lapeyre nous montre que l'œuvre de M. Ni- 
colas fut vraiment une grande œuvre philosophique. En même 
temps n révèle à nos yeux l'aimable et douce physionomie, le 
cœur si bon dans l'intimité, si dévoué dans la vie publique, de 
celui qui fut l'auteur des Etudes philosophiques sur le christia- 
nisme. 

L'importance de l'œuvre, M. Lapeyre la fait sentir toutes les 
fois qu'il insiste — avec un rare bonheur — sur le caractère de 
cette apologétique moderne, sinon inaugurée par M. Nicolas, du 
moins portée par lui du premier coup à un haut degré de perfec- 
tion. La perfection de l'apologétique, le caractère commun à 
toutes les œuvres capitales des défenseurs de la foi, ce fut 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 199 

toujours le sage discernement de l'époque et de ses besoins, 
utilisant et combinant, pour le plus grand bien de la religion et 
le salut des âmes, les fortes et antiques traditions avec les éléments 
nouveaux de l'époque présente, galvanisant ainsi le passé raide 
et endormi, lui communiquant la sève et le mouvement de la vie 
contemporaine. 

Ce travail ne fut pas également compris à toutes les époques. 
L'esprit humain devait nécessairement se porter à deux excès op- 
posés. Ou bien il s'acharnait sur des points de détail, oubliant la 
vaste synthèse de l'édifice : c'est le danger des époques où abonde 
la nouveauté des faits scientifiques et |des objections ; ou bien, 
négligeant à tort les travaux de la science humaine, il s'abîmait 
dans l'extatique contemplation du vaste édifice théologique, ou- 
bliant que, par endroits, la Providence avait ménagé des pier- 
res d'attente en vue de nouveaux matériaux. 

Il est vrai, l'apologétique est un vaste chantier où les uns sont 
absorbés par la taille des pierres, fraichcment venues de la car- 
rière ; tandis que d'autres, l'œil fixé sur les devis de l'architecte, 
veillent à l'intégrité des grandes lignes. A cette division du 
travail, nul inconvénient si l'entente existe entre les deux ca- 
tégories. Mais pour cela un homme doit se rencontrer de qui le 
regard exercé sache saisir l'accord du plan d'ensemble et des 
travaux de détail. A certaines époques cet homme fait défaut, et 
l'œuvre apologétique languit. 

Mais voici surtout le point que M. Lapeyre nous semble avoir 
heureusement mis en lumière. M. Nicolas a dit de son propre 
travail : « La vérité du christianisme, non abstraite, mais vivante^ 
se levait à ses yeux. » (P. 54.) 

Son biographe nous le fait comprendre mieux encore, quand il 
repousse justement un reproche de Lacordaire, touchant les 
répétitions inévitables de l'ouvrage : « La religion n'est pas sim- 
plement une série de propositions abstraites se déduisant l'une 
de l'autre ; c'est un organisme vivant dont toutes les parties in- 
fluent l'une sur l'autre.... » (P. 80.) 

Et comme tout ce qui est vivant est doué de la force d'assimi- 
lation, toute grande œuvre se fait par une sorte de synthèse 
vivante. Voilà pourquoi, à la |diflerence d'un édifice inanimé, 
les matériaux d'un édifice organique viennent d'eux-mêmes se 
placer à leur naturelle position. Disons mieux : ils sont attirés 



200 ÉTUDES 

par cette force secrète qui n'est autre que cette force d'assimilation 
inhérente à toute grande[œuvre puissamment conçue. Ayant eu vie 
dans le ceïveau de son auteur, elle communique cette vie et féconde 
tous les objets qui se présentent à elle. C'est le travail du génie : 
tt M. Nicolas n'avait jamais pris de notes pour un travail auquel il 
ne se croyait pas appelé et où il avait été pris au dépourvu ; mais 
voilà que des extrémités les plus lointaines de ses anciennes lec- 
tures, dispersées et perdues dans ses souvenirs, des rapports, des 
confirmations, des citations venaient de tous côtés se placer à 
propos sous sa plume, comme si un secrétaire invisible les lui 
eût rappelées et présentées h point. Il y a là tout au moins un 
témoignage palpable de cette puissance d'assimilation de la vérité 
divine par rapport à toutes les vérités, comme si elle ne faisait 
que les reprendre et qu'elle n'en fût que la somme ou le prin- 
cipe recomposé. » (P. 53.) 

Voilà dans son caractère intime Toeuvre de M. AusfusteNicolas. 
Ajoutons qu'elle fut féconde comme tout ce qui a vie. Elle suggéra 
à sou propre auteur des œuvres secondaires, destinées par leur 
nature à rentrer dans l'harmonie générale : tel surtout l'admira- 
ble ouvrage sur la Vierge Marie et le plan divin. Elle fut aussi 
le point de départ de travaux postérieurs pour une pléiade d'imi- 
tateurs zélés. 

Voilà la véritable apologie, la synthèse catholique, « qui, sans 
la provoquer, a le plus raison de l'incrédulité, — pour peu qu'elle 
soit de bonne foi, — comme la lumière, à mesure qu'elle se lève, 
a raison des ombres en les chassant de plus en plus devant elle 
et en les raccourcissant. . . » ( P. 56. ) 

Aussi est-il facile à M. Lapeyre de nous montrer l'influence 
profonde qu'exerça sur les esprits contemporains la publication 
des Études philosophiques. C'est une profusion de lettres et de 
témoignages variés, par où il nous révèle leur immense retentis- 
sement. Quand on a vu ce livre faire le tour du monde, traduit 
bientôt dans les langues les plus diverses ; quand on est entré 
dans le détail des intimités touchantes et des familiarités illustres 
qu'il valut à l'auteur; quand on l'a vu entre les mains d'hommes 
d'Etat comme le prisonnier de Ham et son familier Persigny, 
comme Guizot et Thiers ; quand on a surpris dans leurs lettres 
l'accent de l'éloge sincère, de l'admiration contrainte, ou bien de 
la réticence embarrassée, on comprend alors la valeur du livre 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 201 

par l'action incontestable qu'il exerça sur les hommes de l'épo- 
que. A ce point de vue, l'ouvrage de M. Lapeyre devra être con- 
sulté par quiconque voudra connaître la marche des idées au dix- 
neuvième siècle, descendre au fond de la conscience des hommes 
de Juillet et du régime impérial, savoir leur situation d'âme et 
leur irrésolution d'esprit devant la question capitale du chris- 
tianisme. 

Avons-nous besoin de dire que l'homme apparait en même 
temps que son œuvre ? Il apparaît d'abord par les larges em- 
prunts continuellement faits à ses mémoires. Nous en remercions 
M. Lapeyre : il a laissé ce grand caractère et ce grand esprit se 
révéler tout entier. Chez. A. Nicolas, le cœur et l'intelligence vont 
de pair. Il nous ^ffirait de renvoyer le lecteur h celte page tou- 
chante qui raconte l'hcui'cuse conclusion des Etudes philosophi- 
ques, et nous fait entendre le cantique d'actions de grâces tombé 
des lèvres de l'auteur. 

11 apparait aussi dans les mille détails de la vie de famille, aux- 
quels nous sommes initiés, dans les relations multiples et les 
devoirs de la vie civile. Partout c'est la même physionomie, si 
honnête, si bonne et si franche ; le même dévouement aux fonc- 
tions publiques ; le même sentiment du devoir patriotique et 
chrétien. Quel intérêt dans ses rapports avec Guizot, Falloux 
et l'école de Lacordaire ! Ou y distingue parfaitement, comme le 
dit M. Lapeyre, l'homme qui « visait ii réconcilier les hommes 
avec la vérité totale, et non pas h associer amicalement des erreurs 
avec des vérités, comme le voulait M. Guizot». (P. 223.) 

Quoi de plus émouvant que les clforts tentés pour ramener ses 
anciens amis, les égarés du camp libéral : elTorts qui inspirèrent 
l'Étal sans Dieu et puis la l{êi>olulion et l'ordre chrétien ! Quoi 
de plus touchant (quelle qu'en soit d'ailleurs la valeur probante) 
que ce plaidoyer destiné à réhabiliter, à sauver de la tache libé- 
rale l'illustre mémoire de Lacordaire 1 

La vie et le caractère de M. Nicolas, au moins autant que son 
œuvre, nous sont donc révélés par l'élude de M. Lapeyre ; et nous 
pouvons en dire ce que Lacordaire disait des Etudes philoso" 
phifjues : « Là se révèle l'âme encore plus que le talent de l'au- 
teur. » (P. 81.) A. B., S. J. 



BitUopnptiie, IV. — 14 



«02 ÉTUDES. 

Le R. P. Jean-Pierre Jeanjacquot, S. J., par un Père de la 
môme Compagnie. Monlauban, Georges et Ferré, 1892. 
In-12, pp. 180. 

Vie du R. P. Jeanjacquot, S. J., par M. l'abbé Moussard, au- 
mônier du Sacré-Cœur de Besançon, Paris, Retaux, 1892. 
Tn-18, pp. 210. 

Ces deux notices retracent avec exactitude et avec charme 
l'existence d'un religieux dont la vie longue et laborieuse fui par- 
tagée entre le ministère, l'enseignement théologique et la compo- 
sition de solides et pieux opuscules. Parmi ces livres, celui qui a 
pour litre : Simples explications sur la Coopération de la très 
sainte Vierge à l'œuvre de la Rédemption y et sur sa qualité de Mère 
des chrétiens, est un vrai chef-d'œuvre de clarté, de profondeur et 
d'analyse. Le P. Jeanjacquot mourut h l'âge de quatre-vingt-sept 
ans, chéri de Dieu et des hommes, laissant le souvenir d'un par- 
fait reliffieux. Ses nombreux élèves et amis retrouveront dans les 
deux volumes dont nous venons d'écrire le titre une image de cette 
âme limpide et vaillante. Éï. C, S. J. 

Michel Epitalion, diacre, par le P. Ch. Groffier, S. J. Lille, 
Société Saint-Augustin, s. d. In-12, pp. 258. 

Il fait bon vivre quelques instants côte à côte avec ce jeune 
homme plein de candeur et de (eu, tombé sur la brèche à vingt- 
trois ans, à la veille de l'ordination sacerdotale, dans la fleur de 
son zèle et de ses espérances. La picmière enfance de Michel 
est particulièrement ravissante : c'est celle de l'angélique Louis 
de Gonzague ou de son frère Stanislas, toute fraîche et suave en 
plein dix-neuvième siècle, en pleine atmosphère industrielle, 
sous le ciel plus que brumeux de Saint-Etienne. 

Un jour, c'est la veille d'une lète de Notre-Dame, l'enfant ap- 
paraît dans les ateliers de son père, y élève un trône à Marie, le 
pare de ses plus beaux atours, et bientôt, devant l'autel illunjiné, 
les rudes voix des travailleurs alternent avec sa voix arijentine 

o 

les louanges de la Vierge Immaculée. Une autre fois, on croit 
Michel perdu dans la campagne ; et quand sa mère inquiète l'ap» 
pelle, les accents du petit stylile lui font écho du sommet d'un 
vieux chêne où s'est abrité son oratoire. 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 20» 

Aumônier des pauvres, arbitre des serviteurs de la maison^ 
gardien des malades, Michel a toujours le même entrain, la 
même sève de foi et d'amour de Dieu. 

Pourquoi faut-il que la discrétion ne permette que d'cntr'ou- 
vrir le voile qui nous cache la vie intime de cette faniillo bénie 
de Dieu? Comme il serait réconfortant de savourer à loisir ces 
scènes d'un intérieur patriarcal, plus connues, hélas I de la gé- 
nération qui nous a précédés que de la nôtre! 

L'apostolat inauguré en famille, franchement poursuivi au 
collège, éclate dans toute sa fougue h Saint-Sulpice. Il a libre 
carrière maintenant. Ah! que d'espérances reposaient sur ce 
jeune lévite ! chez lui, quelle intelligence du pauvre et de l'ou- 
vrier ; quelle soif de la science sacrée; quelle piété tendre et 
forte ; quelle passion pour Notrc-Seigneur, pour sa croix, pour 
son Eglise ! Mais ne déflorons pas ces richesses. Puissent-elles 
être goûtées dans nos collèges et séminaires et dans tout foyer 
chrétien! L. DECLAIRVAUX, S. J. 

I. — Le Cardinal Lavigerie, primat d'Afrique^ archevêque 
de Carlknge et d'Alger ( 1825-1892), par Mgr Ricard, pré- 
lat de la Maison de Sa Sainteté, vicaire général honoraire 
d'Aix. Deiixiëme édition. Paris et Lille, Tassin-Lefortf s.d. 
ln-8, pp.viii-494. 

n. — Le Cardinal Lavigerie. Oraison funèbre prononcée à 
Lille, en l'église Noire-Dame de la Treille, par Mgr Bxu- 
NARD, recteur des Facultés catholiques, le 7 décembre 1892, 
jour de l'inhumation du cardinal à Carthage. Paris, Pous- 
sielguc, 1892. In-8, pp. 48. 

IIL — Les Obsèques du cardinal Lavigerie [Alger, Tunis , 
Carthage). Journal d'un témoin, par l'abbé A. J. Ranck- 
BouRREY, docteur en théologie, avec les allocutions pro- 
noncées par M. Cambon, par NN. SS. Combes et Brincat, 
à Alger et à Carthage, et la lettre du cardinal Ledochowsky, 
préfet de la Propagande, à Mgr Tournier. Paris, Laniulle 
et Poisson, 1893. ln-8, pp. 87. 

L — Déjà la seconde édition du livre de Mgr Ricard, et il y a 
seulement deux mois que le cardinal Lavigerie est mort. Cet em- 
pressement à écrire et ce succès d'un écrit improvisé moutruul 



204 ETUDES 

que nous sommes en présence d'un livre d'actualité, comme 
on dit. Avec sa facilité ordinaire de composition, Mgr Ricard a 
joint le tableau de la vie du grand primat d'Afrique à sa collection 
des vies des grands évéques de France. Mais cette fois son œuvre 
est peut-être un peu plus hâtive et moins personnelle. Il emprunte 
de toutes mains et avoue sans détour, dans sa préface, que sa 
tâche était singulièrement facilitée par l'œuvre de ses devanciers. 
Quelques chapitres sont uniquement composés de citations dé- 
coupées dans les documents officiels et même dans les journaux. 
Moins pressé, l'auteur aurait sans doute laissé les ciseaux pour 
la plume, dont il se sert si bien quand il a le temps. On sent 
encore la hâte à la longueur de certains récits sur des incidents 
de détail: par exemple, le chapitre h propos du passage des pè- 
lerins h Carthage ; à certains hors-d'œuvre, comme la défense 
des Facultés de théologie par MgrFreppcl ; h certaines obscurités 
de style échappées à cette plume pourtant si facile et si claire ; 
enfin, h des fautes dans la correction des épreuves. Tout cela 
n'empêche pas que le nouveau livre de Mgr Ricard ne soit un 
ouvrage des mieux informés, d'une lecture agréable, d'une ins- 
piration élevée qui ouvre de grands horizons. Si nous n'avons 
pas du cardinal Lavigerie un portrait composé avec art, qui nous 
mette sous les yeux la synthèse de sa vie, nous avons une série 
d'esquisses anecdotiques d'autant plus vivantes que nous l'enten- 
dons souvent parler lui-même. Et quelle vie intense il avait I Quels 
projets et quels actes ! Partout où la Providence l'a conduit il s'est 
fait une âme nouvelle et il a été tenté de laisser son cœur. Que 
n'en avait-il plusieurs! il les aurait tous donnés. C'était un 
évêque d'un autre âge qui se créa partout un fief et comme une 
souveraineté autour de lui. Sa volonté ne connaissait aucun obs- 
tacle, et ses ordres aucune réplique. Avec cela, simple, familier, 
paternel. Mais il avait dans sa représentation et il a voulu avoir 
dans ses funérailles cette magnificence faite pour frapper les 
imaginations orientales. Il n'y a guère, dans notre temps, de per- 
sonnages plus aptes h devenir légendaires, et peut-être la légende 
s'est-elle déjà formée autour de son nom dans les gourbis ou sous 
les tentes du désert. Mais la légende n'est pas l'histoire, et il se- 
rait prématuré de vouloir devancer son jugement. « Le temps n'est 
pas venu encore, a dit excellemment Mgr Baunard, au début de 
son oraison funèbre, de mesurer au juste la stature de l'homme 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 205 

éminent qui vient de disparaître de la scène de ce monde. Il en 
est de lui comme des grandes montagnes de son pays natal, qui 
demandent à être vues de loin pour qu'il soit possible au regard 
d'en embrasser la chaîne et d'en estimer exactement la hauteur.... 
Cet ëvêqiie pourtant si moderne est moins encore l'homme du 
présent que le contemporain de l'avenir. » On ne saurait mieux 
expliquer pourquoi Mgr Ricard ne nous a pas donné un livre dé- 
finitif; ainsi l'histoire du cardinal Lavigerie n'est pas encore 
faite. 

II. — Son oraison funèbre a bien l'air de l'être depuis que 
Mgr Baunard a parlé. Il s'en serait à tort défendu, car une oraison 
funèbre ne saurait se faire attendre. Ce n'est qu'un témoignage 
de l'admiration et de la reconnaissance des contemporains, ce 
n'est pas le jugement de l'impartiale histoire. A cette admiration, 
k cette reconnaissance, l'orateur n'a pas manqué, et il l'a traduite 
en exaltant dans le cardinal défunt le grand évêque, le grand 
missionnaire, le gnind Français. Continuellement il est resté à la 
hauteur de son sujet : ce n'est pas peu dire. On en voudrait citer 
quelques passages, mais il se trouve qu'on n'en peut guère déta- 
cher aucun, et cela encore est un éloge. Toutefois, cet art dans la 
composition n'a pas refroidi l'âme de l'orateur; elle a trouvé de 
ces mots qui font passer dans les autres ce frisson sacré révéla- 
teur de l'éloquence. 11 faut lire tout le passage où est commenté 
le visiim pro martyrio. Il faut lire aussi ce qui est dit du prestige 
du cardinal, qui a grandi lh-)>as le prestige même delà France. Il 
faut lire enfin la péroraison, un peu plus apprêtée dans sa solen- 
nité, mais qui se termine si bien par quelques-unes des plus belles 
paroles du défunt qu'elle célèbre. 

III. — L'oraison funèbre prononcée pur Mgr Baunard avait lieu 
le jour même des funérailles du cardinal. L'orateur a dû regretter 
de n'avoir pas vu la pompe de ces obsèques vraiment nationales, 
où s'unissaient si harmonieusement la religion et la patrie. 
M. l'abbé Rance-Bourrey nous y fait assister par son journal d'un 
témoin. Le récit qu'il en fait avec une exactitude scrupuleuse a 
presque l'autorité d'un rapport officiel, mais il n'en a pas les réti- 
cences. Le narrateur raconte ce qu'il a vu, loue et critique au besoin 
ce qui mérite de l'être, et dit leur fait aux biographes trop osés 
qui ne traitent pas la mémoire d'un si grand homme avec le 



206 ÉTUDES 

respect dont est elle digne. Cette franchise, si elle est un dé- 
faut, n'est pas ordinairement celui des historiographes. Elle est 
propre d'ailleurs à rehausser la gloire de celui que les Arabes 
appelaient « le grand Marabout rouge », et qui reste aux yeux 
de la nation française, comme dit l'inscription du commandeur 
de Rossi, un grand citoyen qu'elle pleure ajuste titre. 

A. BOUE. 

I. — Ernest Renan. Sa vie, son œuvre^ par H. Desportes et 
F. Bournand; préface par J. de Biez. Paris, Tolra, 1893. 
In- 18, pp. xiv-307. Prix : 3 fr. 50. 

II. — Renan peint par lui-même, par Paul Lapeyre. Paris, Le- 
thielleux, 1893. ln-12, pp. 45. 

I. — MM. Desportes et Bournand ne professent aucun respect, 
aucune sympathie pour Ernest Renan. Tous deux, antisémites 
-très déclarés, traitent Renan comme un juif, comme le juif 
Judas, dont Renan fut « l'ami, le défenseur » et l'imitateur, 
ayant vendu son Maître, « mais pas pour trente deniers; il s'est 
contenté de le vendre plus cher » (p. 56). 

Cette façon de comprendre la Vie et VOEuçre de l'apostat, 
est le premier mérite de leur livre, qui en a plusieurs autres. Il 
est riche de faits, de presque tous les faits connus et recueillis 
au lendemain de cette triste mort et aux alentours de ces scan- 
daleuses funérailles. Il est écrit d'une plume alerte, avec l'inten- 
tion évidente de ne point fatiguer le lecteur, en le forçant à lire; 
avec l'intention non moins évidente de lui dire toute la vérité 
sur le compte d'un homme qui eut peur de la vérité, la haït et 
employa environ cinquante ans de son existence à l'étouffer ou à 
l'éteindre. 

MM. Desportes et Bournand nous parlent de sa Vie et mon- 
trent bien Renan tel qu'il fut : « jouisseur et égoïste » (p. 15); 
demi-savant, hypocrite parfait, comédien raffiné; tuant, avec ses 
demi-négations doucereuses, « le courage des idées » [Préface^ 
p. x), et enseignant « h blasphémer, les mains jointes » [Ibid,, 
p. xii). 

Ils examinent son OEuçre, qui fut aidée et soutenue par « l'ac- 
tion maçonnique» (p. 113); ses livres, sa science de second 
ordre et de seconde main, voire les « bévues formidables » 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 207 

(p. 114) qu'il commettait en copiant mal les savants d'outre- 
Rhin, qui se fâchaient ou haussaient les épaules. 

Les deux auteurs passent au crible non seulement l'érudition, 
la philosophie et les autres hadineries plus ou moins malpropres 
de Renan, mais aussi son joli style, qui faisait pâmer d'aise des 
bataillons de gens de lettres en quête de palmes ou de rentes. 

Les derniers chapitres : le Ptnncttt de, la gloire^ leur Maître^ 
Fin d'un apostat^ sont peut-être plus vigoureux encore, ou plus 
vifs. En somme, les deux auteurs parlent juste et hardiment; ils 
vengent le bon sens, la morale, lu vérité, à l'encontre des flagor- 
neries intéressées et des apothéoses officielles décernées par 
un gouvernement en train de périr à ce renégat qui est un 
homme fini. MM. Dcsportcs et Buuruaad prononcent sur son 
cadavre les Novissinui verba. 

II. — La brochure de M. Paul Lapeyre est une causerie plutôt 
qu'une élude; mais causerie pleine de verve, semant les vérités à 
travers les remarques joyeuses, exposant, à l'aide de maintes 
preuves, comme quoi « aucun écrivain, ami ou adversaire, n'a 
peint Renan avec autant de fidélité qnc lui même » (p. 2). 

Persuadé, non sans cause, qu'on fait à Renan « trop d'honneur 
en le réiutant avec gravité » (p. 42), M. P. Lapeyre se borne à 
reconstruire le portrait de Renan, ou mieux à en ramasser les 
fragments dans les jS'oMi'e/i/r* </'e/i/à«c«î et de jeunesse. D'aucuns 
peut-être estimeront-ils que, tout en peignant Renan au vif, 
d'après lui-même, vilain et grimacier, l'aimable causeur accorde 
un peu trop h Vinconsnience de Renan, qu'il définit a un fou, uo 
simple fou,... un fou du genre philosophique » (p. 2-3). 

Toutefois il n'a garde de ménager ce (ou malfaisant, et il lui 
met gentiment la camisole de force. 

V. DELAPOKTE, S. J. 

Les Françaises à toutes les époques de notre histoire, par 
GouHDON DE Gknouillac. l'upis, Ilennuycr, 1893. In-S, 
pp. 460. 

A la porte des photographes en renom, on trouve exposés les 
portraits les plus divers : lemmes du monde, actrices célèbres, 
parlois sœurs en cornette; les unes avec tout le charme de leur 
modestie, les autres avec la vanité de leur toilette tapageuse. 
Mettez biographie au lieu de photographie^ et vous aurez le présent 



5:03 ÉTUDES 

volume. On y voit des reines, des saintes, des guerrières, des 
virtuoses, des écrivains et des actrices; Mme Tallien ou 
Mme George Sand h côté de la sœur Rosalie et de sainte Clo- 
tilde. Hàtons-nous de dire que l'auteur, malgré cette diversité, a 
su respecter ce qui était respectable et ne pas vanter outre me- 
sure les femmes de théâtre qui figurent dans son recueil. A sa 
place, nous nous serions contenté de représenter les traits des 
femmes célèbres par leurs vertus. Le mérite des biographies qu'il 
nous donne en ce genre fait regretter qu'il ne s'y soit pas tenu. 

A. LEFÈVRE. 

Géographie, par le colonel Niox, I. La France. Quatrième 

édition entièrement remaniée, avec croquis et figures. 

Paris, Delagrave, 1893, In-12, pp. 432. Prix : broché, 
5 francs; relié toile, 6 francs. 

Cet ouvrage est la condensation des huit volumes de géogra- 
phie militaire du colonel Niox. En lui enlevant cette étiquette spé- 
ciale qui semblait en réserver l'usage à l'armée, le colonel Niox 
offre h tous, jeunes et vieux, le fruit, mûr et savoureux, de vingt 
années de travaux et d'enseignement. 

Chacun y trouvera matière à son goût, le postulant aux diplômes 
universitaires, comme le postulant aux écoles du gouvernement, 
et tout Français, quel que soit son rôle, qui s'intéresse aux ques- 
tions politiques et économiques et veut être au courant de la vie 
générale du monde européen. Le livre est aussi agréable à lire 
que profitable h étudier. Rompant avec les méthodes routinières 
et infructueuses de l'enseignement moderne, il met en pleine lu- 
mière la liaison des événements historiques et du développement 
des races avec les divisions naturelles du sol. Très personnel, 
mais gardant dans ses appréciations une parfaite sérénité d'es- 
prit et de jugement, traitant son sujet avec la sûreté de main et 
la concision d'un maître en l'art de penser et d'écrire, le colonel 
Niox inaugure un nouvel enseignement de la géographie, qui 
sera fertile en heureuses conséquences pour l'instruction d'une 
jeune génération, appelée sans doute à participer à de grands 
événements. 

C'est ainsi qu'animé des mêmes sentiments et désirant être 
utile à tous, le colonel procède actuellement au remaniement de 
son œuvre complète. S'ils perdent leur titre exclusif de militaire, 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 209 

ses livres n'en restent pas moins des liçres soldats, qui doivent 
être les bien venus partout et convenir à tous, par ces temps de 
nations en armes. 

Le premier volume qui paraît : la France, sera suivi de toute 
une nouvelle série. 

Et comme on ne fait pas de géographie sans carte, qu'on ap- 
prend mieux en méditant sur un atlas qu'«n absorbant de lourds 
volumes, le colonel Niox a rédigé des atlas qui ont les mêmes 
qualités de clarté que ses livres, et qui en sont les compléments 
nécessaires. Nous ne connaissons pas en ce moment de meilleur 
recueil de cartes bien parlantes et bien dégagées de détails su- 
perflus que y Atlas classique de géographie physique et politique, 
en quatre-vingts cartes, édité chez Delagrave. GABI. 



LITTERATURE 

ROMANS 



Prosodie latine, par le R. P. Bainvbl, S. J. Paris, Pous- 
siclgiie, 1892. In-12, pp. 87. (Alliance des maisons d'édu- 
cation chrétienne.) 

On ne sait plus la prosodie. Aux examens de licence et d'agré- 
gation, des candidats restent court où jadis un élève de troisième 
se fût joué. Les jurys s'en plaignent, et ils ont raison. A défaut de 
l'exercice capital pour apprendre vite et bien la quantité, je veux 
dire l'exercice du vers latin, voici une Prosodie c^ui sera fort utile 
aux étudiants. Il ne s'agit point de la réédition d'un de ces petits 
traités empiriques, excellents peut-être pour des débutants, mais 
à règles tout artificielles. Le P. Bainvcl a voulu introduire dans 
les faits de prosodie l'ordre, la classification scientifique et 
rationnelle que les nouvelles méthodes ont établie parmi les 
faits de grammaire. Noms et verbes sont résolus en leurs élé- 
ments : voyelles finales dethèmes, suffixes de dérivation, voyelles 
de liaison, syllabes radicales, etc., dont la quantité est successi- 
vement déterminée. Les règles pourront paraître parfois un peu 
complexes, mais le P. Bainvel s'adresse aux professeurs de col- 
lège, — on peut ajouter aux étudiants de Faculté, — et ils se 



210 ÉTUDES 

reconnaîtront bien vite parmi des règles qui, rapprochées à tout 
instp.nt des faits grammaticaux, s'ajusteront d'elles-mêmes à des 
notions déjà acquises. Ce traité ne saurait être mis utilement 
comme livre classique aux mains de simples élèves ; du moins 
fournira-t-il aux professeurs nombre de principes, d'observa- 
tions, de rapprochements, pour rendre plus intéressante aux 
enfants l'étude de la prosodie, piquer leur curiosité, développer 
en eux l'esprit de réflexion. É. CHAREL, S. J. 

Dictionnaire alphabétique et analogique de la langue fran- 
çaise, par Élie Blanc. Paris, Vie et Amat, 1892. In-12, 
pp. 1116. Prix : 

La partie aljjhabétique de ce dictionnaire n'offre rien de parti- 
culier. La nomenclature est très complète et l'esprit orthodoxe. 
Dans la partie analogique^ tous les mots reviennent, rangés sys- 
tématiquement sous quinze ou seize chefs principaux. Ces groupes 
forment une sorte de synthèse où sont réunies les principales 
notions qui se rapportent h un même sujet. Cet agencement ne 
dispense pas de penser et de réfléchir, mais il peut y aider. Cent 
vingt pages d'illustrations expliquent à l'œil plus de trois mille 
mots dont les définitions philosophiques se trouvent ailleurs. 

ET. C, S. J. 

Un Homme de lettres sous l'Empire et la Restauration (Ed- 
mond Géraud). Fragments de journal intime, publiés par 
Maurice Albert. Paris, Marpon et Flammarion, s. d. ln-18, 
pp. XXVI 306. Prix : 3 fr. 50. 

Voici la troisième fois que le nom d'Edmond Géraud, « toujours 
vénéré et aimé de ses compatriotes girondins, mais jusqu'à ces 
dernières années bien oublié du gros public », sollicite une place 
d'honneur à côté des noms plus heureux de ses amis d'autrefois : 
Nodier, Chateaubriand, Ballanche, de Vigny, V. Hugo. MM. Mau- 
gras et Charles Bigot nous avaient déjà lait connaître les senti- 
ments politiques de l'écrivain bordelais, ami de la république 
dans sa jeunesse, ami des rois dans son âge mûr. M. Albert nous 
présente l'homme de lettres, romantique au début, classique à la 
fin. Il nous avertit qu'il fut : poète aimable, auteur d'élégies et de 
romances célèbres, lauréat des Jeux floraux, critique très indépen- 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 21! 

dant, directeur d'une grande revue littéraire, la Ruche d'Aqui- 
taine. Et comme preuve de son remarquable talent, il publie quel- 
ques fragments d'un journal intime, où l'on trouve un peu de 
tout : « des extraits de livres, de revues et de journaux aujourd'hui 
disparus (!), des lettres précieuses par les sujets qu'elles traitent 
et par les noms dont elles sont signées ( î'), des critiques ingé- 
nieuses, sincères et vives des principaux écrivains de l'époque, 
des aperçus judicieux sur la littérature d'alors, des vers, enfia 
de nombreuses anecdotes et des nouvelles à la main, parfois sa- 
lées, toujours piquantes ». Cette énumération très consciencieuse 
et très complète nous parait la meilleure critique du livre. Si 
Nodier vivait encore, il ne dirait sûrement pas des Fragments du 
journal ce qu'il disait des vers de Géraud : « Le volume que j'an- 
nonce n'est donc pas un de ces tributs de la vanité, de l'oisiveté 
et de l'ennui qui surchargent tous les ans les tablettes des li- 
braires. C'est un livre destiné à vivre et à prendre, dans la biblio- 
thèque choisie des auteurs français, une place encore vide. » 

J. F. ALRIC, S. J. 

Athanase Cocardeau TApostat, par J. Rosier. Paris, De- 
Ihoinme elBriguet, 1892. ln-12, pp. 300. 

Voici un roman que personne n'accusera d'être trop roma- 
nesque; pas d'aventures fabuleuses dans un monde imaginaire, 
mais des faits très simples dans un monde qui est le nôtre. C'est 
une élude tt)ute contemporaine. 

Républicain honnête, chrétien seulement de souvenir, Athanase 
Cocardeau a vu, dans sa sous-préfecture, avec quelle haine et 
quelle mauvaise foi certains hommes s'attaquent à tout ce qui est 
saint; saisi d'horreur et de dégoût, il a rompu avec ses anciens 
amis et s'est rapproché de la religion qu'on persécute. 

En commençant l'histoire do cette conversion, nous craignions 
de la trouver monotone; mais nous avons été intéressé jusqu'à 
la fin par lerécitde Cocardeau, qui cependant occupe deux cents 
pages. Malgré son étendue, il fut achevé, parait il, en une seule 
séance; après tout, il sufht que la séance ait été fort longue et 
que le narrateur se soit hâté. De là viennent sans doute quelques 
traces de précipitation, soit dans le style, soit dans le développe- 
ment, un peu rapide parfois. Est-ce aussi pour aller plus vite que 
l'auteur du récit ne réprouve que d'un mot, en passaut, un duel 



212 ÉTUDES 

dont l'impression se prolonge, et qu'il émet sans plus d'explica- 
tion, sur le respect dû aux opinions d'autrui, une maxime qui 
court risque d'être mal comprise? 

Ce qui sera compris, c'est l'enseignement qui ressort de tout 
le livre et qui en fait un livre à propager, Garon s'instruit à étu- 
dier les tristes comédies jouées par la franc-maçonnerie, et h pé- 
nétrer dans les coulisses du monde officiel, maintenant percées à 
jour, et laissant voir, à travers les déchirures de leur décor, de 
tels spectacles de corruption, que rien vraiment n'est hideux 
comme l'envers de ce théâtre. A. FRÉRY, S. J. 

Diverses Curiosités, par Xavier Marmier. Paris, Firmin-Di- 
dot, 1893. In-12, pp. 322. 

Diverses curiosités! Ce joli recueil répond parfaitement à ce 
que le titre annonce. A la suite de l'aimable voyageur, nous allons, 
tout en savourant de temps en temps une anecdote littéraire, tra- 
verser les contrées les plus diverses et voir les choses les plus 
curieuses; nous allons écouter les légendes des Indiens, frémir 
devant des festins de cannibales, voir les juifs fabriquant des 
momies, nous reposer au milieu des bons bourgeois de Vienne, 
assister enfin à la colonisation du Canada, et rendre hommage au 
zèle et au courage de l'illustre P. Marquette. 

Xavier Marmier est un littérateur délicat, un esprit toujours en 
quête de nouveau ; il conte avec grâce, décrit avec art et contemple 
la nature avec cette sérénité d'âme qui semble projeter sa lumière 
sur les choses et leur donner la vie. Nous lui appliquerions volon- 
tiers ce qu'il dit de l'habitant de Vienne : « Au fond, c'est un phi- 
losophe pratique de l'espèce la moins prétentieuse et la plus com- 
mode. Si avec de tels penchants on n'arrive pas à conquérir les 
palmes de la science, en revanche on ne court pas risque de s'a- 
venturer dans de périlleuses théories et d'allumer des flambeaux 
qui peuvent devenir des fore/tes incendiaires! » 

Le style de Marmier, avec ses petites phrases c'oupées, ses in- 
versions quelquefois un peu hardies, reste toujours simple et 
naturel. Il n'a pas l'originalité prime-sautière de X. de Maistre : 
sa manière impersonnelle et un peu froide a le charme paisible 
et un peu monotone de ces paysages du Nord que l'auteur décrit 
si bien. 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 2!3 

Xavier Marinier est mort il y a trois mois. L'on a pu faire de 
lui ce rare éloge qu'il n'a eu à regretter aucune des pages qu'il a 
écrites. S. CHARPENTIER, S. J. 

Bains de sons, par TOuvreuse du Cirque d'été. Paris, Sirao- 
nis Empis, 1893.1n-12, pp. 320. Prix : 3 fr. 50. 

Il s'agit tout simplement d'un recueil de chroniques musicales. 
L'anonyme qui se cache derrière l'Ouvreuse du Cirque d'été 
rend compte à sa façon des concerts qui se sont donnés, du 
l" février 1891 au 15 mai 1892, sous la direction de M. Lamou- 
reux, de M. Colonne ou de M. Danbé. Mais que dire de ce vo- 
lume? Crème absolument légère, bulles de savon irisées par un 
rayon d'esprit, rires de follets sans importance et malins sans 
malice. Il n'y faut pas chercher de théories musicales, d'appré- 
ciations savantes, ou même d'analyses fines et suggestives. Mais 
on y trouve le mot plaisant entendu au sortir de la salle, le ca- 
lembourg /?ar à peu près suggéré par les noms des compositeurs 
ou des artistes, l'essai d'une critique à fleur de peau, qui n'égra- 
ligne pas parce qu'on sent bien qu'elle a peu d'autorité et 
qu'elle est faite de parti pris. C'est un livre à parcourir d'un 
doigt rapide, pour distraire l'ennui dans un wagon de première 
classe. On peut le laisser dans le filet. R. M., S. J. 

I. — Au fond de Pabime, par Lucien Thomin. Paris, Téqui, 

1893. In-12, pp. 248. 

II. — La Maison du loup, par Stanley Weyman. Paris, Colin, 
1893. In-12, pp. 300. Prix : 3 francs. 

m. — Cœur de sceptique, par Henri Ardel. Paris, Pion, 1893. 
In-12, pp. 290. Prix : 3 fr. 50. 

IV. — Ma Juliette, par Jean Rousseau. Bruxelles, Société 
belge de librairie, 1892. In-8, pp. 197. Prix : 2 francs. 

I. — L'auteur, avec sa plume bien noire, a retracé les initia- 
tions grotesques, les elTets terribles des sociétés secrètes. Le 
drame appelle le drame et nous y sommes en plein : complots, 
poudre, dynamite, fusillades, que sais-je? Mais du fond de 
l'abime où elle était tombée, une femme, une communarde, 
s'élève à Dieu. C'est bien. 



214 ÉTUDES 

II. — A droite, en haut de la couverture, on lit ces mots : 
« Pour la jeunesse. » Distinguo : pour la jeunesse protestante ou 
élevée en dehors de l'idée rclig-ieuse, oui ; pour la jeunesse catho- 
lique, non. Quel profit d'assister à la Saint-Barthélémy en com- 
pagnie de M. VVeyman ; d'y voir, en mauvaise place, un prêtre, et 
d'entendre tons les blasphèmes du loup, vidame de Béziers, ca- 
tholique sans foi et sans loi ? 

III. — Robert Noris est devenu sceptique parce qu'une sienne 
cousine lui a refusé sa main, alors qu'il était pauvre. Miss Lilian 
saura bien réveiller en lui l'espérance et l'affection, car elle est 
bonne et il l'aime. C'est en vain que l'orgueilleuse cousine cherche 
à jeter des embûches et des calomnies h travers le renouveau 
du jeune homme. 11 épousera miss Lilian et sera heureux. 

Ce livre bien pensé, bien écrit, doit être distingué de ces pu- 
blications où les auteurs font l'anatomie des passions et nous les 
découvrent dans tout leur hideux naturel. 

IV. — Un père donne des larmes à la mort d'une fille aimée. 
Dans des pages émues que son cœur lui dicte sur les jours heu- 
reux, hélas ! sitôt interrompus de son enfant, il peint avec des 
déchirements la maladie et la mort de sa Juliette. Pour qui- 
conque a passé par ces souffrances de l'agonie d'un enlant, ce 
livre évoquera bien des souvenirs à la fois amers et fortifiants. 

Un seul reproche à l'auteur, qui semble animé d'excellentes 
intentions, mais qui a plutôt de la religiosité que de la religion. 
Les saints eux-mêmes se reconnaissaient pécheurs et s'agenouil- 
laient devant le prêtre ; pourquoi Juliette n'en ferait-elle pas 
autant? Il n'est jamais à propos de renvoyer le confesseur, sous 

prétexte que le pénitent est un ange. 

A. LEFÈVRE. 



SOMMAIRES DES REVUES 



Nous donnons ces sommaires à titre de renseignements biblio- 
graphiques ; mais nous n'entendons nullement par là recommander 
les Revues elles-mêmes. 



PÉRIODIQUES FRANÇAIS 



Annales de philosophie chrétienne 
(Paris, nie des Graiids-Auguslins, 7|. 

— Février. — Le sommeil [un), D' Sur- 
bled. — l<e langage positif, Jeanniard 
du Dot.— l.n liberté dans la croyance 
cliez Uescartes, A. Ackermann — 
La justice dans la sociologie el l'é- 
volutionismc, Mgr S. Talamo. 

Association catholique (Paris, bou* 
levard Saint-Germain, 262). — Mars. 

— De la représentution de l'ngricul- 
ture près dus pouvoirs publics, près 
des syndiciits agricoles, marquis de 
La Tuur-du'Pin- Chambly. — Le 
clicquc. La question monétaire elles 
formes contemporaines de l'usure, 
d'après des écrits récents, H. Sava- 
tier. — Le collectivisme et la réforme 
sociale chrétienne, G. de Pascal. — 
Chronique, Ségur-Lainoignon . 

Bibliothèque de l'École de» Chartes 
(Paris, rue Bonaparte, 82). — No- 
■vembre-décembre. — La « Voie de 
fuit > el l'alliance franco-milanaise 
(l;J86.1395) (fin), £. Jarry. — Ihivrry 
d'Hireçun, agriculteur artésien |13. .- 
1328, (lin), J.-A/. liichard — La Ira. 
hÏHoii de Jean deVervins, H. Moran- 
villé. — La préparation el la publi- 
cation d'un livre illustré au xri* siècle 
(1573-1588), //. Bouchot. 

Bulletin de la Société d'études des 
Hautes-Alpes (Gap). — Janvier. — 
Statistique briançonnaise, /. Roman. 



— Notes sur la bataille de Mens- 
Seleucus et le prétendu lac de Cha- 
bcstun, abbé F. Allemand. — Porche 
de la cathédrale d'Embrun,/. /?o/na/i. 

— Les livres de chœur de l'ancienne 
métropole d'Embrun, abbé J. Fazf. 

Bulletin de la Société générale 
d'éducation et d'enseignement (Paris, 
rue de Grenelle, 35). — Février. — 
Étal des travaux législatifs à l'ou- 
verture de la session de 1893, E. P. 

— La question des classiques, L. De- 
lamarre. — Association catholique 
des dames cl demoiselles de l'en- 
seignement, Lapalme. — Chronique 
des comités des œuvresdercnscigne- 
menl chrétien. — Actes et docuincnts 
officiels, A. d'Uerbelot. — Bibliogra- 
phie, A. Silvy. 

Mars. — Le jubilé ëpiscopal de Sa 
Sainteté Léon XIII, A. Aigueperse. 

— La situation des écoles libres 
dans le diocèse de Paris. A Savouré. 

— L'Œuvre de Saint-Nicolas; les 
Oratoires salésiens en France, P. Gri' 
veau. — Les conférences d'études 
sociales dans les maisons d'éduca- 
tion, //. L.-G. — Actes et d<icu- 
ments officiels.— Essai d'une biblio- 
graphie historique de renseigne- 
ment secondaire et supérieur en 
France avant la Révolution (suite), 
A. Silvy. 

Bulletin de l'Institut catholique 
de Paris (Paris, rue Cassette, 15).— 



216 



ÉTUDES 



Février. — La prière en Chine, 
P. Antonini. — Sommaire du cours 
de géographie physique, A. de Lap- 
parent. — Chronique, H. Reverdy. 

Bulletin d'histoire ecclésiastique et 
d'archéologie religieuse des diocèses 
de Valence, Gap, Grenoble et Viviers. 

— Mars-avril. — Histoire du Pont- 
de-Beauvoisin, abbé Perrin. — Chro- 
nique religieuse du vieil Aubenas, 
A. Mazon. — L'abbé J.B. Caillet, 
vicaire général de Grenoble, cha- 
noine Cjpricn Perrossier. — Etudes 
franciscaines sur la Révolution dans 
le département de la Drôme, B, P. 
Apollinaire de Valence. 

Canoniste contemporain (Paris, rue 
Cassette, 10). — Février. — Etude 
historique sur les origines et le dé- 
veloppement du droit matrimonial 
dans l'Eglise (suite), E. Philippe. — 
Les honoraires de messe (suite), 
J. B. — Sur le décret « Auctis Admo- 
dum », P. de Langogne, O. M. C. 

— Acta Sanctse Sedis. 

Comptes rendus de l'Académie des 
sciences (Paris, quai des Grands- 
Augustins, 55). — 13 février. — Sur 
un nombre invariant dans la théorie 
des surfaces algébriques, E. Picard. 

— Etude de la météorite de Canon 
Diablo, //. Moissan. — Sur la pré- 
sence du graphite, du carbonado et 
de diamants microscopiques dans la 
terre bleue du Cap, H. Moissan. — 
Les clasmatocytes, les cellules fixes 
du tissu conjonctif et les globules du 
pus, L. Ranvier. — La dépense gly- 
cosique entraînée dans le mouve- 
ment nutritif, A, Chauveau et Kauf- 
mann. 

20 février. — Description d'un 
instrument pouvant rendre appa- 
rentes les petites variations de l'in- 
tensité de la pesanteur, Bouquet de 
la Grye. — Observation sur les condi- 
tions qui paraissent avoir présidé à 
la formation des météorites, Dau- 
brée. — Sur la préparation de l'ura- 



nium, du chrome et du manganèse, 
H. Moissan. — Sur la stéréochimie, 
C. Friedel. 

27 février. — Sur l'essai d'ostréi- 
culture tenté au laboratoire de Ros- 
coff, Lacaze-Duthiers . — Sur la dé- 
termination exacte du pouvoir pepto- 
saccharifiant des organes, B. Lépine 
et Metroz. 

6 mars — Sur une équation aux dé- 
rivées partielles, E. Picard. — Sur la 
méthode speclro-photographique qui 
permet d'obtenir la photographie de 
la chromosphère, des facules, des 
protubérances, etc., /. Janssen. — 
Analyse des cendres du diamant, 
H. Moissan. — Le pancréas et les 
centres nerveux régulateurs de la 
fonction glycémique, A. Chauveau et 
Kaufmann. — Fixation des torrents 
et boisement des montagnes, Cham- 
brelent. — Sur la cause des variations 
périodiques des latitudes terrestres, 
H. Gildén. 

13 mars. — Sur la vraie théorie 
des trombes et tornados, //. Faye.-~ 
Sur un four électrique, H. Moissan 
et J. Violle, — Le pancréas et les 
centres nerveux régulateurs de la 
fonction glycémique, A. Chauveau et 
M. Kaufmann. — Description d'une 
espèce nouvelle d'holothurie bilaté- 
térale, E. Perrier. 

Correspondant (Paris, rue de l'Ab- 
baye, 14). — 25 février. — Le jubilé 
de Léon XIII, H. de Lacombe. — Le 
comte Daru, L. Buffet. — Aube de 
siècle, /. Angot des Botours. — Sou- 
venirs du baron de Baranle : les 
journées de juillet 1830. — La pro- 
pagande socialiste dans les campa- 
gnes, comte de Bocquigny. — Les œu- 
vres et les hommes, V. Fournel. — 
Les livres, F.Klein. — Le maréchal 
de Yillars administrateur, M. de la 
Bocheterie. 

10 mars. — Berryeretla révolution 
de 1848, Ch. de Lacombe. — L'An- 
gleterre et la triple alliance. — Let- 
tres inédites du prince deTalleyrand 
à M. de Bacourt, comtesse de Mira» 



SOMMAIUES DES HEVUES 



217 



beau. — Siam et la question du Mé- 
koiiif, //. de Kerohaiit. — Eludes 
liUcraires, Gustave Flaubert, d'après 
sa correspoudance, G. d'Ilaji;ues. — 
La condition du paysan à la fin de 
l'ancien régime, A. Hatzfeld. 

Cosmos (Paris, rue François I",8). 

— 25 février. — Nouvelles arclicolo- 
gi<|ues de Jérusalem, Germer Durand. 

— Aux Portes de fer, A. Z. — Un 
creuset électri(|ne de laboratoire. — 
L'criipse de soleil du 16 avril — 
Dogmes scientifiques, L. lii-verchon. 

— la Papauté et la science : les ub- 
servaloires du Valican, C Maze — 
Impressions de voyafçc dans le ilok- 
kaiilô (suite), P Drouart de Lézé. — 
Ëx[>lic:itii>u nouvelle de I arr-eu-ciel, 
abhê Issaly. — Correspondance ••- 
tromimique, /. Viiiot 

4 mars. — L'invariabilité de la 
bailleur du pAle. — Elltts produits 
par les courants alternatifs de grande 
fréquence et de haute tension. H. AV- 
rainon. — Un nouveau tj'pe «le cliau- 
dière pour locomotive, /)' A. Bitt- 
tandier. — Un lél.-int-lre pour l'in- 
fanterie, G. Béthurn. — Nos pèclicurs 
d'Islande, co/;>m<in</<i/// Chahaud-Ar- 
nault — Un jardin botanique sous 
les tropiques, // Lévrilté. — Expé- 
riences sur la priuluction du diamant, 
/i. Maumeiti . — A propos de la 
théorie d'Ampère sur les aimants, 
BouYsaonie. — (Comment on peut dé- 
terminer l'auteur d'une sufÇ'festion 
criminelle, A. de Itnc/ias. — La vi- 
tesse modérée sur mer, B. B. 

Il mars. — L'cmiillage sanitaire 
de In ville de Paris. — Couveuse 
Sartoriu", A. B — I,e pélr«»le eu 
Italie. />' A. Battandirr, — L'u che- 
min de fer à navires. C. Crépeaux. 
— Les grandes buanderies. — l<a 
c«ite et lex ports du Tonkin, P. Via- 
tnr. — Dép<'its dans les profondeurs 
des mers (suite), Daubrée. — Les 
alcools et rhy;;iène. 

18 mars. — Une installation d'éclai- 
rape eleclri<jue d'occasion, de bou- 
tades. — Le vi^^noble champenois et 



le phylloxéra, G. de Dubor. — Au 
Kilima-Xdjaro, A. Le lioy. — Rota- 
tion de la terre, // de la Fresnaye, 

— Le photosçène Barruel. — Les 
noms des niantes, A. Acloffie. — Les 
dépôts dans les profondeurs des 
mers (suite), A. Daubrée. 

Economiste français { Piwis, cité 
Bergère, 2l. — 18 février. — Les 
progrès iadui'triels et commerciaux 
el taux progressif de I impôt des pa- 
tentes, P. Leroy Beanlirii. — Les télé- 
graphes électritjues dans le monde, 
D. Brllet. — Le mouvement éctmo- 
mique aux Etats Uuis, E. Fouriiier 
de Flaix. — Lettre de Suisse, 
E Kuhne. — Les discussions de la 
Société d'économie politique de Pa- 
ris. G. Michel. 

25 février. — La situation de la 
Republique Argentine , P. Leroy- 
Beautieii. ~ La siiuali.ui présente 
des Hyn<licats ind istriels el agricoles 
de patrons, Hubert VaUnoux. — 
Les musées commen-iaux, G Michel. 

— Les mécomptes budgétaires et la 
politique douanière, L. Gournay, — 
L'archipel des ilcs Sandwich oa 
Hawai, E. Fnnrnier de Flaix. — 
Lettre d'Angleterre — La compa- 
raison des deux systèmes d'assurance 
obligatoire eu Allemagne et en Au- 
triche. 

4 mars. — Les caisses d'épargne : 
les dangers deia situai Ion aitiiellect 
la nécessité d'une réfoiine, P. Leroy- 
BraUi'ieu. — L'action sociale et l'ini- 
tiative privée. G, Michel. — Le niuu- 
vemc 't cronumiqiie aux Etats-Unis, 
E. Fuurnier de Flaix — L'éuiigra- 
tion aux colonies. V. Tiir juan. — La 
coopération au Royaume-Uni et en 
France, E. Brelay. 

Il mars. — La situation de In Ré- 
publique Argentine el les créanciers 
européens,/*. Leroy- Braiilieu —Les 
roules nationales en France et en Al- 
gérie, Ch. Gomtl. — Les Étals-Unis 
de Colombie. E Fouriiier de Flaix. 
— Les discussions de la S(»<iété 
, d'économie polit. que de Paris, G. Mi- 

Bibli<.(jraphie, IV. — 15 



218 



ÉTUDES 



chel. — Hippolyte Taine, P. L.-B. 
— Lettre d'Angleterre. — Affaires 
municipales, E. Brelay. 

18 mars. — Les abus des liquida- 
tions et des faillites financières et les 
droits des obligataires, P. Leroy- 
Beaulieu. — La transformation de la 
marine à vapeur et les grands trans- 
atlantiques, D. Bellet. — Les syndi- 
cats agricoles et les fraudes sur les 
matières servant à l'agriculture^ 
G. Michel. — Le mouvement écono- 
mique et social aux Etats-Unis, 
E. Fournier deFlaix. — Les finances 
au Mexique en 1881-1891, G. Raffa- 
loi'ich. — La Société coopérative de 
consommation de Koubaix, Copia. — 
Lettre du Japon, T. Ourakaini , 

Education chrétienne (Paris, rue de 
Grenelle, 35). — 18 février. — De 
l'enseignement de Ihistoire, G. ffu- 
bault. — Le régime scolaire officiel 
jugé par M. Taine. — La réforme de 
l'orthographe, O. Gréard. 

25 février. — Le régime scolaire 
officiel jugé par M. Taine (suite) — 
La réforme de l'orthographe (suite), 
O. Gréard. 

4 mars. — De l'objet de l'intelli- 
gence (smie] y L. Saleinbier. — Morale 
pratique : l'homme et Dieu, A. P. -S. 

— La composition française : des 
moyens de développement (fin), A. 
Pellissier-Séguier. — Explication des 
auteurs français au brevet supérieur, 
A. Char aux. 

11 mars. — Les instituteurs con- 
gréganistes et l'enseignement agri- 
cole. — Le régime scolaire offiiciel 
jugé par M. Taine (suite). 

Enseignement chrétien (Paris, rue 
Cassette, 15). — l**" mars. — La sim- 
plification de l'orthographe, note de 
M. Gréard. — L'exécution musicale 
au théâtre d'Athènes (suite). C. Huit, 

— La question homérique (fin), abbé 
G. Berlrin. — Supplément. Deuxième 
conférence de Notre-Dame : Le Sa- 
crifice ; — Troisième conférence : La 
Prière, Mgr d'IIulst. 



16 mars. — L'alliance des maisons 
d'éducation chrétienne aux fêtes du 
jubilé épiscopal de S. S. Léon XIII. 
— L'exécution musicale au théâtre 
d'Athènes (suite), C. Huit. — Sup- 
plément : Quatrième conférence de 
Notre-Dame: Le respect du Nom di- 
vin , Mgr d'Hulst. 

Franc-Maçonnerie démasquée. (Gre- 
noble). — Février. — Mgr Fava à la 
Franc-Maçonnerie. — Appel du co- 
mité antimaçonnique de Paris. — La 
Franc-Maçonnerie et l'affaire du Pa- 
nama. — Association des Francs- 
Catholiques. — Revue des revues 
maçonniques. — La Franc-Maçonne- 
rie, église de Satan. 

Journal du droit canon et de la ju- 
risprudence canonique {Vi\ris,-h.u\.em\, 
avenue de Versailles, 95). — 25 fé- 
vrier. — La Révolution et les liber- 
tés domestiques, /S. B. C. — Élude 
sur la brochure du docteur Bouquil- 
lon (fin.) — Léon XIII et la législation 
matrimoniale en Italie. — Congré- 
gation des évèques et réguliers. — 
Les quatorze propositions de MgrSa- 
toUi touchant l'éducation. 

10 mars. — Etudes historico-juri- 
diques de droit public ecclésiastique 
et de droit canon (suite), Mgr Sa- 
tolli. — Des sentences « ex in formata 
conscientia » (suite), abbé Bassibey. 

— Des paroisses et des curés, abbé 
G. Péri es. 

M-agasin littéraire (Gand). — Fé- 
vrier. — Fin de siècle, H. de Baets. 

— La passion catholique : Une âme 
princesse (fin), P. Demade. — Flan- 
dre et Zélande, M de Haerne. — 
Portraits littéraires : Ernest Renan, 
F. Van den Bosch. — Correspon- 
dance parisienne, L. Belmont. 

Musica sacra (Toulouse). — Jan- 
vier. — Le chant de l'Eglise grecque, 
chanoine St. Morelot. — Plain-chant et 
musique, /. d'O. — Joseph Hanisch. 

— Chronique et bibliographie. 



SOMMAIRES DES REVUES 



219 



Février. — Le chant de l'Église ! 
grecque (suite), chanoine St. Morelot. i 
— L'accentuation du lalin, A. K. — , 

Le rythme musical, Mathis-Lussy. j 

I 

Nature (Paris, boulevard Saint- } 
Germain, 120). — 25 février. — Les j 
hôtels de marins en Angleterre, ' 
L. Renard. — Un micromètre peu 
coûteux, Ch -Ed. G. — Machine à per- | 
cer des trous «carrés. — Dilatation j 
des joues chéries souffleurs de verre j 
et dans l'art, D' F. Regnault. — Pho- \ 
togiaphie lunaire, A. Fraissinet. — 
La locomotion des diatomées, H. Cou- 
pin. — l.a science au théâtre, G. T. 

4 mars. — Le viaduc de Pecosaur 
États-Unis, X., inj^énieur. — Origine 
des jeux ; le Kouen-gen chinois, 
Z>' E. Martin. — L'élevage et le com- 
merce dv.% serins, D. Bellet. — Fabri- 
cation de vélocipèdes, G. Curnié. — 
Phytoplosede la vigne, A. Piraiid.^ 
Pliiii incliné automobile, Af. de Nan- 
aouly. 

11 mars. — Les expériences de 
M. Henri Moissan. — Une race de 
chats sans queue, D* F. Regnault. 

— Confetti et serpentin», /'. Manaut. 

— La grotte du Jaur, /. Vatlol. — 
Fabrication de vélocipèdes, G. Cor- 
nié. 

18 mars. — Le tapir k dus blanc, 
E. Ouslalet. — Lunettes d'atelier.— 
Les théâtres d'automates en Grèce, 
E. Henncbert. — Nouvel appareil dis- 
tillatoire, X..., ingénieur. — M» pa- 
pillon géant, P. Tcrtrin et E. Bordage. 

— Monuments bouddhistcsd'exlrcme 
Orient, A. Tissandier. 

' Notes d'art et d'archéologie (Paris, 
boulevard Saint-Germain, 226). — 
Mars. — li'art dans la liturgie catho- 
lique (fin), P. Ch. Clair, S. J. — La 
décadence florentine (suite), A. -F. 
Rio. — Saint Thomas Becket à Can- 
torbéry. P. du Lac, S. J. 

Nouvelle Revue (Paris, boulevard 
Montmiirlre, 18), — 1"' mars. — Les 
missions anglaises en Algérie. — 



Elisabeth et Essex (suite), H. de la 
Perrière. — L'atavisme du génie 
(fin), Z)' C.,Lonibroso. — Kashivadé : 
conte japonais, vicomte de Borelli.— 
La vénerie moderne Le cheval, 
G. de Wailly. — L'exposition uni- 
verselle de Chicago, L. Vossion- 
Serre. — Le commandant Monteil 
et la politique de la France en 
Afrique du Nord, L. S ev in- De s places. 
— Les conditions nouvelles de la 
guerre navale, commandant Z. — 
L'hiver à Alger, Yamina. — Falslaff: 
de Shakespeare à Verdi, II. Monte- 
corboli. 

15 mars. — Elisabeth et Esmx 
(suite), ff. de la Ferrière. — Sur Li 
terre et par la terre. Introductiou, 
E. Simon. — L'entrée de Napoléon 
à Grenoble en 1815, ff ffoussnve. — 
De Bangkok à Pnompenh par les 
ruines d'Angkor. — Léon XllI et 
l'unification du chant lilurgiqse, 
Destin. — La question de la feinasc, 
M"* J. E. Schmahl. — Hippolytc 
Taine, F. Loliie. — L'idée et l'ëno- 
lion en littérature, L. Daudet. — Nos 
colonies, /. Chessé. 

Précis historiques (Bruxelles). — 
Mars. — Lettre pastorale de itN. 
SS. les évéques de Belgique. — Les 
Jésuites au Congo (1548-1759), V. B. 
— Mission belge du Bengale, Knoc- 
kaert, S. J. — Une visite à Gyse- 
ghem. L'œuvre des jeunes Congo- 
lais. 

Réforme sociale (Paris, rue de 
Seine, 54). — 1" mars. — La coopé- 
ration devant le Sénat, L. Durand. — 
La grève de Carmaux. La concilia- 
lion et l'arbitrage dans l'industrie, 
A. Gibon. — L'arbitrage internatio- 
nal et ses récents progrès, A. D«s- 
jardins et F. Passy. — Les vertus 
de l'atelier récompensées par la So- 
ciété académique d'architecture de 
Lyon . — Le mouvement social à 
lélranger, J. Cazajeux. 

16 mars. — Hippolyte Taine, A. De- 
laire, — La coopération devant le 



♦20 



ETUDES 



Sénat ^fin), L. Durand. — Berlin et ses 
insliliilioiis administratives, O. l'yf- 
feroen. — Les origines de la coopé- 
ration en France et en Angleterre et 
les tendances actuelles des coopéra- 
teurs, Huhert-Valieroux — Unions 
de la paix sociale, A. Dclaire. — 
Chronique du mouvement social, 
A. Fougerousse . 

Revue Bénédictine (Maredsous). — 
Mars. — Les monastères de l'Ordre 
de Clnny du xiii" au xv' siècle. — 
Les notes liturgiques de l'évangé- 
liaire de Burcliai'd. — Le cardinal 
Vas7,ary, O. S. B. — Le décret du 
4 nitveinbre 1892 sur les ordinations 
des religieux. 

Revue canadienne (Montréal |. — 
Septrnibre et octobre. — I e traité 
de Paris. Son effet dans Maiiiloba cl 
•es territoires du Nord-Ouest, L. A. 
Prud'homme. — Notre clergé et l'en- 
seigut-raent, H. E D. — Les écoles 
séparées du Manitoba, Ph. Demrrs . 

— De Montréal au lac Manitoba, 
P. Trudel. — L'Iiomme et la bête 
devant la St)ciété protectrice des ani- 
maux, G. A. Fonsin — La question 
Kcolaire aux Etals-Unis (liiil, A. On- 
clair. — L'Améi'ique connue bien 
avant Colomb. — Le progrès catho- 
lique. 

IS'ovenibre et décembre — Les 
manileslations surnaturelles à Noire- 
Dame de Lourdes, G. A.J. Boucher. 

— A propos du livre de Judith, 
J.-A. Planlin. — Les détracteurs de 
nos communautés religieuses, ZLa- 
casse, O. M. J. — Un gouvernement 
de francs-maçons, E. Aht, S. J. — 
Quelle débâcle, A. Desplagnes. — 
Les séances publiques d hypnotisme, 
O' E. Mason. 

Revue catholique de Bordeaux 
(Bordeaux, rue Cabirol, 16) — 25 fé- 
vrier — Léon XllI, A.-J. Laforgue. 

— Chateaubriand d'après sa corres- 
pondance familière (i-uile), G. Failhès. 

— Le Khône, Dubédat. — Contribu- 



tion à l'histoire de l'instruction pri- 
maire dans la Gironde avant la Ré- 
volution (suite), D. de Saint-Aniand 
et E. Allain. 

10 mars. — A propos d'un voyage- 
à Solesnies, /. Hazera. — Une pa- 
roisse du Bourgeais pendant la Ré- 
volution (fin), E. Maufras. — Con- 
tribution à l'histoire de l'instruction, 
primaire dans la Gironde avant la; 
Révolution (suite), E. Allain. 

Revue catholique des institutions et 
du droit (Grenoble). — Mars. — 
Cent ans après, L. Brun. — De l'au- 
torité, ahbé A. Onclair — La ré- 
forme de la société ancienne par le 
christianisme (Un), C. Jannet. — Re- 
nan et r « Abbesse de Jouarre », A. 
Charaux — Représentation propor- 
tionnelle (fin), Séverin de la Chapelle, 

— Bulletin de jurisprudence, Ani' 
nard — Chronique du mois , A . Des- 
f) lai} nés . 

Revue chrétienne (Paris, avenue 
de l'Observatoire, 11). — Mars. — 
La conversion de l'Eglise, P. Desjar- 
dins. — liC second Esaie, L. Gautier, 

— Louis Bonnet et son œuvre, G. Go- 
det. 

Revue catholique d'Alsace ( Ri- 
xheiin). — Février. — Echos de la 
fête du jubilé de Léon XllI à Stras- 
bourg, D' J. Burg. — Quelques mots 
sur la charité dans la Haute-Alsace 
avant la Révolution (suite), X. — Les 
cle(;tions aux Etals généraux de 1789" 
dans les districts réunis de Colmar 
et de Schlestadt (suite), G. Danzas. 

— En Terre-Sainte (suite), A. Pos- 
tina . 

Revue de Gascogne (Auch). — Mars. 

— Fromentières, é\ékjue d'Aire (avec 
portrait), L. Coulure. — Objets an- 
tiques inscrits, trouvés à Lectoure^ 
E. Camore^ t. 

Revue de la jeunesse catholique 
(Paris, boule' ard Saint-Germain, 262).. 



SOMMAIRES DES REVUES 



221 



— Février. — Un arbitrage catho- 
lique ea 1893, li. de Roque feuil. — 

— Une enquête sur le repos domini- 
cal, H. Heverdy. — La spéculation 
iinancière au wx" siècle, M. Deta- 
/narre.— Silhouettes d'orateur: M. de 
Mun, ,V. M. — Causerie littéraire, 
H. Le Franc. 

Revue de l'art chrétien (Société 
5aint-Augustin), — 1893. l'" livrai- 
son. — Luc Fayd'herbe étudié dans 
les travaux ignorés de ses biographes, 
/. llelbig. — Du rôle des pierres 
gravées au moyen âge, F. de Mély. 

— Le cuite des diicteurs de lEgiise 
à Rome (suite), Mgr X. Barbier de 
Montault. — Mélanges. — Sociétés 
savantes. — Bibliographie. 

Revue de la Suisse catholique 
{Fribourg). — Février, — La forme 
de la terre, R. de Girard. — Les 
Trappistes en Valais (suite). — L'é- 
tude de la c Somme • de saint Tho- 
mas (suite), R. P. Berthier. 

Revue de l'enseignement secondaire 
et de l'ensrignement supérieur (Paris, 
rue du Bouloi, 4). — 16 février. — 
Les jeudis classiques de l'Odéon, Z. 

— Agrégation des lettres eo 1893 : 
Bibliographie (suite), A. Rébelliau. 

— Faculté des lettres de Paris, 
thèses de M. Angellier, Y. — La 
science de l'éducation; la < Revue de 
métaphysique et de morale », F. Pi- 
cavel . 

23 février.— Contribution il l'étude 
de Bernardin de Suint-Pierre. V. Gla- 
chant. — Thèses de M. Wysocki à 
la Faculté des lettres de Paris, Y. — 
La vie et les œuvres de Robert 
Burns. 

2 mars. — Les jeudis classiques 
de l'Odéon, Z. — La Société de se- 
cours mutuels de l'enseignement se* 
condairc, J. Bèbin. — La civilisation 
romaine et les barbares, C. Calvet. 

— Philosophie scientiiique et méta- 
physique, F. Picavet. 

9 mars. — Statuts de l'Assucialiou 



I de secours du lycée de Montpellier. 

j — Les jeucjis classiques de l'Od.-on, 
T. — Joseph de Maistre, L Graiid- 
george. — La science de l'éducation, 
F. Picavet. 

I 16 mars. — Le prix d'excellence. 

i — Les jeudis classiques de l'Odéon, 

I Z. — Faculté des lettres de P.iris. 

; Thèses de M. Roy, Y. — Considéra- 

I tionssurl'histoired'Israël, Af. Ventes. 

I — La science sociale, F. Picavet. 

I Revue de l'histoire des religions 
\ (Paris, rue Bonaparte, 28). — Janvier- 
j février. — La religion des Hébreux à 
, réplique des juges, C. Piepenbring. 

— Une lettre d'Ignace de Loynlu à 
Claudius, roi d'iilthiopie ou d'Abys- 

j sinic, y. Deramej, 

I 

Revue de Lille (Lille, boulevard 
Vauban, 60). — Février. — Lord Ten- 
byson, C, Looten, — Trois comédies 
patriotiques et la censure théâtrale 
sous le premier Empire, P. Allard. 

— Le droit d'association, C. Grous- 
sau, — Les deux anthropologies. N. 
Boulay. — l<a Convention et la Cons- 
titution du Vt janvier 1793. V. Canel. 
^ La crémation, D* //. Lavrand, 

Revue de Saintonge et d'Aunis 
(Saintes). — Mars. — Susbtructious 
gallo-romaines, au château d'Oléron, 
D* E, Pineau. — Louis de Foix et 
la tour de Cordouan, Ch. D. — 
Piiilippc Fortin de la Hoguette, G- 
Tortat et L. Audiat. — Le culte de 
saint Eulrope, L. Audiat. 

Revue dex Deujc-Mondes{P»ri», rue 
de l'Université, 15). — !•' m;irs. — 
Rome et la renaissance. Essais et cri- 
tiques (suite), J. Klaczko. — Le* 
mimes grecs. Théocrite, Hérondat*, 
J. Girard. — L'art réaliste et la cri- 
tique (suite). J -A. Castaguary, G. 
Larrounift. — L'aluminium, /. Flrury. 

— Beaumarchais inédit, E. Lintilhac. 
^ La crise llavaienne. Une tentalivf 
d'annexion, C. de Varigny. — La 
question algérienne, G. Valhert. 



2-22 



ETUDES 



15 mars. — Les Juifs sous la do- 
mination grecque, E. Renan. — En 
Judée, A. Chcvrillon. — Le Mexique 
sous la présidence du général Por- 
firio Diaz, C. Jannet. — La sédition 
du l*'' décembre 1789 à Toulon, 
G. Duruy, — La France et le pape 
Léon XIII, Ch. Benoist. — La psy- 
chologie expérimentale d'après les 
travaux du congrès de Londres, A. 
Binet. — Le procès du max'échal 
Ney, vicomte E.-M. de Vogiié. 

Bévue du Lyonnais (Lyon, rue 
Stella, 3). — Janvier — Les savants 
lyonnais et les Bénédictins de Saint- 
Germain des Prés, abbé Vanel. — 
Lettres inédites du général Font- 
bonne au représentant du peuple 
Saint-Prix, //. de Saint-Prix. — Jean 
Baptiste Onofrio, sa vie et ses œu- 
vres, abbé Vachez. 

Février. — Les Spirinx, graveurs 
d'estampes à Lyon au xvii^ siècle, 
N. Rondot. — ly.ernore, son étymo- 
logie, son temple et ses monnaies, 
E. Cuaz. — Lettres inédites du gé- 
néral Fonlbonne au représentant du 
peuple Saint- Prix. 

Revue du Midi (Nîmes). — Février. 

— Melchior Doze, F. Cliapot. — La 
vraie et la fausse mystique, M. CoU' 
der. — Conjuration de Cinq-Mars, 
L. Baragnon. — En bombe, -/. Michel. 

Revue du Monde catholique (Bru- 
xelles, rue de la Chapelle, 3). — 
Mars, — Une nouvelle Vénérable, 
Dom Bérengier, O. S. B. — La na- 
ture animale, L. de Kirwan. — La 
Congrégation de Saint-Maur, Dom L. 
Lévêque. — Les livres récents d'his- 
toire, L. de la Rallaye. — Les ro- 
mans nouveaux, /. de Rochay. — 
Questions scientifiques , J. d'Es - 
tienne. 

Revue française de l'étranger et 
des colonies (Paris, place d'Iéna, 1). 

— î'"' mars. — Les empiétements 
des Siamois : Mat Gioi. — M. Mas- 



sie et les Siamois : Lettre du prince 
Henri d'Orléans. — A qui profile- 
rait le canal de Panama, Le Nocher. 

— Les problèmes coloniaux de la 
Grande-Bretagne, A. Salaignac. — 
Religion des Annamites. — Situa- 
lion au Tonkin. 

15 mars. — Exploration de la val- 
lée du Mé-Kong, d'après le rapport 
de M. IV. -J. Archer. — La mission 
de la « Capricieuse» au Canada, A. 
Salaignac- A propos désavantages 
du canal de Panama, L. N.-B. Wyse. 

— Iles Saint- Paul, Amsterdam et 
Kerguelen. — Le dépôt de charbon 
hollandais de Poulo - Way, A.- A. 
Fauvel. — Caucase : voyage de MM. 
Pourtcheller et Merzbacher. 

Revue Ge/ieVaZe (Bruxelles, rue Treu- 
renberg, 16). — Mars. — Journal d'un 
témoin de la Commune, F. Bournand. 

— Le moulin Yanderbood (fin), L. 
Denuit. — Des pouvoirs et des obli- 
gations morales des actionnaires 
dans les sociétés par actions, E. 
Harmant. — Histoire moderne par 
le baron de Blanckaert - Surlet ; 
Mgr Namèche historien, A. de Rid- 
der. — Un enfant prodige des Flan- 
dres, E. Pauwels. — Notes d'art : 
Contrastes: Bœcklin et Jan Van Beers, 
W. Ritler. — Dans les eaux zélandai- 
ses (fin), //. Van Doorslaer. — Le vote 
obligatoire en Suisse, S. Deploige . 

Revue générale des sciences pures 
et appliquées (Paris, rue Saint-An- 
dré-des-Arts, 58). — 28 février. — 
Les expériences de M. H. Moissan 
sur la production artificielle du dia- 
mant, A. Etard. — Les récents tra- 
vaux de l'Association géodésique in- 
ternationale, X, X. — Grande indus- 
trie chimique, G. Lunge. — Matières 
colorantes et produits organiques, 
Ph. Guye. 

15 mars. — La cécité en France. 
Ses causes et ses remèdes, D^ A, 
Trousseau. — La fixation directe de 
l'azote atmosphérique sur la terre 
végétale et sur les plantes, P. Saba- 



SOMMAIRES DES REVUES 



223 



tier. — Une nouvelle théorie de la 
capillarité, A. Leray. 

Revue historique (Paris, boulevard 
Saint-Germain, 108). — Mars-avril. 

— La France en Alsace après la paix 
de Wcstphiiiie, X. Mossmann. — Sur 
une page incomplète de l'histoire de 
Port-Royal, F.-T. Periens. — Obser- 
vations critiques sur les a Economies 
royales », A. Desclozeaux. — Jour- 
nal et correspondance de la reine 
Catherine de Wurtemberg, baron A. 
du Casse. — Hullelin historique, 
C. JulUan, A. Molinier, L. Farges, 
G. Monod et J. Coll. 

Revue philosophique (Paris, boule- 
vard Saint-Germain, 108). — Mars. — 
Recherches sur la succession des 
phénomènes pKychologiqucs, B. Bour- 
don. — L'umour e«l-il un état patho- 
logique ? G. Dan ville. 

Science catholique (Paris, rue de 
l'Abbaye, 13). — F'évrier. — Le» 
erreurs de mémoire des évangélistes 
d'après Erasme, ahbé E. Mangenot. 

— Les études linguistiques au xix* 
siècle, />' 6'. Lecontre. — La question 
biblique; quelques réflexions sur un 
article de Mgr d Hulst, J.-B.Jaugey. 

— L'ecclésiaste hindou, A. Roussel. 

— Bulletin scripluraire. — Bulletin 
philosophique. 

Science sociale (Paris, rue Ja- 



cob, 56). — Mars. — La diminution 
du revenu. 'La réduction du taux et 
de l'intérêt, P. Bureau. — Cours 
d'exposition de 1?. science sociale. 
Les trois sociétés à formation com- 
munautaire de famille, E. Detnolins. 

— La vallée d'Ossau. Etude sur la 
population originaire et la préten- 
due ^famille-souche des Pyrénées 
(suite), F. Butel. — Correspon- 
dance : Musique d'Etat, P. Porth- 
mann. • 

Sociologie catholique (Montpellier). 

— Mars. •— Le taux de l'intérêt lé- 
gal, J Coulazon. — Classes rurales 
et propriétés foncières, comte R. de 
Kergorlay. — Libre échange et pro- 
tection, M. Haour. — Réflexions sur 
la Révolution (On), A. V. — Chro- 
nique sociale, E. Coste. 

T'oung Pao. Archives pour servir 
il l'élude de l'histoire, des langues 
de la géographie et de l'ethnographie 
de l'Asie orientale, rédigées par 
MM. Gustave Schlegel et Henri Cor- 
dier (Leide, E. J. Brilt; Paris, Le 
Soudier). — Mars. — La condition 
politique dcsCbinois aux Indes néer- 
landaise)!, J. J. Meijer, — Situation 
de Hu-lin en Tartarie. Manuscrit 
inédit du P. A. Gaubil. S. J., 
//. Cordier. — Mélanges. — Varié- 
tés. — Chronique. — Nécrologie. — 
Bulletin critique. — Lettre du Tong- 
king. — Le Koteou en Russie. 



PÉRIODIQUES ÉTRANGERS 



American Ecclesiastical Reviexv 
(Philadelphie). — Mars. — Les saints 
de l'Ancien Testament, Rev. J. Ho- 
gaii. — Les mariages mixtes. — Jeunes 
prédicateurs : les soigneux et les né- 
gligents, Rev. A. n. O'Neil — Chez 
le curé Kneipp, Rev. F. P. Siegfried. 
— Histoire de la barrette, P. Armi- 
nio. — Notes sur renseignement de 
la théologie pastorale, Rev. Th. Jef' 
ferson Jenkiiis, 



Bolcitm da Sociedade de geogra- 
phia de Eisboa. — 1892, n«» 3, 4 cl 
5. — Diego d'Azambuja, L. Cordeiro. 
— Participation du Portugal à la cé- 
lébration orflcielle en Espagne du 
centenaire de la découverte de l'A- 
mériiiue par Cliristophc Colomb. 
Documents. — Détermination d'un 
horizon commun pour la mesure des 
altitudes en Europe, comte d'Avila, 
S. S. G. S. 



22i 



ETUDKS 



Boletin de la Jieal Academia de la 
historia (Madrid) — Février. — IS'ou- 
velles souices historiques sur snint 
François de Bi.rja, F. Fita. — Saint 
François de Borja, chevalier et com- 
mandeur de l'Ordre de Saint-Jacques 
F. de Uliagôn. — Buste artistique 
d'Ampurias. ./. de Dios de la Rada y 
Delgndo. — l.es juifs Gallegos au 
XI* siècle, F. Fita — Rites et usages 
des juifs d"Es|ia^ue, H. Santa Maria. 
— L'Inquisition de Ciudad-Real. 
Procès original du défunt Juan Gon- 
zalez l£scogid<), R. Santa Maria. 

Mars. — Conciles espagnols iné- 
dits : concile provincial de Braga, 
1261; concile national de Séville, 
1478, F. Fita. — Jean et Sébastien 
Cabot, C. Fernândez Uuro. 

Caiholic World (New-York). — 
Mars. — L'ins^piralion de l'Ecriture 
et la crilique bihlique moderne, 
Rev. H. J. D. Ryder. — Mgr Uar- 
boy, le martyr de la Roquette, E. IV. 
Latimer. — L'élude de la géologie 
et le « Summt'r -School m, W. Selon. 
— Le pays du soleil, Cli. Reid. — 
L'Irlande en deuil, E. M. Lynch. — 
Les Sœurs dans l'Alaska, Rev. P. C. 
Yorke. — Une nuit dans la Forêt- 
Noire, Rev. E. A. Metcalf. — Les 
Yisitandiues à « Mount de Chantai », 
Ë. S. Houston. — La minorité en 
Irlande sous le Home-Rule, G. Mac 
Dermot. 

Ciudad de Dios (Madrid). —20 fé- 
vrier. — L'origine du Penlateuque 
et la critique rationaliste, P. tl . 
del Val. — Les écoles juives en Es- 
pagne, P. F. Pérez Aguado. — La 
littérature catalane au xix* siècle, 
P. F. Blanco Garcia. — Le problème 
de la moil, P. Th. Rodri^uez. — 
Bulletin scientifique. 

5 mars. — L'exposition historico- 
européenue, P. M . F. Miguéiez. — 
Courtes notions sur les unités élec- 
triques, P. A. Rodriguez — Le Ter- 
rible ! histoire qui ressemble à un 
conte, P. E. de Uriarte. — Les élec- 



tions et la presse libérale, P. F. 
de. Uncilla — Les ballons, P. J. 
Fcrndndcz. — Bulletin canonique. 

Civilth Cattolica (Rome). — 4 mars, 

— Léon .\1II et le projet Bonacci. 

— La Rome de la Louve et la Rome 
de l'Agneau. —Caractère des agents 
du spiritisme — Au lendemain du 
déluge. — Revue de la presse. — 
Bibliographie. 

18 mars. — L'invasion de Rome 
source de malédiclions pour l'Itiilie. 

— Le système de Copernic du temps 
<le Galilée et de nos jours. — Le 
bonheur dans l'enfer, d'après M. Mi- 
vart — Au lendemain du déluge. — 
Archéologie. 

Lilcrarische Rundschau ( Fribourg 
en Bris^au). — Mars. — La littérature 
catholi(|ue en Angleterre en 1892, 
Bellesheini. — Granderath, Consli- 
luliones dogmaticœ SS. Œcumenici 
Concilii Valirani, Schill. — Muller, 
Nature et miracle, Schanz. — Sig- 
mund, La Wn de^^em\->s,Atzbcrgcr. — 
Rœhm, La doctrine protestante de 
l'Antéchrist, Weber. — (irulzmacher. 
L'importance de Benoît de Nursie 
et (le sa règle dans l'histoire du mo- 
nachisuie, Bàumer. — Best, De Cy- 
priani quje ferunlur metris in hepta- 
teuchum. Weyman. — Fessler-Jung- 
manu, lusliluliones Palrologiœ, Fe- 
iers. — Meunier et Racke, Ue la 
prédication, Keppler. — Sibernagl, 
Le Bouddhisme, Schcll. — Waller, 
L'enseignement de la religion catho- 
lique dans les gymnases. 

Lyceum (Dublin). — Mars. — 
M. Mivart théologien. — Les fer- 
miers irlandais et le bimétallisme. 
— Charles Lanib. — L'abbaye de 
Buckfast. — La bataille de Ros- 
naree. 

Month (Londres). — Mars. — 
L'agnosticisme en théorie et en pra- 
tique, Rev. J. Gérard. — Un double 
miracle à Lourdes. — Un lord-maire 



SOMMAIRES DKS REVUES 



225 



d'autrefois (R, Whittington), A. E. 
Whitehead. — Les premiers prin- 
cipes de l'émission de la voix dans le 
chant et dans la parole, Th. Kelly. 

— Une famille catholique, Rev. J . 
Morris. — L'office divin dans l'E- 
glise grecque, Rev. B. Zimmermann , 
O. D. C. — JeanJanssen, l'historien 
du peuple allcra:md, C. Gallon, — 

— La mission du Zambèze. — Ma- 
riage mixte, Lady A. Kerr. 

Przeglad powszechny (Cracovie). 

— Mars. — Correspondance de saint 
Ignace de Loyola, J. Badeni. — Sou- 
venirs d'un gentilhomme de Novo- 
grodek, K. Kraszewski, — Thomas 
Olizarowski, M. Duhiecki. — Ignace 
Dœllinger, A. Arndt. — Loi de con- 
servation de l'énergie et son appli- 
cation à la psychologie, P. Ratvski. 

Stiminen aus Maria-Laach (Fri- 
bourg en Bri&gau). — 3"' fasc. — 
Apothéose d'Ernest Renan, A. Baum- 
gartner. — Pour l'hisloire du mou- 



vement socialiste en Allemagne, H. 
Pescli. — Les Provinciales de Pascal, 
W. Kreiten. — Mirabeau. O. Pfùlf. 

— Les fresques de Fra Aiigelico 
dans le cloître de Saint-Marc à Flo- 
rence, Pli. Bcissel. 

Studien op godsdienstig, welen- 
schappelijk en letlerkundig gebied 
(Utreclit). — Février. — Jubilé épis- 
copal du Pape Léon XIII. — Un pes- 
simiste des Indes Orientales. — 
Dans la république des républiques : 
la famille et la femme. 

Zeitschrift fur kalholische Théo- 
logie (Innsbrucki. — 2* fascicule. — 
Les papes « hcrcliqucs notoires ». 
Erreurs historiques de Dœllinger, 
P. E. Michael, S. J. — Nippold his- 
torien ecclésiastique, P. A. Zimmer- 
mann, S. J. — « Tolerari putest ». 
De juridico valore decreti tulerantiae 
rommentariu», P. A'. /Villes, S. J. 

— Pouvons-nous sûrement aider les 
défunts ? P. Schmid. 



LIVRES 

ENVOYÉS A LA RÉDACTION DKS ÉWDES 

20 février — 20 mars. 

N. B. — La simple annonce de ces ouvrages ne doit en aucune manière 
être considérée comme une recommandation : pour savoir notre avis sur 
chacun d'eux, il faut attendre qu'ils aient élé analysés. Ils le seront dans la 
mesure que leur valeur, le but de la Revue et l'intérêt de nos lecteurs 
exigeront ou permettront. 

THÉOLOGIE 

QUESTIONS RELIGIEUSES 

Berthier (G.-F.), s. J. — La mort mystique frein des passions. 
Bruxelles, A. Vromant, 1893. In-16, pp. 61. [Petite Bibliothèque chré- 
tienne.) 

Berthier (J.-J.), 0. P. — L'e'tude de la « Somme théologique » de 
saint Thomas d'Aquin. Fribourg ( Suissel, Librairie de l'Université; 
Paris, Lethielleux, 1893. In-8, pp. xxiii-333. Prix : 7 fr. 50. 

Bolo (abbé h.). — La tragédie du Calvaire. Paris, Haton, 1893. 
In-16, pp. viii-304. Prix: 2 fr. 50; franco, 3 francs. 

Cambier (O.-F.), s. tlieol. doct. — Tractatus de vcra rellgione, seu 
apologia religionis christiana;. Tornaci, Decallonne-Liagre, 1893. In-8, 
pp. VI-22G. 

D... (abbé A.). — La famille suivant VÉcriture Sainte. Paris, Société 
générale de librairie catholique, 1881. In-12, pp. 342. Prix : 2 fr. 50. 

Denis (A.), S. J. — Commentarii in Exercitia Spirilualia S. P. N. 
Ignatii concionatoribus etiam accomniodati. Tomus tertius. Mechliniae, 
Godenne, 1893. In-8, pp. 438. 

Directoire du Missionnaire [Le), par un Père de la Compagnie de 
Jésus. Lille, Société Saint-Augustin, 1893. In-16, pp. 131. 

FiLLiON (L.-CI.), prêtre de Saint-Sulpice. — Zes Psaumes commen- 
tés d'après la Vulgate et l'hébreu. Paris, Letouzey et Ané, 1893. In-8, 
pp. 664. Prix : 7 fr. 50. 

Gabriag (A. de), S. J. — Le Révérend Père de Ponlevoy, de la Com- 
pagnie de Jésus. Sa vie. Avec un choix d'opuscules et de lettres. IL 
Opuscules ascétiques. Cinquième édition. Paris, Retaux, 1893. In-12, 
pp. x-484. 

Grospellieu (Do m A.), chanoine régulier, — Œuvres du cardinal 



LIVRES ENVOYES AUX ÉTUDES 227 

Mermillnd, recueillies et mises en ordre. Éloges et oraisons funèbres. 
Paris et Lyon, Delhomme et Briguet, 1893. In'-8, pp. xxxiv-584. 

GuERS ( chanoine E . ). — Manuel oratoire des pasteurs et des prédica- 
teurs, d'après Bourdaloue. Paris, Bloud et Barrai, s. d. ln-16, pp. 372. 

GuiLLERMiN (abbé J.). — Choix de discours et allocutions des plus 
célèbres orateurs contemporains sur la très sainte Vierge. Première par- 
tie : Vie de la très sainte Vierge. — Deuxième partie : Culte de la très 
sainte Vierge. Paris, Bloud et Barrai, s. d. 2 vol. in-16, pp. 369 
et 380. 

Knabexbauer ( J.), s. J. — Cursus Scripturse Sacrée, auctoribusR. Cor- 
nely, J. Knabenbauer, Fr. de Hummelauer aliisque Soc, Jesu presby- 
teris. Cnmmentarius in Evangelium secundum Matthxum. Parisiis, Le- 
thielleux, 1892. 2 vol. in-8, pp. 552 et 58G. Prix des 2 volumes: 20 fr. 

LiCMMER (D*" H.). — Institutionen des katholischen Kirchenrechts. 
2« Auflage. Friburg i. B., Herder, 1892. In-8, pp. xv-742. Prix : Mk 8. 

La Rochefoucauld (comtesse A. de). — Manuel de piété à l'usage 
des Enfants de Marie de In campagne^ drs ateliers des centres ouvriers. 
Paris, Vie et Amat, 1893. In-18, pp. viii-278. Prix : 1 fr. 25. 

Marin de Boylesve, S. J. — Saint Ignace. Vie, œuvre, esprit. Mois 
de saint Igmice. Neuvaine. Prières et dévotions. Paris, Vie et Amat, 
1891. In-24, pp. 116. 

Michel ( F.-J. ). — Courtes méditations pour le mois de saint Joseph, 
Paris et Lyon, Delhomme et Briguet, 1893. Petit in-16, pp. 63. 

NiLLRS (N. ), S. J. — « Tolerari potest. » De juridico valore decreti 
tolerantiae commentarius. Œniponle, Rauch, 1893. (Ex actis tiieologi- 
ois Œnipontanis <t Zeitsclirift (ùr kath. Théologie » in usas academicos 
exscriptus.) In-8, pp. 64. 

Œuvres de saint François de Sales, évéque de Genève et docteur de 
l'Église. Edition complète d'après les autographes elles éditions origi- 
nales, publiée par les soins des religieuses de la Visitation du premier 
monastère d'Annecy. Tome IL Défense de l'estendart de la sainte croix. 
Genève, Trembley, 1892. In-8, pp. XLViii-432. Prix: 8 francs. 

Olivier (V.-L.), S. J. — Conférences tltéolngiqucs données à Liège. 
Deuxième édition, revue et corrigée. Liège, Dessain ; Paris et Lyon, 
Delhomme et Briguet, 1893. Deux volumes in-8, pp. 617 et 563. 

Palfr.vy (abbé L.), — L'instruction religieuse à cinq degrés. Troi- 
sième degré. Questions et réponses pour servir ii l'explication du grand 
catéchisme. Paris, Librairie catholique internationale de l'Œuvre de 
Saint-Paul, 1893. In-18, pp. 258. Prix : 1 fr. 50; franco, 2 francs. 



528 ETUDES 

PHILOSOPHIE 

SCIENCES ET ARTS 

AuBRY (J.-B.). — Les grands séminaires. Essai sur la méthode des 
études ecclésiastiques en France. Seconde partie. Lille, Société Saint- 
Augustin. Paris, Retaux, s. d. Iu-8, pp. 702. 

Chappuis de Maubou (marquis). — Le billet de banque productif 
d'intérêt et à lots par le crédit agricole. Paris, Lethielleux, s. d. In-12, 
pp. iv-202. 

De Decker (P.). — t^<^ Providence dans les faits sociaux et la science 
sociale. Ouvrage posthume achevé et publié par les soins de son fils. 
Bruxelles, Société ^belge de librairie, 1893. In-8, pp. 332. Prix : 
4 francs. 

Desjardins (A.). — Les devoirs. Essai sur la morale de Gicéron. Ou- 
vrage couronné par l'Institut. Deuxième édition précédée d'une intro- 
duction nouvelle. Paris, Perrin, 1893. In-12, pp. 420. 

École Saint-Ignace, Externat de la rue de Madrid. Annuaire 1893. 
In-12, pp. 247. 

Jeanniard du Dot (A.). — Le spiritisme dévoilé ou les faits spi- 
rites constatés et commentés. Paris, Bloud et Barrai, s. d. In-16, 
pp. 280. 

Legendre (M.). — Delà réparation des erreurs judiciaires. Discours 
prononcé à la séance de rentrée de la Conférence du Stage des avocats 
à la Cour de cassation, le 12 novembre 1892. In-8, pp. 48. (Ordre des 
avocats au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation.) 

Lhoumeau (A.), de la Compagnie de Marie. — Rythme, exécution et 
accompagnement du chant grégorien. Che'z l'auteur, à Saint-Laurent-sur- 
Sèvre (Vendée); Lille, Desclée ; Grenoble, Baratier , 1892. In-8, 
pp. xx-320. 

Priem (F.). — La terre, les mers et les continents. Géographie phy- 
sique, géologie et minéralogie. Paris, J.-B. Baillière. Gr. in-8 à deux 
colonnes, illustré. Séries 7-9, pp. 193-328. Prix de chaque série : 
50 centimes. 

Révolution [La) dans la société chrétienne, par Charles ***. Paris, 
Retaux, 1893. In-12, pp. iv-444. 

SuRBLED (D"" G.). — Le sommeil. Étude de psycho-physiologie. 
Paris, Roger et Ghernoviz, 1893. In-8, pp. 47. 



LIVRES ENVOYÉS AUX ÉTUDES 22» 

HISTOIRE — GÉOGRAPHIE 

QUESTIONS DU JOUR 

AuLARD (F. -A.). — Études et leçons sur la Révolution française. P;i* 
ris, Alc;in, 1893. (Bibliothèque d'histoire coiUeinporaine.) lu- 12, 
pp. 301. Prix: 3 fr. 50. 

Bhrauo (E.). — Appel à l'histoire et à la raison. Paris, LamuUo <t 
Poisson, 1893. In-8, pp. 86. Prix : 50 centimes. 

Brikrr (L. de la). — Les saints dans la monde. Paris, Kolb, 1893. 
In-12, pp. Wi. 

Broc (vicomte de). — Dit ans de la vie d'une femme pendant l'émi' 
gration. Adélaïde de Kerjean, marquise de Falaiseau, d'après des let- 
tres inédites et des souvenirs de famille. Portrait en héliogravure. 
Paris, Pion, 1893. In-8, pp. ix-344. Prix : 7 fr. 50. 

Cazauran (abbé). — Notre-Dame du Bernet à Dému. Aucli, Seule, 
1893. In-8, pp. 33. Prix : 1 franc. 

Chamaro (Dom), 0. S. B. — Annales ecclésiastiques, pour faire suite 
ài V/Iistnire universelle de l'E-^lisc catholique^ par Rolirbacher, continué'- 
SOUS forme d'annales (1809-1889). Paris. Gaume. T. I, fascicule 5. lu-Zi, 
pp. 641 à 813. 

Destinées [Les) nouvelles de la monarchie française. Paris, 1892. Bro- 
chure in- 16, pp. 16. 

ÉoN (A.). — Un ancien doyen. Toullier et 8on temps. Paris, 
Chevalier-Marescq ; Rennes, Plihon et Hervé, 1893. I11-8, pp. 208. 

Fauvrl (A. -A.).— La pc'ninsule malaise. Ressources et avenir. 
Paris, imprimerie Chaix, 1893. I11-8, pp. 51, avec une carte. (Exlraii 
de la Revue française de C lilranger et des Colonies.) 

Franklin (A.)- — La Vie privée d'autrefois. Arts et métiers, modes, 
mœurs, usages des Parisiens du douzième au dix-huitième siècle, 
d'après des documents originaux ou inédits. Le café, le thé et le cho- 
colat. Paris, Pion, 1893. In-18. pp. xi-319. Prix : 3 fr. 50. 

— La Vie privée d'autrefois. Arts et métiers, modes, mœurs, usages 
des Parisiens du douzième au dix-huitième siècle, d'après des do- 
cuments originaux ou inédits. Les Chirurgiens. Paris, Pion, 1893. 
In-1«, |)p. xn-381. Prix : 3 fr. 50. 

Général [Le\ Jnmini et les Mémoires du baron de Marbot. Paris, Bau- 
doin, 1893 In-8, pp. 30. 

GiLLY (Mgr), évêque de Nîmes. — Notre temps : ses qualités, se.< 
travers, d'a|>rès les Fables de La Fontaine. Paris, Bloud et B.irral, 
8. d. Iu-8, pp. viii-304. 

Hamon (A.). — La France soeiaie e: politique (année 1891). Paris, 



230 ÉTUDES 

Savine, 1893. (Bibliothèque de sociologie.) In-12 , pp. xix-763. 
Prix : 6 francs. 

Lahargou (abbé P.). — Messlre Jean-Louis de Fromentières, e'vêque 
et seigneur d'Aire, pre'dicateur ordinaire du roi. 1632-1684. Etude 
biogra|)liique et critique. Thèse présentée à la Faculté des lettres de 
Bordeaux. Paris, Retaux, 1892. In-8, pp. 350. 

Lévy (A.). — Napoléon intime. Paris, Pion, 1893. In-8, pp. xii-656. 
Prix : 8 francs. 

Mangenot (abbé). — Mgr Jacquemin, e'vêque de Saint-Die'. 1750-1832. 
Nancy, Vagner, 1892. In-8, pp. 272. 

Mention (Léon). — Documents relatifs aux rapports du cierge' avec 
la royauté' de 1682 à 1705. La Régale, l'Affaire des franchises, l'Edit 
de 1695, les « Maximes des saints », le Jansénisme en 1705. Paris, A. 
Picard, 1893. In-8, pp. v-186. (Collection de textes pourservir à l'étude 
et à l'enseignement de l'histoire.) Prix : 4 fr. 50 ; pour les souscrip- 
teurs, 3 fr. 25. 

Michel (L.), S. J. — Histoire de saint Ignace de Loyola, d'après les 
documents originaux, par le P. Daniel Bartoli, de la Compagnie de Jc'sus, 
Traduction revue, complétée, annotée et enrichie de documents iné- 
dits. Société Saint-Augustin, Desclée, 1893. 2 vol. in-8, pp. xv-424 
et 450. Prix : 10 francs. Edition sur papier ordinaire, sans filets rouges, 
6 francs. 

Monchamp (D'' g.). — Notification de la condamnation de Galile'e, 
datée de Liège, 20 septembre 1633, publiée par le nonce de Cologne 
dans les pays rhénans et la Basse-Allemagne. Texte d'après une 
copie manuscrite, avec remarques du docteur G. Monchamp. Co- 
logne, Boisserée ;• Saint-Trond, Moreau, Schouberechts, 1893. ln-8, 
pp. 30. 

Ouganda [L') et les agissements de la Compagnie anglaise a East- 
Africa ». Paris, à la Procure des Missions d'Afrique, 1892. 

Perraud (Mgr),évêque d'Autun. — Nos morts du Dahomey. Allo- 
cution prononcée à la cathédrale, le jeudi 15 décembre 1892. Autun, 
Dejussieu, 1892. In-8, pp. 19. 

PiERLiNG (P.). — Un nie'decin diplomate. Laurent Rinhuber de Rei- 
nufer. Saxe et Moscou. Paris, Bouillon, 1893. In-16, pp. 160. 

PoLiTiKOS. — Souverains et cours d^ Europe. Traduction de G. Labou- 
chère. Paris, Savine, 1893. In-12, pp. 323. Prix : 3 fr. 50. 

Rambuteau (comtesse de). — Le Bienheureux Colombini. Histoire 
d'un Toscan au quatorzième siècle. Paris, Lecotfre, 1893. In-12, 
pp. xvi-353. 

Rance-Bourrey (abbé A. J.). — Les obsèques du cardinal Lavigerie 
(Alger, Tunis, Carthage). Journal d'un témoin. Paris, Lamulle et 
Poisson, 1893. In-8, pp. 87. 



LIVRES ENVOYÉS AUX ÉTUDES 231 

RouANET (G.). — Les complicités du Panama. Page d'histoire sociale 
contemporaine. Paris, Savine, 1893. In-12, pp< xi-422. Prix : 3 fr. 50. 

Saint-Berthuin (A. M. de). — Alexis Vrit/w/f, compagnon des capi- 
taines Jacques et Joubert au lac Tangaiiika (Afrique centrale). Sa 
jeunesse, son «Journal de voyage », sa mort glorieuse. Société de 
Saint-Augustin, Desclée, 1893. In-8, pp. 191, nombreuses gi*avures. 
Prix : 1 franc. 

SocKBBL (A.) et Catouillard (A.). — Adroald ou la conversion de la 
Morinerie au septième siècle, par saint Omer. Drame lyrique en 
trois actes pour jeunes gens. Paris, liaton, 1893. In-12, pp. 101. 
Prix : 1 fr, 25. 

SuRREL DE Saint-Julihn (abbé H. de). — Le Père Joseph Are'so, res- 
taurateur des Franciscains de l'Observance. Montreuil-sur-Mer, Impri- 
merie Notre-Dame des Prés, 1892. In-8, pp. viii-312. 

Taxil (L.) et Marcel (P.). — Les Sœurs de charité. Paris, Roy. 
Publication patriotique par séries bi-mensuelles illustrées. Prix de 
chaque série : 50 centimes. Prix de la souscription (20 ou 24 séries) : 
20 francs. — 1'* série (liv. 1 à 5), gr. in-«S, pp. 40. Prix exception- 
nel : 10 centimes. 

Triomphe de Lourdes [Le). Paris, Victor-Havard, 1893. In-12, 
p. xxiv-367 : 3 fr. 50. 

Vast (Henri). — Les grands traités du règne tte Louis XIV. Traité 
de Munster, Ligue du Rhin, Traité des Pyrénées, (1648-1659). Paris, 
A. Picard, 1893. In-8, pp. xiv-18y, {^Collection de textes pour servir à 
V étude et à l'enseignement de l'histoire.) Prix : 4 fr. 50; pour les soug- 
cripleurs : 3 fr. 25. 

Verny (Mlle J.). — Le» »am/* de France, du premier au treizième 
siècle. Lille et Paris, Société de Saint-Augustin, 1893. dr. in-8, 
pp. 487, nombreuses illustrations. Prix : 5 francs et 8 francs. 



LITTERATURE 

ROMANS 



Dblormr (A.). — Nouvelles militaires. Paris et Limoges, Charles- 
Lavauzelle, 1893. In-12, pp. 263. Prix : 3 fr. 50. 

Gentblles (Mme \.de). ^-Simples histoires de jeunes filles. Illustrées 
de nombreuses gravures. Lille, Société de Saint-Augustin, 1893. 
In.8, pp. 240 Prix: 1 fr. 30. 

Grandjean (M.). — En Tyrol. Paysages, mœurs, histoire, légendes, 
Lille, Société de Saint-Augustin, 1893. Gr. in-8, pp. 288. Prix : 3 fr. 

Morlais (abbé). — Histoire de la littérature latine. Paris, Pous- 



232 ÉTUDES 

sielgue, 1892. Ia-12, p. xxvii-322. (Alliance des maisons d'éducation 

chréiierine). 

PiRMRz (G.). — Histoires et légendes. Ouvrage posthume. Bruxelles, 
Société belge de librairie, 1893. In-8, pp. vi-382. Prix : 4 francs. 

Poèmes chre'tiens et français. Quis ut Deus. Paris, Vie et Amat, 

1892. lu-12, pp. 286. Prix': 3 francs. 

Ricard (Mgr). — Le grand siècle. Madame de Sévigné. Lyon, Vitte, 

1893. In 12, pp. 222. 

Tisseur (C.). — Modestes observations sur tart du versifier. Lyon, 
Bernoux et Cumin, 1893. In-8, pp. 355. 



Le 31 mars 1893. 



le gérant : C. GIVELET. 



tmp. D. Dumoulio et G'<», rue des Grands-AugiiM'Os, 5, à Paris, 



ÉTUDES 

PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 

AVRIL 1893 

THÉOLOGIE 

QUESTIONS RELIGIEUSES 

I. — Le Livre de PEcclésiaste, ou le Discours inspiré du roi 
Salomon sur le souverain Bien. Paraphrase, par Tabbé 
M. J. BoiLEAU, curé de Sainte-Geneviève de la Plaine- 
Saint-Denis, diocèse de Paris. Paris, Retaux, 1892. In-12, 
pp. 79. 

II. — Le Cantique des cantiques. Chant inspiré de Salomon 
sur l'hy menée du Verbe éternel avec la nature humaine. 
Paraphrase, du môme auteur. Paris, Retaux, 1892. In-12, 
pp. 46. 

Tout livre est accueilli avec reconnaissance lorsqu'il se pro- 
pose une fin sérieusement utile, et la réalise avec quelque bon- 
heur. A ce double titre, les deux paraphrases de M. l'abbé Boi- 
leau justifient leur venue, dans l'invasion toujours croissante de 
petits opuscules sans but et sans opportunité, qui n'ont rien à 
faire en ce monde et se hâtent d'y mourir. 

Si M. Boilcau eût adressé ses deux paraphrases aux lecteurs 
assidus de la Bible, à ceux qui en ont le culte et veulent la con- 
templer dans sa lumineuse simplicité, nous lui dirions franche- 
ment que nous aurions préféré une traduction moins riche de 
périodes et plus nerveuse dans sa fidélité. Dans celte hypothèse, 
il eût mieux fait de signaler par des caractères distincts les mem- 
bres de phrase ou les expressions qui traduisent exactement le 
texte inspiré ; et surtout on lui saurait gré d'avoir évité certaines 
amplifications qui sentent trop leur dix-neuvième siècle. Ainsi^ 

Bibliographie, lY. — 16 



234 ÉTUDES 

pour nous dépeindre le va-et-vient perpétuel des choses de ce 
monde, l'Ecclésiaste jette quelques mots rapides, dont la marche 
vive et quelque peu négligée offre un tableau des plus saisissants : 
Oritur sol et occidit, et ad locum suum l'eçertitur. Gyratper meri- 
diem et reçertitur ad aquiloîiem — Omnia fliimina intrant in 
mare et mare non redundat... Voici maintenant la paraphrase : 
« Sur ce théâtre, le soleil se lève, se couche sans interruption 
chaque jour... Durant l'été il se meut, il incline en son écUptique 
vers le midi, et durant l'hiver, du côté de l'aquilon... Tous les 
fleuves, au terme de leur cours, se jettent dans le sein des mers, 
et les flots des mers n'en sont point gonflés et ne dépassent pas 
leurs limites habituelles ; ainsi ces rivières et ces fleuves rentrent 
dans les bassins d'où ils étaient sortis, et de là, h travers les 
veines souterraines et le flanc des montagnes, comme par un filtre 
et un siphon immenses, ils formeront des nappes d'eau ou des 
sources et s'écouleront encore. » 

C'est bien là, nous le reconnaissons avec le P. Scheil, exami- 
nateur diocésain, un genre de paraphrase qui se meut librement 
autour du texte sacré ^ mais, si grand qu'en soit le charme litté' 
raire, il le serait bien plus encore avec moins d'abondance. Ces 
allures scientifiques sont un peu trop modernes pour ne pas 
déconcerter les lecteurs auxquels s'adressait le roi Salomon. Mais 
nous avons mauvaise grâce d'insister sur cette profusion d'orne- 
ments littéraires, qui s'explique par la nature spéciale des mi- 
lieux où ces deux opuscules espèrent se glisser. C'est, pensons- 
nous, dans une société moins avide de science solide que d'in- 
térêt, société où l'on professe trop souvent un minimum de foi et 
de mœurs chrétiennes, où l'Ecclésiaste et le livre des Cantiques 
ne sont guère connus que vaguement par les fantaisies d'une cri- 
tique incroyante et légère. Dans cette classe de lecteurs, plus 
d'un, sur la foi d'un Renan quelconque et sans cesser de se croire 
orthodoxe, se laisserait aisément persuader que le Cantique 
des cantiques « est un chant d'amour sensuel, peut-être même 
lascif», et que l'Ecclésiaste est la confession d'un sceptique, un 
instant réfugié à l'abri du plaisir où vient encore l'atteindre 
l'inexorable ennui. Dans les paraphrases de l'abbé Boileau les 
lecteurs découvriront sans peine l'intime pensée du philosophe 
et du chantre inspiré ; le Cantique leur apparaîtra désormais 
comme le soupir brûlant de l'attente humaine, le chaste hyménée 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 235 

du Verbe éternel avec l'humanité y et l'Ecclésiaste comme le livre 

de raison d'un vrai sage, convaincu que le service et l'amour de 

Dieu contiennent toutes les félicités, sans en excepter les rares 

plaisirs qui s'égarent en ce bas monde. Si des écrivains sans 

pudeur y ont rencontré des mystères d'un ordre moine élevé, 

c'est qu'ils y ont mêlé les vapeurs épaisses de leur imagination, 

c'est que, pour parler avec l'Ecclésiaste, les insectes qui tombent 

et meurent dans un parfum en ont bien vite altéré les suaves 

odeurs. 

M. Boileau a fait précéder ces deux paraphrases de quelques 

observations sur l'inspiration des saints Livres. C'est un exposé 

précis, et la doctrine nous y parait entièrement conforme aux vrais 

enseignements de la théologie. 

L. CASTETS. S. J. 

Récent évidence for the authenticity of the Gospels : Tatiati's 
Diatessaroiiy by Michael Maher, S. J.,\vith appendice on 
the Gospel accordingto St Peter. London, 1893. Petit in-8, 
pp. 84. Prix : 6 pence. 

Ce travail, qui a paru d'abord dans le Month^ novembre et dé- 
cembre 1892, sera lu avec un vif intérêt par tous ceux qui suivent 
les progrès des études bibliques. Il résume avec une grande net- 
teté, sans être trop technique, les études faites depuis un demi- 
siècle sur le Diatessaron de Tatien. Sans prétendre à donner du 
nouveau, l'auteur a mis à profit les recherches des savants, tels 
que Mosinger, Ciasca, Martin, Harris, Hamphill, Sellin, Zahn. 

L^on peut affirmer que, depuis deux siècles, aussi préciense 
découverte n'avait été faite pour établir l'authenticité des Evan- 
giles canoniques. Rien déplus commun, dans les revues hostiles 
à l'Église, que cette assertion, au moins implicite : « La critique 
moderne a détruit les fondements historiques du christianisme. » 
Le Diatessaron de Tatien, composé vers le milieu du deuxième 
siècle, quelque cinquante ans après la mort de saint Jean, cons- 
titue à lui seul la réponse la plus péremptoire aux creuses théo- 
ries du rationalisme, et renverse d'un coup tout l'échafaudage de 
Bauretdc Strauss. 

Le R. P. Maher, dans la première partie de son travail 
(p. 1-43), met en lumière l'authenticité de Pœuvre de Tatien 
et les déconvenues de la « critique ». Actuellement elle ne peut 



236 ETUDES 

plus douter, témoin les aveux de M. Ad. Harnack, « que vers 
l'an 160, nos quatre Evangiles, à l'exclusion des apocryphes, 
fussent en possession du rang qu'ils ont dans l'Eglise, et qu'en 
particulier le quatrième Evangile eût déjà pris sa place à côté des 
trois synoptiques. L'on ne peut plus désormais confondre le Dia- 
tessaron avec l'Evangile selon les Hébreux, ou avec l'Évangile 
selon saint Pierre ; on ne pourra plus l'attribuer à un Tatien du 
cinquième siècle, erreur que notre auteur ne relève pas, mais qui 
se trouve dans bon nombre de nos dictionnaires biographiques 
français, même des plus récents. Toutes ces hypothèses, très 
commodes pour se débarrasser d'un témoin fâcheux, ne sont 
plus possibles. 

La deuxième partie de l'ouvrage fait ressortir l'intégrité de la 
version arabe du Dîatessaron, publiée en 1888 par le R. P. Ciasca, 
attaché à la Bibliothèque Vaticane. Les recherches critiques les 
plus minutieuses, dont elle a depuis été l'objet, établissent sa 
conformité avec l'original. Décisive dans la question d'authenti- 
cité, elle pourra dans une certaine mesure contribuer à la recen- 
sion du texte évangélique. Tout cet exposé, très bien conduit, 
très documenté, est aussi attachant qu'instructif. 

Les dernières pages sont consacrées à une courte notice sur la 
récente publication de l'Evangile apocryphe de saint Pierre. 

J. A., S. J. 

Dictionnaire de la Bible, publié par F. Vigouroux, prêtre 
de Saint-Sulpice, avec le concours d'un grand nombre de 
collaborateurs. Fascicules II-IV. Aînesse [Droit d^). — 
Athènes. Paris, Letouzey et Ané, 1892-1893. Gr. in-8, co- 
lonnes 322-1216, avec figures, cartes et planches en cou- 
leurs. Prix du fascicule : 5 francs. 

Nous avons déjà parlé brièvement de la première livraison du 
nouveau Dictionnaire de la Bible. Les trois qui ont paru depuis 
sont tout à fait dignes de celle qui a si bien inauguré cette im- 
portante publication. On n'analyse pas un dictionnaire, et il 
serait trop long de relever tout ce que celui-ci contient déjà d'in- 
téressant, avant même la fin de la lettre A. Pour en donner au 
moins une idée, signalons en particulier les articles suivants : 

Allemande [Exégèse rationaliste) ^ résumé substantiel de l'his- 
toire du rationalisme appliqué à l'Ecriture Sainte j c'est évi- 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 237 

demment à M. l'abbé Vigouroux, le savant directeur et prin- 
cipal auteur de la publication, que cet article est dû, comme 
plusieurs autres signés et non signés. Le même, sous le mot 
Alphabet, raconte, d'après les travaux récents, l'invention du 
premier alphabet véritable, qui est l'alphabet phénicien, d'où 
dérive l'alphabet hébreu, avec la plupart des écritures alphabé- 
tiques de l'ancien monde. Cinq tableaux, représentant tous les 
alphabets sémitiques aux différentes époques, accompagnent ce 
curieux travail. 

Sous les titres Alexandrinus {Codex), Amiatinus ((7.), Argen- 
teus (C), M. l'abbé Batiffol décrit les célèbres manuscrits que 
les savants désignent par ces noms, et qui renferment, le premier, 
la Bible grecque; le second, la Vulgate de saint Jérôme; le troi- 
sième, la version gothique des Évangiles, par Ulfilas. A ces ar- 
ticles sont jointes trois planches héliotypiques, reproduisant en 
fac-similé une page de chacun de ces précieux documents. 

D'abondants détails sur d'autres traductions de la Bible sont 
réunis par MM. Vigouroux et Ilyvernat sous les rubriques : Alle- 
mandes [versions). Anglaises [V.), Arabes (K.), Arméniennes {V,), 

Parmi les articles consacrés aux interprètes^ nous remarquons 
surtout les importantes notices de M. Vigouroux sur les écoles 
exégétiques à' Alexandrie et d'Antioche; puis un travail, signé 
J. Parisot, sur le plus ancien des docteurs de l'Église syriaque 
dont les œuvres nous soient parvenues, Aphraate, qui a écrit entre 
les années 336 et 345. L'auteur de cet article, ou plutôt de cette 
étude approfondie, très intéressante, est un jeune et savant béné- 
dictin, collaborateur de M. l'abbé Graffin dans la préparation de 
sa patrologic syriaque-latine, qui débutera, croyons-nous, par 
les écrits d'Aphraate. 

Le mot hébreu Wlmâh, qu'emploie Isaïe en parlant de la mère 
d'Emmanuel, et qui a été la matière de tant de discussions, fournit 
l'occasion à M. Mangenot d'établir avec beaucoup de clarté et 
de solidité l'interprétation catholique de l'oracle relatif à l'enfan- 
tement virginal. M. Philippe nous donne un excellent article 
sur le prophète Amos. 

Dans les articles Ame et Ange, M. l'abbé Vacant traite à fond 
deux importants chapitres de la théologie biblique, et prouve 
très bien l'accord entre les enseignements de l'Ecriture et ceux 
de la tradition catholique, dans cette double matière. Le P. Van 



238 ÉTUDES 

den Gheyn, avec son érudition orientale si étendue, discute la 
position de VArarat, éclaire la vraie signification de VAsmodée du 
livre de Tobie. 

Toutes les questions relatives h V Apocalypse de saint Jean ont 
leur solution doctement exposée dans les quinze colonnes signées 
par le P. Corluy. A la suite, M. l'abbé BatifFol fait connaître les 
principales Apocalypses apocryphes . Le même auteur, de qui 
nous avons déjà signalé un autre savant article sur les Actes apo- 
cryphes des apôtres, donne, sous le titre Apocryphes {Livres), un 
aperçu général de cette littérature extra-canonique, dont l'intérêt 
historique et même théologique est considérable. 

La géographie, l'histoire, l'archéologie, les sciences naturelles, 
dans leurs rapports avec les récits inspirés, ont comme de juste 
une large place dans ce Dictionnaire. Nous ne pouvons que men- 
tionner en bloc les nombreux articles sur les localités bibliques, 
la plupart signés A. Legendre, où l'on trouve les identifications 
faites jusqu'à ce jour, avec leur degré de certitude ou de vrai- 
semblance. 

Les pays, peuples et personnages étrangers, que les auteurs 
sacrés ont nommés, ont aussi leurs notices soignées, rédigées 
par des écrivains d'une compétence spéciale, tels que M. Halévy 
pour V Arabie; M. l'abbé Hyvernat pour l'Arménie; M. Pannier, 
de l'Institut catholique de Lille, pour V Assyrie et ses rois, qui 
ont un si grand rôle dans l'histoire biblique; pourl'^sre Mineure, 
la Syrie, Y Egypte^ l'Italie, etc., MM. Vigouroux, Le Camus, Le- 
gendre, Beurlier, Marucchi, etc. Les langues apparentées de plus 
près à l'hébreu, Varabe, Y assyrien, ont également des articles, 
écrits par MM. Legendre et Sauveplane. 

Les détails des institutions religieuses, politiques ou juridi- 
ques, les coutumes et mœurs des anciens Juifs, sont traités par 
MM. Lesêtre, Many, J. Thomas, etc. Une mention spéciale est 
due à l'article Année, où M. J. Thomas explique les origines du 
calendrier juif et élucide des questions fondamentales pour la 
chronologie biblique. 

Enfin, outre les articles spéciaux, où sont identifiés et décrits 
un à un les végétaux et les animaux dont parle la Bible, on 
trouve sous les mots arbres, animaux, la liste de toutes les es- 
pèces mentionnées par les auteurs sacrés, avec les noms qu'ils 
leur donnent. 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 2S9 

Des cartes et plans et d'autres illustrations nombreuses, bien 
choisies et bien exécutées, comme l'impression du texte lui- 
même, complètent les mérites de cette belle publication. Par ce 
qu'elle offre déjà, on est assuré que tous les points obscurs, dif- 
ficiles, controversés, des études bibliques auront leur place dans 
le nouveau Dictionnaire, pour y être éclaircis autant que cela est 
possible dans l'état actuel de la science. Puissions-nous en voir 
bientôt l'achèvement! Alors la France possédera une encyclopé- 
die biblique digne de figurer à côté des meilleures dont se glo- 
rifient l'Allemagne et l'Angleterre ; et les lecteurs français de 
l'Écriture n'auront plus aucune raison de chercher la solution de 
leurs difficultés dans des publications protestantes et rationalis- 
tes. Il nous reste seulement à exprimer le vœu qu'on parvienne 
à renfermer tout l'ouvrage en un très petit nombre de volumes 
bien maniables. Ce serait grand dommage si la diffusion d'un re- 
cueil destiné à rendre tant de services était entravée par son dé- 
veloppement trop volumineux, et par la hauteur du prix qui en 
serait une conséquence. * bRUCKER S J 

I. — Le Décalogue ou les Dix Commandements de DieUy ex- 
pliqué par Louis de Grenade. Traduction nouvelle, parle 
R. P. IIÉBRARD, des Frères Prêcheurs. Clermont-Ferrand, 
Librairie Catholique; Paris, Vie et Amat. In-32f pp. 149. 
Prix : 50 cent. 

n. — Les Promesses du Sacré Cœur de Jésus. Série d'entretiens 
dédiés à S. G. Mgr Fava,évéquc de Grenoble, par le R. P. 
FRÉGENON,de la Congrégation du Saint-Esprit et du Saint- 
Cœur de Marie. Paris, De Soye, 1893. In-12, pp. 324. 

III. — La Colombe du tabernacle, par le R. P. H. Kinane, P. P. 
Ouvrage approuvé par douze évoques. Traduit de l'anglais 
par Lkrida de Geoffroy. Nouvelle édition. Paris, Delhomme 
et Briguet. In-16, pp. 358. Prix : 2 fr. 

IV. — La Prière, selon les PP. Bourdaloue et de Ravignan, de la 
Compagnie de Jésus. Bruxelles, Société belge de librairie, 
1891. In-i2, pp. 288. Prix : 1 fr. 50. 

V. — Le Rosaire. Son excellence y son actualité^ sa pratique, 
parle R. P. Fr. J.-M. Florent Chené, des Frères Prêcheurs. 



240 ÉTUDES 

Angers, Guinebertière ; Paris, Delhomme et Briguet, 1892. 
In-12, pp. 211. Prix: 1 fr. 25 ; franco, 1 fr. 50. 

VI. — Mois du Saint Rosaire, par F. J. Michel. Paris, Del- 
homme et Briguet, 1893. In-32, pp. 79. 

VIL — Mois des Saints Anges, par F. J. Michel. Paris, Del- 
homme et Briguet, 1893. In-32, p. 49. 

VIII. — Probation religieuse sur l'humilité, par l'abbé M. -F. 
Maucourant. Paris, Haton, 1890. In-18, pp. xxxi-158. 

IX. — Probation religieuse sur la pauvreté, par le même. 
In-18, pp. xv-206. 

X. — Probation religieuse sur l'obéissance, par le même. 
In-18,pp. xv-196. 

I. — Plus que jamais il importe d'instruire les ignorants et de re- 
vendiquer les droits de Dieu. La traduction nouvelle du Décalogue 
contribuera à cette œuvre de charité et de religion. Puisse-t-elle 
se répandre dans les familles et les écoles ! elle y sera lue avec 
intérêt et grand profit, 

II. — L'ouvrage du P. Frécenon comprend deux parties : la pre- 
mière explique, l'une après l'autre, les douze promesses ; la seconde 
contient une série d'exercices se rapportant surtout au culte du 
Sacré Cœur. 

A propos de chaque promesse, l'auteur rappelle les circons- 
tances où elle fut faite, précise le sens des mots, appelle en té- 
moignage les saints, exhorte à pratiquer la dévotion au Sacré 
Cœur, qui assure des avantages si précieux, he Messager du Sacré 
Cœur a déjà recommandé les « Entretiens » aux directeurs de 
l'Apostolat de la prière. « Ils y trouveront, dit-il, un sujet très 
approprié à leurs instructions des premiers vendredis du mois. » 
11 ajoute qu'ils sont assez riches pour fournir ample matière aux 
lectures habituelles de tout un mois du Sacré Cœur. 

On le voit, les « Entretiens » du R. P. Frécenon peuvent de 
diverses manières édifier les fidèles de France, comme ils ont 
édifié ceux de la Martinique. 

III. — Le R. P. Kinane a écrit un livre de doctrine et de 
piété. Rien n'y manque de ce qui peut confirmer la foi des fidèles 
et augmenter leur charité. Il se divise, comme la théologie du 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 241 

grand mystère, en trois parties : la Présence réelle, le Sacrifice, 
la Communion. Cinq chapitres préliminaires montrent les analo- 
gies qui existent entre la vie de Jésus-Christ sur la terre et sa 
vie dans l'Eucharistie. Rien de plus propre que ces rapproche- 
ments à nourrir la dévotion. Au reste, chaque chapitre ou article 
de la Colombe du Tabernacle peut servir de méditation. L'auteur 
les fait suivre d'affections et de résolutions qui seront d'un grand 
secours à tous ceux qui suivront sa direction suave et forte h la 
fois. 

Les preuves doctrinales sont exposées avec une clarté parfaite. 
La traduction ne leur enlève rien de leur onction ni de leur luci- 
dité. 

IV. — En étudiant les œuvres de Bourdaloue et du P. de Ravi- 
gnan, le P. Caels a recueilli toutun traité de la prière. Il lui a suHi 
de classer ses notes d'après l'ordre logique pour composer un 
livre excellent. 

Il comprend quatre parties qui traitent successivement de la 
nature et de l'importance de la prière, de ses méthodes et de ses 
formes, de ses avantages et de ses conditions. La clarté de la dis- 
position ne laisse rien à désirer; quant au fond même de l'ou- 
vrage, les noms de Bourdaloue et du P. de Ravigoan nous dis- 
pensent de toute appréciation. 

Le P. Caels a raison d'espérer que ce traité sera lu avec fruit. 
Nous l'espérons avec lui, pour le même motif que lui: «On ne 
parlera jamais assez de la prière et on ne priera jamais assez. » 

V. — Le R. P. Florent Chené nous offre un joli petit volume 
€t un bon petit ouvrage, très propre à faire estimer et prati- 
quer avec fruit la dévotion du rosaire. Quelle est l'excellence, 
de cette dévotion qui remet sans cesse sur nos lèvres les deux 
plus belles prières, et nous offre une méthode facile pour médi- 
ter, sous la conduite de In Mère du Rédempteur, sur les prin- 
cipaux mystères de notre rédemption ; quelle est son actualité, 
établie par le souvenir de ses triomphes passés et par l'espé- 
rance, si bien encouragée par les deux derniers papes, de 
triomphes semblables ; quelle en est la pratique la plus autorisée 
et la plus fructueuse, en ce qui concerne soit l'érection de con- 
fréries du Rosaire, soit les pieux exercices qui y sont en usage, 
soit certaines dévotions annexes, comme le Rosaire perpétuel, 



242 ETUDES 

le Rosaire vivant, etc. : telles sont les questions qu'on trou- 
vera traitées dans ce livre avec clarté, onction et zèle. C'est une 
sorte de manuel fait avant tout pour les directeurs et associés 
des confréries du Rosaire ; mais il peut être utile aussi à tous 
les fidèles. L'auteur en effet le destine à tous. Plusieurs fois il 
exprime le désir que le rosaire , récité en commun , devienne 
l'arme de tous les défenseurs de l'Eglise, comme il le fut des 
soldats de Simon de Montfort, de Louis XIII à la Rochelle, et des 
Vendéens. Nul catholique ne saurait refuser de s'associer à ce 
vœu. 

VI. — Ce nouveau Mois du Saint Rosaire se recommande par 
la simplicité du ton et l'onction delà piété. II propose sur chaque 
mystère deux méditations ou lectures, courtes et substantielles, 
qui rappellent les sentiments de la sainte Vierge ou de Notre- 
Seigneur dont nous avons le plus besoin de garder le souvenir. 

VII. — Le Mois des Saints Anges présente les mêmes qualités de 
naturel et d'onction. La lutte de saint Michel, la mission de saint 
Raphaël, l'ambassade de saint Gabriel, le rôle providentiel des 
anges gardiens, les chœurs angéliques et leurs divers attributs, 
autant de leçons de confiance et de dévotion à nos célestes pro- 
tecteurs. 

VIII. IX, X. — Sous forme de méditations et d'examens, les 
trois volumes de M. l'abbé Maucourant renferment des traités 
complets d'humilité, de pauvreté, d'obéissance religieuses. La 
nature de chacune de ces vertus, ses degrés, sa nécessité, ses 
avantages, sa pratique, les obstacles qu'elle rencontre, les moyens 
de les surmonter, rien n'y manque de ce qui peut éclairer l'intel- 
ligence et solliciter la volonté. 

La probation dure un mois et comprend trente exercices; 
chaque exercice propose une « considération », des « affections », 
un « examen »; il se termine par un « bouquet spirituel ». 

Cette méthode est éminemment pratique. Quant à la doctrine, 
elle vient des meilleures sources de l'ascétisme religieux. L'au- 
teur, à chaque page, en appelle à l'autorité des maîtres de la vie 
spirituelle. Dans la forme, rien d^affecté ; tout est simple et de 
bon aloi. C. D., S. J. 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE S43 

I. — Fasti Mariani sive Calendarium Festoriiin Sanctae Marisa 
Virginis Deiparae memoriis historicis illastratum^ auc- 
tore F. G. Holweck, sacerdote archidiocesis S. Ludovici 
Americanœ. Friburgi Brisgoviae, Herder, 1892. în-12, 
pp. xxi-378. 

II. — La Dévotion à la sainte Vierge, d'après saint Alphonse 
de Liguori et Bossuet. Considérations sous forme de Mois 
de Marie^ avec prières tirées de saint Alphonse par le tra- 
ducteur des œuvres du vénérable Sarnelli. Paris, René 
Haton, 1893. In-16, pp. x-286. 

I, — Ce livre de près de quatre cents pages présente dans son 
plein épanouissement l'immense floraison du culte de la très 
sainte Vierge. C'est un calendrier explicatif des fêtes qui se cé- 
lèbrent dans l'univers entier, à la gloire de Marie. Or, presque 
pas un jour de l'année qui n'ait la sienne ; souvent même, plu- 
sieurs se pressent à la même date, et à voir cette multiplicité et 
diversité de vocables, on dirait que la confiance et l'amour ont 
comme épuisé les louanges à décerner et les titres à faire valoir. 
Un commentaire toujours succinct explique l'objet, rapporte la 
liturgie et le rite des diilérentes solennités. Quant h celles dont 
l'existence a persisté, sans que l'origine soit restée connue, elles 
figurent à leur rang chronologique. Le savant et pieux collection- 
neur a pu généralement remonter aux sources. Dans les cas où 
des documents de seconde ou de troisième main ne présentaient 
pas toutes les conditions de certitude, pour ne pas arracher, 
comme il dit, le bon grain avec l'ivraie, il s'est contenté d'une 
plus grande probabilité. Du reste, les références, les témoignages 
épistolaires eux-mêmes sont toujours indiqués. Cet ouvrage, où 
si ample satisfaction est donnée à la piété et à l'érudition chré- 
tienne, mérite à coup sûr d'être traduit dans les langues mo- 
dernes. Les fidèles de France, en particulier, y verraient avec 
une légitime fierté la vérification du vieil adage : Regnum Galliœy 
regnum Mariœ ; la France ne célèbre pas moins de deux cents 
fêtes spéciales, chaque année, en l'honneur de sa reine. 

II. — On ne saurait assez recommander ces pages où sont 
exposés, à la vive lumière de saint Alphonse et de Bossuet, les 
fondements de notre dévotion envers Marie. L'ordre de l'ouvrage 



244 ÉTUDES 

est celui des mystères auxquels la sainte Vierge a participé. La 
doctrine se déroule avec simplicité à travers trente et un cha- 
pitres destinés à servir de lecture pour c haque jour du mois, et sur 
ce riche fond de dogmatique se détachent, dans toute leur vigueur, 
les applications de la morale chrétienne. Il est juste de dire 
que, dans cette fonte de textes étrangers, il revient à l'auteur une 
part considérable de travail personnel, et ce n'est pas un mince 
mérite d'avoir su condenser, coordonner et mettre à la portée de 
tous les plus hauts enseignements de la théologie. — Faut-il rele- 
ver une incorrection de typographie ? Pourquoi le nom du véné- 
rable Sarnelli a-t-il été mis en évidence sur le dos de la couver- 
ture, comme si l'ouvrage devait lui être attribué? Simple distrac- 
tion que la prochaine édition fera disparaître, L. P., S. J. 



PHILOSOPHIE 

SCIENCES ET ARTS 

Le Problème spiritualiste. V Existence de Vâme. Conférences 
adressées aux étudiants de Rennes, par l'abbé H. Geillier, 
chan. hon., professeur de philosophie au grand séminaire. 
Paris, Delhomme et Briguet, 1892. In-12, pp. 287. 

L'existence de l'âme ! Au premier abord, un esprit superficiel 
serait tenté de regarder le livre et de passer outre, en se disant : 
Encore un appel qui résonnera au fond de quelques âmes 
croyantes, un flambeau qui éclairera des voyants ; maisatteindra- 
t-il au delà? Nous pourrions répondre que ce serait déjà faire 
œuvre bien utile. Mais, nous en sommes certain, le livre de 
M. l'abbé Ceillier dépassera le cercle modeste où il s'est renfermé. 
Aussi bien veut-il s'adresser, et avec raison, « spécialement aux 
jeunes gens», mais encore «aux hommes du monde qui, adonnés 
aux nobles labeurs de l'intelligence, éprouvent le besoin de 
défendre, contre les objections qu'ils trouvent dans leurs études, 
leur croyance à cette âme invisible et spirituelle qui est la plus 
noble partie d'eux-mêmes ». Et nous pouvons assurer l'auteur 
que ceux mêmes qui par vocation sont chargés de conserver le 
dépôt de la foi et d'enseigner leurs frères, seront heureux 
de trouver dans ces pages les ressources qu'il leur faudrait, à 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 2« 

grands frais de temps, aller chercher dans de ^volumineux ou- 
vrages. ' 

La lecture en est d'ailleurs rendue attrayante par deux qualités 
parfois trop rares chez les plus doctes : la précision dans la mé- 
thode et la loyauté dans la discussion, privilège et besoin de 
ceux en qui la vérité est clairement établie et solidement assise. 
La précision dans la méthode, d'aucuns la trouvent peut - être 
trop accusée : nous y verrons, nous, plutôt matière à éloge. Né- 
cessaire à des esprits jeunes pour les guider à travers des ques- 
tions délicates et subtiles, elle l'est aussi, soit dit sans modestie 
feinte, à ceux qui ont quelque habitude de ces problèmes : à 
tous elle ne peut qu'être souverainement agréable. 

Loyauté dans la discussion, tel est encore le programme de 
M. l'abbé Ceillier. Il l'a rempli avec fermeté, sans concession 
fâcheuse, et dans son livre la vérité porte avec soi un accent de 
franchise confiante qui lui sied : « Nous aimons trop la vérité pour 
vouloir la défendre par des procédés suspects, et nous avons trop 
foi en sa force pour croire qu'elle ait besoin de pareils services. » 
Nous sommes absolument de cet avis. 

Enfin nous compléterons notre pensée sur ce livre fort utile, 
en disant que si M. l'abbé Ceillier a parlé en vrai philosophe, il l'a 
fait surtout pour donner à l'apostolat du prêtre un plus sûr 
moyen d'accès auprès des adversaires sous les yeux desquels ces 
pages viendraient h tomber : ainsi aura-t-il défendu la cause de 
Dieu, à la fois par la science et par la charité. 

A. FLAMÉRION, S. J. 

Moses bar Kepha und sein Buch der Seele. Yon D' O. Braun 
( Moïse bar Képha et son livre de VAme^ traduit du syriaque^ 
par Ose. Braun ). Freiburg i. B., Herder, 1891. In-8, 
pp. viii-160. Prix : 4 mk. 

Moïse bar Képha, cvêque jacobite de Mossoul, n'est guère 
connu que par son livre du Paradis (Migne, P. G., CXI, col. 500, 
seq.). Il naquit en 815, à Balad, ville de Mésopotamie ; fut élevé 
dans le fumeux monastère de mar Sergius, y prit l'habit et monta 
sur le siège de Mossoul en 863. Le fol. 187'' du Cod. 37 (Vatic, 
mss. syr.) contient une notice anonyme qui nous fournit plus de 
détails sur cette biographie jusqu'ici très incomplète. Nous ap- 
prenons en particulier que la carrière scientifique et littéraire de 



246 ETUDES 

bar Képha fut très féconde. Exégèse, dogme, philosophie, litur- 
gie, homilétique, histoire, rien ne lui fut étranger. Pour donner 
une idée de son œuvre, il suffira de dire qu'il commenta toute la 
Bible, écrivit sur la plupart des questions théologiques, composa 
des livres de controverse, une histoire ecclésiastique, un nom- 
bre infini d'homélies, un commentaire de la Logique d'Aristote, 
etc. La plupart de ces ouvrages sont perdus ; il n'en reste que 
des fragments. Paris possède, pour sa part, un assez bon nombre 
d'homélies. 

Parmi ces restes mutilés, le D' Braun a rencontré un manus- 
crit syriaque (Vatic, 147) contenant l'ouvrage complet, dont il 
offre au public la traduction allemande. Nous regrettons avec lui 
que les circonstances ne lui aient pas permis de publier le texte 
original. Malgré ce desideratum, et bien que l'auteur ait dû tra- 
vailler sur un seul manuscrit, en assez mauvais état, l'on peut 
affirmer qu'il a fait une œuvre sérieuse. 

L'exactitude de la traduction nous est garantie, et par le ca- 
ractère de précision dont tout son travail est empreint, et par le 
soin scrupuleux qu'il a mis à citer textuellement les passages 
sujets à quelque doute. Ajoutons qu'exécutée sous la direction 
du célèbre professeur H. Guidi, elle sera sûrement appréciée des 
connaisseurs. 

Disons un mot du contenu. La première partie, biographique et 
bibliographique, nous fait connaître l'auteur, ses œuvres, sa 
doctrine : détails intéressants sur l'état primitif de l'homme, les 
fins dernières, le dogme de la transsubstantiation, etc. (p. 1-18). 

La deuxième partie contient la traduction du traité de bar 
Kepha (p. 20-132). Après une courte introduction, où l'auteur 
donne la liste des Pères cités au cours de l'ouvrage, on trouve 
une table des matières faisant partie du manuscrit, et qui nous 
met en présence d'un vrai traité de psychologie. Dans les qua- 
rante-quatre chapitres qu'elle renferme, il n'est presque pas de 
question métaphysique ou physiologique, afférente à cette ma- 
tière, qui ne soit touchée. Ce traité, du neuvième siècle, pour- 
rait sans trop pâlir supporter la comparaison avec bon nombre 
de nos récents manuels, et ne paraîtrait pas, malgré l'insuffi- 
sance de quelques solutions, d'une moindre actualité. 

Ainsi, après les thèses sur l'existence, la spiritualité, l'immor- 
talité de l'âme, bar Kepha aborde successivement les questions 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 247 

d'origine, du moment de l'infusion dans le corps, de l'union dans 
le composé, de la place qu'elle occupe, etc. , 

On connaît l'erreur des sectes syriennes, Vattente, qui ren- 
Toie la béatitude des âmes jusqu'à la résurrection. Aussi ne sera- 
t-on pas étonné de le voir traiter longuement de l'état de sépara- 
tion de l'âme, de son mode d'activité, des connaissances qui lui 
restent. 

Aux preuves de raison l'auteur ajoute brièvement l'argument 
de dogme. Quant à la méthode, elle est toute scolastique. Il ex- 
pose les opinions erronées, avec leurs preuves, les réfute, puis 
établit la doctrine, répond aux objections et conclut. 

La forme, ordinairement syllogistique, laisse place à tous les 
genres de raisonnements que l'auteur accumule avec rapidité et 
netteté, sauf dans certaines questions obscures ou la marche 
est plus diffuse. 

Une troisième partie de la publication (p. 133-160) contient 
une série de notes ayant trait aux matières de l'ouvrage, surtout 
à l'anthropologie et aux fins dernières, premier objet des études 
de M. Braun. 

Nous ne doutons pas que son travail, si intéressant d'ailleurs 
au point de vue des lettres syriaques, ne soit spécialement goûté 
de tous ceux qui estiment h sa valeur l'histoire des doctrines. 

On constatera une fois de plus comment ces écoles d'Orient, 
formées sur Aristote, ont préludé aux magnifiques développe- 
ments de la philosophie et de la théologie scolastique en Occi- 
dent. 

En terminant, que l'auteur nous permette d'exprimer un désir. 
Malgré la limpidité de la version allemande, nous pensons que 
la traduction latine d'un ouvrage de cette nature contribuerait 
bien mieux à sa diffusion. J. A., S. J. 

Le Problème de la vie, par le marquis de Nadaill\c, cor- 
respondant de l'institut. Paris, Masson, 1893. In-18, 
pp. 297. 

Dans, ce volume, M. de Nadaillac étudie, à l'aide de docu- 
ments paléontologiques, l'apparition et le développement de la 
vie, la succession des êtres sur le globe, l'antiquité de l'homme, 
sa nature physique et intellectuelle, son identité à travers les 



248 ÉTUDES 

siècles. Il n'hésite pas à confesser que, sur plusieurs de ces 
questions, la science manque de réponses expérimentales directes. 
« Virchow répondait à Haeckel, dans un congrès récent de natu- 
ralistes allemands : « Sur le point de jonction du règne organique 
« au règne inorganique, nous devons simplement reconnaître que 
« nous ne savons rien. » Il faut le répéter à notre tour... : l'appari- 
tion de la vie est... inconcevable pour l'intelligence humaine... » 
(P. 19.) — « Demandons-nous ce qu'est la vie elle-même... La 
vie est autour de nous, elle anime la nature entière ; nous la 
sentons en nous et nous ne pouvons la définir... Scire igtiorare 
magna scientia ! disait un philosophe ancien ; malgré nos pro- 
grès, c'est toujours le dernier mot de la science humaine ! » 
(P. 20-21.) Comment sont arrivés les êtres si divers qui peuplent 
le globe ? « Est-ce par une longue évolution ? Est-ce par une 
création renouvelée d'intervalle en intervalle ? Scientifiquement, 
nous ne pouvons démontrer ni l'une ni l'autre de ces théories. )> 
(P. 176.) 

On aurait tort de voir dans ces paroles l'expression d'une sorte 
de scepticisme scientifique. L'auteur veut seulement dire que la 
science, entendue au sens positiviste et purement expérimental, 
ne fournit pas à ces problèmes de solution positive et directe. 
Pour lui, la solution n'est pas douteuse. « Tout, depuis l'homme 
dans sa grandeur et dans son éclat, jusqu'à l'humble insecte que 
nous foulons aux pieds, jusqu'à la plante que le vent soulève^ 
remonte à l'Auteur des choses... » (P. 2.) La théologie le lui 
enseigne (p. 177). Il pense bien, sans doute, que la philosophie 
ou la science complétée par le raisonnement arrivent à la même 
solution : on aimerait peut-être voir cette vérité plus nettement 
exprimée. 

La science d'ailleurs, dit M. de Nadaillac, n'est pas absolu- 
ment désarmée en face de ces problèmes fondamentaux. M. Pas- 
teur « a prouvé d'une manière irréfutable la relation constante 
qui existe entre toute manifestation de la vie... et la préexistence, 
d'un germe vivant... » Tyndall a reconnu « qu'il n'est pas permis 
d'accepter la formation des organismes même les plus simples 
par la seule force d'actions physico-chimiques « (p. 24-25). 
Quant au transformisme, il n'a pour lui aucune preuve scienti- 
fique (p. 64, 175) ; cependant ce sont les faits qui font loi dans la 
science, « et la science n'est pas arrivée, que je sache, à ce point 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 249 

de décadence, d'admettre une hypothèse par cela seul qu'elle est 
possible » (p. 178). 

Cependant, par raison de sentiment, M. de Nadaillac incline- 
rait volontiers vers un transformisme mitigé. La plasticité, la 
puissance de modifications accordée par Dieu à certaine êtres 
serait, à ses yeux, « une conception plus religieuse, plus con- 
forme à l'idée de la puissance divine, que de supposer le Créateur 
procédant par créations brusques et intermittentes » (p. 177-178). 
Comment la première hypothèse glorifie mieux les attributs de 
Dieu, cela ne se laisse pas aisément voir ; la seconde, si ou veut 
entrer dans le champ des raisons spéculatives, montrerait davan- 
tage la suprême liberté et la totale indépendance de Dieu vis-à- 
vis son œuvre. Mais si l'on veut juger des pensées divines par les 
vestiges que nous présente la création, de l'absence de tout in- 
dice de transformations semblables, il semble plus juste de con- 
clure au fait « de créations brusques et intermittentes ». 

Quant à la distinction essentielle entre l'homme et l'animal, 
aucune hésitation, dit M. de Nadaillac, n'est permise. « Si haut 
que nous remontions dans le lointain passé, nous ne voyons sur 
aucun crâne, sur aucun ornement humain les témoignages de 
l'animalité ou même d'une infériorité primitive. » (P. 241.) « Nul 
fait connu, ni dans le présent, ni dans le passé, ne permet,... 
même au point de vue purement physique, d'abaisser l'homme 
jusqu'à l'animal. » (P. 243.) Il fait sien ce jugement d'un savant 
américain, le docteur Brinton : « Tout ce que l'on a écrit sur des 
tribus sans aucune espèce de religion n'a jamais pu supporter un 
examen sérieux. Les assurances contraires de sir J. Lubbock, 
d'Herbert Spencer, de certains écrivains français, viennent soit 
d'une erreur, soit d'une étude incomplète des témoignages qu'ils 
invoquent. » (P. 265.) Aussi il existe « une solution de continuité 
que rien, absolument rien, ne vient combler, entre l'animal... et 
l'homme... » [Ibid.) Les caractères d'une langue avancée qui se 
rencontrent dans le dialecte des Tinneh et des Australiens, 
montrent que les uns et les autres descendent d'une race plus 
civilisée et que leur état premier ne fut nullement un état infé- 
rieur (p. 268-278). « Devant ces faits, qui donc peut soutenir que 
l'homme et l'animal sont issus d'une souche commune? » (P. 295.) 

Nous avons dit les autres conclusions spiritualistes de l'auteur. 
Elles auraient été encore plus saisissantes s'il avait mis partout 

Bibliographie, IV. - 17 



250 ÉTUDES 

l'ordre, le raisonnement progressif, les vues synthétiques qui 
distinguent surtout les derniers chapitres de son livre. 

L. ROURE, S. J. 

I. — Le Phénomène spirite, par Gabriel Delanne. Paris, Gha- 
muel, 1893. In-18, pp. viii-296. Figures dans le texte. Prix: 
2 francs. 

n. — Le Spiritisme dévoilé, ou les faits spirites constatés et 
commentés, par A. Jeanniard du Dot. Bloud et Barrai, 1893. 
In-12, pp. 280. 

I. — Dans les livres écrits sur le Spiritisme, deux choses sont 
à considérer : les faits rapportés, les conclusions tirées de ces faits. 

L'ouvrage de M. G. Delanne contient peu de faits nouveaux. 
MM. Crookes, Nus, de Guldenstubbé, Zoëllner, les Proceeditigs of 
Society for Psychical Research.es lui ont fourni, en grande partie, 
ses cas de tables tournantes, frappantes et écrivantes, de lévitation 
humaine (soulèvement au-dessus du sol), de transmission de pen- 
sées, de révélations d'outre-tombe, de désagrégation de matière 
(objets traversant des corps solides), d'apparitions lumineuses, 
enfin de matérialisation (esprits revêtant un corps qui a toutes 
les apparences de la vie et peut même impressionner une plaque 
photographique). Parmi les faits cités, plusieurs paraissent hors 
de conteste ; d'autres auraient besoin d'une critique sérieuse. 
Ainsi on assure que MM. Myers, Gurney et Podmore ont établi 
« avec une rigueur véritablement scientifique » la réalité de 
sept cents cas à! hallucination télépathique^ et on en cite un exem 
pie où bien des circonstances demanderaient à être mieux déter- 
minées (p. 139-140). 

La partie délicate du travail est dans la discussion des faits et 
les conséquences qu'on en déduit. Ici l'auteur accuse de parti 
pris « l'esprit clérical » et la science officielle. L'esprit clérical, 
dont « la devise est : intolérance et fanatisme » (p. 11), voit dans 
les pratiques spirites l'intervention diabolique ; la science offi- 
cielle fait la conspiration du silence et du dédain, ou imagine les 
explications les plus contraires au bon sens. Pour M. Delanne, 
l'intelligence qui se manifeste dans les phénomènes spirites 
n'émane pas des opérateurs, puisque souvent les révélations 
faites dépassent les connaissances de ces derniers ; d'autre 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 251 

part, « l'existence d'un Esprit du mal est purement hypothé- 
tique » (p- 85 ) : donc ces communications viennent d'esprits dé- 
sincarnés. 

Le reproche fait à la science est vrai en partie ; cependant on ne 
peut interdire au savant tout essai de ramener aux forces natu- 
relles des phénomènes d'une portée encore mal définie, par 
exemple cette émission de force psychique ou de matière que 
l'auteur admet chez les médiums [p. 73-75, 219). Quant à« l'exis- 
tence d'un Esprit du mal », est-il bien certain qu'elle « est pure- 
ment hypothétique » ? Vous admettez que les esprits survivent 
à la séparation d'avec le corps : pourquoi n'existerait-il pas de 
purs esprits ? Vous admettez le témoignage des communications 
surnaturelles : mais certaines tables n'ont-elles pas laissé enten- 
dre que l'esprit qui les dirigeait était Tesprit k jamais maudit? 
D'ailleurs, si votre seul dessein, en propageant les doctrines spi- 
rites, est d'établir la croyance à l'immortalité de l'âme et au bon- 
heur futur (p. 262-268), pourquoi vous en prendre « à l'esprit 
clérical » comme à un ennemi? L'Eglise enseigne ces deux cho- 
ses, elle enseigne même que les âmes des défunts peuvent, si 
Dieu le juge bon, communiquer avec les vivants, et elle montre 
dans la vie de ses saints de semblables manifestations; mais elle 
pense que beaucoup d'interventions, que vous attribuez aux âmes 
seules, doivent être mises sur le compte des esprits mauvais ou des 
âmes soumises au démon et agissant sous sa direction. De là, ce 
qu'il y a de mesquin, de puéril, souvent de ridicule dans presque 
toutes ces manifestations. On se figure difficilement une âme 
sainte et bienheureuse s'incarnant dans un guéridon, faisant voler 
une sonnette par un appartement (p. 157), ou se prêtant aux 
expériences de la balance, du levier, de l'accordéon, dans un 
laboratoire de physicien (p. 65-68, 120-122). Et si l'Eglise défend 
ces pratiques, c'est que toujours il peut s'y mêler quelque chose 
de diabolique. 

A parler franc, le point central du spiritisme et la raison de la 
guerre qu'il fait h « l'esprit clérical », c'est qu'il n'admet pas 
a qu'il puisse exister un pénitencier où des âmes seraient éter- 
nellement torturées » (p. 283). Et si le diable a une fois gagné 
de nous persuader que tôt ou tard, quoi que nous fassions, nous 
arriverons au bonheur ( p. 286 ), il n'est pas illogique, suivant 
le reproche que l'auteur adresse à l'explication catholique du 



252 ÉTUDES 

spiritisme (p. 85 ), en venant nous entretenir de la vie future. 

La philosophie de l'auteur présente d'autres difficultés. «Le spi- 
ritisme, dit-il, n'est pas une religion » (p. 253) : il montre cepen- 
dant assez la prétention de se substituer aux religions actuelles. 
— « Il n'a pas de dogmes » (ibid.), c'est une doctrine toute posi- 
tive : mais quelle expérience lui a appris que les esprits « peu- 
vent être occupés dans l'espace à des recherches ou à des tra- 
vaux qu'il ne leur est pas possible d'abandonner sur-le-champ », 
aussi ne répondent-ils pas toujours au premier appel ; qu' « il y en 
a un très grand nombre qui ne se rendent pas compte de leur 
état » (p. 256) ; qu'ils se réincarnent sur ces terres qui peuplent 
l'infini (p. 274), etc. ? — Le spiritisme « n'a pas de mystères, » 
ajoute-t-il (p. 253) : il semble bien, au contraire, que ce monde des 
esprits en est plein; certains phénomènes spirites ne contredisent- 
ils pas toutes les lois physiques connues ? — « Il n'a pas de rituel )> 
(p. 253) : mais qu'est-ce que ces passes sur une table? qu'est-ce 
que ces conditions nécessaires aux matérialisations : salle spé- 
ciale pour le médium, semi-obscurité, « conditions qui, suivant 
la remarque de l'auteur, prêtent fortement à une suspicion légi- 
time »? (P. 171.) Qu'est-ce tout cela, sinon certains rites qui, à 
la façon des rites ordinaires, produisent des faits d' « une inva- 
riable monotonie »? (P. 242.) 

Mais la conclusion la mieux établie qui ressort des expériences 
spirites et où il est pleinement d'accord avec « l'esprit clérical », 
c'est qu'il existe quelque chose au-dessus du corps et par delà le 
tombeau. Et ce coup qui atteint le matérialisme porte droit et 
juste. 

II. — M. Jeanniard du Dot aborde à son tour la discussion des 
faits spirites, mais avec une philosophie autrement trempée et 
solide. Son point de départ est le livre du docteur Paul Gibier, 
intitulé le Spiritisme [fakir-isme occidental): on y trouve réuni 
un grand nombre de faits d'une authenticité soigneusement éta- 
blie. La conclusion de M. Jeanniard est celle-ci : « Tous les phé- 
nomènes physiques correspondent immédiatement h des causes 
naturelles, et non point à nos volontés ou à nos désirs. On peut 
les provoquer, sans doute, mais toujours par des moyens phy- 
siques appropriés rationnellement au but à obtenir. Les faits spi- 
rites, au contraire, sont de telle nature que, pour les obtenir, il 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 2S3 

est toujours nécessaire et souvent suffisant de formuler sa de- 
mande, ou de la sous-entendre au moins; les actes matériels 
ajoutés n'étant qu'une cérémonie ou un signal convenu.... Les 
spirites ont donc afifaire à une cause libre. » (P. 259.) Et cette 
conséquence s'impose avec d'autant plus d'évidence que^ parmi 
les phénomènes spirites observés, plusieurs, comme la lévitation, 
contrarient les lois physiques connues, et on ne saurait admettre 
l'existence de lois naturelles contradictoires (p. 156). 

Mais cette cause libre qu'il faut reconnaître, quelle est-elle ? 
Les faits spirites que Ton signale ne sont, à vrai dire, que « des 
amusettes ingénieusement frivoles » (p. 129), des exhibitions par- 
faitement oiseuses, faites pour une salle de spectacle, ou des 
expériences sans portée morale qui se passent entre les quatre 
murs d'un laboratoire de savant. Or, il n'est pas vraisemblable 
que lésâmes de nos « défunts», qui n'ont plus aucun rôle ordinaire 
à remplir dans ce monde des vivants (p. 14), ou les bons anges, se 
prêtent à ces futilités mesquines. Ce seraient d'ailleurs des anges 
bien « laïques » (p. 70), que des esprits qui aiment assez dans 
leurs communications à faire abstraction de Dieu ou même se 
livrent à des facéties que M. Paul Gibier, peu prude de sa na- 
ture, trouve « d'un goût douteux » (p. 38). Il n'y a donc qu'une 
chose à dire : c'est que l'esprit qui se cache derrière tout cela 
est l'esprit mauvais, le singe de Dieu. 

Les explications que les savants hasardent sont vaincs et ne 
répondent pas aux faits h expliquer ; « mais quand la science se 
tait, les savants parlent encore » (p. 80) ; et ici la peur du surna- 
turel révélé les obsède. Pour M. Crookes, il ne doute pas avoir 
eu affaire à l'esprit de Katie King matérialisé, et M. Crookes a 
toutes les allures d'un observateur sérieux et d'un narrateur sin- 
cère. Mais n'aurait-il pas été dupe, soit du diable, le plus madré 
des escamoteurs, soit de quelque héritier de Robert-Houdin ? 
M. Jeanniard du Dot pencherait assez pour cette dernière hypo- 
thèse ; et le silence dont M. Crookes s'enveloppe, « son abandon 
des études psychiques et son brusque retour à ses études pre- 
mières»» (p. 108) donnent quelque vraisemblance à ces soup- 
çons. 

On voit assez, à cette rapide analyse, combien le Spiritisme dé- 
voilé prouve un esprit sérieux et sagace qui ne se paye pas de 
mots. Sa doctrine est celle des meilleurs docteurs catholiques, 



254 ÉTUDES 

et elle a encore le mérite d'être présentée sous une forme vive, 
alerte, souvent humoristique et fiaement enjouée. Avec cela, en 
matière de langage, M. Jeanniard est d'un purisme même un 
peu farouche. Il ne lui suffit pas que les témoins qu'il invoque 
soient sincères, il aime encore que leurs dépositions soient con- 
formes à l'orthographe et à la syntaxe. Mais ce n'est pas chose si 
banale que de trouver un homme toujours prêt h rompre une 
lance en faveur de la grammaire, et on ne saurait, par le temps 
qui court, lui en savoir mauvais gré. 

Il a aussi un autre culte, celui de saint Thomas. En fait de 
docteurs, il ne pouvait mieux choisir. Mais saint Thomas est 
assez riche pour qu'on ne soit pas obligé de lui prêter. « Saint 
Thomas, écrit-il, semble avoir prévu tous les faits spirites. » 
(P. 14.) Quoi! même la photographie des esprits matérialisés! 
On a voulu seulement dire que le grand penseur avait posé tous 
les principes qui permettent d'expliquer sainement tous les 
phénomènes spirites; et c'est là pour lui un beau titre de gloire. 

L. ROURE, S. J. 

Du rôle des concepts dans la vie intellectuelle et morale. 

Essai théorique d'après une vue de Vhistoire^ par Georges 
DuMESNiL, chargé de cours à la Faculté des lettres de Tou- 
louse. Paris, Hachette, 1893. In-8, pp. xvi-250. 

Le dessein de M. G. Dumesnil ne manque pas d'ampleur : il 
se propose d'établir les lois de l'évolution de l'esprit humain, 
ce qu'il appelle la généalogie des concepts. « L'esprit humain, 
dit-il, dès qu'il réfléchit sur la Nature (l'auteur a cette habitude 
agaçante d'écrire partout Nature avec un grand N), y réfléchit le 
concept spontané de sa propre nature, d'où la religion d'abord. 
Mais la Nature à son tour enseigne l'esprit, d'où une première 
ébauche de la science. Réfléchissant sur les données de la 
science, l'homme reconstruit le système du monde,... d'où la 
philosophie. La philosophie participe donc de la religion par sa 
méthode, qui est de construire un système du monde avec des 
concepts, et de la science par sa matière... L'histoire des idées 
tout entière, depuis l'antiquité jusqu'à nos jours, se laisse con- 
cevoir comme une marche progressive vers V objet absolu^ suivie 
d'une régression vers le relatif et le subjectif. De l'antiquité au 
christianisme, l'esprit, par un procédé d'intégration et de sim- 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 255 

plification, marche vers un concept définitif de Dieu unique qui 
domine et remplit tout le moyen âge. Depuis le moyen âge jus- 
qu'à nos jours, l'esprit fait un travail de désintégration et de 
complication, il se rapproche de la Nature et du relatif, et par 
là il rend possible la constitution de la science. Il aboutit en 
philosophie au subjectivisme. » (P. ix-xi.) 

Nous avouons n'avoir qu'une médiocre confiance dans ces vas- 
tes synthèses plus ou moins renouvelées d'Auguste Comte. De 
combien de postulata ruineux l'auteur étaye son système ! 
L'homme a commencé par la barbarie et le polythéisme; le 
christianisme, avec sa croyance à un Dieu unique, a pris nais- 
sance par une sorte d'évolution naturelle ; son avènement a été 
préparé par un progrès de l'idée monothéiste ; le subjectivisme 
moderne est à l'opposé du concept de l'absolu. 

La barbarie et le polythéisme primitifs sont démentis par l'his- 
toire. Quant à cette préparation du christianisme, nous n'aperce* 
vons pas dans le monde le progrès de l'idée monothéiste de Platon, 
par exemple, à l'ère chrétienne; lorsque le christianisme apparut, 
quelques délicats étaient stoïciens, la foule était en plein poly- 
théisme. Notre subjectivisme moderne est double : sa forme 
phénoméniste et positiviste peut être le fruit d'un travail excessif 
de désintégration et d'analyse. La forme panthéistiquc qu'il revêt 
en Allemagne est bien plutôt l'expressiOQ extrême d'une idée 
synthétique et absolue. 

11 semble qu'il faille chercher beaucoup moins haut et moins 
loin les lois de l'esprit humain. L'esprit humain vise à la fois 
à l'analyse et à la synthèse; il examine les phénomènes, il les 
décompose, puis s'efforce de les ramener à l'unité : il entremêle 
sans cesse ces deux opérations. A certaines époques, l'une 
pourra l'emporter sur l'autre, mais toujours elles tendront à une 
sorte d'équilibre; et sur ce point la religiou, la philosophie et 
la science se ressemblent. La « courbe du mouvement de l'esprit 
à travers toute l'histoire i> a ce balancement continuel. 

Pour signaler maintenant quelques points particuliers, nous 
nous permettrons de faire remarquer à l'auteur que l'invention 
du « désert monothéiste » est une facétie dont on peut rire, mais 
qu'on ne cite pas sérieusement (p. 4); qu'il faudrait s'expliquer 
mieux sur la volonté et la raison qu'il accorde à l'animal (p. 6-8); 
que, dans la doctrine catholique, la chute originelle n'a pas 



256 ÉTiUDE;S 

vicié ou adultéré la raison dans sa force native, et ce n'est pas 
là ce qui rend la foi nécessaire à l'homme (p. 83 et 140) ; que 
Dieu est, à proprement parler, non pas cause de soi, mais prin- 
cipe sans cause ; que le Père engendre son Fils non par un acte 
libre, mais par un acte aussi nécessaire que sa nature même 
(p. 189). Nous ne voyons pas non plus pourquoi on fait de 
Duns Scot un nominaliste (p. 99); c'est un réaliste plus ou moins 
mitigé. 

En somme, thèse contestable présentée sous une forme trop 
tendue, avec des vérités de détail et des aperçus quelquefois 
ingénieux. L. ROURE, S. J. 

Jeunesse, par G. Wagner. Paris, Fischbacher, 1892. In-18, 
pp. iv-417. 

Cet ouvrage s'offre à nous avec l'estampille de l'Académie 
française ; l'illustre compagnie en a couronné de meilleurs assu- 
rément, mais de pires aussi. 

Jeunesse se divise en trois livres : I, VHéritage; II, les Héri- 
tiers; III, Vers les sources et les sommets. 

Dans ce cadre fort large, M. C. Wagner a réuni les idées les 
plus diverses : il parle de l'esprit du siècle et de ses contradic- 
tions, de l'orientation intellectuelle et morale de la jeunesse, de 
l'esprit de parti, de la joie, de la chasteté, du travail, des plai- 
sirs, et de bien d'autres choses encore. 

Cet éparpillement des forces de l'auteur ne lui a point permis 
d'avoir des vues neuves, originales, personnelles, sur les différents 
sujets qu'il aborde. Ses idées, pour l'ordinaire, sont des lieux 
communs, connus de quiconque a réfléchi. Çà et là pourtant des 
pages se dégagent noblement pensées, élégamment écrites. C'est 
avec un enthousiasme communicatif qu'il exhorte la jeunesse au 
travail (p. 263-268), à l'amour de la vie de famille (p. 327-333); 
qu'il cherche à l'éloigner des plaisirs malsains (p. 308-310), à 
lui faire aimer la patrie (p. 365-370). 

Malheureusement, des affirmations, pour le moins contestables, 
se rencontrent trop fréquemment. « Le droit se lève, s'écrie-t-il 
avec un accent inspiré, en présence de notre société ; la force est 
en baisse;... l'étoile de la France démocratique, un instant obs- 
curcie par la force brutale et raillée à l'envi par les sectaires du 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 257 

vieux despotisme ou de la barbarie nouvellç, remonte à l'horizon 
comme la messagère d'un temps meilleur. » (P. 209.) 

Ailleurs (p. 214) : « Que l'école soit laïque, libre d'attache avec 
telle ou telle religion, indépendante en un mot au point de vue 
confessionnel, c'est un grand bien. » — Non, Monsieur, c''est un 
grand mal, car l'enfant doit y apprendre ses devoirs envers Dieu, 
source de tous les autres devoirs et première étude nécessaire. 
Dans le peuple spécialement, cette instruction si nécessaire de- 
vient impossible, et voilà le jeune homme jeté sans boussole sur 
l'océan le plus orageux. 

Au milieu des tristesses que l'état moderne lui présente de 
tous côtés, M. Wagner a découvert des lueurs d'espérance : des 
symptômes de décomposition apparaissent partout, il est vrai, 
mais aussi on entrevoit des signes de résurrection. — Et quels 
sont donc ces germes précieux d'une vie nouvelle ? « C'est d'a- 
bord une parole d'Edgar Quinet, bien touchante comme préoc- 
cupation d'avenir: L' abeille prépare d'avance sa pâture à la larve 
près d'éclore. Faisons comme l'abeille. Préparons la substance du 
monde qui va naître^ et mettons-la à côté de son berceau. » 
(P. 184.) 

Ce présage si rassurant sur le sort du mondc^ M. Wagner le 
corrobore par une page de Michelet tout aussi concluante (p. 185), 
et surtout par deux passages du discours de M. Léon Bourgeois, 
le sympathique ministre de la justice, alors ministre de l'instruc- 
tion publique. Il faut citer le premier de ces oracles, signe assuré 
de temps meilleurs. « Notre pédagogie sera certainement plus 
large. Rien de ce passé ne lui est ni étranger ni inutile. Un grand 
philosophe français définissait ainsi, il y a quelques jours & 
peine, le but de notre enseignement : « Il doit transporter l'évo- 
lution humaine, en ce qu'elle a de meilleur, dans l'esprit de l'in- 
dividu. Tous les états philosophiques, dont nous avons rappelé 
la succession, ont préparé l'esprit de l'humanité moderne; tous 
les procédés de culture ont eu de même leur utilité partielle, et 
notre tâche doit être de reconnaître et de conserver ce que cha- 
cun d'eux peut avoir encore de profitable pour la formation et le 
développement d'un esprit contemporain. » (P. 187.) Comme 
symptôme de résurrection nationale, on pourrait, croyons-nous, 
en trouver de plus consolant que ces paroles prétentieuses et 
vides. 



238 ETUDES 

Mais ce qui est plus grave assurément, c'est que M. Wagner 
oublie presque toujours de tourner les regards de la jeunesse 
vers le ciel. Il la voudrait bonne, laborieuse, rangée ; il lui mon- 
tre les écueils à éviter, l'idéal à poursuivre, mais aucun secours 
surnaturel ne lui est indiqué ; l'auteur même semble en ignorer 
l'existence. 

Dans un passage élevé, il exalte le respect de soi, il chante, 
avec des accents convaincus, la beauté de la chasteté ; mais lui, 
qui cite fréquemment la sainte Ecriture, néglige de rappeler aux 
jeunes gens l'enseignement si grave de la Sagesse sur ce point, 
c'est-à-dire la nécessité de la prière i. Prévoyant le cas où la 
défaite arrivera, il encourage son disciple à se relever courageu- 
sement, car « un homme à terre, dit-il excellemment, n'est pas 
un homme mort » ; puis aussitôt il se lamente, affirmant que le 
jeune blessé dans cette lutte terrible ne trouve presque jamais 
une main délicate et amie qui l'aide à se remettre debout. 
M. Wagner ne connaît-il donc pas le ministère si fortifiant du 
prêtre catholique au confessionnal, de l'éducateur religieux au- 
près des nombreux élèves dont il a su gagner la confiance et 
l'afïection ? Il y a là pour lui un intéressant sujet d'études fort 
utiles. 

Il termine son livre par un appel à la foi ; mais quelle foi rape- 
tissée, amoindrie, atrophiée ! « Toutes nos expériences et celles 
du passé, dit-il, vivifiées à travers notre âme, se condensant en- 
semble et constituant pour nous la révélation personnelle que 
nous a fait la vie : voilà la foi. » (P. 392.) Bien malheureux, en 
vérité, qui n'a pour se soutenir dans la lutte de chaque jour que 
cette caricature de la foi véritable. 

Autrefois, Cicéron écrivait à son ami Dolabella (lett. dcc) : 
Nihil virtute for/nosius, nihil pulchriuSy nihil amabilius ; « Rien de 
plus beau, de plus aimable, de plus séduisant que la vertu. » — 
« Rien de plus beau que la joie, » répond M. Wagner, parlant de 
la joie noble, honnête, il est vrai. Faudrait-il conclure de ce 
rapprochement que des hommes vivant au milieu du christia- 
nisme, mais sans vouloir en subir l'heureuse influence, voient 
moins haut et moins loin que les païens eux-mêmes ? Il y a trop 
d'élévation morale, trop d'amour du beau dans l'âme de M. Wa- 

1. Et ut scivi quoniam aliter non possem esse continens nisi Deus det... 
adii Dominum, et deprecatus sum illum. (Sap., viii, 21.) 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 259 

gner, pour qu'il puisse s'en tenir longtemps à ce terre à terre, 
indiofne de lui. P. BLIARD, S. J. 



Rafaels Wandgemaelde. « Die Philosophie » genannt die Schule 
von Athen, von Franz Bole. Brixen, A. Weger, 1891. In-8, 
pp. 44. Prix : 1 Mk. 20 Pf. 

M. Franz Bole se faisant notre cicérone, au meilleur sens du 
mot, s'attache à nous expliquer le sujet de l'École d'Athènes. Ce 
tableau est avant tout une sorte de résumé de l'histoire de la phi- 
losophie grecque ; ses divers groupes peuvent représenter aussi 
les sept branches d'arts libéraux cultivées au moyen âge ; mais 
Ifî n'est pas l'intention principale de Raphaël. Avec le coup d'œil 
du génie qui devance les recherches des crudits et des savants, 
ce grand peintre a parfaitement saisi les traits caractéristiques 
de l'évolution de la pensée chez les Grecs, et il est intéressant de 
voir avec quel art il sait mettre sous nos yeux ce que notre com- 
mentateur appelle l'A B C D de la sagesse, son apogée et son 
déclin. MM. Maurice et Alfred Croiset, avec tous les maîtres de 
l'histoire de la littérature grecque, peuvent être fiers de rencon- 
trer un tel nom sur la liste de leurs devanciers. 

M. Bole a eu l'heureuse idée de joindre à son excellente no- 
tice la reproduction du tableau étudié ; nous l'en félicitons. Cette 
gravure met le lecteur à même de juger de la vérité de sa thèse, 
et augmente l'intérêt de son commentaire, auquel il ne manque 
peut-être qu'un tour un peu plus artistique et par là plus en 
rapport avec le sujet traité. E. ROUFFIAC, S. J. 

La Condition de la propriété dans le nord de la France. Le 
Droit de marché, par M. J. Lefort, lauréat de l'Institut, 
avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation. Paris, 
Ernest Thorin, 1892. In-8, pp. vii-223. 

Un mémoire de M. Lefort sur cet intéressant sujet a été lu à 
l'Académie des sciences morales et politiques ; il l'a revu et com- 
plété dans ce volume. Mais qu'est-ce donc que le Droit de Mar- 
ché? C'est un singulier usage de vieille date, aujourd'hui encore 
en vigueur dans le département de la Somme. En vertu de cet 
usage, qui a la puissance d'une coutume, les fermiers détiennent 



260 ÉTUDES 

héréditairement et à perpétuité les biens qu'ils ont loués. Quelle 
en est l'origine, l'histoire, l'état actuel ? Y a-t-il à l'étranger des 
situations analogues à celle qui est faite aux propriétaires pi- 
cards? A toutes ces questions, l'auteur essaye de répondre, et il 
le fait avec érudition et talent, sans avoir la prétention de donner 
le dernier mot sur la matière. Voici l'ensemble de ses investiga- 
tions résumées dans une conclusion nette et précise, suivie d'un 
appendice, d'une bibliographie des ouvrages consultés et d'une 
table alphabétique. 

Que dire d'abord de l'origine du Droit de Marché? Suivant 
M. Lefort et de nombreux juristes, il est né d'un ahus. Les fer- 
miers picards se sont peu à peu arrogé ce Droit, forts qu'ils 
étaient de leur habile culture, de l'impuissance ou de l'insou- 
ciance des propriétaires. Mais plusieurs des contemporains qui 
ont traité ce sujet estiment au contraire que le Droit de Marché 
s'est imposé par la force inéluctable des choses, puisqu'il s'agis- 
sait de défricher des terres couvertes de forêts et abandonnées. 
L'auteur lui-même ne paraît pas éloigné de ce sentiment : « Cette 
coutume, assure-t-il, répondait jadis à un besoin, h une loi naturelle 
même. » (P. 149.) Toutefois, et ici nous entrons dans l'histoire, 
tel ne fut pas l'avis de l'ancien régime, fort capable assurément 
de connaître et d'apprécier sur ce point la vérité. Les édits de 
1679, de 1707, de 1714, de 1724, témoignent qu'à la faveur des 
longues guerres dont un pays voisin de la frontière a dû souffrir, 
les fermiers se sont attribué un prétendu Droit contre lequel les 
circonstances ne permettaient pas aux bourgeois d'abord, puis 
aux seigneurs et aux ecclésiastiques, de protester. Ces édits, spé- 
cialement ceux de Louis XIV, étaient fort sévères, et pourtant ils 
échouèrent contre la ténacité, la solidarité et la violence des 
occupants. Ceux-ci luttaient par les incendies, par les ravages et 
les meurtres, contre les prescriptions de la royauté. C'est ainsi 
qu'en dépit des répressions cette coutume s'est perpétuée jusqu'à 
nos jours. M. Lefort, tout en signalant ses incontestables désa- 
vantages dans le présent, n'hésite pas à en reconnaître dans une 
certaine mesure les bienfaits (p. 150). Beaucoup de propriétaires 
même l'acceptent, parce qu'ils y trouvent leur profit ; les tribu- 
naux homologuent des actes le concernant, et le fisc ne perçoit 
le droit de mutation que sur les terres grevées de cette servitude. 
Il n'en est pas moins vrai, comme l'affirme M. Lefort, qu'elle est 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 261 

visiblement contraire à l'article 1709 du Code civil, et par consé- 
quent illégale. Que faire néanmoins contre 'une coutume enraci- 
née dans l'esprit et la pratique des fermiers, bien qu'elle ne soit 
justifiée ni par les conditions des anciennes tenures rustiques, ni 
par les contrats perpétuels usités au moyen âge ? Puisqu'elle a, 
avant et après la Révolution, bravé tous les efforts des pouvoirs, 
il y aurait folie, dit sagement l'auteur, à reprendre une lutte inu- 
tile et dangereuse. Déjà l'on remarque, ajoute-t-il, une tendance 
à la diminution de ce Droity grâce au rachat par le propriétaire, 
aux cultures industrielles et à l'acquisition des terres par les fer- 
miers ; le progrès des mœurs, ou plutôt, à mon sens, les transfor- 
mations progressives de l'économie rurale, élimineront lentement 
ce prétendu Droit, toujours si fortement vivace dans les popula- 
tions. 

Afin de prouver h l'auteur avec quelle attention sympathique 
je l'ai lu, je lui soumets les observations suivantes. Ses notes, si 
pleines de savoir, sont tellement nombreuses qu'elles forment un 
sous-sol presque aussi étendu que le texte. Beaucoup auraient pu 
y trouver place ; d'autres, les plus longues, eussent convenable- 
ment figuré à l'Appendice. Peut-on dire que la Révolution, à la 
fin du dix-huitième siècle, a été, au lieu d'un amas de ruines, 
une simple « transformation politique et sociale » ? A-t-ellc éman- 
cipé la propriété agricole, alors qu'il y avait déjà des millions de 
cultivateurs propriétaires? 

Je ne veux pas rester sur ces quelques réserves, et je m'empresse 
de rendre justice à la méthode savante de l'auteur, à ses recher- 
ches intelligentes et à sa discussion bien menée. 

G. GANDY. 

Cours d'astronomie, à V usage des étudiants des Facultés des 
sciences^ par B. Baillaud, doyen de la Faculté des sciences 
de Toulouse, directeur de rObservatoire. — Première 
partie : Quelques théories applicables à l'étude des sciences 
expérimentales. Paris, Gauthier- Villars, 1893. 1 vol. in-8, 
pp. vi-285. 

Dans ce volume, M. Baillaud se propose de donner à l'élève 
astronome les nombreuses connaissances qu'il doit posséder pour 
entreprendre avec profit l'étude du ciel. On pourrait avec assez 



262 ÉTUDES 

de vérité, je pense, intituler ce premier volume : Examen critique 
des procédés de V astronomie. 

Pour élever Tédifice astronomique, on observe et on calcule. 
Le résultat direct d'une observation est un nombre lu sur la gra- 
duation d'un instrument. De là un premier sujet offert à la cri- 
tique : On a observé plusieurs fois le même phénomène; les nom- 
bres trouvés, en général, diffèrent peu entre eux, mais enfin ils 
diffèrent; quel nombre faut-il adopter pour s'écarter le moins 
possible de la mesure vraie du phénomène? C'est à cette impor- 
tante et difficile question que s'efforce de répondre le calcul des 
probabilités, dont M. Baillaud fait un exposé succinct dans une 
première partie de son livre (ch. i et ii, 48 p.). 

Le calcul des probabilités vient d'apprendre à comparer les 
résultats d'observation entre eux, à déterminer le résultat le plus 
probable, et pour cela il a dû tenir compte des diverses causes 
d'erreur. Très bien; mais ces causes d'erreur, quelles sont-elles ? 
d'où proviennent-elles? comment les reconnaître, les atténuer? 
Parmi elles, les unes sont personnelles à l'observateur, les autres 
sont dues à la nature des instruments d'observation et peuvent 
être évitées en partie ou corrigées après coup, grâce à la connais- 
sance préalable des défauts de l'instrument employé. La critique 
des instruments fournit matière aux chapitres iii-vii du livre ac- 
tuel. 

Avant tout, il importe de comprendre nettement la théorie des 
appareils utilisés. Partant donc du sommet le plus abstrait, l'au- 
teur étale devant son lecteur 70 pages d'optique géométrique où 
les formules se pressent, mais où la description des instruments 
n'est pas invitée à figurer. La théorie y est exposée en suivant la 
méthode de Gauss et quelques perfectionnements introduits par 
Biot, Bravais, Listing. Voici quelques-uns des sujets traités en 
cet endroit : Marche d'un rayon simple très peu incliné sur l'axe, 
les termes du troisième ordre par rapport h cette inclinaison étant 
négligés; — dispersion d'un rayon composé, causée par l'inégale 
réfrangibilité des rayons composants; — aberration de sphéricité 
d'une lentille ; — propriétés des faisceaux infiniment minces. 

Avec le chapitre vi, on passe de la théorie abstraite à la théorie 
concrète des instruments d'optique : c'est encore de la théorie ; 
dans le chapitre suivant, au contraire, nous rencontrons la des- 
cription d'un certain nombre d'appareils optiques, ainsi que la 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 263 

théorie et la description de quelques autres instruments usuels : 
horloges, vernier, niveau, micromètre, hélidmètre. Ici, le direc- 
teur de l'Observatoire de Toulouse ne se borne pas à une simple 
description de mécanisme, il indique encore l'usage des instru- 
ments, la manière de les étudier et d'en déterminer les constantes. 
Il y a là des renseignements précieux. 

L'astronome vient de quitter la coupole de l'Observatoire, il 
rentre dans son cabinet de travail ; comment va-t-il profiter des 
données laborieusement conquises? II va calculer, mais calculer 
sur des nombres qu'il sait être seulement approchés. Cette ap- 
proximation est connue, la comparaison des observations l'a 
mise en évidence à l'aide du calcul des probabilités ; mais quelle 
sera l'approximation des conclusions déduites de ces données? 
Question importante. De plus, les problèmes à résoudre vont 
présenter des difficultés de calcul telles qu'il faudra dans beau- 
coup de cas renoncer à des solutions sous forme finie : nouvelle 
question d'approximation. Nous voici donc en présence d'un troi- 
sième objet de critique : la critique des méthodes de calcul. 
M. Baillaud y emploie les deux derniers chapitres. 

Consacré à la trigonométrie sphérique, le chapitre viii débute 
par d'excellentes remarques sur la mesure des angles et le degré 
de précision des formules. 

Les solutions diverses du problème de l'interpolation, l'éva- 
luation approchée des intégrales définies, divers développements 
en séries, des notions brèves sur les séries trigonométriques et 
plusieurs théorèmes intéressants sur les expressions trigonomé- 
triques forment la matière du chapitre final. 

Nous avons esquissé l'ouvrage et montré quel en était le cadre ; 
comment l'auteur l'a-t-il rempli ? La quantité des matières accu- 
mulées dans ces 285 pages est considérable, et la rédaction se 
distingue par une concision extrême. Des titres en caractères 
gras très multipliés ont pour but évident de faciliter les recher- 
ches et l'intelligence du texte. L'auteur a-t-il complètement réussi 
à présenter une exposition claire? Nous ne le pensons pas, mais 
nous croyons que, pour y parvenir tout h fait, peu de modifica- 
tions seraient nécessaires : rendre plus nettes certaines défini- 
tions; combler quelques lacunes laissées par des sous-enteudus 
trop fréquents, soit dans les calculs eux-mêmes, soit dans l'ex- 
plication des notations; enfin, mettre plus eu évidence les idées 



264 ÉTUDES 

dirigeantes, ce qui en outre offrirait l'avantage d'atténuer la sé- 
cheresse et la monotonie des calculs. 

Tel qu'il est, cet ouvrage est un livre d'étude sérieux, instruc- 
tif, d'une lecture un peu pénible, mais qui, une fois étudié et com- 
pris, deviendra un vrai secours pour rappeler rapidement à la mé- 
moire des connaissances fugitives. M. Baillaud a donc fait un 
livre vraiment utile et recommandable. g BERLOTY S T 

La Découverte de la photographie en 1839, par Mentienne. 
Avec portrait et planches. Paris, Paul Dupont, 1892. In-8, 
pp. x-162. 

M. Mentienne, ainsi qu'il nous apprend lui-même (p. ix), est le 
fils d'un ami intime de Daguerre ; maintes fois, nous dit-il, il a 
entendu ce dernier raconter, avec feu, ses essais, ses déceptions 
et enfin son succès ; c'est donc pour rendre hommage à une 
chère et illustre mémoire qu'il a réuni et publié une collection 
de documents et notices utiles pour faire connaître Daguerre, et 
principalement l'histoire de la célèbre invention à laquelle son 
nom ainsi que celui de Niepce restent attachés. 

Le titre ne donne pas une idée suffisamment exacte du contenu 
de ce volume ; il eût mieux valu l'intituler par exemple : « Da- 
guerre » ; on en jugera par l'énumération des diverses parties 
qui le composent. 

Après avoir raconté dans une étude très intéressante les ten- 
tatives et découvertes anciennes ayant quelque rapport avec la 
photographie, puis les premiers travaux de Niepce et de Da- 
guerre, d'abord complètement inconnus l'un à l'autre, mais bien- 
tôt réunis et associés, M. Mentienne reproduit tout au long les 
pièces relatives au projet de loi du 15 juin 1839, tendant à 
accorder des pensions à MM. Daguerre et Niepce fils pour la 
cession à l'Etat de leur procédé ; en particulier, on trouve là les 
rapports d'Arago à la Chambre des députés, et de Gay-Lussac à 
la Chambre des pairs, ainsi que les exposés par Niepce et Da- 
guerre de leurs procédés respectifs. 

Puis, nous quittons la photographie, mais non Daguerre : 
cet habile et savant artiste doit en effet une partie de sa célé- 
brité à l'invention des dioramas ; les procédés de peinture 
et d'éclairage qu'il découvrit et appliqua pour produire ces 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE SSS 

effets merveilleux dont le succès fut si, considérable, sont 
exposés, p. 93 et suivantes. Viennent ensuite (p. 99 et suiv.) 
des notes biof^raphiques sur la vie de Daguerre et sur ses autres in- 
ventions, enfin le récit des cérémonies des funérailles de Daguerre 
en 1851, à Bry-sur-Marne ; de l'inauguration d'un mausolée en 
son honneur au même lieu, en 1852, et de l'érection d'un monu- 
ment en 1883, au lieu de sa naissance, Cormeilles-en*Parisis (can- 
ton d'Argenteuil). 

Les diverses parties de cet ouvrage sont trop détachées, l'unité 
fait défaut, mais M. Mentienne s'est proposé d'abord de réunir 
des pièces de nature h éclairer la vie et les travaux de Tun des 
plus célèbres inventeurs de notre siècle ; à ce point de vue il a 
réussi, et son livre est capable de rendre service à ceux qui s'in- 
téressent à l'histoire des sciences et des découvertes. 

J. DE JOANNIS, S. J. 

Curiosités de l^liistoire naturelle. Les plantes, les animaux^ 
Vhomme^ la terre et le monde, par H. dk Varigny. Paris, 
Colin, 1892. Prix : 3 fr. 50. Iq-18, pp. 413. 

L'auteur a rassemblé dans ce recueil mille particularités cu- 
rieuses et souvent peu connues, réunies par lui au cours de ses 
études et de ses lectures. Ces morceaux, extraits d'ouvrages ou 
de revues, empruntés aux voyageurs et aux savants modernes, 
fournissent sous une forme agréable des renseignements scienti- 
fiques vraiment instructifs. 

Je dois néanmoins noter que la neutralité religieuse domine ici 
d'un bout à l'autre, sans réussir d'ailleurs à être plus réellement 
impartiale qu'à l'ordinaire. Dans les passages relatifs à l'anti- 
quité de l'homme, aucun compte n'est tenu des données que nous 
fournit la révélation ; çà et là apparaissent aussi quelques idées peu 
exactes. On n'en sera pas étonné lorsque l'on saura que l'auteur, 
ainsi qu'il le dit dans sa courte introduction, destine ce volume 
de lectures à servir de complément aux livres classiques, à « V En- 
seignement, scientifique du regretté Paul Bert, par exemple ». 

Néanmoins, ceux qui savent faire le triage des idées justes et 
fausses, ou qui sont mis en garde contre l'influence de ces der- 
nières, trouveront là une intéressante mine de renseignements et 
défaits. J. DE JOANNIS , S. J. 

Bibliographie, IV. — 18 



U66 ÉTUDES 

Thèse agricole, soutenue en 1892, par André Blain. Beauvais, 
Imprim. de l'Orphelinat Saint-Sauveur, 1892. In-8, pp. 114. 

Tout effort qui tend à développer l'agriculture en France con- 
tribue à augmenter la puissance matérielle et morale de notre 
patrie. M. A. Blain a donc fait œuvre de bon Français en publiant 
sa thèse agricole. 

La thèse est celle-ci : Vous louez un domaine de 56 hectares 
environ, h 90 francs l'hectare. Quel mode de culture adopterez- 
vous ? Quelles sont les spéculations auxquelles vous pensez vous 
livrer avec fruit? Quel sera le résultat financier au bout de trois 
ans? Le domaine est celui d'Hymmeville-en-Vimeu, département 
de la Somme. 

L'auteur passe en revue la nature du sol, sa position géogra- 
phique, le climat, le prix de la main-d'œuvre, les mœurs et les 
spéculations du pays. Tous points d'une connaissance absolument 
nécessaire h un fermier, sous peine de se livrer à une exploita- 
tion fort lucrative en théorie, mais ruineuse en pratique. Vient 
ensuite la description de la ferme d'Hymmeville, l'évaluation du 
capital d'exploitation, la théorie de l'assolement, dont chaque 
point est discuté avec sûreté et compétence. Une critique seule- 
ment : peut-être l'auteur ne tient-il pas assez compte, dans le 
calcul des bénéfices, des nombreux accidents auxquels l'éleveur 
se voit souvent exposé. Les morts subites, les chômages forcés 
pour cause de maladie, les épidémies, autant de trous par où 
s'écoule le capital. Mais cette chicane n'enlève rien au mérite de 
l'ouvrage; et c'est de tout cœur que nous souhaitons à l'auteur 
bonne chance et bon courage. A. DE WARELLES, S. J. 



HISTOIRE — GEOGRAPHIE 

QUESTIONS DU JOUR 

History of the Church in England, from tlie beginning of 
the Christian era to the accession of Henry VIII , by Mary 
H. Allies. London, 1892. In-8, pp. xii-371. 

Une « Histoire de l'Eglise en Angleterre, depuis le commen- 
cement de l'ère chrétienne jusqu'à l'avènement de Henri VIII », 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 267 

n'est et ne peut être que l'histoire restreinte à un pays de l'Eglise 
catholique elle-même. C'est ce que tout lecteur voit du premier 
coup d'œil, et c'est aussi ce que proclame bien haut le nom seul 
de l'auteur, si honorablement connu des catholiques anglais, et 
si digne de l'être des catholiques étrangers. 

Miss Mary Allies aurait pu, si elle avait voulu, écrire correc- 
tement son livre eu français ou en plusieurs autres langues, soit 
modernes, soit anciennes : elle nous pardonnera cette indiscré- 
tion. Mais elle a mieux aimé, pour un but apostolique, l'écrire 
dans sa langue maternelle, si précise et si limpide. Or, comme 
elle s'était intimement pénétrée de son sujet, après avoir puisé 
aux meilleures sources, elle a donné un volume qui, pour être 
d'une petite dimension et d'un prix abordable, est néanmoins 
d'un fond riche et d'un excellent style. 

Nous n'exagérons point; des juges compétents ayant loué 
sans réserve le style pur, élégant et coloré de l'auteur, il nous 
appartient de louer à notre tour, en connaissance de cause, le 
plan, la disposition et la méthode du livre, l'ensemble et les dé- 
tails des faits. Ajoutons que les accessoires, impression, table, 
index alphabétique, références, titre courant, ne laissent rien à 
désirer. 

I^e plan, indiqué d'avance, consistait h montrer comment les 
populations successives de l'île nommée jadis Albion, sont en- 
trées, h l'heure voulue, dans le giron de la sainte Eglise, et sous 
quels traits caractéristiques elles ont manifesté leur vie chré- 
tienne. La disposition ou la division de l'ouvrage était comman- 
dée par les deux grands événements qui ont changé la face du 
pays : la conversion des Anglo-Saxons à la foi, et la conquête 
normande. 

Un chapitre préliminaire, qui sert d'introduction, a paru suffi- 
sant pour tout ce qu'il y avait h dire sur les anciens habitants, les 
Bretons, convertis au christianisme. 

Mais il n'a pas fallu moins de six chapitres pour décrire les 
pacifiques triomphes que remportèrent en quelques années, sur 
de fiers Barbares, d'humbles moines envoyés de Rome, ou leurs 
dociles néophytes. Grâce au labeur de ces missionnaires et à 
la correspondance du peuple, quelle fécondité surnaturelle 
dans les sept ou huit royaumes! Quels fruits de piété et de 
charité dans les monastères, dans les châteaux et jusque sur 



268 ÉTUDES 

les trônes ! Quelle persévérance dans les plus rudes épreuves ? 
Onze chapitres ont été nécessaires pour raconter les luttes qui 
ont suivi la conquête normande. Cette période, moins longue, 
mais plus orageuse que la précédente, a cependant donné des 
saints, et quels saints ! Anselme, Thomas de Cantorbéry, Ed- 
mond, Thomas de Heréford, etc., tous trempés de leurs sueurs, 
sinon arrosés de leur sang. Un chapitre de cette partie est inti- 
tulé à bon droit Un Cidturkampf : il se rapporte aux seize pre- 
mières années du roi Henri II, et se termine au martyre de saint 
Thomas Becket. On comprend. 

Un saint! Oui, voilà le chef-d'œuvre que Dieu sait produire 
par le ministère de son Eglise, et pour sa plus grande gloire ; 
voilà ce que doit avant tout mettre en relief une histoire tant 
générale que partielle de l'Eglise ; et voilà ce que nous trouvons 
ici. Les fleurs des saints anglais s'y épanouissent en narrations 
délicieuses qui n'ôtent que la sécheresse à l'habile tissu de l'ou- 
vrajje. 

Ce livre, sérieusement conçu, bien écrit et dûment approuvé 
par le nouvel archevêque de Westminster, doit être goûté eir 
Angleterre, et il l'est en effet, mais non par les protestants. \\ 
n'aura pas la chance d'être jamais apprécié par les universitaires 
français, ni porté sur les listes officielles par le Conseil supérieur 
de l'instruction publique. 

Raison de plus pour que nous le recommandions chaudement 
aux maîtres et maîtresses catholiques de notre pays, aux familles 
chrétiennes, aux institutions libres, partout où l'anglais est en- 
seigné. Ce sera un utile livre de lecture dans le courant de l'année 
scolaire, et à la fin un beau ^rir d'anglais. Si le conseil que nous 
donnons ne peut nous valoir de nombreux remerciements, du 
moins nous sommes assuré qu'il ne nous attirera aucun reproche. 

A. JEAN, S. J. 

L'Église et les campagnes au moyen âge, par Gustave A. Pré- 
vost. Paris, H. Champion, 1892. Gr. in-8, pp. 292. 

Sous les gouvernements chrétiens du moyen âge, l'Eglise, jouis- 
sant de tous ses droits et de ses prérogatives, pouvait exercer sur 
les peuples son influence salutaire. L'appui des pouvoirs civils, 
la foi et la confiance des populations donnaient à son action une- 
admirable fécondité. Ses bienfaits de toute nature, bienfaits de 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 261 

l'ordre matériel comme de l'ordre moral, elle les répandit sur 
tous, grands et petits, principalement sur ceux qui avaient le 
plus besoin de sa maternelle protection, sur les habitants des 
«ampagnes. C'est ce que fait très bien ressortir l'excellent livre de 
M. G. Prévost, l'Eglise et les campagnes au morjen âge. A l'aide 
«de nombreux documents qu'il a trouvés dans ses recherches, et 
des travaux les plus autorisés publiés sur le moyen âge, il nous 
donne un très intéressant tableau de tout ce que l'Eglise a réalisé 
en faveur des populations rurales à celte époque. Après un aperçu 
sur l'organisation ecclésiastique, il nous fait connaître en détail 
le curé de campagne, sa formation intellectuelle, les lois disci- 
j)linaires auxquelles il est assujetti, ses rapports avec les ordres 
religieux et les seigneurs; l'administration des biens de la pa- 
roisse, de concert avec la fabrique, les ressources de l'église ru- 
rale, les dîmes, le rôle de la fabrique. 

Il nous montre ensuite comment, en dehors des cas exception- 
nels de famine, le paupérisme était moins développé à cette 
époque que de nos jours. Chacun restait dans le pays où il était 
oé, et il y avait obligation pour les bénéficiers et pour les sei« 
gneurs de nourrir les pauvres de leur terre. 

Dans chaque paroisse, l'église avait la liste des pauvres aux- 
quels elle réservait une part considérable (le tiers, quelquefois la 
moitié) de ses revenus. Les établissements hospitaliers étaient 
plus nombreux dans les campagnes que de nos jours. Les con- 
fréries, fraternités, charités, étaient aussi des œuvres de bienfai- 
.sancc. L'Kglise s'eiforçait aussi de répandre partout l'instruction 
dans les campagnes. L'enseignement était gratuit pour les indi- 
gents. 

Après avoir exposé les bienfaits delà justice ecclésiastique, du 
<]roit d'asile, de la paix et de la trêve de Dieu, de Tintervention 
de l'Église dans la police, de sa surveillance sur les agents royaux, 
l'auteur termine en montrant combien la religion était alors in- 
fluente et efficace sur la pratique de la vie ; on était avide d'en- 
lendre la parole de Dieu, on fréquentait les sacrements. Le moyen 
âge a produit beaucoup de saints, dont un certain nombre étaient 
sortis des rangs du peuple des campagnes. Les consolations que 
le paysan trouvait dans sa foi et dans les espérances éternelles 
compensaient bien ce qui pouvait lui manquer du côté du bien- 
*tre matériel. L. BOUTIÉ, S. J. 



170 ÉTUDES 

L'Armée anglaise vaincue par Jeanne d'Arc sous les murs 
d'Orléans, par M. Boucher de Molandon et le baron Adal- 
bert DE Beaugorps. Orléans, Herluison ; Paris, Baudoin, 
1892. In-8, pp. 314. 

Ce volume est dû principalement à l'un de ces travailleurs de 
province qui, en s'attachant à faire revivre le passé de la cité 
natale, écrivent en réalité de belles pages de l'histoire nationale. 

C'est surtout vrai quand la cité s'appelle Orléans. Dans les 
plus sombres nuits qu'a traversées la patrie, souvent c'est d'Or- 
léans qu'est parti le rayon de l'espérance. Il en fut ainsi au com- 
mencement du cinquième siècle, lorsque les hordes du Fléau de 
Dieu vinrent se briser contre des murs rendus inexpugnables 
par la valeur et la foi de leurs habitants, et plus encore par la 
piété d'un évêque, saint Aignan. Coulmiers et Loigny sont dans 
les alentours d'Orléans. Coulmiers, c'est la victoire interrompant 
un instant une série de désastres ; Loigny, c'est la gloire dans la 
défaite. Entre ces deux dates extrêmes, Orléans, c'est la Pucelle, 
c'est Jeanne d'Arc, c'est le soleil de notre histoire. 

M. Boucher de Molandon s'est attaché principalement à mettre 
en lumière le grand événement et l'héroïne qui l'a miraculeuse- 
ment conduit. Ce que nous avons de mieux sur l'origine de la 
Pucelle, c'est, à mon avis, son travail : la Famille de Jeanne 
d'ArCy son séjour dans V Orléanais. Aujourd'hui, en collaboration 
d'un neveu, capitaine démissionnaire, qui lui prête le concours 
de ses connaissances techniques, de M. le baron Adalbert de 
Beaucorps, il nous donne une œuvre vraiment complète sur 
l'armée que la Vierge libératrice dispersa si promptement. En 
traitant le sujet avec l'nmpleur qu'il lui a donnée, il a condense 
une multitude d'observations, de faits, ou inconnus, ou dissémi- 
nés dans une foule d'ouvrages, qu'on doit connaître pour bien 
comprendre, non seulement le grand événement dont il fait 
partie, mais encore l'histoire de l'époque. 

On serait porté à croire qu'il faut aller chercher en Angleterre 
les sources historiques de cette période de la guerre de Cent 
ans, du moins pour ce qui regarde l'envahisseur. Il n'en est rien, 
nous apprend M. de Molandon. Si le traité de Troyes prétendait 
fixer à toujours l'Angleterre et la France sous un même sceptre, 
il stipulait que chacun des deux royaumes garderait ses cou- 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 2K 

tûmes, ses lois. De là, sous la minoriié d'Henri VI, deux régenta^ 
deux chanceliers, deux chancelleries. La fchancellerie pour la 
France fut fixée à Rouen, capitale des conquêtes britanniques 
sur le continent, à partir surtout de la reddition de Paris aui 
parti national, en 1436. Ce ne fut que douze ans après, le 29 oc- 
tobre 1449, que Rouen redevint français à son tour. Dans leur 
fuite, les insulaires négligèrent d'emporter le dépôt des pièces, 
officielles. Il y resta jusqu'en 1762, où il fut transféré à Paris. 
Là un triage, meurtrier pour l'histoire, anéantit ou livra aux 
vents bien des pièces qui feraient aujourd'hui les délices des 
érudits. Les épaves sont recueillies avec amour par les amis de 
nos vieux âges, et en particulier par M. Boucher de Molandoa. 
Avec ces épaves et ce que l'on avait conservé de l'ancien dé- 
pôt, il a bâti son édifice, qui est solide, de bon goût, bien or- 
donné. 

Les matériaux lui sont fournis par les lettres du gouvernement^ 
qui nomment à des offices, à des commandements, par des enden-' 
tares ou contrats de service militaire, des certificats de montre 
et de revue, des ordres de payement et des quittances. Mines 
difficiles h exploiter, dans lesquelles l'érudition contemporaine 
se complaît. Les résultats peuvent être parfois incomplets; du 
moins, pourvu que l'induction ne soit pas poussée trop luin, les 
bases ne sont pas imaginaires, la fantaisie n'ayant rieu k voir 
dans des règlements de compte. 

Tout en restant positif, M. de Molandon a su donner h son 
trav;iil de la rapidité, en rejetant les documents aux pièces justi- 
ficatives; à son exposé de la clarté et du piquant. Tant par né- 
cessité que pour paraître fidèle, au moins d'abord, au traité de 
Troycs, les envahisseurs, dans leurs actes publics, usaient de 
la langue des vaincus. La plupart des pièces de la chancellerie 
anglo-française étaient écrites en français. M. de Molandon 
aime la langue de Froissart et du commencement du quinzième 
siècle, à laquelle il ne fait qu'un reproche : celui de ne savoir 
pas arrêter et couper a temps la phrase. Il en loue la netteté, la 
sobriété, l'élégance, l'allure, qui la fait aller droit au but par un 
chemin simple et naturel. Il ne se doute pas certainement qu'il 
énumère les qualités de sa langue k lui. 

Un premier chapitre sur l'état général des forces anglaises, 
lorsque nos ennemis allaient tenter un dernier cil'orl pour com- 



272 ÉTUDES 

plëter et assurer leurs conquêtes, n'est pas seulement utile pour 
le sujet particulier que traite M. de Molandon; il l'est pour toute 
l'histoire de l'époque. Il nous donne, sur la composition des 
armées, des notions sans lesquelles on comprendra bien impar- 
faitement, non seulement les chroniqueurs, mais encore les his- 
toires postérieures, trop peu soucieuses d'éclaircir le mécanisme 
militaire du temps dont elles parlent. 

Trois chapitres sont consacrés au siège proprement dit. Se 
contentant d'indiquer ce qui se trouve partout, l'écrivain s'at- 
tache à ce qui nous permet de remettre les faits dans leur véri- 
table cadre. Après avoir décrit la marche enveloppante de Salis- 
bury, qui balaye tout le pays autour d'Orléans, s'assure des places 
fortes qui entretiendront ses communications avec Paris et 
Rouen, il nous montre l'entreprise ralentie par la mort inopinée 
du général en chef, reprise bientôt avec la suite et la ténacité 
que nos voisins mettent dans leurs œuvres. Les lieux désignés 
avec précision, de courts rapprochements avec la tactique mo- 
derne, des notices brèves, mais significatives, sur les person- 
nages qui paraissent en scène, une carte à la fin du volume, qui 
permet de se mettre les lieux sous le regard, tout cela, bien 
agencé, fait disparaître ce que l'érudition a naturellement de 
pesant, et ne laisse au lecteur que le plaisir de jouir du fruit de 
recherches qui ont demandé certainement bien des années — 
vingt-ans, croyons-nous — d'observations minutieuses, de labo- 
rieux rapprochements. 

La politique des Anglais en Normandie, les moyens employés 
pour garder la conquête, les sources de leurs subsides, ce que 
leur a coûté le siège d'Orléans, l'administration de leurs finances, 
leur comptabilité, moins paperassière que la nôtre, sans être 
moins exacte, autant de sujets intéressants traités dans les der- 
niers chapitres. 

Sur plusieurs points, M. Boucher de Molandon venge le passé 
contre des incriminations qui n'en sont que plus injustes pour 
être plus couramment admises. Une des plus choquantes, quand 
on la trouve sous des plumes catholiques, est celle qui voudrait 
faire dater du quinzième siècle, de Jeanne d'Arc, l'idée de patrie, 
l'amour' de la France, par la multitude de ses fils. L'auteur montre 
à merveille combien cette opinion contredit l'histoire aussi bien 
que la raison. Et ce n'est pas amoindrir son héroïne : Jeanne 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 278 

d'Arc repousserait certainement la première cette gloire outra- 
geante pour les dix siècles chrétiens qui l'ont précédée. 

J.-B. A Y ROLE S, S. J. 

I. — Les Saints de la Compagnie de Jésus, par Adolphe Ar- 
GHiER. Nouvelle édition, revue et complétée. Paris, Del- 
homme et Briguet, 1892. In-12, pp. 379. 

II. — La Compagnie de Jésus, depuis sa fondation jusqu'à 
nos jours. Esquisse historique par Adolphe Archier. Nou- 
velle édition revue. Paris, Delhomme et Briguet, 1892. In-i2, 
pp. 336. 

I. — Cette nouvelle édition s'est enrichie des nouveaux noms 
inscrits au catalogue des saints de la Compagnie de Jésus. 
Les bienheureux Pierre Canisius, Pierre Lefèvre, Edmond Cam- 
pion ont fourni la matière de nouvelles biographies. Ces biogra- 
phies, ainsi que les anciennes, ne sont pas des tableaux complets, 
mais des esquisses. A ce titre, sans être parfaites de tout point 
pour le fini du détail et le groupement logique des traits, elles 
sont remarquables par les idées d'ensemble qu'elles éveillent et 
l'impression saisissante qu'elles laissent. Quelques erreurs ont 
échappé à la vigilance de Tauteur. La bulle de béatification du 
bienheureux Pierre Lefèvre a été publiée le 5 septembre 1872, et 
non le 5 septembre 1879; la canonisation de saint Alphonse 
Rodriguez ne date pas du 1*' novembre 1885, mais du 15 jan- 
vier 1888 ; c'est à ce même jour, non au 15 janvier 1886, que 
doit être rapportée celle de saint Pierre Claver. Enfin les bien- 
heureux Pierre Canisius et Charles Spinola n'ont pas encore été 
élevés au rang de saints ; sur ce dernier point, du reste, nous espé- 
rons que l'estimable hagiographe n'a fait f^\x antidater les déci- 
sions officielles de l'Église. 

II. — Nous profitons de l'occasion pour signaler de nouveau 
aux hommes qui cherchent sincèrement la vérité, l'ouvrage cons- 
ciencieux que M. Adolphe Archier a consacré à l'histoire de la 
Compagnie de Jésus. L. P., S. J. 

La Marine royale en 1789, par Maurice Loir, lieutenant de 
vaisseau. Paris, Colin, ln-12, pp. xvi-320. Prix : 3 fr. 50. 

Si nous voulions traduire par une courbe Thistoire de notre 



274 ÉTUDES 

marine depuis trois siècles, nous serions sans doute très étonnés 
de ses sinuosités et de ses écarts. La marine française, en eflTet, a 
subi, plus que tout autre élément de la grandeur nationale, des 
fluctuations extraordinaires. A l'envers de la marine anglaise, 
dont maintes fois elle s'est affirmée la rivale, et qui a progressé 
d'un mouvement uniforme et ininterrompu, assurant la supréma- 
tie des mers au pavillon britannique, notre marine a passé par des 
phases de faiblesse et de force, aussi bien du fait des intempéries 
de l'atmosphère politique que des alternances de succès et de re- 
vers. Puissante et victorieuse avec des hommes tels que Richelieu 
et Colbert, délaissée quand l'Etat est en détresse de grands mi- 
nistres et d'argent, relevée tout d'un coup par l'énergie superfi- 
cielle de Ghoiseul et l'esprit de suite de Sartines, toujours héroï- 
que, mais trop inférieure sous la Révolution et l'Empire, elle est 
bien l'image de notre inconstance et de cette politique de 
« quintes » qui porte notre commerce et nos armes aux quatre 
coins du globe, sans profit pour la fortune publique. 

La situation exceptionnelle de la France, continentale d'un 
côté et maritime de l'autre, est à la fois une cause de grandeur et 
de faiblesse : elle ne peut être la première partout qu'au prix 
d'efforts considérables, facilités sans doute par sa richesse natu- 
relle, mais réglés et équilibrés surtout par une main ferme et 
avisée; nous devrions même dire qu'à pareille œuvre il faut un 
artiste de génie ! La marine, instrument d'expansion de la ri- 
chesse nationale et de drainaj^e de la fortune d'aulrui, exige un 
entretien incessant, et pour cela des finances inépuisables et bien 
appropriées. Pas d'argent, pas de vaisseaux! Et son histoire 
prouve bien qu'elle a été forte et puissante toutes les fois que 
l'Etat l'a voulu, et qu'après les plus grands désastres elle s'est 
relevée en peu de temps, de par la volonté d'un roi ou d'un mi- 
nistre. Témoin cette marine royale de la fin du dix-huitième siècle, 
dont M. Loir ressuscite la vraie physionomie dans un livre aussi 
intéressant par le fond que par la forme. Il soulève un pan du 
rideau noir tiré par la Révolution sur un passé glorieux, malgré 
aies fautes, et nous montre la marine française, qui semblait 
anéantie après le désastreux traité de Paris, remise à flot et lut- 
tant avec avantage contre les vaisseaux anglais en Amérique et 
aux Indes. 

Le cadre de cette étude ne permet pas d'y faire entrer une com- 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 275 

paraison, qui serait pourtant bien intéressante, de la vie intime 
des navires et des marins à cent ans d'intervalle : les formes sont 
en progrès sans doute, comme les engins, mais le cœur, croyons- 
nous, n'a pas changé. GÀBI. 

I. — Paris nouveau et ancien, par G. Pessard. In-12 pp. 94. 

Paris, Sauvaitre, 1892. 
II. — Paris depuis ses origines jusqu'à nos jours, par E. de 

Ménorval. 2° partie. In-12, pp. 559. Paris, Firmin-Didot, 

1892. 

r. — Preney est un Marseillais, mais un véritable ! il vous parlera 
trois heures durant sur le moiudre sujet. L'Anglais se contentera 
de dire «oui » ou « non ». L'Anglais a du bon, et M. Pessard aussi, 
car il a su, en quelques pages, concentrer ce qu'il y avait d'inté- 
ressant à dire sur Paris nouveau et ancien. M. de Ménorval, lui, 
va remplir deux ou trois mille pages : ce sera plus détaillé; vous 
voulez que nous disions plus savant, soit ! mais peut-être moins 
intéressant. Le chapitre des maisons curieuses du vieux Paris est 
ici particulièrement bien traité ; il plaira à ceux, et ils sont nom- 
breux, qui ont encore le culte du passé. C'est, en un mot, le 
résumé de Thistoire de Paris à travers les âges et le tableau en 
raccourci de ses transformations ou embellissements successifs. 

IL — Nous ne pouvons que répéter ce que nous avons dit lorsque 
parut la première partie du travail de M. de Ménorval; nous nous 
étonnions et nous nous étonnons encore que la maison Firmin-Di- 
dot ait ouvert son catalogue à une œuvre passionnée, injuste et 
impie. Du reste, afin que nul ne l'ignore, l'ex-maître de pension, 
l'ex-dépulé boulangiste ne craint pas d'écrire: «J'ai dit, dèslespre- 
mièrcs lignes de l'introduction du premier volume, que je ne me 
proposais point de faire un livre impartial; » et il ajoute: « Mes 
sympathies vont franchement aux courageux lutteurs qui osèrent 
s'attaquer à la papauté et risquer leur vie pour ramener la catho- 
licité au christianisme des premiers âges ! » Aussi le sectaire 
va-t-il s'en donner à cœur joie pour couvrir de boue les rois, les 
princes, les prêtres, voire même les bourgeois qui respectent l'au- 
torité; toutes ses louanges vont aux protestants, aux juifs, aux 
révoltés. 

Voici le jugement de M. de Ménorval sur François I" : « Ce fut 



276 ETUDES 

un monstre de cruauté. » Et toutefois, il est obligé d'avouer 
que ce Néron de la Renaissance fit délivrer des lettres de rémis- 
ision à l'un de ses héros, Etienne Dolet (p. 377). On sait que 
l'auteur fut un des inventeurs de cet assassin blasphémateur, 
comme il fut l'un des glorificateurs d'Etienne Marcel. 

A l'entendre, Dolet, coupable de s'être défendu, fut un des 
hommes les plus illustres du seizième siècle, et il lui consacre 
cinq grandes pages de louanges et d'honneurs. M. de Ménorval 
a promis de n'être pas impartial, il tient sa promesse; il la tient 
aussi envers les moines; pour ceux-là, il n'y a ni trêve ni merci ; 
le grand redresseur de torts les frappe d'estoc et de taille. Ainsi, 
page 173, après avoir forcément parlé des austérités des Char- 
treux, il ajoute : « Voilà l'un des aspects du cloître. » Il y en a 
donc un autre? — Oui, et alors il parle des couvents de femmes 
qui sont devenus des mauvais lieux. 

M. de Ménorval, dans ce volume, prend Paris en 1380 et con- 
tinue « son histoire » jusqu'en 1589. Nous n'étonnerons pas nos' 
lecteurs en affirmant que c'est une longue diatribe contre les ca- 
tholiques ; il ramasse ses preuves dans les récits anonymes, chez 
les protestants, partout où il y a de la haine et de la calomnie 
répandues. L'histoire de Charles VI, de Henri II et de Henri III 
est pourtant assez triste pour notre pays, sans qu'il soit besoin 
d'entasser des inventions de crimes ou de débauches sur leur 
compte. 

Ce livre n'a-t-il donc aucun mérite ? Au point de vue histo- 
rique, non. Au point de vue des monuments, il a quelque intérêt, 
car l'auteur, malgré tous ses défauts, aime son vieux Paris et il le 
connaît. C'est le seul éloge que nous puissions faire de son œu- 
vre et de lui. A. LEFÈVRE. 

Il condottiere Giuseppe Garibaldi (1870-1871), par A. -G. de L\ 
Rive. Paris, Savine, 1892. In-12, pp. xxxv-375. Prix : 3 fr. 50. 

En septembre 1870, Garibaldi offrit ses services à la Répu- 
blique française, qui les accepta; et, peu après, le fameux con- 
dottiere italien prenait le commandement de notre armée des 
Vosges. 

Corroborant ses propres notes et souvenirs avec les documents 
officiels, M. de La Rive met en pleine lumière et nous fait suivre 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 277 

jour par jour, heure par heure, les manœuyres et agissements du 
grand héros « de la République Ouniverselle ». 

Vieillard gâteux et impotent, Garibaldi ménagea sans cesse 
les Allemands, et, soit incapacité, soit mauvaise volonté, laissa 
Manteufl'el opérer librement au nord de Dijon et consoihmer la 
ruine de la malheureuse armée de Bourbaki. 

On a osé, l'an dernier, à propos de la statue de Garibaldi à 
Nice, parler de « réparation nationale », comme si jamais ce vieux 
fantoche avait'aimé la France. En temps de guerre, il traita avec 
une révoltante outrecuidance les généraux et officiers français; 
permit aux forbans internationaux qui l'avaient suivi, de souiller 
nos églises, d'insulter nos prêtres (par exemple, M. le curé de 
Velars, dont nous rappelons à l'auteur l'émouvante arrestation), 
et d'organiser comme en pays conquis des réquisitions et des 
razzias sauvages. Au plus fort de nos malheurs, il rêvait une 
république universelle dont il serait le dictateur. Plus tard, après 
l'équipée de Bordeaux, retiré à Caprera, il ne cessa d'outrager 
la France et de glorifier l'Allemagne. Usé et abêti par les excès 
de tous genres, il semblait ne retrouver un peu d'énergie que 
pour avilir notre armée et baver sur cette France, où, durant de 
longs mois, il avait cependant si plantureusement vécu, avec les 
repris de justice de son état-major, avec ses « officières » et les 
nobles enfants de ses femmes ! Jamais il ne se consola de l'in- 
succès de la Commune de Paris et du relèvement de notre patrie. 

Or, quand il s'est agi naguère de lui élever une statue h Dijon, 
M. Jules Simon figurait au comité de souscription, et, en même 
temps que feu Renan, Figaro applaudissait. Impossible d'être 
plus ignorant de l'histoire ou de se mieux moquer d'elle. 

Nous désirons vivement que le travail de M. de La Rive soit 
beaucoup lu et propagé. Au point de vue de la vérité historique, 
on ne le réfutera pas. Ecrit avec une vigueur peu commune et une 
indignation facile à comprendre, il fait bonne et prompte justice 
de l'hypocrisie franc-maçonnique de nos gouvernants actuels, 
et toutefois, il ne vise pas au scandale. 11 flétrit Garibaldi, les 
stratégistes en chambre de l'année terrible et les politiciens 
judaïsants de nos jours; il fait des révélations peu édifiantes, 
mais ne scandalise jamais son lecteur. C'est l'œuvre d'un vrai 
Français et d'un chrétien sérieux. A. VALÉRY, S. J. 



278 ÉTUDES 

Rome et Pltalie sous Léon XIII, par le baron Jehan de Witte. 
Paris, Ghapelliez, 1892. In-18, pp. vi-520. Prix : 4 francs. 

Ecrites au lendemain et sous l'impression des fêtes du jubilé 
sacerdotal de Léon XIII, les pages de ce livre n'ont rien perdu 
de leur intérêt. Le récit de ces fêtes, « qui resteront un des plus 
beaux souvenirs dans la vie du pèlerin », n'est qu'un tableau, et 
Rome n'est qu'une étape du voyage. Le baron de Witte est un 
habitué de l'Italie. Il en connaît toutes les richesses artistiques, 
les monuments et les musées^ les places et les rues des villes, les 
sites et les paysages. Sans dédaigner les Guides Joanne et Du 
Pays, il ne se fait pas faute d'en signaler les lacunes. Les travaux 
de ceux qui l'ont devancé, anciens et modernes, religieux et pro- 
fanes, sont soumis au contrôle, tout en fournissant une ample 
moisson de citations variées. La peinture des lieux, des monu- 
ments et des villes, ou la description proprement dite, n'est pas 
sans doute portée à ses dernières limites; la physionomie et le 
caractère des populations, leur vie intime, demanderaient une 
étude plus approfondie. Mais ce livre de voyage pourra servir 
surtout à ceux qui voudront se rendre compte des transformations 
opérées dans la péninsule italienne depuis vingt-deux ans. 

A. GOURAT. 

I. — Les Devoirs d'un catholique et les temps présents, par 
l'abbé François Fournier, chanoine honoraire de Digne. 
Paris, Librairie catholique internationale de l'Œuvre de 
Saint-Paul, 1893. In-12, pp. x-378. Prix : 2 fr. 50. 

II. — Entre un croyant et un incroyant, par Art. Bonnot. 
Paris, Propagande catholique, 1892. In-i6, pp. 248. 

III. — L'Église et le peuple. Manuel du conférencier popu- 
laire^ par un simple clerc. Paris, 8, rue François V^. In-12, 
pp. 11-84 

IV. — Lettres sincères, par Christian Defrance. Mulhouse, 
Ganglof, 1893. In-24, pp. 164. Prix : 75 centimes. 

V. — Jacques Bonhomme, grand électeur de la République. 
Ses intérêts^ ses droits^ son devoir; dispositions légales^ par 
A. D., électeur. Paris, Téqui, 1892. In-16, pp. vi-128. Prix : 
30 centimes. 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 279 

VI. — L'État et PÉglise, par Charles Bjenoist. Paris, A. Go- 
lin, 1892. In-16,pp. 67. 

VII. — L'Anarchie française, Paris, Champion, 1892. In-12, 
pp. x-317. Prix : 3 francs. 

I. — Aider au relèvement religieux, moral et politique de la 
France, tel est le but que s'est proposé l'abbé Fournier. En de- 
hors des sectaires dont l'écorce est dure h percer, beaucoup 
d'incrédules et d'indifférents vivent sans religion, soit par la 
préoccupation des affaires, soit par l'amour des jouissances, soit 
à raison du milieu antireligieux où ils ont vécu, du genre d'études 
auquel ils se sont livrés. C'est pour les éclairer et les ramener à 
la vérité que, dans la première partie de son livre, l'auteur aborde 
certaines questions dogmatiques, les plus attaquées de nos jours. 
Sans laisser de côté les arguments de la saine théologie, il fait 
parlersurtout la raison, le bon sens et la simplicité chrétienne. 
Dans la seconde partie, aux amis de la religion il rappelle leurs 
principaux devoirs et les conjure d'être d'autant plus fidèles 
qu'ils ont à défendre Dieu, l'Église, la famille et la patrie. 

II. — Sous forme dialoguée, M. Art. Bonnot fait connaître les 
fondements solides sur lesquels s'appuie la foi chrétienne. Les 
conversations amicales ont pour objet l'existence et la divinité de 
la révélation, c'cst-h-dirc la manifestation de la vérité par Dieu 
lui-même au premier homme et ii Moïse, par son divin Fils à 
toutes les nations. Elles sont poursuivies avec calme, et les preu- 
ves de la religion catholique sont mises à la portée de tous. 

m. —Le rôle du conférencier chrétien, s'adressant au peuple, 
est de montrer l'Eglise, dépositaire et gardienne des enseigne- 
ments de son divin Maître, remplissant sans défaillance sa mis- 
sion h travers les siècles, mission de paix et de dévouement. Aucun 
pouvoir n'a comblé les familles et les nations de plus de bien- 
faits ; aucun ne leur a valu plus d'avantages moraux, sociaux et 
politiques. D'une main douce et maternelle, l'Eglise a relevé 
l'esclave jus'qu'h l'état de liberté, réhabilité la femme, et toujours 
produit, a l'époque de son triomphe, d'heureux fruits de liberté 
parmi les peuples. Tous ces biens diminuent progressivement 
lorsque le pouvoir civil témoigne de la déQance à l'égard de 
l'Eglise ou la combat. Le conférencier populaire trouvera dans 



280 ÉTUDES 

ce Manuel^ en les aiguisant, d'excellentes armes pour repousser 
les attaques des ennemis de l'Eglise. 

IV. — Les Lettres sincères sont adressées aux catholiques de 
France, aux chefs de famille en particulier, et les invitent à 
prendre soin avec amour des déshérités de ce monde, des petits 
et des faibles. Sincères, elles le sont, en signalant avec franchise 
certains travers ou défauts dont les ennemis de Dieu et de 
l'Église savent habilement profiter pour faire des recrues. Elles 
contiennent aussi d'utiles encouragements contre les défaillances 
que pourraient amener les incertitudes et les angoisses de Theure 
présente. 

V. — A Jacques Bonhomme sont jetés de séduisants appâts, 
et Jacques Bonhomme, quoique défiant de sa nature, se laisse 
engluer comme le premier venu des hâtes de nos bois. On lui con- 
seille « d'ouvrir l'œil », suivant une de ses expressions fami- 
lières, d'avoir conscience de sa force, d'user de ses droits, pour 
résister à la néfaste influence de ceux qui le trompent et l'ex- 
ploitent. 

VI. — M. Ch. Benoist fait le tableau rapide des différents régi- 
mes auxquels ont été soumis, en France, les rapports de l'Eglise 
et de l'Etat : pragmatiques sanctions de saint Louis et de Char- 
les VII, concordat de 1516 entre Léon X et François I", consti- 
tution civile du clergé, concordat de 1801. 

Que l'auteur ait voulu être impartial, cela est manifeste. Quel- 
ques assertions n'ont-elles pas dépassé sa pensée ? La papauté, 
loin de prétendre «tenir l'État en échec, mener les rois en laisse, 
s'arroger en France les moins douteuses prérogatives de la su- 
zeraineté réelle et temporelle » ( p . 9, 56 ), la papauté n'avait- 
elle pas un souci tout autre, celui d'affirmer et de défendre 
ses droits ? Les empiétements viennent d'un seul côté, de l'Etat. 

Du reste, M. Ch. Benoist reconnaît loyalement que la pragma- 
tique sanction, dite de Bourges (1438), renchérit sur celle attri- 
buée à saint Louis, pour tout ce qui est atteinte au pouvoir spi- 
rituel des papes. Qui gagna le plus dans le concordat de 1516? 
Le pape, ou le roi ? plutôt le roi. La constitution civile du clergé, 
dit-il ailleurs, est une intrusion évidente de l'Etat dans les ma- 
tières spirituelles, c'est l'invasion de l'Église par l'Etat, et par 
le plus laïque des États, l'État démocratique (p. 40). Le con- 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 281 

•cordât de 1801 a été la restauration du système suivi de 1516 
à 1790, depuis François I®*" jusqu'à la Révolution, Par le con- 
cordat de 1801 et les articles organiques, Bonaparte a ressus- 
cité, a remis en vigueur la vraie doctrine gallicane, qui n'a ja- 
mais été une doctrine libérale, qui était une doctrine de force 
et d'autorité, pleinement et impérieusement régalienne. Non 
seulement M. Ch. Benoist se déclare partisan du maintien du 
concordât ou de la conclusion d'un concordat nouveau, mais 
il estime qu'on ne saurait songer à rompre tout lien légal entre 
l'État et l'Église sans péril pour l'Ltat lui-même. 

VII. — Comme la précédente brochure, le livre sur l'Anarchie 
française est une étude historique, mais une étude longue, dif- 
fuse, poussée au noir. Nous serions curieux de connaître les 
noms des évoques français qui, « par leurs mesquines provoca- 
tions » (p. 145), troublent le sommeil de nos gouvernants. Il est 
difficile de croire que les députés aient songé à vider les caisses 
lie l'État en faveur des fabriques paroissiales ( p. 146). Ce n'est 
pas la première fois que nous entendons dire que l'anarchie 
s'épanouit à l'aise sur la terre de France. L'auteur la voit partout, 
« coulant à pleins bords », dans la politique, dans la diplomatie, 
-dans l'administration, dans l'armée, dans les finances. Comme 
nous n'avons pas libre entrée dans les ministères, nous appelons 
sur ce poiut l'attention de ceux qui sont charges de mettre en 
branle les rouages de l'immense machine de l'État. Pour tirer la 
France de l'anarchie, l'auteur attend et cherche un grand homme 
d'État. Ce n'est pas qu'il soit bien scrupuleux dans le choix de 
l'étoITc, que ses prétentions soient très élevées. Depuis Colbert, 
il n'en compte que deux : Danton et Gambetta. 

L'auteur veut une patrie vraiment forte et grande ; mais son 
«tude manque d'une conclusion, qui pourrait être celle-ci : Pour 
guérir la France de l'anarchie et lui rendre sa gloire d'autrefois, 
que faudrait-il ? raviver en elle la sève chrétienne. 

A. GOURAT. 

Un Voyage au Yunnan, parle D' L. Pichon ( de Shanghai). 
Paris, Pion, 1893. In- 18, pp. 277, avec une carte. Prix : 
3 fr. 50. 

Dans ce livre fort intéressant, le D' Pichon, médecin français 
de Shanghaï, rend compte de son voyage à Mong-tze, poste con- 

Bibliograpbie, IV. — 19 



282 ETUDES 

sulaire à quatre jours de marche de la frontière du Tonkin. Le 
docteur est allé, il est vrai, à quelques lieues de là pour visiter le» 
mines d'étain de Ko-tchiou, déjà connues par l'ouvrage de 
M. E. Rocher sur la province du Yunnan. Le titre de Voyage au 
Yunnan nous paraît donc un peu exagéré, étant donné qu'il s'est 
efifectué par le fleuve Rouge, qui représente les neuf dixièmes 
de l'itinéraire. 

De fait, le livre nous parait être un plaidoyer, éloquent d'ail- 
leurs, en faveur de la navigabilité de ce fleuve. L'auteur l'appuie 
de chiffres empruntés aux statistiques des douanes chinoises, et 
démontre un fait déjà connu, mais auquel on n'attache pas assez 
d'importance en France : à savoir, que le Song-Coï est la seule 
route pratique pour atteindre le Yunnan. Dépêchons-nous de 
l'utiliser, autrement les Anglais, qui travaillent activement en 
Birmanie, au Siam et dans les États laotiens touchant nos fron- 
tières et celles de Chine, finiront par établir une route commer- 
ciale au profit de Rangoon et de Bangkok. Il y a peu de chose à 
faire : quelques rochers à détruire, des steamers à construire. Le 
succès du petit vapeur Yunnan, des Messageries Fluviales, 
montre en effet que l'on peut arriver en huit jours de Ilaïphong 
àManhao. D'après M. Pichon, le Tonkin est pacifié, la paix rè- 
gne partout, plus de pirates à redouter (p. 73). Gela donne la 
mesure de l'enthousiasme de l'auteur. Il émet de ci de là quel- 
ques théories coloniales qu'on pourrait discuter. Son admiration 
un peu exagérée pour certaines entreprises encore à l'état d'em- 
bryon ressemble légèrement à une réclame que les sceptiques sont 
tentés de trouver intéressée. Quoi qu'il en soit, tout cela mérite 
d'être soutenu, et le succès des mines, des huileries, des planta- 
tions de café, d'aréquiers ou de coton, intéresse tous les Fran- 
çais désireux de voir nos colonies devenir florissantes et utiles à 
la mère-patrie, au lieu de lui coûter de gros millions : ce qui est 
malheureusement le cas aujourd'hui. Puisse ce livre être beau- 
coup lu et produire l'effet que l'entreprenant docteur cherche évi- 
demment à obtenir : à savoir l'envoi au Tonkin de gros capitaux 
français pour le développement de notre colonie. 

Dans la seconde édition, que nous lui souhaitons, l'auteur fera 
bien de faire disparaître certaines plaisanteries de mauvais goût: 
celle, par exemple, où il se met en comparaison avec l'enfant Jésus 
entre les animaux de la crèche. A. -A. F AU V EL. 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 28S 

Un Royaume polynésien. Iles Hawaï, par G. Sauvin. Paris, 
Pion, 1893. In-18, pp. 317, avec carte. Prix : 3 fr. 50. 

Ce livre, écrit par une personne qui a longtemps résidé dans les 
îles llawaï et semble y avoir exercé une position officielle, arrive 
à point, dans un moment où la question de l'annexion de ces îles 
aux Etat-Unis d'Amérique est sur le tapis et occupe l'attention 
du monde entier. John Bull laissera-t-il échapper cette occasion 
d'agrandir encore son patrimoine, étant donné que l'oncle Sam 
ne s'est pas empressé d'accepter la demande de protectorat que 
lui ont faite les Hawaïens, après avoir déposé leur reine. Les in- 
térêts représentés sont surtout américains, puisque la plupart des 
grandes usines et propriétés sucrières, qui ont pris tant de dé- 
veloppement depuis quelques années, sont entre les mains des 
Américains, qui comptent 1928*des leurs dans le pays, tandis que 
les Anglais n'y sont qu'au nombre de 1344.11 est vrai que les uns et 
les autres sont en minorité par rapport aux Chinois et aux Japo- 
nais, qui en 1890 représentaient ensemble une population de 
27 661, dont plus de la moitié Chinois. Or, les Canaques, qui en 
1778 étaient au nombre de 300 000, sont tombés à 84000 en 1850, 
pour n'être plus que 34 000 en 1890. C'est une population qui 
s'en va rapidement, décimée par des maladies introduites par les 
étrangers, car le climat est fort sain. Les pages les plus intéres- 
santes de ce livre traitent justement d'une horrible maladie, la 
lèpre, introduite en 1850 par les Chinois, et qui fait des progrèc 
continuels dans le pays. La touchante histoire du P. Dnmien, 
que nous a déjà si bien racontée Mme A. Craven, est suivie de celle 
d'un certain M. D..., ancien capitaine dans l'armée des Etats-Unis, 
qui s'est dévoué, lui aussi, corps et âme, au service des lépreux. 
L'auteur, en décrivant cette épouvantable maladie, ne nous dit 
pas que, par une disposition spéciale de la Providence, les lépreux 
ne souffrent que quand, atteints dans les organes vitaux, ils sont 
sur le point de mourir. En effet, une des particularités de la lèpre 
est qu'elle tue la sensibilité, et un des premiers symptômes est 
l'anesthésie locale. On vient d'en découvrir le microbe; espérons 
qu'avant peu M. Pasteur ou ses élèves, s'attaquaut à ce mortel 
ennemi, le vaincront comme ils ont vaincu la rage, le charbon et 
tant d'autres maladies microbiennes. Tout intéressant qu'est ce 
livre, on nous permettra de regretter qu'il ne renferme pas plus 



884 ÉTUDES 



de faits, et surtout des statistiques telles que celles que vient de pu- 
blier sur ces mêmes îles la Revue Française de l'Étranger et des 
Colonies. A.-A. FAUVEL. 



Trois ans dans l'Amérique septentrionale. Les Étais- Unis, 
par le P. Ch. Groonenberghs. Paris, Delhomme et Briguet, 
1892. 2 vol. in-8, pp. 392 et 372. 

Nous avions déjà du P. Groonenberghs ses récits de voyage en 
Afrique et au Ganada. Deux nouveaux volumes sur les Etats-Unis 
viennent de paraître, qui continuent la collection déjà si bien 
commencée. 

Nous connaissons peu l'Amérique, ou mieux nous la connais- 
sons mal. Des excentricités scientifiques, des fortunes colos- 
sales, d'étranges nouvelles, c'est à peu près tout ce que le 
vulgaire sait de ce monde qui reste encore pour lui le pays des 
chimères. Aussi faut-il savoir gré au P. Groonenberghs de nous 
avoir ouvert son carnet de voyage. 

Sa vaste expérience, son habileté à saisir les rapports vrais 
et profonds des choses, son style alerte, expressif, plein d'hu- 
mour, le mettaient à même de nous en donner une peinture 
vivante et fidèle. Il a beaucoup vu, beaucoup entendu ; il nous 
fait tout voir, tout entendre avec lui. 

Missionnaire, il a étudié surtout le mouvement social et reli- 
gieux. Aussi le magnifique épanouissement de la foi et de la 
piété catholiques au milieu de la dissolution des sectes protes- 
tantes, lui inspire-t-il des pages éloquentes, remplies des plus 
belles espérances pour la jeune Eglise d'Amérique. Ses prévi- 
sions sont loin d'être démenties par les nombreux miracles qui 
s'opèrent en ce moment même à New- York. 

N'allons pas croire pourtant à une conversion en masse des 
Américains protestants. Non; les discrètes révélations du 
P. Groonenberghs nous donnent une tout autre idée de la race 
qui a fait l'Amérique. Sans dogmes ni pasteurs, sans contrepoids 
suffisant à l'attrait du luxe et des plaisirs, sa prospérité maté- 
rielle devient la cause même de sa ruine. Gomme autrefois les 
races dégénérées de Rome et d'Athènes, elle court par tous les 
vices à une rapide extinction. 

Mais de nouveaux peuples arrivent qui apportent à la terre 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 285 

de Christophe Colomb, avec un sang noaveau, la foi et l'amour 
régénérateurs de l'Eglise catholique. Le fléau de Dieu, cause de 
cette nouvelle et pacifique invasion, n'est autre que les gouver- 
nements protestants et schismatiques de l'Europe, chassant par 
milliers de leurs foyers les catholiques irlandais, allemands, 
polonais. 

L'Église, comme une mère, les a suivis. Elle leur a envoyé ses 
prêtres, ses religieux, chassés comme eux de leur patrie, ou 
exilés volontaires ; et voilà qu'un nouveau monde chrétien s'é- 
lève, tout brillant de jeunesse, au milieu de la décadence des 
vieux conquérants ! 

N'est-ce pas là un magnifique spectacle? Le P. Croonenberghs 
nous le montre dans toute sa splendeur. 11 n'a, du reste, pas 
négligé les autres aspects de son sujet. Les renseignements de 
toute sorte, les anecdotes les plus charmantes abondent sous sa 
plume ; et son livre, illustré de nombreuses gravures, est aussi 
intéressant qu'il est instructif. F. M., S. J. 

Les Armées de la triple alliance. L'Armée austro-hongroise y 
d'après les documents officiels et des notes personnelles, 
par le général baron Kaulbars, chef d'état-major général 
de Finlande(M. Moedders). Traduction du russe parR. Can- 
DiANi. Paris, Louis Westhausser, 1893. In-8, pp. 269. Prix : 
4 francs. 

Ce nouvel ouvrage est conçu d'après le même plan que le 
Rapport sur l' armée allemande dont le succès a été si considé- 
rable. Le général Kaulbars, utilisant les documents officiels et 
les complétant par ses souvenirs personnels, nous met d'abord 
sous les yeux l'organisation générale et les eflectifs de paix et de 
guerre de l'armée austro-hongroise. 

Après cette entrée en matière, le général, avec la compétence 
qui le caractérise, passe successivement en revue, dans les détails 
les plus complets le recrutement, l'instruction et le mode de pré- 
paration à la guerre des divers éléments de l'armée autrichienne. 
Les méthodes de travail, le temps consacré dans chaque arme à 
l'instruction des recrues, des anciens soldats, des cadres inférieurs 
et des corps d'officiers, les soins donnés an matériel, sont indi- 
qués avec une scrupuleuse exactitude; les services spéciaux sont 



28e ÉTUDKS 

également étudiés avec le soin que comporte tout ce qui touche à 
l'organisation, à la mobilisation et à l'entretien des armées sur le 
pied de guerre. Le général Kaulbars a traité en outre les diverses 
questions qui tiennent à la vie intérieure de l'armée et qui sont, à 
son avis, d'une importance capitale pour l'appréciation de la va- 
leur qu'on peut lui attribuer. L'auteur termine par une étude suc- 
cincte du corps des officiers ; après avoir relevé, au cours de l'ou- 
vrage, les bases sérieuses d'après lesquelles se trouve organisée 
l'instruction des officiers des diverses armes, il expose les condi- 
tions de recrutement, qui sont combinées de façon à assurer une 
réelle valeur à ce corps de l'armée autrichienne. 

Le général Kaulbars ne cherche pas à dissimuler les points 
faibles de l'armée austro-hongroise; il signale dans son organi- 
sation, dans ses méthodes d'instruction, bien des procédés qu'il 
qualifie de peu pratiques, d'illogiques, d'imparfaits en un mot. 
Mais, tout en indiquant ces erreurs et ces lacunes, il fait remarquer 
avec raison qu'elles sont souvent inhérentes à la grande diversité 
des races réunies sur un territoire qui présente deux divisions 
politiques et administratives très différentes : l'Autriche et la 
Hongrie, en sorte que le gouvernement, tout en s'en rendant 
compte, ne peut guère y remédier. 

Cette part faite aux critiques, l'auteur attire l'attention sur 
nombre de détails d'instruction et d'organisation qui lui semblent 
dignes d'être imités et qui nous semblent pouvoir être adoptés 
avec avantagée en France. 

En résumé, l'armée austro-hongroise, sans être parfaite à tous 
les points de vue, n'en occupe pas moins avec honneur une de» 
premières places parmi les armées européennes, et elle consti- 
tuera dans la prochaine guerre un adversaire avec lequel on devra 
compter dès les premiers jours, car son organisation lui permet 
d'opérer sa concentration complète, y compris tous les services 
de l'arrière, dans un délai de dix jours. 

On ne saurait trop recommander le nouvel ouvrage du général 
Kaulbars, qui nous permet d'étudier une armée généralement 
encore peu connue en France, et qui compte comme l'une des 
plus importantes de la triple alliance. LE FOURDRAY. 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 



LITTERATURE 

ROMANS 

Bossuet et Péloquence sacrée au dix-septième siècle, par 
Mgr Freppel, évoque d'Angers. Paris, Retaux, 1893. 2 vol. 
in-8, pp. viii-391 et 504. Prix : 12 francs. 

Les études vraiment littéraires, c'est-à-dire celles qui se con- 
centrent sur les idées d'une œuvre et leur expression artistique, 
sont rares de nos jours; tout le monde ledit et tout le monde 
semble le regretter. Mais les écrivains continuent de leur préférer 
les recherches d'érudition ou d'histoire, les critiques scienti- 
fiques, les travaux d'archéologie. Il en résulte qu'elles ont, 
lorsque par hasard elles se produisent, un air à la fois ancien et 
nouveau. C'est quelque chose de nouveau en efTct et qui tranche 
curieusement sur les préoccupations actuellement à la mode; 
c'est quelque chose d'antique aussi et qui nous reporte à un âge 
trop bien passé : celui des littérateurs enthousiastes qu'une belle 
page échaufTait, qu'un mouvement oratoire mettait hors d'eux- 
mêmes ; celui des professeurs admiratifs qui luttaient d'éloquence 
ou de poésie avec l'auteur dont l'explication faisait l'objet de 
leur cours. 

L'ouvrage de Mgr Freppel, aujourd'hui présenté au public, 
appartient h cette classe d'études littéraires; il est pour satisfaire 
absolument ceux — s'il en reste encore — qui prcfcrcnt l'analyse 
délicate ou puissante d'une belle page à l'entassement de docu- 
ments récemment découverts ou à la description d'un manus- 
crit à grand'peine dcchiflTré. Le jeune professeur de Sorbonne 
s'y montre avec celle ardeur, cette verve brûlante, cette élo- 
quence h grands traits, cette synthèse lumineuse, cette facilité 
d'assimilation et d'exposition, celte parole claire, exacte, rapide, 
enflammée, qui ont été les traits distinclifs de son talent, et 
qui, à cette époque de sa vie, empruntaient à sa jeunesse quelque 
chose de plus exubérant. 

Mais, à peine de s'y tromper et d'avoir quelque déception, il 
ne faudrait pas chercher dans le livre de Mgr Freppel tout ce 
que le titre semble promettre. L'éditeur, avec une entière bonne 



288 ETUDES 

foi, a soin de nous en prévenir dans une excellente préface.. 
Nommé professeur de Sorbonne, l'abbé Freppel, déjà désireux 
d'entreprendre dans sa chaire d'éloquence ses vastes études sur 
les Pères, mais craignant d'effrayer par l'apparente austérité de 
ce sujet le jeune auditoire des écoles, se résolut à débuter par 
des leçons plus abordables et plus attrayantes. Il choisit Bossuet, 
et pendant deux ans il charma si bien les étudiants groupés en 
foule près de lui, il se créa un auditoire si solide, que bientôt il 
se sentit en mesure d'inaugurer son cours d'apologétique par les 
Pères, et, sans même l'achever, relégua sur un arrière-plan le 
travail commencé sur le grand évêque de Meaux. D'ailleurs, ce 
travail, il l'avait entrepris dans de vastes proportions. Il voulait 
dresser la statue immense de Bossuet sur un piédestal que sou- 
tiendraient les orateurs sacrés d'un siècle si fécond dans l'élo- 
quence religieuse, et même, au socle de ce piédestal, sculpter 
en bas-relief les grandes figures des premiers prédicateurs de 
l'Evangile. C'était immense; l'œuvre devait durer plusieurs 
années. Elle s'est arrêtée h la fin de la seconde. Telle qu'elle est^ 
elle comprend, outre deux leçons consacrées à l'étude de la pa-^ 
rôle sacrée du premier au seizième siècle, neuf leçons sur les 
orateurs qui ont immédiatement précédé Bossuet, et vingt- 
quatre surl'évêque de Meaux lui-même. Après avoir étudié son 
génie, ses maîtres, sa méthode, l'abbé Freppel résume, dans- 
l'analyse et l'examen détaillé de quelques sermons et du panégy- 
rique célèbre de saint Paul, ses observations sur Bossuet ser- 
monnaire. A partir de la vingt et unième leçon, il n'est plus ques- 
tion que des oraisons funèbres; encore celle du prince de Coudé 
n'a-t-elle pu trouver place dans les cours de l'année 1857, et^ à 
cause de cela, fait-elle défaut, à notre grand regret, dans ces. 
études si pénétrantes et si neuves encore. 

L'ampleur de ce plan explique et justifie certaines digressions^ 
fort admissibles du reste dans un cours public, où le conférencier 
peut, sans encourir de blâme, se laisser arrêter parfois aux dé- 
tours de sa route, mais dont s'accommoderait assez mal l'exacte 
unité d'un livre. Qui donc, au reste, ne serait pas prêt à par- 
donner h l'abbé Freppel de s'être attardé un peu, soit pour nous- 
faire ces leçons sur le Génie et sur le Génie dans T éloquence^ où il 
trace son propre portrait, comme jadis Bossuet dessinait le sie» 
dans le panégyrique de saint Paul ; — soit pour nous donner cette 



PARTIE BlBLlOUUAPinyUK 289 

série d'études sur l'éloge funèbre dans 4'anliquité profane et 
dans l'Église chrétienne, où se marque nettement la différence 
essentielle du sentiment chrétien et de la stérile admiration 
païenne ? 

Quand on songe que, lorsqu'il montait dans la chaire d'élo- 
quence sacrée, l'abbé Freppel avait à peine vingt-huit ans, on 
ne s'étonne pas de trouver dans son style une exagération 
parfois légèrement emphatique, dans son développement une 
exubérance qui par instants frise l'amplification, dans son admi- 
ration une vivacité, une ardeur juvénile qui ne gradue pas ses 
formules laudatives et ne contient pas ses élans. Loin de condam- 
ner tout cela, non seulement on l'excuse en faveur de l'allure 
franche et naïve, de la spontanéité et de la ferveur du sentiment, 
mais on est bien près de l'admirer, comme on admire, tout en se 
résignant à l'élaguer, l'arbre jeune et vigoureux qui jette en tous 
sens SCS bourgeons. Il annonce en effet une puissance de vie 
qui, réglée, donnera des fruits merveilleux. Ainsi l'abbé Freppel 
annonçait l'évêque d'Angers. R. MOREAU, S. J. 



Historia de la Literatura, por el P. Manuel Poncklis, de 
la Compariîa de Jésus. Buenos-Aires, Léon Mirau, 1891. 
In-8, pp. 478. 

Un seul volume pour une histoire générale de la littérature, 
c'est bien peu, dira-t-on. Nous ne cacherons pas que telle était 
notre pensée en commençant la lecture de cet ouvrage. Mais, à 
mesure que nous parcourions ses longues pages aux lignes ser- 
rées, et que nos yeux se fatiguaient à déchiffrer les menus carac- 
tères entremêlés dans le texte, nous revenions peu à peu de notre 
premier sentiment. Au lieu d'une sèche énumération, nous 
trouvions des analyses pleines et claires, des jugements sûrs et 
presque toujours complets. 

L'auteur ne destine pas son livre aux professeurs ou aux can- 
didats à la licence : son but, en plps d'un endroit, serait manqué. 
II offre aux élèves des cqllèges un vaste résumé de la littérature 
de tous les âges et de tous les pays. C'est un véritable service qui 
leur est rendu. Ils ne seront plus obligés, pour étudier, en de- 
hors des noms classiques, le développement littéraire chez la 
plupart des nations du monde entier, de recourir à une multi- 



290 ETUDES 

tude d'auteurs. Le P. Poncelis a renfermé le fruit de ses propres 
recherches dans un seul volume. 

La littérature hébraïque occupe, par son excellence et son an- 
tiquité, le premier rang. Puis viennent l'Orient, la Grèce, Rome. 
Les écrivains des premiers siècles de l'Eglise, apologistes et ora- 
teurs, sont plus que mentionnés. Les derniers monuments de la lan- 
gue latine en Occident conduisent l'auteur au moyen âge. Il suit 
pas à pas en Espagne, en France, en Italie, dans le nord de l'Europe 
et jusqu'en Arabie, les premiers essais de ces peuples qui travail- 
lent à se créer une langue et à produire quelques chefs-d'œuvre. 
Enfin apparaissent les temps modernes avec leur prodigieuse 
fécondité. L'Espagne, on le comprend, a la part belle; l'Amé- 
rique aussi. On ne lira pas sans intérêt l'histoire de la littérature 
hispano-américaine, dont le passé glorieux promet un avenir plus 
brillant encore. Sur l'Allemagne, l'Angleterre et la France, 
l'auteur glisse plus légèrement : les proportions . de l'ouvrage, 
<léjà bien considérable pour des élèves, l'exigeaient. D'ailleurs, 
pourquoi tant insister, s'il est vrai, comme le dit le P. Poncelis 
dans sa préface (p. via), que « les plus célèbres poètes drama- 
tiques du siècle de Louis XIV n'ont été que les imitateurs plus 
ou moins heureux du théâtre espagnol » ? Quelques autres appré- 
ciations appelleraient des réserves, bien qu'en général les juge- 
ments de l'auteur soient d'un goût sûr. 

On se plaint quelquefois de rencontrer dans de gros ouvrages 
beaucoup de place vide. Ce n'est pas le défaut de celui-ci, qui 
gagnerait plutôt h être mis en deux volumes. Au lieu de simples 
numéros, indiquant dans chaque chapitre le passage d'une ma- 
tière à l'autre, on pourrait aussi insérer des titres secondaires et 
mettre en évidence le nom des auteurs. Le travail des élèves de- 
viendrait alors plus facile et plus agréable. 

J. PEYRÉ, S. J. 

Histoire de la littérature grecque, par Alfred et Maurice 
Groiset. Tome III, par Maurice Groiset. Paris, E. Thorin, 
1892. In-8, pp. 677. 

Les Études ont déjà recommandé à leurs lecteurs les pre- 
miers volumes de cette Histoire de la littérature grecque, dont 
MM. Groiset poursuivent avec un soin consciencieux la publica- 
tion. Il nous suffira donc d'en signaler l'heureuse continuation. 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 211 

Le tome troisième, œuvre, comme le premier, de M. Maurice 
Croisai, s'ouvre par un tableau d'ensemble sur la primauté 
d'Athènes au cinquième et au quatrième siècle. Ce volume 
est consacré à la tragédie et à la comédie attiques, vaste sujet 
traité avec l'étendue convenable. Nous avons particulièrement 
goûté certaines analyses du génie dramatique d'Euripide. Pour- 
quoi l'auteur n'a-t-il pas rejeté après l'nppréciation des trois 
grands tragiques, son étude générale de la tragédie grecque? La 
perspective de l'ouvrage y eût peut-être gagné. 

Bref, nous avons retrouvé dans le présent ouvrage les qualités 
du premier volume : mise en œuvre remarquable, délicatesse 
dans l'analyse, élocution élégante et facile, science solide et 
bien fondue. Ces qualités brillantes ne vont pas sans quelques 
ombres légères : l'allure du style est parfois trop périodique, 
tant soit peu redondante; l'érudition, pour ne pas tomber dans 
le genre indigeste de certains savants d'outre-Rhin, semble çà 
et là d'une sobriété excessive. Malgré cela, le tome troisième 
de V Histoire de la littérature grecque mérite iout à fait le bien- 
veillant accueil qu'ont reçu ses devanciers. 

G. SORTAIS, S. J. 

Le Roman en France depuis 1610 jusqu'à nos jours. Lectures 
et esquisses^ par P. Mokillot. Paris, Masson. In-12, 
pp. xi-611. 

Ce livre est né d'un regret et d'un espoir : le regret de ce que 
'on ne donne pas au ruman, dans les programmes des écoles, «une . 
part plus large, plus en rapport avec celle qu'il occupe vraiment 
dans nos lettres françaises » ; l'espoir de « servir utilement à la 
fois la cause des lettres et celle de l'éducation n, en facilitant à 
notre jeunesse « l'étude prudente et raisonnée du roman fran- 
çais ». 

Le regret est-il bien légitime, l'espoir bien fondé ? Si le roman 
occupe dans notre littérature une place « considérable », cette 
place est-elle « vraiment » grande? Ce genre est-il donc consa- 
cré par de tels chefs-d'œuvre, qu'à défaut de son étude la forma- 
tion morale et littéraire reste forcément incomplète ? Notre au- 
teur semble lui-même dire le contraire. « D'abord, à cause delà 
frivolité originelle du genre et delà négligence des auteurs, bien 
peu de ces ouvrages pourraient être proposés comme des modèles 



292 ETUDES 

achevés de composition et de style. De plus, la valeur éducatrice 
des romans les mieux intentionnés est pour le moins fort contes- 
table, car leur effet est toujours de captiver trop vivement l'ima- 
gination et d'alanguir du même coup la volonté. » (Avant-propos, 
p. VI.) On ne saurait mieux dire ni déclarer en termes plus clairs, 
d'abord qu'il n'y a pas lieu de donner au roman une place plus 
large dans nos programmes; ensuite, que les Lectures et esquisses 
n'auront jamais une grande influence sur la formation morale de 
nos jeunes gens ; enfin, qu'il y aura même quelque difficulté à 
composer un livre de ce genre qui ne nuise pas à cette formation. 

M. Morillot s'est préoccupé de ce point. « Il a vérifié avec un 
soin minutieux la parfaite innocuité de toutes les citations;... on 
ne trouvera dans son livre ni une peinture malséante, ni un mot 
qui puisse choquer. » S'il n'a pas exclu de son choix « certaines 
pages pleines de tendresse et de passion », s'il ne s'est fait aucun 
scrupule « de puiser dans les œuvres de certains auteurs dont 
le nom est susceptible de causer quelque effroi », c'est que la 
chose lui paraissait impossible ou ridicule. Peut-être aussi a-t-il 
pensé, avec quelque raison, que les élèves des lycées, auxquels 
l'ouvrage est destiné, supporteraient sans danger une pareille 
lecture. S'il eût songé aux élèves des écoles catholiques, assuré- 
ment il se fût montré plus sévère et dans ses Lectures et dans ses 
Esquisses. 

Le style de ces dernières est charmant de finesse et d'aban- 
don ; les analyses, malgré leur brièveté, soutiennent l'intérêt ; la 
critique littéraire, presque toujours juste et originale, satisfait 
l'esprit; l'appréciation morale et religieuse, à tout le moins insuf- 
fisante, risque de l'égarer. Volontiers nous admettrons avec 
M. Morillot que certains auteurs du dix-huitième siècle « don- 
nent au libertinage l'apparence mensongère de la passion;... 
abaissent le sentiment à n'être plus que l'expression des plus 
vils instincts » ; que « l'on peut dire un peu de Voltaire ce que 
Mme de Tencin disait de Fontenelle, qu'à la place du cœur il 
avait de la cervelle » ; que Diderot est «grossier parfois jusqu'au 
cynisme » ; et Restif de la Bretonne, un « champignon prodigieux 
poussé sur la pourriture du dix-huitième siècle » ; que, enfin, le 
roman de nos jours étale « de lugubres saletés »; mais, au nom de 
la vérité, nous sommes obligé de protester lorsque l'auteur nous 
affirme qu'il faut se défier « de la réaction excessive qui semble 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 293 

entraîner notre époque contre les hommes du siècle dernier, et 
surtout contre le plus grand de tous, contre Voltaire. « Ce n'est 
point pour sa gloire que je crains, ajoute-t-il, mais bien plutôt 
pour notre bon sens national et pour notre esprit. » Crainte chi- 
mérique : le bon sens français est fait pour une bonne moitié de 
sens chrétien ; réagir contre Voltaire, c'est faire acte de patrio- 
tisme en même temps que de religion. 

J. F. ALRIC, S. J. 

I. — Les Chants oraux du peuple russe, par M. Achille 
MiLLiEN. Paris, Champion, 1893. 1 vol. in-18, pp. xxii-254. 
Prix : 3 fr. 50. 

n, — Ballades russes, par Pabbé Hector Hoornakrt. Gand, 
Siffer; Paris, Savine, 1 vol. in-i2, pp. 190. Prix : 3 francs. 

Depuis deux ou trois ans, la littérature a, comme la politique, 
l'œil tourne vers la Neva ou vers les steppes ; c'est dans cet 
Orient neigeux et pâle que certains prophètes voient l'avenir et 
l'aube des grandes choses. — Çà et là, naguère, des drapeaux russes 
ont flotté dans nos rues ; les livres russes, ou à la russe, s'entas- 
sent sur les rayons des librairies. On serait presque réputé mau- 
vais patriote, si l'on ne tendait de loin la main aux Cosaques et 
aux moujiks ; on aurait presque l'air d'un sot, d'un manant 
littéraire, si, de temps h autre, on ne saupoudrait son style 
de mots russes : Vizbay la troïka, la téléga, les icônes, la Pana- 
gia..., sans parler du knout, que l'on connait depuis pas mal de 
temps. 

Prochainement (si ce n'est déjà fait), les marraines commence- 
ront d'appeler leurs filleuls Ivan, Dinitri, Féodor, dans le beau 
monde ; et, chez le peuple, Mikoula ou Yegory. 

Avant peu, les poètes de France, imitant les kaliekis rêveurs, 
les homères ambulants de la sainte Russie, chaussés de laptis, 
coifles du bonnet mournian de zibeline, et mélancoliquement 
assis sur le konrgane vert, chanteront, sur la gouzzia en manière 
de lyre, sur la kobza ou bandoura en place de guitare, les byU~ 
nés épiques (comme qui dirait les chansons de geste) de la grande 
Russie, ou les doumij de l'Ukraine, ou les kohjadkis populaires, 
ou les khorovods de fête. Après quoi, si les moujiks leur donnent 
des kopecks, et les boyards des roubles, ils pourront manger non 
plus de la chandelle fondue, mais bien des sterlets et du caviar ; 



294 ÉTUDES 

ils boiront du kwas, du braga^ ou du uodka en guise d'absinthe ; 
puis reprendront leur course errante et chantante, enjambant à 
grands pas les çerstes qui les séparent de l'immortalité. 

J'ignore si le lecteur a tout compris ; mais un lecteur français 
qui se respecte doit aujourd'hui, pour se donner des airs, saisir 
le fin du fin de cette littérature franco-slave ; MM. Millien et 
Hoornaert l'y aideront ; le premier, avec ses Chants oraux du 
peuple russe ; le second, avec ses Ballades russes. 

I. — Les Chants oraux comprennent les hymnes ou rondes de 
fêtes et des saisons, de Noël, du nouvel an, de la Saint-Georges, de 
la Saint-Jean, du printemps, du seigle, de la pluie, de la maladie 
des bêtes; puis les chants historiques, les complaintes, légendes, 
ballades, danses, chansons de mariage ou de funérailles, et d'au- 
tres encore. Le recueil est riche ; il est varié, un peu comme le 
serait pour nous un recueil qui s'ouvrirait par Au clair de la lune, 
et s'achèverait par le De profundis. Il y aurait toutefois cette dif- 
férence que, chez nous, les chants populaires ont beaucoup plus 
souvent l'allure de Au clair delà lune ^ en Russie, beaucoup plus 
souvent le ton du De profundis. 

Le ton général des Chants oraux publiés par M. Millien est 
triste, morne, quasi lugubre, alors même qu'il s'agit de joie, par 
exemple de fiançailles. Presque partout, on croit ouïr comme une 
plainte mystérieuse, des voix qui pleurent dans la nuit. On disait 
autrefois de nos voisins d'outre-Manche : « C'est le peuple qui 
s'amuse le plus tristement du monde, w Axiome qui dorénavant 
n'est plus exact, si l'on juge de la gaieté des moujiks par les 
Chants oraux du peuple russe . 

Les chants de fêtes religfieuses eux-mêmes ont comme des 
refrains de Oies irœ ' on sent qu'il manque aux « orthodoxes » 
sujets du tsar, la foi entière, vivante, consolée, j'oserais presque 
dire, ensoleillée, de l'Église catholique. 

A cet égard, l'ouvrage de M. Millien est curieux ; il l'est aussi, 
et fort intéressant, au point de vue littéraire : soit que l'habile 
traducteur se borne à rendre les rythmes slaves en lignes de 
prose, soit qu'il les orne de rimes et les assemble en strophes 
françaises. Les amateurs de Folk-lore y trouveront une ample 
moisson ; les poètes en quête de couleurs orientales — d'un 
orient sombre — pourront y puiser à pleines mains des images, 
ou neuves, ou étranges ; mais Ne quid nimis ! 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 295 

H. — Dans les Ballades russes^ l'œuvre de M. l'abbé Hoornaert 
est, par certains côtés, plus personnelle : le poète n'est pas seule- 
ment traducteur; il se fait une âme russe ; il pense russe ; il voit 
avec une imagination russe, comme s'il avait rimé ses Ballades à la 
lisière des steppes ; il se doone des idées et des sentiments russes, 
comme s'il avait passé de longs mois d'hiver dans une izba. 

L'impression qui se dégage des Ballades russes de M. Hoor- 
naert est bien celle que produisent les Chants oraux de M. Mil- 
lien ; mais plus vague, plus russe peut-être, et certainement plus 
triste ; j'allais dire, plus pénible. Il semble qu'on est transporté 
au beau milieu d'une plaine de neige, ou dans une lande sans 
ajoncs ni bruyères. Là, point de printemps : un automne où le vent 
gémit, un hiver où le vent siffle ; point de campagne, de mois- 
sons, de fleurs : un cimetière avec quelques cyprès grêles ; point 
de rossignols : des corbeaux et des oiseaux de proie au bec 
rouge. 

Une eau-forte, placée au faux-titre, représente, sous un ciel 
jaunâtre, trois moujicks enchaînés, au pied de rochers sans herbe, 
sur lesquels la mort chevauche. Spectacle funèbre ; c'est là le 
frontispice qui convient h ces Ballades^ que u'éclairc aucun rayon, 
où ne sonne aucune note gaie. C'est la faute, si faute il y a, du 
sujet, non du poète. Le poète est un habile; et il relève par des 
rythmes étudiés le thème monotone de ces élégies saisissantes, 
pénétrantes, navrantes. 

Pourquoi ce lettré délicat çmaille-t*il ses strophes d'adjectifs in- 
connus aux vrais poètes de France?... océan rt^trfe; \icc a/iceslral ; 
8UT\ivant ultime ; regard spectral; palais vétusté... Quand on est 
un artiste vaillant et riche comme M. Hoornaert, on dédaigne cette 
monnaie fausse et qui appauvrit. Les effets puissants se produi- 
sent toujours avec des mots simples. Les décadents et les symbo- 
listes ont un autre système : ce n'est point celui des maîtres ; et 
l'auteur des Ballades russes peut prétendre à ce titre. 

V. DELAPORTE, S. J. 

Les Dessous de l'histoire, parle comte A. de Saint-Aulàire . 
Paris, Galmann Lévy, 1893. In-12, pp. 312. 

Ceux qui chercheraient dans ce volume des confidences diplo- 
matiques ou de graves secrets d'Etat seraient déçus, ou à peu 
près. Ceux qui ne veulent que des aventures romanesques, des 



296 ÉTUDES 

émotions vives et honnêtes, peuvent prendre avec confiance les 
quatre nouvelles réunies par M. le comte de Saint-Aulaire sous 
un titre alléchant, mais un peu trompeur. ET. C, S. J. 

I. — Histoires et légendes, par Coraly Pirmez. Bruxelles, 
Société belge de librairie, 1893. In-8, pp. 382. 

II. — Nouvelles militaires, par Amédée Delorme. Paris, 
Charles-Lavauzelle, 1893. In-12, pp. 267. Prix : 3 fr. 50. 

III. — Un Mariage sous la Terreur, par Alfred de Besan- 
CENET. Paris, 8, rue François I", 1893. In-12, pp. 166. 

IV. — En Tyrol, par Maurice Grandjean. Lille, Désolée, 1893. 
In-8, pp. 288. 

V. — Simples histoires de jeunes filles, par Mme de Gen- 
telles. Lille, Desclée. In-8, pp. 240. Prix : 1 fr. 50. 

VI. — Rouget de Lisle, par Gh. Gaudot. Besançon, Paul 
Jacquin, 1892. Brochure in-8, pp. 17. 

I. — Ces charmantes histoires, glanées dans la vie du divin En- 
fant Jésus, des saints ou des héros chrétiens, ont été écrites par 
un cœur aimant Dieu et les pauvres. Il faut savoir gré à Madame 
Briois d'avoir offert cette gerbe de prix à la jeunesse : elle pourra 
cueillir des leçons de délicatesse, de charité et de dévouement. 
Comme elle est fraîche et gracieuse la légende de VÉcuelle de 
lait ! Tous ces récits vont autrement au cœur que l'histoire du 
Petit Poucet. 

II. — La première des « nouvelles militaires», le Sergent Le 
Goadec, est excellente de tous points. Nous ferons des réserves 
pour le Capuchon d' ordonnance . — Maxima debetur puera reçe- 
rentia. 

III. — L'époque de la Teneur a fourni et fournira encore pen- 
dant longtemps matière à nombre de récits dramatiques. Il s'agit 
dans ce volume d'un mariage. Oh ! les fleurs et les tentures bril- 
lantes ne fêtent point le bonheur des jeunes époux. C'est dans 
une chambre mystérieuse qu'un prêtre bénit pour la terre et 
pour le ciel l'union de Mlle d'Epival avec le capitaine Chérois : 
sombre et lugubre mariage précédé d'une longue et cruelle 
attente, car le propre frère de l'officier, un des amis de Danton, 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 29T 

avait fait l'impossible pour enlever à son aîné la faculté d'offrir 
sa main à Mlle d'Epival. — Roman honnête et estimable. 

IV. — En Tyrol. Ce voyage vécu à travers les montagne^ et les 
plaines du Tyrol, où l'auteur parle des mœurs et des usages, décrit 
les villes et leurs monuments, est de lecture attrayante. Le livre 
se divise en dix chapitres correspondant aux points principaux 
du récit. Le Tyrol n'a pas que le costume élégant et pittoresque 
de ses habitants à montrer; il a des villes comme Trente, 
Insbruck, Méran; il a une histoire très ancienne, et partant des 
souvenirs : c'est ce que M. Grandjean a eu le talent de présenter 
d'une manière utile et aimable à la fois. 

V. — Mérite rare, Mme de Gentelles a composé réellement de 
simples histoires où l'on ne franchit pas d'une manière dévergon- 
dée les limites du possible et du vraisemblable. 

Olga, Anne-Marie, Henriette, Odile, sont autant de charmants 
récits et d'aimables leçons de vertu. 

VI. — M. Gaudot est d^avis, malgré des contradicteurs sé- 
rieux, que Rouget de Lisle a composé les paroles et la musique 
du trop fameux « hymne national ». Il dépouille ce fantoche de 
son auréole et prédit que la Marseillaise, devenue incompréhen- 
sible, ne restera pas longtemps le chant français. Bravo! 

A. LEFÈVRE. 



Bibliographie, lY. — 20 



SOMMAIRES DES REVUES 



Nous donnons ces sommaires à titre de renseignements biblio- 
graphiques ; mais nous n'entendons nullement par là recommander 
les Revues elles-mêmes. 



PÉRIODIQUES FRANÇAIS 



Annales de philosophie chrétienne 
(Paris). — Mars. — La justice dans 
la sociologie de révolutionnisme, 
Mgr S. Talamo. — La pensée dans 
l'histoire, C. C. Charaux. — La 
personnalité de Dieu et la criti- 
que contemporaine, V. Ermoni, — 
Le langage positif, Jeanniard du 
Dot. 

Association catholique (Paris, bou- 
levard Saint-Germain, 262). — Avril. 
—De la représentation de l'industrie 
et des professions libérales, mar- 
quis de La Tour-du-Pin-Chambly . 
— Les vrais principes sociaux, G. 
de Pascal. — Statistiques officielles 
sur la situation ouvrière en Belgique, 
H. Bussoul. — Rapport sur la re- 
présentation de l'agriculture, L. De- 
lalande. — La ligue fédérative contre 
les bureaux de placement, dite l'Ali- 
mentation, XXX. 

Bulletin de la Société générale d'é- 
ducation et d'enseignement (V&ris, rue 
de Grenelle, 35.) — Avril. — Le 
foyer chrétien, R. P. Terrade, — 
Assemblée générale de l'œuvre des 
écoles chrétiennes libres du diocèse 
de Paris. — Le budget de l'instruc- 
tion publique à la Chambre des dé- 
putés et au Sénat, L. de Crousaz- 
Cretet. 

Bulletin de l'Institut catholique de 
Paris, — Mars. — La question bi- 



blique, Z. — Racine en famille, A. 
Largent. — Cours sur la liberté, C. 
Piat. 

Canoniste contemporain ( Paris, 
rue Cassette, 10). — Mars, — Le 
R. P. Palmieri et les questions mo- 
rales relatives au divorce civil, G. 
Grandclaude, — Procédure cano- 
nique dans les causes matrimoniales 
(suite), G. Péries. — « Intra muros n 
et « extra muros », lettre à M. le di- 
recteur de la a Semaine religieuse » 
de Grenoble, A. Boudinhon. — Actes 
du Saint-Siège. 

Avril. — Sur le décret « Auntis 
admodum » (suite), P. Pie de Lan- 
gogne, O. M. C. — Procédure cano- 
nique dans les causes matrimoniales 
(suite), G. Péries. 

Comptes rendus de l'Académie des 
sciences (Paris). — 20 mars. — Sur 
la prochaine éclipse totale, /. Jans- 
sen. — Sur la préparation d'une va- 
riété de graphite foisonnant, H. Mois- 
san. — Recherches sur le samarium, 
Lecocq de Boisbaudran. — Le pan- 
créas et les centres nerveux régula- 
teurs de la fonction glycémique, A. 
Chauveau et Kaufmann. 

27 mars. — Sur la construction de 
la carte du ciel, Lœwy. — Sur les 
matières organiques constitutives du 
sol végétal, Berthelot et André. — 
Sur les bandes d'interférence des 
spectres des réseaux sur gélatine, 



SOMMAIRES DES REVUES 



299 



A. Crova. — Recherches sur le sa- 
marium, Lecocq de Boisbaudran . 

4 avril. — Sur la construction de 
la carte du ciel, M. Lotwy. — Repré- 
sentation approchée des fonctions 
expérimentales entre des limites 
données, Vallier. — Sur les éthers 
benzèneazocyanacétiques et leurs 
analogues, A. Haller et E. Branco- 
vici. 

10 avril. — Sur l'extinction des 
torrents et le reboisement des mon- 
tagnes, P. Demontzey. 

Correspondant (Paria). — 25 mars. 

— H. Taine, sa vie et son œuvre. Th. 
Froment. — L'Egypte et les Égyp- 
tiens, duc d'Harcourt. — Berryer et 
le prince Louis-Napoléon, Ch. de 
Lacombe, — Les Huttiers, A. Go- 
dard. — Le jésuite Curci, abbé A. 
Kannengieser. — Les œuvres et le» 
hommes, V. Fournel. 

10 avril. — Les Juif». Leur capti- 
vité en Chaldée, 5. Ém. le cardinal 
Meignan, — L'Egypte et le» Égyp- 
tiens. L'esclavage (auite), duc d Har- 
court. — Le centenaire de l'Institut, 
F. Bouillier, — Un prochain congrès. 
Le» œuvres de patronage, H. Joly.-— 
■ Le jésuite Curci (suite), abbé A. 
Kannengieser. — Le» livre», L. de 
Lanzac de Laborie. — Revue de» 
sciences, //. de Parville, 

Cosmos (Paris). — 25 mara.-^Les 
épidémies cholériques de 1892, L. 
Menard. — L'électricité en Italie, 
Bf A. Battandier. — Ostréiculture. 

— Chronique photographique, A. 
Berthier. — Au Kilima-Ndjaro, A. Le 
Roy. — La côte et les ports du Ton- 
kin, P. Viator. — Correspondance 
astronomique, /. Vinot. — Fixation 
des torrents et boisement des mon- 
tagnes, Chambrelent. 

l«r avril. — Le mal chimique, L. 
M. — Au Kilima-Ndjaro, A. Le Boy. 

— Un four électrique, H. Moissan et 
y. Viollc. — Cadran équatorial uni- 
versel de jour et de nuit, E. Soulié, 

— La côte et les ports du Tonkin, 



P. Viator. — Sur la visibilité des 
objets élevés, L. Reverchon. — L'ar- 
rosage des rues, M. de Nansouty. 

8 avril. — La destruction des sau- 
terelles. — Compteur électrique 
Elihu Thomson, de Contades. — Au 
Kilima-Ndjaro (suite), A. Le Roy. — 
Le ■ Katadhin •, navire bélier. — 
Le phylloxéra en Champagne. — La 
pratique des ascensions aérostati- 
ques, G. Béthuys. — Le paradis ter- 
restre et la race nègre devant la 
science, D* A. Battandier. — Les 
montagnes et la chaleur centrale, 
Tardy. — Variation» bru»que» de 
température aux dates fixes de la 
aeconde quinzaine de janvier/ Dom 
D. Démoulin. 

15 avril. — Appareil» et aystèmes 
de »ignaux destiné» à éviter les colli- 
sion» des train», F. Keramon. — Les 
explosion» de chaudière», D* A. Bat- 
tandier. — Tunisie. Epigraphie chré- 
tienne, A. L. Delattre. — L'arsenal 
maritime autrichien de Pola, com- 
mandant Chabaud-Arnault. — Oura- 
gan et inondation à Tananarive, P. 
Camboué, S. J. — Au Kilima-Ndjaro 
(suite), A. Le Roy. — De» guanos 
de poi»»on, M. — Lampe économique 
à poudre de magnëaium, G. L. 

Économiste français ( Pari» ). — 
25 mar». — Le pillage du budget, le 
retour certain de» gro» déficit» et la 
néceasité prochaine d'un grand em- 
prunt public. — Une réforme par- 
tielle de la loi »ur le» sociétés. — 
Le Tonkin et le Yunnan. — La 
France et la production agricole. 

i*' avril. — Les droit» de» deux 
chambre» en matière de budget. — 
Le trafic de» voyageur» sur les che- 
mins de fer français: sa progression, 
sa recette et sa décomposition par 
classe. — Le commerce extérieur de 
la France et de l'Angleterre pendant 
les deux premiers mois de l'an- 
née 1893. — Le mouvement écono- 
mique et social aux Etats-Unis. — 
La consommation des huîtres. 

15 avril. — L'administration de la 



300 



ÉTUDES 



ville de Paris, P. Leroy-Beaulieu. — 
Le mouvement économique et social 
en Allemagne, M. Block. — L'argent 
et l'or, A. de Foville. — Le mouve- 
ment économique et social aux Etats- 
Unis, E. Fournier de Flaix. — Les 
discussions de la Société d'économie 
politique de Paris, G. Michel. — 
Lettre d'Espagne, A. Hougton. 

Éducation chrétienne (Paris). — 
!•' avril. — Lettre de S. Em. le car- 
dinal Rampolla à la rédaction. — 
Jubilé épiscopal de S. S. Léon XIIL 
D'une questure dans les écoles, S. 
Simon. — Le recrutement des écoles 
normales. 

15 avril. — L'enseignement. — Le 
régime scolaire officiel jugé par 
M. Taine (suite). 

Enseignement chrétien (Paris). — 
1" avril. — La simplification de l'or- 
thographe, Gréard. — De la prépa- 
ration à l'enseignement, ahhéR. Hor- 
ner. — Un tour de phrase cicéronien, 
abbé E. Ragon. — Les mots latins 
d'origine chrétienne, abbé A. Boue. 

16 avril. — La licence es lettres, 
C. Huit. — L'enseignement des lan- 
gues vivantes. 

Journal des économistes (Paris, rue 
Richelieu, 14). — Avril. — L'inter- 
vention de l'Etat dans les banques 
d'émission en Italie, V. Pareto. — 
Une refonte de la monnaie d'or sous 
Louis XVI, Ch. Gomel. — Revue des 
principales publications économiques 
de l'étranger, M. Block. — Le pla- 
cement des ouvriers, employés et 
domestiques en France et à l'étran- 
ger, H. de Beaumont. 

Journal du droit canon (Paris-Au- 
teuil). — 25 mars. — Des sentences 
« ex informata conscientia », abbé 
Bassibey. — Des paroisses et des 
curés, abbé G. Péries. — La Révo- 
lution et la liberté testamentaire, 
S. B. C. 

10 avril. — De l'élection des mi- 



nistres de l'Église aux premiers siè- 
cles (suite), Mgr SatoUi. — Divers 
ouvrages qui ont paru sur la ques- 
tion scolaire aux Etats-Unis. — La 
Révolution et la liberté testamen- 
taire (suite). — Académie de droit 
canonique. 

Magasin littéraire (Gand). — Mar» 

— Représentation des intérêts, 
M. Bodeux. — A Tunis, L. Mercier. 

— Les peintres du peuple : J. F. 
RafFaëlli, A. Dutry. — Vision d'Eryn, 
baron Kervyn de Volkaersbeke . — A 
propos d'une pensée d'Oct. Feuillet, 
abbé H. Moeller. — Le choix du pa- 
tricien, E. King. 

Nature (Paris, boulevard Saint- 
Germain, 120). — 25 mars. — Le 
portrait de Christophe Colomb, 
Hamy. — Eclipse totale de soleil du 
16 avril 1893, A. Jarson. — Un nou- 
veau moteur rotatif, J. Laffargue. — 
Les progrès de la pisciculture, X..., 
ingénieur. — Fabrication des véloci- 
pèdes, G. Cornié. 

1er avril. — Les fours électriques, 
G. Tissandier. — La vitesse des 
étoiles et les études spectrales, G. 
Espitallier. — Le trésor de Ségou, 
A. Barbusse. — Le passage des ri- 
vières au moyen des outres. — La 
folie communiquée de l'homme au 
chien, N, Baldet. — Le bigraphe, 
A. Good. — L'anthonome du pommier 
et sa destruction, H. Coupin. 

8 avril. — Une locomotive améri- 
caine, X.., ingénieur. — Le carbo- 
rundum, E. H. — Les îles Samoa et 
les Samoans, /. Deniker. — L'exten- 
sion du système métrique, C.-Ed. G. 
— L'usine électrique du secteur des 
Champs-Elysées, à Paris, E. Hospi- 
talier. — Expériences de cours sur 
les liquides magnétiques. — Fers 
météoriques diamantifères, S. Meu- 
nier. 

15 avril. — Le vice-amiral Paris, 
G. Tissandier. — Les presses à for- 
ger, F. Manaut. — Le castor, H. de 
Varigny. — Les nouveaux timbres- 



SOMMAIRES DES REVUES 



301 



poste des États-Unis, P. Grignard. 

— L'épingle de nourrice dans l'anti- 
quité, H. Cou pin. 

Nouvelle Revue (Paris). — 1" avril. 

— La corruption dans l'histoire, 
C. de Moûy. — Les corrupteurs ac- 
tuels, C. Lombroso. — Elisabeth et 
Essex, H. de la Perrière. — Sur la 
terre et par la terre, E. Simon. — 
Le temps nouveau, comédie, Af"" 
Adam, — Mon ami Roblin, Champ- 
fleury. — Léo Delibes, A. Pougin. — 
Œufs de Pâques, L. Claretie. — La 
nouvelle présidence aux Etats-Unis, 
E. Masseras. — La crise politique 
en Norvège. S. G. Peter s. 

15 avril. — Le rôl« politique de 
M. Jules Ferry, de Marcère. — 
L'Alsace, /. Macé. — Le secret des 
pyramides de Memphis, L. Mayou. 

— Sur la terre et par la terre (suite), 

E. Simon. — Études et causeries 
médico-littéraires, M. de Fleury. — 
Profils Scandinaves : Edward Griez, 
M. Bigeon . — A propos du doute, 
Ch. Brunet. — Le trimestre scienti- 
fique, 5. Meunier. 

Notes d'art et d'archéologie (Paris, 
boulevard Saint-Germain, 226). — 
Avril. — Le congrès de l'art chré- 
tien, /. de Bernon. — Les palais de 
plaisance des princes de Ferrare, 
G. Gruyer. — Saint Thomas Becket à 
Cantorbéry (suite), R. P. du Lac. — 
La décadence florentine (suite), A.- 

F. Rio. 

Précis historiques (Bruxelles). — 
Avril. — Les missionnaires belges 
au Congo indépendant, V. B. — La 
séparation de l'Église et de l'Etat 
aux Etats-Unis, E. Cosquin. — Mis- 
sion belge du Bengale : le collège 
Saint-François Xavier et les autori- 
tés civiles et militaires, A. Lalle- 
mand, S. J. — Un correspondant 
belge de Descartcs : le Père Fran- 
çois Fournet, S. J., D* Monchamp. 

Réforme «octa/e (Paris). — !•» avril. 



Les corporiitions de la petite indus- 
trie en Autriche, V. Brants. — Ber- 
lin et ses institutions administratives, 
O. Pyfferoen. — La grève de Car- 
maux : la conciliation et l'arbitrage 
dans l'industrie, A. Gihon. 

16 avril. — L'usage de la liberté, 
G. Picot. — La question des caisses 
d'épargne devant le Parlement, E. 
Rostand. — Berlin et ses institu- 
tions administratives, O. Pyfferoen. 

— Assemblée générale des Unions 
du Nord, A. Maron. 

Revue Bénédictine (Maredsous). — 
Avril. — Les collèges bénédictins 
aux universités du moyen âge. ^ Les 
habitations ouvrières. — Notes sur 
plusieurs manuscrits de la biblio- 
thèque princière d'Oettingen-Wal- 
lenstein à Maihingen. — Saint Louis 
et Innocent IV. 

Revue bleue (Paris, boulevard 
Saint-Germain, 111). — 8 avril. — 
La solidarité, Ch. Recolin. — Les 
eaux de Paris, P. Strauss. — Sus au 
Sénat ! « Lettre > d'un parlemen- 
taire, P. Laffitte. — Le protectorat 
de la France sur Madagascar, //. 
Pensa. 

15 avril. — Les pères de l'anar- 
chisme, /. Thorel. — Une dernière 
saison au Palais-Bourbon. E. Frank. 

— Un projet de désarmement en 
1870, d'après le comte Daru, F. 
Passy. 

Revue catholique d'Alsace (Rix- 
heim). — Mars. — La charité dans 
la Haute-Alsace avant la Révolution 
(suite), X. — Une page de 1' • Alsa- 
lia sacra », A. Ingold. — Les élec- 
tions aux Etats généraux de 1789 de 
Colmar et de Schlestadt (suite), G. 
Damas. — Les cercles catholiques 
en Alsace (suite), G. Eschbach. — 
En Terre-Sainte (suite), A. Postina. 

Revue catholique de Bordeaux. — 
25 mars. — Le couvent de l'Annon- 
ciade de la Réole, D. de Saint- 



302 



ETUDES 



Amand. — Chateaubriand d'après sa 
correspondance familière, G. Pail- 
hès. — A propos d'un voyage à 
Solesmes, 7. Hazera. — Notes sur l'^a 
bordelaise, Ph. Tamizey de Larro- 
que. — Contribution à l'histoire de 
l'instruction primaire dans la Gironde 
avant la Révolution, E. Allain 

10 avril. — M. Maurice de la 
Sizeranne et les aveugles, A. P. — 
Chateaubriand (suite), G. Pailhès. — 
Le couvent de l'Annonciade de la 
Réole (suite), D. de Saint-Amand. — 
A propos d'un voyage à Solesmes 
(suite), /. Hazera. 

Revue catholique des institutions 
et du droit (Grenoble). — Avril. — 
Le chancelier d'Aguesseau, Ch. de 
Lajudie. — L'association forme-t- 
elle en droit français une personne 
morale? G.Théry. — Examen critique 
de l'Histoire universelle de César 
Cantu (suite), A. Onclair. — Société 
catholique d'économie politique, Hu- 
bert-Valleroux. — Bulletin de juris- 
prudence, Aninard. 

Revue chrétienne (Paris). — 1" avril. 

— L'Evangile selon saint Pierre, 
A. Lads. — Étude évangélique, 
L. Monod. — Un doute consolant, 
E. Ménégoz. — Le Calvaire, F. An- 
dré. — La mort de Jésus, G. Fulli- 
quet. 

Revue de Gascogne ( Auch ) . — 
Avril. — M. de Faudoas, curé de 
Pessan , évêque de Meaux, abbé 
P. Gabent. — La baronnie de Goy- 
ne, abbé Mauquié. — Le préhisto- 
rique dans le Gers, Calcat. — Pri- 
sons d'Auch sous la Terreur, Délias. 

— Sépultures protestantes à Lec- 
toure (1562), Tierny. 

Revue de la Suisse catholique 
(Fribourg). — Mars. — Notes sur 
le prieuré de Rougemont, A. Hyr- 
voix. — La forme de la terre (suite), 
R. de Girard. — Les cinq martyrs 
dominicains, F. M. A. Boisdron. — 



Notion d'économie politique (suite), 
J. — L'Etude de la « Somme » de 
saint Thomas (fin), R. P. Berthier. 

Revue de l'enseignement secondaire 
et supérieur (Paris). — 23 mars. — 
A l'Académie française, S. Roche- 
blave. — Le mouvement poétique, 
E. Trolliet. — Documents inédits 
pour servir à l'histoire de l'enseigne- 
ment seeondaire, A. Leroux. — Jo- 
seph de Maistre, L. Grandgeorge. 

— La science sociale, F. Pica- 
vet. 

30 mars. — Lesage, S. Rocheblave. 

— Thèses et soutenance de M. Su- 
dre, Y. — Documents inédits pour 
servir à l'histoire de l'enseignement 
secondaire, A. Leroux. 

6 avril. — Documents inédits pour 
servir à l'histoire de l'enseignement 
secondaire (suite), A. Leroux. — ■ 
Les sources de l'histoire de la phi- 
losophie, F. Picavet. — Le droit 
et l'idée du droit, E. Chauvin, 

13 avril. — Le symbolisme au 
xviio siècle, /. Chapelain. — Une 
forme nouvelle d'enseignement his- 
torique, Fénal. — Le droit et l'idée 
de droit (suite), E. Chauvin. — Les 
sources de l'histoire de la philoso- 
phie (suite), F. Picavet. 

Revue de Lille. — Mars. — Les 
négociations de Vienne pendant la 
guerre de Crimée, P. de la Gorce.— 
Études de littérature espagnole : le 
« Menteur » de Corneille et ses mo- 
dèles espagnols, A. deMargerie . — Le 
Reichstag allemand, E. Duthoit. — 
Lord Tennyson, C. Looten. — De la 
suppression, par mesure discipli- 
naire, des traitements des évêques, 
des curés et des desservants au 
point de vue légal, A. Wable. 

Revue des Deux Mondes (Paris). — 
1er avril. — Le comte de Falloux, 
C. deMazade. — Prosper Méi-imée, 
A. Filon. — En Judée, A. Chevrillon, 

— Rome et la Renaissance,/. Klacz- 
ko. — Les romanciers du Sud en 



SOMMAIRES DES REVUES 



303 



Amérique, Th. Bentzon. — Rem- 
brandt, G. Valbert. 

15 avril. — Le comte de Falloux 
(suite), C. de Mazade. — La pro- 
priété française de Philippe-Auguste 
à Napoléon (suite). G, d'Avenel. — 
La vie et les œuvres de GeofiFroy 
Chaucer, J.-J. Jusserand. — Le parc 
national des Etats-Unis, L. Claretie. 
•— Fragment du journal inédit ^Eu- 
gène Delacroix. 

Revue des Facultés catholiques 
de l'Ouest (Angers). — Avril. — Le 
général d'Andigné et ses mémoires 
inédits (suite), À. Crosnier. — Bos- 
suet et le jansénisme, R. de la 
Braise. — La découverte du manus- 
crit d'Akhmîm, Dom F. Cahrol. — 
Les anciennes universités (suite), 
A. Dechevrens. — Un pèlerinage à 
Notre-Dame d'Héas (suite), V. Martin. 

Revue des Questions historiques 
(Paris, rue Saint-Simon, 5). — Avril. 
— Les hiéroglyphes et les études 
religieuses, Ph. Virey. — Du Gues- 
clin en Normandie. Le siège et la 
prise de Valognes, S. Luce. •— Le 
différend de Joseph II arec la Hol- 
lande, M. de la Rocheterie. — Les 
banqueroutes du Directoire, L. 
Sciout. 

Revue des religions ( Paris ) . — 
Mars-avril. — Des nombres sym- 
boliques chez les Toltèques occiden- 
taux, comte de Charencey . — Une 
épopée babylonienne, abbé Sauve- 
plane. — Le bouddhisme d'après les 
bouddhistes, abbé A. Desgodins. 

Revue des sciences ecclésiastiques 
(Lille). — Février. — Quelques mots 
sur l'anthropologie moderne, cha- 
noine Bourgeat. — Un livre sugges- 
tif, A. G. — Les c reliques » de 
Jeanne d'Arr, Th. Leuridan. — Les 
administrateurs des confréries, A. 
Tachy. — Commentaire sur la bulle 
« Apostolicae Sedis », D' B. Dolha- 
garay. — Actes du Saint-Siège. 



Revue dit' Lyonnais {^yon, rue Stel- 
la, 3). — Mars. — Les savants Lyon- 
nais et les bénédictins de Saint-Ger- 
main-des-Prés, abbé Vanel. — Le 
Spirinx, graveur d'estampes, à Lyon, 
au XVII* siècle (fin), N. Rondot. — 
Izernore, son étjTnologie, son tem- 
ple, ses monnaies, E. Cuaz. — Let- 
tres inédites du général Fontbonne, 
publiées par H. de Saint-Prix. 

Revue du Midi (Nîmes). — Mars. — 
Florian, A.Pieyre. — Science, philo- 
sophie, religion,^. Sarran. — Bona- 
venture des Periers, à Nîmes, doc- 
teur Puech. — Melchior Doze (fin), 
F. Chapot. — Le château de They- 
rargues, E. Durand. 

Revue du Monde catholique (Bruxel- 
les). — Avril. — Dieu et la science, 
P. Courbet. — La propriété selon le 
droit féodal et le socialisme, L. De 
Backer. — Le Rhin dans l'histoire, 
A. Du Courneau. — La révocation 
de l'édit de Nantes, F. Garilhe. — 
M. Auguste Nicolas, M. Zablet. — 
Fille adoptive, O. des Armoises. — 
Une excursion à l'île Jersey, M. Van- 
laer. 

Revue française de l'étranger et 
des colonies (Paris). — 1" avril. — 
Le Soudan français et la campagne 
contre Samory, G. Démanche. — 
Bourbon et Poulo Condor en 1721, 
A. -A. F. — A propos des avantages 
du canal de Panama, L. N.-B. Wyse. 
— Les pêcheries de Terre-Neuve, 
d'après M. Flourens. 

15 avril. — Le Monténégro, 5o6iC5*i. 
La religion des Svanètes.^ La France 
et l'Egypte (1876-1893). — Les pê- 
cheries de Behring et l'arbitrage, 
Voulzie. — Deux publications ita- 
liennes (4*centenaire de l'Amérique). 

Revue générale des sciences pures 
et appliquées (Paris). — 30 mars. — 
Les définitions de l'intensité de la 
lumière et les théories optiques, 
M. Brillouin. — L'amnésie continue, 



304 



ETUDES 



P. Janet. — Revue annuelle de bota- 
nique, L. Mangin . 

15 avril. — Hauts potentiels et 
hautes fréquences électriques, E. Gé- 
rard. — Influence de l'infection sur 
le système nerveux, D^ H. Roger. — 
Les chemises de vapeur dans les 
Compound, ^. Witz. 

Revue Philosophique (Paris). — 
Avril. — Pourquoi ressemblons- 
nous à nos parents ? Koehler. — De 
la méthode graphologique, L, Ar- 
réat. — Travaux récents sur le néo- 
thomisme et la scolastique, F. Pica- 
vet. 

Revue Scientifique (Paris, boule- 
vard Saint-Germain, 111). — 8 avril. 

— Chaptal, économiste et chimiste. 

— La structure intime de la matière 
organisée, R. d' Erlanger . — Les effets 
de la fumée d'opium, Gréhant et 
E. Martin. — L'expédition polaire 
de M. Nansen, /. Girard. — L'état 
actuel de l'anthropologie criminelle, 
Zakrevsky. 

15 avril. — La photographie dans 
les voyages d'exploration, A. Londe. 

— Le centenaire du muséum d'his- 
toire naturelle, E.-T, Hamy. — Les 
signes alphabétiformes des inscrip- 
tions mégalithiques, Ch. Letourneau. 

— Les caséines, M. Arlhus. 

Science catholique (Paris, rue de 
l'Abbaye, 13). — Mars. — La ques- 
tion biblique, R. P. Savi et J.-B. 
Jaugey. — Les études linguistiques 



au xix^ siècle (suite), T)"" C. Leçon' 
tere. — Kantisme et sensualisme, 
H. Gayraud. — Bulletin philosophi- 
que, E. Domet de Vorges. — Bulle- 
tin scientifique, chanoine Hamard. 

— Bulletin de sociologie, H, Gay- 
raud. — Bulletin d'histoire, C. 
Douais. 

Avril. — L'infaillibilité des inter- 
prétations de l'Eglise s'étend-elle à 
toute la Bible ? /. M. A. Vacant. — 
Les microbes des maladies ou bacté- 
ries pathogènes, Z)"" G, Lemière. — 
L'œuvre géographique du xix^ siècle 
(fin), V. G. — Les monastères des 
grandes basiliques de Rome aux vu* 
et viiie siècles, Dom L. Lévêque, 
O. S. B. — Le cervelet et la folie, 
Z)' Surbled. — Bulletin d'histoire, 
C. Douais. 

-Science socja/e(Paris, rue Jacob, 56). 

— Avril. — La diminution du revenu 
(suite), P. Bureau. — La formation 
de l'initiative personnelle dans les 
séminaires français, P. M.-B. 
Schwalm. — Comment les procon- 
suls ont changé la constitution de 
Rome, G. d'Azambuja. — La vallée 
d'Ossau (suite), F. Butel. 

Sociologie catholique (Montpellier). 

— Avril. — Le progrès social des 
populations ouvrières, E. Coste. — 
L'Italie et la question sociale, abbé 
Sahut. — Sur quelques essais de 
décentralisation, A. Duclos. — La 
question sociale et les dernières let- 
tres épiscopales, X. 



PÉRIODIQUES ÉTRANGERS 



American ecclesiastical Review 
(Philadelphie). — Avril. — Récentes 
découvertes en Palestine, abbé Vi- 
gouroux. — La franc-maçonnerie 
aux Etats-Unis, P. Th. Hughes, 
S. J. — La théologie dogmatique, 
Rev. J. Hogan. — Les efforts des 
ministres protestants, Rev. J. R. 
Slattery, ■— Le nocturne de Pâques, 



Rev. H. J, Heuser. — Les saints de 
l'Ancien Testament, Rev. J. Hogan. 

Catholic World (New- York). — 
Avril. — La conquête de l'air, A. F. 
Zahm. — Ignis aeternus, Rev. A. F. 
Hewit. — Agrandissement de l'Uni- 
versité, Ch. Mcllvain More. — Le 
pays du soleil (suite), Chr. Reid. — 



SOMMAIRES DES REVUES 



305 



Paris à la fin du second Empire, 
E. Stanforth. — Les nouveaux bâti- 
ments de Summer-School à Platts- 
burgh. — L'Université catholique, 
H. M. Sweeney. 

Ciudad de Bios (Madrid). — 20 
mars. — La littérature catalane au 
xix" siècle, P. F. Blanco Garcia. — 
Notes sur les unités électriques, 
P. A. Rodriguez. — Notes biblio- 
graphiques d'un admirateur de Jo- 
vellanos, D. J. Somosa Montsoriû. 

— Le vendredi saint, P. E. del 
Valle Ruiz. — Les noix de l'oncle 
Trifôn, P. J. Rodrigo. — Bulletin 
scientifique. 

5 avril. — Mgr V. Pontes y Can- 
telar, évoque de Guadix. — Les bal- 
lons, P. J. Fernandez. — Notes 
d'un admirateur de JovcUanos, D. J. 
Somosa Montsoriû. — Les écoles 
économistes au point de vue phi- 
losophique, P, J. de las Cuevas. 

— L'histoire des idées esthétiques 
en Espagne, /^. R. del Valle Ruiz, 

— Le critérium théologique dans 
l'étude des sciences, P. P, Fernan- 
de t. — Bulletin caooniquc. 

Civiltà ca«o/ica (Rome). — 1" avril . 

— L'Italie et le jubilé épiscopal de 
Léon XIII. — Les dangers des 
assemblées spiritcs. — La nouvelle 
Bibliothèque Léonine. — Au len- 
demain du déluge. — Bibliographie. 

15 avril. — L'épopée italienne et 
les scandales dus banques. — Les 
actes et les instincts des animaux. — 
Des Hittlm ou Héthéens. — Au 
lendemain du déluge. — Sciences 
naturelles. -^ La mission de l'A- 
laska. 

Dublin Review. — Avril. — Le ja . 
bile pontifical. I. Les anciens pè- 
lerinages anglais, Rev. J. Mojes. — 
La messe des catéchumènes dans la 
liturgie grecque, Rev. H. Lucas, S. J. 

— Mémoires du cardinal Massaja, 
Miss E. M. Clerke. — L,e ■ Cisalpine 
Club », Rev. W. Amherst, S. J. — 



Travail et capital, Rev. W. Barry. — 
Un épisode de la vie de Charles !•', 
Mrs. Grange. — La Vie de saint Be- 
noît, de Tosti, M. M. — Saint Au- 
gustin et les donatistes, Rev. P. Bur- 
ton. — Le canon du Nouveau Testa- 
ment, /)' Gasquet. 

Literarische Rundschau (Fribourg 
en Brisgau). — Avril. — Les publi- 
cations catholiques en Angleterre en 
1892, Bellesheim. — Taylor, Le té- 
moignage d'Hermas sur les quatre 
Évangiles, Hoberg. — Reeth, Ma- 
nuale Theologiœ dogmaticae, Schill. 

— Vôlter, Les Lettres de saint 
Ignace d'Antioche, Brûll. — Krum- 
bacher, La légende de saint Thco- 
dosius, Weyman. — Racke, La pré- 
dication contemporaine, Keppler. — 
Faickenberg, Histoire de la philoso- 
phie depuis Nicolas de Cusa jusqu'à 
nos jours, Gûttler. — De Baets, Les 
bases de la morale et du droit, Rat- 
zinger. — Deschamps, Histoire de 
la question coloniale en France. — 
Beissel, L'évangéliaire de saint Bcm- 
ward, Ebner. 

Monai-Rosen (Bâie). — Février et 
mars. — L'utilitarisme chez les ani- 
maux, — Eugène Mclchior de Vogué, 
/. Quartenoud. — La protection of- 
ficielle, P. Basile. — Le miracle de 
saint Janvier, /. Bourgeois. — Les 
salons et l'Académie française au 
xvn« siècle . — L'Université d'Oxford, 
E. Cosquin. 

Month (London). — Avril. — Le 
Saint-Père et les pèlerins. — Aude- 
narde, Rev. J. Morris, S. J . — La 
controverse de Bérenger et ses anté- 
cédents, Rev. J. Rickaby, S . J. — 
Les confréries de Séville, B. Evctts. 

— La conscience, Rev. W. Ilumphrey, 
S. J. — La mission du Zambè/.o. — 
Célébrités irlandaises du seiYièmc 
siècle : le P. William Bathe, Rev. E. 
Hogan, S. J. — Les animaux à po- 
che, M. Bell. — A l'hôpital : histoire 
vraie, H. M. Capes. 



306 



ÉTUDES 



Scuola cattolica (Milan). — Fé- 
vrier-mars. — Le jubilé épiscopal 
de S. S. Léon XIII, A. G. BuffonL — 
La science morale devant la raison 
et la révélation, A. Nasoni. — Le 
droit ecclésiastique en Italie dans 
les cinquante dernières années, A. 
Rossi. — Commentaire des quarante 
propositions rosminiennes condam- 
nées par la S. C. du Saint-Office, 
G. Ballerini. — Le problème social 
devant la doctrine catholique, S. di 
Pietro. — La santé et la longévité 
dans leurs rapports avec la mortifi- 
cation, G. Traycr. — Le cardinal La- 
vigerie, F. Meda. — Notes sur les 
« Œuvres choisies de Mgr Ketteler», 
publiées par M. Decurtins, G. Bezzi. 
— Le bureau médical de constata- 
tions des guérisons miraculeuses à 
Lourdes, A. Rota. — Mgr Pietro 
Balan, P. B. Càsoli. — Actes du 
Saint-Siège. 

Stiidi e documenti di storia e diritto 
(Rome). — Janvier-mars. — La doc- 
trine des douze apôtres, P. Savi. — 
L'arsenal du château Saint-Ange, F. 
Cerasoli. — Le trésor pontifical du 
château Saint-Ange, F. Cerasoli. — 



Les institutions politiques des Cre- 
tois, Ciccotti. 

Studien op godsdienstig, Wetens- 
chappelijk en letterkundig gebied 
(Utrecht). — 3™" livraison. — Le re- 
tour au synode de Dord et ce qui y a 
conduit il y a trois cents ans, W. Wilde. 
La doctrine du Pape sur le minimum 
de salaire, P. B. Bruin. — Antho- 
logie, J.-P. Van Kasteren. 

Studien und Mittheilungen ans 
dem Benedictiner- und dein Cister- 
cienser-Orden. — l""" fasc. — Le ju- 
bilé épiscopal de Léon XIII. — La 
philosophie de l'histoire, B. Adlhoch, 
O. S. B. — Histoire du monastère 
de Goes, P. J. Wicliner, O. S. B. — 
Séries chronologico-critica hagiogra- 
phorum X. sœculi, B. Plaine, O. S. 
B. — Le « Collegium S. Bernardi » 
à Prague, S. Bredl. — Les origines 
du monastère d'Oberaltach,jB.-Bra««- 
mûller, O. S. B. — L'abbaye d'Hir- 
sau, O. Hafner. — Le monastère 
de Seckau au seizième siècle, 
/)' A. Mell, — L'ancien couvent de 
S. Lorenzo à Trente, V. Casser, 
O. S. B. 



LIVRES 

ENVOYÉS A LA RÉDACTION DES ÉTUDES 

20 mars — 20 avril. 

N. B. — La simple annonce de ces ouvrages ne doit en aucune manière 
être considérée comme une recommandation : pour savoir notre avis sur 
chacun d'eux, il faut attendre qu'ils aient été analysés. Ils le seront dans la 
mesure que leur valeur, le but de la Revue et l'intérêt de nos lecteurs 
exigeront ou permettront. 

THÉOLOGIE 

QUESTIONS RBLIGIBU8BS 

Albert le Grand. — De Saerosancto corporis Domini sacramento ser 
mortes, juxta manuscriptos codices necnon editiones antiquiores accu- 
rate recogniti per Georgium Jacob. RatisboDx, Pustet, 1893. In-8, 
pp. xiv-272. Prix : 4 francs. 

Alléluia f ou les mystères glorieux de Pâques à la Pentecôte. Tiré 
des œuvres du vénérable Thomas a Kempis. Bruxelles, A. Vromant, 
1893. In-IG, p|). 64. [Petite bibliothèque chrétienne, du P. Kieckens.) 
Prix : 30 centimes. 

BoUB (abbé A.). — Récits bibliques à V usage des classes inférieures 
des écoles catholiques, composés d'après la a Bible illustrée » de 
Businger-Walther. Traduction. Paris, Vie et Amat. In-12, pp. 100, 
66 gravures et une carte. Prix : 75 centimes. 

Curé (Mgr A.). — Sur la mort de Madame la duchesse de Madrid. 
Homélie prononcée dans la chapelle royale de Frohsdorf. Paris, Œuvre 
de Saint-Paul, 1893. In-12, pp. 31. 

Dbfrancb (Chr.). — De la Consécration épiscopale^ d'après le Ponti- 
fical romain. Paris, Dumoulin, 1893. Ia-8 illustré, pp. 55. 

Dévotion (La) à la sainte Vierge, d'après saint Alphonse de Liguori et 
Bossuet. Considérations sous forme de Mois de Marie... 3* édition. 
Paris, R. Haton, 1893. In-12, pp. x-290. 

Dictionnaire delà Bible... publié par V. Vigouroux, prêtre de Saint- 
Sulpice. Fascicule IV : Archéologie-Athènes Paris, Letouzey et Ané, 
1893. Gr. in-8, col. 929-1216, avec 4 planches hors texte. 

DiDiOT (chanoine J.). — L'État religieux. Deuxième édition, revue 
et considérablement augmentée. Lille, Berges, 1893. In-18, pp. xiv-284. 
Prix : 3 francs. 



308 ÉTUDES 

Église (Z') avant et après Jésus-Christ , d'après les meilleurs auteurs. 
Paris, Dumoulin, 1893. In-8, pp. 64. 

Heures à l'usage de Rome, avec les figures de l'édition de Simon 
Vostre, du 27 août 1498. Paris, Gauthier, élève et successeur de 
Curmer, 1890. In-8, 23 feuillets. Prix de l'ouvrage en feuilles, plié, 
renfermé dans un portefeuille : En papier de cuve des papeteries du 
marais, 60 francs ; en papier de Chine, 150 francs ; en papier du Japon, 
200 francs ; en peau de vélin, 600 francs. Reliures spéciales style du 
XV® siècle. 

Jeanroy (V.), de la Société des Prêtres du Gœur-de-Jésus. — Petit 
mois de Saint Jean. Lille, Société de Saint- Augustin, 1893. In-32, 
pp. 134. 

Magisterio de la Iglesia y la Virgen del Tepeyac {Et), por un sacer- 
dote de la Gompania de Jésus. Queretaro, imprenta de la Escuela de 
Artes, 1892. In-8, pp. viii-176. 

Michel (F. J.). — Courtes lectures pour le mois de Marie. Paris et 
Lyon, Delhomme et Briguet, 1893. In-16, pp. 63. 

t Naville (E.). — Le te'moignage du Christ et V unité du monde chré- 
ien. Études philosophiques et religieuses. Genève, Gherbuliez ; Paris, 
Fischbacher, 1893. In-8, pp. ix-341. Prix : 5 francs. 

PiNAMONTi (J.-P.), S. J. — Le Miroir qui ne trompe point, ou la 
théorie et la pratique de la connaissance de soi-même. Bruxelles, 
A. Vromant, 1893. In-16, pp. 92. {Petite Bibbliothèqne chrétienne.) 
Prix : 45 centimes. 

Prseparatio ad missam et gratiarum actio post missam . Tornaci Ner- 
viorum. Soc. S. Joannis Evangelistae, 1893. In-32, pp. 92. 

Union apostolique des prêtres directeurs d^œuvres. Gompte rendu des 
trois premières sessions. Garcassonne, typ. Gabelle, 1893. In-12, 
pp. 15. 

ZwERGER (MgrD''J.). — Voyage vers l'éternité. Traduit par la 
comtesse M. de Lostanges-Béduer. In-8, pp. xi-158. Tournai, Gas- 
terman, 1892. 

PHILOSOPHIE 

sciences et arts 

Annuaire de V enseignement libre pour 1893. 18® année. Paris, Gaume. 
In-16, pp. 744. Prix : 4 fr. 

Berthaud (abbé). — Gilbert de la Porrée, e'véque de Poitiers^ et sa 
philosophie (1070-1154). Poitiers, Oudin, 1892. In-8, pp. 352. 

Brinquant (abbé J.-F.). — De la beauté merveilleuse du corps dès 
Bienheureux. Paris, Lamulle et Poisson, 1892. In-8, pp.xiv-180. Prix : 
2 francs ; franco, 2 fr. 40. 



LIVRES ENVOYÉS AUX ÉTUDES 309 

— La fête auriculaire dans le ciel, ou la part spéciale de l'ouïe à la 
béatitude éternelle. Paris, LamuUe et Poisson, 1891. In-8, pp. xvi-265. 
Prix : 2 francs. 

Gavelieii de Cuverville (contre-amiral). — Expérience sur le filage 
de r huile faite à bord de la a Naïade » du 6 au 9 novembre 189^1. Paris, 
Baudoin, 1893. [Exiraiit de la Revue maritime et coloniale, janvier 1893.) 
In-8, pp. 3 et une planche. 

FoNSEGRivE (G.-L.). — François Bacon. Paris, Lethielleux, 1893 
In-12, pp. 420. 

— La causalittf efficiente. Paris, F. Alcan, 1893. In-12, pp. 170. 
Prix : 2 fr. 50. 

Friedel (Gh.). — Cours de minéralogie professé à la Faculté des 
sciences de Paris. Minéralogie générale. Paris, Masson, 1893. In-8, 
pp. iv-416. 

Lavrand (D' h.). — La crémation et l'inhumation. Lille, Ducoulom- 
bier, 1893. (Extrait de la Bcvue de Lille, janvier et février 1893.) ln-8, 
pp. 38. 

Maurice (J.)6t Basile (A.). — Le livre du bon soldat. Exemples de 
patriotisme appliqués à la théorie. Paris, Baudoin, 1893, In-18, pp. 
vi-254. Prix : 75 centimes. 

Lucas (E.). — Récréations mathématiques. TomeXW. Paris, Gauthier- 
Villars, 1893. In-8, pp. vii-200. Prix : 6 fr. 50. 

OusTALET (É.). — La protection des oiseaux. Paris, Jouvet, s. d. 
(1893). In-8, pp. 117, avec 52 gravures. 

RosNY (L. de). — La morale de Confucius. Le Livre sacré de la piété 
filiale, traduit du chinois. Paris, i. Maisonneuve, 1893. Pet. in-8, pp. 
xxix-208. Prix : 3 fr. 50. 

Sanson (A.). — L'hérédité normale et pathologique. Paris, Asselin et 
Houzeau, 1893. In-8, pp. viii-431. 

Sauvage (P.). — Les lieux géométriques en géométrie élémentaire, 
Paris, Gauthier- Villars, 1893. In-8, pp. vi-113. Prix : 3 francs. 

ScHŒNFBLD (D' H.). — Les principes rationnels de l'assurance ou- 
vrière. Conséquences prochaines et éloignées du système des assu- 
rances en Allemagne. Bruxelles, Société belge de librairie, 1893. In-8, 
pp. 90. Prix : 2 francs. 



HISTOIRE — GEOGRAPHIE 

QUESTIONS DU JOUR 

Belleysan (Un). — Le séjour de Lamartine à Belley. Volume orné 
de deux gravures. Au collège de Belley, 1892. In-12, pp. x-300. Prix: 
2 francs. 



310 ÉTUDES 

Brucker (P.)» s. J. — Le château dCEgisheim, berceau dupape saint 
Lé»n IX. Strasbourg, Le Roux ; Paris, Retaux, 1893. In-8, pp. 93. 

GoRRÉA DE PoRTOCARREiRO (P° F.). — Sera llcito o legitimismo ? 
Questôes palpitantes. Porto, 1893. Iu-8, pp. 160. 

DucHESNE (abbé L.)- — La primatie d'Arles. Paris, 1893. In-8,p.l55 
à 238. (Extrait des Mémoires de la Société' nationale des Antiquaires de 
France, t. LU.) 

Frémy (comte É.). — Lamartine diplomate (1820-1830). Paris, de 
Soye, s. d. In-8, pp. 80. 

Garde de Dieu (L. de la). — Histoire de V islamisme et de V empire 
ottoman. Bruxelles, Société belge de librairie, 1892. In-8, pp. 277. 
Prix : 4 francs. 

GiACOMETTi (G.). — La question italienne. Période de 1814 à 1860. 
Aperçus d'histoire politique et diplomatique. Paris, Pion, 1893. In-12, 
pp. 394. 

Grandet (J.), prêtre de Saint-Sulpice. — Histoire du séminaire d"" An- 
gers depuis sa fondation en 1659 jusqu'à son union avec Saint-Sulpice 
en 1695. Mémoires de Joseph Grandet, publiés pour la première fois 
d'après le manuscrit original par G. Letourneau, prêtre de Saint-Sul- 
pice. Angers, Germain et Grassin ; Paris, Roger et Ghernoviz j Lyon, 
Vitte, 1893. 2 vol. in-8, pp. Lxxxvn-526 et 696. 

Grégoire (L.). — Le Pape, les catholiques et la question sociale. Paris, 
Perrin, 1893. In-12, pp. viii-27i. 

HoussAYE (H.). — 1815. La première Restauration. Le retour de 
l'île d'Elbe. Les Cent jours. Paris, Perrin, 1893. In-12, pp. ii-636. 

KuRTH (G.). — Histoire poétique des Mérovingiens, Paris, Alph. 
Picard, 1893. Gr. in-8, pp. iv-552. Prix : 10 francs. 

Lemire (abbé J.). — Le cardinal Manning et son action sociale. Paris, 
V. Lecoffre, 1893. In-12, pp. xxiv-285. Prix : 2 fr. 50. 

Maghone (Rev. L.). — The Vatican and the Kingdom of Italy. Lon- 
don, Burns and Gates, 1892. In-8, pp. 148. Prix : 1 shill. 

Marolles (V. de). — Plate-forme politique . Paris, Haton, 1893. In-8, 
pp. 71. 

Martinet (A.). — Histoire anecdotique du Conservatoire de musique 
et de déclamation. Paris, Kolb, s. d. (1893). In-12, pp. xvi-.303. Prix: 
3 fr. 50. 

Maugras (G.). — Le duc de Lauzun et la cour intime de Louis XV. 
La fin d'une société. Paris, Pion, 1893. In-8, pp. viii-469. Prix : 
7 fr. 50. 

Mémoires inédits de Bertrand Poirier de Beauvais, commandant gé- 
néral de V artillerie des armées de la Vendée., publiés par la comtesse 
de la Bouëre. Paris, Pion, 1893. In-8, pp. xv-392. Prix : 7 fr. 50. 



LIVRES ENVOYÉS AUX ÉTUDES 311 

Missionnaire (Un). — La question religieuse (?n Orient et V union des 
Églises. Paris, V. Lecoffre, 1893. In-12, pp. xii-92. 

Politique internationale . 1893. Guerre ou paix. Paris, Dentu, 1893 . 
In-8, pp. xvi-47. 

PoNCHALON (colonel H. de). — Souvenirs de guerre. 1870-1871. Paris 
et Limoges, Charles-Lavauzelle, 1893. In-12, pp. 305. 

Ricard (Mgr). — Les grands évéques de V Église de France, 3* série. 
Lille, Société de Saint- Augustin, 1893. In-8, pp. 263. Prix : 3 francs. 

SouLANGE-BoDiN (abbé). — Quelques mots snr la question sociale. 
Rapport sur l'œuvre de N.-D. du Rosaire établie dans le faubourg de 
Plaisance. Paris, 1893. In-8, pp. 27. 

SuAU (P.), s. J. — Les bienheureux martyrs de Salsette, Rodolphe 
d'Acquaviva et ses compagnons de la Compagnie de Jésus. Illustré de 
nombreuses gravures hors texte. Société de Saint- Augustin. In-8, pp. 
209. Prix : 2 francs. 

TocQCEviLLB (A. de). — Souifcnirs. Paris, Calmann Lévy, 1893. In-8, 
pp. v-431. Prix: 7 fr. 50. 

Welschinger (H.). — Le maréchal Ney. 1815 (Portraits d'après 
Gérard). Paris, Pion, 1893. In-8, pp. iv-427. Prix : 8 francs. 



LITTERATURE 

ROMANS 



Daudet (E.). — Mademoiselle de Circé. Roman d'une conspiration 
sous le premier Empire (1805-1806). Paris, Pion, 1393. In-18, pp. 272. 
Prix : 3 fr. 50. 

Delaporte (V.) S. J. — Les trente sous de Vincent de Paul. Idylle 
dramatique enfantine. Un acte, en vers. Paris, Retaux, 1893. In-12, 
pp. 40. 

FiNN (F.-J.), S. J. — Percy Wynn ; or, Making a Roy of him, 
4th édition. New-York, Benziger, s. d. (1892). In-12, pp. 248. 

— Tom Playfair ; or, Making a Start. Sth édition. New- York, Ben- 
ziger, s. d. (1892). In-12, pp. 255. 

— Harry Dee ; or, Making it out. 2d édition. New-York, Benziger, 
s. d. (1892). In-12, pp. 284. 

Gauthiez (P.). — Etudes sur le seizième siècle. Rabelais. Montaigne. 
Calvin. Paris, Lecène et Oudin, 1893. (Nouvelle Bibliothèque littéraire.) 
In-12, pp. 337. Prix : 3 fr. 50. 

PiRMEZ (H.). — Une pensionnaire. Bruxelles, Société belge de 
librairie, 1893. In-8, pp. 241. 



312 ÉTUDES 

PoLETTO (G.). — Alcuni studi su Dante Alighieri... come Appendice 
al Dizionario Dantesco. Siena, tip. S. Bernardino, 1892. In-S, pp. ix- 
345. Prix : 3 francs. 

Sautour (A.) — VOEuvre de Zola. Sa valeur scientifique, morale et 
sociale ; sa valeur comme étude de l'homme. Paris, Fischbacher, 1893. 
In-8, pp. 124. Prix : 2 francs. 

SoMMERVOGEL (G.), S. J. — Bibliothèque de la Compagnie de Jésus, 
Première partie : Bibliographie, par les Pères Augustin et Aloys de 
Backer. Seconde partie : Histoire, par le Père Auguste Garayon. 
Nouvelle édition. Bibliographie. T. IV (Haakman-Lorette). Grand 
m-4, col. 1966 et pp. xv. 

Spillmann (J.), S. J. — Nuages et rayons de soleil. Traduit par la 
comtesse M. de Lostanges-Béduer. Bruges, Omer, 1892. In-8^ pp. 239. 

Bulletin catholique des livres et revues. Paraissant le l^''de chaque mois 
( à partir du l" avril 1893). Rédaction et administration, 10, rue 
Mézières, Paris. Abonnements : France, 5 francs; étranger, 6 francs. 



Le 30 avril 1893. 



U gérant : C. GIVELET. 



Imp. D. Dumoulin et C'e, rue des Graads-AugniitiQ9,§5, à Paris. 



ÉTUDES 

PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 



MAI 1893 



THEOLOGIE 

QUESTIONS RELIGIEUSES 

Heures à Pusage de Rome, avec les figures de l'édition 
de Simon Vostre; publiées par G. Gauthier, éditeur, rue 
Richelieu, 47, à Paris, 1892. 1 vol. in-12, pp. 192. Prix de 
l'ouvrage en feuilles, en papier de cuve des Papeteries du 
Marais : 60 francs; en papier de Ghine: 150 francs ; en pa- 
pier du Japon : 200 francs ; en peau de vélin : 600 francs. 

Comprendre un chef-d'œuvre et le reproduire, c'est faire 
œuvre d'art; c'est presque rivaliser de génie et de gloire avec 
l'artiste lui-même. Cette réflexion vient spontanément au bout 
de la plume, quand on a feuilleté et vu de près quelques pages 
du Livre d'Heures édité en 1488 par Simon Vostre, et qui, 
en 1892, vient de reparaître, avec les mêmes caractères gothi- 
ques, les mêmes quatorze grandes planches, leç mêmes dessins 
innombrables des bordures, par les soins de M. C. Gauthier, 
élève et successeur de Curmer. 

Je dis feuilleter (jueftjues pages; car, pour étudier en détail, 
par le menu, ce délicieux petit recueil de prières, il faudrait des 
jours, des semaines, ou plus encore. J'ose croire que les bons 
chevaliers, les nobles dames et jouvencelles de France, d'Es- 
pagne, d'Angleterre, qui, à la fin du quinzième siècle, lisaient 
leur office dans les Heures de Simon Vostre, jetèrent plus d'un 
regard curieux, voire distrait, sur les figures où le digne imagier 
parisien a dépensé son érudition, déployé son talent, laissé 
courir et folâtrer sa fantaisie. 

BtbliogT&phie, IV. — 21 



314 ÉTUDES 

Mais si, plus d'une fois, des sourires ont effleuré les lèvres en 
face des scènes champêtres, des animaux fabuleux, des enfants 
jouant dans des arbres étranges, ou sur des fleurs que le soleil 
ne vit jamais éclore, combien de larmes ont dû couler sur la 
représentation des saints Mystères, de Noël, de la Passion, des 
Martyres...; combien de pensées graves ont remué l'âme en par- 
courant les cinquante-quatre miniatures de la Danse des Morts^ 
celles du Saint-Graal, de Job, des sacrements, et les autres ! Par- 
tout des leçons profondes, un charme naïf, une grâce pieuse et 
vivante ; que d'esprit, de verve, de foi, dans ces tableaux rêvés 
par le caprice d'un Français chrétien, contemporain de Louis XI 
et de Charles VIII! 

De 1488 à 1520, les Heures n'eurent pas moins de cent trois 
éditions; M. C. Gauthier, avec une intelligence parfaite du mo- 
dèle, avec un bon goût exquis, s'est appliqué à reproduire la plus 
belle, et il y a merveilleusement réussi. Les poinçons des carac- 
tères et les dessins, d'une variété infinie, ont été gravés par 
M. E. Mouchon. Pour le fidèle un peu lettré, comme pour le bi- 
bliophile le plus délicat, il y a double plaisir à suivre les prières de 
la liturgie catholique dans un livre qui semble dater du quinzième 
siècle et qui porte l'imprimatur de S. Em. le cardinal Richard. 

Ce volume est un gracieux et magnifique cadeau de noces, ou 
de toute autre époque de la vie, entre des chrétiens amis des 
belles choses et capables de les payer à leur prix. 

V. DELAPORTE, S. J. 

De la Consécration épiscopale, d'après le Pontifical romain^ 
par Christian Defrance. Brochure illustrée. Paris, D. Du- 
moulin, 5, rue des Grands-Augustins, 1893. In-4, pp. 55. 
Prix : 2 francs. 

L'Église avant et après Jésus-Christ, d'après les meilleurs 
auteurs. Brochure illustrée. Paris, D. Dumoulin, 1893. 
In-4, pp. 63. Prix : 1 fr. 50. 

« Ce que nous nous sommes proposé, c'est de donner un résumé 
fidèle et vivant de ce magnifique cérémonial ; c'est de montrer la 
raison d'être, l'enchaînement et la beauté artistique de tous les 
rites qui le composent » 

L'auteur, modestement abrité sous le nom de Christian De- 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 315 

France, présente en ces termes, dans son Mot au lecteur (p. 5 ), 
la remarquable plaquette de la Consécration épiscopale. Remar- 
quable, elle Test, au double point de vue du texte et de l'illus- 
tration. Le texte suit celui du Pontificale Romanum, qu'il explique 
et met à la portée des fidèles instruits. 

L'illustration compte une trentaine de sujets, choisis avec 
goût, reproduits avec soin. Les uns sont empruntés à des pein- 
tures des catacombes, a des sculptures, mosaïques, tapisseries du 
moyen âge, aux Mélanges d'archéologie du P. Cahier; puis à 
d'anciens artistes, comme Wierix; enfin, à des peintres mo- 
dernes, Flandrin, Orsel, Ch. Lameire, etc. 

M. Dumoulin continue de la sorte la série déjà si considérable 
de ses publications illustrées, et réalise avec honneur sou des- 
sein, qui est de rehausser, et tout ensemble de populariser, 
grâce aux ressources de l'art sérieux, les merveilles de la foi et 
les leçons de la liturgie. Nous l'en avons déjà félicité dans la Bi- 
bliographie des Etudes^ et nous espérons qu'il nous en fournira 
plus d'une fois l'occasion. 

— La gracieuse brochure l^ Eglise aidant et après Jésus-Christ 
appartient à cette même série. L'Église avant Jésus-Christ ( ou, 
à parler plus rigoureusement, l'Église annoncée et figurée par 
l'ancienne Loi ), et l'Eglise après Jésus-Christ, c'est-à-dire l'Eglise 
catholique, tout court, ont inspiré à M. Dumoulin de riches sujets 
d'illustrations. Peu soucieux de l'art chrétien au rabais, il les 
emprunte, comme toujours, aux meilleurs maîtres des différentes 
époques et des différentes écoles. Signalons parmi les plus heu- 
reuses : la Création d'Adam, par Jean de Pise ; la Piscine de Beth- 
saïde^ par Wierix; le Sacrifice de Melchisédech , par IL Flan- 
drin; les Anges visitant Abraham, de Raphaël,... et diverses 
planches extraites du Dictionnaire de la Bible, de Dom Calmet. 
Le texte se compose de nombreuses citations d'écrivains catho- 
liques , surtout d'orateurs tels que Ventura, Mgr Gerbet , 
Mgr Bougaud, Mgr Freppel. V. DELAPORTE, S. J. 

Histoire du Bréviaire romain, par Pierre Batiffol, du clergé 
de Paris, docteur es lettres. Paris, Alphonse Picard et fils, 
1893. In-12, pp. xiv-356. Prix : 3 fr. 50. 

L'histoire du Bréviaire : digne objet des loisirs d'un prêtre et de 



316 ÉTUDES 

la science d'un érudit. M. BatifFol, déjàbien connu par ses travaux 
de littérature et d'archéologie chrétiennes, nous donne aujour- 
d'hui dans cette étude un modèle du genre. Les ouvrages savants 
ne manquent pas, mais la lecture n'en est accessible qu'au petit 
nombre ; les travaux de vulgarisation sont, grâce à Dieu, assez 
communs, mais ils ne supportent pas toujours la critique. L'au- 
teur, évitant ces deux écueils, a su donner à son Histoire du Bré- 
viaire romain la solidité d'une œuvre scientifique et l'intérêt d'une 
œuvre d'art. Sans avoir la prétention d'épuiser un tel sujet en si 
peu de pages, il a « résumé et, sur quelques points, précisé avec 
toute la netteté possible les résultats acquis ou préparés par les éru- 
dits ». Ce résumé très net, très intéressant, pourrait défrayer un 
ouvrage de vulgarisation, mais ne constituerait pas une œuvre 
personnelle. M. Batiffol a suivi ses devanciers « en les contrôlant 
toujours dans leurs sources, voulant que son travail, qui était un 
travail de vulgarisation, fût un travail de première main, d'infor- 
mation directe », d'observations propres, de recherches et de 
corrections pour « conclure à ses risques et périls ». On ne sau- 
rait trop approuver ce plan. L'inspection seule des nombreuses 
références de son livre prouverait qu'il est consciencieusement 
rempli. 

Nul ne lira sans le plus vif intérêt ce « poème eucologique » à 
la trame si variée, auquel ne manquent ni les péripéties, ni les 
épisodes — c'est bien là l'histoire du Bréviaire, — ni enfin tout 
ce charme qu'un artiste, épris de son sujet, jette sur les matières 
même les plus arides. C'est assez dire que la forme relève la ri- 
chesse du fond; qu'à l'érudition consciencieuse, au sens critique, 
vient s'ajouter un vrai mérite littéraire. 

L'ouvrage est divisé en six chapitres. Le premier nous fait 
assister à la genèse des Heures. L'idée de la parousie, ou retour 
du Christ, donne naissance à la vigile pascale. Celle-ci, unie à la 
préparation eucharistique, ne tarde pas à engendrer la vigile 
dominicale, dont les trois phases, le lucernare^ le nocturne et 
le gallicinium , sont remplies par la psalmodie , les leçons 
et les oraisons. Dès le deuxième siècle, aux vigiles dominicales 
s'ajoutent les vigiles des anniversaires [natale) des martyrs, 
et les deux vigiles des stations consacrées par deux jeûnes 
hebdomadaires. Au quatrième siècle, avec les basiliques cons- 
tantiniennes et la pompe du culte, la ferveur chrétienne in- 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 317 

troduit peu h peu dans toutes les églises la vigile quotidienne. 
Les Heures sont presque au complet; vêpres, nocturne, laudes, 
tierce, sexte etnone : tel est l'office public dans l'Eglise de Jéru- 
salem h la fin de ce quatrième siècle. Le détail nous en a été 
conservé par une matrone gallo-romaine, sainte Sylvia, en pèle- 
rinage aux saints Lieux. Pour les Heures de prime et de com- 
plies, nées des conditions de la vie monacale, elles sont de date 
plus récente. Ces divers éléments du culte de l'ancienne Eglise 
et des pratiques monastiques vont être recueillis et fondus dans 
une magnifique synthèse liturgique, qui sera éminemment l'œu- 
vre de l'Eglise romaine, et nous représentera l'office canonique 
de l'époque de Charlemagne. 

Les chapitres ii et m nous font assister aux origines et aux 
développements de cet Ordo psallendi romain. « Œuvre ano- 
nyme, lentement et inconsciemment faite, mais œuvre singu- 
lière, où vivait l'âme de Rome ! Rome en effet y avait mis le meil- 
leur de sa littérature et de son histoire : son Psautier, sa Bible, 
ses Pères, ses martyrs. Elle y avait mis la marque de sa piété 
directe et simple. Elle y avait mis surtout sa cantilène, ce plain- 
chant grégorien que le bas moyeu âge a défiguré, que la Renais- 
sance a dédaigné, que le dix-septième siècle (dans la tradition 
duquel nous vivons encore) n'a plus compris... » 

Aux chapitres iv et v, nous voyons se former, au treizième siècle, 
l'office moderne et le Bréviaire. L'office moderne est caractérisé 
par l'abréviation du lectionnaire, le développement du calen- 
drier, l'introduction de l'hymnaire, et aussi par l'office quotidien 
de la Vierge, l'office quotidien des morts, les Commemorationes 
communes. Cluny exerce sur la formation de cet office une in- 
fluence décisive. L'idée du Bréviaire remonte à Alcuin. La réci- 
tation de l'office canonique devenant un devoir commun à tous 
les clercs, il fallait la rendre pratique à chacun individuellement. 
Or, l'office constituait un coûteux et volumineux ensemble : la 
Bible, rAntiphonaire, le Passionnaire, le Légendaire, l'Homi- 
liaire, le SermologuSy sans compter le Sacramentaire et le Mar- 
tyrologe. On était donc amené à réduire en un livre portatif et 
unique toute cette collection : de là les bréviaires. 

Nous ne saurions entreprendre, sans dépasser les bornes qui 
nous sont fixées, d'énumérer ici les différentes phases, même en 
ne touchant que les principales, traversées par ce monument de 



318 ÉTUDES 

la prière publique de l'Eglise. Son histoire, l'histoire d'un livre, 
que l'on pourrait croire « matière infertile et petite », devient, 
sous la plume de notre auteur, instructive et attachante au plus 
haut point. Il nous suffira de conclure, avec lui, que le Bréviaire 
romain d'Urbain VIII, tel qu'il est aujourd'hui, nous représente 
la liturgie traditionnelle. Il dérive en effet du Bréviaire d'Inno- 
cent III, et le Bréviaire d'Innocent III dépend h son tour de 
l'office canonique romain, tel qu'il était célébré dans la basilique 
de Saint-Pierre de Rome aux huitième et septième siècles. 
Cet office de synthèse toute romaine est formé d'éléments 
divers , sans doute , mais dont quelques-uns remontent à 
l'origine même du christianisme. C'est l'honneur et l'excel- 
lence du Bréviaire d'Urbain VIII de descendre de cet illustre 
aïeul. 

L'exposé des projets de réforme de Benoît XIV (chap. vi) 
laisse ouverte l'histoire du Bréviaire romain. L'auteur ne parle 
pas des accroissements importants reçus depuis par le calen- 
drier. Il exclut aussi de son plan les propositions faites au con- 
cile du Vatican, au sujet d'une réforme du Bréviaire, ainsi que 
l'histoire de la suppression des bréviaires gallicans. 

Tel est l'ouvrage dans son ensemble; mais il faut le lire, car 
c'est dans le détail que triomphent l'érudition de l'archéologue 
et le talent de l'historien. Il faut espérer que M. BatifFol ne s'arrê- 
tera pas dans cette carrière qu'il a si heureusement abordée. Nul 
mieux que lui ne saurait combler les lacunes qu'il nous signale 
dans l'histoire de la liturgie. 

Nous croyons qu'une nouvelle édition ne perdrait rien à s'ac- 
croître d'un Index alphabétique^ ni à citer les saints Pères d'après 
les Patrologies de Migne. Cet usage prend de plus en plus, et 
avec raison. A. J., S. J. 

I. — Commentarii in Exercitia spiritualia S. P. N. Ignatii 
coiicionatoribus etiam accommodati^ auctore P. Antonio 
Denis, S. J. Mechliniae, Godenne. In-8, toraus I, 1891, 
pp. viii-500; tomus II, 1892, pp. 535 ; tomus III, 1893, 
pp. 438. Prix de l'ouvrage complet : 16 francs. 

II. — Méditations sur la vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 
par le R. P. M. Meschler, de la Compagnie de Jésus, traduites 
par M. l'abbé Mazoyer, du clergé de Paris. Tome I : Vie 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 319 

de Jésus avant sa naissance dans le temps. Vie temporelle 
de Jésus. Paris, Lethielleux, 1892. In-12, pp. 615. 

m. — Le Discernement des esprits, pour le bon règlement 
de ses propres actions et de celles d'' autrui; ouvrage spé- 
cialement utile aux directeurs des âmes, par le P. J.-B. Sca- 
RAMELLi, de la Compagnie de Jésus. Traduit pour la pre- 
mière fois de l'italien en français par M. A. Brassevin, 
chanoine de la cathédrale de Marseille. Paris, Walzer, 1893. 
In-12, pp. v-481. 

IV. — Lettres sur la Bibliothèque des Exercices, par le 
P. J. H. Watrigant, de la Compagnie de Jésus (suivies du 
plan synoptique de la Bibliothèque des Exercices de saint 
Ignace). Uclès, 1892. In-8, pp. 78. 

I. — Ce nouveau Commentaire latin des Exercices spirituels^ 
composé par le P. A. Denis, jésuite belge, est un des plus éten- 
dus et des plus complets qui aient paru. L'auteur suit pas à pas 
le petit livre de saint Ignace. A chaque semaine répond un vo- 
lume, soit quatre en tout. Chaque principe de vie ascétique, 
chaque avis, chaque sujet de méditation ou de contemplation 
est largement expliqué, le plus souvent paragraphe par para- 
graphe, phrase par phrase et pour ainsi dire mot par mot. Cette 
méthode conduit facilement à la diffusion et à l'amplification 
puérile, quand elle est appliquée h un texte trop peu substantiel, 
ou par un maître trop pauvre lui-même en doctrine. Ce n'est 
point Ici le cas, ni du côté du livre, tout le monde le sait, ni du 
côté de l'auteur, on le voit vite dès la première lecture. Le 
P. Denis emprunte aux sciences théologiques et à sa propre expé- 
rience, fruit d'un long ministère apostolique, tantôt la justifi- 
cation des enseignements de saint Ignace, tantôt de riches 
éclaircissements qui les font mieux comprendre, tantôt des appli- 
cations morales qui en montrent toute la portée. 

La langue adoptée pour ce Commentaire et les proportions qui 
lui ont été données avertissent assez qu'il est destiné muins 
aux retraitants eux-mêmes qu'à ceux qui se proposent d'acquérir 
une connaissance approfondie des Exercices pour diriger les au- 
tres. Les prédicateurs, eux aussi, — nous parlons de ceux qui 
veulent prêcher Jésus-Christ et sa doctrine, — pourront trouver 
dans les longs et substantiels développements donnés aux 



320 ETUDES 

grandes vérités de la foi et aux principaux mystères de l'Évan- 
gile des matériaux excellents pour composer leurs intructions. 

Vers le milieu de l'année dernière, quand deux volumes seule- 
ment avaient paru, l'auteur avertissait les souscripteurs que tout 
l'ouvrage était achevé et que sa mort même pourrait survenir 
sans en empêcher l'entière publication. Cette précaution de 
l'écrivain était inspirée sans doute par un pressentiment du reli- 
gieux : il mourait quelques mois après. Mais sa promesse a été 
tenue : le troisième volume vient de paraître, et le quatrième 
suivra sans doute de près. 

II. — Contrairement au précédent, l'ouvrage du R. P. Meschler 
est destiné à tous les fidèles pieux et assez instruits pour se livrer 
à la méditation et à la lecture spirituelle. C'est un commentaire 
de l'Évangile, une Vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ, mais ap- 
prêtée de manière à servir de nourriture aux âmes. Or, de sem- 
blables livres, « il y en a déjà tant! objecte l'auteur; que va-ton 
trouver dans celui-là ? » Et il répond modestement : « Rien de 
nouveau. Les choses anciennes sont assez belles pour qu'on ne 
se lasse jamais de les entendre... Que le lecteur ne s'attende 
donc pas h rencontrer ici des nouveautés : il trouvera d'ancien- 
nes vérités sous un jour nouveau. » 

L'auteur nous explique ensuite lui-même quels sont les trois 
caractères distinctifs qu'il entend donner à ce vaste travail. « En 
premier lieu, il a voulu dans chaque mystère saisir et exposer ce 
qui intéresse davantage notre sainte religion, son dogme, sa 
morale, le développement de l'Église et de la vie chrétienne. » 
En second lieu, il s'attache partout à mettre pleinement et effi- 
cacement en relief la personne et le caractère de Notre-Seigneur. 
« On peut aller à Jésus par la vertu ; on peut aller à la vertu par 
Jésus ; et cette dernière voie est, sans contredit, la plus haute, la 
plus douce, la plus courte et la plus sûre. Montrer cette voie, 
voilà le deuxième but de ces méditations. » 

La méthode d'exposition et de commentaire adoptée par l'au- 
teur, non moins que les points de vue où il s'est placé, donne à 
son livre une utilité toute particulière. « Nous avons voulu en- 
core une chose : présenter chaque mystère en un certain nombre 
de points distribués selon l'ordre logique ou historique. Parmi 
les expositions ou commentaires de l'Evangile, beaucoup s'atta- 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 321 

chent à expliquer le sens des mots et des phrases ; d'autres se 
proposent d'indiquer à grands traits le sujet et l'enehaîneraent 
de tel ou tel évangile ; mais il en est peu qui se préoccupent 
d'assigner à chacun des mystères, étudié isolément, une division 
claire, bien marquée et adéquate. Et cependant cette division, 
nous allions dire cette reconstruction méthodique, des mystères 
est d'une extrême importance. Elle facilite la méditation; elle 
offre un résumé lumineux ; elle aide la mémoire ; elle est, en par- 
ticulier, d'un grand secours lorsqu'il s'agit d'exposer les points 
de la méditation devant un nombreux auditoire. » 

Nous avons cité l'auteur lui-même pour faire connaître son but 
et son plan. Pour dire avec quel mérite il l'a réalise, il faudrait 
citer les juges les plus compétents de l'Allemagne catholique. 
Là, en effet, on lit depuis plusieurs années l'ouvrage tout entier, 
et dans la langue où il a été écrit. La Revue des professeurs de 
Mayence signale « la parfaite connaissance que l'auteur possède 
des meilleurs travaux cxégétiques ». Le docteur Paul Keppler 
relève le mérite d'une forme « en harmonie avec le sujet, noble, 
pure, saisissante, pleine d'onction et de poésie ». Le docteur 
Bernhard Schrcfer, professeur d'exégèse à l'Académie de Munster, 
s'exprime ainsi : « Nous n'hésitons pas à proclamer que l'œuvre 
du P. Meschler est absolument remarquable sous le rapport 
scientifique et au point de vue de l'ascétisme. » Et le docteur 
Ew. Bierbaum, curé a Munster : « Celte œuvre est une des plus 
excellentes qui existent en ce genre ; elle prouve éloquemment 
la vaste science de l'auteur, sa profonde piété, son zèle ardent 
pour les urnes ; on retrouve toutes ces qualités dans chacune de 
ces méditations. » 

Ces témoignages, qu'il serait facile de multiplier, nous parais- 
sent très bien résumer les (jualités de fond et de forme de l'ou- 
vrage. La traduction de M. l'abbé Mazoyer provoquera, nous 
n'en doutons pas, dans le public français, des jugements aussi fa- 
vorables. Le premier volume seul a paru; mais nous savons que 
les deux autres sont en préparation et ne doivent pas se faire 
attendre longtemps. 

m. — On sait que, dans ses Exercices spirituels, saint l^^mace 
a inséré deux chapitres contenant certaines règles pour le Dis' 
cernement des esprits. C'est là que le P. Scaramelli (1688-1752) 



322 ÉTUDES 

a pris ridée de son livre et puisé la doctrine qu'il développe. Son 
but est d'enseigner à se diriger soi-même et surtout à diriger les 
autres dans les voies spirituelles. « Je ne puis rien faire de plus 
utile, dit-il, pour celui à qui mon petit livre parviendra, que de 
lui présenter un ensemble de règles capables de lui faire discer- 
ner la qualité de son esprit ; je veux dire de lui faire connaître 
quel est le guide de ses pensées et de ses affections, si c'est le 
démon, l'amour-propre ou Dieu... Mais je crois, ajoute-t-il, que 
ce livre s'adresse plus aux directeurs des âmes qu'aux autres per- 
sonnes, parce que si le discernement des esprits est utile à tous, 
il est nécessaire aux directeurs spirituels, en raison même de leur 
office. » 

L'auteur ne commente pas le texte de saint Ignace ; mais, 
s'inspirant de ses principes féconds, il compose sur la matière 
un traité tout personnel, très complet et vraiment magistral. 
Qu'entend-on par esprit P Comment se forment en nous l'esprit 
divin, l'esprit humain, l'esprit diabolique? D'où vient et com- 
ment se perfectionne la science du discernement des esprits ? A 
quelles marques multiples on reconnaît l'esprit dont une âme 
subit l'influence, et que sont en particulier les illusions du démon? 
Comment peut-on s'aider de ces esprits ou se soustraire à leur 
action ? Telles sont, en substance, les délicates questions qu'on 
trouvera résolues avec solidité et clarté. Tous les grands auteurs 
ascétiques les avaient touchées dans leurs écrits. Le mérite ori- 
ginal du P. Scaramelli est de les avoir approfondies et rassem- 
blées en un corps de doctrine complet, méthodique et lumi- 
neux. 

Cet ouvrage, publié pour la première fois à Venise, en 1757, 
six fois réimprimé en Italie, traduit en espagnol (1804), et en al- 
lemand (1861), l'avait été une première fois en français par le 
P. Catoire de Bioncourt, à la suite de sa traduction du Directoire 
mystique de Scaramelli (Lethielleux, 1863). Cette seconde traduc- 
tion du chanoine Brassevin, sans parler de ses qualités intrin- 
sèques, rend le précieux ouvrage plus facile à se procurer et plus 
commode à manier. 

IV. — Avec autant de passion et de persévérance, que d'autres 
collectionnent des pierres et des insectes, mais en vue d'un but 
plus digne de sa peine, le P. Watrigant a travaillé pendant douze 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 323 

OU quinze ans et travaille encore, si nous ne nous trompons, à 
faire collection de tout ce qui a été écrit sur les Exercices spiri- 
tuels de saint Ignace. Dans cet opuscule, il nous donne le résul- 
tat de ses recherches : plus de deux mille ouvrages imprimés 
ou manuscrits, ceux-ci de beaucoup les moins nombreux natu- 
rellement, garnissent déjà ses rayons, rangés sous quatre titres 
généraux : texte, science, pratique, histoire des Exercices. Ces 
Lettres font connaître sommairement la nature et la variété de 
toute cette littérature éclose d'un tout petit livre de cent pages à 
peine et toujours en voie de croître. A la fin, un tableau synop- 
tique résume et complète cet aperçu, en mettant sous les yeux le 
plan détaillé, par divisions et subdivisions, de cette très intéres- 
sante collection. 

D'ordinaire, il est plus facile de composer une bibliographie 
qu'une bibliothèque, d'amasser des titres de livres sur le papier, 
que les livres mêmes sur des rayons. Le P. Watrigant a com- 
mencé par le plus difficile. Espérons que, pour y avoir si bien 
réussi, il ne dédaignera pas le reste, et qu'il nous donnera 
bientôt un catalogue méthodique et richement commenté de sa 

Bibliothèque des Exercices, 

^ R. DE SCORRAILLE, S. J. 

La Dévotion au Sacré Cœur, d 'après les documents authen- 
tiques et la théologie^ par le P. J.-B. Terrien, S. J., profes- 
seur de dogme à l'instilut catholique de Paris. Paris, Le- 
thielleux. In-12, pp. xix-379. Prix : 3 fr. 50. 

Ce livre est surtout une œuvre de doctrine. Au moment où la 
dévotion au Sacré Cœur semble atteindre son apogée, un théo- 
logien de mérite a voulu en exposer, de la manière la plus pré- 
cise, le caractère et l'esprit. C'est sur les actes du Saint-Siège et 
sur les révélations de la bienheureuse Marguerite-Marie qu'il 
s'appuie à peu près exclusivement. 

Tous les problèmes que soulève cette dévotion, considé- 
rée soit dans sa nature intime, soit dans sa forme particu- 
lière, soit dans l'ensemble du culte catholique, y sont étudiés 
et résolus avec une sûreté parfaite et une élévation remar- 
quable. 

Malgré le caractère éminemment doctrinal qui distingue ce 
travail, il est d'une lecture agréable et attachante. On sent que 



324 ETUDES 

l'auteur domine son sujet, et se joue au milieu de toutes les 
difficultés qu'il rencontre pour ainsi dire à chaque ligne. 

Les maîtres ne manqueront pas d'apprécier cette exploration 
scientifique à travers l'une des parties les plus intéressantes de la 
théologie, et les fidèles sauront gré à l'auteur d'avoir mis à la 
portée de tous les notions les plus délicates de la doctrine 
catholique. P. B., S. J. 

I, — La Vraie épouse de Jésus-Christ, ou la Religieuse sanc- 
tifiée par la pratique des vertus propres à son état^ par 
saint Alphonse de Liguori. Traduction nouvelle par le P. E. 
Pladys, rédemptoristei Paris, Delhomme et Briguet, 1892. 
2 vol. in-12, pp. x-417 et 403. Prix : 5 francs. 

II. — Une Année de méditations, par saint Alphonse de Li- 
guori. Traduction nouvelle par le P. E. Pladys, rédempto- 
riste. Paris, Delhomme et Briguet, 1892. 2 vol. in-12, 
pp. viii-631 et 710. Prix : 6 francs. 

I. — Le P. Pladys a pleinement réussi dans son œuvre de pro- 
sélytisme filial : saint Alphonse, dont la sûre doctrine est mise 
mieux à la portée des âmes françaises, sera plus honoré et plus 
aimé, en même temps qu'il portera plus efficacement à Dieii ceux 
qui le fréquenteront. Les qualités maîtresses de toute traduction, 
la clarté et la simplicité, régnent dans ces deux volumes. L'ordre 
est rigoureux, la division nette; pas de phrases qui sentent la 
recherche ou gardent l'ambiguïté d'une langue étrangère : c'est 
beaucoup. Sans doute, les grammairiens et les stylistes pourraient 
quelquefois trouver menue matière à chicane. Pour ne citer qu'un 
détail, les locutions : impossible que (avec ellipse complète du 
verbe ), quel moyen que. . . , se consoler que. ..,se contenter que...^ si 
elles peuvent se justifier, ont des airs dépaysés en terre classique. 
Mais si quelques oreilles puristes peuvent être blessées, à de très 
rares intervalles d'ailleurs, partout l'esprit et le cœur trouvent un 
aliment fort et substantiel. 

II. — Mêmes remarques au sujet des Méditations. Les titres 
mis habilement en évidence, l'alternance des caractères pour la 
préparation et le corps même de l'oraison, rendent cet ouvrage 
d'un aspect agréable et d'un usage facile; le travail d'élaboration 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 325 

est diminué pour l'intelligence, et la volonté n'a plus qu'à s'ap- 
proprier les saintes affections exprimées à chaque page. 

L. P., S. J. 

I. — Le Règne du Christ, r Église militante et les derniers 
temps, par M. l'abbé Thomas, vicaire général de Verdun. 
Paris, Bloud et Barrai. In-8, pp. 333. 

II. — Prochaine conversion du monde entier par une appa- 
rition foudroyante de Jésus-Christ à tout le genre humain^ 
par l'abbé J.-B. Bigou. Paris, Vie et Amat, 1891. In-12, 
pp. 164. Prix : 1 fr. 25. 

I. — M. Thomas est de ceux qui espèrent, pour la fin des 
siècles, le triomphe éclatant du christianisme sur l'humanité 
tout entière. Ces espérances n'ont assurément rien qui puisse 
compromettre l'intégrité de la foi ; nous le reconnaissons avec 
l'auteur; mais, pour ce qui nous concerne, nous ne pouvons nous 
empêcher de craindre que ce ne soit une consolante illusion, 
dont le cœur aime à s'entretenir dans les triomphes sans cesse 
renouvelés du blasphème et de l'impudeur. Nous devons, dit 
l'Écriture, entrer dans le royaume de Dieu à travers de nom- 
breuses et cruelles tribulations (Act. xiv, 21). Tous ceux qui veu- 
lent vivre pieusement dans le Christ auront à souQrir persécu- 
tion (II Tim., m, 12), et le testament du Christ, notre roi, peut 
se résumer en ces quelques mots, sortis de sa bouche divine : 
« Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il prenne sa croix et me 
suive. » Ni saint Luc, ni saint Paul, ni Jésus-Christ n'ont excepté, 
dans la loi de la souffrance et de l'abnégation, les générations 
privilégiées des derniers siècles. Or, l'abnégation suppose la lutte 
du cœur, et la lutte du cœur ne se comprend pas si l'empire de 
la vertu ne rencontre de puissantes résistances. D'ailleurs, il faut 
bien admettre avec le concile de Trente (sess. V, c. 5), que la con- 
cupiscence n'aara point quitté le monde aux approches de la 
consommation finale, et dès lors comment espérer sur la terre 
cet apaisement des passions, d'où naisse, à peu près sans effort, 
dans tous les peuples, dans toutes les sociétés et dans tous les 
cœurs, la germination luxuriante de toutes les vertus chrétiennes? 
(Cf. Katschthalcr. Eschatologia, p. 491, note 3.) 

A ses espérances de règne messianique, M. Thomas rattache 
<c la réintégration d'Israël dans la possession de la terre pro- 



326 ÉTUDES 

mise » ; événement qui doit « inaugurer pour la postérité de 
Jacob une ère de paix, de grandeur et de prospérité ». Il lui 
semble que, « prises dans leur sens naturel, les prophéties sup- 
posent, entre la conversion des Juifs et la fin du monde, un laps 
de temps plus ou moins considérable, pendant lequel les fils de 
Jacob, unis à la véritable Eglise, goûteront en paix les biens spi- 
rituels et temporels promis à leurs pères ». (P. 182.) Sans inter- 
préter à la lettre cette profusion de saphirs et d'émeraudes qui 
doivent revêtir les murs de la future Jérusalem, ce concours de 
toutes les nations du monde sur la sainte montagne de Sion, 
cette fraternité vraiment idyllique du loup et de l'agneau brou- 
tant ensemble l'herbe des prairies, M. Thomas pense, avec le 
chanoine Bartolo, qu'il y a dans ces descriptions de félicité tem- 
porelle un élément de vérité qui s'impose, d'après les lois de 
l'interprétation littérale (p. 65). Qu'on lise attentivement les 
oracles d'Amos, d'Isaïe, de Joël, de Zacharie : « Dira-t-on qu'il 
ne s'agit ni de retour en Palestine, ni de jardins matériels, ni de 
vignes réellement plantées, mais uniquement d'une Palestine 
allégorique, c'est-à-dire de l'Eglise chrétienne, de la patrie cé- 
leste et des délices spirituelles dont seront inondés les élus?» 
(P. 206.) — « On ne saurait trop le redire, la source la plus fé- 
conde et la plus sûre garantie de bonheur pour les nations, c'est 
la foi chrétienne dans sa pureté et son intégrité. » 

Il se peut que cette interprétation soit la plus voisine de la 
vérité, mais, dans l'état actuel de nos connaissances, force nous 
est de déclarer que nous n'avons point la clef du mystère. De 
l'aveu de tous les interprètes, les prophéties dont il s'agit sont 
semées d'expressions symboliques , d'allégories, de poétiques 
tableaux, et, sur ce brillant tissu où l'imagination orientale a 
largement répandu ses trésors, on ne peut toujours savoir où 
commence et finit l'allégorie. L'Esprit qui parlait aux prophètes 
ne le révélait peut-être pas aux prophètes eux-nvêmes ; l'événe- 
ment seul nous fera connaître le sens exact et les limites du sym- 
bole. Ce n'est pas à dire que ces oracles soient des rêveries aux 
vagues contours; il en ressort avec évidence que Dieu réserve 
aux fils d'Israël des triomphes supérieurs à tous ceux dont Juda 
fut témoin; c'est-à-dire à tout le moins le triomphe de la foi sur 
les préjugés exclusivistes de l'orgueil national et le retour au 
Dieu des prophètes qui conviait tous les hommes au banquet de 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 327 

la Pâque spirituelle. « Dieu aurait-il répudiç son peuple? s'écriait 
l'Apôtre. Loin de nous cette pensée ; à leur tour, mes frères en- 
treront eux aussi dans le royaume spirituel où leurs ancêtres, 
leurs prophéties et leur histoire ont introduit la multitude des 
Gentils. » Telle est la foi du grand Apôtre. Ses espérances semblent 
étrangères à toute perspective de royauté terrestre promise à sa 
nation. Dieu ne lui en fit sans doute aucune révélation, et lui- 
même ne voulut pas mêler des conjectures humaines k l'infaillible 
vérité de la révélation. 

Hâtons-nous de le dire, M. Thomas n'est pas de ces inter- 
prètes, hardis à contre-temps, qui donnent toujours à leurs 
opinions la valeur de l'absolu. L'un de ses grands mérites, en 
cette circonstance comme en bien d'autres, est de ne pas s'exa- 
gérer la valeur de ses arguments. Ce judicieux auteur possède à 
un haut degré la sincérité et la modestie de la science. Sa mo- 
destie parait même excessive, et, pour notre compte, nous le 
voudrions moins réservé dans l'apparat de l'érudition scienti- 
fique. La sûreté du coup d'œil, la précision qui distingue pres- 
que tous ses jugements, la plénitude de ses aperçus, ce sens du 
vrai qu'il doit avoir acquis par de laborieuses et longues études, 
sont autant de preuves évidentes qu'il doit avoir beaucoup lu; et 
les lecteurs amis de la science lui sauraient gré de leur faire 
connaître les chemins qu'il a suivis. Ce n'est pas que nous 
approuvions le faste assez prétentieux dont se dépare parfois 
l'érudition germanique. Nous ne voulons pas de l'encombrement, 
mais des renseignements sobres et discrets sur les principaux 
documents que l'auteur a consultés. 

Le livre renferme des chapitres pleins de sève scripturaire ; 
contentons-nous de signaler le chapitre vi du livre sixième, où 
l'auteur trace une rapide esquisse de l'Apocalypse. M.Thomas n'a 
pas, bien s'en faut, l'étrange prétention de voir h découvert les 
mystères d'avenir cachés dans ces profondes révélations; mais il 
lui semble, avec raison, qu'il ne peut y avoir désaccord sur 
V esprit général de ce livre, et sur les vérités fondamentales dont 
on y trouve {'expression saisissante . Comme l'a dit Bossuet, 
l'Apocalypse est Y Evangile de JésuS'Christ ressuscité. Il y parle 
et agit en vainqueur de la mort^ et, dans presque toutes les pages, 
on y ressent la plus douce impression de la Majesté divine. 
L'Apocalypse est le chant des indissolubles amours qui unissent 



328 ÉTUDES 

les deux cités chrétiennes : la cité des triomphes et la cité des 
combats ; elle est l'hymne de la royauté divine qui les couvre 
l'une et l'autre, comme une tente déployée pour les défendre et 
les rafraîchir ; elle est un cri d'appel à l'humanité tout entière, 
sans distinction de Juifs et de Gentils. L'Église de l'Apocalypse 
accueille tous ceux qui ont purifié leurs vêtements dans le sang 
de l'Agneau ; c'est la Jérusalem céleste, peuplée d'élus apparte- 
nant à tous les peuples, à toutes les générations ; réponse pé- 
remptoire aux calomniateurs assez nombreux de la moderne 
exégèse, qui nous représentent l'auteur de l'Apocalypse comme un 
fanatique ivre de foi, qui sacrifie les sentiments de la charité aux 
enthousiasmes cruels de ses espérances. 

Nous pourrions glaner dans l'excellent ouvrage de M. Thomas 
plusieurs autres aperçus où se manifeste ce double esprit de sa- 
gesse et de science nécessaire dans toute œuvre intellectuelle, 
mais plus encore dans l'exégèse ; car, ici, la vérité ne se rencontre 
pas dans une série simple et continue de déductions métaphy- 
siques, mais dans un faisceau de rayons lumineux, qu'il faut com- 
poser soi-même, avec patience et discernement, en rapprochant 
les textes épars, en les complétant l'un par l'autre, en les éclair- 
cissant même par leurs apparentes contradictions. M. Thomas 
révèle avec éclat les qualités requises pour ce travail de délicate 
synthèse. 

Voici, pour finir, la distribution des matières dans les six livres 
de l'ouvrage de M. Thomas : les Croyances eschatologiques dans la 
chrétienté primitive ; — la Conception chrétienne du règne messiani- 
que d'après le Nouveau Testament ; — la Conception biblique du rè- 
gne messianique d'après l'Ancien Testament ' — l' Avenir d'Israël; 
— l'Eglise militante et son avefiir terrestre; — la Consommation 
finale et les derniers temps. 

II, — Dans* ce troisième opuscule, M. l'abbé Bigou se montre 
plein de confiance dans le triomphe de ses théories apocalypti- 
ques. « Tous les anciens adversaires de notre millénarisme, 
s'écrie-t-il, nous ont donné raison sur la future universalité du 
règne de Jésus-Christ et de son Église. » Or, voici le fait : le 
R. P. DesJacques, dom Laurent Janssens, l'illustre orateur de 
Notre-Dame, le P. Monsabré, et tous les adversaires de M. Bigou, 
s'abstiennent de nier que les prophéties messianiques se réali- 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 3S9 

seraient avec plus d'éclat et de plénitude, si,Mès avant la consom- 
mation des siècles, l'Eglise inclinait le monde entier sous l'em- 
pire à peu près incontesté de ses doctrines et de ses mœurs. Et 
de fait, un certain nombre de catholiques caressent ces douces 
espérances, qui n'offrent rien de contradictoire au sentiment tra- 
ditionnel ou à l'économie générale du dogme chrétien. Mais cette 
opinion, fort contestable d'ailleurs, n'a rien de commun avec les 
théories de M. Bigou, puisqu'elle repousse la double résur- 
rection des morts et la double apparition du Christ. M. Bi- 
gou a sonné les clairons de la victoire ; ses adversaires ne lui ont 
rien concédé de ce qui fait l'essence de son millénarisme. 

Faut-il répondre longuement aux arguments présentés dans ce 
nouvel opuscule? Nous ne le pensons pas, car ils se condamnent 
eux-mêmes par leur étrangeté, et — que l'auteur nous pardonne ce 
mot — par leur naïveté. 

Nous nous contentons d'en offrir au lecteur quelques échan- 
tillons. 

Au ps. xcv, le Psalmiste dit : a La:tentur cœli etexsultet terra, com- 
moveatur mare et plenitudo ejus ; gaudebunt campi et omnia qua; in 
eis sunt. Tune exsultabunt omnia ligna sylvarum a facie Dei, quoniam 
venit judicare terram. » — Certainement, il s'agit d'une véritable appa- 
rition de Jésus-Christ sur la terre ; trois raisons invincibles défendent 
d^appliquer ce texte prophétique au mystère de l'Incarnation, et, à rai- 
son d''une triple impossibilité, on ne saurait l'interpréter du suprême 
avènement. Premièrement, il est impossible que les montagnes tres- 
saillent, que le ciel, la mer et les forêts bondissent d'allégresse au sujet 
d'une apparition qui doit être le signal de leur destruction complète et 
défmitive. Secondement, il est impossible que les hommes éprouvent 
une Joie délirante à la pensée des cataclysmes qui doivent précéder le 
jugement général et clore l'existence du genre humain. On ne saurait 
de'sircr cet événement redoutable, sans supposer que l 'existence de ce 
monde a beaucoup plus d'inconvénients que d'' avantages et pour le Créa- 
teur et pour les créatures. Il est impossible enfm que le suprême avène- 
ment puisse être dépeint tout à la fois comme un acte de justice et de 
miséricorde, car ce sera le jour des rétributions éternelles. 

M. Bigou n'a pas eu le temps de s'apercevoir que la terre elles 
cieux ont bien quelque raison d'exulter y puisque cet avènement 
sera le signal de leur transformation et qu'ils sortiront de la tour- 
mente avec un éclat désormais sans déclin. Il n'a point vu que 
les hommes peuvent, sans tomber dans les extravagances du pes- 
simisme, appeler de leurs vœux ces assises solennelles qui doivent 

Bibliographie, IV. — 22 



330 ÉTUDES 

inaugurer le règne éternel de la vertu triomphante avec le Christ. 
Il n'a pas su comprendre que l'ère des rétributions célestes serait 
tout à la fois une ère de justice et de miséricorde, puisque tous 
nos droits, dans la cité de Dieu, seront un épanouissement des 
miséricordes divines. Mais passons à un autre argument. 

o Dans une vision de la nuit, raconte le prophète Daniel, je vis 
comme le Fils de l'homme... qui s^ avança jusqu'à l'Ancien des jours, 
et on le présenta devant lui et il lui donna la royauté, et tous les peu- 
ples, toutes les tribus et toutes les langues le serviront... » Certaine- 
ment, ce texte suppose une venue quelconque ; pas n'est besoin d'insis- 
ter ; or, la généralité des Docteurs s'aveugle en le rapportant à l'époque 
du jugement dernier ; car, dans le ciel, il n'y aura plus aucune distinc- 
tion de rois et de peuples, de tribus et de langues, et d 'ailleurs tous les 
rois et tous les peuples n'y seront pas. 

Évidemment on ne pourra plus se souvenir au ciel que saint 
Louis fut roi de France, et saint Isidore laboureur, que saint 
Louis parlait français, et saint Isidore castillan. C'est ainsi du 
moins que le pense M. Bigou. 

« En ces jours-là, dit Zacharie, le Seigneur posera ses pieds sur la 
montagne des Oliviers... Une partie de la montagne se jettera vers le 
septentrion, une autre vers le raidi,... et le Seigneur sera roi sur toute 
la terre... » Il ne saurait être question du jugement dernier, comme 
l'affirment la plupart des auteurs, et cette exégèse rencontre des obs- 
tacles invincibles. Pour n'en signaler qu'un, c'est qu'à cette heure le 
Seigneur doit régner sur toute la terre. Impossible de mieux exprimer un 
règne de Dieu terrestre et universel. 

Nous nous contentons de demander à M. Bigou s'il est héré- 
tique d'affirmer qu'après le jugement dernier, Jésus-Christ ré- 
gnera au ciel, sur la terre et dans les enfers. C'est pourtant le 
langage habituel de l'Église et des fidèles. 

Arrêtons-nous dans cette énumération; car la série de preuves 
apportées par M. Bigou n'en présente pas une seule plus vigou- 
reuse et plus réfléchie. C'est à cœur-joie et presque avec une en- 
thousiaste fierté qu'il s'inscrit en faux contre la plupart des Pères 
et des interprètes ; il le répète à satiété, on dirait qu'il se sent 
heureux d'être seul contre tous. 

M. Bigou se joue des plus redoutables difficultés ; il lit dans 
les profondeurs de l'Apocalypse comme dans le cristal d'une 
onde pure. Il décrit avec une rigueur presque mathématique 
l'heure et le théâtre du second avènement. Ce sera certainement 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 331 

Jérusalem (p. 88). Le prophète Malachie n' a- 1- il pas dit que 
Jésus-Christ viendrait alors dans son temple, c'est-à-dire dans la 
principale église de Jérusalem ? Et quand aura lieu cette appari- 
tion foudroyante du roi Messie? « Nous avons, dit M. ^'\gon, plu- 
sieurs raisons très fortes de croire que ce sera dans le courant du 
vingtième siècle. » (P. 104.) Moins timide et plus clairvoyant, son 
précurseur, D. Pedro Alvarez Novarro, avait fixé pour la consom- 
mation du siècle l'année 1888, qui ne sera jamais plus ; moins 
timides encore ces Mormons de la jeune Amérique, qui vendaient, 
il y a quelques années à peine, les robes blanches destinées aux 
vierges du cortègede l'Agneau. L. CASTETS, S. J. 



PHILOSOPHIE 

SCIENCES ET ARTS 

Christian Anthropology, hy Rev. John Tiiein. New- York, 
Benziger, 1892. Gr. in-8, pp. 576. 

« Aujourd'hui, le jeune prêtre qui sort du séminaire avec un 
bagage suffisant de philosophie et de théologie scolastiques est 
souvent surpris et déconcerté par des objections formulées dans 
un langage tout nouveau pour lui, et appuyées sur des expé- 
riences ou des découvertes auxquelles il est complètement étran- 
ger. » 

C'est pour venir en aide non seulement aux prêtres, mais aux 
laïques instruits qui veulent se rendre compte de leur foi et fer- 
mer la bouche aux incrédules, que M. Thein a rédigé son excel- 
lent manuel. Il ne traite pas son sujet avec l'aridité que ces sortes 
d'ouvrages font toujours craindre. 

Son cadre laisse place à des développements étendus et lui 
permet de descendre aux détails, indispensables dans les études 
de ce genre. Ainsi la question de l'antiquité de l'homme remplit 
cent vingt pages, et l'on y passe en revue à peu près tous les faits 
et tous les arguments de quelque valeur mis en avant par les 
rationalistes pour renverser les données de la Bible. Après avoir 
fait bonne justice des calculs fantaisistes des savants contempo- 
rains qui fixent l'apparition de l'homme sur la terre à cent mille, 



332 ETUDES 

et même deux cent cinquante mille ans avant l'heure actuelle, 
l'auteur avoue sans difficulté que la chronologie biblique est bien 
incertaine et qu'il n'est peut-être pas exact de parler de chrono- 
logie biblique, puisque nous ignorons s'il n'y a pas de vide dans 
la série des patriarches. Ce sentiment, appuyé sur de bonnes 
autorités, coupe court à toutes les objections. 

Nous signalerons encore les chapitres intitulés : l'Homme et 
la Bête ^ r Unité de l'espèce humaine, Darwinisme et monisme. 

M. Thein ne vise pas à l'originalité : il veut seulement rendre 
accessibles à tous les résultats de la science. Il gémit de voir 
l'érudition devenir le monopole des protestants ou des rationa- 
listes, (c En Angleterre et en Amérique, dit-il, les catholiques 
désireux de se mettre au courant des découvertes modernes sont 
obligés de puiser à ces sources empoisonnées. » C'est là un péril 
et une anomalie. Les lèvres du prêtre sont les dépositaires de la 
science : par tradition comme par devoir le prêtre enseigne le 
monde ; il ne saurait se désintéresser des recherches et des dis- 
cussions qui passionnent, séduisent ou égarent ses contempo- 
rains et touchent par tant de points à la science sacrée. 

F. PRAT, S. J. 

ElemeDtos de Filosofia, para uso de Los Colegios de segunda 
ensenanza., por el P. Francisco Ginebra, de la Gompania de 
Jesùs. 2a edicion. Santiago de Ghile, Cervantes, 1891-92. 
2 vol. in-8, pp. 584 et 296. 

C'est un titre bien modeste que celui-là : Éléments de philo- 
sophie. L'auteur n'a pas voulu sans doute effrayer de jeunes intel- 
ligences de seize ou dix-huit ans, auxquelles il s'adresse. Mais les 
professeurs s'apercevront vite que ces « Eléments » n'ont guère 
besoin d'être complétés, et qu'il faudra peut-être plutôt retrancher 
qu'ajouter. 

Il suffit de dire que, dans ce livre, le fond comme la forme est 
scolasticjue, pour ôter de l'esprit toute idée de remplissage ou de 
vaines fioritures. On n'y trouve pas trace non plus des questions 
de pure controverse et d'un intérêt tout à fait secondaire. 

La doctrine est celle de saint Thomas. Rien de neuf, par consé- 
quent. Ce qui est plus rare et d'un grand mérite, c'est le talent 
d'exposition. N'est pas toujours clair qui veut. En philosophie 
plus qu'ailleurs, cette qualité a son prix. 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 333 

La pensée du P. Ginebra est limpide et précise; ses définitions, 
courtes et complètes ; ses raisonnements, serrés. Il est d'ailleurs 
puissamment servi par une méthode rigoureuse. Dans chaque 
thèse, état de la question, preuves, objections, réfutation, tout 
est conforme aux plus strictes règles de l'école. 

Ce livre nous semble venir bien à propos. De l'aveu même des 
adversaires, la philosophie de saint Thomas gagne chaque jour 
du terrain et menace de devenir une puissance. Pourquoi ne pas 
favoriser ce développement, en initiant dès le collège les jeunes 
générations aux vraies et saines doctrines philosophiques tant 
recommandées par Léon XIII ? Qu'on ne s'effraye pas de l'aridité 
des formules techniques : ce sont là des fantômes imaginaires 
dont le bon sens a bientôt raison. Au temps de la formation, c'est 
un grand service rendu à l'esprit que de lui apprendre à a bran- 
dir » le syllogisme. Pour les combats futurs, rien n'est compa- 
rable à ce rude exercice. On pourra plus tard sans danger se 
débarrasser de « l'étui scolastique » avant de descendre dans 
l'arène. Si l'athlète a été bien formé, il n'y a rien h craindre 
pour le triomphe de la vérité. JULES PEYRÉ, S. J. 

Gilbert de la Porrée et sa philosophie (1070-1154), par 
l'abbé Berthaud, docteur es lettres, chanoine honoraire, 
directeur du collège de la Grand'Maison. Poitiers, Oudin, 
1892. In-8, pp. 353. 

A en juger par le visa de la fin, le livre de M; l'abbé Berthaud 
est une thèse de doctorat. Le premier chapitre nous présente Gil- 
bert de la Porrée écolier : il étudie successivement à Chartres 
sous Bernard, à Paris sous Guillaume de Champeaux et Abélard, 
h Laon sous Anselme et Raoul. Puis il passe maître : Chartres, 
Paris et enfin Poitiers jouissent de ses sérieuses et subtiles le- 
çons (chap. II). A Poitiers, il compose et explique son Liber sex 
principiorum, livre classique jusqu'au seizième siècle, qui eut l'hon- 
neur d'être commenté par Albert le Grand et saint Thomas : c'est 
une étude des six dernières catégories d'Aristote (chap. m). Le 
quatrième chapitre de la thèse de M. le chanoine Berthaud est le 
plus personnel ; il y revendique pour Gilbert de la Porrée la pa- 
ternité du Liber de causis, que lui attribuent Sanderus, les auteurs 
de l'Histoire littéraire de France et le manuscrit de Bruges, contre 



334 ÉTUDES 

d'autres auteurs anciens ou modernes. Ce livre est un écho des 
Institutiones theologicœ de Proclus et du réalisme quelque peu 
panthéistique de Plotin. Mais ce qui fait surtout, de nos jours, la 
renommée de Gilbert de la Porrée, ce sont ses Commentaires sur 
Boèce (chap. v). Malheureusement, l'orthodoxie en parut sus- 
pecte. En particulier, la distinction établie par le théologien-phi- 
losophe entre « la divinité qui est en Dieu et Dieu en qui est 
la divinité » sembla avec raison porter atteinte à la simplicité 
divine ; et le concile de Reims, où parla avec une grande vivacité 
saint Bernard, formula une profession de foi que d'ailleurs 
Gilbert souscrivit avec une entière docilité (chap. vi). Revenu 
dans son diocèse, il l'administra avec piété jusqu'à la fin de sa 
vie (chap. vu). 

Nous ne doutons pas que les juges de M. l'abbé Berthaud 
n'aient loué la richesse de son érudition et l'aisance de mouvement 
dont il fait preuve au milieu des théories mêlées de son auteur. 
Mais nous imaginons qu'ainsi qu'il arrive en toute bonne soute- 
nance, ils ont posé au candidat quelques objections, pour avoir le 
plaisir de l'entendre compléter sa thèse. 

Ainsi il est dit (p. 40) : « Guillaume de Champeaux, après 
Bernard de Chartres, l'avait initié aux doctrines de Platon ; Abé- 
lard lui apprit à connaître Aristote. » Ce partage, de même que le 
rapprochement coastant fait par l'auteur entre le réalisme et le 
platonisme, le conceptualisme et l'aristotélisme, auraient besoin 
d'explication. En fait, le véritable inspirateur du réalisme est 
Boèce ; mais tous, réalistes, nominalistes et conceptualistes, se 
réclament d'Aristote, parce qu'il a dit que « les individus seuls 
existent », et que « la science n'est que de l'universel ». Abélard, 
de son côté, invoque en sa faveur Platon. 

L'auteur a bien vu que la question des, Universaux n'était pas 
une simple querelle de mots. Mais en quoi consiste sa véritable 
portée ? Sous trois noms différents, c'est la rivalité aussi vieille 
que l'esprit humain de l'empirisme phénoméniste, du dogma- 
tisme panthéiste et de l'idéalisme subjectiviste. Nous ne croyons 
pas que Hegel ait beaucoup puisé dans Abélard. Mais nous aime- 
rions mieux comparer le conceptualisme de celui-ci au subjecti- 
visme du philosophe allemand, que le réalisme de l'auteur du 
Liber de causés (p. 189). 

Nous croyons aussi qu'il est excessif de dire que « les formes 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 335 

de la scolastique correspondent aux idées de Platon » (p. 235). 
Peut-être même ne s'est-on pas rendu assez compte de la théorie 
scolastique sur la matière et la forme ; en tout cas, les raisons 
qui font rejeter à l'auteur les transformations substantielles ne 
nous paraissent pas convaincantes (p. 242-246). L'influence de 
la fausse théorie moderne qui tire de l'idée de limite la notion 
de personnalité se fait sentir aussi dans ce passage : « Il (Gilbert) 
trouve — et avec raison — que le nom de personne ne convient 
pas aux personnes divines aussi exactement qu'aux individus 
humains. 11 reconnaît en effet qu'en Dieu les personnes ne peu- 
vent pas être circonscrites, limitées. » (P. 257. ) 

A propos du concile de Reims, M. l'abbé Berthaud écarte le 
récit de Geoffroy (ou Gaufride), secrétaire de saint Bernard, 
d'après lequel Gilbert aurait été condamné pour une hérésie dont 
il a conscience. Avec Othon de Frisingue, il voit plutôt dans 
le langage de Gilbert un excès de subtilité ; aussi le concile se 
serait borné h dresser des articles de foi, sans faire mention de 
l'évêque de Poitiers. Nous ne mettons pas en doute la sincérité de 
Gilbert. Mais nous croyons qu'il y avait dans ce qui lui était re- 
proché plus que « des erreurs de forme, consistant dans cer- 
taines nouveautés d'expressions, dans des formules équivoques ». 
( P. 287.) Quand il distinguait entre la divinité et Dieu, « n'ou- 
blions pas, dirons-nous avec le P. Th. de Régnon, que Gilbert 
était réaliste par toute son éducation. Il était donc porté à sup- 
poser des distinctions de choses, partout où il y a distinction de 
concepts. » {^Etudes sur la Sainte Trinité, t. II, p. 107. ) M. l'abbé 
Berthaud lui-même, dans tout le cours de son ouvrage, a mis en 
relief le réalisme de Gilbert de la Porrée. 

Mais nous nous apercevons qu'il en est de ce compte rendu 
comme des soutenances où les objections prennent plus de place 
que les éloges; heureusement, le jugement final s'inspire de 
ceux-ci. L. ROURE, S. J. 

Le Sommeil, étude de psycho-physiologie, par le D' Georges 
SuRULED, Paris, Roger et Chernoviz, 1893. In-8, pp. 47. 

En présentant au public son étude sur le Sommeil, le D*" Sur- 
bled déclare qu'il se propose seulement d'apporter sa modeste 
pierre au vaste édifice de nos connaissances. « Le sommeil, 



336 ÉTUDES 

dit-il, n'est pas... le repos de l'organisme : c'est seulement l'arrêt 
temporaire de l'activité nerveuse, dans certaines de ses formes. » 
(P. 7. ) Il est également inexact de prétendre ou que l'homme 
dort sans rêver ou qu'il n'y a pas de sommeil sans rêve ; le rêve 
est chose intermittente. Il précède et suit le plein sommeil ( ou 
sommeil sans rêve) ; et « il semble que le passage du plein som- 
meil à la veille, et réciproquement, soit impossible sans l'inter- 
médiaire du rêve, où l'inconscience absolue du premier état et la 
vraie conscience du second se fondent insensiblement dans une 
demi-conscience ». (P. 17.) 

La plus ancienne théorie physiologique du sommeil repose sur 
les variations de la circulation cérébrale. Dans le sommeil, il y 
znr^xX anémie du cerveau; pendant la veille, hyperhémie ou con- 
gestion. L'auteur fait observer que « l'afflux du sang au cerveau 
se produit dans les circonstances les plus diverses;... et il est 
impossible d'attribuer à la seule congestion les différences qui 
séparent la veille du repos morphéique... L'anémie cérébrale a 
été constatée seulement à la surface supérieure de l'organe. » 
(P. 19-21.) — Suivant Durham, l'hyperhémie de la veille est 
accompagnée de l'oxydation du cerveau; l'accumulation, au sein 
de la substance grise corticale, des résidus d'oxydation arrête 
peu à peu l'activité nerveuse. L'excès de ces produits serait en- 
traîné au dehors pendant le sommeil. Mais l'expérience prouve 
que « la composition du sang veineux cérébral ne diffère nulle- 
ment du sommeil à la veille ». (P. 21-22.) 

Pflûger défend la théorie asphyxique. L'irritabilité serait due 
à l'oxygène intra-moléculaire qui, dans l'activité vitale, se trans- 
forme en acide carbonique. La substance grise du cerveau perd 
plus d'oxygène qu'elle n'en gagne ; d'où, à la longue, le sommeil. 
Preyer attribue l'oxydation aune substance dite ponogène, pro- 
duite par le travail vigil, qui se fixerait dans la substance grise et 
accaparerait l'oxygène. La théorie asphyxique n'est guère d'ac- 
cord avec l'expérience (p. 24-29). 

Un savant russe, Serguéyeff, a consacré deux volumes à déve- 
lopper une fantastique conception. Les ganglions du sympa- 
thique accumuleraient pendant la veille une forme éthérée, dy- 
namique, impondérable. La phase d'emprunt serait suivie d'une 
phase de rejet qui constituerait le sommeil (p. 33-36). 

M. le D"" Surbled croit, de son côté, qu'il faut chercher la 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 831 

cause du sommeil dans le cervelet, non dans le cerveau. Le cer- 
velet, dit-il, est l'organe de la vie affective, le centre des pas- 
sions; il joue donc nécessairement un rôle important dans la 
sensibilité et V attention qui est la forme la plus simple de la 
volonté. Or, la première condition du sommeil, c'est \ apathie^ 
l'indifférence. Le sommeil se produira quand le cervelet cessera 
d'envoyer au cerveau ses effluves nerveuses ; d'où naîtra la sus- 
pension de la sensibilité comme de l'attention. L'inhibition subie 
par le cervelet serait périodique comme le sommeil lui-même 
(p. 41-47). 

L'auteur reconnaît qu'on ignore comment le cervelet est in- 
fluencé et comment il influence le cerveau. Ainsi sa théorie laisse 
encore place au système de l'anémie, qui ne semble pas d'hu- 
meur à lâcher ses positions. L. ROURE, S. J. 

La Nouvelle théorie de la suggestion, destinée à expliquer 
l'hypnotisme^ par le R. P. J. J. Fhanco, S. J. Examen cri- 
tique, traduit de ritalien par Aug. Onclair, prôtre. Paris, 
Téqui, 1892. In-12, pp. vii-132. 

« Le P. Franco, de la Compagnie de Jésus, est l'un des rédac- 
teurs les plus solides, les plus attachants et les plus féconds de 
la célèbre revue romaine la Civiltà cattolica. » Ainsi s'exprime 
dans sa préface le traducteur de l'ouvrage que nous signalons, 
et nous souscrivons de grand cœur aux paroles de l'abbé Onclair. 
Personne n'estime plus que nous le talent du savant jésuite, 
mais nous avons peur qu'il ne l'ait dépensé ici pour enfoncer... 
une porte ouverte. 

« ha suggestion n'est pas la cause unif/ue, la cause propre du 
sommeil hypnotique ; f\ne si le sommeil suit la suggestion, il ne 
doit pas lui être attribué, parce qu^elle est intrinsèquement 
inapte à le produire. » (P. 49.) Telle est la proposition qui fait 
le fond de la thèse du P. Franco, et qu'il développe dans les 
127 pages de son intéressant opuscule. Elle ne nous parait pas 
contestable, et nous ne connaissons guère de savants qui ne 
soient pas disposés h y souscrire. L'école de Nancy, il est vrai, 
prétend expliquer les merveilles de l'hypnose par la seule sug- 
gestion ; mais quel crédit lui reste après les démentis de tant de 
nos confrères, après les mille contradictions de l'expérience? 



338 ÉTUDES 

C'est une école qui se distingue encore par quelques savants 
maîtres, mais qui n'a pas d'élèves : tout se réduit à un brillant, 
nous allions dire à un bruyant état-major. Pourquoi dès lors 
partir en guerre contre une doctrine que la science ne soutient 
plus et qui est vouée à l'isolement et à la mort? 

Nous ne pouvons suivre le P. Franco dans le cours de sa dis- 
sertation, oii il touche un peu à tous les problèmes de la cérébro- 
logie, et nous ne le regrettons qu'à moitié, car bien des réserves 
seraient à faire au point de vue purement physiologique. Il nous 
permettra toutefois de protester respectueusement contre le 
dédain qu'il professe pour de récentes et glorieuses découvertes. 
« Il ne faut pas accorder, écrit-il, une confiance excessive à ces 
découvertes que l'on décore aujourd'hui du nom de localisations 
cérébrales... Ce qui est certain, c'est que l'on sait fort peu de 
chose par rapport à ces fameux centres nerveux. » (P. 75.) Un 
tel dénigrement n'est pas de mise en face des résultats acquis, et 
pourrait servir d'argument à ceux qui cherchent partout de pré- 
tendus conflits entre la science et la foi. Le docte théologien 
exagère à plaisir notre ignorance, et les malheureux que le tré- 
pan de nos chirurgiens guérit aujourd'hui de paralysies et de 
contractures réputées naguère incurables, pourraient lui certifier, 
à défaut des autres preuves, gue les centres moteurs sont bien 
établis dans la surface cérébrale, et non dans l'imagination de 
savants aventureux. 

Le P. Franco s'élève avec verve et avec raison contre les hypo- 
thèses fantaisistes de la psycho-physique., qui sont aussi con- 
traires à l'expérience qu'à la raison. L'ardeur du combat ne l'en- 
traîne-t-elle pas au-delà des bornes ? Une hypothèse qui n'est pas 
encore confirmée, mais qui s'appuie sur des faits positifs et pos- 
sède notre adhésion réfléchie, voit la cause de l'hypnose dans 
une dissociation des centres nerveux. Notre auteur refuse de 
l'admettre. « Toute cette théorie de la dissociation des centres, 
dit-il, est un mirage qui disparaît quand on y fait pénétrer un 
rayon de lumière. Il suffit de comprendre les termes. » (P. 62. ) 
La lumière n'est pas encore faite, mais nous sommes persuadé 
qu'elle se fera bientôt. L'hypnose trouvera son explication natu- 
relle dans la dissociation des organes encéphaliques. 

Tous les phénomènes hypnotiques sont-ils naturels ? Assuré- 
ment non; et nous croyons avec le P. Franco que plusieurs ont 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 339 

une cause praeternaturelle. Mais nous estimons, contrairement à 
l'avis du savant jésuite (p. 127), que tous ne dépendent pas d'in- 
fluences supra-sensibles, et que la plupart des hypnotisés pui- 
sent dans une perversion de la sensibilité leurs prodigieux tours 
de force, et n'ont pas nécessairement le « diable au corps ». 

D' SURBLED. 

I. — Libre échange et protection. La politique douanière de 
tous les pays expliquée par les circonstances de leur 
état social et économique^ par Léon Poinsard, bibliothé- 
caire de l'École des sciences politiques. Paris, Firmin- 
Didot. In-8, pp. xvi-632. 

II. — Précis d'économie politique et de morale, par G. de 
MoLiNARi. Paris, Guillaumin, 1893. In-18, pp. 278. Prix: 
3 fr. 50. 

L — Le livre de M. Poinsard est très intéressant. Au lieu de se 
borner à prouver une fois de plus que, théoriquement, pour l'hu- 
manité prise en masse, l'idéal serait le libre échange, l'auteur 
prend les choses comme elles sont. Les différents Etats suivent 
une politique douanière différente. Il s'applique à démontrer 
qu'il en doit être ainsi, eu égard aux situations économiques si di- 
verses où se trouvent ces pays. 

Sa méthode, très judicieuse et très sagement appliquée, « con- 
siste uniquement dans l'étude consciencieuse et très développée 
des faits, dans l'observation expérimentale de la situation acquise 
par chacun des pays du globe ». (P. 2.) 

Il en arrive ainsi h classer les nations en deux grandes catégo- 
ries, subdivisées chacune en deux groupes. Les premiers — pays 
à production industrielle prépondérante ( Angleterre, Belgique, 
Pays-Bas, Pays Scandinaves), et pays h production naturelle 
prépondérante (Turquie, Russie, Espagne, Portugal, Italie, Pays 
sud-américains), — ont tout intérêt à pratiquer une politique de 
libre échange. Les autres — pays en voie de développement in- 
dustriel intense ( États-Unis ), et pays à développement mixte de 
la culture et de l'industrie (France, Allemagne, Autriche-Hon- 
grie, Suisse ) — sont au contraire amenés à faire de la pro- 
tection. 

Ce qui frappe au premier abord dans cette classification, c'est 
que la pratique douanière de certains États ( Russie, Italie, Es- 



340 ÉTUDES 

pagne) est le contre-pied de celle que leur assigne M. Poinsard. 
Les dangers que courent ces pays sont bien mis en lumière. 

D'ailleurs cette classification n'a rien de définitif. Il n^est nul- 
lement question de définir quelle devra être h tout jamais la poli- 
tique économique des États ainsi groupés. Il est à prévoir, par 
exemple, que les Etats-Unis en viendront un jour à pratiquer 
utilement le libre échange. 

Voici comment l'auteur conclut son étude sur la France, Nous 
citons ces quelques lignes, qui nous paraissent un modèle de mo- 
dération, de justesse et de patriotisme éclairé et vigilant. 

« Ce que nous ne devons pas oublier surtout, c'est que la pro- 
tection douanière, procédé artificiel et d'une application difficile, 
ne doit être en tout état de cause, pour une race désireuse de 
s'élever, de prendre ou de garder une grande place dans le monde, 
quun moyen essentiellement transitoire. Compter uniquement 
sur deiS tarifs de douane élevés pour assurer à la France, d'une 
façon durable, une grande puissance industrielle, une prospérité 
brillante, une force d'expansion considérable, ce serait tomber 
dans une illusion puérile. Les peuples ne grandissent point par 
la seule influence des moyens artificiels. Si la protection raison- 
nable peut aider la production à traverser une période de forma- 
tion, ou bien à compenser certaines causes partielles d'inégalité, 
elle ne suffit pas pour résoudre toutes les difficultés. Pour assurer 
l'avenir, il est surtout nécessaire de procéder à des réformes 
fondamentales, capables d'alléger les charges de la production 
et de renforcer chez les individus le sentiment de l'initiative per- 
sonnelle, le goût des entreprises, la tendance vers les professions 
lucratives, et, par suite, vers le travail indépendant, trop délaissé 
aujourd'hui par la classe riche . Là seulement sera le salut. Si nous 
n'y pourvoyons pas, les nouveaux tarifs dédouane, d'ailleurs exa- 
gérés dans leur tendance, trop compliqués et souvent mal con- 
çus, nous causeront plus de mal que de bien et ne serviront guère 
qu'à hâter le dénouement fâcheux d'une situation déjà si lourde- 
ment grevée. » 

II. — J'avoue qu'ici j'ai été déçu. Le haut renom de l'économiste 
me faisait espérer un régal délectable dans la lecture de ces pages, 
consacrées sans doute à concilier les dures lois de l'économie 
politique avec les défenses et les recommandations de la morale. 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 341 

Quel n'a pas été mon désappoiulement de lire, dès la première 
partie du livre, intitulée : l Economie générale de la nature^ à la 
page 14, que « c'est l'homme qui, en asservissant les animaux, 
leur a donné la notion de la liberté et fait naître chez eux le 
sentiment du devoir » ; à la page 19, que « nous ne connaissons 
pas plus la destination de l'espèce humaine que celle des espèces 
inférieures » ; à la page 30, que « l'une et l'autre science ont pour 
objet immédiat l'intérêt de la conservation et du progrès de l'es- 
pèce, et pour objectif ultérieur, mais inconnu, la fonction et la 
destination qui lui sont assignées dans l'ordre universel» !... Et 
toute la troisième partie : la Morale^ renferme de pareilles pro- 
positions, dont quelques-unes empruntées h un autre ouvrage de 
M. de Molinari : Religion. Le but que se proposait l'auteur dis- 
tingué de cet Essai était louable assurément, puisqu'il eût voulu 
démontrer que « le progrès économique demeure stérile s'il n'est 
pas accompagné du progrès moral ». Mais s'il le rapprochait de 
quelque ouvrage sérieux de morale, il serait le premier à recon- 
naître ce que ses affirmations ont d'écourté, d'incomplet, de con- 
traire même aux notions fondamentales d'une saine philosophie. 
La force de son travail en est affaiblie d'autant. 

Dans la partie plus spécialement économique, l'auteur se re- 
trouve sur son propre terrain, et son travail s'en ressent très heu- 
reusement. Les idées de M. de Molinari en économie politique 
sont d'ailleurs connues. Il se montre, dans son nouvel ouvrage, 
orthodoxe impénitent. Il faut l'être sans doute pour écrire encore 
aujourd'hui, p. 111, note : « Ce ne sont pas les industries à bas 
salaires qui ruinent les industries à hauts salaires : c'est le con- 
traire qui est vrai. » P. FORTIN, S. J. 

Thermodynamique. Leçons professées pendant le premier se- 
mestre 1888-89 j par H. Poincaré, membre de l'Institut, ré- 
digées par G. Blondin, agrégé de l'Université. Paris, 
Georges Carré, 1892. In-8, pp. xix-432. 

La thermodynamique ne date guère que d'un demi-siècle, mais 
déjà l'importance prise par cette branche de la physique est con- 
sidérable. C'est que, par un phénomène remarquable, elle a per- 
mis aux physiciens de redescendre, pour ainsi parler, jusqu'au 
tronc commun qui fait l'unité des diverses parties de leur science. 



342 ÉTUDES 

M. H. Poincaré, ayant pris ces questions pour objet de son 
cours de physique mathématique à la Sorbonne, ses leçons, re- 
cueillies par l'un de ses auditeurs, ont été récemment livrées au 
public. 

Ce qui les caractérise, c'est, avec la rigueur la plus absolue, 
une grande limpidité d'exposition, spécialement un soin scrupu- 
leux de mettre en évidence les hypothèses exigées pour chaque 
nouveau développement de la théorie ; à chaque instant on sait 
d'où l'on vient et où l'on va. 

Dans la préface, M. Poincaré donne une idée générale de son 
livre ; il cherche entre autres choses à définir, à serrer la véritable 
signification du principe de la conservation de l'énergie, condui- 
sant la discussion jusqu'aux frontières de la philosophie. Les 
premiers chapitres rappellent les travaux des précurseurs de la 
théorie actuelle. Le principe de l'équivalence est ensuite établi, 
soit en s'appuyant sur l'hypothèse moléculaire, soit, et cela vaut 
mieux, en partant de l'expérience. Généralisé, ce principe devient 
celui de la conservation de l'énergie, que l'expérience vérifie éga- 
lement dans ses diverses conséquences. 

Nous passons alors au deuxième principe de la thermodyna- 
mique, souvent nommé principe de Carnot(qui le découvrit, mais 
n'en donna qu'une démonstration incorrecte), ou de Clausius (qui 
le généralisa et en ramena la démonstration à un principe que 
l'expérience confirme). M. Poincaré a montré que l'énoncé et 
l'établissement de ce principe, encore soumis à certaines réserves, 
pouvaient être débarrassés de toute restriction (sauf une cepen- 
dant, signalée avec netteté, p. 222 ). 

Puis viennent les applications à l'étude des gaz, liquides, so- 
lides, changements d'état, vapeurs saturées, machines à vapeur, 
dissociation et phénomènes électriques. 

Dans un dernier chapitre, d'une grande importance, le savant 
professeur discute les tentatives faites pour déduire les deux prin- 
cipes de la thermodynamique de ceux de la mécanique ration- 
nelle. Pour le premier de ces principes, la chose ne souffre pas 
de difficulté, mais le second est rebelle ; et l'auteur, résumant par 
avance dans sa préface cette partie de son livre, formule ainsi sa 
conclusion : « Le mécanisme est incompatible avec le théorème 
de Clausius. » Ce dernier point mérite quelques mots d'explica- 
tion. 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 343 

Le théorème de Clausius est l'expression sous forme mathéma- 
tique de la proposition suivante : Il est impossible de transporter 
directement ou indirectement de la chaleur d'un corps froid sur 
un corps chaud, à moins qu'il n'y ait en même temps destruction 
de travail ou transport de chaleur d'un corps chaud sur un corps 
froid. Cet énoncé encore assez abstrait a été traduit en style hu- 
moristique par M. J. Bertrand, comme il suit : « Pour se chauffer 
avec des boules de neige, il faut faire un travail ou adjoindre 
quelque autre chose*. » 

Plus d'une objection a été dirigée contre cet « axiome », ainsi 
qu'on le nomme souvent, surtout à une époque où il n'avait pas 
encore été suffisamment précisé ; actuellement, aucune objection 
théorique n'a résisté, aucun phénomène connu ne fait exception. 

Par ailleurs, le « mécanisme » dont parle M. Poincaré consiste 
à se représenter l'univers comme formé d'atomes agissant les uns 
sur les autres, soit à distance et suivant des lois attractives et 
répulsives dépendant de leur seule distance, soit au contact seu- 
lement, leur choc étant régi par les mêmes lois que celui des 
corps élastiques. Telles sont les deux conceptions mécanistes : 
Or, « je montre, dit M. Poincaré, que toutes deux sont incom- 
patibles avec les principes de la thermodynamique ». 

Ainsi la théorie moléculaire, comme elle est comprise le plus 
souvent, et le principe de Carnot-Clausius sont incompatibles. 
En préseuce de cette antinomie, on peut, si l'on veut, attendre que 
de nouveaux documents viennent éclairer la question ; mais 
certains auteurs désireux de ne pas rester ainsi dans le provisoire, 
se sont demandé si le second principe de la thermodynamique 
méritait la confiance que les physiciens lui accordent, et le seul 
fait de contredire la théorie moléculaire leur semble déjà un sé- 
rieux défaut : « Nous croyons devoir faire remarquer, lisons- 
nous dans un article de MM. Ilutin et Leblanc,... que l'axiome 
de M. Clausius est en contradiction absolue avec d'autres no- 
tions scientifiques qui sont généralement admises, ont le mérite 
d'être d'une très grande clarté et peuvent être exprimées de la 
manière suivante : 

<c 1° Tous les corps de la nature peuvent être assimilés à des 
systèmes de points matériels. 

1. Thermodynamique, p. 83. Paris, 1887. 



344 ÉTUDES 

« 2° L'étude de tout phénomène matériel peut être ramenée 
en dernière analyse à un problème de mécanique rationnelle. 

« 3° Les gaz dits parfaits, à égalité de température et de pres- 
sion, renferment le même nombre d'atomes ou points matériels 
par unité de volume ^. » 

Sans doute ces auteurs disent bien que leur intention est seu- 
lement de provoquer des recherches et des discussions ; mais il 
me semble cependant voir ici une tendance qui n'aurait rien de 
bien scientifique et qui consisterait à sacrifier des faits à des 
hypothèses. Ce n'est pas dans l'ouvrage de M. Poincaré que l'on 
rencontrera de ces témérités; la théorie, chez lui, remplit son 
vrai rôle : elle relie, elle développe les données expérimentales, 
elle ne les fait pas oublier. j. DE JOANNIS, S, J. 

La Navigation sous-marine, par M.A.Villon. Paris, Tignol, 
1891. In-16, pp. 85. 

L'auteur de la Nangation sous-marine a su mettre à la portée 
de tous des détails scientifiques, glanés d'ailleurs dans des ou- 
vrages sérieux. Sa brochure est intéressante de tout l'intérêt que 
nous portons à ces engins nouveaux, longtemps considérés comme 
impossibles et chimériques, et aujourd'hui réalisés. 

Peut-être voudrait-on une admiration moins hyperbolique 
pour nos sous-marins français, et, en revanche, un peu plus de 
détails sur ceux que construisent sans relâche nos bons voisins 
les Anglais. C. J., S, J. 

To the Snows of Tibet through China, by A. E. Pratt, F. R. 
G. S. London, Longmans, 1892. In-8, avec 1 carte, 14 pho- 
tographies, 4 gravures et 4 planches d'histoire naturelle. 

Ce livre, très intéressant au point de vue de l'histoire natu- 
relle des provinces chinoises du Yun-nan et du Kouei-tchéou, 
montre que les Anglais savent plus que toute autre nation don- 
ner des fonds considérables pour les progrès de l'histoire natu- 
relle. Ici, c'est un riche particulier, entomologiste distingué, 
M. J. H, Leech, qui dépense plusieurs centaines de mille francs 

1. La Lumière électrique^ 1892, t. XLIII, p. 454. Réflexions sur le second 
principe de la théorie mécanique de la chaleur, par MM. Hutia et Leblanc. 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 345 

pour envoyer en Chine, pendant trois ans, un collectionneur 
ëmërite, M. Pratt, avec un assistant, M. Kricheldorfl\ Celui-ci, 
revenu en Angleterre avec de très riches collections d'insectes, 
d'admirables spécimens vivants d'oiseaux rares, donnés aux mu- 
sées, publie en plus le récit de ses voyages avec un luxe rare- 
ment suivi chez nous par les naturalistes amateurs. Le texte, très 
simple, est complété par une quantité d'excellentes reproductions 
phototypiques des photographies prises par M. Pratt. Dans un 
long appendice on trouve la liste et les diagnoses des espèces de 
poissons nouveaux, et de quelques papillons inconnus jusqu'ici. 
L'un d'eux est figuré dans le texte [Papilio Elwesii). 

En observateur aussi honnête que consciencieux, M. Pratt 
rend compte, en termes des plus flatteurs, de la façon de vivre 
de nos missionnaires catholiques français au Yunnan et au 
Tibet. Il ne peut assez louer le caractère et le désintéressement 
de ces pionniers de la civilisation qui représentent si digne- 
ment notre pays à l'étranger. Il faut lire ces pages que Ton sent 
être l'expression exacte de la vérité, et qui sont un témoignage 
d'autant plus précieux qu'il émane d'un Anglais protestant, c'est- 
à-dire d'un homme sans doute élevé dans la défiance à l'égard 
du catholicisme et de la France, pour ne pas dire dans la haine 
de l'un et de l'autre, ainsi que cela se rencontre trop souvent en 
Angleterre. A.-A. FAUVEL. 

I. — Guide-Programme du cours d'histoire de Part, avec un 
album, par F. Lhomme, professeur d'enseignement mo- 
derne au lycée Janson de Sailly, et S. Rocheblave, profes- 
seur de rhétorique au lycée Lakanal. Paris, AUison, 1892. 
In-12, pp. VII.290. 

n. — La Manufacture nationale des Gobelins, par Gerspach, 
administrateur de la manufacture. Paris, Delagrave, 1892. 
In-8, pp. 271. Prix : 3 fr. 50. 

I. — Il est assez difficile d'analyser l'ouvrage de MM. Lhomme 
et Rocheblave. Ce n'est pas un cours de l'histoire de l'art, mais 
un résumé destiné à guider les professeurs, en leur fournissant 
(( des définitions, des divisions, des aperçus généraux et une bi- 
bliographie qui pare aux premiers besoins ». (Avertissement, 

p. VI.) 

Bibliographie, IV. — 23 



346 ETUDES 

En présence de l'amas de renseignements condensés dans cet 
ouvrage, on se demande comment les élèves n'en seront point 
accablés, et s'ils trouveront, sans nuire à leurs occupations 
déjà trop multiples, le temps suffisant pour profiter d'un pa- 
reil programme, aussi souple que vaste, et offrant, de l'aveu 
des auteurs, « l'attrait et le danger des grands espaces à par- 
courir ». 

Sauf ces réserves, on peut louer l'idée en elle-même. Nous ne 
nous plaindrons pas qu'on parle d'art à la jeunesse, à la condi- 
tion toutefois que les professeurs aient toujours devant les yeux 
la dignité de leur njission et le respect qu'on doit à l'esprit et à 
l'âme de la jeunesse. Un souhait pour terminer : celui que cette 
nouvelle étude ne se présente pas comme une surcharge à des 
études déjà si étendues et si lourdes pour la capacité intellec- 
tuelle de nos écoliers. C'est de l'art surtout qu'il faut dire qu'on 
ne s'y intéresse vraiment que s'il remplit nos loisirs. Les Muses 
ne sourient qu'à ceux qui les aiment sans effort. 

II. — L'histoire de la manufacture des Gobelins est peu connue 
et présente un intérêt réel. M. Gerspach, auteur de nombreux 
travaux sur les arts décoratifs, était à même plus que tout autre, 
en sa qualité d'administrateur, d'initier le public aux travaux de 
la célèbre manufacture. L'ouvrage est marqué au coin d'une éru- 
dition sûre, et nous devons savoir gré h l'auteur de cette tenta- 
tive de vulgarisation. Pourquoi faut-il que la pensée du savant 
n'ait pas revêtu une forme plus légère, parfois même plus cor- 
recte ? 

L'illustration, ornement désiré dans un ouvrage de ce genre, 
y tient peu de place et n'a aucun intérêt artistique. Ces défauts 
empêcheront le public d'apprécier complètement une œuvre 
qui n'est pas sans mérite. J. de LAVERGNE. 



HISTOIRE — GEOGRAPHIE 

QUESTIONS DU JOUR 

Notre-Dame de Montaigu. Monographie religieuse^pavMgv A. 
Yan Weddingen. Sixième édition, illustrée par Karl Meu- 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 347 

NIER. Bruxelles, Société belge de librairie, 1890. In-4, 
pp. 155. Prix : 12 francs. 

La Société belge de librairie nous envoie cet ouvrage déjà an- 
cien, mais renouvelé par l'illustration. Nous serions mal venus de 
juger un livre qui a reçu du public un si favorable accueil. L'in- 
contestable science de l'auteur, ses récits et ses descriptions, ses 
citations choisies avec art, ont fait de son œuvre le souvenir obligé 
de tout pèlerin à Montaigu. L'artiste qui a illustré ces pages a 
Toulu rendre au vif la naïve simplicité des mœurs flamandes. Ces 
croquis dessinés à la hâte, au cours d'une excursion, semblent 
peu convenir à un ouvrage de ce genre. Un crayon plus ferme, 
un goût plus délicat, une exécution plus soignée, auraient fait 
mieux ressortir le texte de l'auteur. T. R., S. J. 

I. — Histoire de saint Ignace de Loyola, d'après les documents 
originaux, par le P. Daniel Bartoli, de la Compagnie de 
Jésus. Traduction revue, complétée, annotée et enrichie 
de documents inédits par le R. P. L. Michel, S. J. Société 
de Saint-Augustin, 1893. 2 vol. in-8, pp. xvi-424 et 450. 
Prix : 10 francs. Édition sur papier ordinaire, 6 francs. 

II. — Saint Jean-François Régis, parle P. F. de Curley. Paris, 
Delhomme et Briguet, 1893. In-8, pp. 384. Prix : 5 francs. 

III. — Rodolphe d*Acquaviva et ses compagnons^ de la Corn- 
pagnie de Jésus^ par le P. Pierre Suau, de la même Com- 
pagnie. Société de Saint-Augustin, 1893. In-8, pp. 210. 
Prix : 2 francs. 

I. — Saint Ignace de Loyola compte deux historiens exception- 
nellement célèbres, en attendant un historien définitif : Riba- 
deneira et Bartoli. L'Espagnol s'est attaché de préférence à la vie 
privée, aux vertus et au caractère de l'homme qu'il avait intime- 
ment connu et vénéré ; la bonhomie respectueuse fait le princi- 
pal charme de cette effusion de cœur. L'auteur italien poursui- 
vait un but différent : il voulait venger son Ordre des calomnies 
qui l'assaillaient de toutes parts, en faisant connaître ses origines, 
son fondateur, ses premiers membres, ses Constitutions, son 
esprit et ses travaux. Écrivain supérieur, Bartoli a déployé dans 
cette apologie historique une élévation de pensée, une finesse 
d'analyse, une puissance de synthèse, une ampleur de conception 



348 ÉTUDES 

et une habileté de narrateur peu communes. L'étude qu'il fait des 
Exercices spirituels et des Règles est particulièrement remarqua- 
ble par la netteté et la profondeur. 

Les qualités aimables et humaines du saint, les menus faits de 
sa vie restent un peu dans l'ombre ; mais les grandes vues, la 
force, la prudence persévérante et l'activité surnaturelle de 
l'homme de gouvernement sont mises en parfaite lumière. L'im- 
pression produite par cette lecture est profonde et durable. 

Malgré ces mérites incomparables et incontestés, l'œuvre de 
Bartoli, traduite dans toutes les langues, n'était connue en 
France que par une traduction vieillie, fautive et considérable- 
ment incomplète. Le R. P. Michel, qu'un long séjour à Rome 
avait familiarisé avec le texte original et avec toutes les finesses 
de la langue italienne, vient de combler ces lacunes et de re- 
dresser ces erreurs. Grâce à son travail de revision scrupuleuse, 
nous aurons désormais le vrai Bartoli. 

Le R. P. Michel ne s'est pas contenté de cette amélioration. 
Mettant h profit les découvertes des hagiographes antérieurs ou 
postérieurs à Bartoli, la volumineuse Correspondance du saint, 
dont les Pères espagnols poursuivent activement la publication, et 
les autres documents historiques peu connus ou mal exploités 
jusqu'à ce jour, il complète ou corrige le récit de l'auteur italien 
par de nombreuses notes jetées à la fin de chaque volume 
et par d'intéressants appendices. Ces deux beaux volumes 
deviennent ainsi une source abondante et sûre où peuvent puiser 
tous ceux qui désirent connaître la vie, l'œuvre et l'esprit de saint 
Ignace de Loyola et de la Compagnie de Jésus. Cette lecture peut 
dispenser de beaucoup d'autres ; peut-être ne serait-elle bien 
suppléée par aucune. 

Une édition en un seul volume in-4 paraît à la même librairie. 
Quelques coupures ont été faites dans le texte, afin de l'abréger; 
mais ces pages ont été remplacées par des illustrations histori- 
ques et artistiques. C'est un excellent livre de prix. 

IL — La mémoire de saint Jean-François Régis est une des plus 
populaires, son tombeau est un des plus glorieux par l'affluence 
des pèlerins et le grand nombre de miracles qui s'y opèrent. 
Parmi les anciennes Vies du grand missionnaire, celle du P. Dau- 
benton est un peu surannée, celle de Daurignac d'allure trop ro- 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 349 

manesque. La nouvelle Vie que vient de publier le R. P. de Curley 
est à la fois plus exacte et plus complète ; elle permet au lecteur 
de suivre pas à pas l'apôtre du Velay et du Vivarais dans sa 
féconde carrière, de surprendre les secrets et les merveilles 
de sa vie sainte et de sa prédication. Nous assistons ainsi à la 
régénération chrétienne d'une partie peu connue de l'ancienne 
France. 

L'auteur ne s'est pas contenté de mettre à contribution, après 
les avoir contrôlées sévèrement, toutes les autres biographies, 
depuis celle que le P. Labroue fit imprimer dix ans seulement 
après la mort du thaumaturge, et dont la traduction latine par le 
P. du Creux, en 1659, est citée dans les débats du procès de ca- 
nonisation. Il a cherché et trouvé de précieux documents pour 
cette nouvelle histoire dans les cartulaircs des abbayes de la 
Grasse, de Saint-Chaffre et de Saint-Sauveur-en-Rue ; dans les 
collections des Archives nationales ; dans les archives départe- 
mentales du Puy, de l'Ardèche et de l'Isère ; dans les archives 
de la Compagnie de Jésus à Rome et en France; à la Bibliothèque 
nationale; enfin dans un assez grand nombre de bibliothèques 
particulières. Il a fait une part plus large aux dépositions origi' 
nales des témoins aux différents procès de béatification. Une con- 
naissance minutieuse des lieux sanctifiés par l'origine, Téduca- 
tion, la vie religieuse, les courses apostoliques et la mort de saint 
Jean-François Régis lui a permis de reconstituer les itinéraires, 
de décrire les sites et de recueillir les traditions. A cette abon- 
dance d'informations sûres, il faut ajouter le mérite d'un style 
simple avec distinction et d'une doctrine élevée. 

Grâce à toutes ces qualités réunies, la lecture de cette dou- 
velle Vie de saint Jean-François Régis est à la fois édifiante et ins- 
tructive. C'est une mine pour l'histoire générale et locale; c'est 
surtout un témoignage vivant et irrécusable de ce que peut l'hé- 
roïsme des saints pour la sanctification des âmes et le relèvement 
d'un pays. 

III. — Rodolphe d'Acquaviva, le chef des cinq Bienheureux 
élevés récemment sur les autels par le Pape Léon XIII, descendait 
de l'antique famille des ducs d'Atri. Son enfance et sa jeunesse 
rappellent, par le charme d'une piété et d'une pureté angéliques, 
l'enfance et la jeunesse de Louis de Gonzague, son parent. Pour 



350 ETUDES 

entrer dans la Compagnie de Jésus il triompha de tous les obsta- 
cles, et fut bien vite un religieux accompli. 

L'enthousiasme pour l'apostolat poussait les enfants d'Ignace 
vers le Nouveau Monde. Saint François de Borgia avait en- 
voyé soixante et un missionnaires au Brésil; les quarante du 
premier convoi furent massacrés à Palma, le 15 juillet 1570, par 
les calvinistes ; les vingt et un du second furent atteints par les 
mêmes hérétiques au moment d'aborder. Sans se décourager, le 
général envoya treize autres Pères. Enflammé par le zèle des 
âmes et par l'espoir du martyre, le P. Rodolphe d'Acquaviva 
sollicita et obtint de partir à son tour pour ces pays lointains 
où les chrétientés fleurissaient dans le sang des apôtres. Pour 
toute ressource il emportait sur son cœur une image de Notre- 
Dame. 

Après un court enseignement au collège de Saint-Paul de Goa, 
dans l'Inde portugaise, le nouveau venu fut envoyé comme supé- 
rieur en Mongolie, dont le fameux roi Akbar réclamait des mission- 
naires. L'accueil du monarque dans sa capitale de Fatehpour fut 
cordial et fastueux. La courtoisie, la grandeur d'âme et la sain- 
teté du P. Rodolphe conquirent d'abord l'admiration et l'affec- 
tion d'Akbar ; mais l'austérité du christianisme effraya cette nature 
sensuelle. Les épreuves et la persécution succédèrent à la faveur. 
Après avoir tenté les derniers efforts, l'apôtre fut rappelé et 
chargé de la mission de Salsette. C'est là qu'il conquit la palme 
du martyre, à l'âge de trente-trois ans. Quatre de ses frères et 
plusieurs chrétiens mêlèrent leur sang au sien. 

Le livre où le P. Suau raconte pour la première fois en fran- 
çais la vie et le martyre du P. Rodolphe d'Acquaviva n'est pas 
seulement édifiant par l'héroïsme du héros ; il est intéressant par 
la variété que l'écrivain a su y mettre, instructif par les docu- 
ments qu'il y a fait entrer. Dans la première partie, nous péné- 
trons dans l'intérieur d'une grande famille italienne de ce 
seizième siècle si brutalement calomnié par le roman et le théâtre. 
Dans la dernière partie, nous voyons à l'œuvre et en détail les 
successeurs de saint François Xavier. On oublie trop souvent, 
lorsqu'on exalte les conquêtes des missionnaires, ce qu'elles ont 
coûté de patience, de sagesse, de sueurs et de sang. Ce n'étaient 
pas seulement le soleil, le climat et les bêtes sauvages qui étaient 
meurtriers dans ces contrées où les croyances, les usages, les 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 351 

mœurs et les races différaient entièrement de ce que l'on con- 
naissait et de ce que l'on voyait en Europe. 

Ce volume, écrit d'une main alerte et fine, ajoute au mérite ha- 
giographique et littéraire une véritable valeur historique. La 
sainteté vivante nous attire davantage quand elle brille dans une 
nature exquise; la sainteté décrite gagne également à être ra- 
contée dans une langue pure et lumineuse. Le bienheureux 
Rodolphe dAcquaviva jouit de ce double privilège. 

ET. CORNUT, S. J. 

Galerie illustrée de la Compagnie de Jésus. Album de 
kOO portraits choisiSy suivis de courtes notices^ publiés 
par le P. Alfred Hamy, de la môme Compagnie, et parais- 
sant par séries annuelles de 50 portraits et notices. Paris, 
chez l'auteur, 14 bis, rue Lhomond. Tome L In-4 raisin, 
pp. 32, et 50 planches imprimées sur papier de luxe. Prix : 
31 francs net par volume et par an. 

Nous sommes heureux de signaler cette intéressante publica- 
tion à nos lecteurs. En général, les grands religieux dont leurs 
frères ont tenu à conserver l'image et le souvenir <c à l'aide du 
marbre, de la toile ou du burin », sont bien dignes de fixer nos 
regards. Que de services n'ont-ils pas rendus à la religion, à 
l'humanité, aux lettres et aux sciences I Et combien d'entre eux 
n'ont pas été mêlés aux plus mémorables événements de leur 
siècle! D'ailleurs, souvent des artistes célèbres ont prêté leur 
crayon ou leur burin pour faire passer les traits de ces hommes 
de bien à la postérité. Par suite, aux divers points de vue de 
l'histoire générale et de l'histoire de l'Église et des pays parti- 
culiers, de l'hagiographie, de l'histoire littéraire et même de 
l'art, toute œuvre où doivent revivre sous nos yeux les gloires 
monastiques piquera la curiosité d'un nombreux public. En ce 
qui concerne la Compagnie de Jésus, par un privilège spécial, 
les rangs des curieux se grossissent encore d'une foule d'adver- 
saires également désireux de pénétrer dans les mystères de son 
histoire. 

Les portraits de la Galerie illustrée sont publiés suivant l'ordre 

alphabétique des noms des personnages. Le R. P. Hamy promet 

de donner plus tard des tables fchronologiques et topographi- 

» ques qui permettront à ceux qui le désireront de distribuer la 



352 ÉTUDES 

collection dans tout autre ordre logique. Le grand nombre 
d'hommes réellement illustres et de portraits remarquables 
qu'offre déjà le premier volume, quoique le choix fût limité à la 
lettre A et à une partie de B, suffit à faire prévoir qu'il y aura 
dans cette publication considérable, jusqu'à sa fin, largement de 
quoi satisfaire même une attente exigeante. 

Parmi les personnages les plus marquants, nous signalerons: 
Almeida et Anchieta, tous deux apôtres du Brésil, le second 
Vénérable et célèbre par le don des miracles dont il a joui pen- 
dant une longue et féconde carrière ; Antoine, Becan et Bellarmin, 
théologiens dont le nom et l'autorité sont souvent invoqués ; 
Andrès et Bettinelli, littérateurs de mérite ; Baudrand, Berthier, 
Binet et Bouhours, écrivains français, élégants, solides et pieux; 
Abad, Balde et Bondi, poètes latins justement estimés; Alegre, 
Balbinus et Bartoli, historiens de la meilleure école; Boscowich, 
astronome, poète et philosophe ; Jean Arnoulx, Edmond Auger, 
Nicolas Beauregard, Bobadilla, apôtres et orateurs. Avec eux, pa- 
raissent tout empourprés de leur sang, versé en haine de la foi, 
le bienheureux Ignace de Azévédo, massacré et jeté dans les flots, 
avec trente-neuf autres religieux, par ordre de Jacques Sorel, 
huguenot ; Rodolphe Acquaviva et ses quatre compagnons, mar- 
tyrisés à Coculim(île de Salsette), dont la béatification vient d'avoir 
lieu; Baker {yerè Lewis) et Barrovv^ (aZms Waring), suppliciés à 
Tyburn, près de Londres; Beudin, de Gravelines (Nord), mis à 
mort au Mexique; Boddens avec Pasman et Nottyn, cruellement 
torturés et exécutés à Maestricht ; Charles Borango, percé de 
flèches aux Philippines par les païens ; Antoniewicz de Bolacz 
et Jean de Bisthoven, victimes de leur charité au service des 
malades, en temps de contagion. A la tête de tous, nous distin- 
guons, entourés de l'auréole, saint François de Borgia et saint 
Jean Berchmans. Que d'illustrations dans des voies si différentes ! 

Il va sans dire que toutes les figures qui passent ainsi sous nos 
yeux ne sont pas des types de beau idéal. Il n'était pas permis 
de corriger les défauts des originaux ou l'inhabileté des artistes 
qui les ont dessinés ; et, si riche que soit l'admirable collection for- 
mée par le R. P. Hamy en vue de ce grand travail, il avoue modes- 
tement n'avoir pas toujours eu de très bons exemplaires pour ses 
reproductions. Somme toute, cependant, même les simples ama- 
teurs d'art trouveront fréquemment à se délecter dans cette pre- 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 353 

mière série. Ace point de vue de l'art, on doit citer les belles 
estampes d'Almeida, de Claude Acquaviva, d'Henri Van Alke- 
made, de saint Jean Berchmans, de saint François de Borgia, etc., 
gravées par des maîtres tels que les Wierx, François Poilly, 
Habert, Michel Lasne, P. Danoot, etc. Plusieurs de ces pièces 
sont magistrales. Que de recherches n'a-t-il pas fallu pour les 
réunir, et de soins pour en assurer la reproduction et en diriger 
les retouches ! Et puis, ne convient-il pas d'ajouter que plusieurs 
portraits, comme Arnoulx, Anchieta et Becan sont inédits ? D'au- 
tres sont de la dernière rareté, par exemple, R. Acquaviva, dont 
on ne connaît pas plus d'un exemplaire; Borango et Boddens, 
dont on ne signale plus que deux estampes. 

Toutes les planches de la série sont exécutées d'une façon 
qui a déjà valu au R. P. Hamy, nous le savons, les vifs compli- 
ments des connaisseurs. Son œuvre soutient la comparaison avec 
les meilleures productions de l'héliogravure contemporaine. 

Nous ne dirons qu'un mot du texte. L'introduction fait très 
clairement connaître le plan, les difficultés et les ressources de 
l'entreprise. Les notices biographiques donnent sur tous les per- 
sonnages les renseignements essentiels, et renferment, dans leur 
sobre concision, bien des indications qui ont souvent coûté à 
l'auteur beaucoup de recherches. 

Enfin, le prix de cette belle publication est très modéré, oa 
pourrait dire modique au regard de ce qui est demandé pour 
d'autres similaires. Nous souhaitons que les souscripteurs, par 
leur nombre, dédommagent l'éditeur de ses frais et lui prouvcn* 
les sympathies que son œuvre mérite à un si haut degré. 

J. B., S. J. 

Marie-Nicolas Fournier, évêque de Montpellier^ baron de la 
Contamine, surnommé le Père des pauvres^ par M. le cha- 
noine Ferdinand Saurel. Ouvrage orné d'un portrait de 
Mgr Fournier et d'un fac-similé de son écriture. Mont- 
pellier, Charles Boehm. In-4, pp.xi-454-Li. 

M. le chanoine Saurel a voulu, dans l'étude dont il a publié la 
seconde édition, être à nouveau l'interprète des sentiments de 
vénération et d'affection que le diocèse de Montpellier conserve 
pour la mémoire de Mgr Fournier. C'est pourquoi il s'est muni 
de tous les documents, dont beaucoup avant lui étaient inconnus, 



354 ÉTUDES 

pour être à la hauteur de sa tâche. Grâce à ses longs et in- 
telligents efforts, et avec l'aide des concours dévoués auxquels il 
avait fait appel, on peut dire en toute vérité que ce livre est un 
monument. Il se divise en trois parties. La première est relative 
à Marie-Nicolas Fournier avant son épiscopat (1760-1806), la 
seconde traite de son épiscopat jusqu'à la première Restauration 
(1806-1814), la troisième va de cette dernière date jusqu'à 
l'année 1834, époque de sa mort. Un précieux appendice ren- 
ferme vingt-six pièces, et une très bonne table des matières ter- 
mine le volume. Au bas de ses pages, l'auteur cite les sources 
qu'il a « fait jaillir de la nuit du passé pour enrichir le courant des 
traditions conservées jusqu'à nous ». Ainsi s'exprime l'éminent 
évêque de Montpellier, Mgr de Cabrières, dans une lettre élo- 
gieuse adressée à l'auteur. En outre, des notes savantes donnent 
souvent des éclaircissements utiles et complètent le texte. 

Nous ne pouvons songer à une analyse de ce travail : elle dépas- 
serait de beaucoup l'espace dont nous pouvons disposer. Qu'il 
nous suffise de jeter sur les trois parties de ce volume un coup 
d'œil rapide. 

Marie-Nicolas Fournier naquit à Gex de parents médiocrement 
doués des dons de la fortune. Indépendant et opiniâtre dans son 
enfance, il avait une vive intelligence et la passion de discourir ; 
il n'était pas rare qu'il entrât dans une église vide de fidèles, 
pour monter dans la chaire et prononcer des allocutions. Aussi 
fut-il toute sa vie orateur ardent et assidu, ami de l'étude et de 
la science ; il avait, disait de lui le cardinal Fesch, « la fièvre de 
la prédication ». Son éloquence était tour à tour entraînante et 
suave ; sa haute taille, son port majestueux, ajoutaient à la 
puissance de sa parole. Successivement grand vicaire d'Auch, 
de Toulouse et de Troyes, il étonnait et charmait partout ses 
auditeurs. La véhémence de sa franchise sur les horreurs de 
la Révolution le fit dénoncer au premier consul par l'ex-terro- 
riste Fouché, ministre de la police. « Traitez-le comme un fou, » dit 
Bonaparte ; en effet, il fut enfermé à Bicêtre avec les fous, puis 
à la citadelle de Turin avec les galériens, et dans ces deux pri- 
sons il subit des traitements atroces. 

Le cardinal Fesch intervint pour lui rendre la liberté. Bientôt 
il rentra dans les bonnes grâces du premier consul, et d'abord 
chapelain, puis aumônier du chef de l'État, il fut nommé par lui 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 3Ï5 

à l'évêché de Montpellier, comprenant deux départements et 
huit diocèses. Quel fut l'immense labeur de Mgr Fournier, et 
quels services rendit son épiscopat, c'est ce que l'auteur explique 
dans ses récits attachants. Le digne prélat rencontrait des obs- 
tacles qui eussent découragé une âme moins énergique. Il 
succédait à Mgr Romanet, brutalement évincé de son siège par 
l'empereur, et de tous côtés des ruines se présentaient à son 
zèle. Heureusement il avait, pour le seconder, les conseils affec- 
tueux et éclairés de son cousin, M. Emery, supérieur général de 
Saint-Sulpice. 

Sous l'influence du cardinal Fesch, grand aumônier, il fit 
preuve d'un dévouement continu à l'empereur. Il donna son ad- 
hésion au divorce de Napoléon, improuvé par le Pape, dont le 
' cardinal-légat n'imita pas l'attitude ; il applaudit à la naissance 
de celui qui fut appelé roi de Rome. Ensuite vinrent les mauvais 
jours : Mgr Fournier perdit M. Emery; la persécution religieuse, 
la captivité du Pape, l'orgueil sans limites de Napoléon, mirent 
la conscience de l'évêque à une rude épreuve. M. Saurel expose 
d'une plume discrète et sans faiblesse de tristes événements : la 
participation de Mgr Fournier aux démarches faites par plusieurs 
évéques auprès du Pape, dans un but de conciliation canonique, 
son éloge du prétendu concordat de Fontainebleau, sa présence 
au concile dit national dont il fut l'un des secrétaires, la disgrâce 
qui honora sa fermeté, son discours du 15 août 1812, dont 
l'exorde célébrait les grandeurs du maître de PEurope. En tout 
cela l'auteur ne cache rien, et il n'est pas nécessaire de lire entre 
les lignes pour saisir l'indépendance de ses jugements. Certes, 
Mgr Fournier n'était ni courtisan ni ambitieux, bien qu'il ait été 
nommé baron de l'Empire et chevalier de la Légion d'honneur; 
mais outre qu'il était lié par sa malencontreuse situation d'au- 
mônier qu'il déplorait, il espérait toujours amener doucement 
Napoléon h résipiscence ; et puis, il faut le dire, il subissait 
comme tant d'autres, dans une certaine mesure, le charme du 
génie et de la gloire du maître, non toutefois sans l'avertir le 
vendredi saint de ses devoirs envers le Pape, sans témoigner au 
saint Pontife son obéissance et sa douleur. 

La terrible tyrannie des dernières années de l'Empire lui fut 
un enseignement et une lumière; de là sa chaleureuse adhésion à 
la monarchie restaurée et ses justes sévérités contre le despo- 



356 étude;s 

tisme impérial. La catastrophe des Cent Jours n'ébranla pas sa 
fidélité. Plus tard, le gallicanisme parlementaire du pouvoir le 
trouva inflexible. Il fut néanmoins fort engagé dans le gallicanisme 
théologique, et il prit une grande part à la déclaration des évêques 
(1826). En revanche, sa perspicacité sut découvrir, dans le pre- 
mier volume de V Essai sur l' indifférence en matière de religion^ 
les germes du faux et dangereux système philosophique de La- 
mennais, qui fit tourner tant de jeunes têtes. Sous la monarchie de 
Juillet, qui n'obtint rien de sa conscience au-delà du strict de- 
voir, il eut l'intelligence et le courage d'adresser au Pape, avec 
d'autres évêques, une protestation contre les doctrines révolu- 
tionnaires de y Avenir, présage de la chute du grand écrivain. 

L'espace nous manque pour décrire, de 1814 à 1834, les tra- 
vaux apostoliques de Mgr Fournier. Ils embrassèrent tous les 
besoins religieux de son diocèse. Comme toujours, il se fit mis- 
sionnaire infatigable et paya sans cesse de sa personne comme 
orateur et administrateur. Il faut lire les détails de cette régéné- 
ration religieuse à laquelle eurent une grande part l'immense 
charité du prélat, constamment tout à tous, et l'éclat de ses 
autres vertus. 

En racontant cette vie avec impartialité, M. le chanoine Saurel 
a fait un beau livre et une bonne action. Un desideratum seu- 
lement : dans ses éditions ultérieures, ne pourrait-il pas pré- 
férer un format plus commode que rin-4? 

G. GANDY. 

Le Général d'Andigné (1765-1857) et ses Mémoires inédits, 
par M. l'abbé Alexis Grosnier, secrétaire de la Revue des 
Facultés catholiques d^ Angers. Angers, Lachèse, 1893. In-8, 
pp. 90. 

Le général d'Andigné était bien de la race et de la taille des 
« géants ». Né sous le règne de Louis XV, mort vers le milieu du 
règne de Napoléon III, il semblait, a écrit M. de Pontmartin, un 
« portrait d'ancêtre égaré au milieu d'une génération rapetissée ». 
Aussi la publication de ses Mémoires, qu'on nous annonce, sera- 
t-elle une bonne fortune pour les historiens de l'émigration et de 
la chouannerie; disons, et pour tous les lecteurs. Déjà le travail 
par lequel M. l'abbé A. Crosnier prélude à cette publication est 
d'un merveilleux intérêt. 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 357 

Le savant professeur, rédacteur de la ReOue des Facultés d'An- 
gers, a « étudié à loisir les Mémoires où le chef vendéen raconte 
les années de sa jeunesse, ses campagnes dans la Vendée et dans 
le Craonnais, 1815 et 1832, ses prisons si nombreuses et si dures, 
ses évasions audacieuses et incroyables » (p. 2). C'est à la suite 
de cette étude qu'il nous trace, d'une plume sûre et alerte, de 
ce vaillant « ancêtre » un portrait plein de vie, une biographie 
pleine d'entrain, qui captive l'attention, saisit l'âme, la remue, 
la relève, la fortifie. On se sent moins disposé à désespérer de 
l'avenir, quand on rencontre de tels hommes dans un passé qui 
est si peu loin de nous. V. DELAPO RT E, S. J. 

I. — Registres, lettres et notes d'une famille péronnaise, 
par François Fursy et Henri Dabot. Péronne, E. Quentin. 
In-12, pp.84. 

n. — Lettres d'un lycéen el^d'un étudiant de 1847 à 1854, 
par Henri Dabot. Péronne, E. Quentin. In-12, pp. 120. 

Ces deux livres se complètent l'un l'autre. C'est l'histoire d'une 
bonne famille péronnaise au dix-neuvième siècle. Nos arrière- 
neveux la liront avec plaisir ; ils verront qu'à côté de la société 
gangrenée dont Panama nous révèle les laideurs, il y avait une 
France honnête. Le livre de raison, nous devons l'avouer, serait 
un peu froid et maigre, sans le commentaire dont l'accompagne 
l'éditeur. 

Nous préférons à cette première partie, tout instructive qu'elle 
est, les lettres du lycéen et de l'étudiant. 

Le lycée est en 1848 ce qu'il est aujourd'hui. On y fait parfois 
plus de politique que de rhétorique. Et cependant la faute n'en 
est pas toute aux professeurs. En dehors même de TUniversité, 
on connaît les Lemaire et les Despois. Mais que de causes de 
distractions ! Sans parler du Prophète, dont la musique tourne 
toutes les tètes (p. 41), l'émeute trouble les classes ; le 16 mai 1848, 
il y a peu d'externes en rhétorique ( p. 27) : ils sont dans la garde 
nationale. M. Dabot fut plus sage ; il fit ce qu'on doit faire au 
collège : il travailla, et le succès couronna ses efforts (p. 42). 

On aime h suivre l'étudiant ; il passe d'un cours de Michelet 
(p. 57) — qu'il applaudirait moins volontiers aujourd'hui — 
au pied de la chaire de l'abbé Combalot, du P. Lacordaire, du 



358 ÉTUDES 

P. de Ravignan, qu'il aime à visiter dans sa petite chambre 
(p. 65) ; il se délasse du droit en assistant aux expériences de 
Foucault ( p. 71) ou en fréquentant les conférences de Saint-Vin- 
cent de Paul. 

Le lecteur, au plaisir qu'il prend à lire ces pages jeunes et 
franches, comprend le charme qu'un sexagénaire goûte à revoir 
les années de sa jeunesse, dont il n'a point h rougir. Ces souve- 
nirs sont intéressants même pour d'autres que ceux auxquels ils 
sont surtout destinés, même pour ceux qui n'ont pas connu l'au- 
teur et le milieu où il a vécu. CH. PERROT., S. J. 

Joseph Kerviler. Souvenirs d'un vieux. capitaine de frégate^ 
publiés par son fils. [Campagne du Levant^ 1826-29. ) Paris, 
Champion, 1893. In-18, pp. 272. 

Mon voyage dépeint 
Vous sera d'un plaisir extrême. 
Je dirai : « J'étais là j|telle chose m'avint. » 
Vous y croirez être vous-même. 

Il semble que M. René Kerviler, l'éditeur des Souvenirs d'un 
vieux capitaine de frégate, aurait pu leur donner comme épi- 
graphe cette parole de notre bon fabuliste. 

A la suite du jeune officier français, en effet, nous croyons être 
nous-mêmes au milieu de ce fameux Archipel qu'il parcourt dans 
tous les sens, tant la narration est limpide, franche, animée. Avec 
lui, c'est un plaisir, sinon extrême^ du moins fort vif, de saluer 
du pont d'une belle corvette ces lieux dont les noms nous sont 
familiers depuis si longtemps, Athènes et Naxos, Délos et Smyrne ; 
de visiter, dans de fréquentes descentes à terre, les ruines de l'an- 
cienne Syracuse, du temple d'Apollon, non loin du Cinthe, tous 
les vestiges de l'art merveilleux des Grecs. Ces courses et ces 
excursions paraîtront peut-être un peu monotones aux distraits; 
les lecteurs sérieux ne prendront point garde à ce petit défaut. 

Mais voici que le tableau se fait plus grandiose. Nous sommes 
dans le golfe de Navarin, en présence de la flotte turque : bientôt 
nous entendons les cris de victoire de nos marins, les hourrahs 
de triomphe de nos alliés d'outre-Manche. Un peu plus tard, c'est 
l'écroulement des murs de Patras, sous les coups de nos canons, 
qui frappe nos oreilles. 

Cette campagne du Levant du vieux capitaine n'est donc pas 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 359 

seulement intéressante, elle est instructive. De larges esquisses 
de classiques légendes et d'histoire moderne nous y sont présen- 
tées, tracées avec exactitude et précision. 

Nos humanistes et nos rhétoriciens spécialement liront ces 
pages avec utilité, et je voudrais les voir entre les mains de tous, 
n'étaient çà et là quelques lignes assez facilement excusables dans 
la bouche d'un officier de marine, mais trop gaillardes, à mon 
sens, pour déjeunes imaginations. 

Cette légère réserve n'empêche pas que nous n'attendions avec 
impatience la suite promise de ces Souvenirs. 

P. BLIARD, S. J. 

Une âme de prêtre. Histoire intime : Vabbé C.-A. Estève^ du 
clergé de Bordeaux, par l'abbé Haudet, avec une lettre de 
S. G. Mgr l'archevêque de Bordeaux. Paris, Tolra, 1893. 
In-8, pp. xii-258. Prix : 2 fr. 50 ; franco^ 3 francs. 

Cette âme de prêtre fut, avant tout, une âme dévouée et souf- 
frante. Tendre et sensible même à l'excès, constamment tour- 
menté par le brûlant désir de se donner tout entier aux âmes, et 
sans cesse arrêté dans le généreux élan de son zèle par la maladie 
et l'épuisement progressif de ses forces physiques, l'abbé C.-A. 
Estève, tour à tour professeur au petit séminaire et aumônier 
de pauvres orphelines, se consuma rapidement, dans d'obscurs et 
féconds labeurs, au service et à la gloire de Dieu. Il n'avait pas 
quarante ans quand il mourut (1891). 

L'abbé Haudet avait particulièrement connu les luttes intimes, 
la sainte tristesse et les crucifiantes ardeurs du pieux et jeune 
prêtre qui fut son ami. Aussi a-t-il voulu que nous puissions 
lire à notre tour au fond de cette âme généreuse, si travaillée et 
si aimée de Dieu. De là, non pas una biographie proprement dite, 
mais une histoire intime de l'abbé Estève, et comme une esquisse 
faite à grands traits, de sa douce et loyale figure. M. Haudet a mis 
à tracer ce portrait tout son cœur de prêtre et toute son âme 
d'apôtre. Nous ne pouvions faire de son livre un meilleur éloge. 

A. H., S. J. 

Lettres sur l'Inde, par Mgr Laouênan , de la Société des 
Missions étrangères, archevêque de Pondichéry, publiées 
par Adrien Launay, de la même Société. Paris, Victor 



360 ÉTUDES 

Lecoffre, 1893. In-8, pp. xii-296, avec 1 carte, 1 portrait 
et des gravures. 

L'Inde est si peu connue en France que nous devons être 
vivement reconnaissants à M. A. Launay d'en vulgariser l'étude 
par la publication des lettres, très intéressantes d'ailleurs, d'un 
de ses confrères devenu évêque de Pondichéry. L'ouvrage est 
orné d'un portrait et de nombreuses gravures, qui, bien que 
tirées, croyons-nous, du journal les Missions catholiques^ n'en 
sont pas moins utiles à l'illustration du texte et agréables à exa- 
miner. 

L'évêque raconte ses voyages dans diverses parties de la grande 
péninsule gangétique, et nous donne les origines de certains noms 
que nous n'avions pas encore trouvées ailleurs ; par exemple, 
Comorin dériverait de Cama Comari « la jeune vierge ». Nous y 
avons aussi appris que le grand peigne porté par les hommes à 
Ceylan est un vestige positif de l'occupation de l'île par les Hol- 
landais. 

L'évêque, tout en blâmant les Anglais d'avoir « répandu parmi 
les idolâtres la persuasion que les infamies de leurs pratiques 
sont aussi légitimes que la religion chrétienne », les loue de 
leur respect pour les croyances de leurs soldats catholiques, 
qui sont souvent conduits à la messe du dimanche par leurs offi- 
ciers protestants. Il compare cette pratique avec celle de nos 
soldats dans les colonies françaises, où « un sot respect humain 
empêche la plupart de professer leurs sentiments ». Notons en 
passant, surtout dans les noms anglais et indiens, quelques 
erreurs d'orthographe : ainsi civiliens pour ciçilians, Shah Jehan 
pour Schah Jehan, Rajpontama pour Rajpoutana, Janma pour 
Jumna. Il sera bon de les faire disparaître dans la prochaine 
édition, que nous souhaitons d'ailleurs sincèrement à cet ouvrage, 
tout d'édification et d'instruction. A. -A. FAUVEL. 

La France armée. L'Officier et le soldat. Paris, Perrin, 1893. 
In-12, pp. 83. 

J'ignore votre âge et votre grade, mais vous êtes certainement 
jeune d'esprit et de cœur, vous, Monsieur, qui avez versé dans 
cette courte brochure vos illusions et vos espérances de soldat. 

Et vous ne pensez pas seulement, dans vos veilles de quartier, 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 361 

à l'instruction militaire de vos hommes, vous méditez sur ce rôle 
social de l'officier, dont on commence à se soucier, maintenant 
que toute la nation passe devant lui. 

Votre idée d'une France armée modèle, forte nourrice dont 
paysans, artisans et bourgeois suceront le lait pendant les trois 
années d'allaitement légal , est bien séduisante et mérite une 
place honorable dans la galerie des solutions de la question so- 
ciale. 

Après le maître d'école (nous ne parlons plus du curé, n'est- 
ce pas, M. Ferry et la laïque l'ont démonétisé!) voici l'officier 
catéchiseur de haute morale civique et guerrière, unifiant le peu- 
ple et la bourgeoisie, l'ouvrier et le patron, Montmartre et le 
faubourg Saint-Germain, et conduisant par escouade et peloton 
notre jeunesse rustique et urbaine à cet état idéal des fraternels 
et durables embrassements ! 

Et comme votre recette est simple pour assurer à l'officier tous 
les bénéfices de ce magnifique emploi de ses facultés et de son 
autorité ! Se faire adorer de ses hommes, tout est là ! Chef et 
père, ce modeste capitaine qui passe dans la rue, à peine re- 
gardé par l'enfant qu'éblouit l'or de son dolman, grandit sou- 
dain et prend des proportions de patriarche antique et de fonda- 
teur de peuples. 

J'en suis convaincu, vous avez gagné vous-même cette confiance 
et cet amour du soldat ; vous en parlez en termes trop émus et 
trop fiers pour qu'on ne vous rende pas l'hommage que vous 
voudriez voir rendre à tous vos camarades. Mais je suis sûr aussi 
de votre tristesse cachée, quand vous jetez les yeux autour de 
vous dans ce monde militaire, fermé jadis, aujourd'hui partie 
intégrante de la nation. Pour être éducateur il faut être élevé ^ 
et croyez-vous que, tel qu'il est, notre corps d'officiers, si dé- 
voué, si brave, si prêt aux suprêmes sacrifices, soit aussi préparé 
à ce rôle de réformateur ? Les hommes de vingt ans qu'il reçoit 
déjà faits, modelés par leurs habitudes locales et la main de 
l'instituteur, sans compter la bonne parole de nos journalistes, 
qui sont plus que tout autre des éducateurs, et quels éducateurs ! 
ces hommes, qu'il faut d'abord débrouiller au point de vue phy- 
sique, à qui l'on doit inculquer l'esprit d'obéissance et de disci- 
pline, et dont on fait des soldats en trois courtes années, bien 
remplies par une lourde progression d'exercices et de manœu- 

Bibliographie, IV. — 24 



362 ÉTUDES 

vres; ces hommes-là, uniformisés par la tenue et la place dans le 
rang, croyez-vous qu'il soit possible de toucher profondément 
leur âme et leur cœur, et de les renvoyer dans leurs milieux, à 
leurs occupations, imbus pour toujours d'une doctrine sage et 
moralisatrice qui épargnera désormais au pays les erreurs et les 
catastrophes ? Ah ! si vos éducateurs étaient parfaits et persévé- 
rants, peut-être ce beau rêve se réaliserait-il? Mais l'officier sort 
du peuple, et, quelle que soit sa valeur intellectuelle, il participe 
de l'état général de la nation. Donnez à cet officier une haute 
éducation, — et si je n'étais restreint dans mon analyse, je voudrais 
montrer que cette éducation de l'officier se fait surtout par les 
chefs, de grade à grade et d'âge à âge, — qu'il soit une élite, alors, 
oui, il pourra élever, former la nation. D'ici-là, contentons-nous 
de produire de bons soldats, confiants dans la valeur militaire 
de leurs chefs et dans les destinées de la patrie ; louons-nous des 
quelques dévouements isolés, des quelques braves gens que dans 
le tas nous aurons réussi à perfectionner. C'est à ce titre d'ail- 
leurs que votre brochure est recommandable, et que, s'il était en 
notre pouvoir, nous la mettrions avec les bouquins bleus qui 
courent nos casernes. Elle ne peut que faire du bien, alors même 
qu'elle ne produise pas toute cette transformation dont vous vous 
faites l'apôtre ardent et convaincu. GABI. 



LITTERATURE 

ROMANS 

Le Latin mystique. Les Poètes de V antiphonaire et la sym- 
bolique au moyen âge^ par Remy de Gourmont. Préface de 
J.-K. HuYSMANs. Dessin de Filiger. 2^édition. Paris, Vanier, 
1892.In-8,pp.xvi-378. 

Du troisième au quatorzième siècle, deCommodien à Jacopone 
de Todi, ce fut une éclosion presque ininterrompue de poètes 
chrétiens. Hélas ! en dehors d'un petit cercle d'érudits, quels 
lecteurs trouvent-ils ? Indifférence, oubli, dont M. de Gourmont 
s'indigne, et a bon droit. Son livre est l'histoire de la poésie reli- 
gieuse latine jusqu'à la fin du moyen âge, jusqu'aux années où se 
prépare la renaissance païenne du seizième siècle. 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 363 

L'ouvrage de M. de Gourmont est plein de science et d'érudi- 
tion. Tout n'est pas aussi nouveau et inconnu que semble parfois 
le penser l'auteur; il n'est pas moins vrai qu'en sa compagnie 
l'on apprend beaucoup. La nomenclature des écrivains et de 
leurs œuvres est très complète ; mais il y a mieux. Si les versifica- 
teurs de moindre marque obtiennent seulement quelques lignes, 
aux poètes principaux et aux œuvres plus remarquables, M. de 
Gourmont consacre de larges études avec nombreuses et longues 
citations. Indiquons de préférence les chapitres sur Adam de 
Saint-Victor et saint Thomas d'Aquin, sur saint Bonaventure, sur 
le Dies irse, le Stabat Mater. 

Dans l'éloge il est pourtant des réserves à faire. Certains poètes 
chrétiens, en attaquant l'impureté, sont d'une crudité de langage 
que leur temps peut, sinon justifier, du moins excuser. Pourquoi 
M. de Gourmont cite-t-il de préférence et tout au long ces pas- 
sages scabreux ? S'est-il rendu compte de l'effet qu'ils devaient 
produire, isolés du contexte qui relève l'âme, épure l'impression 
et ne montre le vice que pour faire rougir le pécheur ? Encore, 
si M. de Gourmont laissait sur des tableaux énergiques sans 
doute, mais trop réalistes, le voile du latin ! Tout au contraire, 
traductions et commentaires les mettent en plein jour. La galerie 
est riche, mais trop souvent il faut baisser les yeux et passer à 
grandes enjambées. Je ne juge point les intentions de l'auteur; 
on peut toutefois lui souhaiter plus de délicatesse. La pruderie 
est un ridicule; la pudeur, une vertu. 

Autre reproche. M. de Gourmont serait-il un simple dilettante 
d'art chrétien, au lieu du croyant que fait supposer la préface 
de M. Huysmans ? J'aime mieux mettre au compte de l'erreur et 
d'une misanthropie chagrine certaines propositions fausses ou 
malsonnantcs, certaines boutades injustes et fort déplacées. 

M. de Gourmont appartient, et s'en fait gloire, \ l'école déca- 
dente, bien qu'il rejette le mot. Les initiés peuvent trouver étin- 
celant de beautés son style plein « de rutilances fauves et saphy- 
riennes », de barbarismes, de phrases boiteuses, d'images d'un 
goût très peu douteux ; les profanes comme moi trouveront 
que l'auteur gagnerait à parler français, et que son idéalisme ne 
perdrait rien à moins emprunter au langage matérialiste. Quand 
les poètes chrétiens mettent en pièces la syntaxe de Cicéron, la 
métrique d'Horace et de Virgile, M. de Gourmont trépigne de 



364 ÉTUDES 

joie; il trouve aux barbarismes et solécismes une particulière sa- 
veur. Chez ces poètes, fils de barbares, la langue latine commence 
à ofiFrir les séductions de la décomposition stylistique;... leur 
mauvais goût est délicieux ( différence avec celui des décadents). 
Pour peu, le mérite des auteurs serait en proportion directe des 
fautes qui « constellent » leurs ouvrages. Heureusement, chez les 
poètes chrétiens, il y a d'autres « beautés ». M. de Gourmont les 
admire et les fait admirer. Pourquoi les bizarreries de l'écrivain 
font-elles payer si cher ce que l'on apprend avec l'érudit ? 

E. CHAREL, S. J. 

I. — Études sur le seizième siècle, par Pierre Gauthiez. 
Paris, Lecène, 1893. In-12, pp. xviii-340. Prix : 3 fr. 50. 

II. — Montaigne, par Paul Bonnefon, bibliothécaire à l'Ar- 
senal. Bordeaux, G. Gounouilhou, 1893. In-8, pp. xiii-502. 
Prix : 15 francs. 

III. — Le Comte Joseph de Maistre et sa famille (1753-1852). 
Études et portraits politiques et littéraires^ par M. de Les- 
CURE. Paris, Chapeliez, 1893. In-12, pp. 442. Prix : 4 francs. 

IV. — Heures d'histoire, par le vicomte E. Melchior de Vo- 
gOé, de l'Académie française. Paris, Armand Colin, 1893. 
In-12, pp. 362. Prix : 3 fr. 50. 

I. — Les trois études que M. Pierre Gauthiez consacre à Rabe- 
lais, à Montaigne et à Calvin rappellent la manière tapageuse de 
Paul Albert, ce professeur de Sorbonne qui se flattait d'avoir bien- 
tôt fait le tour des idées de Bossuet. L'auteur estime qu'il faudrait 
retremper l'esprit et la langue de France aux sources vives qu'il 
vient de montrer. Il se trompe; on n'est jeune qu'une fois, et le 
besoin d'un bain de boue ne se fait guère sentir. Ce qui manque 
à nos écrivains, c'est la hauteur delà raison, la dignité du carac- 
tère, la fermeté du bon sens, l'équilibre de puissances bien or- 
données. Ces grandes choses ne se trouvent pas où l'on nous 
invite à les chercher. Le vrai remède à l'anémie intellectuelle et 
à la fièvre morale qui nous minent est dans le catéchisme plutôt 
que dans les boufiPonneries du triste curé de Meudon, ou dans la 
philosophie sceptique du maire de Bordeaux, si prompt à fuir 
devant la peste. Quant à Calvin, qui s'avisera de le lire ? Ce qu'il 
y a de logique et de vrai dans l'Institution chrétienne se trouvait 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 365 

depuis longtemps dans tous les manuels de théologie catholique ; 
c'est une erreur de croire qu'il invente ce qu'il ne fait que répé- 
ter en le dénaturant. Au reste, M. Pierre Gauthiez connaît les au- 
teurs dont il parle et leurs alentours ; son style ne manque ni 
d'entrain ni d'éclat, et "il ne se fait pas trop d'illusions sur la 
vertu de ses modèles ; mais il gâte soa érudition biographique et 
ses jugements littéraires par un ton léger et des préjugés qui dé- 
noncent l'esprit étroit et la philosophie courte d'un libre-penseur. 

II. — Les auteurs du seizième siècle ont pris place dans les 
programmes universitaires de la licence et même du baccalauréat, 
Montaigne et Rabelais au premier rang. II est pourtant difficile 
d'imaginer un dissolvant plus actif et plus infaillible que le 
scepticisme cynique de l'un et de l'autre; c'est pourquoi l'intro- 
duction et le maintien de Gargantua et des Essais dans le cata- 
logue des livres imposés h l'enfance studieuse est une de^ mons- 
truosités de ce temps où l'éducation publique semble avoir pour 
but de tuer la foi et les mœurs dans les âmes. 

Dans un volume fort bien imprimé et illustré de deux 
planches hors texte et de quatre-vingts gravures dans le texte, 
M. Paul Bonnefon réunit et résume les travaux déjà nombreux, 
consacrés h Montaigne et à son œuvre. Malgré ses efforts, il a peu 
ajouté aux découvertes des chercheurs périgourdins ou bordelais, 
sinon quelques détails sur la famille roturière des Eyquem, sur 
leur anoblissement tardif et sur les éditions successives des 
Essais. La jeunesse de Michel de Montaigne demeure toujours 
dans la pénombre. Pour le reste de sa vie, pour son génie et son 
caractère, les écrits qu'il nous a laissés sont encore la plus ample 
source d'informations. 

Le travail de M. Paul Bonnefon est consciencieux et vise sin- 
cèrement à l'impartialité. Tout en faisant la part belle h son 
héros, le biographe laisse entrevoir ce qu'il y a d'égoïsme dans 
cette vie, et de péril dans les Essais. Pourtant le pyrrhonisme 
voluptueux de Montaigne, comme le républicanisme déclamatoire 
de La Boctie étaient plutôt une pose littéraire qu'une convic- 
tion pratique. L'auteur du Contre un était en réalité royaliste 
fidèle, et la mort de son glorieux ami fut la mort d'un croyant. 

III. — Le volume posthume dé M. de Lescure sur le comte Jo- 
seph deMaistre, sa famille et ses écrits, est évidemment inachevé. 



366 ETUDES 

Beaucoup de passages sont rédigés avec une négligence à laquelle 
l'élégant érudit ne nous avait pas habitués ; le côté doctrinal, 
le plus important, est à peine effleuré. L^auteur s'est attaché à 
nous faire connaître l'homme par sa biographie, et surtout par de 
longs et nombreux extraits de sa Correspondance publiée depuis 
quelques années. Nous sommes loin de nous en plaindre ; grâce 
à ces citations, l'auteur des Considérations sur la France^ du 
Pape et des Soirées de Saint-Pétersbourg , revit devant nous dans 
la beauté sereine et l'amabilité de son grand caractère; bien dif- 
férent de ce Joseph de Maistre que la critique universitaire des 
Villemain, des Géruzez et des Paul Albert avait inventé, avec 
une inintelligence et un parti pris qu'il nous est aujourd'hui 
très difficile de comprendre. 

A la fin du volume, les éditeurs ont joint une étude sur Xavier 
de Maistre qui ne laisse rien à désirer. 

IV- — Heures d^ histoire ! c'est le titre que M. le vicomte E. Mel- 
chior de Vogué donne à un volume dans lequel il a réuni une 
dizaine d'articles de revue, publiés dans le courant de l'an- 
née 1892. On y trouve, en réalité, un peu de tout : de l'histoire su- 
perficielle, de la critique littéraire, de la morale religieuse et so- 
ciale, de la politique, de la philosophie à vol d'oiseau et de la fantai- 
sie. Il serait difficile de signaler un point de vue qui permette de 
saisir l'unité du livre. On dit que l'auteur se montre partout pré- 
occupé de l'évolution actuelle des esprits, et cela paraît notam- 
ment dans le morceau quelque peu bizarre intitulé : les Cigognes, 
Ces cigognes symbolisent cette jeunesse déjà usée et blasée à 
qui la vie pèse et qui voudrait avoir des croyances légères à por- 
ter. Ce sont les précurseurs de la religion de l'avenir. Par 
malheur, M. le vicomte de Vogué semble avoir horreur de la dé- 
finition. Point de départ, but à atteindre, chemin à parcourir, 
raisons de se joindre à la caravane qui chemine dans le brouil- 
lard, on ignore tout. Des aspirations morales plus ou moins 
problématiques, sans dogmes et sans préceptes, c'est bien vague 
et bien nébuleux ; aussi, malgré quelques passages brillants et çà 
et là des métaphores originales et exotiques, le volume est pé- 
nible. Arrivé au terme, le lecteur de courage et de bonne volonté 
qui cherche une formule nette et ferme ne trouve que des notions 
confuses flottant des confins du. scepticisme aux confins ducatho- 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 367 

licisme. C'est trop peu pour imposer un frein aux passions et 
donner une règle pratique à la vie d'un être raisonnable vivant 
après dix-neuf siècles de christianisme. 

ET. CORNUT, S. J. 

I. — Derniers samedis, de M. A. de Pontmartin ; 2* et 3* sé- 
ries. Paris, Galmann Lévy, 1892. 2 vol., pp. 375 et 365. Prix : 
chaque volume, 3 fr. 50. 

II. — La Vie littéraire, quatrième série^ par M. Anatole 
France. Paris, Galmann Lévy, 1892. Gr. in-18, pp. xvi-372. 
Prix : 3 fr. 50. 

III. — Portraits d'écrivains, par René Doumic. Paris, Dela- 
plane. In-12, pp. 330. Prix : 3 fr. 50. 

IV. — Madame de Sévigné, par Mgr Ricard. Lyon, Vitte, 1893. 
In-16, pp. 222. Prix : 2 fr. 50. 

I. — Nous sommes bien en retard pour annoncer les deux der- 
niers volumes de M. de Pontmartin ; mais les œuvres du grand cri- 
tique ne sont point de celles qui paraissent et disparaissent, comme 
les étoiles, entre un soir et un matin ; d'ailleurs, nous tâcherons 
un jour de nous dédommager, nous et nos lecteurs, par une 
étude complète sur les Samedis et sur les autres journées litté- 
raires de cet écrivain charmant et infatigable, qui ne voulut 
rien être. 

M. A. de Pontmnrtin est mort, la plume h la main, après cin- 
quante à soixante ans de critique, toujours fidèle aux vieilles 
traditions du bon goût ainsi que de la courtoisie franche et fran- 
çaise ; toujours prêt à venger la foi, le patriotisme vrai, les 
bonnes lettres et les bonnes mœurs ; toujours causeur charmant 
et conteur très spirituel; toujours chevalier sans reproche des 
saines idées et chrétien sans peur. 

Les deux Derniers Samedis ont été précédés de quarante autres 
volumes de jugements et souvenirs littéraires. La Table, par où 
s'achève le quarante-deuxième, contient environ 700 noms 
d'auteurs ; et, à côté de ces noms, s'alignent souvent les titres de 
trois, quatre, cinq, dix,jusqu',à douze articles. C'est une encyclo- 
pédie de littérature contemporaine, intéressante, cela va sans 
dire, mais riche aussi, et bien informée, et très variée. Les 
deux volumes parus en 1892, comme leurs quarante devanciers. 



368 ÉTUDES 

réunissent les noms les plus divers, du monde, de l'Académie, 
de l'histoire, d'honnêtes gens de lettres, ou d'autres encore. 
Citons pêle-mêle : Marie Stuart, Ferdinand Fabre, le duc d'Or- 
léans, le comte de Villèle, MM. Thureau-Dangin, Edmond Biré, 
Ferdinand Brunetière, et enfin... Emile Zola. 

Dans le dernier article qu'il ait écrit, quelques jours avant sa 
mort, M. de Pontmartin condamne une fois de plus le système et 
l'œuvre de l'homme qui « raconte, à cent cinquante mille exem- 
plaires, d'assez vilaines histoires », où il répand, sans trop d'ori- 
ginalité comme sans aucune pudeur, «ses grossièretés, ses jurons, 
ses crudités, ses obscénités, ses laideurs » (p. 362) ; excusant les 
« canailleries populacières » par l'inconscience et l'irresponsa- 
bilité ; supprimant l'âme, la volonté, le sens moral, et remplaçant 
tout cela par « des instincts et des appétits » (p. 371 ). On peut, 
sans être prophète, dire que ce jugement sera celui de la postérité. 
Mais combien d'autres pages de cette œuvre colossale, vivante, 
exquise, recevront chez nos arrière-neveux pareil hommage et 
pareille récompense ! 

II. — M. Anatole France, dans ce présent tome de la Vie litté- 
raire^ accuse trop de bonnes intentions à l'endroit des Etudes, 
pour que notre plume ne lui soit pas légère. On aurait mauvaise 
grâce à décocher les traits de la satire, comme on parlait jadis, 
ou simplement à essayer flèches et pointes contre un galant homme 
qui nous fait en ces termes la révérence : « Je n'ai point cessé de 
reconnaître et de dire que cette revue est rédigée par des écri- 
vains habiles et judicieux. » (P. 109.) Le moyen, après cela, de ne 
pas saluer en M. A. France les belles qualités qu'il découvre en 
autrui ! Habile et judicieux, il l'est, certes ; et l'on aurait deux 
fois tort de ne point le reconnaître, de ne point le dire. 

Il se montre tel dans les deux douzaines d'articles que com- 
prend cette quatrième série ; notamment dans les articles qui ont 
pour titre : Le P. Didon et son livre sur Jésus-Christ, Apologie 
pour le plagiat, Biaise Pascal ^et M. Joseph Bertrand, Théodore 
de Banville... Nous en voulons seulement à la modestie de l'au- 
teur, qui écrit au frontispice de son œuvre : « Je ne suis point 
du tout un critique » (Préface) ; et qui, en maint endroit, se ré- 
clame de feu Renan, ou comme il s'exprime : « Mon illustre 
maître, M. Ernest Renan» (p. 105). Le maître ne recommande 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 369 

point l'écolier ; et Técolier, n'en déplaise à la modestie de 
M. A. France, vaut souvent le maître : il n'a pas moins d'esprit ; 
et s'il sait un peu moins d'hébreu ou d'allemand, il joue non 
moins agréablement avec les mots français; plus légèrement 
même, en mainte occasion. 

Au cas où l'on infligerait encore, en guise de pénitence, la lec- 
ture de dix ou vingt pages d'un livre, je préférerais sans hésiter, 
sans me plaindre, vingt pages de M. A. France à dix pages d'Er- 
nest Renan ; j'ajouterais même h la dose. J'aimerais mieux toute- 
fois, pour être sincère, ne subir ni l'une ni l'autre pénitence. 

Mais souhaitons-lui de ne plus jurer in verba magistri; voire, 
s'il est possible, de ne point jurer du tout. Car, hélas! il jure : 
non point à la façon d'un diable dans un bénitier, ni à la façon 
des personnages de M. Zola. Il jure, à la façon de son maître, 
avec des demi-sourires ; il enveloppe cela de demi-phrases, de 
demi-mots, de demi-manières ou de parler ou de se taire : par 
exemple, il vous glisse dans un petit alinéa, au bas d'une page, 
pour prendre congé du lecteur : il est « infiniment probable » 
qu'il n'y a point d'âme immortelle (p. 9). Puis il s'en va. D'autres 
fois, il n'enveloppe rien : il affirme tout net, sans détours ni em- 
barras, qu'il n'admet point le surnaturel, qu'il croit même « bien 
faire en l'avouant hautement » ( p. 105). 

Cette confession de foi au néant, renouvelée deViîluslrc maître^ 
paraît sincère, car elle est répétée de ci et de là. M. A. France 
éprouve le besoin de réitérer ses actes de non-croyance, un peu 
comme les martyrs avaient la passion d'affirmer tout le contraire, 
avec un peu plus de courage et plus de danger. 

Mais M. Anatole France, qui est, personne n'en fait doute, dé- 
licat, sensible, d'une sensibilité, d'une délicatesse exquise, sait-il 
combien il torture ses lecteurs croyants, combien il les agace 
— ce qui est torture raffinée — quand il assimile la vertu, la 
piété, la sainteté chrétiennes, même le sacrifice et l'héroïsme 
d'une âme angélique, à tout ce qui lui passe sous les yeux ou qui 
lui tombe sous la main ! Par exemple, à la sauvage, haineuse et 
désespérée misanthropie de la pauvre Mme Ackermann, qu'il 
qualifie « une sainte de l'athéisme » (p. 9). Plus fâcheuse encore, 
l'assimilation ou le rapprochement de « l'éternel Adonis et du 
Dieu des temps nouveaux », c'est-à-dire (j'en demande pardon 
au divin outragé), Notre-Seigneur Jésus-Christ; rapprochement 



370 ÉTUDES 

que rappelle à M. France le Die 7iobis, Maria... de la prose pas- 
cale ( p. 40). 

Et que d'autres allusions de même goût, semées ou éparpillées 
un peu partout à travers les pages de M. A. France, ou le long 
des colonnes du Temps, où il expose d'abord ses esquisses litté- 
raires, avant de les arranger en galerie, sous le titre de la Vie 
littéraire! C'est le goût, le genre, l'esprit de Villustre maître; 
n'en félicitons point l'élève qui copie trop bien j en quoi il se 
nuit assez à lui-même. 

Si nous disions qu'il y perd nos éloges, il s'en consolerait ai- 
sément; c'est peu de chose, ou chose de peu ; mais il y perd son 
originalité et sa gloire. Pourquoi deiiieurer l'écolier de Renan, 
au point de copier jusqu'à ses sourires, qui enlaidiraient le plus 
beau visagfe ? 

III. — Huit portraits : hommes de théâtre, trois : Alexandre 
Dumas fils, Augier, Sardou ; romanciers, quatre : O. Feuillet, les 
Concourt, Zola, Daudet; un critique : Weiss. Portraits soignés, 
dessinés d'une main légère et délicate, ayant plutôt le velouté 
du pastel que le trait du burin ou les hachures de l'eau-forte. 
Pas trop de relief, peu de coloris : l'artiste excelle dans les demi- 
teintes et la morhidezza. 

M. R. Doumic est un habile ; il a sa place à part parmi les cri- 
tiques du jour; son genre est surtout le genre distingué : ceci 
n'est pas tout à fait un blâme. Quant aux huit portraits dont se 
compose le présent salon, on sent qu'il s'y est appliqué ; notam- 
ment à ceux d'Al. Dumas, de Zola et de Feuillet. M. R. Dou- 
mic serait volontiers l'Octave Feuillet de la critique. De son 
style, on ne saurait, croyons-nous, donner une plus exacte défi- 
nition que cette définition, donnée par lui, du style d'Octave 
Feuillet : a II décrit avec le trait juste ; il définit avec le mot 
propre. Sa langue est toujours claire. Sa phrase est rapide et 
souple. » ( P. 165.) 

Sa manière n'est ni le dogmatisme grave, quasi pédant, de 
M. Brunetière, ni le papillonnage sceptique de tel ou tel qu'il 
est inutile de nommer. M. R. Doumic a étudié dans le détail 
chacun de ses sujets: il expose, analyse, juge même de temps à 
autre : il voit et fait voir les petits côtés des auteurs et des 
œuvres, les procédés, les ficelles; parfois les défauts : je ne sau- 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 371 

rais dire les vices. Bien qu'il tienne évidemment pour le parti de 
la vertu, M. R. Doumic ne montre pas, ou montre fort peu de 

Ces haines vigoureuses, 
Que doit donner le vice aux âmes vertueuses. 

A peine a-t-il hasardé la condamnation de ce système-ci, ou de 
cette thèse-là, qu'il passe l'éponge sur le tout avec une poignée de 
louanges. Comme cette bonne princesse dont Bossuet conte 
qu'elle était douce à tout le monde, il est doux, extrêmement 
doux, trop doux. 

II dit beaucoup, il dit bien, il dit assez nettement le pour et le 
contre; un peu plus, il oserait dire toute la vérité^ on sent qu'il 
est sur le point delà dire, qu'il y arrive, qu'il touche; mais il saute 
par-dessus et s'en va bien vite. Peut-être un peu trop sévère 
pour Sardou, il pousse loin la complaisance pour Al. Dumas; 
témoin ces appréciations plus que bienveillantes à l'égard de cet 
apôtre du divorce, de l'adultère, de toutes les malpropretés so- 
ciales et dramatiques : « M. Dumas pourrait dire qu'il a passé sa 
vie ù dénoncer toutes les infamies qui se cachent sous le nom de 
l'amour. » (P. 33.) «Cette morale, bonne pour toutes les con- 
cieiiccs ( oh ! ), ne l'est pas pour toutes les oreilles. » ( P. 43. ) 
« Ce dont il faut surtout savoir gré à M. Dumas, c'est de l'impul- 
sion qu'il a donnée au théâtre. » ( P. 54.) Dans la voie^où il l'a 
donnée?... Lui en savoir gré, ce serait une honte. 

De la morale prèchée par Ém. Augier, rien ou presque rien ; 
de celle d'O. Feuillet, moins encore. M. R. Doumic croit même 
que Louis Ganderax, de Sibyllcy est a digne de toute estime » 
( p. 146); certes, je suis sûr que M. R. Doumic serait fâché de 
ressembler à ce parangon. A l'entendre, on prendrait presque 
les Concourt pour des inoflensifs ou des bienfaisants : c'est trop. 
Quant à Zula, malgré certaines réserves indispensables que tout 
honnête homme doit faire sur les grossièretés, M. R. Doumic en 
parle presque sans émotion, sans indignation : il analyse, il 
remue le tas des Rougon-Macquarty avec sérénitéi comme s'il 
décrivait une belle matinée de printemps. 

M. R. Doumic est un artiste; mais un excellent peintre de 
portraits comme lui devrait se souvenir que le comble de Tart 
ne consiste pas à voiler les rides, h gaxer les termes, à prêter de 
beaux yeux aux gens louches. Or, parmi les gens dont il s'occupe 



372 ETUDES 

si habilement, il eu est qui out plus que des rides, des verrues, 
des yeux louches. M. R. Doumie, sûr comme il l'est de sa main 
et de ses crayons, aurait pu les peindre tels qu'ils sont : passable- 
ment laids ; il l'aurait dû, pour la vérité de ses portraits. 

IV. — Mgr Ricard, l'infatigable, avait déjà fait paraître quatre 
volumes d'études, ou si l'on veut, de causeries sur le grand 
siècle; nos lecteurs s'en souviennent. Plusieurs autres volumes ton 
chant les illustres de ce temps-là sont sous presse, ou en prépara- 
tion ; Mme de Sèvigné occupera le milieu de cette galerie ; est-il 
besoin d'ajouter qu'elle y fera bonne figure? 

C'est plaisir autant que profit de revoir, entre ces couvertures 
grises et rouges, enfilées ou cousues, suivant l'ordre des temps, 
toutes les aimables anecdotes et menues histoires qu'on a lues 
dans la Correspondance de la marquise. Le volume de Mgr Ri- 
card est en effet (ce n'est pas son moindre mérite), pour une très 
grande part, emprunté aux Lettres où la très spirituelle petite-fille 
de sainte Chantai se raconte elle-même, avec les siens et tout son 
siècle. On y retrouve tour à tour, comme dans les Lettres, la 
cour de Louis le Grand et Livry, la Bretagne et Paris, l'hôtel de 
Carnavalet, les Rochers et Vichy. 

On y salue les portraits bien connus, le « Bien bon », Corbi- 
nelli, les grands seigneurs, Bourdaloue, les dames avec leurs 
fontanges^ M. de Grignan, à la « touffe ébouriffée », Charles de 
Sévigné, M. de Bussy et tout le Rabiitinage, enfin et surtout 
Mme de Grignan, 1' « adorée », trop adorée par cette mère qui vi- 
vait pour sa fille. — Aussi serions-nous enclin à intenter chicane 
au cicérone intéressant de ce beau monde et de ce beau temps, 
lorsqu'il souhaite que les mères chrétiennes, en lisant Mme de 
Sévigné, apprennent à « aimer autant » (p. 222). Autant, ou de la 
même manière, ce serait trop. 

Mais les sept ou huit chapitres de Mgr Ricard nous font aimer 
une fois de plus notre grand siècle, qu'on n'aimera jamais assez. 

V, DELAPORTE, S. J. 

Modestes observations sur l'art de versifier, par M. Clair 
Tisseur. Lyon, Bernoux et Cumin, 1893. In-8, pp. 355. 
Prix : 5 francs. 

Si les poètes de France ne savent point, ou savent mal leur 
métier, la faute n'en est pas aux maîtres qui, depuis cinq siècles 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 373 

au moins, se chargent de leur en donner des leçons, en bonne et 
due forme. Si les habitants du Parnasse maraudent trop hardi- 
ment sur les confins de la prose, s'ils pèchent contre la césure ou 
l'hiatus, s'ils s'accordent, aux dépens du sens commun, tant de 
licences fâcheuses, s'ils mettent dans la circulation littéraire tant 
de vers faux, de rimes fausses et autre méchante monnaie, ils 
n'ont pas le droit d'en accuser les codes poétiques ou les juris- 
consultes du double Mont. Depuis Thomas Sibilet, et même avant 
ce brave disciple de Marot, jusqu'à Théodore de Banville, on 
s'évertue à instruire, selon toutes les règles, les «(jeunes » de tout 
âge qui sentent « du ciel l'influence secrète »; et peut-être un 
temps viendra où les poétiques seront beaucoup plus nombreuses 
que les poèmes — du moins, que les chefs-d'œuvre. 

Même après MM. de Gramont, Becq de Fouquières, Tobler, 
de Souza, M. Clair Tisseur estime qu'il reste quelque chose à faire 
et à dire. Du reste, il semble plus enclin h biffer « certaines vieilles 
règles badaudes », qu'à grossir de nouveaux paragraphes les an- 
ciens codes : il craint, non sans cause, qu'enfin « le poète ne flé- 
chisse des quatre pieds (pourquoi quatre?) comme un âne chargé » 
(p. 1). Toutefois ses Modestes observations ne couvrent pas moins 
de 355 pages serrées et touffues. 

Ces Observations sont bel et bien des dissertations fort érudites, 
entremêlées de vues personnelles, semées, un peu partout, de 
traits d'esprit ; car l'auteur ne recule point devant le bon mot, 
le mot pour rire, le style pour rire ; — encore bien que parfois, 
de ci et de là, il y ait abus. Après tout, il n'a pas eu tort de croire 
qu'il fallait égayer ces graves études d'histoire, de philologie, de 
rythme, voire de rythme allemand, espagnol, anglais, italien... 

Tout y est analysé, disséqué, passé au crible : le vers, les césures, 
les lèves, la rime, V hiatus, les stances, les poèmes à formes fixes, 
et que d'autres choses I Le tout, rehaussé, enrichi, enguirlandé 
d'une foule d'exemples, de citations choisies, et d'aucunes fois, 
légèrement gauloises. 

Entre ces études, vraiment riches d'aperçus et de science, celle 
qui traite de la rime est peut-être la plus complète. M. Clair 
Tisseur y prend, ou peu s'en faut, le contre-pied de Banville : il 
juge, avec trop de raison, que souvent, chez plusieurs des 
illustres, même chez Hugo, « les idées ne sont que les enfants 
gibbeux et cagneux de la rime » ( p. 177). 



374 ETUDES 

Tout à côté de cette étude sur la rime, nous placerions celle du 
rythme. Les Observations curieuses, justes, neuves, piquantes, 
y surabondent, M. Clair Tisseur ne s'y déclare point grand par- 
tisan des vers déhanchés, disloqués, « invertébrés ». Certes, il 
accorde beaucoup d'attention (un peu trop peut-être) a-ux jeunes 
écoles qui se donnent pour mission de renouveler l'art, plus sou- 
vent que le printemps ne renouvelle les feuilles. Mais à force 
d'étudier les modernes, les jeunes et les plus anciens des anciens, 
y compris les troubadours, l'auteur des Modestes Observations en 
arrive à conclure que les classiques avaient du bon, du très bon, 
presque tout ce qu'il y a de très bon. Il va jusqu'à écrire, ce 
dont nous nous garderons de le blâmer : Si les formes de vers 
inventées à plaisir, tous les matins, par le symbolisme^ la 
décadence et autres réactions contre le bon sens, doivent un 
jour être adoptées et goûtées chez nos descendants, c'est que 
« l'oreille de nos descendants ne sera plus faite comme la nôtre » 
(p.95). 

En attendant qu'on ait changé tout cela, en attendant que les 
oreilles de nos arrière-neveux aient pris une autre proportion, ou 
une autre configuration, M. Clair Tisseur prononce que bon 
nombre de douze syllabes imprimées par nos contemporains, 
sous le nom de vers^ sont bonnement des lignes (^ p. 113). Par 
contre, ne condamne-t-il pas un peu vite des règles ou des usages 
vénérables (p, 112, etc.)? N'admet-il pas un peu trop facile- 
ment des rimes déplorables comme voit et moi P des conso- 
nances plus qu'indigentes, comme très haut et écho (p. 203)? 
N'autorise-t-il pas avec quelque imprudence certaines césures 
qui auraient fait bondir Despréaux? par exemple certaines cé- 
sures enjambantes qui mènent tout droit à des alexandrins de 
cette venue : 

J'enseigne le vélocipède en six leçons ! ( P. 113.) 

Somme toute, ce livre docte, passablement original, renferme 
beaucoup à^ Observations excellentes qui ne se trouvent point 
dans les traités connus. Aussi comptons-nous y revenir prochai- 
nement, à propos d'un travail sur VArt des vers. 

Y. DELAPORTE, S. J. 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 375 

I. — Les Humbles, poèmes populaires^ par L. L. de Fétinnk. 
Liège, Godenne, 1893. In-8, pp. 74. 

II. — Poèmes clirétiens et français, par M. Victor Lebrenne. 
Paris, Vie et Amat. ln-12, pp. 286. Prix : 3 francs. 

III. — Africa, drame en cinq actes ^ en vers, par M. le cheva- 
lier E. Descamps. Paris, Louvain, Bruxelles, 1893. In-8, 
pp. 134. Prix : 3 fr. 50. 

I. Sous ce titre : les Humbles^ emprunté à M. F. Coppée (il 
est vrai que M. F. Coppée est riche), un aimable poète raconte, 
sans prétention, parfois avec un léger dédain de la bonne vieille 
prosodie, vingt-deux simples histoires, édifiantes, naïves, d'un 
accent vrai et chrétien. Ici, la sœur de Saint-Vincent de Paul, 
qui éteint dans ses bras les flammes de pétrole dont une pauvre 
petite est enveloppée et brûlée; là, le petit mendiant qui se fait 
descendre dans un puits pour sauver un enfant qui va mourir; 
plus loin, Petit-Pierre donnant sa tartine h un vieillard, pour 
« faire rire les anges » ; puis la sœur infirmière offrant la chair 
et le sang de son bras pour guérir Thorrible plaie d'un malade. 
Ailleurs, c'est le courage d'un chauffeur , la mort pieuse d'un 
facteur, le dévouement d'un vicaire, l'héroïsme d'un aiguilleur, 
la probité d'un chiffonnier, l'intrépidité d'un cocher de fiacre, et 
l'ingénieux sauvetage opéré par un gendarme. — A eux seuls, les 
titres témoignent que ce sont bien là les poèmes des Humbles. 

II. Il ne faut pas trop dire aux poètes qu'ils ont de la facilité. 
Beaucoup de braves gens, appartenant à la vaste corporation du 
Genus irritabile, rechignent à cette louange qu'ils estiment fade. 
L'encens à plein encensoir leur va mieux; voire le « papier d'Ar- 
ménie » , dût la migraine s'ensuivre. Espérons que M. Victor 
Lebrenne ne nous en voudra pas si nous affirmons à ses lecteurs 
qu'il a une belle facilité; qu'il chante ses croyances chrétiennes 
et ses convictions françaises dans des poèmes qui courent et 
coulent comme de source. 

Sa source est un peu celle de Lamartine : 

J'entends ta goutte harmonieuse 
Tomber, tomber et retentir... 

Mais à travers ces quarante odes ou élégies, il y a des vers aux 



376 ÉTUDES 

bonds vigoureux; de fiers ïambes, comme dans la pièce Judas; des 
strophes au vol largement éployé, comme dans les trois cents 
Réfractaires ; de nobles inspirations, et très chrétiennes, comme 
dans le Pardon. 

Pour prouver à M. V. Lebrenne que nous avons feuilleté son 
livre, ainsi qu'il le mérite, nous le supplions de ne plus faire ri- 
mer ensemble adorer et chercher ( p. lOOj), prier et lever (p. 102), 
et de se souvenir que l'imparfait du subjonctif de l'auxiliaire avoir 
est /eusse, et non ipas feus (p. 65). 

Mais M. V. Lebrenne a du souffle, de l'élan, de la vigueur; et 
puisque, selon toute apparence, il est jeune, il a le meilleur de 
la vie, même pour un poète : l'avenir. 

III. Dans sa séance du 7 janvier 1893, le jury du « Concours 
littéraire international ouvert par le cardinal Lavigerie pour le 
meilleur ouvrage sur l'esclavage africain », adoptait, h l'unanimité, 
la résolution suivante : « Le manuscrit Africa, drame envers fran- 
çais, ayant pour devise : Conamur tenues grandia^ est classé en 
première ligne entre les trente-cinq manuscrits concurrents, 
écrits dans les diverses langues et dépouillés par le jury. Un prix 
de dix mille francs lui est attribué. » 

Dix mille francs pour cinq actes !... Combien de jeunes nour- 
rissons des Muses ont dû se mordre les ongles, s'arracher les 
cheveux, pousser des soupirs d'admiration et d'envie, en lisant la 
petite phrase finale du jury ! Mais cette largesse, qui rappelle assez 
bien la réponse de Montauron à Corneille, n'est point une pluie 
d'or tombant au hasard sur un manuscrit, riche de rimes, pauvre 
d'idées. L'auteur du drame français Africa est un sénateur de 
Belgique. Parmi les juges du concours figuraient des sénateurs, 
d'anciens ministres, des membres de l'Institut de France ; tou- 
tefois ces Messieurs n'ont pas fait seulement acte de courtoisie 
envers un homme politique d'une puissance voisine : ils ont aussi 
fait acte de justice. 

Le drame de M. le chevalier Edouard Descamps est une œuvre 
d'une haute portée sociale ; conçue, non point par un rêveur hu- 
manitaire dissertant ou rimant, à perte de vue, sur les destinées 
du grand continent noir; mais par un chrétien convaincu, qui 
s'affirme, qui proclame, selon la parole de saint Jean, l'affranchis- 
sement des créatures humaines par la vérité : œuvre réalisée par 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 377 

un poète de talent, qui écrit de bons vers, suivant les vieilles 
règles françaises, ne sacrifiant point aux fantaisies de la « Jeune 
Belgique », 

Dans Africa^ il met en scène trois mondes : les barbares qui 
peuplent les forêts de l'Ouganda et les « Ténèbres de l'Afrique » ; 
les musulmans, lâchement féroces, et brutaux marchands d'es- 
claves, traitant sans respect, sans pitié, sans cœur les pauvres 
êtres qui tremblent sous leur joug, qui saignent sous leur fouet ; 
enfin, les chrétiens, agissant en chrétiens, se dévouant jusqu'au 
sang, envoyant aux contrées assises dans l'ombre de la mort des 
apôtres et des martyrs, de la lumière et de la charité sans phrases. 

Le drame est à la fois histoire, tableaux, lutte de passions, 
mais avant tout hommage rendu à l'apostolat catholique. Le héros 
à^Africa^ c'est le prêtre missionnaire, ce Gérard de Reuilly, qui 
renonce h tout, même à la gloire, qui expire, en criant : « Hosan- 
nah 1 » au Sauveur du monde : 

Afrique !... Europe!... amour !... paix du Christ! plus d'esclaves! 

Cette œuvre de valeur, éminemment chrétienne, aura-t-elle 
jamais les honneurs du théâtre ? Nous en doutons un peu. Une 
pièce qui se passe, en grande partie, dans l'Ouganda, doit avoir 
pour personnages des nègres ; or, pour les rôles mélangés de 
noirs et de blancs, trouverait-on des acteurs de bonne volonté? 
des actrices surtout? Trouverait-on des auditoires, français ou 
belges, dont le sérieux dominerait l'impression que produirait 
fatalement ce mélange des couleurs? Nous en doutons plus qu'un 
peu. Mais l'impression disparait à la lecture, où l'on ne voit que 
par les yeux de l'imagination, à distance, en beau. Cette lecture 
fortifie l'âme, en même temps qu'elle l'émeut. Elle est civilisa- 
trice. V. DELAPORTE, S. J. 



Bibliographie, IV. — 25 



SOMMAIRES DES REVUES 



Nous donnons ces sommaires à titre de renseignements biblio- 
graphiques ; mais nous n'entendons nullement par là recommander 
les Revues elles-mêmes. 



PÉRIODIQUES FRANÇAIS 



Annales de philosophie chrétienne 
(Paris). — Avril. — L'iiistoire et la 
pensée (fin), C. C. Charaux. — La 
personnalité de Dieu et la critique 
contemporaine, F. Ermoni. — De la 
valeur objective des hypothèses phy- 
siques, E. Vicaire. — Une discussion 
sur le temps, G. Lechalas. — Cours 
de philosophie thomiste à la Sor- 
bonne, /. Gardair. 

Association catholique (Paris). — 
Mai. — Organisation de l'agglomé- 
ration ouvrière, Hyvernat. — Le 
comte A. de Mun et les libéraux, 
S.-L. — Le congrès ouvrier deBienne, 
H. L. — Les États libres du Dau- 
phiné, La-Tour-Du-Pin Chamhly. — 
Chronique, comte de Ségur-Lamoi- 
gnon. 

Bulletin de la Société générale 
d'éducation et d' enseignement (V avis). 
— Mai. — La carte de l'enseigne- 
mentprimaire congréganiste, G. Mar- 
tin. — Œuvre générale des écoles 
professionnelles catholiques, L. de 
Crouzaz-Crétet. — Bulletin judiciaire, 
H. Taudière. 

Bulletin de l'Institut catholique de 
Paris. — Avril. — Adresse de l'Uni- 
versité catholique au Souverain Pon- 
tife. — Racine en famille (suite), A. 
Largent. — Voyage à Rome. 

Bulletin d'histoire ecclésiastique 



et d'archéologie religieuse des dio- 
cèses de Valence, Gap, Grenoble et 
Viviers. — Mai-juin. — Histoire du 
Pont-de-Beauvoisin, abbé Perrin. 
— Chronique religieuse du vieil 
Aubenas, A. Mazon. — L'abbé J.-B. 
Caillet, vicaire général de Grenoble, 
chanoine P. Perrossier. — Etudes 
franciscaines sur la Révolution, dans 
le département de la Drôme, P. Apol- 
linaire de Valence. 

Canoniste contemporain (Paris). — 
Mai, — De l'histoire du bréviaire 
romain, à propos d'un livre récent, 
A. Boudinhon. — Procédure canoni- 
que dans les causes matrimoniales 
(suite), G. Péries. — Acta Sanctœ Se- 
dis. 

Comptes rendus de l'Académie des 
sciences (Paris). — 17 avril. — Effets 
de la sécheresse sur les cultures de 
l'année, Chambrelent. — Dilatation 
de l'eau sous pression constante et 
sous volume constant, E.-H. Amagat. 

27 avril. — Recherches nouvelles 
sur les microrganismes fixateurs de 
l'azote, Bertheloi. — De l'ordre de 
l'apparition des vaisseaux dans la 
formation parallèle des feuilles de 
quelques composées, A. Trécul. 

l^"" mai. — Le mouvement des li- 
quides étudié par la chronophoto- 
graphie, Marey. — Détermination de 
la chaleur spécifique du bore, H. 
Moissan et H. Gautier. — Sur des 



SOMMAIRES DES REVUES 



379 



phosphates en roche d'origine ani- 
male et sur un nouveau type dephos- 
phorites, A. Gautier. — Sur le sys- 
tème sanitaire adopté par la Confé- 
rence de Dresde pour établir des 
mesures communes, propres à sau- 
vegarder la santé publique en temps 
d'épidémie cholérique, Brouardel, — 
Sur le déplacement de la tempéra- 
ture du maximum de densité de l'eau 
par la pression, E.-H. Amagat. 

8 mai. — Sur une objection à la 
théorie cinétique des gaz, H. Poin- 
caré. — Étoiles filantes ; fluctuation 
delà latitude, d'Abbadie. — Sur un 
nouveau type de phosphorites, A. 
Gautier. — Le surmulot de l'ancien 
monde occidental, A. Pomel, 

Correspondant (Paris). — 25 avril. 

— Le prochain conclave. — Joseph 
de Maistre avant la Révolution, F. 
Descostes. — L'Egypte et les Egyp- 
tiens (suite), duc d'Harcourt. — Le 
mouvement financier et le mouve- 
ment ouvrier en Europe à la veille 
du 1" mai, C. Jannet. — Des obsta- 
cles et des ressources que présente 
à l'Eglise catholique la législation 
des Etals-Unis, Vte de Meaux. — Le 
premier congrès de l'art chrétien à 
Paris, E. Eude. 

10 mai. — L'empereur d'Allema- 
gne au Vatican. — Les pasteurs 
d'âmes,^. Hatzfcld .— A propos des 
fêtes de Rome. Psychologie de l'ita- 
lien. — L'évolution du mariage, mar- 
quis de Nadaillac. — De la repré- 
sentation des minorités, H. Thirria, 

— Vertu païenne. — Les livres. His- 
toire, L. de Lanzac de Laborie. — 
Littérature, G. d'Hugues. — Revue 
des sciences, //. de Parville. 

Cosmos (Paris). — 22 avril. — La 
pratique des ascensions aérostatiques 
(suite), G. Réthuys. — Sablier et Ro- 
couyer, //. Lévcillé. — Le temps à 
Paris pendant l'épidémie de choléra 
de 1892, L. Descroix. — Combat de 
léopard et d'iiyëncs. — Epidémie de 
typhus à Paris, L. Menard. — Un 



pont en chemin de fer. — Les fruits, 
A. Acloque. — L'heure à travers les 
âges, L, Rabourdin . 

29 avril. — La pratique des ascen- 
sions aérostatiques (suite), G. Bé- 
thuys. — L'éclipsé de soleil du 16 avril, 
E. A. — Emploi des accumulateurs 
en Italie, D' A. B. — Recherches 
expérimentales sur les mouvements 
des feuilles de la sensitive, F. Kéra- 
mon. — La gomme dans les vins, 
E. Maumené. — La guerre à vapeur, 
E. Aimé. — Origine de la fortifica- 
tion bastionnée, O- de Rochas. — 
L'heure à travers les âges (suite), 
L, Rabourdin. — Sur un moyen de 
préserver les plants de betteraves 
des vers gris et d'autres larves d'in- 
sectes. — Correspondance astrono- 
mique, J. Vinot. 

6 mai. — Les blessures par les 
explosifs, L. Menard. — Chronique 
photographique, A. Berthier. — Une 
nouvelle sonnerie électrique, L. Rêver- 
chon. — Nouvelles géologiques de 
Jérusalem, Germer-Durand. — L'as- 
censeur de Notre-Dame de la Garde, 
à Marseille, B. B. — Origine de la 
fortification bastionnée (suite), C^ de 
Rochas. — Du sulfate d'ammonia- 
que comme engrais, M. — Le zinc, 
L. Knab. 

13 mai. — Eclairage électrique 
des voitures de la Compagnie Paris- 
Lyon-Méditerranée par les accumu- 
lateurs multitubulaires DonatoTom- 
masi. — La science et les esprits.-— 
Les nouvelles possessions de la 
France dans l'Océan Indien. — Cy- 
clone des 28-29 janvier et 20-21 fé- 
vrier, à Madagascar, P. Combe, — 
Sur une contribution importante à 
l'histoire du globe terrestre, E. Per- 
ron. — Nouvelles prisons ; la cage 
hydraulique. — Plan de polarisation 
d'un rayon lumineux ou calorifique 
donné, abbé Issaly. — Les ponts et 
chaussées au moyen âge, V. Bunard. 

— Pile Tardy, à vase unique. 

20 mai. — La science et les esprits. 

— L'électrolyse de l'eau en Italie, 
/)' A. Battandier. — Les nouvelles 



380 



ETUDES 



possessions de la France dans 
l'Océan Indien (suite), P. Viator. — 
Sur les accidents morbides des li- 
queurs vineuses, E. Maumené. — 
Anciens et nouveauxpaquebots trans- 
atlantiques à vapeur. — Notes sur 
le travail capillaire, Froherville. — 
Le mois d'avril 1893, E. Renou. — 
Cuirasses, gros canons et petits ca- 
nons , C Chabaud - Arnault. — 
L'étude de la botanique, A. Acloque. 
— L'emploi des feuilles d'arbres 
dans l'alimentation du bétail, Ch. 
Girard. 

Économiste français (Paris). — 
22 avril. — La confirmation de nos 
pronostics financiers, P.Leroy-Beau- 
lieu. — L'Etat manufacturier et les 
grèves, G. Michel. — L'Arménie, 
E. Fournier de Flaix. — Lettre d'An- 
gleterre. — Les finances prussien- 
nes, A. Raffalovich . 

29 avril. — L'avenir des chemins 
de fer. Les garanties d'intérêts et les 
revendications d'employés, P. Le- 
roy-Beaulieu. — Le commerce exté- 
rieur de la France et de l'Angleterre 
pendant les trois premiers mois de 
l'année 1893, /. Cousin. — Les bu- 
reaux de bienfaisance et les secours 
à domicile à Paris, G. Michel. — Le 
mouvement économique aux Etats- 
Unis. L'exposition de Chicago, E. 
Fournier de Flaix. — Les caisses de 
secours pour les ouvriers mineurs 
en Allemagne, M. Bellom. — Lettre 
d'Espagne, A. Hougton. 

6 mai. — L'avenir des chemins de 
fer (suite), P. Leroy-Beaulieu. — La 
régime pénitentiaire et les sociétés 
de patronage des libérés en France 
et à l'étranger, G. Michel. — Le mes- 
sage du président Cleveland, A. La- 
lande. — L'Arménie, E. Fournier de 
Flaix. — Les réservoirs de monta- 
gne en Alsace, P. Muller. — Lettre 
d'Angleterre. 

13 mai. — Les syndicats, leurs 
prétentions, leurs droits et leurs de- 
voirs, P. Leroy-Beaulieu. — L'ar- 
gent et l'or, A. de Foville. — Le 



mouvement économique et social aux 
Etats-Unis, E. Fournier de Flaix. — 
La situation en Tunisie. — Les dis- 
cussions de la Société d'économie 
politique de Paris, 6?. Michel. — La 
crise en Australie, A. Raffalovich. 

20 mai. — Les syndicats, leurs 
prétentions, leurs droits et leurs de- 
voirs, P. Leroy-Beaulieu. — Les 
Français dans la vallée du Mékong, 
J. Chailley-Bert . — Une monogra- 
phie de grève, G. Michel. — La 
Russie méridionale, E. Fournier de 
Flaix. — Lettre d'Angleterre. 

Enseignement chrétien (faris). — 
1" mai. — La simplification de l'or- 
tographe (fin), note de M. Gréard. 

— L'enseignement des mathémati- 
ques, dans les classes de lettres, 
E. Chailan. — Explication des au- 
teurs français, /. M. V. — Chro- 
nique musicale, E. R. 

15 mai. — L'enseignement secon- 
daire scientifique en France, A. Pau- 
tonnier. — Un bon examen de lan- 
gues vivantes, /. Parmentier. — La 
tragédie cornélienne, J. G. 

Institut des fastes du Sacré-Cœur. 

— 18" cahier. — La constatation 
des coutumes nationales. — Les 
hommages eucharistiques anglais, 
comte E. d'Alcantara. — Prépara- 
tion à l'enseignement véridique de 
l'histoire. — L'Œuvre des fastes 
eucharistiques au Vatican. 

Journal des Economistes (Paris). 

— Mai. — Les trois-huit, F . Passy. 
— Les caisses de capitalisation ou les 
imprévoyants de l'avenir, E. Roche' 
tin. — Le mouvement agricole, 
G. Fouquet. — ■ Revue critique des 
publications économiques en langue 
française, Rouxel. — Les tarifs an- 
glais et l'application du « Railway 
and Canal traffic act » de 1888, A. 
Mange. — Statistique de l'assu- 
rance obligatoire en Allemagne, 
A. Raffalovich. — La population au 
point de vue de la répartition des 



SOMMAIRES DES REVUES 



381 



cultes dans l'empire d'Allemagne, 
D^ Rouir e. — Un libre échange intel- 
lectuel et moral, M. L. 

Journal du Droit Canon (Paris). — 
25 avril. — Des paroisses et des 
curés, ahbé G. Péries. — Les archi- 
diacres eu France. — La Révolution 
et les libertés publiques, S. B. C. 

10 mai. — Des paroisses et des 
curés, abbé G. Péries. — Organisa- 
tion des vicariats apostoliques de la 
Société des Missions étrangères de 
Paris, E. Cottin. — La Révolution et 
les libertés publiques (8uite),5. B.C. 

Magasin littéraire (Gand). — 
Avril. — Une dispute artistique, 
A. Thiéry. — Documents, //. Bor- 
deaux. — Essai sur l'hymnologie, 
H. Vaganay. — Le livre posthume 
de M. P, de Decker, Dont L. Jans- 
sens. 

Musica sacra (Toulouie). — Mars. 

— Le chant de l'Église grecque, 
chan. St. Morelot. — Eugène Gi- 
gout, H. Expert. 

^vril. — La semaine sainte à 
Saint-Gervais, /. Tiersot. — Les 
béatitudes de César Franck, P. Kunc 
et H. Barbedette. 

Nature (Paris). — 22 avril. — 
Chariots d'artillerie de parc à trac- 
tion à vapeur, E. Hospitalier. — 
Le télautographe, X.., ingénieur. 

— Un asile pour les chiens, P. Mé~ 
gnin. — L'adduction des eaux de 
ï'Avre à Paris, G. Tissandier. — 
Locomotives à grande vitesse, C. 
G..., ingénieur. — L'Ichthyosaurus 
burgundisc, M. Boule. 

29 avril. — Les nouvelles métho- 
des d'apiculture, Ch. Derosne. — 
L'exposition de la Société française 
de physique, Ch.-E. Guillaume. — 
Le grand récif-barrière, //. Coupin. 

— L'iiommc préhistorique, G. Zu- 
moffcn. — Le chemin de fer électri- 
que aérien de Liverpool, M. de Nan- 
souty. — Le secret du jeu des échecs, 



de Sandervah — La pulvérisation 
des métaux, H. Fourtier. 

6 mai. — L'éruption de l'Etna en 
1892, S. Arcidiacono. — Refuge 
souterrain, P. Quimaud. — Culture 
et consommation des bananes en 
Amérique, D. Bellet. — Hydrodyna- 
mique expérimentale, E.-J. Marey. 

— Nouveau système de chauffage 
des wagons, X. West, — Un grand 
cerf-volant, D* Z... 

13 mai. — Le tonnage des gros 
navires dans l'antiquité, E. Levas- 
seur. — Les Dahoméens au Champ- 
de-Mars à Paris, Z)' F. Regnault. — 
Nouveaux instruments de musique, 
C. Cripeaux. — Le pont-tournant du 
Pollet à Dieppe, M. de Nansouty. — 
Lettres de Chicago. — Compteur de 
distances parcourues pour véloci- 
pèdes, X..., ingénieur. — Le rucher 
du Luxembourg, A.-L. Clément. 

20 mai. — L'Exposition colom- 
bienne de 1893, E. Hospitalier . — 
Le Kilima'ndjaro dans l'Est afri- 
cain, marquis de Nadaillac. — La 
science amusante, D* Z... — Le pa- 
lais d'hiver au Jardin d'Acclimata- 
tion, G. Tissandier . — Les c Tin- 
tinnabula B, /. Claine. — Compas 
synoptiques des abordages, H. Millet. 

Notes d'Art et d'Archéologie (Paris). 

— Mai. — La décadence florentine, 
A.-F. Rio. — Saint Thomas Becket 
à Cantorbéry, R. P. du Lac, S. /. 
— - Les palais de plaisance des 
princes de Ferrare, G, Gruyer. 

Nouvelle Revue (Paris) . — !•' mai. 

— Joseph Bonaparte en Amérique, 
G. Bertin. — La genèse de l'idée de 
justice : les ordalies, G. Ferrero. — 
Lettres sur l'idéalisme et le réalisme 
dans le roman (suite), E. Sa%i'as- 
Pacha. — Sur la terre et par la 
terre (suite), E. Simon. — Etude» et 
causeries médico-littéraires (Hn), 
M. de Fleury. — La peinture mu- 
rale en France du ix« au xvi» siècle, 
L. Gallet. — La vénerie moderne 
(suite), G. de Wailly. — Noces de fer 



382 



ÉTUDES 



et noces d'argent, H. Montecorboli, 

— Le vice-amiral Paris, G. de Cor- 

15 mai. — Comment l'Italie s'est 
faite, S. Piclion. — Joseph Bona- 
parte en Amérique (suite), G. Bertin. 

— Sur la terre et par la terre (suite), 
E. Simon, — L'aviation, G. de Con- 
tenson. — Les procès de sorcellerie 
au xvii° siècle, F, Delacroix. — 
Le Salon des Champs-Elysées, A. 
Ernst. 

Ouvriers des Deux Mondes (Paris). 

— Deuxième série. 30* fascicule. — 
Métayer de l'Ouest du Texas (Etats- 
Unis d'Amérique), Cl. Jannet, 

Précis historiques (Bruxelles). — 
Mai. — Les Béatifications célébrées 
à Rome en 1893, V. B. — Mission 
belge du Bengale. — Mission belge 
du Kwango (Congo belge). — Ori- 
gines du mois de Marie. 

Réforme sociale (Paris). — l""" mai. 

— Le programme de la réunion an- 
nuelle, A. Delaire, — Comment il 
faut aller au peuple, U. Guérin. — 
Berlin et ses institutions administra- 
tives, O. Pyfferoen. — Les assem- 
blées des pays d'Etats sous l'ancien 
régime, A. Babeau. 

16 mai. — La question des Univer- 
sités, G. Blondel. — Les assemblées 
des pays d'Etats sous l'ancien ré- 
gime, A. Babeau. — Des conditions 
de l'harmonie dans l'industrie, A. 
Gibon. — La liberté d'association 
et la loi française, M. Vanlaer. — 
Unions de la paix sociale, A. De- 
laire. 

Revue Bénédictine (Maredsous). — 
Mai. — Une revision du psautier 
sur le texte grec par un anonyme 
du neuvième siècle., — Egmond, ses 
abbés et ses [seigneurs. — Le chant 
sacré d'après saint Thomas. — Les 
Mirdites d'Albanie. — Bénédictins 
tôurnaisiens, membres de l'école de 
rhétorique en 1482. 



Revue biblique (Paris). — Avril. — 
L'exégèse en Orient au iv^ siècle ou 
les commentaires de saint Ephrem, 
J.-T. Lamy. — Fra Ricoldo de Monte- 
Croce, pèlerin en Terre sainte et 
missionnaire en Orient, R. P. Man- 
donnet. — Epigraphie chrétienne en 
Palestine, R. P. Germer-Durand. — 
Les formules de chronologie eu Chal- 
dée et en Assyrie, P.V. Scheil, O. P. 

— Epigraphie sémitique,/^/-. M.-J. L. 

— Emmaùs, P. Savi. — Découverte 
du tombeau de saint Joachim et de 
sainte Anne, R. P. L. Gré. 

Revue bleue (Paris). — 22 avril. — 
Science, patrie, religion, F, -A. Au- 
lard. — Charles Bigot, A. Ram- 
baud. — L'évolution de la poésie 
lyrique au xix^ siècle. Alfred de 
Vigny, F. Brunetière. — A propos 
des élections municipales, P. Laf- 
fitte. 

29 avril. — Adolphe Franck, P. 
Janet. — L'évolution de la poésie 
lyrique au xix» siècle : Théophile 
Gauthier, F. Brunetière. — A propos 
des Salons: l'Art français,/*. Gsell. 

— Le vote plural en Belgique, P. 
Laffitte. — Courrier littéraire, E. Fa- 
guet. 

6 mai. — Fragments inédits du 
journal d'Eugène Delacroix. — Un 
de nos pionniers en Afrique : Jean- 
Eugène Scheer, A. Rambaud. — 
Le socialisme d'Etat en Allemagne, 
E, Jamais. 

13 mai. — ■' Souvenirs littéraires : 
Prosper Mérimée, Sainte-Beuve, E. 
Grenier. — L'évolution de la poésie 
lyrique au xix" siècle : la seconde 
manière de Victor Hugo, F. Brune- 
tière . — L'esprit politique et l'esprit 
de parti, P. Laffitte. 

20 mai. — La renaissance du na- 
turalisme, F. Brunetière. — L'esprit 
révolutionnaire dans le judaïsme, 
B. Lazare. — Le chanoine Dœllinger 
et le haut clergé catholique. 

Revue catholique d'Alsace ( Rix- 
heim). — Avril. — La charité dans 



SOMMAIRES DES REVUES 



383 



la Haute-Alsace avant la Révolution 
(fin), X. — La Prusse et sa révolu- 
tion intérieure de 1806-1812 (suite), 
E. Wildrebe. — Une page de l'a Al- 
satia sacra », A. Ingold. — L'Eglise, 
le socialisme et le couvent maçon- 
nique de 1892, J, Muess. — Frag- 
ment des souvenirs d'un Alsacien 
soldat dans l'armée de Condé, Z. Fis- 
cher. — Monseigneur Bernhard, J.-C. 
Lichtlé. 

Revue catholique de Bordeaux. — 
25 avril. — Le couvent de l'Anuon- 
ciade de La Réole, D. de Saint- 
Amand. — M. Maurice de La Size- 
ranne et les aveugles,/!. P. — Con- 
tribution à l'histoire de l'instruction 
primaire dans la Gironde avant la 
Révolution, E. Allain. — Voyage 
d'un Husse à Bordeaux en 1822, A. 
Dupré. 

10 mai. — Paysages de Suisse et 
d'Italie, F. Micas. — Le couvent de 
l'Annonciade de La Rcole (suite'), 
D. de Hainl-Amand. — A propos 
d'un voyage à Solesmes (suite), /. lia- 
xéra. — Contribution à l'histoire de 
l'instruction primaire dans la Gi- 
ronde (suite), E. Allain. 

Revue catholique des institutions et 
du droit (Grenoble). — Mai. — Exa- 
men critique de l'histoire universelle 
de César Cantu (suite), A. Onclair. 
— Le chancelier d'Aguesseau (suite), 
Ch. de Lajudie. — Bulletin de juris- 
prudence, Aninard. 

Revue chrétienne (Paria). — Mai. — 
L'Eglise et le monde, C/i. Secrétan. 
—La conversion de l'Eglise, P. Des- 
jardins. — Le jubilé de l'Église 
libre d'Ecosse, H. Kruger. — La 
mort de Jésus, G. Fulliquet. 

Revue de Gascogne (Auch). — Mai. 
— Anecdotes sur Vic-Fezensac au 
xv« siècle, C, Laplagne-Barris. — 
M. de Faudoas, curé de Pessan, 
évoque de Meaux (fin), abbé P. Ga- 
btnt. — Vieux noëis français et pa- 



tois (fin), abbé A. Breuils. — Les 
études historiques dans les Basses- 
Pyrénées, abbé V. Dubarat. 

Revue de la jeunesse catholique 
(Paris). — Avril. — Le salaire au 
point de vue chrétien, Ph, Tierson- 
nier. — Une enquête sur l'observa- 
tion du repos dominical, IF. Reverdy. 

— La confrérie des Romains à Or- 
léans, B. M. W. — Le Kulturkampf 
en Prusse, H. Aubrun, — M. de Ro- 
quefeuil, F. Veuillot. 

Revue d« l'Art chrétien ( Lille- 
Paris). — Mars. — Le trésor d'or- 
nements et d'instruments liturgiques 
de la collection du chevalier Gian- 
carlo Rossi à Rome, /. Helbig. — Du 
rôle des pierres gravées au moyen 
âge (suite), /'. de Mély. — Le culte 
des docteurs de l'Eglise, à Rome 
(suite)i Mgr\X. Barbier de Montault . 

— Les fondeurs de cloches de la sé- 
néchaussée de Bourmunt du xvi* au 
xviii* siècle, /. Berthelé. 

Bévue de l'enseignement secondaire 
et de l'enseignement supérieur (Pa- 
ris). — 20 avril. — Malherbe inédit, 
G. Allais. — Documents inédits pour 
servir à l'histoire de l'enseignement 
secondaire (fin), A. Leroux. — Néo- 
thomisme et scolastique, F. Picavet. 

27 avril. — Une visite à Notre- 
Dame de Paris et à la Sainte-Cha- 
pelle, A. Lévy. — Les divisions de 
l'histoire de la philosophie par rap- 
port à l'histoire de la civilisation, 
F. Picavet. — Ligue démocratique 
des écoles, A. Binet. 

4 mai. — Faculté des lettres de 
Paris : Thèses de M. Emile Durc- 
khcim, F. Picavet .— Considérations 
sur l'histoire d'Israël, Af. Vernes. — 
Psychologie, métaphysique et philo- 
sophie scientifique, F. Picavet. 

11 mai. — Le mouvement poétique, 
E. Trolliet. — Faculté des lettres de 
Paris : Thèses de M. Régnier, Y. 

18 mai. — Faculté des lettres de 
Paris : Thèses de M. l'abbé Pisani, 



384 



ÉTUDES 



F. P. — Les méthodes d'observation 
en médecine nerveuse^ C. Philippe. 

Revue de Lille. — Avril, — De la 
promulgation et de la publication 
des lois , comte de Vareilles-Som- 
mières. — Etudes de littérature es- 
pagnole. Le Menteur de Corneille 
et ses modèles espagnols, A. de Mar- 
gerie. — Lord Tennyson, C. Looten. 
— Delà suppression, par mesure dis- 
ciplinaire, du traitement des évêques, 
des curés et des desservants au point 
de vue légal, A. Wable. — Le Grand- 
Duché de Luxembourg, ses insti- 
tutions économiques, £. Sleichen. 

Revue des Deux Mondes (Paris). — 
1" mai. — L'essor extérieur de la 
France, R. Millet. — Prosper Méri- 
mée, d'après des souvenirs person- 
nels et des documents inédits, A. 
Filon. — Les fermens de la terre. 
La fixation de l'azote dans le sol, 
P.-P. Déhérain. — L'exploitation des 
chemins de fer de la Prusse depuis 
leur rachat par l'Etat, A. Mange. — 
La sédition du 1"" décembre 1789 à 
Toulon (fin), G. Duruy. — La prin- 
cesse Atzimba et le capitaine Villa- 
Diégo, L. Biart. -— La ligue démo- 
cratique des écoles, vicomte E.-M. 
de Vogué. 

15 mai. — En Turquie. Smyrne, 

G. Deschamps. — La vieille Sor- 
bonne, G. Boissier. — La Franche- 
Comté. Les origines de l'histoire, 
V. du Bled. — L'utilisation de l'azote 
du sol, P. -P. Déhérain. — Voyages 
d'empereurs, Ch. Benoist. — Le ré- 
gime des forçats en Nouvelle-Calé- 
donie, P. Mimande. — Un portrait 
de Napoléon. Les souvenirs de Chap- 
tal, vicomte E.-M. de Vogué. 

Revue des questions scientifiques 
(Bruxelles). — Avril. — L'influenza 
(suite), D^ Moeller. — M. de Quatre- 
fages et l'anthropologie (suite), ahbé 
Le Hir. — L'invariabilité de la hau- 
teur du pôle opposée aux variations 
de la latitude, F. Folie. — De la va- 



leur objective des hypothèses phy- 
siques, E. Vicaire. — Le grand pa- 
quebot moderne, A.-A. Fauvel. — 
L'œuvre géographique de Mercator, 
F. Van Ortroy. — Causerie d'un fo- 
restier, E. Desjobert. — Hommage 
rendu à la mémoire de L.-Ph. Gilbert, 
/. Thirion, S. J. 

Revue des sciences ecclésiastiques 
(Amiens). — Mars. — Le décret 
« Auctis admodum », abbé A. Pillet. 

— Oratio in laudem D. Thomae Aqui- 
natis, D^ Salembier. — Dante et 
l'exemplarisme divin, A. Chollet. — 
Les administrateurs des confréries, 
A. Tachy. — Le mariage civil en Ita- 
lie, Lettre de Sa Sainteté Léon XIll. 

Revue du Lyonnais (Lyon). — Avril. 

— En Toscane et en Ombrie, J. Tar- 
dy. — Les savants lyonnais et les 
bénédictins de Saint-Germain-des- 
Prés, abbé J.-B. Vanel. — Izernore, 
son étymologie, son temple, ses mon- 
naies, E, Cuaz. — Lettres inédites 
du général de Fontbonne. 

Revue du Midi (Nîmes). — Avril. 

— L'émigration des campagnes vers 
les villes, L. Vernhette. — La Fon- 
taine, E. Bouisson. — Capucins et 
Huguenots à Montpellier, P. Apolli- 
naire. — Discours de M. de Monta- 
lembert, A. Delaube. — Les catacom- 
bes de Paris, A. Pieyre. 

Revue du Monde catholique (Paris 
et Bruxelles). — l^"" mai. — Un car- 
dinal historien de la philosophie, F. 
Garilhe. — Les origines de la foi 
dans les Gaules, Dom F. Plaine, O. 
S. B. — La crise agraire en Espagne, 
/. Sarda. — Le mouvement social, 
U. Guérin. — Le Rhin dans l'his- 
toire (suite), A. du Cournau. — Les 
inscriptions de Tello, abbé J.-A. Pe- 
tit. — Une excursion à l'île Jersey 
(suite), M. Vanlaer. — Les livres ré- 
cents d'histoire, L. de La Rallaye. — 
Les romans nouveaux, /. de Ro- 
chay. 



SOMMAIRES DES REVUES 



385 



Revue française de l'étranger et 
des colonies (Paris). — l^"" mai. — 
L'action des mandarins et le principe 
administratif au Tonkin, Mat-Gioi. 

— Soudan français : Campagne 1891- 
1892. — Les Belges au Katanga : Ex- 
péditions A. Delcommune et Bia- 
Francqui. — Zanzibar : Description 
et situation. — Sahara : Explorations 
F. Foureau et G. Méry. 

15 mai. — L'archipel des Seychel- 
les, A.-A. Fauvel. — L'action des 
mandarins et le principe administra- 
tif au Tonkin, Mat-Gioi. — Les che- 
mins de fer africains, P. Barré. 

Revue générale (Bruxelles). — 
Avril. — Journal d'un témoin de la 
Commune, F.Bournand. — Les Snic- 
kota (roman polonais), J. Kraszewski. 

— Des pouvoirs et des obligations 
morales des actionnaires dans les 
sociétés par actions, E. Ilarmant. — 
Silhouette d'aujourd'hui : Edouard 
Drumont, G. Legrand. — Le jubilé 
épiscopal de Léon XIII, Mgr Lamy. 

— Causerie scientifique, M. Lefebvre. 

— Quelques écrivains belges : Iwan 
Gilkin, E. Verlan t. 

Revue générale des sciences (Paris). 
30 avril. — Le trias alpin, E. Hang. 

— La théorie des invariants, J.Kluy- 
ver. — Revue annuelle de zoologie, 
H. Beauregard, 

15 mai. — La physiologie des glan- 
des ù sécrétion interne, J. Abelous. 

— La transmission de la force mo- 
trice par courants alternatifs, C. 
Rechniewski. — Les cartes agrono- 
miques, A. Hébert. 

Revue historique (Paris). — Mai- 
juin. — Sur une page incomplète de 
l'histoire de Port- Royal, F. -T. Per- 
rens. — Observations critiques sur 
les « Economies royales », A, Des- 
clozeaux. — Un procès criminel au 
dix-septième siècle, P. Dupuich. — 
Le général Gobert (fin), Vauchclet. 

— Journal et correspondance de la 
reine Catherine de Wurtemberg (fin), 



baron A . Du Casse. — Bulletin histori- 
que, G. Monod, R. Reuss,A. Molinier 
et C. Cipolla. 

Revue philosophique (Paris). — 
Mai. — L'évolution des aptitudes mu- 
sicales, L. Dauriac. — La sociabilité 
et la morale chez les animaux, IIous- 
say. — Sur les idées générales, Mar- 
chesini. 

Revue scientifique ( Paris). — 22 
avril. — Les conséquences de la dé- 
couverte de l'Amérique, E. LevaS' 
seur. — La photographie dans les 
voyages d'exploration, A. Londe. — 
La psychologie des lézards, /. Del- 
botuf. — Les croiseurs à canon pneu- 
matique. 

29 avril.— Les lapins en Australie, 
A. Loir. — Alphonse de CandoIIe, 
G. Bonnier. — Les échouages de 
cétacés du ix* au xvii" siècle, G. Pou- 
chet. — L'électroculture, C. Cré- 
peaux. 

6 mai. — Les nouveaux cours du 
Muséum pour les voyageurs, A. 
Milne-Edwards. — Les alliages de 
l'aluminium, L. de Djéri. — La désin- 
fection des appartements, Chamber- 
land et Fernbach. — Le crime poli- 
tique, d'après M. Lombroso, G. Sorel. 

13 mai — Le centenaire de Huntcr, 
T. Bryant. — L'action chimique des 
basses températures, R. Pictcl. — 
Le chemin de fer transsibérien. G. 
Petit. — L'illusion d'optique dans 
la figure de Zœllner, Guye. 

20 mai. — Le crime et les crimi- 
nels à Paris, Zaborowski. — Physio- 
logie générale, R. Dubois. — Les 
futurs navires aériens, L. Dex. 

Science catholique (Paris). — Mai. 
— Y a-t-il dans la Bible des propo- 
sitions non inspirées ? J. Corluy, 
S. J. — Le capital, la spéculation 
et la finance au iix* siècle, //. Gay- 
raud. — Des noms de Notre Seigneur 
Jésus-Christ dans l'Ecriture, D. G, 
Legeay, O. S. B. — Quelques mots 
de réponse à M. l'abbé Vacant, J. 



386 



ÉTUDES 



Corluy, S. J. 
que. 



Bulletin tliéologi 



Science sociale (Paris). — Mai. — 
La politique et l'état social aux Etats- 
Unis, P. de Bousiers. — Les sociétés 
issues des Déserts, Le type des oa- 
sis et des confins agricoles, E. Dc- 
molins. — Les héros d'Homère. 
Constitution de la société achéenne, 
Ph. Champaidt. — Comment les pro- 
consuls ont changé la constitution 
de Rome, G. d'Azanihuja. 

Sociologie catholique ( Montpel- 



lier). — Mai. — Des garanties à exi- 
ger des clients d'une banque popu- 
laire, L. de Besse. — Encore la ques- 
tion sociale, comte B. de Kergorlay. 
— Libre échange et protection (suite), 
M. Haour. — La Belgique et le suf- 
frage universel, E. Coste. — Richard 
Cobden, Ch. de Saint-André. 

T'oung Pao (Laide). — A propos 
du Père Huc,^/mce Henri d'Orléans. 
— De la condition politique des Chi- 
nois aux Indes néerlandaises, /.-/. 
Meijer. — Notes sur la lexicographie 
japonaise, G. Schlegel. 



PÉRIODIQUES ÉTRANGERS 



American Ecclesiastical Review 
(Philadelphie). — Le chant le plus 
suave d'ici-bas, P. Arminio. — Un 
prétendu cercle vicieux, Bev. A. 
Hewit. — Le prêtre et la censure des 
livres, Bev. A. Barry O'Ncill. — La 
théologie dogmatique, Bev. J. Hogan. 
— De matrimoniorum mixtorum ce- 
lebratione, /. P. — En compagnie 
du pèlerinage irlandais à Rome, 
Rev. J. Halpin. 

Boletim da Sociedade de Geogra- 
phia de Lis boa. — 11« série. N»" 6, 
7, 8. — Expédition portugaise à 
M'Pesêne (1889), relation de C. 
Wiese , 

Boletin de la Real Academia de la 
historia (Madrid). — Avril. — L'église 
Notre-Dame de Lebefia, P. de Ma- 
drazo. — Un écrivain maroqiiin du 
xvii' siècle, F. Codera. — Saint 
François de Borgia. Nouvelles re- 
cherches biographiques, F. Fita. — 
Sébastien Cabot en 1533 et 1548, 
C. Pérez Pastor. — La conquête 
d'Alger en 1830, F. Codera. 

Catholic World (New- York). — 
Mai. — L'apothéose de Christophe 
Colomb, J. J. O'SJiea. — Récentes 
découvertes en astronomie, Bev. G. 



M. Searle, C. S. P. — Le pays du 
soleil, Chr. Beid. — Théories riva- 
les sur l'inspiration de l'Ecriture 
Sainte, Bev. H. I. D. Byder. — 
L'étoile de la foi, M. A. B. — Quel- 
ques entreprises remarquables de 
femmes catholiques, L. A. Tooniy. 

— Caractère religieux de la décou- 
verte de l'Amérique, M. P. Villa- 
mil. — Le premier sanctuaire dans 
le Nouveau Monde, Th. Harrison 
Cummings. 

Ciudad de Z)/os (Madrid). — Avril. 

— La littérature catalane au xix" siè- 
cle, P . F. B. Garcia. — L'institut 
central météorologique, P. A. Bo- 
driguez. — Notes d'un admirateur 
de Jovellanos, D. J. Somosa Mont- 
soriû. — Le Pentateuque etl'archéo- 
logie préhistorique, P. II. del Val. 

— Nouvelle histoire de la Passion 
de Jésus-Christ, P. B. del Valle. 

Mai. — Les ballons, P. J. Fer- 
nandez. — Les écoles juives en Es- 
pagne, P. F. P. Aguado. — Dis- 
cours prononcé à l'Académie de la 
jeunesse de Barcelone, le 23 avril 
1893, P. F. B. Garcia. — Notes 
d'un admirateur de Jovellanos (suite), 
D. J. Somosa Montsoriû. 

Civiltà cattolica (Rome). — 6 mai. 



SOMMAIRES DES REVUES 



387 



— La politique de Léon XIII, ré- 
ponse au diplomate anonyme. — Les 
agents spirites, instruments du dé- 
mon. — Les origines du marty- 
rologe romain. — La morale du po- 
sitivisme. — Bibliographie. 

20 mai. — L'empereur d'Alle- 
magne au Vatican. — Les actions 
et le» instincts des animaux. — Des 
Hittim et Héthéens. — Au lendemain 
du Déluge. — Archéologie. 

Literarische Rundschau (Fribourg- 
en-Brisgau). — Mai. — Raffl, Le» 
Psaumes traduits et commentés sur 
le texte original, Schœnfelder . — 
Schaefer, Commentaire de l'épître 
aux Romains, liœsler. — Simar, Ma- 
nuel de théologie morale. — Mader, 
Saint Cyrille de Jérusalem, sa vie et 
ses écrits, Ehrhard. — Paulus, 
Johanncs Hoffmeister, Schmid. — 
Bellesheim, H.-Ë. Manning, cardi- 
nal, archevêque de Westminster, 
Jungmann. — Tiiureau-Dangin, His- 
toire de la Monarchie de Juillet, 
Haas. — Kunz, L'institution chré- 
tienne, de Silvio Antoniano. — 
Kopp, La méthode d'éducation, de 
Mafei Vegio. — Galliker, Le traité 
de l'éducation des enfants d'Enéas 
SUvius. — Zcidier, Le conflit des 
péchés, poème du xiu* siècle. — 
Bole, Sept chefs-d'œuvre de la pein- 
ture. 

Lyccum (Dublin). — Avril. — 
L'éducation supérieure des femmes 
eu Irlande. — La vocation du Land- 
lord. — Un gouvernement franc- 
maçon modèle. — Les poèmes 
d'un prosateur. ^Le levain celtique 



dans les anciennes poésies an- 
glaises. 

Month (Londres). — Mai. — Le 
Père Coleridge, — La moralité du 
boudhismc, C. Galton. — A l'ombre 
de la Giralda, B. Evetts. — La con- 
troverse de Bérenger et ses antécé- 
dents (suite), Rev. J. Richaby. — Le 
Père Félix, S. J., E. Schreiber. — 
Les « Gordon Riots », L. Johnson. 
— Le grand schisme de l'Ouest, 
Rev. S. F. Smith. — Ursel. Une his- 
toire écossaise, F. Maitland. 

Przeglad powszechny (Cracovie).— 
Avril. — Contre le prix excessif des 
denrées, Gorski. — Ignace Dœllin- 
ger, A. Arndt. — Deux années de la 
vie d'Oriechowski (1548-1549), Kop- 
pens. — Souvenirs d'un gentilhomme 
de Nowogrodeki, Kraszewski. — Im- 
pressions de voyage en Asie, prince 
Sapieha. 

Mai. — Ecole des Jétuitei à Po- 
sen (1573-1653), Chotkowski.— Heux 
années de la vie d'Orzechowski, A'op- 
penn. — Qu'est-ce qui fait la vraie 
valeur de l'homme, D^ Trznadl. — 
Lettres de voyage en Asie, prince 
Sapieha. — Le dimanche à Craco- 
vie, y. Badeni. 

Stimmen aus Maria- Laach (Vn- 
bourg-en-Brisgau). — 4* fasc. — Le» 
a Sociétés pour la culture morale », 
//. Gruber. — Mirabeau, O. Pfûlf.— 
Propriétés et emplois de l'alumi- 
nium, X. Ruf. — Le» Provinciales 
de Pa»cal, W. Kreiten. — Le Livre, 
mortuaire des anciens Égyptiens 
A. Baumgartner. 



LIVRES 

ENVOYÉS A LA RÉDACTION DES ÉTUDES 

20 avril — 20 mai. 

N. B. — La simple annonce de ces ouvrages ne doit en aucune manière 
être considérée comme une recommandation : pour savoir notre avis sur 
chacun d'eux, il faut attendre qu'ils aient été analysés. Ils le seront dans la 
mesure que leur valeur, le but de la Revue et l'intérêt de nos lecteurs 
exigeront ou permettront. 

THÉOLOGIE 

QUESTIONS RELIGIEUSES 

BoLO (abbé H.). — Les Gauloises et les Gaulois à la Passion de Jésus. 
Conféi'ence donnée à Marseille dans l'église de Notre-Dame du Mont 
le Vendredi-Saint, 31 mars 1893. Paris, Haton, 1893. In-12, pp. 55. 

BnÉMOND (abbé L.). — Les Mystères cV outre-tombe, ou les Charmes 
de la Société des élus. Digne, Chaspoul, 1893. In-8, pp. 48. 

Crousaz-Crétet {P. de). — L'Église et l'État, ou les Deux puis- 
sances au dix-huitième siècle (1715-1789). Paris, Retaux, 1893. In-18, 
pp. v-371. Prix : 3 fr. 50. 

Dreves (G. M.), S. J. — Aurelius Ambrosius, der Vater des Kirchen- 
gesanges. Eine hymnologische Studie. Friburg i. B., Herder, 1893. 
In-8, pp. vii-146. [Erganzungshefle zu den ce Stimmen aus Maria-Laach ». 
— 58.) Prix : 2 mk. 

Fayollat(H.), s. J. — V Apostolat de la presse. Deuxième édition. 
Paris et Lyon, Delhomme et Briguet, 1893. In-12, pp. 269. Prix: 
1 franc; franco, 1 fr. 35. 

Giehrl ( E.) (Tante Emmy). — Fleurs delà Croix, dédiées à mes chers 
compagnons de maladie et de souffrance pour pieux entretiens. Deuxième 
édition. — Traduction allemande d'une coopératrice salésienne. Mar- 
seille, Œuvre de Don Bosco, 1892. In-8, pp. 299. 

Lenoir (abbé F.). — De la the'ologie du dix-neuvième siècle. Etude 
critique, précédée d'un coup d'œil rapide sur l'histoire de la théologie 
catholique. Paris, Bloud et Barrai, 1893. In-8, pp. 102. 

Me AUX (vicomte de). — V Église catholique et la liberté' aux Etats- 
Unis. Paris, LecofTre, 1893. In- 18, pp. ii-426. 

Nepveu (F.), S. J. — Douze retraites du mois sur V amour, V Imitation 
et les vertus de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Bruxelles, A. Vromant, 



LIVRES ENVOYÉS AUX ÉTUDES 389 

1893. In-16, pp. 143. {Petite Bibliothèque chrétienne, du P. J.-F. Kiec- 
kens.) Prix : 70 centimes. 

Terrier (J.-B.), S. J. — La dévotion au Sacre' Cœur de /es«5, d'après 
les documents authentiques et la théologie. Paris, Lethielleux, 1893. 
In-12, pp. xix-379. 

Terris (abbé P. de). — Nouveau mois du Sacre'-Cœur. Trente médi- 
tations sur les litanies du Cœur de Jésus. Avignon, Aubanel, 1893. 
In-24, pp. xin-379. 

WiLMERS (W.), S. J. — Gcschichte der Religion als Nachweis der 
gôttlichen Offenbarung und ihrer Erhaltung durch die Kirche. Sechste, 
neu bearbeitete, vermehrte Auflage. Munster, Aschendorff, 1891. 
2 vol. in-8, pp. xvi-451 et xi-492. Prix : 9 Mark. 



PHILOSOPHIE 

SCIENCES ET ARTS 



Cathrein(V.) , S. J. — Moralphilosophie . Eine wissenschaftiiche Dar- 
legung dersittlichen,einschliesslich der rechtlichen Ordnung. Zweite, 
vermehrte und verbesserte Auflage. Friburg i. B., Herder, 1803. 2 vol. 
gr. in-8, pp. xix-538 et xvi-662.Prix: broché 15 mk. 50; relié : 19mk.50. 

Colin (E.), S. J. — Observatoire royal de Madagascar. Observations 
météorologiques faites à Tananarive. Troisième volume. Imprimerie 
de la mission catholique, 1892. Ia-8, pp. v-284. 

Dumas (G.). — Tolstoy et la philosophie de C amour. Paris, Hachette, 
1893. In-18, pp. xiii-218. 

ImbartLatour (J.). — La papauté en droit international. Paris, Pe- 
done-Lauriel, 1893. In-8, pp. 251. [Bibliothèque internationale et diplo- 
matique, xxxi.) 

Janet (P.). — Premiers principes d'électricité industrielle. Piles, accu- 
mulateurs, dynamos, transformateurs. Paris, Gauthier-Villars, 1893. 
In-8, pp. viii-275. Prix : 6 francs. 

OsTWALD (W.). — Abrégé de chimie. Traduit avec l'autorisation de 
l'auteur par G. Charpy. Paris, G. Carré, 1893. In-8, pp. vi-235. 

Redièrb (A.). — Mathématiques et mathématiciens. Pensées et curio- 
sités. Deuxième édition revue et augmentée. Paris, Nony, 1893. In-8, 
pp. 11-566. Prix : 5 francs. 

Rouleau (abbé Th. -G.). — Notice sur l'école normale Laval de Québec 
pour fcxposition do C//tc«g-o. Québec, Brousseau, 1893 . In-8, pp. 42. 

Saintignon (F. de). — Le mouvement différentiel. Loi des marées. 
Eau. Air. Feu. Paris et Nancy, Berger-Levrault, 1892, In-4, pp. 56. 

Thomson (W.) (Lord Kelvin). — Conférences scientifiques et allocu- 
tions. Traduites et annotées par P. Lugol. Constitution de la matière. 
Paris, Gauthier-Villars, 1893. In-8, pp. ix-379. Prix : 7 fr. 50. 



390 ÉTUDES 

VixOT (L.). — Étude sur les tremblements de terre. Paris et Nancy, 
Berger-Levrault, 1893. In-8, pp. 232. 

ViOLLET (P.). — Droit privé et sources. Histoire du droit civil fran- 
çais, accompagnée de notions de droit canonique et d'indications 
bibliographiques. Seconde édition. Paris, Larose et Forcel, 1893, In-8, 
pp. xii-942. Prix : 12 francs. 



HISTOIRE — GEOGRAPHIE 

QUESTIONS DU JOUR 

Apollinaire de Valence, capucin. — Études franciscaines sur la 
Révolution dans le département du Gard. Nîmes, Gervais-Bedot, 1891. 
In-8, pp. 106. 

— Études franciscaines sur la Re'volution dans le département de la 
Haute-Garonne. Toulouse, Privât, 1892. In-8, pp. 80 (Extrait du 2« vo- 
lume des Congrès de V Association pyrénéenne, Congrès de Bordeaux). 

— Études franciscaines sur la Révolution dans le département de l'Isère. 
Grenoble, Allier, 1893. In-8, pp. 65. 

Baudrillart (H.). — Les populations agricoles de la France. 3' série 
publiée par A. Baudrillart. Les populations du Midi. Passé et pré- 
sent. Paris, Guillaumin, 1893. In-8, pp. vi-654. Prix : 10 francs. 

Bellesheim (A.). — Henry Edward Manning, Cardinal-Erzbischof 
von Westminster (1808-1892). Ein Lebensbild. Mainz, Kirchheim, 
1892. In-8, pp. xii-276. Prix : 3 mk. 

Benoist (Ch.). — Sophismes politiques de ce temps. Etude critique 
sur les formes, les principes et les procédés de gouvernement. Paris, 
Perrin, 1893. 

BiKÉLAS (D.). — La Grèce byzantine et moderne. Essais historiques. 
Paris, Firmin-Didot, 1893. In-8, pp. viii-435. 

Chaptal (comte). — Mes souvenirs sur Napoléon. Portrait en hélio- 
gravure. Paris, Pion, 1893. In-8, pp. 413. Prix : 7 fr. 50. 

GhÉlard (R.). — Les armées françaises jugées par les habitants de 
V Autriche. 1797-1800-1809. D'après des rapports de l'époque. Paris 
Pion; 1893. In-18, pp. 297. Prix : 3 fr. 50. 

Couderc (J.-B.), s. J. — Le vénérable cardinal Bellarmin. Paris, 
Retaux, 1893. 2 vol. in-8, pp. 431 et 435. Prix : 10 francs. 

Cousseau (Mgr). — OEuvres historiques et archéologiques . Tome troi- 
sième. Paris, Vie et Amat; Angoulême, Trillaud et Coquemard, 1892. 
In-8, pp. viii-528. Prix : 5 francs. 

CuRLEY (F. de), S. J. — Saint Jean-François Régis, prêtre de la Com- 
pagnie de Jésus. Paris et Lyon, Delhomme et Briguet, 1893. In-8, pp. 384. 



LIVRES ENVOYÉS AUX ÉTUDES 391 

Df.lory (abbé). — La solution de la question sociale. Paris, Charles, 
S. d. In-8, pp. 48. Prix : 60 centimes. 

Descostes (F.). — Joseph de Maistre avant la Re'volution. Souvenirs 
de la société d'autrefois. 1753-1793. Paris, Picard, 1893. 2 vol. in-8, 
pp. 329 et 402. Prix : 7 fr. 50, 

Deuxième supplément au Livre d'or des élèves du pensionnat de Fri- 
bourg-cn- Suisse. 1893. In-8, pp. 537 à 668. 

Esquisse biographique sur G. de Saint-Victor, écrite pour le public. 
Lyon, Jevain, 1893. In-8, pp. 12. (Extrait de V Univers en date du 
30 mars 1893.) 

Haxotaux (G.). — Histoire du cardinal de Richelieu. I. La jeunesse 
de Richelieu (1585-1614). La France en 1614. Paris, Firmin-Didot, 1893. 
In-8, pp. viii-556. 

Laroche (G.). — Vie de saint Nicolas, évéque de Myre, patron de la 
jeunesse. Nouvelle édition. Paris, Bloud et Barrai, s. d. In-8, pp. x-414. 
Prix : 4 francs. 

Lecanuet (E.), prêtre de l'Oratoire. ^ Berryer» Sa vie et ses œuvres. 
1790-1868. Paris, Bloud et Barrai, 1893. In-8, pp. vii-492. Prix : 6 fr. 

Mémoires de Michelot Moulin sur la Chouannerie normande, publiés 
par la Société d'histoire contemporaine. Paris, Picard, 1893. In-8, 
pp. xv-403. 

Michel (L.), S. J. — Histoire de saint Ignace de Loyola^ d'après les 
documents originaux, par le P. Daniel Bartoli, de la Compagnie de Jésus. 
Traduction revue et annotée. Edition illustrée. Société de Saint-Augus- 
tin, 1893. In-8, pp. vin-502. 

. MoNFAT (A.), de la société de Marie. — Ja:s Tonga ou archipel des 
Amis et le R. P. Joseph Chevron, de la Société de Marie. Etude histo- 
rique et religieuse. Lyon, Vitte, 1893. In-8, pp. xvi-473. 

MoNiQUBT, S. J. — Vie de saint Dclphin. Paris, Tolra, 1893. In-8, 
pp. 210. Prix : 1 fr. 50. (Les saints de l'Eglise de France. Les saints 
de l'archidiocèse de Bordeaux. ) 

Pascal-Estibnnb (W.). — Pc'rinaik. Une Bretonne, compagne de 
Jeanne d'Arc. Etude historique. Illustrations par A. Pascal-Esticnne. 
Paris, Chamuel, 1893. In-12, pp. 158. Prix : 2 fr. 50. 

Patriote (Un). — Aux électeurs français. La Franc-Maçonnerie et le 
Panama. Paris, rue François l"", 8, s. d. Brochure petit in-16, pp. iv-60. 
Prix : 15 centimes. 

Pisani (abbé P.). — La Dalmatie de 1797 à 1815. Thèse pour le doc- 
torat présentée à la Faculté des lettres de Paris. Paris, Picard, 1893. 
Grand in-8, pp. xxxvi-490. 

PiSANl ( abbé P.). — Num Ragusini ab omni jureveneto a sxc. X usque 
ad s.vc. XIV immunes fucrint. Lutetix Parisiorum, Picard, 1893. Grand 
in-8, pp. 79. 



392 ÉTUDES 

PoNTAviCE DE Heussey ( R. du). — VUUers de Visle-Adam. L'écri- 
vain, — L'iiomme. Paris, Savine, 1893. Prix : 3 fr. 50. 

Ricard (Mgr). — Le cardinal Fesch, archevêque de Lyon ( 1763-1839) . 
Paris, Dentu, 1893. In-12, pp. xv-392. Prix : 3 fr. 50. 

RocQUAiN (F.). — La Cour de Rome et l'esprit de reforme avant Lu- 
ther. I. La théocratie. Apogée du pouvoir pontifical. Paris, Thorin, 
1893. In-8, pp. viu-428. 

Sauvin (C ' . — Autour de Chicago. Notes sur les États-Unis. Paris, 
Pion, 1893. In-18, pp. vii-263. Prix : 3 fr. 50. 

Studart (Dr. G.). — Notas para a historia do Ceard ( Segunda raetade 
do seculo xviii). Lisboa, typographia do « Recreio », 1892. In-8, 
pp. 520. 

Tanon (L.). — Histoire des tribunaux de V inquisition en France. Paris, 
Larose et Forcel, 1893. In-8, pp. 567. Prix : 12 francs. 

Trolard (E.). — De Rivoli à Magenta et à Solferino. Paris, Savine, 
1893. In-12, pp. 410. Prix : 3 fr. 50. 



LITTERATURE 
romans 



Arxould (L.). — Anecdotes ine'dites sur Malherbe, Supplément à la 
vie de Malherbe par Racan, publié avec une introduction et des notes. 
Paris, Picard, 1893. In-8, pp. 87. 

Galmettes (F.). — ili«e Volonté. Paris, Pion, 1893. In-18, pp. 314. 

Drault (J.). — La pédale humanitaire. Scènes de la vie vélocipé- 
dique. Paris, H. Gautier, 1893. In-12, pp. 320. Prix : 3 francs. 

Froger (abbé L.). — Les premières poésies de Ronsard (odes et 
sonnets). Maraers, Fleury etDangin, 1892. In-8, pp. 112. 

Gréville (H.). — Jolie propriété à vendre. Paris, Pion, s. d. In-18, 
pp. 273. Prix : 3 fr. 50. 

Juillet (M.). — La nuit du crime. Paris, Retaux, s. d. In-12, 
pp. 290. Prix : 3 francs. 

RoD ( E, ). — Lamartine. Paris, Lecène, Oudin et G'^ , 1893. 
[Collection des classiques populaires). In-8, pp. 233. Prix : 1 fr. 50. 



Le 30 mai 1893. 

Le gérant: C. GIVELET. 



Imp. D. Dumoulin et G*«, rue des Grands-Augn>stiQS, o, à Pans. 



ÉTUDES 

PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 

JUIN 1893 

THÉOLOGIE 

QUESTIONS RELIGIEUSES 

Les Psaumes commentés d'après la Vulgate et l* hébreu, par 
L. CL FiLLiON, prêtre de Saint-Sulpice, professeur d'Ecri- 
ture Sainte au grand séminaire de Lyon. Paris, Letouzey 
et Ané, 1893. In-8, pp. 664. Prix : 7 fr. 50. 

Le Psautier, selon saint Athanase, est « comme un jardin où 
se trouvent réunis tous les fruits divers des autres livres sacrés'», 
et l'Eglise ne cesse de ratifier ce jugement du grand docteur en 
conviant ses fidèles, clercs et laïques, à cueillir chaque jour les 
fruits de cet Eden. 

Quoi d'étonnant après cela si les écrits destinés à éclaircir ou 
à développer le sens des Psaumes se sont multipliés presque à 
l'infini ? Dès 1723, le P. Lelong, dans sa Bibliotheca sacra, pou- 
vait en citer mille deux cent treize, et comme l'activité des exé- 
gètes ne paraît guère s'être ralentie, on peut compter en moyenne, 
depuis l'ère chrétienne, un ouvrage sur les Psaumes tous les dix- 
sept mois. 

Malgré cette abondance, nous devons être reconnaissants à 
M. l'abbé Fiilion d'avoir ajouté à cette riche bibliothèque non 
seulement un livre utile, mais un travail de valeur, digne de 
prendre rang, à côté des commentaires du P. Patrizi et de 
M. l'abbé Lesêtre, parmi les ouvrages qui auront le plus contri- 
bue, en ce siècle, à faire comprendre et goûter les Psaumes. 
Aussi bien ne pouvions-nous moins attendre du docte et infati- 

1. Ad MarcelUnum, n. 2. 

Bibliographie, IV. — 26 



394 ÉTUDES 

gable sulpicien auquel les études bibliques en France sont déjà 
redevables à plus d'un titre. 

NoJi noça sed Jiove, c'est la formule du progrès dans les scien- 
ces théologiques, frappant d'une même réprobation la témérité 
qui voudrait déplacer les bornes posées par nos Pères, et l'indo- 
lente routine, trop habile parfois à se déguiser sous les dehors 
vénérables de la tradition. M. Tabbé Fillion nous a accoutumés 
à trouver l'heureuse application du vieil axiome dans ses ouvra- 
ges, notamment dans sa précieuse édition de la Vulgate, si favo- 
rablement accueillie par tous les lecteurs assidus de la parole 
divine. Le volume que nous annonçons joint aussi à la solidité 
des interprétations traditionnelles le charme de la nouveauté. 

Nouvelle est la disposition du texte sacré suivant les lois du 
parallélisme, lois exposées d'abord dans l'Introduction (p. 1-25) 
où sont traitées les questions générales concernant le Psautier. 
Une même page présente le texte latin, et, plus bas, la traduction 
française ( celle de Sacy, revue par l'auteur), rendant fidèlement 
le sens de la Vulgate et lui correspondant vers pour vers. 11 eût 
été mieux encore, selon nous, de distribuer les textes sur deux 
pages, en regard l'un de l'autre, ce qui eût permis de rendre 
sensibles à l'œil les subdivisions du psaume, et d'épargner au 
lecteur le recours continuel aux notes. 

Nouvelle aussi l'illustration du commentaire au moyen de 
nombreuses gravures représentant l'aspect des lieux mentionnés 
par le Psalmiste, les scènes de la nature orientale, et surtout les 
détails de mœurs antiques auxquels il fait allusion. Sans exa- 
gérer la valeur des secours apportés à l'exégèse par l'archéolo- 
gie, ni prétendre que, sur ces cent soixante gravures, toutes 
offrent un intérêt égal, nous féliciterons pourtant l'auteur et les 
éditeurs d'avoir saisi l'occasion de mettre ainsi les conquêtes de 
la science moderne au service de la parole inspirée. 

La seconde moitié des pages est occupée par deux colonnes de 
notes où, dans une exposition limpide, alerte et tout à fait per- 
sonnelle, l'éminent professeur a su condenser les meilleurs ré- 
sultats de la science exégétique. Le texte hébreu y apparaît sans 
cesse pour déterminer ou compléter le sens souvent difficile de 
notre vénérable version latine. Signalons seulement la pensée 
de l'auteur sur quelques points plus intéressants. M. l'abbé Fil- 
lion ne voit aucune nécessité de retarder la composition de cer- 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 395 

tains psaumes jusqu'à l'époque des Machabées. Le psaume xliii, 
contemporain du psaume lix, se rapporte comme lui à l'invasion 
iduméenne; les expressions des psaumes lxxiii, 7", et lxxviii, 1', 
conviennent mieux à la destruction de Jérusalem par les Chaldéens 
qu'à la persécution d'Antiochus. — La première partie du psaume xv 
peut se rapporter aussi à David, dont la personnalité s'efface en- 
suite, pour ne laisser en scène que le Messie, seul vainqueur de 
la corruption du tombeau (v. 10). — Le psaume xxi est purement 
messianique ainsi que le psaume xnv, où il ne faut voir que l'union 
du Christ et de son Église. — La colombe argentée du psau- 
me Lxv'i, 14, c'est Israël après la conquête de la Terre promise, 
tranquille possesseur de riches héritages et tout étincelant d'ar- 
gent et d'or, grâce au butin fait sur l'ennemi. — Le v. 3 du 
psaume cix constitue « un passage important, mais que des di- 
vercrences notables entre le texte hébreu elles versions anciennes 
ont rendu assez délicat à interpréter ». Après avoir exposé le 
sens généralement admis par l'antiquité, sens exigé d'ailleurs 
par les Septante et la Vulgate, qui « ne pouvaient pas en recevoir 
d'autre», M. Fillion propose pour le texte hébreu la traduction 
suivante : « Ton peuple accourt au jour de ton appel aux armes, 
dans une sainte parure; du sein de l'aurore, comme la rosée, à 
toi vient ta jeunesse. — Les gouttes de rosée jaillissent silen- 
cieusement, par myriades, du sein de l'aurore; l'armée du Christ 
apparaît tout à coup, elle aussi, en bataillons serrés. » Avec plu- 
sieurs interprètes catholiques, l'auteur reconnaît que « l'enchaî- 
nement des images favorise la leçon de Thébreu » (Le Hir), con- 
firmée d'ailleurs, en plusieurs points, par différentes versions 
anciennes, notamment celle de saint Jérôme. 

Constatons enfin que les éditeurs n'ont rien négligé pour que 
l'exécution typographique de l'ouvrage contribuât à lui assurer 
le succès qu'il mérite et que nous lui souhaitons. 

A. PIFFARD, S. J. 

Di rectoire de l'enseignement religieux dans les maisons d*é- 
ducation, par l'abbé Dementhon, professeur de philosophie 
au séminaire de Mexiraieux. Paris, Poussielgue, 1893. In-12, 
pp. 482. 

Voici un bon livre qui vient tout juste à sou heure. Un zèle qui 
n'est point selon la science essaye de raviver la querelle des 



396 ETUDES 

classiques. Cette tentative n'est pas seulement inutile, elle est 
dangereuse. Qu'espère-t-on, en effet? Décider les maisons d'é- 
ducation catholique à revenir sur une question jugée? On n'y 
réussira pas. Mais on augmentera par toutes ces contesta- 
tions l'injuste discrédit dont semblent être frappées les lan- 
gues anciennes. Peut-être même on en hâtera l'abandon dans 
les collèges universitaires, ce qui abaissera d'autant l'esprit 
public. 

Les reproches qu'on nous adresse ont été cent fois réfutés. 
Est-ce à dire que tout soit parfait dans les collèges ecclésias- 
tiques et les petits séminaires? En est-il sorti, depuis cinquante 
ans bientôt, des chrétiens toujours assez fermes et assez con- 
vaincus ? 

M. Dementhon ne le pense pas. Il a mis le doigt sur la plaie, 
et, si je ne me trompe, il indique le vrai remède. 

Accuser le clergé de donner un enseignement païen à la jeu- 
nesse française, c'est le calomnier. Mais il n'est que juste de re- 
connaître que la tyrannie des programmes universitaires l'a 
empêché de faire h l'étude de la religion une place assez large 
dans bon nombre de collèges. Cette situation n'a que trop duré ; 
il faut qu'elle cesse, 

M. Dementhon propose une organisation, en partie nouvelle, 
de l'enseignement religieux : explication littérale du catéchisme 
dans les classes élémentaires, explication raisonnée de la doc- 
trine chrétienne pour les classes moyennes, et enfin, pour les 
classes supérieures, démonstration apologétique de la vraie reli- 
gion. 

Outre cet objet essentiel, l'enseignement religieux devrait 
comprendre encore, dans des mesures variables, l'étude de la 
liturgie catholique, de l'histoire sainte et de l'histoire ecclésias- 
tique. Dans la seconde partie de son ouvrage, M. Dementhon 
passe en revue les différents moyens de rendre plus utile et plus 
intéressante cette instruction religieuse, assez vaste et assez 
variée, comme on en peut déjà juger. Il étudie successivement 
l'action personnelle du professeur, le choix des questions, des 
preuves, des objections, l'usage d'un manuel obligatoire, le tra- 
vail personnel de l'élève; les différentes industries propres à 
éveiller et à soutenir l'attention: histoires édifiantes, objets d'in- 
tuition, qualités du style, etc... Enfin, la troisième partie du vo- 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 397 

lume est consacrée à rexamen des qualités du professeur de 
religion : science, piélé, zèle... 

Cette sèche énumération montre qu'aucun des aspects du sujet, 
pourtant si complexe, n'a été négligé. Quelques remarques sur 
le premier chapitre donneront peut-être une idée des procédés de 
l'auteur et du caractère général de l'ouvrage. Ce chapitre, le 
plus important de tous, révèle un maître sagace, rompu à l'en- 
seignement à tous ses degrés. L'auteur demande que « le caté- 
chisme soit à la fois historique et doctrinal^ c'est-à-dire qu'il 
joigne des notions sommaires d'histoire sainte à l'exposé didac* 
tique des vérités essentielles de la religion ». C'est bien là, en 
effet, ce que semblent exiger, et l'esprit de l'enfant, et la nature 
même de la science qu'il s'agit de lui communiquer. Cependant 
la plupart de nos catéchismes ne contiennent guère que des for- 
mules dogmatiques ; les faits historiques qui leur serviraient si 
heureusement de cadre y tiennent fort peu de place. Ce mélange 
d'histoire et de doctrine serait-il l'œuvre personnelle du profes- 
seur, ou bien cxiste-t-il un livre répondant à cet idéal ? M. De- 
mcnthon, dont la bibliographie est pourtant si abondante, ne 
nous le dit pas, et je le regrette. 

Ses observations sur la manière d'expliquer et de faire réciter 
la lettre du catéchisme sont d'une justesse parfaite. Cette expli- 
cation n'est pas chose facile ; il y faut porter un très grand soin 
et la préparer très sérieusement. 

Plus difficile encore est l'explication raisonnée de la doctrine 
dans les classes moyennes. L'auteur fait très bien saisir la néces- 
sité de cet enseignement et aussi son côté délicat, j'allais dire 
périlleux, s'il était mal conduit. Il s'agit d'éclairer et de fortifier 
lu raison naissante de l'adolescent en la mettant en un premier 
contact avec nos dogmes, vus en eux-mêmes et dans leurs rela- 
tions réciproques. Mais prenons garde d'éveiller l'esprit rationa- 
liste. 11 faut ici beaucoup de sagacité et de prudence. Je l'ai 
mieux compris encore en lisant M. Dementhon. 

La partie la plus originale de ce chapitre est celle où l'auteur 
demande pour les élèves de seconde, de rhétorique et de philo- 
sophie, une apologétique élémentaire, la démonstration de la 
vérité du christianisme et de la divinité de l'Ëfiflise. Ce cours 
d'apologétique n'existe point partout; il est loin d'être toujours 
bien compris là où il existe, et de donner tous les résultats dési- 



398 ETUDES 

rables. Aussi j'aurais aimé à entendre M. Dementhon, si abon- 
dant sur d'autres points, traiter celui-ci plus au long. Il me sem- 
ble aussi qu'il faudrait faire nécessairement entrer dans ce cours 
d'apologétique un abrégé de l'histoire générale du christianisme, 
la Suite de la religion, à la manière de Bossuet, mais avec des 
explications plus amples sur les points principaux, et entièrement 
conformes aux dernières constatations de l'érudition contempo- 
raine. Une telle étude serait bien préférable à ces questions ac- 
tuelles dont M. Dementhon voudrait faire un appendice de son 
apologétique. Les notions d'histoire sainte et d'histoire ecclésias- 
tique dont l'auteur a tracé ailleurs le judicieux programme pren- 
draient alors, dans l'esprit de l'élève, plus d'étendue, une cer- 
taine élévation et une certaine profondeur. Ce serait comme un 
commencement de philosophie de l'histoire qu'il est prématuré 
de présenter à des élèves de troisième. 

Je ne signale ici ces divergences de vue, qui seraient elles-mêmes 
à étudier plus au long, que dans le but de montrer toute l'impor- 
tance de l'ouvrage de M. Dementhon. Il peut faire un bien 
considérable. Tous les professeurs, et surtout les professeurs de 
religion, trouveront plaisir et profit à se pénétrer des idées si 
justes qui y sont semées à chaque page. La lecture en est agréa- 
ble du reste. Le style a de l'éclat, du mouvement et une sorte de 
chaleur communicative. 

Peut-être remarquera-t-on çà et là quelques longueurs, un 
souci exagéré de certains détails. Les citations me semblent par- 
fois aussi trop prodiguées. Il en est qui n'apportent h la pensée 
de l'auteur ni un élément nouveau ni une autorité plus grande. 
Ces taches légères ne diminuent point la réelle valeur et la haute 
utilité de ce livre. J. FONTAINE, S. J. 

Œuvres du cardinal Mermillod, ancien évêque de Lausanne 
et de Genève^ recueillies et mises en ordre parle R. P. Dom 
Grospellier, chanoine régulier, ancien secrétaire de Son 
Éminence. Éloges et oraisons funèbres. Paris, Delhomme 
et Briguet, 1893. In-8, pp. xxxiv-584. 

Le cardinal Mermillod avait plusieurs fois songé à réunir ses 
Œuvres en volumes; la dernière année de sa vie, il avait même 
arrêté un plan d'après lequel « elles seraient distribuées en séries 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 399 

indépendantes formant chacune un tout de nature identique ». 
Son départ de Fribourg, puis la maladie entravèrent ce projet. Au 
R. P. Dom Grospellier revenaient l'honneur et la tâche de continuer 
et d'achever une entreprise à laquelle il avait été du reste associé. 
Avec un soin minutieux, il a recueilli et classé les notes trou- 
vées dans les archives personnelles de Son Eminence; grâce à ces 
notes fort nombreuses, grâce à des documents venus du dehors, 
les œuvres déjà publiées ont été corrigées, puis revisées sur les 
manuscrits; les autres ont pu être reconstituées par collation et 
comparaison des éléments de diverse provenance. 

La publication s'ouvre par une esquisse biographique où sont 
mis en relief les traits propres à faire connaître Vécriçain. On le 
voit en particulier, malgré son renom d'improvisateur, aux prises 
avec le minutieux travail de la composition, traçant des canevas, 
exécutant des refontes complètes, des retouches de détail, aimant 
à provoquer des remarques et y faisant droit avec une facilité pro- 
digieuse de substitution. 

Le premier volume, le seul offert jusqu'ici au public, comprend 
les Eloges ou Oraisons funèbres de Mgr Davcluy, de M. Just de 
Bretenièrcs, de M. Deguerry, de Mgr Gignoux, de Mgr de la 
Tour d'Auvergne, du cardinal Régnier, de Mgr de Ségur, de 
Mgr de la Bouillerie, de Mgr de Nogret, de Mgr Chaulet d'Outre- 
mont, de Mgr Lâchât et du cardinal Caverot. Ont été ajoutées, à 
cause de la parité du sujet, quelques lettres et notices ayant 
trait à la mort de personnages religieux ou politiques. 

Le grand succès du cardinal Mermillod a été dans l'à-propos, 
l'allusion délicate, la grâce communicative du discours : tous 
avantages qui se trouvent amoindris dans un texte mort. Cepen- 
dant sa parole possédait, sous ces dehors brillants, d'autres qua- 
lités sérieuses qui en ont fait le charme et lui assurent la durée. 
Déjà on le pressent au choix fait de lui pour louer la mémoire 
de tant d'illustres défunts, et la lecture ne dément pas ce préjugé 
favorable. Habile à discerner les traits caractéristiques, il les a 
reproduits parfois avec une vigueur de crayon peu commune. 
C'est ainsi qu'est rendue au vif la physionomie du cardinal 
Régnier sous l'image d'une colonne, colonne montant droit vers 
le ciel, jamais ébranlée par la tourmente révolutionnaire, ni par 
le souffle plus mitigé et plus perfide des erreurs modernes. Mgr 
de Ségur est \c phare au milieu des ténèbres du siècle; aveugle de 



400 ETUDES 

corps, il a dans son âme des ardeurs lumineuses qu'il commu- 
nique autour de lui : lucerna ardens et lucens. 

Les passages relatifs au concile du Vatican sont à signaler; les 
faits sont peints d'une manière grandiose, les personnes traitées 
avec un tact exquis. Trois fois, le cardinal a l'occasion de revenir 
sur le même thème; le fond de la pensée ne varie pas, mais est 
nuancé par une ingénieuse variété d'expression. 

Ce qui fait encore le mérite de tous ces discours, c'est l'en- 
châssement habile de textes nombreux tirés des saints Pères et 
des Docteurs de l'Eglise. Saint François de Sales presque chaque 
fois fournit sa perle fine; les traditions locales, les « généalogies 
spirituelles » font aussi la matière de délicats rapprochements, 
en même temps qu'elles évoquent les grands souvenirs du passé : 
« Le cardinal Caverot était l'héritier de saint L'énée, qui le fut de 
saint Pothin, qui le fut de saint Polycai-pe, qui le fut de saint Jean, 
qui le fut du Sauveur. » 

Mais ne faut-il pas louer par-dessus tout, dans cette figure, ce 
trait qui apparaît toujours, de l'apôtre et de l'homme de Dieu? Ces 
éloges funèbres ne sont pas des discours de vain apparat où tout 
est pour l'effet et rien pour le bien des âmes. Jusque dans ce Paris 
qu'il caractérise si justement : « Paris, Jérusalem en môme temps 
que Babylone », l'orateur fait sonner haut les enseignements de 
l'Evangile, prêche aux riches et aux princes de ce monde le renon- 
cement au plaisir et la fuite de l'oisiveté, sait rappeler à propos 
aux grandes familles que c'est leur droit et leur devoir d'être les 
premières à donner des membres à la milice de Jésus-Christ. 

L. P., S. J. 

I. — Quelques fleurs du parterre évangélique, par l'auteur 
de la Nouvelle histoire de saint Augustin. Paris, Palmé ; 
Bruxelles, Schepens, 1893. In-12 carré, pp. x-322. 

II. — L'Année chrétienne, ou Considérations sur les princi- 
pales fêtes du cycle liturgique, par don Sarda y Salvany ; 
traduit de l'espagnol par M. l'abbé A. Thiveaud, ancien di- 
recteur de grand séminaire. Paris, Lethielleux, s. d. 
Petit in-8, pp. iv-408. Prix : 3 fr. 50. 

III. — Traité de l'Oraison mentale, suivi de Soixante consi- 
dérations^ d'après le vénérable Sarnelli, de la Congréga- 
tion du Très-Saint-Rédempteur, par l'auteur du Chrétien 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 40! 

sanctifié. Paris, Haton, 1893. Petit in-12, pp. 356. Prix : 
2 francs. 

IV. — Une deuxième année de prédication. Cinquante-deux 
prônes sur le Symbole des Apôtres., par M. Pabbé Plat, 
curé-doyen, chanoine honoraire de Blois, avec approbation 
et imprimatur. Paris, Lethielleux, 1892. In-8, pp. viii-478. 

V. — Le Règne social de Jésus-Christ, par le R. P. Albert 
Del\porte, missionnaire du Sacré-Cœur. Paris, Retaux et 
fils, 1893. In-12 carré, pp. xx-320. 

Les âmes pieuses ne sont pas près de manquer d'aliment spiri- 
tuel. J'ai là tout un stock, de livres qui leur sont adressés, et il s*en 
publie bien d'autres. Pour les livres de piété, la librairie ne 
chôme guère. 11 est vrai que, dans ce genre aussi, il y a livres et 
livres, que tous ne sont pas également substantiels et qu'enfin il 
faut choisir. 

I. — C'est ce que dit l'écrivain qui a cueilli pour nous « quel- 
ques fleurs du parterre évî\ngélique », Le titre est bien un peu 
mièvre; mais sur un titre on ne saurait juger un livre, pas même 
deviner le caractère ni le sexe de son auteur. Il ou elle se plaint 
avec Mgr Mermillod de « cette littérature religieuse souvent 
dépourvue de théologie et de vigueur morale », qui ne réussit 
qu'à procurer d'amollissantes émotions et à énerver les âmes. 
Cette plainte n'est pas nouvelle, même dans la bouche de ceux 
c[ui pourraient y donner lieu, elle n'en est pas moins virile. 
Seulement, pour réagir contre cette littérature, savex-vous ce 
que notre anonyme a trouvé ? Après avoir emprunté des pages 
échappées à la plume des saints, ou plus encore à celle d'écri- 
vains d'élite dont le choix est toute une révélation, elle ne veut 
pas (décidément c'est bien une femme) nous donner « un recueil 
de pages exclusivement spirituelles n'offrant que du mystique 
pur et de la piété sans mélange », non ; mais elle veut nous pré- 
senter a un fruit nouveau », quelque chose qui ne s'est peut- 
être jamais rencontré dans un même livre, « l'alliance (à propos, 
bien entendu) du profane et du sacré », — je cite textuellement 
et n'invente pas même la parenthèse, — enfin une variété d'en- 
tretiens graves et de citations littéraires qui sera pour son livre 
<( ce qu'est la rosée matinale pour les parterres qu'elle ranime ou 



402 ÉTUDES 

les fleurs qu'elle embaume... » On devine cela, même sans dé- 
couper les pages. Pourtant, la curiosité aidant, on les veut par- 
courir; et vraiment, s'il y a de beaux passages tirés d'auteurs 
sérieux, on ne voit pas que le choix de poésies tirées de Racine, 
de Delille, de Casimir Delavigne, d'Andrieux ou de Lamartine, 
soit précisément un « fruit nouveau ». Il faut bien reconnaître 
que, malgré les entretiens du P . de Ravignan et le Chemin de 
croix qui complètent le volume, nous n'avons pas dans ce recueil 
« du mystique pur et de la piété sans mélange, » non ; mais il 
faut avouer en même temps que les intentions sont excellentes, 
la piété vraie, qu'il n'y a point « d'amollissantes émotions )), et 
qu'à défaut de la vigueur du style, la « vigueur morale » ne 
manque pas. 

II. — Le traducteur de VA/uiée chrétienne de don Sarda y 
Salvany n'a point, lui, la prétention de combler une lacune ni de 
faire œuvre nouvelle. En effet, les livres sur « les principales 
fêtes du cycle liturgique » ne sont point rares en France. Les 
études poétiques comme celles du vicomte Walsh, et même vin 
chef-d'œuvre doctrinal comme V Année liturgique de dom Guéran- 
ger, ne découragent point leurs imitateurs d'écrire sur ce sujet. 
Chaque année voit éclore quelque livre sur les Fêtes chrétiennes 
ou la Vie liturgique^ et nous en avons déjà tant examiné ici 
même que ces titres ne piquent plus guère notre curiosité. 
Pourtant, le traducteur assure que le livre de son auteur a un 
caractère particulier d'actualité, et que, s'il dit des choses 
anciennes, il les dit d'une manière neuve. Cela encourage à la 
lecture, et en effet l'on ne va pas loin sans remarquer certaines 
pensées personnelles et pittoresques de l'auteur espagnol, dont la 
traduction même n'affaiblit pas le charme. Ici, le proverbe a tort, 
et traduction est si peu trahison que l'on retrouve dans ces pages, 
avec un plaisir mêlé d'étonnement, les usages de la piété popu- 
laire espagnole. Mais pourquoi l'auteur commence-t-il l'année 
chrétienne au jour de l'an et la termine-t-il à Noël? L'Avent est- 
il donc méconnu et le calendrier est-il devenu civil à ce point 
dans la catholique Espagne? Alors, si nous revenions en France ! 

III. — Le Traité de V Oraison mentale est bien un livre fran- 
çais, mais l'auteur a cru devoir se recommander d'un ascétique 
italien, le vénérable Sarnelli. Il lui emprunte soixante considéra- 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 403 

tions courtes et affectueuses qui peuvent servir de sujets de mé- 
ditation et devenir l'application de son petit traité d'oraison 
mentale. Ce traité, qui lui appartient en propre, prouve qu'il 
aurait pu composer des méditations lui-même. Il est en effet, 
dans sa brièveté, — car il ne tient^ue le tiers du petit volume, — 
plein de substance et de moelle]^ï*as plus, il est vrai, que le 
vénérable Sarnelli, — Qui se ressemble s'assemble, — l'auteur 
n'est didactique, formaliste ou méticuleux. Un chapitre seule- 
ment sur la méthode d'oraison qui tient tant de place dans cer- 
tains traités, et encore ce chapitre se borne-t-il à Tessentiel. 
Visiblement, l'auteur ne s'attache qu'à former la volonté ; tous 
ses conseils tendent à nous déterminer à la pratique de l'oraison. 
Pour cela, il insiste sur sa nécessité, son efficacité, sa douceur, 
sa possibilité dans toutes les situations de la vie, la facilité d'é- 
carter les obstacles. Et il cite des exemples comme celui de cette 
femme qui se plaignait à sainte Thérèse de ne pouvoir faire 
l'oraison mentale. La sainte l'interrogea et découvrit qu'elle 
s'élevait à la plus haute contemplation, rien qu'en récitant le 
Pater j si bien que la grande mystique lui enviait cette manière 
de méditer. 

IV. — M. l'abbé Plat ne cherche pas à émouvoir les cœurs, 
mais à éclairer les esprits en nous enseignant toutes les vérités 
que nous devons croire dans ses Cinquante-deux prônes sur le 
Sijmbole des apôtres. Cinquante-deux, un pour chaque dimanche 
de l'année, de sorte qu'au bout de trois ans un curé pourrait 
enseigner tout le catéchisme. Us constituent sa deuxième année 
de prédication, et elle n'aura pas moins de succès que la pre- 
mière, qui a rallié de si hauts sufiragcs. Le P. Monsabré n'a pas 
cru se rabaisser en comparant à ses propres conférences les prô- 
nes de son compatriote. <( Assis l'un près de l'autre sur les bancs 
du séminaire, nous avons, dit-il, pieusement recueilli les leçons 
de nos maîtres. J'en ai fait des conférences, vous en avez fait des 
prônes, et quel prônes ! » Tous les deux ont puisé aux bonnes 
sources : le P. Monsabré dans saint Thomas, la gloire de son 
Ordre; M. l'abbé Plat dans le catéchisme romain du concile de 
Trente, la mine intarissable des prônes et le bréviaire du caté- 
chiste. Le P. Fontaine, l'auteur du Prône catéchistique d'après le 
concile de Trente^ peut être content ; son rêve est devenu une 



404 ÉTUDES 

réalité. En rendant compte dernièrement de ses vues sur le 
prône, nous ne nous attendions pas à les voir sitôt et si parfai- 
tement mises en œuvre. M. l'abbé Plat s'efforce de nous donner 
le cours de prônes proposé comme l'idéal; il le réaliserait sans 
doute si l'idéal était de ce monde. En tête de chaque prône un 
mot du catéchisme romain qui sert de directoire et souvent 
fournit la division, puis tout de suite au cœur du sujet : pas un 
mot de trop, pas une phrase à effet, mais la simple doctrine, un 
style pur, ferme et sobre qui se joue parmi les citations des 
Pères et des théologiens. La doctrine est pour le fond celle de 
saint Thomas, et l'on dirait la même source que le P. Monsa- 
bré; il n'y a pas lieu de s'en étonner outre mesure, puisque le 
catéchisme du concile de Trente a été rédigé par trois domini- 
cains sur quatre rédacteurs. Ceux qui voudront à l'avenir, comme 
c'est à souhaiter, suivre le catéchisme romain, feront bien de 
recourir à ces prônes vraiment nouveaux, quoique la source en 
soit fort ancienne. 

V. — Le P. Albert Delaporte, en prêchant le Règne social de 
Notre Seigneur Jésus-Christ^ cherche à nous entraîner dans des 
voies sinon nouvelles, du moins oubliées ou méconnues. Il vou- 
drait amener les nations chrétiennes à faire l'hommage au Sacré 
Cœur. Qu'entend-il par l'hommage? Est-ce une simple consécra- 
tion? Non, c'est plus que cela. Celui qui se consacre au Christ se 
donne pour être son protégé; celui qui lui fait hommage se 
donne pour être son chevalier. Les sociétés chrétiennes ont fait 
autrefois cet hommage ; il faut que la nôtre arrive à le faire. Elle 
le fera par la dévotion sociale envers le Sacré Cœur. Du reste, 
la question est nettement posée : « Les progrès de la dévotion 
au Sacré Cœur sont consolants, mais cette dévotion a un double 
aspect, l'un tout intime, l'autre social. Le culte intime du Sacré 
Cœur s'est beaucoup développé; il reste à faire aboutir ce culte 
à son but social, la restauration du règne de Jésus-Christ. « Pour 
cela, il faudra combattre maçonnerie et libéralisme : la maçon- 
nerie qui veut détruire la religion, le libéralisme qui veut l'écar- 
ter du gouvernement des affaires humaines. L'une est athée, 
l'autre conduit à l'athéisme officiel. — Conclusion : la société 
chrétienne n'échappera à ces deux dangers que par l'hommage 
au Sacré Cœur; la question sociale ne sera résolue que par le 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 405 

rétablissement du règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ. 
Mais en pratique, comment se fera cet hommage? La Fédération 
internationale du Sacré-Cœur a été fondée exprès pour cela, et 
l'auteur, poursuivant logiquement sa pensée, nous fait connaître 
les éléments de cette fédération, son but, ses projets et ses espé- 
rances. Les chrétiens non militants pourront être étonnés de ce 
livre, les libéraux pourront l'attaquer, les maçons pourront le 
dédaigner et faire à son égard la conspiration du silence, les 
amis mêmes souriront peut-être de certaines vues empruntées à 
l'étranger, par exemple, sur l'origine du drapeau tricolore (p. 192 
et 193); personne ne niera qu'il ne soit composé avec unité et 
qu'il n'ait plusieurs des qualités françaises : logique, clarté et 
vaillance. A. DES GRÉES. 

Petite Bibliothèque chrétienne, par leP. J.-F.Kieckens,S. J. 
Dix-septième année. Bruxelles, A. Vromant, 1891. In-16. 

Anonyme du dix-sbptièmb siècle. — Dilcxit nos! Jésus nous a ai- 
més. 2* édition, pp. 80. 

BounDALOUE ET Ravignan, S. J. — La Prière. Deuxième partie: 
Modèles, conditions et défauts de la prière, pp. 76, 

— Troisième partie: Méthodes et formes de la prière, pp. 04. 

— Quatrième partie et dernière : Avantages de la prière ; Consolations 
et fruits de la prière, pp. 64. 

Le FEnvHE (Turrian), S. J. — Petit mois des privilèges et préroga- 
tives du glorieux saint Joseph, avec des pratiques pour la neuvainc et 
pour l'octave de ce grand saint, pp. 74. 

Croiset (Jean), S. J. — La dévotion au Sacré Cœur de Notrc-Sei- 
gneur Jésus- Christ... D'après la 4* édition de Lyon, 1696. Sept livrai- 
sons, pp. 274. 

Petite Bibliothèque chrétienne, par le P. J.-F. Kiegkens, S. J. 
Dix-huitième année. Bruxelles, A. Vromant, 1892. In- 16. 

Anonyme du dix-sbptièmb siècle. — Diligamus eum opère et veritate. 
Aimons Jésus pratiquement et véritablement, pp. 80. 

Louis de Blois. — Courage et confiance! ou Pensées rassurantes 
dans les peines intérieures. — Suivi du Plan de vie chrétienne, par 
BounDALOUE, S. J. Trois livraisons, pp. 160 et 15. 

RouviLLE (Alex. -Joseph), S. J. — L'Imitation de la sainte Vierge 
sur le modèle de l'Imitation de Jésus-Christ. Six livraisons, pp. 382. 

Catherine (Sainte) de Gênes. — Traité du Purgatoire, pp. 56. 



406 ÉTUDES 

ScARAMELLi (J.-B.), S. J. — Les scrupules considérés comme obstacles 
à la perfection chrétienne^ pp. 86. 

Parmi les lecteurs qui cherchent dans les livres de piété une 
doctrine sûre et solide, beaucoup connaissent la Petite Biblio- 
thèq lie chrétienne y fondée à Bruxelles en 1875 par le P. Vandcr- 
speeten, S. J. Ces petits opuscules sont des traités de spiritualité 
bien supérieurs à ces publications modernes, où le désir d'être 
neuf aboutit trop souvent à noyer quelques bonnes pensées sous 
les flots d'une littérature fade et sentimentale. 

Nous ne ferons pas une longue analyse de ces brochures. Le 
nom seul des auteurs sera leur meilleur éloge. 

La Déçotion au Sacre Cœiir^ par le P. J. Croiset. On connaît 
la fortune de ce livre : son prodigieux succès dès la première édi- 
tion de 1691, sa prohibition en 1704, et les circonstances qui 
en 1887 ont fait lever l'interdit. Il est aujourd'hui entre les 
mains de presque tous les amis du Sacré Cœur. 

L^ Imitation de la s ainte Vierge sur le modèle de l'Imitation de 
Jésus- Christ, par le P. Alex. -Joseph de Rouville, S. J. — Etudier 
la vie de Marie dans ses moindres détails, travailler à reproduire 
ses vertus, c'est bien là le meilleur de notre dévotion à la Mère 
de Dieu. On ne saurait trop insister sur la nature de ce culte 
pratique, parfois bien méconnu. 

En lisant le Traité du Purgatoire par sainte Catherine de' 
Gênes, on songe à saint François de Sales, se plaignant des pré- 
dicateurs qui, au sujet de ce lieu de purification, « appuient trpp 
sur les peines qu'on y endure, et pas assez sur les consolations 
qu'on y goûte ». 

Signalons encore le traité du P. Scaramelli sur les Scrupules, 
modèle de direction claire et ferme. — La Prière, selon les Pères 
Bourdaloue et de Ravignan, que nos lecteurs connaissent déjà. 
(Voir Partie bibliographique, 30 avril 1893, p. 239.) — Courage 
et Confiance ! ou pensées extraites des œuvres du vénérable Louis 
de Blois, et propres à rassurer les âmes qu'affligent des peines 
intérieures. j. PEYRÉ, S. J. 

La Question religieuse en Orient et la réunion des Églises, 
par un missionnaire. Paris, Lecoffre, 1893. In-18, pp. xii-92. 

En quelques mots voici le sommaire de cette brochure, qui dit 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 407 

beaucoup et laisse entendre davantage encore à ceux qui ont des 
oreilles pour entendre. 

Les nations chrétiennes schismatiques de l'Orient sont, à 
l'heure présente, envahies par la libre-pensée d'une part, et le 
protestantisme de l'autre. Il n'y a pour elles de salut que dans 
le retour à l'unité catholique. Ce retour est facile, car il ne ren- 
contre plus désormais aucun obstacle sérieux. Cet obstacle ne 
saurait être dans l'attachement des Orientaux à leurs rites et à 
leur discipline, puisque ^l'Eglise romaine, bien loin de les vou- 
loir abolir, a édicté toute une législation pour les maintenir dans 
leur intégrité. Dans la question théologique, pas davantage. Le 
temps n'est plus aux controverses dogmatiques; d'ailleurs les que- 
relles de doctrine ont été imaginées pour justifier le schisme; 
l'erreur est née du schisme, non le schisme de l'erreur. L'histoire 
en l'ait foi, au moins pour le schisme grec. Enfin, la politique, 
loin de s'opposera l'union, comme en d'autres temps, la conseil- 
lerait plutôt aujourd'hui aux nationalités qui ne veulent pas 
périr. 

Le premier point est développé plus copieusement que les 
autres. L'auteur pense que ce qui éloigne le plus les Orientaux de 
l'Église romaine, c'est la crainte d'être fatiniscs. Le jour où 
l'Orient aura compris qu'en le conviant ii l'union, l'Eglise ro- 
maine ne songe point à lui enlever ses traditions liturgiques et 
disciplinaires, « ce jour-là, nous dit-on, l'union aura réalisé un 
immense progrès ! » Dieu vous entende ! Mais, hélas ! il est 
permis de douter que l'orgueil, qui est l'âme du schisme, se 
rende à ce prix. 

Les difficultés d'ordre théologi(|uc sont peut-être plus réelles 
que l'auteur ne paraît le croire. Abordez la question religieuse 
avec un Oriental schismatique, même des moins lettrés, les points 
de doctrine en litige seront vite sur le tapis, et la liste en est 
longue. 

Le paragraphe de début, consacré à l'exposé de Vétat actuel des 
Eglises orientalesy est intéressant et suggestifs comme le reste de 
l'opuscule. Seulement on y attribue plus d'un million de fidèles h 
TEglisc arménienne unie; d'après les estimations les plus opti- 
mistes ils ne dépassent guère deux cent mille. Cela ramène le 
chiffre total des catholiques de l'empire ottoman, appartenant 
aux rites orientaux, à un peu plus d'un demi-million, gouvernés 



408 ÉTUDES 

par cinq patriarches et environ soixante-cinq archevêques ou ëvê- 
ques! 

Une brochure n'est pas un traité ; c'est un écrit de circons- 
tance qui répond à une préoccupation et lance une idée. L'idée 
et la préoccupation qui ont inspiré celle-ci se font jour dans la 
Conclusion^ sous forme de conseils aux missionnaires. A eux 
d'en apprécier la justesse et l'opportunité. Entre autres observa- 
tions à leur adresse, l'auteur, après avoir indiqué les principaux 
moyens à prendre pour ramener les schismatiques, ajoute (p. 91) : 
« Qu'ils (les missionnaires) associent plus largement à cette lutte 
les Eglises catholiques d'Orient^ si désireuses de voir leurs frères 
par le sang, par les rites et les usages antiques, venir h elles pour 
former un seul peuple ; et qui sont trop souvent, hélas ! dans l'im- 
possibilité de réaliser ce désir, parce que leurs efforts sont, ou 
méconnus, ou peu appréciés, ou restent isolés, et sans être effi- 
cacement secondés. Et cependant, ce sont elles, ces pauvres 
Églises catholiques d'Orient, qui, seules, peuvent tendre uti- 
lement leurs bras à leurs frères et les conduire à l'union 
désirée » Le jugement paraîtra dur, et aux ouvriers aposto- 
liques qui travaillent au retour des Orientaux, et au Saint-Siège 
qui les envoie. Pourtant l'écrivain s'intitule lui-même mission- 
naire ; mais c'est sans doute ailleurs qu'en Orient. 

J. M., S. J. 



PHILOSOPHIE 

SCIENCES ET ARTS 

Les Devoirs. Essai sur la morale de Cicéron^ par Arthur 
Desjardins, membre de l'Institut de France, avocat géné- 
ral à la Cour de cassation. Deuxième édition, précédée 
d'une introduction nouvelle. Paris, Perrin, 1893. In-16, 
pp. 421. 

On a objecté à M. A. Desjardins, que, dans ce dernier quart 
de siècle, Cicéron est tout à fait passé de mode ; il répond que 
« ce qui ne peut pas cesser d'être à la mode, c'est le devoir ». Et 
après les «grandes défaillances » dont le pays vient d'être témoin, 
il croit « opportun de placer sous les yeux de nouveaux lecteurs 
cette étude... sur le Traité des Devoirs^ œuvre populaire entre 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 409 

toutes d'un des plus grands écrivains et des hommes les plus 
probes qu'ait connus l'antiquité ». (P. 1-2.) 

Le Traité des Devoirs est un livre de morale stoïcienne. Cicé- 
ron n'appartenait pas proprement à la secte de Zenon : sa doc- 
trine, c'est l'éclectisme ; mais aux principes du péripatétisme et 
de l'Académie, il a mêlé de nombreux éléments empruntés aux 
théories du Portique, et ici en particulier, il s'inspire du stoïcien 
Panétius. « Le traité peut se diviser en deux parties bien dis- 
tinctes : une théorie des devoirs contenue dans le premier 
livre; la démonstration d'une thèse spéciale, l'identité de l'hon- 
nête et de l'utile, commencée dans le second livre et terminée 
dans le troisième. » (P. 84.) 

Si l'ouvrage de Cicéron renferme des leçons pleines de sa- 
gesse et de fermeté, il ne faut pas, remarque M« Desjardins, y 
chercher « un traité complet de morale pratique : il ne contient 
pas de théorie des droits ; on n'y trouve rien sur la sanction di- 
vine de la loi morale » (p. 79) ; il parle à peine des devoirs de 
famille (p. 149), et se tait sur les devoirs envers Dieu (p. 316) ; il 
est presque muet sur la morale individuelle (p. 411). C'est que 
Cicéron est et reste avant tout homme d'Etat; ce qu'il veut for- 
mer, c'est le citoyen. 

Ces lacunes et ces enseignements, M. Desjardins les met en 
pleine lumière dans les onze chapitres de son livre, et il s'aide, 
pour les mieux éclairer, des autres œuvres morales de Cicéron. 
Mais il ne se contente pas d'en exposer la doctrine, parfois il la 
complète ou la rectifie, souvent avec bonheur. Ainsi, h la thèse 
cicéronicnne àcY identité de l'honnête et de l'utile, il propose de 
substituer celle de la conformité de l'utile et de l'honnête, con- 
formité habituelle si l'on s'en tient ii cette vie, infaillible si l'on 
fait entrer en compte la sanction future (p. 369). 

L'auteur nous permettra quelques réserves au sujet de deux ou 
trois de ses rectifications ou annotations. Dans la question de 
l'esclavage volontaire que Cicéron n'a pas abordée, il adopte 
l'opiuion des jurisconsultes du dernier siècle de la république. 
Suivant eux, la liberté est inaliénable. « N'était-ce pas là, 
ajoute-t-il, une nouvelle application de l'axiome philosophique : 
Oninis natura vult conservatrix esse siiiP » (P. 102-103.) — Sans 
doute, il n'est pas permis à l'homme d'aliéner sa personnalité, 
de se faire outil ou chose entre les mains d'un de ses semblables. 

Bibliographie, IV — 27 



410 ÉTUDES 

Mais le contrat d'esclavage volontaire par lequel un homme cède 
son travail à perpétuité et toute son activité à un autre, n'entame 
aucun des droits essentiels qui découlent de la personnalité ; et 
loin que la nature se détruise par là, ce lui sera parfois un moyen 
à.e se conserver y en se soustrayant soit h une pénalité imposée, 
soit à un extrême dénûment. 

Un point que l'auteur ne saurait accepter dans Cicéron, c'est 
la théorie traditionnelle des quatre vertus. Il s'étonne que cette 
théorie, qu^il fait remonter à Pythagore, ait si vite conquis droit 
de cité dans la morale chrétienne, et croit difficile de lui trouver 
un fondement scientifique (ch. ix). — Que certains auteurs 
n'aient pas pris assez soin d'établir le fondement de cette dis- 
tinction des vertus, soit, mais d'autres l'ont fait. La vertu, re- 
marquent-ils, est une disposition constante qui perfectionne 
l'âme ; on peut donc distinguer quatre vertus principales ou car- 
dinales, suivant les quatre grandes facultés de l'âme qu'elles sont 
appelées à perfectionner : Imprudence appartient à l'intelligence, 
\b. justice à la volonté, la force à l'appétit irascible, la tempérance 
à l'appétit concupiscible. (Voir par exemple saint Thomas, 
Somme, I, II, q. LXi, a 2.) — Quant h la pensée de substituer à 
cette division la classification en « trois grandes vertus corres- 
pondant à nos devoirs envers nous-mêmes, envers les hommes, 
envers Dieu », on peut répondre que l'étude des devoirs n'est 
pas absolument la même que celle des vertus. Dans la notion de 
vertu, c'est l'élément subjectif qui domine ; dans la notion de de- 
voir, l'élément relatif attire immédiatement l'attention : il est 
donc juste de diviser les vertus suivant les facultés, et les devoirs 
suivant leur objet. Dans la morale, les anciens envisageaient plu- 
tôt les vertus, les modernes étudient surtout les devoirs. Les 
deux points de vue sont bons, quoique le second soit peut-être 
plus simple. D'ailleurs ils ne s'excluent pas; et les catéchismes, 
dont M. A. Desjardins parle avec estime, donnent et la théorie 
des quatre vertus et la classification des devoirs en trois caté- 
gories. 

Ceci n'empêche pas de sentir dans l'auteur ce que lui-même 
aime dans Cicéron : le moraliste pratique et l'homme de bien. 

L. ROURE, S. J. 



PARTIE BIBLIOGRAPHIQUE 4U 

La Papauté en droit international, par Joseph Imbart Latour, 
avocat à la Cour d'appel de Paris, lauréat de l'Académie des 
sciences morales et politiques. Paris, Durand et Pedone- 
Lauriel, 1893. In-8, pp. 251. 

On n'a pas oublié les troubles survenus à Rome, le 2 octobre 
1891, à l'occasion du mot « Vive le Pape-Roi! » écrit sur un re- 
gistre du Panthéon : l'idée de ce livre est sortie de ces incidents. 
M. Imbart Latour était là, recevant sa part d'outrages. Cette fa- 
çon italienne dont il voyait observer la loi des garanties, lui sug- 
géra d'écrire un mémoire où, par des documents juridiques, il 
établirait la souveraineté du Pape et la néceàsité de son indépen- 
dance. C'est le présent ouvrage; sa genèse indique son esprit. 

Les questions qui y sont abordées sont toutes graves et ac- 
tuelles : le Pape est-il un souverain, et quelles origines cette 
souveraineté peut-elle revendiquer? Peut-il avoir des troupes, 
prélever l'impôt, battre monnaie, ériger des tribunaux? Au dehors, 
a-t-il le droit de légation? peut-il conclure des concordats, et, vu 
son caractère international, peut-on, dans un État catholique, le 
tenir pour étranger? Comment s'harmonisent en lui le pouvoir 
temporel et le pouvoir spirituel? Quelle est la situation que lui a 
faite le présent, et quelle est celle que l'avenir a le devoir de lui 
réserver? 

Sur tous ces points et d'autres qui les avoisinent, le procédé de 
l'auteur est moins un exposé didactique et rationnel des principes 
qu'une accumulation de témoignages et de faits. Riche recueil, 
que son livre, de grandes paroles et d'actes imposants qui tour 
à tour viennent proclamer les droits du Saint-Siège, son rôle 
civilisateur. Ainsi, on y voit le moyen âge non seulement respec- 
ter, mais élargir les droits de la papauté, et dans cette soumission 
volontaire trouver des causes de prospérité; tandis que notre 
époque court à la ruine en bannissant le Pape du droit des gens 
et en le dépouillant de ses Etats. Puis, devant un passé qui semble 
ne pouvoir revenir et un présent ([ui ne peut durer, M. Inibart 
Latour prophétise, comme solution de l'avenir, la liberté rendue 
à l'Église par la restitution faite à son chef, de Rome et de la 
royauté. On dirait qu'un souffle de dévouement au Saint-Siège 
circule dans toutes ces pages. 

A ce mérite on désirerait voir se joindre, dans des questions 



412 ÉTUDES 

si difficiles, celui d'une plus grande netteté. Les matières se con- 
fondent un peu, et bon nombre de textes ou de traits qu'on 
trouve dans un chapitre auraient un titre égal h être placés dans 
un autre. Les deux souverainetés pontificales surtout, ainsi que 
les deux ordres bien distincts de relations qui en découlent, ne 
paraissent pas suffisamment délimités. Malgré l'intention mani- 
feste de tenir compte de la suprématie spirituelle, M. Imbart 
Latour, en considérant la personnalité internationale du souve- 
rain pontificat, ne se laisse guère impressionner que par son 
pouvoir temporel, et de là, sur les concordats, par exemple, des 
concessions faites aux adversaires de la papauté. Ainsi, à M. Gefi- 
cken, qui refuse au Pape, dans les concordats, le rôle de partie 
contractante souveraine, parce que, l'objet du traité étant une 
question d'Eglise, c'est en chef d'Église et non d'Etat que le 
Pape agit, M. Imbart Latour se borne à répondre que souvent 
aussi les concordats règlent des points d'ordre temporel. Vraiment, 
c'est oublier la suprématie spirituelle. C'est l'oublier encore, 
quand, pour occuper le milieu entre M. de Laveleye et le cardinal 
Tarquini, M. Imbart Latour accorde à l'Etat de traiter